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Monnaies et Détections

Catégorie : Vécu

Trouver un trésor et en jeter la moitié…

L’histoire ici racontée est vraie et s’est passée en juin 2017, en Belgique, quelque part dans le Brabant wallon, à quelques kilomètres du village de Waterloo.
Nous sommes le samedi 17 juin 2017. Je suis chez moi à lire mon journal et je reçois la visite de mon frère. Après lui avoir servi une tasse de café, celui-ci me demande en me tendant la main « C’est de l’or ça ? » … et j’aperçois 2 monnaies en or. Surpris sur le coup, je prends les monnaies et lui confirme en effet qu’il s’agit bien d’or. Il y a une 20 francs or 1870 de Léopold II de Belgique et une 20 francs or 1877 française dans un état remarquable… Après la surprise, la question en vigueur : « Où t’as trouvé ça ? » Il me raconte qu’un ami de son fils a trouvé un bocal plein de pièces d’or lors de travaux de rénovation. Il a confié ces 2 pièces à mon neveu pour que celui-ci me les montre et me demande de faire une estimation de leur valeur, mon neveu ayant dit à l’inventeur que j’étais prospecteur et que j’avais des catalogues sur les monnaies. Après avoir consulté mes catalogues, la 1870 de Léopold II est cotée 300 euros en TB, et la 1877 française 206 euros en TB (les monnaies étant de qualité supérieure à TB, leur valeur numismatique est plus élevée, n’étant pas numismate, je laisse la classification exacte de l’état des monnaies à un professionnel).
J’ai posé les 2 monnaies sur mon journal et j’ai pris quelques clichés recto-verso pour mes archives. Mon frère me raconte alors les circonstances de la découverte telle qu’elle lui fut racontée…
Le découvreur, étant entrepreneur dans le bâtiment, rénove une ferme acquise par l’une de ses cousines quelque part dans le Brabant wallon du côté de Waterloo. Lors de travaux celui-ci a dû poser des poutrelles en bois entre les poutres maîtresses de la charpente pour faire un échafaudage et lors de la pose, l’une des poutres maîtresses en chêne de 50 X 50 cm a laissé apparaître une cachette à l’angle du mur. La poutre étant évidée, cette cachette renfermait 2 bocaux en verre, l’un contenant les pièces en or et le 2e, je cite, « des espèces de perles grises » ?… Les pièces d’or totalisent 165 spécimens, 162 pièces de 20 francs or et 3 de 10 francs d’or. Les pièces sont belges, des règnes de Léopold II (1865-1909) et d’Albert 1er (1909-1934) et les pièces françaises de Napoléon III et de la République. La pièce la plus ancienne est de Léopold II, une 20 francs or 1868 et la pièce la plus récente d’Albert 1er, 20 francs or 1914. Le trésor est composé de 121 pièces belges et de 44 pièces françaises, pour un total de plus ou moins 1,052 kg d’or. Au prix du cours de l’or en juin 2017 cela fait une somme de plus ou moins de 37 500 euros.
Le trésor fut probablement caché en 1914, lors de l’invasion de la Belgique par les armées allemandes. Il s’agit d’économies de famille pour une valeur de 3 270 francs or, à l’époque une véritable fortune, plus un bocal de perles grises (?), et c’est ici que cette histoire prend une tournure dramatique et idiote.

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Detectival 2017

Jeudi 14 septembre

23h. Le camping-car est chargé. L’excitation est à son comble. Cette année pour le Detectival 2017, nous avons privilégié le confort avec le transport autonome et indépendant. Mon frère et moi ferons la route avec deux autres amis, Jean et Nico (père et fils), rencontrés l’année dernière au XP European Gold Rally en Angleterre. Tout le matériel du parfait détectoriste est là : les détecteurs, les pelles, les pro-pointers, les duvets sans oublier la nourriture… solide… et liquide. Direction Calais pour rejoindre Burford en Grande-Bretagne via le tunnel sous la Manche.

 


