MONNAIES ET DETECTIONS Le Blog

Monnaies et Détection, le blog

Bienvenue sur le Blog Officiel
Monnaies et Détections

Catégorie : Numismatique

Des Danois sur l’Acropole

Constantin II a 80 ans. Le dernier roi, à cette date, des Hellènes a régné sur la Grèce de 1964 à 1973. Sa tentative de reprendre le contrôle du pouvoir en 1967, face aux militaires, l’avait mené vers l’exil. Six ans après, la monarchie est abolie et le « régime des colonels » s’installe pour quelques années. C’est pourquoi il faut considérer l’ironie involontaire d’une célébration numismatique du centenaire de la dynastie par une pièce de 30 drachmes émise en 1963 ; en argent elle rappelle le visage des cinq rois qui se sont succédés en un siècle. La carte du pays, les symboles du passé grec… quelques-uns parmi tous ceux disponibles dans l’Histoire de cette matrice de l’Europe, ce Vieux Continent dont le nom est issu de son panthéon. Mais… Patatras ! Quatre ans après l’émission de cette monnaie sous le règne de Paul I, son fils Constantin le Deuxième est contraint à l’exil…
Aujourd’hui, Constantin II tente de récupérer quelques-unes de ses propriétés, mais la dynastie « Glücksbourg » n’est plus une option pour les familles qui dirigent les partis grecs. En fait, mieux connus des Français que Constantin II, sont ses cousins l’écrivain Michel « de Grèce» et le duc d’Edimbourg.
En 1863 le second fils du roi de Danemark est placé sur le trône de Grèce par les Puissances, la greffe scandinave va prendre et Georges I aura cinq successeurs. La monnaie de trente drachmes nous dévoile leurs portraits, du moins celui du fondateur et de quatre de ses descendants.

La suite dans Monnaies & Détections n° 116

La carte au trésor

Un trésor a été révélé dans un no man’s land. Une carte détaillée, qui a été financée par l’Etat et que le Bureau des Ressources Géologiques et Minières a réalisé.

Pour la modique somme de 40 millions d’euros un Inventaire des Ressources Minérales de la Guyane a été dressé. La publication de ces cartes a coïncidé avec la vague d’orpailleurs clandestins, les garimpeiros, qui a déferlé sur le département français d’Amérique du Sud. Si les dignes fonctionnaires se défendent explicitement de la moindre corrélation entre pointer du doigt les paillettes et voir se multiplier les chantiers clandestins, implicitement il n’en est pas de même. “Vingt ans pour dresser la carte d’un trésor et ne pas publier les résultats ?! Cela aurait été absurde” conclut un ancien directeur. Il n’a pas l’air gêné que l’argent public ait manifestement servi à ouvrir le poulailler en grand à tous les renards brésiliens bienheureux de venir jouer à cache-cache avec les quelques malheureux gendarmes perdus dans la jungle amazonienne et française. Tant pis pour les tribus d’Indiens ou de Marrons qui, en plein cœur d’une zone de biodiversité soi-disant protégée, avalent le mercure répandu dans les rivières (il faut 1,3 kg de mercure pour amalgamer 1 kg d’or) et transitant par le poisson pêché dans les fleuves et les rivières opportunément désignés par le BRGM entre 1975 et 1995.

Cette 500 $ du Suriname contient probablement de l’or illégal.

La suite dans Monnaies & Détections n° 115

Un nouveau regard sur les ateliers monétaires gaulois

On doit à Monsieur Louis-Pol Delestrée un nouveau regard sur la manière de frapper monnaies des ateliers monétaires gaulois. Jusqu’à présent, on imaginait les ateliers monétaires gaulois fonctionnant à l’identique des ateliers romains civiques et grecs. Rappelons que la monnaie est un droit public et que l’état romain se chargeait de cette fonction par le biais de personnage exerçant un pouvoir émetteur d’ordre politique. A contrario de l’usage romain et grec utilisant des ateliers fixes, pérennes dans le temps et localisés au pouvoir central de la ville émettrice, il se dessine, au vu des nouvelles recherches, un constat fort différent pour les ateliers gaulois. Ils devaient être mobiles, constitués d’artisans spécialisés et introduit dans la symbolique celtique et se déplaçaient en fonction des commandes de notables ou marchands partout en Gaule.

