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Monnaies et Détections

Catégorie : Numismatique

Le caveau du dey

Il ne s’agit pas ici d’une sépulture, ni même d’un fantôme sinon celui d’une imposante masse d’or et d’argent. Le polémiste Pierre Péan est mort fin juillet. Parmi ses enquêtes, « Main basse sur Alger » révèle des faits intéressants.

Les raisons de la conquête d’Alger ne seront pas plus ici notre propos que son déroulement militaire. La victoire française est effective lorsque le dey Hussein quitte son palais fortifié de la Casbah le 5 juillet 1830 au petit matin. Il emmène sa famille et ses proches avec or et argent mais « laisse beaucoup de ses biens ». Il abandonne aussi le Trésor, constitué principalement des produits de la Course, activité séculaire de la Régence d’Alger. A 9 h le colonel de Bartillat entre dans la Casbah ouverte avec « sept ou huit officiers du quartier général ». Le général Loverdo, entré peu après, va constater, comme il l’écrit à sa femme, que les appartements du dey, ainsi que ceux de sa fille unique ont déjà été complètement pillés. Mais quid du Trésor ? Le maréchal de Bourmont, chef de l’expédition constitue au même moment une commission chargée de prendre possession de l’or et de l’argent. Elle est composée de Dennié, intendant, de Tholozé à l’état-major, de Firino payeur général. Elle est arrivée à 11 h, ce 5 juillet, à la Casbah. Depuis deux heures le palais se vide de ses ornements, vraisemblablement transférés sur les chevaux des officiers arrivés à 9 h ou sur ceux de leur escorte. Le voisinage semble avoir prélevé une bonne part de l’ameublement, les sentinelles ayant été disposées de manière trop prévisible ou tardive.
A 12 h, « un vieil homme à longue barbe blanche », le Khasnadji, remet les clefs du Trésor au maréchal de Bourmont qui les confie aux trois membres de la commission. Le procès-verbal mentionne que le Trésor est remis intact mais qu’aucun document ne permet d’en établir le montant… Pourtant, de nombreux témoins, dont le dey en exil lui-même, affirmeront que de tels registres ont été tenus. C’est la porte ouverte… au sens figuré car la salle du petit Trésor qui renferme plusieurs grandes caisses à compartiments emplis de monnaie locale, le boudjou d’argent, et quelques caisses d’or reçoit des scellés et la clé en est confiée à Firino. Une autre pièce contient de l’or et des lingots d’argent, voici enfin le grand Trésor, réparti dans trois caveaux de 20 m3 chacun. Celui du milieu contient un monceau de monnaies d’or, les deux autres contiennent l’un un tas de piastres du Portugal, l’autre un amoncellement de piastres d’Espagne. La clef du grand Trésor est remise à Firino. Dans les jours qui suivent, les opérations officielles de pesage et comptage se succèdent. Les premiers bateaux sont affrêtés afin d’amener le butin de l’autre côté de la Méditerranée. Péan détaille quelques-unes d’entre elles, or les poids de métaux précieux ne correspondent pas entre les procès-verbaux de sortie et les quantités déclarées au port d’arrivée. Par négligence les capitaines révèlent des sommes qui n’apparaissaient pas au départ d’Alger.
La révolte de Paris lors des Trois Glorieuses de la fin juillet amène un changement de régime. Durant la transition, certaines pratiques de l’armée de Charles X remontent à la surface. Un polémiste, Flandin, est nommé rapporteur d’une commission d’enquête par le général Clauzel nouveau patron à Alger, avec pleins pouvoirs à compter du 4 septembre. Perquisitions, auditions puis visite des salles du Trésor, désormais vides. Les salles à monceaux de pièces gardent les traces du sommet des tas. Les amas de monnaie ne montaient pas jusqu’au plafond. Comme les fonctionnaires du dey avaient quand même séparé les monnaies d’argent et celles d’or, on l’a vu plus haut, le cubage de chacun de ces métaux, simplement pour les salles du grand Trésor est possible. Il existe un ratio de conversion d’un volume de monnaie vers son poids. Le volume du grand Trésor est évalué à 4,469 m3 d’or et 34,407 m3 d’argent.
Pour la publication de l’ouvrage en 2004, Péan a demandé à Michel Prieur, numismate, de calculer les poids minimaux représentés par ces volumes : 62,566 t. d’or et 240,849 t. d’argent… Seulement pour le grand Trésor…

Une monnaie de 2 boudjous frappée à Alger en 1822.

