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Monnaies et Détections

Catégorie : Vécu

Cahiers de prospection 2001-2002

Suite des cahiers de prospection tenus après chaque sortie depuis 1993 par un fidèle abonné de la revue. Alexandre

Lundi 30 juillet 2001
Je vais chez Jean-Yves à 13h30. Il y a un autre silo à grains dans la maison qu’il a achetée (il m’avait prévenu samedi matin et j’avais pu faire un saut à 16 h pour le voir). Il est très beau, car le goulot a été bâti bien rond avec des briques foraines posées sur la tranche. Il est tout près de celui qui était sous la cheminée. Nous passons tout l’après-midi à le vider. C’est moi qui descends le premier remplir les seaux car le gabarit de Jean-Yves (et surtout celui de son père) ne lui permet pas de rentrer, même un morceau ! C’est le remplissage habituel des silos à grains désaffectés : il y du cuir (2 vieilles chaussures) des clous, de la brique, de la tuile canal, de la poterie, difficile à dater, car il y a de la faïence blanche et cette pâte chocolatée très luisante. Je trouve un beau boulet de pierre, un double tournoi (il y en aura 4 en tout). Vers 17 h il y a suffisamment de place dégagée pour que Jean-Yves puisse descendre et il me remplace. Il trouve une magnifique cruche à eau en pâte brune, renversée sur le côté et absolument complète, c’est un moment très fort. Elle est très belle, le plus surprenant est qu’elle est absolument intacte, sans aucune fêlure ni cassure. Comment a-t-elle pu atterrir là sans être cassée ? Il me la fait passer pour la sortir avec mille précautions, et une fois sommairement nettoyée nous la portons dans la pièce voisine. Je repars vers 19 h alors que le fonds du silo n’est pas encore atteint. Ils ont trouvé dans le premier silo, sous le four, une brique avec gravés dans la pâte, des cœurs, des carreaux, et une belle rosace.

Dimanche 18 août 2001

De 14 à 18 h je vais faire les bords de l’Ariège à partir de l’embouchure de l’Hers, en descendant. Je tue un serpent, je trouve un double tournoi, un Napoléon III presque lisse, des clous de fers à cheval, des balles de pêche, un clou de cuivre à tête carrée avec des restes de dorure.

Dimanche 19 août 2001

A 15 h je pars au Ressegayre dans un champ appartenant à Francis, dans lequel il a été trouvé un squelette il y a plusieurs années en élargissant le fossé. Effectivement, je trouve sur le bord, côté route, plein de traces de briques, de tuiles canal, des galets, de la poterie (noire, et vernissée) et une grosse perle (ou une fusaïole) blanche, ainsi que des ossements, mais pas de pièce métallique. Je fais pourtant la totalité du champ, en descendant même jusqu’à la ferme en train de s’écrouler : rien. Retour vers 18h30. Je ramasse les premières figues.

Samedi 25 août 2001

Canicule. A 16 h je pars à Saint Sernin. Je me gare au bord de la rivière. Je laisse le sac au pied du noyer et je monte. (il y a un nid de tourterelle des bois et je la vois chanter sur une branche sèche). Je trouve 2 grosses pièces (Louis XVI) puis un petit Antoninien abimé, et surtout une magnifique pièce en argent, un ½ franc Louis Philippe de 1834. Puis 3 doubles tournois, 2 francs de 1940, une petite bague en cuivre, et une grosse fleur de lys en plomb très lourde. Les chiens des villas ne font qu’aboyer. Le vent d’autan s’est levé. Je rentre vers 19 h.

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 107

La plage du cochon d’or

6 novembre 2018, je prospecte une plage, quelque part en Bretagne… Sur un coefficient de 90, c’est le début d’une semaine de grande marée et je suis sur le pied de guerre, avec un seul et unique objectif : trouver de l’or !

