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Monnaies et Détections

Catégorie : Numismatique

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La Nouvelle-Aquitaine est une des 13 nouvelles régions de la France, créées par la réforme territoriale de 2015 et effective au 1er janvier 2016 après les élections régionales de décembre 2015.

Résultant de la fusion des anciennes régions : Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes, elle s’est d’abord appelée provisoirement Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes.
Elle regroupe 12 départements, s’étend sur 84 061 kilomètres carrés, soit 1/8 du territoire national, et compte 5 844 177 habitants (recensement au 1er janvier 2013).
Cette région du Sud-Ouest est la plus vaste région de France (métropole et outre-mer confondus), avec une superficie supérieure à celle de l’Autriche.
Sa plus grande ville, Bordeaux, est au cœur d’une agglomération de plus de 870 000 habitants, la septième au niveau national.
Seule structure intercommunale de la région à avoir le statut de métropole, créé par la loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles, Bordeaux Métropole a vu le jour le 1er janvier 2015.
La Nouvelle Aquitaine reprend la plupart des territoires du duché d’Aquitaine d’Aliénor (hormis les régions de Châteauroux et de Clermont Ferrand).

Carte de France des 13 nouvelles régions 2016

Les 12 départements de la Nouvelle Aquitaine

La France en 1058

Duché d’Aquitaine en 1058

Aliénor d’Aquitaine est une descendante d’une très ancienne famille, les « Ramnulfides » ou « maison de Poitiers ».
C’est une famille franque dont furent issus les ducs d’Aquitaine et comtes de Poitiers ainsi que les rois de Chypre et les princes d’Antioche.
Cette dynastie seigneuriale poitevine commence avec Ramnulf Ier ou Renoul Ier, Comte de Poitiers de 839 à 866, fils de Gérard, Comte d’Auvergne.
Les Ramnulfides ont donné de nombreux ducs d’Aquitaine, portant officiellement le titre de Comte de Poitiers.
Cette lignée s’éteignit en ce qui concerne les mâles en 1137, et pour les femmes en 1204 avec Aliénor d’Aquitaine, devenue reine de France puis reine d’Angleterre lors de son second mariage avec Henri II Plantagenêt.

La dynastie des Ramnulfides, Ducs d’Aquitaine et Comtes de Poitiers


Le Duché d’Aquitaine est constitué en 675, à la mort du roi mérovingien des Francs Childéric II.
En 817, Pépin Ier d’Aquitaine († 838) hérite du Duché et le transforme en royaume pour son fils Pépin II.
Le Duché d’Aquitaine est ensuite l’objet de luttes entre les comtes d’Auvergne, de Toulouse et de Poitiers.
En 845, le Duché d’Aquitaine est recréé par Charles le Chauve après le dépeçage du royaume d’Aquitaine de Pépin II.
En 877, le royaume d’Aquitaine se décomposait en deux duchés : un duché de Gascogne (ancien duché de Vasconie) au sud de la Garonne et un duché d’Aquitaine (plus tard appelé Guyenne) qui avait pour capitale Bordeaux et se composait alors des fiefs de Gascogne, du comté d’Armagnac, du comté de Fezensac, du Périgord, du Poitou, du comté d’Angoulême, de la Saintonge et du comté de la Marche.
En 1058, les deux duchés se réunissent.
Dans le cadre de l’Aquitaine puis du duché de Gascogne, les comtes de Bordeaux parvinrent à capter à leur profit l’exercice du droit de monnaie.
Après des pièces au nom royal de Louis IV d’Outremer (936-954), portant le nom de Bordeaux au revers autour de trois croisettes en triangle issues d’un monogramme d’Eudes (ODO ou ODDO), le nom des comtes apparut : Sanche-Guillaume, avec un monogramme carolin, puis Bernard-Guillaume (984-1010), avec une main, et Guillaume, avec un S comme type.

Aux IXe et XIIe siècles, le type odonique stylisé en trois ou quatre croisettes, persiste sur des monnaies, tantôt anonymes, tantôt signées Guillaume (type immobilisé), Eudes (1036-1040), Geoffroi (1056-1086), où la graphie du nom de Bordeaux est très fluctuant, ainsi que celle du mot Aquitaine.

Sous le gouvernement de ce même Geoffroi, qui rassemble sous son autorité l’Aquitaine et le Poitou, reparaît le type REX, comme à Toulouse, Bordeaux devenant désormais la capitale du duché d’Aquitaine ; le titre de DUX prend la place de REX au temps de Guillaume IX le Troubadour (1087-1127).
En 1137, Aliénor, la fille et héritière de Guillaume X le Toulousain, épousera Louis de France qui deviendra peu après le roi Louis VII.
Des deniers et des oboles porteront DUX AQVITANIE en quatre lignes en plein champ au revers et certaines de ces monnaies auront pour légende DUCISIT AQVITANIE.

Aliénor d’Aquitaine, aussi connue sous le nom d’Éléonore d’Aquitaine ou de Guyenne, née vers 1122 et morte dans la nuit du 31 mars au 1er avril 1204, à Poitiers et non à l’abbaye de Fontevraud, a été tour à tour reine des Francs, puis reine consort d’Angleterre.