Ces trois dernières décennies, les trouvailles d’outils monétaires (à l’évidence pour la plupart, trouvailles de prospecteurs…) ont permis de mettre au jour deux outils monétaires inconnus auparavant : les poinçons et disques monétaires (voir article page 34 revue Monnaies & Détections N° 95). Ces outils, inconnus dans les ateliers monétaires romains fixes, sont un des nombreux éléments qui conceptualisent les ateliers itinérants gaulois.

 

Reprenons brièvement la chaine de production monétaire 

 

1. Les coins : 37 coins monétaires trouvés et publiés en France permettent d’avoir une idée précise de la composition métallique. Il fallait de véritables artisans spécialisés pour graver aussi artistiquement des symboles et figurations gauloises qui nous échappent complètement. De même, ces artisans devaient fréquenter la classe sacerdotale ou druidique pour pouvoir délivrer un message symbolique de leur mythologie sur les coins qu’ils allaient graver. Rappelons que les monnaies gauloises étaient anépigraphes jusqu’à la fin du IIe siècle avant JC et que les thèmes symboliques y sont totalement abstraits pour nous car non éclairées par des sources écrites.

Mais les coins sont fragiles et cassaient au bout d’un certain nombre de frappes et c’est la raison de l’existence des disques et poinçons suivants :

2. Le poinçon offre l’aspect du coin monétaire mais l’image à la base est en relief. Cette image en relief était obtenue par le moulage d’une monnaie frappée avec le coin d’origine. Il suffisait alors d’utiliser cette empreinte en relief et d’imprimer sur de l’argile ou un métal mou l’empreinte en creux pour obtenir, à partir de cette dernière, une nouvelle empreinte en relief qui pouvait être fixée à la base du moule dans lequel était coulé le bronze nécessaire à la création du nouveau coin en remplacement de celui qui avait lâché. 15 exemplaires sont connus et répertoriés.

La suite de l’article dans Monnaies & Détections n°115 …

L’atelier d’Arras fut fermé sous Louis XIV, à la Révolution et après une remise en état très sommaire, l’atelier monétaire reprit son fonctionnement dans les anciens locaux, situés à la Maison des Carmes, sous le contrôle du commissaire lillois Delepierre, et à la direction de Bertha et cela dès le 6 mai 1792. La marque allouée à l’atelier était le « W » de Lille orné d’un point en dessous. La production d’Arras consista en pièces de 12 deniers (1 sol) constitutionnels (faisceau et portrait du roi), 2 sols constitutionnels, 1 sol à la balance de la convention (balance et déclaration des droits de l’homme) et 2 sols à la balance. L’atelier ayant reçu très tardivement les poinçons du nouveau type républicain (balance), il n’effectua sa première délivrance de pièces de 1 sol que le 6 juillet 1793, les monnaies de 2 sols eut lieu fin juillet. Ce retard est attribué à une « pénurie de flans », ainsi entre 1792 et juillet 1793, l’atelier d’Arras réalisa une production de quelques 4 102 000 pièces de 2 sols et plus de 730 000 pièces d’un sol, soit le travail de plus de 200 ouvriers.
Le tableau des ateliers monétaires provisoires publié par Gadoury, éditions 2017, rapporte une période d’ouverture de mai à août 1792 ?, le tableau en question étant très lacunaire et bourré d’erreurs. On peut sans contexte qualifier celui-ci d’empirique !

2 sols d’Arras au W pointé.

La suite de l’article dans Monnaies & Détections n°114 …

Un Dauphiné pas si libéré

Dans « Exploitation minière et implantation castrale en Dauphiné », thèse soutenue il y a deux ans, B. Oury étudie la nécessité de s’assurer une exploitation sereine des métaux précieux pour ces puissants féodaux que furent les Dauphins du Viennois.

Médaille de bronze de Louis, ex-futur Dix-Neuvième de France et dernier dauphin du Viennois.