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La monnaie du Bossu

« Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi ! » Tout le monde connaît cette phrase du roman Le Bossu, le plus connu des personnages de cape et d’épée, après les mousquetaires.

Gonzague trahit Nevers, qui sera vengé vingt ans plus tard, c’est l’argument du livre : Paul Féval a fabriqué une fiction inspirée d’une réalité historique avec l’important duché de Nevers qui appartient à la famille Gonzague, laquelle réclame la succession de leur cousin Vincent II, duc souverain de Mantoue. D’où la Guerre de Succession de Mantoue.
En effet le duché de Mantoue est important puisqu’il contrôle quelques passages des Alpes tout à fait stratégiques. Les armées françaises et espagnoles vont donc s’affronter chacune pour leur candidat. Tout commence en 1627 avec l’héritage de Mantoue par Charles, duc de Nevers. Une guerre oppose pendant quatre ans les armées des voisins pour la possession des forteresses et particulièrement pour celle de Casale Montferrato. Elle s’achève par la victoire de Charles I de Gonzague-Nevers, il meurt dix ans plus tard et laisse le trône à son petit-fils, Charles II. La monnaie très usée présentée ici porte le visage poupin de l’enfant et surtout la mention de sa souveraineté d’Arches. Ce village des Ardennes, ceint de murailles et organisé par les architectes du grand-père est devenue Charleville. Charles II vend toutes ses possessions françaises à Mazarin, en 1659.
Le cardinal italien s’est fait connaître lors de la négociation pour Casale, son talent de diplomate pontifical évite un nouveau bain de sang au pied de la forteresse montagneuse en 1640. Il fait son entrée à la cour de France où il prend la suite de Richelieu puis amasse une immense fortune qui lui permet de racheter les biens des Gonzague en France. Ces derniers restent ducs de Mantoue jusqu’à la mort de Charles III en 1708. Il ne laisse qu’un fils illégitime auquel tout droit sera dénié au profit des puissances voisines qui annexent Mantoue mais aussi son Etat associé, Montferrat. Ce marquisat appartenait aux Paléologue, famille des empereurs de Constantinople et échoit aux Gonzague par mariage, leur permettant de bourrer leurs armoiries de prétentions orientales ; y compris sur le trône de Jérusalem, ajoutant ainsi un prétendant de plus à cette prestigieuse royauté virtuelle. (Cf. “Un modeste liard”, n° 101 de Monnaies et Détection).

respectivement : Charles II duc de M(antoue). / Double de la souveraineté d’Arches (en abrégé).

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Une monnaie de Berg

Dans chaque giberne de soldat il y a peut-être un bâton de maréchal…

Cela n’a jamais été aussi vrai que sous Napoléon Ier. Non seulement il a fait de gens du commun des maréchaux mais, parmi ceux-là il a distribué des couronnes. Bonaparte, même s’il a repris le décorum de l’empire romain, s’est inspiré plutôt de la féodalité pour construire son système de hautes récompenses : ordres de chevalerie, noblesse fondée sur la géographie et rois vassaux. C’est d’une audace oubliée, car Napoléon III, le neveu, n’a pas été jusque-là. Le Petit Caporal, lui, reprenait les vieux royaumes pour les confier, en tant que couronnes vassales, de l’Empire français à sa famille.
Lorsque les Etats se trouvaient avec un Bonaparte – ou l’un des serviteurs de l’empereur – à leur tête ils n’arrêtaient pas de battre monnaie. Ainsi est née toute une catégorie de monnaies napoléonides hors de France. La France était grande de 750 000 km2 après l’annexion de la Hollande, mais Napoléon Ier a repris ou restauré bien des royaumes à l’étranger. La liste est importante, aussi nous allons dresser celle des principautés données à des Français pour l’instant.
Les frères et sœurs de l’empereur : Espagne, Naples, Hollande, Lucques, Westphalie, Toscane…
L’entourage : Bénévent (Talleyrand), Ponte-Corvo (Bernadotte), Neuchâtel (Berthier), Naples (Murat), Berg (Murat).
Venant de trouver une monnaie de Berg et de Clèves, je découvris avec surprise dans le “répertoire des monnaies napoléonides” de Poindessault et de Mey qu’elle était en billon. Sa mauvaise apparence – nous pouvons en juger sur la photo – peut laisser penser qu’elle est en bronze.