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Animaux sur les monnaies

Avertissement : Vous trouverez ici toutes les monnaies connues représentant des animaux. Devant leur nombre, nous avons été obligés de faire une sélection en ne répertoriant que celles issues de frappes courantes officielles. Sont également exclues de cette liste, les monnaies représentant des espèces différentes ensemble, avec des gravures trop stylisées, symboliques (comme la colombe de paix), faisant partie d’armoirie ou mythologiques. Pour ne pas alourdir le texte pour les non-initiés à la zoologie, les termes scientifiques ont été réduits.

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Nouveautés

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Drachme, denier ou schekel ?

Les monnaies gauloises « à la croix » languedociennes

La datation des monnaies gauloises à la croix s’est jusqu’à présent fondée sur des éléments principalement d’ordre métrologique. Il fallait donc rapprocher le poids moyen de chaque série de monnaies à la croix d’un quelconque étalon. Ainsi, selon l’étalon adopté, on pouvait être partisan de la datation haute (Soutou, 1965) ou basse (Colbert de Beaulieu, 1973). En réalité, si l’on a suscité autant de discussions aboutissant à des désaccords, c’est parce les arguments métrologiques ne sont pas convaincants. Après des décennies de discussions, nous le savons maintenant, le monnayage à la croix du sud de la Gaule existe déjà au IIIe s. avant notre ère comme l’attestent les monnaies découvertes en contexte stratigraphique daté de 200-175 av. J.-C. sur le site de Lattara (Py, 2006). Même si la question de la datation des premières émissions semble converger, la question de l’influence sous laquelle elles furent fabriquées ne l’est pas.
Dans cet article, nous revenons sur la question de l’étalon adopté pour la frappe des premières monnaies à la croix (desquelles nous excluons prudemment les imitations de Rhoda, puisqu’à ce jour, mis à part l’hypothèse d’une reprise de la croix, aucun lien formel n’a pu être établi entre ces deux ensembles). Nous considérons des éléments numismatiques à la fois métrologique, iconographique, et archéologique, qui, comme nous allons le voir, permettent d’étayer les propos de G. Depeyrot (2002) : « L’arrivée en Gaule des premières monnaies d’Ampurias et de Rhoda peut avoir été davantage liée à la participation des Gaulois aux combats réguliers livrés par les cités de la Méditerranée Occidentale […]. Ces mercenaires revenaient avec des espèces […]. Ainsi, Carthage louait des Celtes lors des opérations contre les Grecs de Sicile. On retrouve ainsi souvent des mercenaires gaulois dans diverses armées. Dans les années 240-230 av. J-C., l’emploi régulier de troupes de mercenaires gaulois dans les armées de Carthage a facilité l’introduction en Gaule de nouvelles monnaies, dont l’imitation a donné naissance aux frappes locales de monnaies d’argent. »
En 2013, nous avons réunis des données relatives au trésor de monnaies à la croix de Béziers (Lopez et al., 2013). Nous avons présenté des exemplaires jusqu’alors non publiés, dont certains conservés depuis plus de 30 ans dans des collections privées. L’étude de cet ensemble a permis de dresser quelques premières liaisons typologiques au sein du groupe des monnaies à la croix de la série traditionnellement nommée « languedocienne ». Nous avions remarqué que la tête masculine au droit du type languedocien de la figure 1 présente une caractéristique typique de ce type monétaire : le visage est nettement séparé de la chevelure par une ligne courbe creuse. D’après nos recherches, cette caractéristique n’apparaît sur aucun autre type de monnaies gauloises à la croix connues à ce jour. En recherchant une hypothétique similitude avec d’autres monnayages, nous avons remarqué qu’il existe un lien fort entre ce droit (cf. Fig. 1) et le droit de certaines imitations ibériques de la drachme d’Emporia (cf. Fig. 2). Des éléments stylistiques viennent appuyer cette constatation, tels que le traitement de la chevelure, le traitement de l’œil en un point dans un creux triangulaire, le traitement des lèvres en deux points, ou celui du menton, qui sont autant d’indices rapprochant ces deux droits (voir notamment le droit de Fig. 1 et le droit de Fig. 2, a et b). Ces constatations permettent de considérer la présence de la ligne courbe creuse séparant le visage de la chevelure comme le témoin d’une technique de gravure spécifique à quelques graveurs locaux. Cela nous permet de conclure que les monnaies à la croix présentant cette caractéristique sont contemporaines aux imitations gauloises de la drachme d’Emporion au bouclier, lesquelles débuteraient vers 240 avant J.-C. d’après D. Nash.