Ça commence mal, rien sur la première marée, trop de sable, je change de tarmac. Lire une plage et définir la hauteur de sable, bonne ou mauvaise est une chose à apprendre si vous voulez optimiser vos chances de réussite. La deuxième plage me permet de toucher du sable noir à 30/40 cm ce qui est un bon signe. Le sable noir est plus dense et retient les objets lourds, dont l’or et effectivement je vais sortir une alliance 18 carats de 4 g et des brouettes… Sur la marée suivante, rebelote, une autre alliance 18k de 5 g et un peu de plomb, mais sans plus.
J’ai donc deux jaunes dans la poche, ce qui est déjà pas mal, mais la plage ne me plait pas trop, pas assez de cibles lourdes et la zone porteuse, là où j’ai tapé les deux bagues, n’est pas assez grande à mon goût pour espérer beaucoup plus… Je reprends le volant, de nuit, vers une autre plage à 100 km de là, ça me prend comme ça, quelques fois, et quelquefois le pif peut changer la donne…
Bon, j’avoue, mon pif était un peu aiguillé, quatre mois plus tôt j’avais sorti une belle chevalière de 16 g sur la plage vers laquelle le destin me conduit (1) et étrangement, mis à part une alliance de 1.8 g trouvée sur cette même plage en 2012, rien d’autre !
Je note mes trouvailles, plage par plage, année par année, des statistiques utiles au bout d’un certain temps, surtout si vous prenez des notes sur des repères fixes, permettant de déterminer la hauteur de sable. Évidemment si vous faites toujours la même plage, ça n’a pas d’intérêt…

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Une histoire de détection bretonne (suite et fin)

Dans le M&D n° 100 vous aviez pu lire le récit de Gweltaz au sujet de la découverte de nombreuses balles de fusils sur une plage du nord de la Bretagne. Vous êtes certainement nombreux à vous poser des questions sur les raisons de leur  présence aussi nous allons tenter de vous apporter quelques éléments de réponse…

Les balles retrouvées par Gweltaz peuvent être identifiées de façon précise. Sur la photo de la page 16 (M&D n° 100), en bas à droite on peut aperçevoir deux balles (oxydées) pour le fusil allemand Mauser 7,92 mm et au centre se trouvent plusieurs balles en plomb déformées qui semblent correspondre au calibre de 11 mm Gras modèle 1874. Enfin à gauche, des balles D pour le fusil Lebel modèle 1886 dont certaines sont déformées. Nous allons nous intéresser plus particulièrement à cette dernière munition qui a par ailleurs été retrouvée en assez grand nombre (plusieurs centaines d’exemplaires) sur cette plage.
Ces deux munitions (11 mm et 8 mm) ont tout d’abord été tirées par des armes règlementaires françaises probablement entre le dernier quart du XIXe siècle jusqu’au premier quart ou le premier tiers du XXe siècle. Ces armes étaient le plus souvent des fusils et des mitrailleuses en dotation dans l’armée française au cours de cette période et régulièrement lors de leur service militaire, les troupes étaient régulièrement entrainées aux tirs sur des terrains aménagés. Certaines plages du littoral plus accessibles à marées basses constituaient également des zones dégagées et permettaient de s’exercer au maniement des armes à feu (fusils et mitrailleuses) mais également au tir à l’aide de cibles.
Il existait certainement à proximité de la plage où Gweltaz a retrouvé toutes ces balles et à une distance relativement proche un ancien terrain de manœuvres ou un lieu de cantonnement pour les troupes françaises. A Saint-Brieuc, dans le nord de la Bretagne, la caserne Charner construite en 1875 fut chargée d’accueillir le 71e régiment d’infanterie et la caserne des Ursulines a également abrité le 271e régiment d’infanterie. Ce sont peut-être des troupes qui appartenaient à ces deux régiments qui se sont entrainées au tir sur les plages où ces nombreuses balles furent retrouvées ?

Photos de Gweltaz, M&D n° 100 page 16.

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En 2008, Monsieur C révélait la découverte du trésor de sa vie 30 ans plutôt. Cela s’est passé au sud-ouest de Vézelay sur la commune de Saint-Aubin-des-Chaumes.

Dans les années 70, il se promène avec sa femme sur une parcelle cultivée et trouve à l’œil nu une pièce romaine en bronze. Il revient avec un détecteur de métaux et découvre un dépôt sous la forme d’une poterie et un tonnelet tirelire rempli de monnaies. Il trouve même une grande quantité de statuettes en bronze : un grand Apollon et d’autres nombreuses divinités romaines, des bijoux, des cuillères et un miroir en argent. Après un très long nettoyage, il dispersera son dépôt au fil des années, en vente aux enchères ou à des professionnels de l’Antiquité et de la numismatique.
Le remords le prend en 2008. Il est alors âgé de 87 ans. Il a gardé une trace de son histoire avec photos, schémas et croquis, il prend contact avec le conservateur local pour faire sa déclaration. Evidemment la DRAC porte plainte, mais elle est classée sans suite pour prescription de l’action publique. Pour citer le média d’où vient cette information : « il reste heureusement aux scientifiques français les moulages de plâtre et une excitante campagne de fouille qui se poursuivra jusqu’au 27 juin. » Une excitante campagne de fouille… Si ce n’est pas malheureux de lire cela.

