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Monnaies et Détections

Catégorie : Vécu

Le flair du « lapin »

En ce début de novembre, l’été indien a brusquement tiré sa révérence. Sans prévenir, un froid piquant a prématurément chassé la douceur automnale. Une bise agaçante, sensible et tenace a décidé de nous geler les doigts et le bout du nez. Les oreilles par chance, sont à peu près à l’abri sous le casque du Déus. Le ciel est bas et lourd et nous avons hésité à sortir nos détecteurs et quitter la maison où un bon feu de cheminée faisait rayonner une douce et agréable chaleur. Mais un champ aussi beau et aussi plat qu’une table de billard français ne laisse finalement pas le choix à de malheureux prospecteurs addicts et en recherche de sensations fortes.
Malgré ma petite hésitation, mon binôme a tenu absolument à passer un coup de détecteur dans une parcelle qu’une petite et très ancienne église tarnaise domine en son sommet. Depuis des années, d’innombrables prospecteurs sont venus tenter leur chance, avec bonheur pour les premiers mais le plus souvent « brecouille » (comme le dit si joliment « lapin ») pour les autres depuis ces dernières années.
Le dit « lapin » y tient pourtant ! Alors moi j’écoute, un peu à contre cœur, « lapin » parce qu’il a souvent des intuitions et un flair d’Oryctolagus cuniculus (ou lapin de garenne). Animal petit, agile, poilu et avec de grandes oreilles !
Vu les circonstances, je me mets sans hésitation sur Déus fast. Pour employer un oxymore de circonstance, un silence assourdissant agace mes tympans. Pas le moindre son depuis un bon quart d’heure. Comme tout bon détectoriste qui se respecte dans ce cas précis, je tente un petit coup de va et vient avec la pelle devant le disque pour m’assurer que l’appareil n’est pas en panne. Au moins une bonne nouvelle, le Déus réagit au test dit du « tinkiet, tout va bien, c’est juste qu’il n’y a pas de bruit parce que tout a déjà été ramassé » !

La suite de l’article dans Monnaies & Détections n°109 …

Condamné après avoir trouvé et déclaré une fibule carolingienne

Monnaies&Détections se bat depuis 18 ans contre l’intégrisme et la stupidité des archéologues français. Aujourd’hui vous avez le droit de faire de la détection de loisir mais vous n’avez pas le droit de trouver.
Dans le numéro 107 de la revue, nous avions reçu un courrier d’un responsable de club de détection qui nous faisait part de son mécontentement pour notre position actuelle. Lui se disait heureux de pouvoir déclarer ses trouvailles (sans préciser la nature de ses trouvailles et c’est un facteur important du comportement des archéos !).

Voici un article que nous a fait parvenir un lecteur. Celui-ci prospecte dans un champ et trouve une fibule carolingienne, il va à la DRAC la déclarer et se retrouve inculpé. Lisez l’article c’est éclairant ! (Cliquez sur l’article pour mieux le lire).


Source : https://actu.fr/pays-de-la-loire/ligne_44082/pres-nantes-archeologue-amateur-condamne-apres-avoir-deterre-une-epingle-nourrice-medievale_28245315.html

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La trouvaille d’Autelbas, une magnifique rareté

Autelbas, petit village de l’arrondissement d’Arlon, dans la province de Luxembourg, Belgique, est situé sur l’antique chaussée romaine Reims-Trèves et est également traversé par le très ancien axe routier militaire et commercial Arlon-Luxembourg ville. Ce petit village belge fut déjà par le passé le théâtre de plusieurs petites découvertes monétaires effectuées le long des 2 axes cités plus haut, à savoir :
En 1890, découverte dans un terrain boisé, dans une cruche, d’un dépôt de 179 monnaies en argent, françaises, de Lorraine, du Luxembourg, de Metz évêché, de Toul évêché, Trèves archevêché et Aix-la-Chapelle, terminus 1285.

Publication 1874

Publication 1977

En 2010, plusieurs petites découvertes réalisées par des prospecteurs :
- Une petite boursée de 9 monnaies en argent allemandes et du brabant, terminus 1538.
- Boursée de 26 liards des règnes de Charles II (1665-1700), de Philippe V (1700-1712) et de Maximilien de Bavière (1711-1714), terminus 1714.
- Petite boursée de 7 liards de Philippe V (1700-1712), terminus 1712.
- Petite boursée de 3 pièces en argent françaises de Louis XV (1715-1774), de type 1/6 d’écu, terminus 1722.