Ainsi, nous pensons que le type présenté à la figure 1 est le premier type de monnaies à la croix contemporaines aux émissions gauloises locales d’Emporion au bouclier dont le droit peut se décrire sommairement ainsi : tête masculine à droite. Dans la suite de l’article, nous nommerons donc ce type « à la tête masculine ».
Richard et Villaronga (Richard et Villaronga, 1973) indiquent que le groupe languedocien (auquel appartient le type « à la tête masculine ») s’organise sur un échelon privilégié établit à partir de 2000 exemplaires : 3,30 g (plus largement 3,21-3,40 g). Afin de déterminer plus précisément le poids moyen pour une série monétaire donnée, dans (Lopez, 2015), nous avons établit pour la première fois une chaîne de liaisons de coins permettant d’identifier un ensemble de 16 coins monétaires ayant servis au sein d’un même atelier. Nous avons identifié 174 monnaies provenant de cet atelier, ce qui nous a permis de proposer un poids moyen fiable de 3,53 g pour cet ensemble. Or, cet ensemble est datable de la fin du IIIe siècle d’après la présence de certaines d’entre elles dans les trésors espagnols de Valeria et de Villares (Villaronga, 2000). Nous sommes donc convaincus qu’il faut dorénavant ajouter aux échelons de J-C. Richard celui de 3,53 g (G. Depeyrot a d’ailleurs justement proposé un poids moyen à 3,50 g).
Revenons au type « à la tête masculine ». Nous constatons un poids moyen de 3,50 g, alors qu’un poids entre 4,32 g et 4,48 g est constaté pour les imitations de la drachme d’Emporion au cavalier, conduisant ainsi (Villaronga et Benages, 2011) à associer ces dernières à l’étalon de la drachme attique (4,30 g). Aucune correspondance métrologique ne peut ainsi être mise en évidence entre les deux types. Il faut donc chercher ailleurs.
Les discussions concernant cette métrologie ont été très diverses. Parmi les hypothèses il faut en retenir deux principales : J.-C. Richard envisage un lien avec la métrologie romaine (Crawford, 1974) dont le victoriat du denier lourd de l’époque pesait trois scrupules soit autour de 3,37 grammes ! Lorsque le nouveau denier – autour de 3,80/3,90 g – est frappé la métrologie des monnaies à la croix n’avait plus de correspondance, sauf celle d’un poids d’argent, et les séries suivantes s’organiseront sur des échelons réduits (avec trois ou quatre paliers successifs jusqu’au Ier siècle avant J.-C.

D’autre part, on a voulu la rattacher à la drachme lourde de Marseille (échelon privilégié de 3,80 g qui aurait été « allégé ») d’où le nom de « drachme à la croix » qui lui est souvent attribué. G. Depeyrot associe le système monétaire des monnaies à la croix au système de Marseille, en proposant un rapport pentobole-tétrobole. Dans le même sens, Michel Py écrit que le poids moyen de 3,5-3,6 g n’est pas sans rappeler celui de la drachme lourde massaliète apparue quelques décennies auparavant (cependant la relation avec celle-ci, qui ne circula guère en dehors de la chôra massaliète, ne présente ni évidence ni nécessité). Compte tenu de la fragilité de ces hypothèses uniquement fondées sur des aspects métrologiques, nous proposons ici une nouvelle hypothèse, tenant compte à la fois d’éléments métrologiques, archéologiques et historiques.
Nous avons montré dans la première partie de l’article que les premières monnaies à la croix (hors imitations de Rhoda) dateraient au plus tôt de la deuxième moitié du IIIe siècle. Les évènements historiques de cette époque nous poussent à chercher un lien vers le monde punique. En fait, nous n’avons aucune difficulté à intégrer les premières monnaies à la croix dans la métrologie traditionnelle du shekel léger hispano-punique de 7,20 g avec une correspondance pertinente avec les demi-shekels d’un poids théorique de 3,60 g et ayant un poids réel moyen oscillant autour de 3,50 g.
La proposition d’une influence hispano-punique est de plus confortée par les trouvailles des trésors espagnols mêlant des monnaies à la croix taillées à 3,53 g et des monnaies hispano-puniques (Villaronga, 2000 ; Ripollés, 1980), montrant ainsi une utilisation conjointe de ces deux émissions.

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L’aventure coloniale française (première partie)

L’Empire colonial français est l’ensemble des territoires d’outre-mer colonisés par la France. Commencé au XVIe siècle, il a connu une évolution très contrastée selon les époques, aussi bien par son étendue que par sa population ou sa richesse. Les possessions coloniales ont connu différents statuts et modes d’exploitation, des colonies antillaises esclavagistes du XVIIe siècle et du XVIIIe siècle à l’Algérie française, partie intégrante de la France à certaines périodes, en passant par les protectorats de Tunisie et du Maroc et les territoires sous mandat de Syrie et du Liban.
On distingue généralement deux périodes concernant les empires coloniaux français, le pivot étant la période couvrant la Révolution et l’époque napoléonienne au cours desquelles la France perdit les derniers restes de sa première aventure coloniale.