La capacité à extraire du minerai et d’en faire ensuite de la monnaie était une arme économique absolue pour les souverains, avant l’apparition de la monnaie fiduciaire. Il fallait d’abord se garantir un pourcentage le plus élevé posible de la production en respectant le droit coutumier, lequel était basé sur la sagesse ancestrale et garanti par la foi religieuse. Plus inattaquable qu’une constitution contemporaine ! Une fois ce pourcentage établi, il fallait assurer l’ordre contre les vols, pillages de guerre et autres joyeusetés que l’on pourrait qualifier de « médiévales » si ce n’était le lot quotidien et très actuel d’une large partie de l’Afrique équatoriale voire d’un département français d’Amérique du Sud. Après l’établissement de rondes de garde dans une tour à proximité de l’entrée de la mine, voilà l’argent, au sens propre, qui entre à pleins chariots dans les caisses du prince.
Ici nous résumons, ce n’est pas si simple. Si les Dauphins du Viennois sont devenus indépendants, c’est parce que le territoire sur lequel ils allaient étendre leur puissance était une parcelle de ce fameux royaume d’Arles (ou de Bourgogne-Provence) qui est tombé sous la coupe de l’empereur germanique en 1034, après deux ans de guerre contre Eudes de Blois, l’héritier légitime.
Oubliée dans l’immense empire qui va de la Meuse à la Vistule et de la Mer du Nord à l’Adriatique, la famille d’Albon va gérer son autonomie et ses mines fourniront son trésor. C’est l’empereur Barberousse qui accorde le droit de battre monnaie à Guigues, en 1155. C’est la date fondatrice du monnayage delphinal, dont on sait qu’il survivra jusqu’au XVIIIe siècle avec le fils aîné du roi de France. Avec L’Argentière, Brandes et Fangeas-Faravel, les dauphins possèdent trois beaux filons qui alimentent les ateliers d’Arisan, Crémieu, Romans, Serre et Tronche près de Grenoble. Une nouvelle campagne de prospections, à la fin du XIVe siècle, ne permit pas de trouver des filons nouveaux et rentables (avec les techniques de l’époque).

Ecu d’or du dauphin Louis, futur Onzième de France.

La suite de l’article dans Monnaies & Détections n°114 …

Or de papier, les emprunts russes

Si l’histoire des emprunts russes peut-être considérée comme « La plus grande spoliation du (XXe) siècle », elle peut être vue sous un autre angle puisque ayant atteint le jackpot chez des collectionneurs. En effet, les amateurs d’actions et d’obligations (les scriptophiles) ont toujours constitué un monde aux lisières de la numismatique. Aux puces de Saint Ouen, il y a cinquante ans, certains d’entre eux ont raflé, au poids, des lots d’emprunts russes récupérés par les chiffonniers lors de successions.

Il y a vingt ans le ministère des finances français pondait un document intéressant : la liste officielle des emprunts russes remboursables. Plusieurs centaines de milliers d’exemplaires furent imprimés. Quoique “officielle” la liste était susceptible d’être “complétée” ou réduite… Autant dire que c’était un écran de fumée permettant d’évaluer la nature et le nombre des titres qui seraient présentés aux guichets du Trésor Public et d’en tirer une liste économe. La ficelle était d’autant plus grosse que le principal titre (Nathan-Rotschild, émis à trois millions d’exemplaires) était oublié. Ce second fait, après l’élasticité de la liste “officielle”, indiquait que le ministère des finances escomptait ne pas indemniser en complément de la maigre enveloppe obtenue des Russes.

Soixante et onze ans après la révolution d’Octobre, le successeur de Lénine, Staline, Kroutchev (etc…) acceptait de rembourser une infime portion de l’argent emprunté avant 1917 par le gouvernement des tsars.

 

Les Soviétiques ont gardé la parité pour cette dix roubles émise de 1975 à 1982 puisqu’elle contient 7,8 g d’or fin.