Exemplaire de la trouvaille Autelbas II Clairefontaine
– Ech.2/1 plaque Saint-Vith, variante avec SANCTI VITI
au lieu de SANCTI VIT’ ; 3,20 g.

Braine-l’Alleud-Ferme d’Hougoumont : prospection au détecteur à métaux dans un sondage archéologie (les drapeaux blancs correspondent aux objets ferreux, les rouges aux non ferreux). Impossible il y a encore 1 an.

En 2014, petite boursée de 3 monnaies en argent des règnes de Philippe le Beau (1502-1506) et de Philippe II d’Espagne (1555-1598), terminus 1598.
En 2015, petite boursée composée de 10 liards des règnes de Charles II (1665-1700), de Philippe V (1700-1712) et de Maximilien Emmanuel de Bavière (1711-1714), terminus 1712.
Et pour terminer, courant de l’année 2010, découverte d’une boursée de 4 monnaies en argent, 3 monnaies de Charles IV (1346-1353) pour le Luxembourg et une monnaie en argent de Jean de Montjoie (1346-1353), pour la seigneurie de Saint-Vith, cette boursée fut perdue vers 1356. Cette monnaie, une plaque est à elle seule un véritable trésor, cette monnaie rarissime n’étant connue qu’à un seul exemplaire, trouvée il y a plus de 150 ans ! Je vous laisse imaginer la joie du prospecteur ayant sorti de terre cette petite merveille !

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La chevalière de Thoinnet de La Turmelière

Dans le numéro 64 de Monnaies & Détections de juin-juillet 2012, page 54, un détectoriste soumettait à la sagacité des lecteurs sa superbe trouvaille : une chevalière armoriée en or.

Découverte dans un chemin forestier du Maine-et-Loire sans plus de précision, l’inventeur avait émis l’hypothèse que cette bague fut en rapport avec la terrible « Guerre de Vendée » qui secoua l’ouest de la France entre 1794 et 1796, le lieu de la découverte ayant apparemment été le théâtre d’un massacre en 1794. La relative petite taille (non précisée) et le poids de 10 à 15 grammes de l’objet, avait également enclin le détectoriste à penser que le bijoux appartenait à une femme. Enfin le style de la gravure lui avait fait estimer la datation avant la fin du XVIIIe siècle.

Pour ma part il me semble que la chevalière date tout au plus de la seconde moitié du XIXe siècle. Le style d’une gravure n’est pas un indice très probant, mais on observe là une gravure qui apparaît relativement moderne. L’absence de poinçon ne permet pas de donner d’indice pour dater un objet en métal précieux. De plus, la forme de l’anneau et de l’écu gravé sur le plateau tendent à faire penser que cette chevalière était destinée à un homme. La présence d’une couronne comtale surmontant l’écu pose également question. Sa petite taille est peut être due au fait qu’elle était portée à l’auriculaire, comme c’est la tradition pour les cadets, les aînés la portant à l’annulaire de la main gauche.

L’étude des armoiries gravées permet de les décrire comme ceci : écartelé, aux 1 et 4 d’azur au château à deux tourelles d’or girouettées, maçonnées et ajourées de sable, aux 2 et 3 d’or à trois œillets de gueules tigés et feuillés de sinople, au chef d’azur chargé de trois étoiles d’argent. La composition étant relativement particulière, elle m’a permis de retrouver la famille correspondante : Thoinnet de La Turmelière.

La famille Thoinnet de La Turmelière semble être un ramage de la maison noble Thoinnet, qui trouve son origine en Bretagne dès le XVe siècle dans l’évéché de Saint-Malo. Cette famille a formé ensuite deux branches distinctes qui se sont établies pour l’une d’entre-elles dans la région du Forez et du Lyonnais, et pour l’autre dans la région d’Ancenis (Loire-Atlantique). C’est cette dernière qui intéresse notre propos.