Vendredi 15 septembre

6h15. Arrivée à Calais. Après le traditionnel contrôle des papiers, nous embarquons dans le Shuttle. Nous profitons de cette petite pause forcée pour nous reposer quelques instants. La traversée ne durant pas plus de trente-cinq minutes, nous reprenons la route rapidement en ayant perdu une heure de décalage horaire au passage. Le trafic est abondant mais nous arrivons sans difficulté à Burford. Nous stoppons notre véhicule dans cette petite ville charmante pour nous octroyer une petite balade sous le ciel clément de la Grande-Bretagne. 12h15 : Le camping-car est installé sur le lieu du rallye et le drapeau français flotte fièrement en haut de son mat. C’est sous un ciel menaçant que nous rejoignons la tente des inscriptions pour recevoir notre bracelet pour le week-end. Le bracelet permet l’accès aux 19 champs mis à disposition sur 400 hectares ainsi que l’entrée au village Detectival. Des sweat-shirts Detectival sont en vente mais déjà en rupture de stock pour la taille L… Dommage.
La pluie s’étant invitée, nous retournons nous mettre à l’abri dans le camping-car. L’attente du retour du soleil se fait autour d’une bonne bière et d’un bon jambon de Bayonne ramenés spécialement pour l’occasion.
14h30 : La pluie ayant cessé et l’appel de la détection étant trop fort, nous nous empressons de nous changer et prendre notre matériel stocké dans la soute pour explorer les terres anglaises.
Dès le vendredi, quatorze champs sont mis à disposition. Les cinq autres n’ouvrent que le lendemain. Nous avons commencé par le champ 9 : une immense étendue de terre fraichement déchaumée. Nous partons chacun de notre côté en veillant à rester à distance raisonnable pour ne pas nous perdre de vue. De nombreuses traces de pas témoignent déjà d’un flux important avant nous. 1 200 détectoristes sont attendus pour le week-end et 900 rien que pour le vendredi. Difficile dans ces conditions de trouver des zones vierges de tout passage. Il n’est pas rare de voir des trous non rebouchés ou pire encore, des ferreux abandonnés à même le sol. Dommage et décevant.
Il aura fallu de nombreux balancements de disque avant d’entendre enfin un son potentiellement intéressant. Ma pelle pénètre aisément ce sol tendre et en ressort une motte mêlée de terre et de pierre. Sans difficulté, j’extrais un bouton aux motifs intéressants. Un second bouton beaucoup plus classique finira également dans ma poche. Nous errerons ainsi plusieurs heures dans les champs 10, 11, 12 et 13 pour redescendre finalement vers le campement. Mes collègues quand à eux, ne sortiront que ferreux ou balles de mousquets, trouvées abondamment lors du rallye. Maigre butin pour une première sortie sur le sol anglais. La fatigue se faisant de plus en plus ressentir, nous décidons de retourner au campement nous désaltérer et déposer notre matériel pour visiter les stands mis à disposition.

De nombreuses marques de détecteurs et de matériel de détection ont répondu présent pour l’occasion, permettant à tout un chacun de visiter les stands et les dernières nouveautés. Dans cet environnement, se dresse également un espace ravitaillement, un bar, des démonstrations de vieux métiers et inévitablement la tente des archéologues : la base du fameux Treasure Act ! Pour le Detectival, les fournisseurs n’ont pas lésiné sur les goodies : T-shirts, polos, casquettes, bonnets, gourdes, autocollants, blasons et sacs à dos sont distribués gracieusement, faisant le bonheur des participants.
Minelab propose un stand impressionnant avec une surface de tests en plein air et un espace de conférence. La pluie s’invite de nouveau sur le site nous forçant à stopper notre visite. Nous décidons de nous mettre à l’abri dans le camping-car. Confort que nous apprécions particulièrement dans ce moment-là. Nous reviendrons demain pour approfondir notre visite des stands. Nous dinerons tranquillement à l’abri jusque dans la nuit. Le voyage nous a épuisés. Morphée est venu me bercer très rapidement et c’est des rêves plein la tête que je m’endors sur mon matelas confortable.



Samedi 16 septembre

8h45. Minelab avait annoncé sur les réseaux sociaux une arrivée hors du commun au Detectival pour la présentation officielle de l’« Equinoxe », le dernier-né de la marque. Parole tenue avec le largage depuis un petit avion d’un parachutiste à la voile aux couleurs de la marque et tenant avec lui le fameux « Equinoxe ». Un sacré coup de pub avec un atterrissage parfaitement réussi !

Pour cette première matinée, nous nous dirigeons vers le champ 19, situé à l’extrémité nord du campement. Pour y parvenir, nous empruntons un chemin que la pluie de la nuit dernière mêlée aux balais des quads des agents de sécurité ont rendu particulièrement glissant. Nous avons pris un déjeuner copieux et emporté avec nous des provisions pour détecter jusqu’à l’après-midi. Il nous faudra une bonne vingtaine de minutes pour atteindre le champ 18 dont la traversée est obligatoire pour atteindre notre destination finale. De nombreux détectoristes ont eu la même idée que nous et nous nous retrouvons nombreux à l’entrée du champ. Equipés de talkies-walkies, nous nous éparpillons un peu plus que la veille, chacun tentant sa chance dans cette immensité pour une éventuelle trouvaille. D’ici, le panorama est spectaculaire. De grandes étendues à perte de vue. Au gré de notre avancée, nous ramassons les ferreux et autres déchets récoltés sur notre chemin. Parfois et par chance un bouton est trouvé par ci par là… ou encore une simple balle de mousquet… Bien souvent, l’appareil restant muet de longues minutes… très longues minutes. Beaucoup de monde sur cette surface et il devient même habituel de repasser derrière d’autres détectoristes. J’en profite pour les observer. Chacun a sa technique : celui qui traverse le champ en quelques minutes, celui qui a peur d’abimer le disque et qui poêle à 15 cm du sol ou encore celui qui met son disque à 45 degrés du sol… Bref, il y a de tout et ça me rassure de passer derrière eux. Malgré tout, un son résonne finalement dans mon casque me sortant de mon spectacle. Une monnaie complètement savo sera extraite. Ma première monnaie en Angleterre me redonne le sourire !
Je croise de nombreux détectoristes qui comme moi, ont fait de bien maigres trouvailles et s’interrogent sur la soi disant « richesse » du sol. Pourtant, selon les premiers échos, des trouvailles auraient bien été faites : monnaie portugaise en or, romaines en or et en argent, fibules… On verra tout cela ce soir sous la tente des archéologues… ou pas…
Nous voici désormais dans le champ 19. Celui-ci a bien sûr été prospecté mais à notre grande surprise nous sortons tout de même quelques objets de terre dont un beau bouton ancien pour Nico, une boucle médiévale pour Jean, un reste d’anneau en bronze pour mon frère et un poids monétaire ainsi qu’un bouton médiéval pour moi. Maigre butin pour quatre chevronnés. Comme les autres, ce champ est très pollué par les ferreux et à voir la corbeille à la sortie de celui-ci, je me dis que je ne suis pas le seul à en trouver ! Nous croisons une connaissance qui nous montre fièrement sa trouvaille : une belle Florin 1921 faite quelques minutes plus tôt dans cette parcelle. Comme quoi, il en reste encore à sortir !