Les hommes qui voulurent rester rois

Cas exceptionnel dans les annales de la fin de la Grande Guerre en Allemagne, le roi de Wurtemberg résiste 20 jours à la trouille qui a saisi certains autres monarques allemands.
Cet autre Guillaume II porte barbe et, malgré les évènements révolutionnaires qui commencent en sa capitale de Stuttgart le 9 novembre 1918, il refuse, seul contre tous les conseillers apeurés, d’abdiquer son titre royal.
Il y avait peut-être un attachement hors du commun puisqu’il faut dire que celui-ci n’était pas glissé dans les langes de son berceau. En effet, il est le cousin au 4e degré de son prédécesseur. Qui parmi nous pense hériter un jour d’un cousin aussi éloigné ? Qui parmi nous fréquente des cousins au 4e degré voire, simplement, connaît leur prénom ?
Il est vrai que, dans le cas des familles royales, le travail de recherches généalogiques est fait par des experts qui se renouvellent au fil des générations. Autant dire que nous ne sommes pas dans le cas de la personne lambda à qui l’on annonce soudainement une parenté royale. Puis, il y a le niveau social : Guillaume avant d’être roi de Wurtemberg est déjà duc et possède des biens considérables.
Lorsque le trône lui échoit en 1891 c’est tout de même grâce aux draconiennes lois dynastiques du Wurtemberg. Entre loi salique et mariages morganatiques, l’écrémage des dynastes allemands est une constante.
Cette dynastie concerne les Franc-Comtois car l’une de ses branches possédait le comté de Montbéliard jusqu’en 1793. Elle aurait pu concerner également les habitants du Rocher puisque les Urach étaient les héritiers de Monaco avant la légitimation de la grand-mère d’Albert II. Cela juste avant la Grande Guerre qui sera fatale au gouvernement des Wurtemberg à Stuttgart.
Cette dynastie avait un lointain passé puisqu’on la remonte avec certitude jusqu’au XIe siècle. Dans la mouvance des empereurs germaniques, elle a toujours montré de l’hostilité envers les Capétiens et leurs successeurs. Dès 1268, elle finance le raid de Conradin en Italie du Sud contre les Anjou, en échange du duché souverain de Souabe. Duché dont elle conserve la couronne, tel un titre annexe, jusqu’en 1918. Le titre royal, lui, est venu de Napoléon Ier mais ils furent dans les premiers à se retourner contre lui en 1813.
A l’automne 1918, le dernier roi va résister à la vindicte des conseils de soldats, aux émeutes et à tous les prémices de la révolution spartakiste. Beau sang-froid de la part d’un vieil homme qui sait que nombre de ses pairs sont déjà partis en exil.

Armoiries simplifiées des Waldeck-Pyrmont, 3 pfennigs de Georges-Victor prince de Waldeck-Pyrmont.

La suite de l’article dans Monnaies & Détections n°114 …

Man, un royaume discret

La numismatique de l’île de Man est moderne, diverse et originale.
Moderne puisqu’elle se développe encore, depuis la Mint Tower de Londres en 2020.
Diverse par la multiplication des émissions commémoratives propices à faire entrer des devises, de même que l’imposante philatélie mannoise.
Originale parce qu’elle tente de mettre en valeur la culture, le particularisme de l’île de 572 km2 qui gît en mer d’Irlande.
Lorsque des monnaies de 20 d. s’ornent du portrait d’Elisabeth II et d’un bateau viking côté pile, cela indique un choc de civilisations qui aurait eu lieu au Moyen-Age.
Lorsqu’une langue celtique fait son apparition, toujours de l’autre côté, le champ des possibles se restreint. Elisabeth II + langue celtique ? Ecosse, Pays de Galles voire Ulster. Eh… bien, non !
Man a été sous domination norvégienne jusqu’au XIIIe siècle. Ce long règne scandinave sur un substrat celte (l’occupation romaine ayant été anecdotique) va donner une coutume et un parlement qui reflètent, en ce XXIe siècle, cette civilisation des “Gaels Galls”, qui a imprimé sa marque aussi sur le Galloway écossais. Ce mélange de Vikings et des autochtones a donc duré jusqu’en 1266.
Même devenu vassal du roi d’Angleterre, le royaume de Man a perduré officiellement jusqu’en 1504. La dynastie Stanley, préféra ensuite user du titre de Seigneur de Man, une tendance générale pour tous les anciens royaumes d’Irlande et de mer d’Irlande, il s’agissait de ne pas faire d’ombre à la monarchie anglaise, tellement coupeuse de têtes.

A gauche, Les Stanley, leur blason, leur devise en français.
A droite, Les Murray, leur couronne ducale.