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Ma pièce préférée

Originaire d’un petit village de Lorraine au bord de la Moselle, mon père travaillait dans une société qui extrayait du sable et des galets de cette rivière. En 1962, un petit sac en chiffon tout gras, contenant une cinquantaine de monnaies trouées et des pièces allemandes avec la croix gammée, fût remonté d’une berge de cette rivière. Cette boursée m’avait été offerte pour démarrer une collection (maladie familiale).

Un de mes grands-pères travaillait dans une entreprise de revêtement de sol. Par son métier, il démontait, nettoyait beaucoup de parquets très anciens de vieilles maisons dans une petite ville fortifiée par Vauban. Il avait naturellement gardé tout ce qu’il trouvait sous les plinthes entre les lames de bois. Celles-ci sont venues grossir ma petite collection. Puis j’en ai glané une ou deux par ici, deux ou trois par là.
Nous avions à ce moment-là une école primaire dont les classes allaient jusqu’au niveau du certificat d’études primaires. Pour les 2 dernières années, nous avions eu un instituteur remplaçant qui avait pour nous, enfants de la campagne, beaucoup voyagé (Sénégal, Mauritanie, Suisse, Belgique…).
En dernière année, au printemps 1966, celui-ci, qui était au courant de la vie de chaque élève, me montra une 5 Frs suisse « Guillaume Tell ». C’était la première fois que je voyais une monnaie aussi grosse en argent, de plus le millésime correspondait à l’année du certif.
Il me dit : « Tu vas passer un concours après le CEP pour aller en 4e d’accueil, si tu réussis, cette pièce est pour toi ».

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Les princes de l’Elysée

Les présidents français ne descendent pas des comtes de Foix qui partagent, en 1278 avec l’évêque d’Urgell le règne sur Andorre. D’où le “co-” de “co-princes”.
Le comté de Foix joint le Béarn, le Béarn joint la Navarre, dont le roi devient Henri IV de France en 1589 et lie, en 1607, ses terres ancestrales à la couronne française. Deux siècles après les révolutionnaires se désintéressent de ces vallées montagneuses mais il n’empêche que le suffrage des Français suffit pour être un co-prince dont les sujets n’ont pas l’air de regretter l’éloignement.
Le désintérêt est réciproque puisque, en 1934, le président Lebrun était prêt à laisser un aventurier russe prendre sa place. L’évêque d’Urgell, lui, s’accrocha bec et ongles à son pouvoir temporel et, finalement, Boris Skossireff ne resta roi d’Andorre que neuf jours. Pourtant le règne sur la vallée pyrénéenne est confortable : en 2014 l’activité du co-prince Hollande était financée par les 354 000 euros de sa dotation andorrane.
Lorsque l’on apprend que le comté de Foix a émis deux fois de la monnaie : une petite espèce, le guishems, en 1426 durant l’anarchie de la Guerre de Cent Ans et, avant cela, des deniers sous Roger III de Foix avant le partage (paréage) de 1278, sachant que les évêques, en tant que comtes d’Urgell, émettent quelques deniers d’argent avec crosse episcopale et “COMES VRGELLI” à l’avers, l’on se dit qu’un article numismatique sur l’Andorre risque d’être maigre. La principauté ne bat monnaie qu’après 2014, et en euros. En 2013, ses euros portant la figure de Jésus-Christ ont été rejetés par l’UE, contraignant à modifier les « pièces jaunes ». Une brimade lorsque l’on sait que la Slovaquie a mis en circulation une pièce de deux euros arborant deux saints et la Croix, symbolique dont ne se prive pas non plus la Monnaie du Vatican.