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Il y a environ un an, à l’automne 2016, un trésor caché depuis près d’un siècle dans un piano était retrouvé par un accordeur musical du Royaume-Uni, Monsieur Martin Backhouse. Nous revenons ici, en donnant un maximum de détails, sur la succession des évènements qui a conduit à cette extraordinaire découverte dont les journaux anglais et français ont parlé à plusieurs reprises.

Tout a commencé en 1906

Fournisseur officiel de la cour d’Angleterre de Georges II à Elisabeth II, l’entreprise John Broadwood & Fils est la plus ancienne et l’une des plus prestigieuses sociétés fabriquant des pianos au monde. Son origine remonte au début du XVIIIe siècle. Mozart, Haydn, Chopin, Beethoven, Liszt et bien d’autres musiciens ont joué sur les instruments de cette fabrique.

Ancienne publicité pour les pianos « John Broadwood & Fils ».

En 1906, elle livre un piano à un magasin, grossiste en instruments de musique, situé 27, West Road, Saffron Walden dans l’Essex. Ce magasin appartient à Messieurs Beavan & Mothersole qui alors revendent le piano à une personne habitant probablement leur ville. Depuis cette date toute trace du propriétaire initial disparait et l’enquête ouverte le jeudi 12 janvier 2017 par le juge en chef à la Cour du coroner de Shrewsbury, John Ellery, ne permet ni de le retrouver, ni de retrouver ses héritiers. En avril 2017, la quarantaine de personnes qui ont tenté de faire valoir des droits sont toutes déboutées de leurs demandes et la recherche est déclarée close. Le trésor est alors attribué à la Couronne britannique.

M. et Mme Hemmings offrent le piano à une école

Graham et Megan Hemmings, les anciens propriétaires du piano.

C’est en 1983 que Graham et Megan Hemmings achètent un  piano pour initier leurs 4 enfants à la musique. Une fois leurs enfants devenus grands, le couple vend sa maison pour s’installer dans un logement plus petit  dans lequel le piano ne rentre pas, aussi M. et Mme Hemmings décident de l’offrir, en 2016, à une école : la Bishop’s Castle, l’école locale d’une petite ville du Shropshire. Ils ne savent pas qu’il s’agit du piano John Broadwood & Fils vendu en 1906 : en fait ils viennent d’offrir bien plus qu’un vieil instrument de musique et de perdre une fortune.

La découverte du trésor

Bishop’s Castle, l’école à qui le piano a été offert.

Lorsque l’école reçoit le piano elle constate qu’il a besoin d’être accordé avant de servir à la classe de musique. Elle confie ce travail à un accordeur professionnel âgé de 61 ans, Monsieur Martin Backhouse qui estime que les touches ne fonctionnent pas correctement. Il décide donc de regarder sous le clavier et y trouve une dizaine de paquets en tissu soigneusement cousus et une bourse en cuir. Il ouvre l’un des sacs et découvre des pièces de monnaie. Ce sont des souverains d’or !

Martin Backhouse prévient la direction de l’école qui sécurise la trouvaille et fait une déclaration de découverte auprès des autorités officielles locales.

Martin Backhouse, l’accordeur de piano et l’inventeur du trésor.

L’expertise par le British Museum

Une publicité Shredded Wheat datant de 1926 a permis de déterminer la période approximative de la cache du trésor.

Le British Museum charge Peter Reavill de l’expertise des pièces du trésor. Il y a, au total, 913 monnaies dont les millésimes vont de 1847 à 1915. Ce sont toutes des souverains d’or (pièces en or 917/1000, d’un diamètre de 22 millimètres, d’une masse de 7,9881 grammes). Ces monnaies ont été frappées pendant les règnes de Victoria pour la période 1847 à 1901, d’Edouard VII pour la période 1901 à 1910 et de Georges V pour la période 1910 à 1915. D’après l’AFP elles ont probablement été cachées au plus tôt à la fin des années 1920 et au plus tard à la fin de la Seconde guerre mondiale, comme en atteste une publicité pour la fabrique de céréales Shredded Wheat qui enveloppe l’un des paquets. La valeur de ces pièces est estimée entre 300 000 et 500 000 livres (330 000 et 550 000 €). Il s’agirait du plus important trésor jamais trouvé au Royaume-Uni : plus de 7 kilogrammes de monnaies d’or !

 
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LA trouvaille du rallye Detectival 2017

De gauche à droite : Carlos, Stéphane, Thomas, Tracus013 et Ben.