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Qu’a bu l’âne au lac ?

Ce matin, l’alarme du portable (guitare rythmique avec vibreur) annonce le réveil. Elle a l’air plus doux qu’à son habitude lorsque cruellement elle signale le moment fatal où finit ma nuit pour me rendre au travail. Non !! Aujourd’hui il est temps de me réveiller, de me lever et animé d’une humeur badine, de débuter une longue et belle journée de prospection. Par l’interstice des volets en clef, je devine le jardin baigné de soleil. La météo n’a pas menti (une fois n’est pas coutume !) et c’est déjà un bon début !
Après un passage rapide sous la douche et un petit déjeuner sur le pouce, je descends 4 à 4 les escaliers. Le Déus en mode charge, dans un garde à vous impeccable, m’attend gentiment dans un coin du salon. Surtout ne rien oublier (on oublie toujours quelque chose !!) : la télécommande, le casque, la pelle, le GPS, les cartes IGN, les casse-croûtes préparés amoureusement la veille, le couteau Laguiole (prononcez Laïole) et le petit rouge de derrière les fagots qui va bien. Tout y est ! Un petit « ding » sur le portable (note par défaut) me signale que je viens de recevoir un sms. « Coucou poulet (lui c’est lapin) je décolle, je suis chez toi dans un quart d’heure. »
20 mn plus tard (5 mn comprises pour l’indispensable rituel du partage du café) nous démarrons dans le matin lumineux, excités comme des électrons libres et heureux comme des gamins en récréation qui vont passer une journée formidable dans un immense terrain de jeux de pistes et de chasse au trésor, dressé dans un décor fabuleux. Aujourd’hui les sites que nous avons choisis se trouvent dans l’Aveyron et le Tarn.
Malgré les 100 km qui nous séparent de la base de loisirs du lac où nous nous rendons en premier lieu, le temps passe vite. Je vous laisse imaginer. L’évocation de la dernière monnaie qui pète le feu, la fois où l’on s’est perdu pendant des heures dans la forêt, le souvenir tant de fois ravivé du trésor d’Augier Delpech (n° 100 de Monnaies & Détections) ou celui plus drôle de la Poisse (n° 103 « Antique ou en toc »). Le nez à nez avec une harde de sangliers belliqueux ou grognons, le nez à nez avec un agriculteur belliqueux ET grognon, le commentaire sur les derniers articles de Monnaies & Détection. Et comme à l’accoutumée le débat unilatéral mais passionné sur les lois scélérates qui tendent à brimer notre cher loisir. Bref de quoi alimenter largement la discussion durant tout le temps du trajet.
La route sinueuse et étroite nous offre un décor bucolique, fait d’épicéas, de chênes et de châtaigniers remarquables. Des champs à perte de vue où paissent des vaches aux mamelles pleines d’un bon lait bien crémeux et de temps en temps un gros corps de ferme, ouvrages aux murs aussi épais que le lait des vaches, en pierre de taille et aux toits en lauze.
Au détour d’un énième virage, comme une image de carte postale, le lac apparait, majestueux. Son niveau d’eau est très bas et donc idéal à prospecter. C’est un lac de hauteur et l’été, malgré la canicule, l’eau est assez fraîche. Aussi par un phénomène naturel, les doigts des baigneurs dilatés par la chaleur se contractent sous l’effet de l’eau froide (comme d’autres parties de leur anatomie que l’on compare moqueur à un escargot dans sa coquille) et pour le malheur des vacanciers mais pour le plus grand bonheur des prospecteurs, les bagues ont une fâcheuse tendance à se perdre dans l’eau profonde. Cette zone de baignade étant asséchée, il est donc généralement fort possible de faire de belles trouvailles.