C’est Pierre Thoinnet (1714-1788), conseiller, secrétaire du roi et maire électif d’Ancenis, qui acheta la seigneurie de la Turmelière en 1772, et ajouta par la suite le nom de son domaine à son patronyme. Marié deux fois, il eut une nombreuse descendance puisqu’on ne lui compte pas moins de dix-neuf enfants ! Parmi cette nombreuse descendance, cinq de ses fils engendrèrent eux aussi. Mais la période révolutionnaire qu’a connu la France s’accommodait mal de l’aristocratie de l’Ancien Régime, et des cinq fils, quatre moururent en 1794 à Nantes des suites de leur engagement contre-révolutionnaire : Pierre-Guilaume (1743-1794), capitaine de la milice bourgeoise d’Ancenis, mourut de l’épidémie de typhus à l’hôpital de Nantes ; René-Jean (1752-1794), mourut dans les geôles du Bouffay à Nantes ; Nicolas-Dominique (1752-1794) quant à lui, périt sur l’échafaud place du Bouffay ; et Eutrope (1756-1794), mourut également du typhus alors qu’il était interné à l’hospice de la Réunion de Nantes.

Outre ces quatre frères qui périrent tragiquement, évoquons Pierre-François Thoinnet de La Turmelière (1773-1794), fils de Pierre-Guillaume cité précédemment. Car lui qui s’était engagé comme son père au sein de l’armée catholique et royale du Bas-Poitou et du pays de Retz sous les ordre du général de Charette, fut pris à Liré (Maine-et-Loire) et amené à Ancenis (Loire-Atlantique) pour dit-on, être fusillé à la porte de son hôtel avec son cousin. …

La suite dans Monnaies & Détections n° 109 

Un trésor en Irlande du Nord

Partis à la recherche d’une alliance, ils découvrent un trésor estimé à 100 000 livres. C’est l’extraordinaire aventure qui est arrivée à deux amis lors d’une matinée de novembre 2019. En quelques minutes ils sortent de la terre 84 pièces de monnaie des XVIe et XVIIe siècles.

 

Le contexte de la recherche

La ville de Ballycastle est située tout au nord de l’Irlande du Nord.

Tout commence par des travaux réalisés par un paysan du comté d’Antrim en Irlande du Nord. Pensant avoir perdu son alliance dans un champ qu’il exploite près de la ville de Ballycastle, il demande à deux de ses amis, qu’il sait être des détectoristes lors de leurs temps libres, de l’aider à retrouver cette alliance. Un matin de novembre, profitant de quelques jours de congés, ceux-ci se rendent sur place avec leurs détecteurs à métaux. Le premier trouve rapidement une pièce, puis deux, puis trois, etc. Sous les yeux de son ami, il sort de la terre un total de 84 anciennes pièces de monnaie. Immédiatement tous deux comprennent qu’ils viennent de mettre à jour un trésor. Sur le moment ils en pleurent de joie. Le soir ils rentrent sans l’alliance recherchée mais avec dans la tête des images de leur extraordinaire découverte.

Ballycastle, dans le comté d’Antrim en Irlande du Nord.

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Cahiers de prospection 2002

Suite des cahiers de prospection tenus après chaque sortie depuis 1993 par un fidèle abonné de la revue. Alexandre