Cette année, c’était ma deuxième participation consécutive au rallye Detectival en Angleterre. Cette fois-ci, j’ai fait le voyage avec Thomas, Stéphane, Frédéric, alias Tracus013, et Benoît dit « Ben ». Mais cette année nous avons eu une belle surprise.
Ce rallye est non seulement l’occasion de rencontrer des personnes de tous les horizons, de voir les nouveautés en matériel mais aussi de découvrir le pays du très intelligent « Treasure Act ». Je dis très intelligent car c’est ainsi que je vois la collaboration entre les poêleurs et les archéologues.
Cette année, le rallye se déroule du vendredi au dimanche inclus. Les deux premiers jours, nos trouvailles se limitaient à un denier romain, deux blanches anglaises et une fibule. Toutes ces trouvailles ont été remises aux archéologues pour identification et pour être répertoriées. Le samedi soir, nous étions tous les cinq dans la petite maison que nous avions louée pour l’occasion. Nous discutions de nos trouvailles respectives. Ben me tend un sac contenant les siennes. Mes yeux furent directement attirés par un bel objet en bronze d’une dizaine de centimètres de long. Il me dit l’avoir trouvé dès le premier jour mais n’y a pas prêté attention avant. Faut dire que, dès les journées détection terminées, nous restons longtemps au « village » discuter avec les autres poêleurs. Tracus le date directement de l’époque romaine. Sur nos conseils, Ben prendra sa trouvaille le lendemain pour la montrer à Anni, l’archéologue du Detectival.

La trouvaille.

Ainsi, le dimanche matin, nous nous dirigeons vers la tente des archéologues. Etant le seul à parler anglais, je sers d’interprète. Ben montre sa trouvaille à Anni. Celle-ci ouvre très grands ses yeux et affiche un sourire radieux.
Elle déclare avoir déjà vu quelque chose de semblable dans des revues spécialisées mais n’a jamais eu la chance d’en tenir dans ses mains. Anni l’identifie donc sans grand problème : objet votif romain représentant deux cornes d’abondance sensées apporter tout ce dont le défunt a besoin dans l’autre monde.
Anni demande à Ben si elle peut le garder pour une étude plus poussée.Ce à quoi Ben lui répond qu’elle peut le garder pour toujours. Là Anni ouvre encore plus grands ses yeux. Elle n’est pas sûre d’avoir bien compris.
Ben confirme en ajoutant que c’est son cadeau pour remercier les Anglais de leur Treasure Act. A ce moment, elle prend Ben dans ses bras pour lui faire la bise. Chose très rare de ce côté de la Manche.

Ben et sa trouvaille.

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Vacances dans le Cantal

Cette année pour les vacances de juillet, direction : Le Cantal. La voiture est chargée et bien sûr, le XP dans sa valise est de la partie ! A peine arrivé sur le site des vacances, à une trentaine de kilomètres d’Aurillac, que déjà, mes yeux de détectoriste ont repéré quelques bois et champs aux alentours. Allons voir ce que le Cantal nous réserve comme surprise…

Je gare ma voiture au bord d’une route peu fréquentée et bordée de bois de chaque côté. Le Déus et ses accessoires sont chargés et prêts à commencer leur service. Je pénètre dans ce bois où un tapis de feuilles mortes recouvre le sol sur plusieurs centimètres. Les châtaigniers côtoient aisément les frênes et les tilleuls. Je commence un léger balayage. Difficile de rester discret dans ce lieu avec un craquement incessant à chacun de mes pas. Un premier son résonne dans mon casque. Je m’inquiète rapidement car une motte de terre semble avoir été retournée. Ma première pensée sera la bonne. Une canette de Fanta, à peine dissimulée sous les feuilles, est mise à nue. Un détectoriste est passé par ici avant moi… sans prendre la peine de reboucher ses trous et de s’encombrer des déchets. Si quelqu’un est passé avant moi, je vais devoir redoubler d’efforts pour scruter les coins les plus reculés du bois. Le silence est de mise. Pas un son dans mon casque. Juste un reste de douille au bout d’une demi-heure… Pourtant, je rôde autour des arbres, balade mon disque sous les buissons de houx, frôle les racines des arbres morts, longe les murets en pierre de lauzes et explore les fossés encore visibles. Rien. Pas un son. Seulement au loin le bruit des cloches des vaches de Salers. Soit la personne qui est venue avant moi a tout débarrassé, soit, et je pense plus à cette deuxième hypothèse, peu de personnes sont venues s’aventurer jusqu’ici. Cependant, je ne désespère pas malgré les attaques des fourmis volantes et autres petits taons qui tentent de coloniser le moindre espace de chair mise à nue.