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Cahiers de prospection 2000

Suite des cahiers de prospection tenus après chaque sortie depuis 1993 par un fidèle abonné de la revue. Alexandre

Jeudi 13 avril 2000
L’après-midi je pars à Diciés. Il fait très beau. J’y reste de 16 h à 20 h en faisant l’aplomb du parc. Je fais d’abord le bord du parc puis je vais faire le morceau de champ au débouché du chemin de Bordeneuve (il y a plein de voitures de pêcheurs). Je trouve en tout une vingtaine de pièces mais à part un liard de France et un Antoninien très abimé, il n’y a que des doubles tournois complètement lisses. Après je passe le long du pivot d’irrigation et là je trouve tout de suite un fond de tasse de sigillée (mais sans estampille) et un peson entier de tisserand en pâte de brique, puis des pièces et des morceaux de plomb. En tout je trouve de nouveau 20 monnaies, un dé à coudre, des plombs de pêche et de chasse, 1 bouton de garde mobile. Je rentre juste avant la nuit. On aurait dit que le détecteur sentait que demain je vais en acheter un autre : c’est la première fois que je trouve autant de pièces en quelques heures. Mais en arrivant à la maison et en triant et nettoyant, déception, car ce ne sont de nouveau que des doubles tournois lisses.
Samedi 15 avril 2000
J’ai posé un jour de congé pour aller chercher mon nouveau détecteur chez Gilles (Xplorer, 4590 francs quand même, presque la moitié d’un mois de salaire). Je discute avec un client, il veut m’échanger la petite obole à la croix que j’avais apportée pour la montrer à Gilles. On échange les numéros de téléphone mais pas question de m’en séparer. L’après-midi je vais essayer le nouveau détecteur à Clauzel. Je tombe sur Yves qui me fait voir le ponton de pêche qu’il a construit sur l’Ariège, il me dit que la veille il a pris 17 anguilles. Il me parle aussi des parachutages d’armes à la Ginestière. Je vais dans le champ derrière sa villa, en face de la falaise qui est de l’autre côté de la rivière : pas un son, même pas du plomb… juste un anneau en fer. Il faudra que je m’habitue au nouveau détecteur, il faut porter le bloc à la ceinture et ce n’est pas commode pour se baisser, il faut le mettre en arrière, ou alors l’accrocher à la canne mais cela l’alourdit. Je vais sur la chapelle disparue, là par contre je sors plein de plombs et des clous, mais pas une seule pièce. Il faudra peaufiner les réglages car il sonne bien sur les ferreux. Je vais ensuite vers la plage, et là je tombe sur un coin de quelques mètres carrés, dans un angle du chemin, juste au nord du champ, où coup sur coup je sors 6 doubles tournois, puis 3 autres dispersés. Sur un, on voit bien 3 fleurs de lys, la date, 1610 et une tête à droite… Je repars avant la nuit tout en prospectant, et entre les pompes et la station de relevage je trouve un Napoléon III avec une belle patine. En le nettoyant à la maison je vois qu’en fait c’est une pièce de Victor Emmanuel roi d’Italie, elle a sûrement été apportée et perdue par quelque immigré italien. Puis juste au niveau de la ferme, je sors une magnifique pièce en argent de Napoléon III, une pièce trouée de 1939 et un double tournoi. Le détecteur est plus puissant que le Minelab, il faut que je m’habitue aux sons et à bien localiser la cible.
Samedi 22 avril 2000 (Pâques)
Je pars à Diciés vers 16 h. C’est couvert. Je ne peux rester qu’un petit moment car il commence à pleuvoir mais je voulais essayer le nouveau détecteur sur ce terrain. Je trouve un morceau de plomb qui semble avoir une pièce d’un côté, une pointe de charrue et une cartouche à broche. Mais la pluie m’oblige à partir. En plus ils ont déplacé le pivot et je ne m’y repère pas bien. Surprise : arrivé à la maison, le morceau de plomb avec la pièce s’avère être en fait une magnifique tête de bronze. Le plomb est un petit rectangle (plomb de balance, ou sceau ?) la tête est en ronde-bosse, très belle, avec un diadème, il y a des stries sous le menton. Mais je n’arrive pas à lui donner une facture certaine : romaine, médiévale, ou moderne ?
Lundi de Pâques 24 avril 2000
Je vais à Dicies à 15 h, le ciel est bleu, il fait très beau, la terre a séché après la pluie de dimanche. Je me gare près du petit pont du ruisseau, il y a des voitures de pêcheurs, ou bien de jeunes qui doivent faire l’omelette au bord de la rivière. Je fais toute la zone au bord du champ en restant parallèle à l’Ariège, mais je ne trouve pas grand-chose : une pièce trouée, une autre de 1936, et un double tournoi assez lisible. Par contre en revenant sur le pivot j’ai la chance de trouver une jolie monnaie gauloise à la croix, en bel argent, puis un as de Nîmes, plein de plombs et un morceau de polissoir en pierre noire.
Lundi 8 mai 2000
De 15 à 19 h je monte à Rieumajou car Gilbert m’a dit qu’il labourait. En fait tout le coteau est encore en herbe, il a juste commencé à disquer le haut du plateau. Il est d’ailleurs en train de continuer. Je trouve un demi-as de Nîmes en arrivant sur le plateau, puis plus rien, à part 3 morceaux de plomb informes. Je sors une grosse clavette d’attelage de remorque et je l’apporte à Gilbert sur son tracteur. Il me dit que normalement ils devraient semer le soja dans une semaine. Le soir j’appelle Dominique, il me dit que lui aussi est allé à Dicies (donc j’avais raison, les trous que j’avais vus n’étaient pas ceux de lapins ou de blaireaux). Il a trouvé du médiéval derrière le parc, et du gallo-romain vers le ruisseau.