La première période de l’aventure coloniale ou premier espace colonial débute au XVIe siècle et se termine fin 1829. Ce premier espace colonial français est l’espace colonial issu des conquêtes monarchiques. Plusieurs désignations en rapport avec cet état de fait lui correspondent : premier empire colonial, empire royal, empire monarchique, empire colonial français moderne.
Le premier espace colonial, constitué à partir du XVIe siècle comprend principalement des territoires nord-américains : la Nouvelle-France et la Floride française ; quelques îles des Antilles (Martinique, Guadeloupe, Sainte-Lucie…) ; les Mascareignes (Réunion, île Maurice) et des établissements (comptoirs) en Inde et en Afrique.
Le premier empire colonial s’étendait sur 8 013 624 km².
En Inde, les Français commencent à vouloir s’implanter de façon significative grâce à la politique de Joseph François Dupleix entre 1719 et 1763. Les efforts de ce dernier sont néanmoins ruinés après la conclusion du traité de Paris en 1763.
En Amérique, la Nouvelle-France s’accroît de façon spectaculaire et comprend presque la moitié de l’Amérique du Nord. Elle forme quatre colonies dont l’Acadie, le Canada, Terre-Neuve, et la Louisiane. Après les traités d’Utrecht en 1713, elle perd l’Acadie (partie sud), la Baie-d’Hudson, et Terre-Neuve (Plaisance). Cependant, elle forme deux nouvelles colonies : l’Isle Royale et l’Isle Saint-Jean.
La Guerre de Sept Ans (1756-1763) marque le début d’une longue rivalité avec les Britanniques pour la possession des territoires coloniaux et met un frein aux ambitions coloniales de la France. Cela se solde par la perte de la majorité des territoires nord-américains et en Inde à l’exception de quelques comptoirs. En effet, tout s’écroule au traité de Paris en 1763, après la Guerre de Sept Ans, où la France perd le Canada, l’Acadie, l’Isle Royale, l’Isle Saint-Jean, la partie Est du Mississippi, qui faisait partie de la Louisiane, et la partie Ouest du Mississippi qui revient à l’Espagne en compensation de la perte de la Floride et cela aux dépens des Anglais.
L’Empire colonial survit malgré tout et connaît une certaine prospérité grâce aux exportations antillaises de café et surtout de sucre venant de Saint-Domingue, de la Martinique et de la Guadeloupe entre 1763 et la fin des années 1780.
Il s’effondre brutalement vers 1790 avant de disparaître presque entièrement durant l’époque du Premier Empire de Napoléon Ier.
En 1800, la France reprend la Louisiane occidentale à condition de ne pas la vendre ni à l’Angleterre ni aux Américains, ce que Napoléon fera trois ans plus tard, en 1803, sans l’appui ou l’approbation de l’Assemblée Nationale. L’Amérique du Nord devient alors en majorité anglophone.

En 1804, les Français perdent le dernier fleuron de leur premier empire colonial : la colonie de Saint-Domingue proclame son indépendance et devient la République d’Haïti.
Après la chute de Napoléon Ier en 1815, la France ne conserve que quelques possessions : les cinq comptoirs des établissements français de l’Inde, la Réunion, l’île de Gorée au Sénégal, quelques îles des Antilles (Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin…), ainsi que la Guyane, l’île de Clipperton et Saint-Pierre-et-Miquelon et les Terres australes et antarctiques françaises.
La deuxième période de l’aventure coloniale ou deuxième espace colonial débute en 1830 avec le début de la campagne d’Algérie.
Plus limitée et surveillée en Europe après la défaite napoléonienne, la France se lance dans la conquête de l’Afrique avec la campagne d’Algérie (1830-1847) en Afrique du Nord (Maghreb).
Un décret impérial du 2 juin 1848 crée les départements français d’Algérie.
Les Français étendront leurs possessions en Afrique du Nord avec la Tunisie en 1881 et avec le Maroc en 1912.
La France colonise aussi la majeure partie de l’Afrique occidentale et équatoriale (régions acquises à partir des anciens comptoirs) et l’Indochine (Cochinchine, Cambodge), ainsi que de nombreuses îles d’Océanie (Polynésie française, Nouvelle-Calédonie, Nouvelles-Hébrides).
La politique coloniale du Second Empire porte l’empreinte de Napoléon III et de son ministre de la Marine et des Colonies, Chasseloup-Laubat. Ce dernier entreprend une modernisation de la marine de guerre (cuirassés à hélices) qui doit permettre d’améliorer la capacité d’intervention des troupes coloniales. La superficie du domaine colonial triple sous le Second Empire jusqu’à atteindre un million de km² pour cinq millions d’habitants.
L’annexion définitive de la Nouvelle-Calédonie en 1853 constitue la première action coloniale de l’Empereur.
En Afrique, Napoléon III nomme Faidherbe au poste de gouverneur du Sénégal.
S’ensuivent la fondation du port de Dakar et la création du corps des tirailleurs sénégalais.
L’implantation du comptoir des Rivières du Sud en 1859, puis l’acquisition de la côte du Gabon en 1862 sont les principales étapes de la pénétration française en Afrique de l’Ouest.
En Afrique de l’Est, Napoléon III signe en 1862 un traité de commerce avec Madagascar où s’installe un consulat de France. La politique impériale vise principalement de ce côté de l’Afrique à contrer l’influence britannique. La même année, la France obtient d’un chef local la cession du petit territoire d’Obock sur la côte nord du golfe de Tadjourah, mais elle n’y procède à aucune occupation effective pendant vingt ans, se contentant de réaffirmer sa souveraineté de loin en loin en faisant hisser les couleurs nationales par l’équipage d’un bâtiment naval de passage.
Au Maghreb, il renforce la présence des conseillers militaires français dans l’armée du bey de Tunis.
Ce second espace colonial atteint son apogée après la Première Guerre mondiale, lorsque la France reçoit de la Société des Nations (SDN) un mandat sur la Syrie et le Liban.
Il est au cours de la seconde moitié du XIXe et au XXe siècle le deuxième plus vaste empire colonial du monde, derrière l’empire colonial britannique. Présent sur tous les continents, il s’étend à son apogée, de 1919 à 1939, sur 12 347 000 km2.