J’ai traversé sur toute la longueur le bois et j’arrive désormais au pied d’un petit ruisseau au débit peu prononcé. Le coin aurait pu être digne d’une carte postale si la présence d’un vieux pneu et d’une vieille marmite rouillée ne polluaient pas ce site. Voici déjà plus d’une heure que je me balade avec mon Déus qui reste bien silencieux. Je décide donc de rebrousser chemin et remonter vers la voiture. Je passe au pied d’un houx quand mon casque s’affole enfin. Alléluia ! Un son ! Je m’empresse d’écarter les feuilles mortes avec mes pieds et j’enfonce ma pelle dans ce sol sec. Je passe mon disque au-dessus de la motte retirée et le son à nouveau résonne dans mon casque. Je termine l’opération à la main. Une grosse rondelle grise et encrassée se retrouve prisonnière entre mes doigts. Après un léger frottement avec mon pouce, je constate qu’il s’agit d’un alliage pauvre et boursouflé par les années passées sous terre. Ce n’est pas une monnaie, mais je reconnais presque immédiatement la barbichette de Napoléon III. Derrière son profil usé, se cache un profil féminin. Au revers, les années et l’acidité du sol ont eu raison des écritures. Je range cette « médaille¹ » dans une pochette et la glisse dans mon pantalon. Aucun autre son ne se fera entendre jusqu’à la voiture.
De l’autre côté de la route se trouve un autre bois. Je m’y aventure en espérant que les trouvailles seront cette fois, un peu plus abondantes. Je retrouve la même configuration : murets, fossés et arbres identiques. En passant au fond d’un léger fossé, mon disque réagit. Un bel indice stable s’affiche sur le cadran de ma télécommande. Une pelletée plus tard et une pièce de 10 francs Génie de la Bastille de 1991 est mise au jour. Par réflexe, je repasse mon disque au-dessus du trou et un son similaire se fait entendre. Je sortirai la même monnaie, mais de 1988 celle-ci. Enfin ! Mes premières monnaies dans le Cantal. Pas terrible mais cela reste un bon début. Je continue dans ma lancée et m’aventure encore un peu plus profond dans cette végétation. Pas de nouveau son, juste un morceau d’aluminium par ci par là. L’heure avançant rapidement en détection, je décide de rebrousser chemin. A quelques mètres de mon véhicule, dans un semblant ancien chemin masqué par la végétation, un bon son résonne dans mon casque. La télécommande affiche un indice de 84. Je creuse et retire une belle motte de terre. Le son est encore au fond du trou. Je retire mon propointer de son étui, l’allume et le promène dans la cavité. Le son continu me confirme la proximité imminente d’une trouvaille. J’élargis précautionneusement le trou et renverse une nouvelle motte sur le sol. L’impact en fait éclater la terre qui libère un gros module encrassé. Je la saisis et au vu de son diamètre et poids, je pense directement à un 2 sols. Effectivement, en grattant légèrement, le portrait du roi décapité apparait timidement ainsi que l’année 1792 en-dessous. Ainsi se termine ma première sortie sur les terres du Cantal.

*1 Médaille de première classe décernée à Mathieu Edouard Granger lors de l’Exposition Universelle de Paris en 1855 (diamètre 38 mm).

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Les poules aux pièces d’or

C’est en 2001, dans un village du Limousin qu’un certain Paul R…, avait repris en héritage la villa de ses parents. Ce personnage n’avait pas été en bon terme avec ses parents et avait en tant que fils unique, hérité d’une villa ancienne pourvue d’une dépendance en arrière-cour, qui n’était autre que la vieille ferme de ses grands parents. En tant que petit locataire d’un studio jusqu’à cet héritage, il décida de reprendre la propriété pour y habiter et d’hypothéquer une prairie attenante pour combler les frais de succession.
Enfin à 60 ans, Paul allait pouvoir prendre sa retraite et avoir un logement décent sans loyer à payer. Avantage de la destinée si on peut dire, mais il manquait la cerise sur le gâteau, car Paul était au courant d’un magot que son grand-père avait caché avant la première guerre dans la ferme, et suite au décès tragique des deux parents dans un accident de voiture en 1949, les deux grands-parents partirent avec le secret d’un trésor dans leur tombe. Le père de Paul avait soi-disant fouillé partout dans la grange, au hangar à bois, dans les étables, les recoins du potager, autour du puits, le poulailler, la réserve à blé, mais le trésor ne fut jamais découvert.
Paul en temps que retraité n’avait gardé qu’une activité tranquille, la réserve de blé et une étable pour y élever quelques lapins et un vieux poulailler afin de pouvoir manger de bons œufs bio, quelques canards parcouraient l’arrière-cour et le petit bonheur de Paul s’était construit comme ça.

Paul tenta aussi de rechercher le fameux butin de son grand-père, des monnaies d’or datant d’avant la guerre 1914, d’après le seul élément qui lui était parvenu jusqu’aux oreilles. Il refouilla toute la ferme et s’acheta même un détecteur de métaux, chose que son père n’avait pas faite. Paul sonda la terre battue de la cave, le jardin et la grange vidée de toute sa paille, mais aucun résultat au bout de plusieurs semaines de recherches. Chercher avec son détecteur était devenu son petit passe-temps favori et il ne manquait pas de se procurer des revues de détection pour entretenir son stimulus.

Voilà que l’année passa et 2002 arriva à grands pas, Paul connaissait très bien l’institutrice du village et par de bonnes relations, Paul proposa à cette dernière une recherche aux œufs de Pâques pour tous les enfants de l’école. Le week-end fut réservé avec l’autorisation des parents en présence de l’institutrice.

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Le trésor de la Selby Smelting

Juillet 1901, Comté de Comtra Costa, Californie, États-Unis. La fonderie Selby Smelting située au bord de la baie de San-Francisco, qui était alors spécialisée dans le raffinage du plomb, de l’argent et de l’or, reçoit un important stock d’or destiné à la fonte. Un peu plus d’une demi-tonne.