Lundi 7 janvier 2002
A 14 je pars à Dicies. Il y a toujours un brouillard très épais. Je me gare au bout du chemin de la ferme à côté du pont et je fais le côté rivière, le champ à gauche du chemin en revenant vers la route. Il y a beaucoup de débris de briques et des galets, mais le sorgho n’a pas été labouré et c’est dur à creuser. C’est très pollué : clous, débris de ferrailles, boites de conserve. Je trouve un morceau de peigne en fer et un denier romain en bel argent, Caesar, avec des trophées, et un éléphant au revers, mais malheureusement il manque un morceau. Et une pièce de 50 centimes 1947. Puis je passe de l’autre côté du chemin, dans le premier champ. Je trouve un plomb de filet, 2 balles rondes de mousquet, 3 doubles tournois, un demi-as de Nîmes, et une plaque de bronze, on dirait une écaille de cotte de mailles.
Dimanche 27 janvier 2002
Après-midi à Marquein chez Dominique, avec son fils de 8 ans, Vincent. Il fait très beau. On fait plusieurs endroits, sur d’anciennes fermes abandonnées, mais on ne trouve rien, c’est très pollué (2 doubles tournois). Je repars à 18 h.
Lundi 28 janvier 2002
Il fait très beau, même chaud. A midi je pars en bord de Lèze chez Thierry. Rien (un peson en plomb). En rentrant je m’arrête à Dicies. Il y a justement Domi, il a trouvé une montre (au bord de la rivière, qui a été nettoyée). Je cherche un moment avec lui, mais c’est très pollué. Rien.
Samedi 2 février 2002
A 14 h je vais à Dicies pour descendre dans le lit de la rivière et faire les berges. Il y a un vent d’autan terrible mais un beau soleil. Je retrouve Domi qui est en train de faire le champ. Rien dans la rivière (le lit est trop friable, la roche se délite et ne retient rien, et en plus c’est très pollué). Je reviens donc dans le champ, mais je ne trouve rien, sauf deux gros morceaux de plomb dans le labouré près du pivot. L’endroit a été fait et refait : traces de pas, trous de prospecteurs. Je repars à 17 h 30. Domi me donne une cartouche de 7,65 qu’il a trouvée sur le chemin.
Lundi 4 février 2002
A 14 h je pars à Rieumajou. Il fait très beau, très chaud, le vent d’autan est tombé sans amener la pluie. Je laisse la voiture sous le platane comme d’habitude puis je vais aux 2 chênes, dans la plaine. Jacques et Gilbert sont en train de creuser une tranchée pour amener un tuyau d’irrigation car ils veulent justement pouvoir arroser le champ de Rieumajou. Je descends prospecter le fond et les parois de la tranchée, mais aucun son. Je trouve quand même une tegula entière, toute seule, à 1,80 m de profondeur ! Aucun son non plus sur la ligne de terre sortie de la tranchée. Puis je vais aux 2 chênes, sur le coin du champ plein de galets et de bouts de briques, mais je ne trouve rien. Avant de repartir à 17 h, j’aide Jacques et Gilbert à traverser la route en leur mettant des pneus sous les chenilles du bulldozer.
Lundi 10 mars 2002
L’après-midi je vais à Clauzel de 14 à 17 h. Je passe par le moulin, et je vais faire le champ le long du chemin de la plage : 3 deniers tournois et une grosse cuillère en étain, puis la chapelle (rien) et ensuite en repartant je refais l’endroit avant le moulin où j’avais trouvé la pièce gauloise : je trouve coup sur coup une très belle pièce en argent, 2 francs 1849, en très bon état, un couvercle de briquet Zippo sur lequel a été gravé Yannick et dessous : 18.10.1973, puis un gros bronze tout lisse (Révolution ?). J’arrache une pousse de figuier à côté du vieux moulin pour la planter à la maison.

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Pendant la seconde guerre mondiale, à travers toute l’Europe, des millions d’êtres humains doivent s’expatrier pour fuir le fascisme. Des centaines de milliers, des millions, ne pouvant fuir la barbarie, sont exterminés parce qu’ils sont juifs, gitans, noirs, communistes, patriotes… La récente découverte d’un immense trésor à Keszthely en Hongrie est probablement liée à l’histoire d’une de ces familles juives persécutées par le régime nazi.

La déportation des juifs de Keszthely le 20 avril 1944

Au printemps 1944, l’Allemagne nazie ne semble plus être en capacité d’éviter une défaite bien que leurs dirigeants espèrent encore pouvoir retourner la situation par l’emploi de nouvelles armes (les V1 et V2). A l’Est, depuis la reddition de la sixième armée allemande à Stalingrad en février 1943, l’armée rouge avance partout sur le front en faisant refluer les troupes allemandes qui subissent défaite sur défaite. Sur le Front Ouest, en cette année 1944 les alliés occidentaux (Anglais, Etats-uniens, Français Libres, Canadiens…) qui ont déjà débarqué en Afrique du Nord fin 1942 et en Sicile en 1943, s’apprêtent à débarquer en Normandie. Mais la folie allemande d’extermination des juifs et des Tsiganes se poursuit partout et à un rythme accéléré là où leurs troupes se maintiennent encore. Ainsi la déportation systématique des juifs de Hongrie est organisée en mars 1944. Le 20 avril, la rafle des juifs de Keszthely conduit vers les camps de concentration et d’extermination la quasi-totalité des juifs de cette ville. Avant d’être arrêtées peu de familles réussissent à cacher quelques biens. Dans l’une de ces familles, un numismate place sa collection de monnaies dans des bocaux de verres qu’il enterre dans sa cave. Mais il ne la retrouvera pas car il ne reviendra pas. Selon Gabor Rejto, représentant de la communauté juive de Keszthely, la quasi-totalité des juifs de la ville, soit au moins 15 % de la population, ont péri dans le camp d’extermination nazi d’Auschwitz. Sur 829 personnes déportées, seules 64 ont survécu.