Le bicentenaire d’une monnaie d’un pays de légende

A l’occasion de ses 200 ans, nous vous présentons une monnaie de cuivre qui marque le début du XIXe siècle, tant par sa beauté que par l’histoire de la région qui a conduit à sa frappe. L’une de ses faces représente le lion ailé et auréolé de Saint Marc portant un évangile marqué d’une croix et traversé par 7 flèches. Sur l’autre face, la célèbre Britannia est assise près d’un écu aux armes du Royaume-Uni et regarde à gauche. Elle tient dans une main un rameau de laurier et dans l’autre un trident. Le millésime de la frappe de cette monnaie est 1819 et sa légende est IONIKON KPATOΣ. Elle a un diamètre de 35 millimètres et une masse de 18,75 grammes.

Napoléon Bonaparte à l’époque des Iles Ioniennes françaises.

Les Iles Ioniennes

Céphalonie, Corfou, Cythère, Ithaque, Leucade, Paxos et Zante sont les sept plus grandes îles de la vingtaine qui composent l’archipel des Iles Ioniennes. L’évocation de ces îles, à la végétation luxuriante et aux forêts abondantes, renvoie aux multiples aventures des héros de la mythologie grecque. Elles sont situées dans la mer ionienne, du sud-ouest de l’Albanie au sud-ouest de la Grèce. Aujourd’hui rattachées à celle-ci, elles ont été, au cours de l’histoire, soit dans leur totalité, soit séparément, placées sous la protection ou la tutelle de divers états. Des Etats aussi divers que l’Empire byzantin, le Royaume de Naples, la République de Venise, la République française, l’Empire Russe et l’Angleterre ont occupé alternativement cet archipel de la mer Ionienne également connu sous le nom des Sept Iles. Ainsi, pour ne considérer que la période moderne, elles sont très disputées et leur statut change régulièrement. Conquises par les armées de la France révolutionnaire, elles forment de 1797 à 1800 les départements français de Corcyre, Ithaque et de la Mer-Egée. En 1800, elles passent sous protectorat de la Russie qui crée la République des Sept Iles. En 1807, suite au traité de Tilsit, elles redeviennent françaises, mais en 1815, après la défaite de l’empereur Napoléon Ier, elles sont placées sous mandat anglais et prennent le nom de République des Iles Ioniennes. En 1864, les Britanniques les rétrocèdent à la Grèce. Pendant la seconde guerre mondiale, elles sont pendant quelques années occupées par l’Italie puis par l’Allemagne.



Les monnaies russes de la République des Sept Iles

La courte période de l’existence de la République Russe des Sept Iles permet néanmoins la frappe de monnaies spécifiques. Ce sont des pièces de 1 gazeta, 5 gazetais et 10 gazetais en cuivre où l’avers porte la légende ΕΠΤΑΝΗΣΟΣ ΠΟΛΙΤΕΙΑ autour du lion de Saint-Marc vu de face et où au revers, sont présents dans un grènetis, la valeur nominale et le millésime 1801. Ces pièces, souvent considérées comme des monnaies napoléonides, sont très recherchées par les collectionneurs intéressés par la numismatique du début du XIXe siècle.

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 105

1719-2019 La monnaie française d’il y a trois siècles

En ce début du XVIIIe siècle la France est un royaume dont le roi est un enfant né en 1710. Sous le nom de Louis XV il a succédé à son arrière grand-père Louis XIV mort en 1715. Les frontières du royaume sont déjà proches de celles de la France d’aujourd’hui, à l’exception de quelques territoires au nord-est et de la Savoie. Le système monétaire national s’est construit avec pour référence la livre tournois et pour étalon une pièce d’argent valant 6 livres* ou 120 sols (ou sous). Chaque sol étant équivalent quant à lui à 12 deniers ou 3 liards.

La France au cœur de la carte de l’Europe tracée en 1719 par Guillaume de l’Isle et imprimée à Amsterdam par Covens et Mortier.