Les caves de stockage de la Selby étant pleines, l’or est entreposé dans la vieille cave d’un entrepôt destinée au plomb et les 500 kilos d’or sont sous la surveillance, jour et nuit de trois gardiens, sans compter les cinquante hommes qui travaillent 24 h sur 24 dans la fonderie. Les hauts fourneaux destinés à la fonte des métaux tournent en permanence.
Pourtant, le 5 août 1901, lorsque les gardiens contrôlent le stock d’or, ils tombent sur un trou dans le sol de la cave et se rendent compte que l’on vient de voler, sous leur nez, pour plus de 900 livres d’or : 408 kilos !

408 kilos d’or

C’est en 1901 le plus gros vol d’or jamais commis au États-Unis. La police pense avoir affaire à une bande de voleurs chevronnés, qui ont creusé un tunnel de plus de 12 mètres de long pour arriver juste sous le stock d’or ! Il faudra attendre 1976 et Albert Spaggiari lors du casse de la Société Générale de Nice, entré dans la salle des coffres par un tunnel, pour revoir un vol aussi spectaculaire !
La fonderie Selby Smelting offre alors une prime de 25 000 dollars pour toute information permettant de retrouver les audacieux voleurs ou l’or, une fortune en 1901.
Deux jours après le vol les enquêteurs vont donc être très surpris. Alors qu’ils fouillent une cabane, à quelques mètres de la fonderie, la police découvre un pistolet, des vêtements pleins de boue — celle du tunnel — et une lettre qui va les conduire à Jack Winters, aussi connu sous le pseudo de Buck Taylor. La police va mettre quelques jours à réaliser et comprendre qu’ils tiennent leur homme, car c’est bien un seul homme, qui a réussi le casse du siècle ! Après avoir réussi le coup parfait, Jack Winters a commis plusieurs erreurs qui vont lui être fatales… Jack passe rapidement aux aveux et explique son acte.

Une histoire stupéfiante

Alors qu’il se contentait d’une petite vie et d’un salaire de misère à la fonderie, il a rencontré une belle fermière, Ida. Tombé fou amoureux, Jack a fini par la demander en mariage ; Ida étant pragmatique lui a répondu que s’il arrivait à économiser et mettre de côté 1000 dollars, elle l’épouserait. Jack s’est vite rendu compte qu’il n’arriverait jamais à réunir une telle somme, au même moment la fonderie recevait une demi tonne d’or…

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 96

L’or de la Reichsbank ou le trésor de Lüneburg

En janvier 2015, lors une conférence de presse il a été annoncé la découverte d’un trésor à Lüneburg en Basse-Saxe au nord de l’Allemagne. 217 monnaies d’or avaient été mises au jour quelques mois plus tôt par un jeune chercheur de trésors travaillant pour le service d’archéologie de la ville de Lüneburg. Nous revenons dans ce numéro de Monnaies & Détections sur cette fabuleuse trouvaille qui est la plus importante faite dans cette région pour ce qui concerne les trésors cachés pendant la période nazie.

Les circonstances de la trouvaille

Florian Bautsch.

En Allemagne les prospecteurs ne peuvent mener leurs investigations qu’après avoir reçu une autorisation des autorités compétentes. C’est ainsi que Florian Bautsch, un jeune homme de 31 ans, est parti avec son détecteur Fisher F75 Special Edition, son téléphone portable et un sac banane contenant quelques sacs en plastique, une brosse et un couteau japonais. Il est l’un des 200 prospecteurs formés et certifiés par le bureau de conservation du patrimoine de Basse-Saxe. Ce jour d’octobre 2014 il est chargé de réaliser une exploration superficielle des abords d’un tumulus des IVe et Ve siècles sur un terrain appartenant à « la Fondation de l’Hôpital municipal de Lüneburg pour l’Esprit Saint des saints ». Le hasard l’amène à une découverte inattendue.

Lüneburg est une ville de Basse-Saxe au nord de l’Allemagne.

Sous un arbre il met au jour une pièce d’or puis 9 autres. Il prévient téléphoniquement le service d’archéologie du district qui sécurise le site. Quelques jours plus tard une équipe d’archéologues fouille le lieu où Florian Bautsch a réalisé sa découverte. Un arbre ancien est tombé et un nouvel arbre a pris sa place. La chute du premier est responsable de la remontée des 10 pièces déjà retrouvées, mais le trésor est enterré plus profond, entre les racines du second. Le contenu de deux sacs, qui avec le temps ont disparu, est extrait du sol sablonneux. A celles déjà trouvées s’ajoutent 207 pièces d’or supplémentaires !

Une partie du trésor de Lüneburg.

Le trésor de la Reichsbank

Florian Bautsch et son détecteur de métaux « Fisher F75 Special Edition ».

L’examen minutieux du lieu de trouvaille indique que, si les deux sacs d’origine ont été désagrégés, il reste néanmoins des morceaux des cartons goudronnés dans lesquels ils étaient enfermés. Et surtout les restes des fils qui liaient les sacs sont toujours présents ainsi que les deux plombs en aluminium qui les scellaient. Sur ces plombs l’on découvre l’aigle impérial à croix gammée et l’inscription« Reichsbank Berlin 244 ».
C’est donc un trésor de l’époque nazie qui vient de ressurgir ! Il est fait de pièces ayant toutes les mêmes caractéristiques : alliage d’or 900/1000, diamètre de 21 millimètres et masse de 6,45 grammes. Il y a 128 pièces belges de Léopold Ier et Léopold II, 74 pièces françaises de Louis-Philippe Ier, de Napoléon III et de la Troisième république, 12 pièces italiennes de Victor Emmanuel II et d’Umberto Ier et 3 pièces austro-hongroises de François Joseph Ier. Curieusement aucune monnaie allemande n’est présente. La plus ancienne pièce date de 1831 et la plus récente de 1910. La masse totale de ces pièces est de 1,4 kilogramme. Ainsi au cours actuel de la pièce d’or de 20 francs la valeur globale du trésor est de 45 000 euros.