La Hongrie est au centre de l’Europe.

Les rives du lac Balaton à Keszthely (carte postale de la fin du XIXe siècle).

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Cahiers de prospection 2001-2002

Suite des cahiers de prospection tenus après chaque sortie depuis 1993 par un fidèle abonné de la revue. Alexandre

Lundi 30 juillet 2001
Je vais chez Jean-Yves à 13h30. Il y a un autre silo à grains dans la maison qu’il a achetée (il m’avait prévenu samedi matin et j’avais pu faire un saut à 16 h pour le voir). Il est très beau, car le goulot a été bâti bien rond avec des briques foraines posées sur la tranche. Il est tout près de celui qui était sous la cheminée. Nous passons tout l’après-midi à le vider. C’est moi qui descends le premier remplir les seaux car le gabarit de Jean-Yves (et surtout celui de son père) ne lui permet pas de rentrer, même un morceau ! C’est le remplissage habituel des silos à grains désaffectés : il y du cuir (2 vieilles chaussures) des clous, de la brique, de la tuile canal, de la poterie, difficile à dater, car il y a de la faïence blanche et cette pâte chocolatée très luisante. Je trouve un beau boulet de pierre, un double tournoi (il y en aura 4 en tout). Vers 17 h il y a suffisamment de place dégagée pour que Jean-Yves puisse descendre et il me remplace. Il trouve une magnifique cruche à eau en pâte brune, renversée sur le côté et absolument complète, c’est un moment très fort. Elle est très belle, le plus surprenant est qu’elle est absolument intacte, sans aucune fêlure ni cassure. Comment a-t-elle pu atterrir là sans être cassée ? Il me la fait passer pour la sortir avec mille précautions, et une fois sommairement nettoyée nous la portons dans la pièce voisine. Je repars vers 19 h alors que le fonds du silo n’est pas encore atteint. Ils ont trouvé dans le premier silo, sous le four, une brique avec gravés dans la pâte, des cœurs, des carreaux, et une belle rosace.

Dimanche 18 août 2001

De 14 à 18 h je vais faire les bords de l’Ariège à partir de l’embouchure de l’Hers, en descendant. Je tue un serpent, je trouve un double tournoi, un Napoléon III presque lisse, des clous de fers à cheval, des balles de pêche, un clou de cuivre à tête carrée avec des restes de dorure.

Dimanche 19 août 2001

A 15 h je pars au Ressegayre dans un champ appartenant à Francis, dans lequel il a été trouvé un squelette il y a plusieurs années en élargissant le fossé. Effectivement, je trouve sur le bord, côté route, plein de traces de briques, de tuiles canal, des galets, de la poterie (noire, et vernissée) et une grosse perle (ou une fusaïole) blanche, ainsi que des ossements, mais pas de pièce métallique. Je fais pourtant la totalité du champ, en descendant même jusqu’à la ferme en train de s’écrouler : rien. Retour vers 18h30. Je ramasse les premières figues.

Samedi 25 août 2001

Canicule. A 16 h je pars à Saint Sernin. Je me gare au bord de la rivière. Je laisse le sac au pied du noyer et je monte. (il y a un nid de tourterelle des bois et je la vois chanter sur une branche sèche). Je trouve 2 grosses pièces (Louis XVI) puis un petit Antoninien abimé, et surtout une magnifique pièce en argent, un ½ franc Louis Philippe de 1834. Puis 3 doubles tournois, 2 francs de 1940, une petite bague en cuivre, et une grosse fleur de lys en plomb très lourde. Les chiens des villas ne font qu’aboyer. Le vent d’autan s’est levé. Je rentre vers 19 h.