En incluant la France métropolitaine, les terres sous souveraineté française atteignaient ainsi la superficie de 12 898 000 km2, soit près de 1/10e de la surface de la Terre, abritant une population de 110 millions d’habitants à la veille de la Seconde Guerre mondiale, soit 5 % de la population mondiale à l’époque.
Aujourd’hui, les restes de ce large empire colonial constituent la France d’outre-mer (ou “DOM-TOM”), soit une douzaine de territoires insulaires dans l’Atlantique, les Antilles, l’océan Indien, le Pacifique Sud, au large de l’Antarctique, ainsi que la Guyane sur la côte nord de l’Amérique du Sud, pour une superficie émergée totale de 119 394 km2, soit à peine 1 % de la superficie de l’empire colonial à son apogée entre les deux guerres mondiales. D’une faible superficie émergée, ces DOM-TOM permettent toutefois à la France de revendiquer la 2e plus grande zone économique exclusive (ZEE) au monde, couvrant 11 035 000 km2 d’océans, juste derrière celle des États-Unis. Dans ces territoires, en 2013, vivaient 2 691 000 personnes jouissant d’une représentation politique au niveau national, ainsi que de divers degrés d’autonomie.

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Le monnayage colonial français

Le monnayage atypique de la Nouvelle-France (Deuxième partie)

Le monnayage colonial en Nouvelle-France

De rares monnaies, espagnoles et françaises, circulent. Les monnaies françaises servent surtout aux commerçants à payer leurs impôts au représentant du roi de France, le vice-roi de Nouvelle-France, donc elles repartent systématiquement en France.
Afin de maintenir le monopole français et d’en protéger ses productions, il est interdit aux colons de produire autre chose que la nourriture dont ils ont besoin, ce qui favorise une contrebande avec les colonies britanniques toutes proches.
La disette d’espèces menace aussi la sécurité de la colonie car elle rend impossible le paiement des troupes qui doivent maintenir le calme chez les Iroquois. En fait, les espèces frappées en France arrivent de manière très aléatoire, souvent une seule fois l’an, par bateau.
Le troc est donc couramment utilisé. Il se pratique beaucoup au niveau des échanges commerciaux entre Amérindiens et Européens, et entre Européens eux-mêmes. Il est basé sur des échanges de peaux de castors ou des bouteilles d’alcool.
Bien que la traite des fourrures soit axée sur le troc, soit l’échange de marchandises pour d’autres biens, une monnaie-étalon d’échange s’impose sous forme de peau de castor. Au sein des compagnies de pelleterie, une seule peau de castor adulte, de première qualité et en parfait état est appelée « plus ».

Le plus devint l’unité fixe de troc pour mesurer la valeur de toutes les marchandises de traite et autres pelleteries. Ainsi, la valeur totale des fourrures peut être cotée en plus et les Indiens peuvent obtenir l’équivalent en marchandises de traite.
En 1740, la Compagnie anglaise du Nord-Ouest fabrique même des jetons indiquant aux Indiens la valeur des fourrures qu’ils veulent échanger. Avec ces jetons, les Indiens peuvent échanger leurs prises contre un vaste assortiment de produits.

De même, les commerçants américains dans le sud des Grands Lacs utilisent comme étalon le « buck », soit la peau de cerf de Virginie mâle de grande taille, pour calculer la valeur des fourrures et des marchandises de traite européennes (avec 5 bucks, on a une caisse de six bouteilles de Whisky).
Les peaux de cerf servent à fabriquer des vêtements, notamment des vestes de chasse très prisées des coureurs des bois.
Le buck va devenir plus tard l’équivalent du dollar américain.