L’expérience de John Law

John Law de Lauriston.

Le début du XVIIIe siècle est l’époque de la première apparition du papier-monnaie en France lorsque John Law de Lauriston, né en Ecosse en 1671, fonde la Banque Générale qui deviendra la Banque Royale. Ses études d’économie le conduisent à considérer que la valeur d’une monnaie peut reposer sur une correspondance financière avec des revenus agricoles ou commerciaux au lieu d’être fixée uniquement par un rapport à la quantité d’une réserve d’or et d’argent. Il propose ses services dans plusieurs pays mais aucun ne retient ses offres de collaboration. Finalement, il expérimente la création du papier monnaie en France en 1715. Il crée une banque qui émet des billets garantis par les bénéfices de compagnies commerçant outre-mer et notamment avec la Chine, l’Inde, le Sénégal et la Louisiane. Si, au début, tout se passe pour le mieux, en 1720 l’instauration d’une limite de remboursement de billets contre de l’or et de l’argent entraine une perte de confiance dans la Banque de John Law et très vite ses billets de banque perdent toute valeur. L’échec de son expérience le contraint à l’exil à Venise où il meurt en 1721. La relation entre valeur de la monnaie et la seule quantité de métaux précieux qu’elle représente est rétablie et sera maintenue jusqu’à la Révolution française.

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 104

De l’or sur l’estran !

Une quarantaine d’auditeurs ont suivi la brillante conférence du 15 septembre donnée par M. Jambu, conservateur responsable des monnaies étrangères à la BNF. Le thème nous ramenait à notre enfance : des pistoles d’or sur le sable… Les aventures de Barbe-Noire, Morgan ou Rackham le Rouge (pirate du Neuvième Art celui-là) traversent la brume de nos souvenirs. 

Avril 2014 : un couple déclare avoit trouvé 4 pièces d’or sur la plage de Donville-les-Bains, au nord de Granville, un vieux port normand. Même si la zone est découverte à basse mer c’est une administration chargée d’archéologie subaquatique qui est alertée et prospecte en… juillet 2016.
Le couple a certainement parlé de sa découverte à ses proches, ce qui paraît bien naturel, il est vraisemblable d’imaginer que, parmi ceux-ci, quelqu’un aurait pu aller faire discrètement du détecteur sur l’estran au cours des vingt-six mois de temps de réaction bureaucratique. Les archéologues parvinrent à ramener 16 monnaies de plus. Huit mois plus tard encore, une large prospection a permis de ramener les 4 dernières monnaies vers l’escarcelle de l’Etat.
En mai 2015 un accord fut signé entre les inventeurs et ce dernier. Leurs quatre pièces leur seront réglées au cours du marché, et puisque leur découverte initiale s’est révélée riche d’avenir, une négociation est en cours pour une rallonge de la part de l’Etat.
Les 24 monnaies ont subi une analyse métallographique la même année.

Voici donc un résumé, aussi fidèle que possible, des analyses de la BNF

Ce sont toutes des monnaies espagnoles de 6,76 grammes d’or titrant 22 carats. On lit sur certaines un “IIII”, l’amorce d’un “162…”, les armoiries espagnoles apparaissent d’un côté tandis que la croix de Jérusalem entourée d’un quadrilobe est du type sévillan. D’ailleurs un “S” indique qu’elles proviennent de cette ville. Le différent du graveur, lui, désigne Damian Maldonado qui opéra de 1623 à 1629.
La physique nucléaire révèle que l’origine du métal précieux est colombienne pour au moins 6 pièces : elles possèdent plus de 100 ppm de platine, de même pour l’étain, ce qui indique qu’elles sont fabriquées avec une portion des deux à trois tonnes d’or extraites chaque année de la colonie espagnole.
Les autres sont d’or européen dont la production au début du XVIIe siècle est anecdotique : il s’agit probablement de refonte d’or médiéval.