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 106

Les météorites Que sont-elles ?

Quel prospecteur n’a jamais au moins une fois rêvé de tenir ou même de découvrir une pierre du domaine des dieux, une homphalos, de tenir dans ses mains un minuscule fragment du commencement, une roche à l’âge vénérable, une infime particule de notre système solaire, un voyageur du temps qui a parcouru des milliers de kilomètres avant de venir s’écraser dans un éclair de lumière et dans un vacarme digne de l’enfer ?

Signes de mauvais présages pour certains, objets de curiosité pour d’autres, les météorites ont toujours fasciné les hommes. Elles furent vénérées et craintes à la fois, ces nobles roches vieilles de plus ou moins 4.556 milliards d’années pour les plus anciennes. Elles proviennent de la ceinture des astéroïdes se trouvant entre Mars et Jupiter et dont, suite à une collision, certains fragments sont partis sur des trajectoires elliptiques pouvant recouper celle de la terre. 92.8 % des météorites trouvées sur terre sont en grande partie minérales, ces météorites pierreuses sont appelés chondrites (87.7 %) et achondrites (7.1 %). Alors que 5.7 % sont des métalliques appelées sidérites et 1 % sont des météorites mixtes, dites sidérolithes, les autres types dites indéterminées constituent moins de 1 %.
En général, les météorites constituent un groupe de 3 grandes familles. A savoir : les pierreuses, les métalliques, les mixtes.

Les chondrites

Ceux sont les météorites les plus primitives du système solaire. Leur nom provient de ces fameuses petites boules, très caractéristiques, appelées chondres (du grec chondrion, granule) qui les constituent. Elles sont constituées de roches silicatées, parfois de roches carbonées, plus du fer métal. On classe les chondrites de la façon suivante : des plus réduites aux plus oxydées.

Les chondrites à enstatite

Les brachinites

Les acapulcoites

Les chondrites ordinaires
On les divise en 3 sous groupes (H, L, LL), elles représentent 80 % des chondrites au sens large.

Le groupe H
Chondrites à bronzite et olivine, la lettre H symbolisant une haute teneur en métal libre de 12 à 21 %, leur densité est de l’ordre de 3.4 à 3.6. De toutes les météorites, c’est le groupe le plus nombreux.

Le groupe L
Chondrites à hypersthène et olivine, la lettre L marque leur faible teneur en métal libre, de 7 à 12 %, leur densité va de 3.6 à 3.9.

Le groupe LL
Elles contiennent environ 30 % d’olivine et une faible teneur en métal, toujours inférieur à 7 %, leur densité va de 3.6 à 3.9.

Les chondrites du groupe R
Sont représentées par la météorite Rumuruti.