La peau d’animal (et pas seulement celle de cerf), moyen d’échange traditionnel de l’époque, était devenue une valeur étalon. Cependant, toutes les peaux ne se valaient pas. Une peau d’un animal tué en hiver était de meilleure qualité que celle d’un animal tué en été. La première pouvait valoir un buck, tandis qu’il en fallait plusieurs de la deuxième catégorie pour arriver à un buck. Il y avait aussi la taille. « Passe moi dix peaux de lapins, je te file une peau d’orignal ! Ça fait un buck de chaque côté. »
Peu à peu, avec les vagues de colonisation européennes, les échanges de ce type ont diminué, mais quand le dollar a fait son apparition en 1792, le terme « buck » est resté, comme un mot d’argot pour désigner un dollar.
Mais ce système a ses limites.
Pour pallier la pénurie « d’espèces sonnantes et trébuchantes », il devient indispensable d’établir un nouveau système monétaire : la monnaie de carte, atypique et fascinante.
Le but est de rembourser ces monnaies de carte en espèces sonnantes et trébuchantes dès que possible.
Le premier monnayage régional de la Nouvelle-France est cette monnaie de carte. C’est une monnaie de nécessité apparue d’abord au Canada et devenue moyen de paiement par cours forcé sous le règne de Louis XIV en 1685. Cet instrument financier consistait en la première tentative de monnaie fiduciaire française et nord-américaine.
D’autres formes de monnaie de carte sont également utilisées en Louisiane française.
En effet, en Nouvelle-France, à la fin du XVIIe siècle, la rareté des pièces de monnaie française est criante au Canada, surtout l’hiver, puisque les navires ne peuvent circuler sur le fleuve Saint-Laurent en raison de l’épaisseur de la glace, empêchant la livraison des marchandises.
Le 16 février 1670, des pièces de monnaie en argent (15 et 5 sols) et en cuivre (double tournois) pour un montant total de 100 000 livres, sont frappées à Paris et envoyées en Nouvelle-France. Mais ces pièces sont utilisées pour envoi de fonds, ainsi il y a peu de pièces de monnaie spécifiques aux régions avec lesquelles on commerce.
En 1674, le Roi donne l’ordre qu’en ses colonies tous les comptes, achats et paiements divers soient impérativement soldés en argent sonnant.
Cependant, en 1684, Louis XIV envoie des soldats au Canada, ordonne de les y faire vivre mais oublie leur paie. Jacques de Meulles, intendant de la justice, police et finances en Canada, Acadie, Isle de Terre Neuve et autres pays de la France septentrionale, n’a pas de fonds pour payer les fonctionnaires coloniaux et les troupes.
En juin 1685, il émet donc des notes de crédit d’un nouveau genre : « à cette époque, il n’y avait pas encore d’imprimerie dans la colonie, et d’un autre côté, comme peu d’habitants savaient écrire, le papier n’était pas en abondance. Mais pendant les longues soirées d’hiver, les jeux de cartes étaient l’amusement favori de la population, et par conséquent, il s’en trouvait un dépôt assez considérable ».

Monnaies de carte de Louisiane

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 89

Le monnayage colonial français

Le monnayage atypique de la Nouvelle-France (première partie)

L’histoire coloniale de l’Amérique commence peu après la découverte du Nouveau Monde par les Européens (Christophe Colomb en 1492).

Carte des possessions européennes suite au traité de Tordésillas en 1494.

Les Espagnols et les Portugais se partagent les nouveaux territoires découverts. Les autres pays européens en sont exclus.

L’actuel territoire américain devient rapidement un enjeu international : les grandes puissances coloniales occidentales se lancent dans l’exploration et la conquête du Nouveau Monde puis bâtissent de vastes empires coloniaux qui finissent le plus souvent par être absorbés militairement et politiquement par d’autres empires.

La Nouvelle-France fait partie du tout premier empire colonial français (1534-1763).

Cette première colonie plus précisément, vice-royauté du royaume de France, se situe en Amérique du Nord. Elle est d’abord une colonie-comptoir administrée par des compagnies de commerce coloniales, puis une colonie de peuplement sous le gouvernement royal du Conseil souverain. Sa capitale est Québec.

Le plus :
une peau de castor

Le territoire de la Nouvelle-France représente près du tiers de l’Amérique du Nord. Il est constitué des colonies suivantes : le Canada, l’Acadie et la Louisiane.

À son apogée, il comprend ainsi le bassin versant du fleuve Saint-Laurent, des Grands Lacs et du Mississippi, le nord de La Prairie, et une grande partie de la péninsule du Labrador.

Une monnaie de carte de 50 livres 1714 (avers/revers)

La position géographique de la Nouvelle-France empêche l’expansion vers l’ouest des colonies britanniques d’Amérique du Nord, alliées aux amérindiens Iroquois, ainsi que le ralliement des treize colonies à la Terre de Rupert (actuelle Baie d’Hudson).

Ceci va entraîner de nombreuses tensions qui culmineront avec l’affaire Jumonville en 1754, événement déclencheur de la guerre de la Conquête qui se soldera par la reddition de la Nouvelle-France en 1760, puis par le traité de Paris de 1763.

La conquête de la Nouvelle-France

Dès le XVIe siècle, la Nouvelle-France attire les conquérants et les négociants européens.

En 1534, pour le compte du roi de France François Ier , Jacques Cartier explore la baie des Chaleurs au Canada, qui deviendra la plus importante des colonies de la Nouvelle-France. Il y rencontre des nations autochtones (Micmacs) et y fait, en tout, trois voyages.

Portrait de Jacques Cartier

Les coureurs des bois (trappeurs) entreprennent la traite des fourrures ou pelleterie (castors notamment) pendant la seconde moitié du XVIe siècle. En raison de problèmes causés par cette traite, le roi Henri IV accorde des monopoles de traite à des groupes de marchands à partir de 1588, dans le but de financer la colonisation des Amériques entreprise tardivement en raison des guerres de religion.

Ce n’est qu’en 1600 que le premier comptoir commercial permanent est établi à Tadoussac.

En 1603, Samuel de Champlain, sur la pointe Saint-Mathieu, conclut un traité d’établissement au Canada avec les tribus amérindiennes : Montagnais, Malécites et Micmacs. Des colons français s’y implantent alors de façon permanente après la fondation de la ville de Québec en 1608.

Portrait de Samuel de Champlain

La vallée du Saint-Laurent devient désormais le cœur d’un développement colonial maritime, avec pour centre le cap Diamant et l’île d’Orléans, séparés par la baie de Beauport.