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 103

 

La Poste aux chevaux française (Première partie)

Xénophon, dans sa Description du monde, nous apprend que le roi perse Cyrus le Jeune (Ve siècle avant JC) a fait établir dans son royaume des gîtes ou mansions, pourvus de chevaux ou de courriers, chargés de transporter les lettres et les ordres du chef d’Etat.
Durant l’Empire, les Romains appliquent chez eux ce système.
Sous le règne de l’empereur Auguste (27 avant JC-14 après JC), le long des voies romaines, se situent des stations de relais, les mansio, dans lesquelles se trouvent constamment des jeunes gens habiles à la course et qui sont chargés de transporter les ordres de l’empereur.

Plus tard, ces piétons sont remplacés par des cavaliers. Cependant, pour utiliser les chevaux, il faut une autorisation qu’on ne délivre que lorsqu’il s’agit d’une affaire, intéressant l’Etat.
Des mules peuvent également être chargées du transport du courrier officiel.
Un sesterce de l’empereur Nerva représente deux de ces mules.
En France, sous Charlemagne, on voit apparaître un système qui ressemble beaucoup à la Poste romaine : en 807, des veredari (courriers de l’Etat à cheval) parcourent les principales routes de l’empire carolingien.
Mais ce système ne perdure pas après la mort de Charlemagne le 28 janvier 814.
Cependant, le système postal continue à exister grâce aux réseaux des universités. Paris est la seule ville à avoir une université performante.
Aussi, de tous les coins de France et de l’étranger, des étudiants y accourent afin de suivre les cours dispensés. Les étudiants installés dans la capitale envoient périodiquement des courriers à leurs proches afin de recevoir les fonds nécessaires pour suivre leurs études.
Les universités parisiennes se chargent alors d’acheminer les courriers. Elles en tirent un grand bénéfice grâce aux privilèges royaux.
Ce système de la Poste des Universités subsistera longtemps malgré la création de la Poste royale à cheval par Louis XI (1461-1483) au XVe siècle.

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En Belgique la pièce de 25 centimes a longtemps circulé et les Belges trouvent cela si commun que Georges Simenon en place dans les poches de l’inspecteur Jules Maigret dans des aventures qui se passent à des périodes où il n’y avait pas de pièces correspondant à cette valeur faciale en circulation en France. Néanmoins il existe quelques pièces de 25 centimes et d’un quart de franc frappées en France. Les plus récentes datent de 1940. Le présent article vous offre un panorama des types monétaires français ayant cette valeur faciale.

Bonaparte, caonsul à vie, peint par Charles Meynier.

Le premier quart de franc

La France est une république depuis septembre 1792 et l’année 1804 correspond à l’an 12 de la République. Elle est dirigée par un triumvirat de consuls dont le premier est Bonaparte, Napoléon de son prénom. Depuis 10 ans, le franc républicain remplace les monnaies de l’Ancien régime et depuis un an, sur les pièces de monnaie aux valeurs faciales de 1 franc et 5 francs, le portrait de Bonaparte, gravé par Nicolas Pierre Tiolier, a pris la place de l’Hercule entouré de deux femmes qui symbolisent la République (ou la Liberté) et la Justice (ou l’Égalité). Les pièces de bronze et de cuivre aux valeurs de 1 centime, 5 centimes, 10 centimes (ou 1 décime) et de 2 décimes sont alors les seules petites monnaies en circulation. En l’an 12, débute la frappe de pièces en argent ayant pour valeurs ¼ de franc, ½ franc et 2 francs. C’est donc peu de temps avant la fin du Consulat qu’apparaissent les premières monnaies françaises valant vingt-cinq centimes. Elles sont en argent 900/1000, ont un diamètre de 15,3 millimètres, pèsent 1,25 gramme et leur tranche alterne points et barres en creux. Sur l’avers est gravé le portrait du Premier consul, entouré de la légende « Bonaparte Pr. Consul ». Sur le revers, au centre d’une couronne de lauriers la mention « quart » précise la valeur de la monnaie : un quart de franc. La légende notée sur ce revers est « Rep. Fra. » (République Française), elle est accompagnée du millésime « An 12 » et des différents des ateliers monétaires. Le total de la frappe des pièces d’un quart de franc au buste de Bonaparte pendant l’an 12 est d’environ 320 000 exemplaires.


… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 102