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La plage du cochon d’or

6 novembre 2018, je prospecte une plage, quelque part en Bretagne… Sur un coefficient de 90, c’est le début d’une semaine de grande marée et je suis sur le pied de guerre, avec un seul et unique objectif : trouver de l’or !

Ça commence mal, rien sur la première marée, trop de sable, je change de tarmac. Lire une plage et définir la hauteur de sable, bonne ou mauvaise est une chose à apprendre si vous voulez optimiser vos chances de réussite. La deuxième plage me permet de toucher du sable noir à 30/40 cm ce qui est un bon signe. Le sable noir est plus dense et retient les objets lourds, dont l’or et effectivement je vais sortir une alliance 18 carats de 4 g et des brouettes… Sur la marée suivante, rebelote, une autre alliance 18k de 5 g et un peu de plomb, mais sans plus.
J’ai donc deux jaunes dans la poche, ce qui est déjà pas mal, mais la plage ne me plait pas trop, pas assez de cibles lourdes et la zone porteuse, là où j’ai tapé les deux bagues, n’est pas assez grande à mon goût pour espérer beaucoup plus… Je reprends le volant, de nuit, vers une autre plage à 100 km de là, ça me prend comme ça, quelques fois, et quelquefois le pif peut changer la donne…
Bon, j’avoue, mon pif était un peu aiguillé, quatre mois plus tôt j’avais sorti une belle chevalière de 16 g sur la plage vers laquelle le destin me conduit (1) et étrangement, mis à part une alliance de 1.8 g trouvée sur cette même plage en 2012, rien d’autre !
Je note mes trouvailles, plage par plage, année par année, des statistiques utiles au bout d’un certain temps, surtout si vous prenez des notes sur des repères fixes, permettant de déterminer la hauteur de sable. Évidemment si vous faites toujours la même plage, ça n’a pas d’intérêt…

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 107

 

Une histoire de détection bretonne (suite et fin)

Dans le M&D n° 100 vous aviez pu lire le récit de Gweltaz au sujet de la découverte de nombreuses balles de fusils sur une plage du nord de la Bretagne. Vous êtes certainement nombreux à vous poser des questions sur les raisons de leur  présence aussi nous allons tenter de vous apporter quelques éléments de réponse…

Les balles retrouvées par Gweltaz peuvent être identifiées de façon précise. Sur la photo de la page 16 (M&D n° 100), en bas à droite on peut aperçevoir deux balles (oxydées) pour le fusil allemand Mauser 7,92 mm et au centre se trouvent plusieurs balles en plomb déformées qui semblent correspondre au calibre de 11 mm Gras modèle 1874. Enfin à gauche, des balles D pour le fusil Lebel modèle 1886 dont certaines sont déformées. Nous allons nous intéresser plus particulièrement à cette dernière munition qui a par ailleurs été retrouvée en assez grand nombre (plusieurs centaines d’exemplaires) sur cette plage.
Ces deux munitions (11 mm et 8 mm) ont tout d’abord été tirées par des armes règlementaires françaises probablement entre le dernier quart du XIXe siècle jusqu’au premier quart ou le premier tiers du XXe siècle. Ces armes étaient le plus souvent des fusils et des mitrailleuses en dotation dans l’armée française au cours de cette période et régulièrement lors de leur service militaire, les troupes étaient régulièrement entrainées aux tirs sur des terrains aménagés. Certaines plages du littoral plus accessibles à marées basses constituaient également des zones dégagées et permettaient de s’exercer au maniement des armes à feu (fusils et mitrailleuses) mais également au tir à l’aide de cibles.
Il existait certainement à proximité de la plage où Gweltaz a retrouvé toutes ces balles et à une distance relativement proche un ancien terrain de manœuvres ou un lieu de cantonnement pour les troupes françaises. A Saint-Brieuc, dans le nord de la Bretagne, la caserne Charner construite en 1875 fut chargée d’accueillir le 71e régiment d’infanterie et la caserne des Ursulines a également abrité le 271e régiment d’infanterie. Ce sont peut-être des troupes qui appartenaient à ces deux régiments qui se sont entrainées au tir sur les plages où ces nombreuses balles furent retrouvées ?

Photos de Gweltaz, M&D n° 100 page 16.

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 107