Les chondrites carbonées 
Ce sont les météorites les plus primitives. Elles ne contiennent que très peu ou pas du tout du fer métal. Elles constituent un groupe assez hétérogène et divisé en quatre variétés dont les noms furent donnés en fonction de 4 chutes servant de référence :
C.I, type chondrite d’Ivuna (Tanzanie), tombée le 16/12/1938
C.M, type chondrite de Mighéï (Ukraine), tombée le 18/07/1889
C.O, type chondrite d’Ornans (France), tombée le 11/07/1868
C.V, chondrite de Vigarano (Italie), tombée le 22/01/1910
Dans le groupe C.I, la météorite d’Orgueil (France) entre dans ce groupe. Ces météorites n’ont pas de chondres visibles, sont très fragiles et leur densité varie de 2.5 à 2.9.
Dans le groupe C.M, on y observe des chondres et des débris cristallisés d’olivine et de pyroxène inclus dans une matière, c’est le groupe le plus abondant, leur densité va de 3.4 à 3.8.
Dans le groupe C.O, on trouve de 1 à 0.2 % de carbone et moins de 1 % d’eau, leur densité va de 3.4 à 3.8.
Dans le groupe C.V, la teneur en carbone est inférieur à 0.02 % et celle d’eau est inférieure ou ne dépasse pas 0.03 %, leur densité reste de 3.4 à 3.8.
Voilà pour les chondrites en général.

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Constantin le Géant


L’année dernière, le Musée du Louvre a réalisé une surprenante découverte dans ses réserves, il y a bien plus d’objets dans les réserves que d’objets/artefacts exposés dans les vitrines du Musée. Le Louvre possédait depuis Napoléon III, un doigt en bronze de très grandes dimensions, un index de 38 centimètres de long ! (1)
Au XIXe siècle, le marquis de Campana, grand collectionneur d’art antique avait acheté ce doigt en Italie, personne n’en connaissait vraiment la provenance… Il vendit ce doigt en bronze à Napoléon III qui cherchait alors à agrandir les collections du Louvre et l’index en bronze doré de 38 cm rentra dans les collections en 1863. Et depuis il y resta, dans les réserves, comme non identifié et sans provenance connue…

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 106

Histoire d’Ôr

J’ai hésité à vous envoyer juste la photo d’une belle découverte, mais je me suis dit que cette histoire méritait d’être contée.

La semaine dernière, deux amis, Thierry et Justin, sont venus passer quelques jours à la maison, ce sont de vaillants détectoristes, mais Justin pour des raisons bancales, n’a pas pris sa machine. Je détecte pour ma part depuis deux ans avec un At/pro, très bonne machine avec laquelle je me régale.
Nous prospectons en montagne par une magnifique journée de septembre, sur la parcelle d’un ami berger. Elle a déjà donné quelques jolies trouvailles allant des Gaulois au moderne. La montagne ensoleillée prenant ses couleurs rousses et notre réunion de détection nous rendent euphoriques.
Nous voilà donc tous les trois partis avec seulement deux détecteurs : un At/pro et un Déus. Nous échangeons nos appareils à chaque trouvaille. Par la force des choses, je me retrouve à essayer pour la première fois de ma vie le Déus de mon ami, équipé du dernier disque elliptique HF.

Un trésor de l’époque d’Ivan IV le Terrible

découvert dans une pièce d’un jeu d’échecs du XVIe siècle au centre de Moscou en 2018

La découverte de la rue Prechistenka

En avril 2018, lors des travaux de remise en état du réseau de distribution du gaz plusieurs objets anciens sont retrouvés rue Prechistenka, à deux pas du Kremlin. L’un d’eux attire l’attention des archéologues présents. Il s’agit d’une pièce d’un jeu d’échecs : un fou. L’objet est regardé, admiré et même passé au détecteur à métaux. Surprise énorme, la sonnerie se met en marche ! Un examen minutieux du fou montre que son pied se dévisse et que son corps est creux. A l’intérieur une dizaine de pièces d’un demi-kopeck en argent frappées à la main vers 1530-1540, à l’époque où le tsar Ivan IV le Terrible était seulement Grand-prince de Vladimir et de Moscou. Elles proviennent de l’atelier monétaire de Moscou, sauf l’une d’elle qui fut frappée par l’atelier de Tver. Sur l’une des faces de chaque pièce, nous pouvons lire « Grand-prince Ivan Vassiliévitch ». Sur l’autre face, c’est un chevalier qui est représenté : Saint Georges combattant le dragon. Ces monnaies sont appelées « dengas » et deux d’entre elles, soit un kopeck, représentaient vers la fin du XVIIIe siècle, d’après l’une des responsables d’un musée de Moscou, la valeur d’achat d’une oie et d’un baril de concombre. Il est imaginable qu’un marchand ait perdu la pièce d’échec à cette époque et ainsi une somme non négligeable.

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 105