Restes des papiers goudronnés qui enfermaient les sacs
des pièces d’or de la Reichsbank.


Quelques-uns des types monétaires retrouvés dans le trésor de Lüneburg

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 96

Chercheurs de trésors russes

Qu’ils se prénomment Andrej, Maxime, Evgueny, Olga, Alexander, Alexey, Vadim, Natacha, Anton, Sergey, Youry ou Vladimir, ce sont tous des chercheurs de trésors. En Russie les passionnés de prospection sont de plus en plus nombreux. Ils relatent souvent leurs recherches sur Internet et y présentent leurs découvertes.

Celles-ci sont très diverses et rappellent toujours que dans ce pays immense, qui couvre 11 fuseaux horaires, l’histoire est ancienne et mouvementée. Les conditions de recherche sont souvent difficiles en raison des distances à parcourir, d’une nature sauvage et de conditions climatiques parfois extrêmes. Mais les journées passées seul ou en groupe avec pour matériel un détecteur à métal d’un vieux modèle, une pioche et une pelle sont régulièrement récompensées par la découverte d’objets anciens qui rejoindront une collection personnelle, un musée local ou seront revendus à d’autres passionnés. Ces journées se terminent souvent par un repas autour d’un feu de camp puis une veillée où prospecteurs et amis les accompagnant dansent et chantent.

Andrey Yuryevich et ses amis avec leur matériel et une de leurs « Lada Niva ».

 

Quelques trésors

Dans les lignes qui suivent nous vous présentons quelques-unes des trouvailles réalisées ces dernières années par l’un ou l’autre de nos amis russes spécialistes de la chasse au trésor. Certaines de ces trouvailles sont très belles, d’autres exceptionnelles, d’autres encore insolites. Qu’elles soient d’une grande valeur financière ou qu’elles ne représentent pas beaucoup d’argent, elles sont toujours intéressantes.

En 2010, Arnix N. de Krasnoyarsk (ville du sud-ouest de la Sibérie) a trouvé un sac contenant 20 pièces de cuivre datant de la fin du XVIIIe siècle frappées pour circuler en Sibérie. Ces monnaies, émises à l’époque de la tsarine Catherine II, portent à l’avers dans une couronne formée de deux rameaux reliés par un ruban, le monogramme de l’impératrice, le millésime de frappe et les différents d’atelier. Sur le revers nous trouvons la légende « Monnaie Sibérienne » (Сибирская монета) ainsi que la valeur faciale (un denga, un kopeck, deux kopecks, cinq kopecks ou 10 kopecks) placée dans un écu couronné tenu par deux lévriers. Ces monnaies sont recherchées et ici leur état de conservation est excellent. Il s’agit d’une très belle trouvaille.

Plus récemment, en 2015, Roman M. a présenté sur un site Internet les objets qu’il a mis au jour lors de différentes fouilles. L’éventail des découvertes est vaste : quelques monnaies des tsars dont un magnifique rouble (монета Рубль) en argent frappé à Saint-Pétersbourg en 1764, des pièces de l’époque soviétique, de petits objets religieux et même des boutons métalliques. Pour nous permettre de bien juger de la taille des objets présentés Roman M. les a photographiés près d’une boîte d’allumettes…

La suite dans Monnaies & Détections n° 95

Aventure australienne, suite et fin !

Avant de reprendre le long ruban de bitume vers notre Eldorado, afin d’économiser quelques dollars, nous avons rempli à ras bord notre garde-manger, ainsi que le réservoir de notre véhicule. Croyez-le ou non, sur ce long trajet de 350 kilomètres, une seule chose nous dévorait l’esprit…

Allions-nous retrouver « notre » coin dans le même état que nous l’avions laissé, ou rongé jusqu’à la moelle par d’ignobles prospecteurs qui nous auraient espionnés du sommet de la colline ? Et oui, peur, stress, paranoïa, nervosité sont des sentiments et réactions étrangement malsains qui s’installent en nous dès que nous sommes confrontés à quelque chose qui à un rapport avec l’or…
Nous n’étions pourtant pas là pour nous en mettre plein les poches, mais la fièvre avait fait son petit bout de chemin pour nous rendre jaloux d’un hypothétique autre chanceux que son détecteur aurait amené sur « notre » petit tronçon de rivière… Alors lorsque nous avons quitté la route pour emprunter le chemin de terre, Laetitia s’est surprise à analyser les différentes traces de passages au sol. Si nos traces recouvraient toutes les autres, cela signifiait que personne d’autre n’était venu dans le coin depuis notre départ la veille au soir… C’est seulement une fois enfin arrivés sur les lieux inchangés que nous nous sommes apaisés… C’est dingue comme cet horrible métal jaune peut vous transformer non ?!