La suite de l’article dans Monnaies & Détections n°113 …

 

Le ducat

Voilà une valeur qui fleure bon la Renaissance puis le Grand Siècle.

Le ducat d’Ernest I.

Le dernier Etat qui en émit (Pays-Bas) avait gagné une course contre le temps et ses derniers concurrents furent quelques principautés allemandes. Prenons l’exemple du ducat d’or de Ernest I, duc de Saxe-Cobourg et Gotha. Deux années d’émission pour un peu moins d’un millier d’exemplaires justifient certainement une cote qui dépasse allègrement les 3 000 euros.
938 millièmes d’or pour une monnaie de 3,5 grammes : le ducat du duc Ernest est la copie du vieux ducat hollandais. Par contre, lorsque les monnaies des Etats de l’Empire Allemand seront entrées dans le système normalisé du mark, le ducat de Ernest I fera pâle figure par rapport à la monnaie de 20 marks de son fils et successeur Ernest II.
Les 20 marks émises avec une face différente pour chacun des 25 Etats qui formèrent l’Empire Allemand de 1870 à 1918 (mais avec une pile commune) pèsent presque 8 grammes d’or. Mais il s’agit d’or à 900 millièmes, l’or plus fin qui a servi en 1836 et 1842 pour les ducats ducaux faisait, quant à lui, 938 millièmes.
Ce titre est appelé, d’ailleurs, « or de ducat ».
La monnaie est intéressante à plus d’un titre, si l’on ose dire, car son côté pile présente l’un de ces blasons qui enchantent les amateurs d’héraldique. Pour les lecteurs qui auront lu le n° 102 de M&D ils repèreront parmi les 24 quartiers qui occupent l’écu, les chevrons de Hanau.
Ernest I meurt en 1844. Une monnaie d’une valeur de deux groschen est frappée cette année-là et jaillit de terre, des décennies plus tard. Lavée, elle révèle des reflets cuivrés. Le 1/15e de thaler qu’elle constitue est fait de billon.
L’argent de cette monnaie titre 229 millièmes et nous frôlons la limite à laquelle l’argent va perdre la main sur le cuivre rouge.

La suite de l’article dans Monnaies & Détections n°113 …

L’or des Bulgares

Une exposition en France en 2012 a évoqué les magnifiques orfèvres de l’or qu’étaient les Thraces, prédécesseurs des Bulgares sur les rives de la Mer Noire. De métal précieux il n’a pas été question lors de notre seule confrontation avec les Bulgares.
Souvenirs ramenés de l’Armée d’Orient, les monnaies de zinc bulgares ou même les douilles de 77 mm en laiton avec le culot gravé d’une inscription en cyrillique nous rappellent que les relations entre les “Buls” et les “Poilus” sont celles d’ennemis de la Grande Guerre. Ces modestes prises de guerre, même si parfois les douilles de 77 sont artistement modelées, témoignent d’un passé un peu oublié.
Un aparté au sujet des douilles : si elles sont travaillées et quel qu’en soit le calibre, elles ne peuvent être saisies en cas de problème car considérées comme des œuvres d’art. Ceci n’est pas seulement anecdotique, certaines associations alertent régulièrement les collectionneurs de souvenirs militaires sur le durcissement de la réglementation, y compris sur les étuis vides… En cas de saisie d’une collection d’épaves oxydées le détectoriste ne doit pas se voir confisquer ces objets d’artisanat de tranchées, qu’ils soient français, allemands, anglais ou… bulgares.
Sinon, les coques de casques modèles 16 ayant appartenu à des soldats bulgares ornent encore les poulaillers des montagnes macédoniennes et certains touristes en ont ramenées.
Il paraît plus aisé de s’intéresser à la numismatique des trois derniers tsars des Bulgares.
Un diptyque : cyrillique et lion rampant. Ces deux indices suffisent pour reconnaître une monnaie bulgare. Rappelons que le lion rampant est paradoxalement celui qui est dressé. Les armoiries princières, puis royales, à l’époque contemporaine sont «de gueules au lion d’or».

Pièce de 10 stotinkis.

La suite de l’article dans Monnaies & Détections n°112 …