La Nouvelle-France est une vice-royauté et à tour de rôle, de hauts personnages de la Cour sont nommés vice-roi de Nouvelle-France.

En avril 1663, Louis XIV établit une institution le Conseil souverain de la Nouvelle-France (ou Conseil supérieur de Québec) qui réside dans la colonie.

La création de ce conseil signe la fin du contrat de la Compagnie de la Nouvelle-France, mise sur pied par le cardinal Armand de Richelieu, qui avait failli, selon les vue royales, à sa tâche d’établir une colonie de peuplement en Amérique.

Les trois principaux personnages à y siéger sont le gouverneur, l’évêque et l’intendant. Des conseillers les assistent dans leur tâche.

Structures administratives de la Nouvelle-France

L’intendant préside les délibérations. Tous les membres répondent au Secrétaire d’État à la Marine de la France. Ceux-ci sont choisis parmi la noblesse française. Le Conseil souverain comprend en plus neuf fonctionnaires, entièrement responsables de tous les sujets législatifs, exécutifs et judiciaires. L’intendant est responsable des affaires civiles, incluant l’administration de la justice et le développement du régime seigneurial, des finances et du commerce.

Cinq conseillers servant de Cour d’appel, forment la plus haute cour de justice en Nouvelle-France. (Le nombre des conseillers passe à 12 à partir de 1703.)
Les capitaines de milice ont le rôle de faire le recensement et d’informer les habitants des plans de l’intendant pour le développement de la colonie et de rendre compte des soucis de la population.

L’évêque a, quant à lui, la commande des affaires religieuses, comprenant la charité, l’éducation, les hôpitaux et la conversion des Amérindiens.

Le gouverneur de ce régime est le représentant direct du roi de France. Il est responsable de la défense et des relations diplomatiques.
Le Conseil souverain peut émettre des règlements de police mais avec le temps, il devient presque exclusivement un tribunal d’appel.

Par un édit du 5 juin 1675, le Conseil souverain est réorganisé. Il est assimilé aux parlements du royaume et ses membres sont nommés à vie par commission royale.

Le 16 juin 1703, le nombre de conseillers est révisé et passe à 12. À partir de cette date, le roi de France ne désigne plus l’institution que sous le nom de Conseil supérieur. L’usage des expressions Conseil supérieur de la Nouvelle-France, Conseil supérieur de Québec ou simplement Conseil de Québec est fréquent. Conseil souverain du Canada est aussi parfois employé.
Cette structure gouvernementale dure jusqu’à la chute de la Nouvelle-France en 1760. Sa dernière réunion a lieu le 28 avril 1760, le jour même de la bataille de Sainte-Foy.

Le Canada relève directement du gouverneur de la Nouvelle-France qui siège à Québec. Cependant, la colonie connaît la création de trois gouvernements régionaux distincts : celui de Québec (1608), des Trois-Rivières (1634) et de Montréal (1642).

La région des Pays d’en Haut comprend le bassin versant des Grands Lacs, dont les forts de Pontchartrain (Détroit) et Michillimakinac (Sault-Sainte-Marie) forment à peu près les uniques pôles de peuplement français après la destruction de la Huronie.

Le Canada correspond aujourd’hui globalement au Québec ainsi qu’à différentes parties de l’Ontario et du Manitoba et aux États du Michigan, de New York, de l’Ohio et de Pennsylvanie. Par suite de la conquête de 1759, son patrimoine a évolué à travers le nationalisme « ancien canadien » de la Province de Québec et du Bas-Canada, auquel s’est ensuite substituée l’identité canadienne française, puis québécoise.

Lors du premier recensement effectué en Nouvelle-France, en 1666, on compte 3 215 Européens dans la vallée du Saint-Laurent.

C’est en 1664 que débarquent les premières Filles du Roy, huit cents Filles venues de France et éduquées à Paris par la fine fleur de l’aristocratie française.

L’arrivée des Filles du roi en 1663.

Elles s’installent à demeure en Nouvelle-France jusqu’en 1673, représentant un apport de près de 25 % de la population en place. 9 ans après les premières arrivées, la population double pour un total de « 6 700 âmes en 1672 » ; elle triple en 1682, moins de 18 ans après l’arrivée des premières Filles du Roy, pour un total de 10 000 âmes.

Un siècle plus tard, la population s’élève à 90 000 personnes. Les colons français ayant peuplé le Canada de la Nouvelle-France proviennent principalement de Paris, de l’Île-de-France et des provinces françaises d’Aunis, d’Anjou, de Bretagne, du Maine, de Normandie, de Picardie, du Poitou, de Saintonge et de Touraine. Les filles du Roi proviennent de l’Orléanais alors que quelques dignitaires arrivent directement d’Île-de-France.

Plaisance ou Colonie de Terre-Neuve est fondé par les Basques du sud-ouest de la France et principalement peuplée par les colons venus de la Nouvelle-France où ils s’étaient préalablement établis.

L’Acadie est explorée vers l’an mil par les Vikings. Dès le XIIIe siècle, des pêcheurs basques, bretons et normands (pour la pêche à la morue et la chasse à la baleine) ainsi que des marchands de fourrures fréquentent les côtes.