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Alors, a-t-elle bien fonctionné cette nouvelle tête ou pas ? Vous êtes pressé de savoir hein ?! Et bien moi aussi je l’étais, mais j’ai quand même attendu que le soleil se lève avant de partir à la chasse à la pépite ! Nous sommes repassés exactement sur ce que j’avais prospecté deux jours avant, ce fût chose facile car comme vous le savez, j’avais quadrillé le « déjà fait » en faisant des repères au sol. Tenez-vous bien, nous avons retrouvé pas moins de 8 pépites de plus !! D’un poids oscillant entre 0,5 et 1,5 grammes, nous avions déjà largement « amorti » le prix de notre heureux achat ! Oui, quelle bonne idée d’avoir acheté cette nouvelle tête ! Sans elle, je pense que notre total final aurait été 3 fois moindre… Alors oui, elle était plus performante en profondeur, mais elle était aussi plus stable et il a été beaucoup plus facile de discerner les pépites des autres faux signaux. Avec l’expérience, nous avons également remarqué que le son produit par le détecteur était très légèrement diffèrent lorsqu’il s’agissait d’or ou de ferraille. Alors nous nous amusions à deviner, juste avant de creuser, si ça allait être de l’or ou pas… Mais il était obligatoire de creuser sur chaque son. Hors de question de laisser une pépite ici toute seule !

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Le jour suivant, 10 de plus venaient rejoindre leurs copines dans notre petite boite qui commençait sérieusement à s’alourdir ! (photo 8 et 9) Puis 6, dont deux de plus de 7 grammes ! Puis 4, 1, 1, 1, 1, et 2 pour les jours d’après. Chaque morceau d’or trouvé suivait la rive droite de la rivière. Aucune au centre, et aucune sur l’autre rive. Érosion, mouvements de terrain, inondations, tous ces éléments naturels ont fait que l’ancien filon qui existait jadis, s’est désagrégé au fil des millénaires pour s’éparpiller précisément sur cette zone. Plus en amont, rien, plus en aval, rien…

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Je parle de pépites et encore de pépites mais cette expédition ne s’est pas résumée juste à ça. Laetitia occupait ses journées en préparant le petit déjeuner, en lisant, elle se chargeait également de faire chauffer des bouteilles d’eau derrière la lunette arrière du van. Elle préparait de succulents sandwichs et les repas du soir avec les moyens du bord, bref, une véritable petite perle rare j’en ai bien conscience. (photo 10) Une chose très agréable était que nous avions établi notre campement juste sur notre champ de pépites. De ce fait, nous étions toujours à portée de vue et de voix et Laetitia venait s’investir par moment dans la recherche en traçant au sol les repères qui ont été très utiles pour prospecter correctement.
Avant que le soleil se couche et qu’il ne fasse trop froid, en nous aidant mutuellement, nous prenions notre douche de fortune, nus comme des vers dans cet infini de Nature. Avoir une salle de bain grande comme un département n’est pas chose courante ! Avec seulement 2 bouteilles de 2,25 litres d’eau bien chaude, nous nous lavions intégralement de la tête au pied sans aucun problème! Après un diner en tête à tête sous un ciel s’assombrissant et laissant place à la voute étoilée, nous nous glissions sous nos deux épaisses couettes pour nous endormir dans un calme absolu.
Une nuit sur trois, nous faisions escale au camping de Leonora, un endroit très accueillant et envahi par ces chercheurs d’or de l’extrême. Au début, nous étions plutôt discrets au sujet de nos découvertes pour ne pas trop attiser de la jalousie ou autre chose de plus malsain. Mais petit à petit, sympathisant avec toutes ces personnes très charmantes, nos langues se sont vite déliées et nous sommes rapidement devenus l’attraction en montrant nos pépites bien jaunes ! Par moment nous avions droit à une petite question innocente : « vous avez trouvé ça vers où ? ». Alors nous leur répondions à peu près en restant très évasifs pour ne pas se faire envahir. Mais même avec ces petites précautions de base, au fil des jours nous avons vu de plus en plus de 4×4 tourner autour de notre campement… Une fois, un gars est passé juste à coté de la rivière et nous a dit qu’il y avait beaucoup de rumeurs qui tournaient autour de cet endroit.
Nous avons bien sympathisé avec un couple de retraités qui détectent toujours ensemble. Malheureusement ils étaient bredouilles depuis un bon moment et je leur ai proposé de nous prêter une de leurs têtes de détection outrageusement grande et hors de prix en échange de l’emplacement de notre petit coin de paradis… Notre expédition arrivait à sa fin alors à quoi bon garder le secret ?

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Donc le lendemain, ils nous ont suivis jusqu’à notre campement. D’ailleurs, heureusement qu’ils étaient là car le chemin était par endroit complètement inondé à cause des averses de la nuit précédente. Sans eux derrière nous, nous n’aurions jamais osé traverser de grosses flaques de boue avec notre pauvre deux roues motrices. Richard et Nolène étaient notre police d’assurance en quelque-sorte. Mais non, nous n’avons pas eu besoin d’eux, on ne s’est pas embourbé et nos poursuivants ont bien rigolé de nous voir faire de gros travers dans les virages inondés ! Hors de question de ralentir en plein milieu des flaques !! Nos amis sont partis détecter aux alentours sans empiéter sur nos traces par respect. J’ai donc utilisé la monstrueuse tête de compétition mais ce jour là, je n’ai rien trouvé…

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 94