Carte des voyages vikings vers Terre-Neuve au XIIe siècle.

Lorsque Champlain explore la région, il identifie deux peuples, les Souriquois, correspondant aux actuels Micmacs et vivant à l’est du fleuve Saint-Jean ainsi que les Etchemins, vivant à l’ouest. Leur mode de vie est basé sur la chasse, la pêche et la cueillette.

La première implantation de colons a lieu en 1604 en Acadie.

La Louisiane est une colonie ainsi nommée en l’honneur du roi Louis XIV. Elle est formée du bassin versant du fleuve Mississippi.

Découvert en 1673 par Louis Jolliet et le père Marquette, le territoire est pris par Cavelier de la Salle en 1682, au nom du roi de France, avant que Pierre Le Moyne n’y fonde la colonie en 1699.

Portrait de Cavelier de la Salle.

Elle est subdivisée en deux régions administratives : la Basse-Louisiane et le Pays des Illinois, dit la Haute-Louisiane. Cette dernière région englobe la vallée de l’Ohio, fortement prisée pour le commerce de la fourrure, alors que la Basse-Louisiane s’étend sur les plantations de cannes à sucre et de coton. Outre les terres fertiles des grandes plaines, on trouve aussi en Louisiane, la culture du chanvre, de l’indigo, du lin et du tabac.
Les capitales de la Louisiane sont établies au Fort Maurepas (à Biloxi dans l’état du Mississippi), puis au Fort Louis de La Mobile (à Mobile dans l’Alabama) et finalement, au Vieux Carré de La Nouvelle-Orléans. Pour sa part, le fort de Chartres (à Saint-Louis Missouri) devient le siège des administrations régionales du pays des Illinois.
La Louisiane comme la Baie du Nord est principalement peuplée par des colons provenant de Nouvelle-France. On a une migration de colons d’un territoire à l’autre en Nouvelle-France.

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Deuxième partie

Atelier de Serdica :

Le style des graveurs de Serdica est assez particulier. On y discerne un portrait de l’empereur assez rigide mais néanmoins expressif. La titulature de droit est généralement longue, le buste richement décoré et la tête de taille moyenne. Probablement pour des raisons historiques et géographiques, le type de Sol (Le Soleil) dans un quadrige vu de face prend une importance majeure dans cet atelier. Quatre officines furent actives durant les deux premières émissions.
Trois officines seulement sont connues pour la troisième émission où la marque d’officine est provisoirement notée en lettre latine (P, S et T : respectivement pour prima officina, secunda officina et tertia officina). Le nombre d’officines remonte à quatre lors de l’émission suivante, et, après trois ans d’inactivité, descend finalement à deux lors de la dernière émission. Les monnaies de la dernière émission présentent dans le champ les lettres MS, marque explicite de l’atelier (Moneta Serdicae). On retrouve aussi une abréviation semblable sur les monnaies de Cyzique lors des deux dernières émissions. La marque habituelle XXI est présente en numérotation grecque KA.

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L’obole à l’oiseau des Sotiates

Les oboles à l’oiseau des Sotiates nous étaient inconnues et n’étaient pas répertoriées dans les ouvrages concernés. C’est dans les années 2000 que ces petites monnaies sont découvertes en Béarn, dans les Hautes-Pyrénées et le Gers, moins de dix oboles d’après l’Euroatlas.

Ces divisions des drachmes du sud de la Gaule n’ont attiré que très peu l’attention des chercheurs, certainement à cause de la quantité limitée d’exemplaires. Dans cette note, nous souhaitons revenir sur ce type d’obole dit « à l’oiseau ».
Depuis l’Antiquité, les hommes sont fascinés par leur vol. Les oiseaux représentent la liberté, ils étaient investis de pouvoirs magiques et mystiques.
Les peuples ibériques venus occuper le piémont pyrénéen, ont-ils trouvé la paix et la liberté en Gaule ? Est-ce le message qu’ils nous ont laissé en frappant ces petites monnaies ?
Hormis celles de Marseille, les divisionnaires des drachmes des peuples du sud de la Gaule sont rares, voire très rares pour certaines, connues à quelques exemplaires. Qu’elles soient avec une tête, à la croix, au cheval, au sanglier, au loup, au daim, à l’hippocampe et à l’oiseau, on ne les retrouve pas dans les trésors et les dépôts répertoriés. Ont-elles été frappées uniquement pour des offrandes, ou des numéraires afin de faciliter certains paiements ? Le peu de monnaies retrouvées nous laisse dans le doute quant à leur utilité.
Ces oboles à l’oiseau sont à rapprocher des premières drachmes au cheval et à l’oiseau publiées en 2000 par L. Villaronga, et Richard JC en 2002 sans donner le lieu de découverte.
En Béarn, les mêmes exemplaires ont été découverts (Callegarin 2009) et confirment la présence de l’oiseau sur le cheval, l’oiseau de la drachme et de l’obole sont de même style.


Pendant très longtemps, les numismates voyaient au dessus du cheval une aile stylisée comme si ce revers avait été copié du pégase de la drachme d’Emporia.
Il est plausible que ces monnaies aient été influencées par les imitations du statère à l’oiseau conducteur de Philippe II de Macédoine (Callegarin 2011). …
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