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Catégorie : Vécu

Chercheurs de trésors russes

Qu’ils se prénomment Andrej, Maxime, Evgueny, Olga, Alexander, Alexey, Vadim, Natacha, Anton, Sergey, Youry ou Vladimir, ce sont tous des chercheurs de trésors. En Russie les passionnés de prospection sont de plus en plus nombreux. Ils relatent souvent leurs recherches sur Internet et y présentent leurs découvertes.

Celles-ci sont très diverses et rappellent toujours que dans ce pays immense, qui couvre 11 fuseaux horaires, l’histoire est ancienne et mouvementée. Les conditions de recherche sont souvent difficiles en raison des distances à parcourir, d’une nature sauvage et de conditions climatiques parfois extrêmes. Mais les journées passées seul ou en groupe avec pour matériel un détecteur à métal d’un vieux modèle, une pioche et une pelle sont régulièrement récompensées par la découverte d’objets anciens qui rejoindront une collection personnelle, un musée local ou seront revendus à d’autres passionnés. Ces journées se terminent souvent par un repas autour d’un feu de camp puis une veillée où prospecteurs et amis les accompagnant dansent et chantent.

Andrey Yuryevich et ses amis avec leur matériel et une de leurs « Lada Niva ».

 

Quelques trésors

Dans les lignes qui suivent nous vous présentons quelques-unes des trouvailles réalisées ces dernières années par l’un ou l’autre de nos amis russes spécialistes de la chasse au trésor. Certaines de ces trouvailles sont très belles, d’autres exceptionnelles, d’autres encore insolites. Qu’elles soient d’une grande valeur financière ou qu’elles ne représentent pas beaucoup d’argent, elles sont toujours intéressantes.

En 2010, Arnix N. de Krasnoyarsk (ville du sud-ouest de la Sibérie) a trouvé un sac contenant 20 pièces de cuivre datant de la fin du XVIIIe siècle frappées pour circuler en Sibérie. Ces monnaies, émises à l’époque de la tsarine Catherine II, portent à l’avers dans une couronne formée de deux rameaux reliés par un ruban, le monogramme de l’impératrice, le millésime de frappe et les différents d’atelier. Sur le revers nous trouvons la légende « Monnaie Sibérienne » (Сибирская монета) ainsi que la valeur faciale (un denga, un kopeck, deux kopecks, cinq kopecks ou 10 kopecks) placée dans un écu couronné tenu par deux lévriers. Ces monnaies sont recherchées et ici leur état de conservation est excellent. Il s’agit d’une très belle trouvaille.

Plus récemment, en 2015, Roman M. a présenté sur un site Internet les objets qu’il a mis au jour lors de différentes fouilles. L’éventail des découvertes est vaste : quelques monnaies des tsars dont un magnifique rouble (монета Рубль) en argent frappé à Saint-Pétersbourg en 1764, des pièces de l’époque soviétique, de petits objets religieux et même des boutons métalliques. Pour nous permettre de bien juger de la taille des objets présentés Roman M. les a photographiés près d’une boîte d’allumettes…

La suite dans Monnaies & Détections n° 95

Aventure australienne, suite et fin !

Avant de reprendre le long ruban de bitume vers notre Eldorado, afin d’économiser quelques dollars, nous avons rempli à ras bord notre garde-manger, ainsi que le réservoir de notre véhicule. Croyez-le ou non, sur ce long trajet de 350 kilomètres, une seule chose nous dévorait l’esprit…

Allions-nous retrouver « notre » coin dans le même état que nous l’avions laissé, ou rongé jusqu’à la moelle par d’ignobles prospecteurs qui nous auraient espionnés du sommet de la colline ? Et oui, peur, stress, paranoïa, nervosité sont des sentiments et réactions étrangement malsains qui s’installent en nous dès que nous sommes confrontés à quelque chose qui à un rapport avec l’or…
Nous n’étions pourtant pas là pour nous en mettre plein les poches, mais la fièvre avait fait son petit bout de chemin pour nous rendre jaloux d’un hypothétique autre chanceux que son détecteur aurait amené sur « notre » petit tronçon de rivière… Alors lorsque nous avons quitté la route pour emprunter le chemin de terre, Laetitia s’est surprise à analyser les différentes traces de passages au sol. Si nos traces recouvraient toutes les autres, cela signifiait que personne d’autre n’était venu dans le coin depuis notre départ la veille au soir… C’est seulement une fois enfin arrivés sur les lieux inchangés que nous nous sommes apaisés… C’est dingue comme cet horrible métal jaune peut vous transformer non ?!

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Alors, a-t-elle bien fonctionné cette nouvelle tête ou pas ? Vous êtes pressé de savoir hein ?! Et bien moi aussi je l’étais, mais j’ai quand même attendu que le soleil se lève avant de partir à la chasse à la pépite ! Nous sommes repassés exactement sur ce que j’avais prospecté deux jours avant, ce fût chose facile car comme vous le savez, j’avais quadrillé le « déjà fait » en faisant des repères au sol. Tenez-vous bien, nous avons retrouvé pas moins de 8 pépites de plus !! D’un poids oscillant entre 0,5 et 1,5 grammes, nous avions déjà largement « amorti » le prix de notre heureux achat ! Oui, quelle bonne idée d’avoir acheté cette nouvelle tête ! Sans elle, je pense que notre total final aurait été 3 fois moindre… Alors oui, elle était plus performante en profondeur, mais elle était aussi plus stable et il a été beaucoup plus facile de discerner les pépites des autres faux signaux. Avec l’expérience, nous avons également remarqué que le son produit par le détecteur était très légèrement diffèrent lorsqu’il s’agissait d’or ou de ferraille. Alors nous nous amusions à deviner, juste avant de creuser, si ça allait être de l’or ou pas… Mais il était obligatoire de creuser sur chaque son. Hors de question de laisser une pépite ici toute seule !

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Le jour suivant, 10 de plus venaient rejoindre leurs copines dans notre petite boite qui commençait sérieusement à s’alourdir ! (photo 8 et 9) Puis 6, dont deux de plus de 7 grammes ! Puis 4, 1, 1, 1, 1, et 2 pour les jours d’après. Chaque morceau d’or trouvé suivait la rive droite de la rivière. Aucune au centre, et aucune sur l’autre rive. Érosion, mouvements de terrain, inondations, tous ces éléments naturels ont fait que l’ancien filon qui existait jadis, s’est désagrégé au fil des millénaires pour s’éparpiller précisément sur cette zone. Plus en amont, rien, plus en aval, rien…

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Je parle de pépites et encore de pépites mais cette expédition ne s’est pas résumée juste à ça. Laetitia occupait ses journées en préparant le petit déjeuner, en lisant, elle se chargeait également de faire chauffer des bouteilles d’eau derrière la lunette arrière du van. Elle préparait de succulents sandwichs et les repas du soir avec les moyens du bord, bref, une véritable petite perle rare j’en ai bien conscience. (photo 10) Une chose très agréable était que nous avions établi notre campement juste sur notre champ de pépites. De ce fait, nous étions toujours à portée de vue et de voix et Laetitia venait s’investir par moment dans la recherche en traçant au sol les repères qui ont été très utiles pour prospecter correctement.
Avant que le soleil se couche et qu’il ne fasse trop froid, en nous aidant mutuellement, nous prenions notre douche de fortune, nus comme des vers dans cet infini de Nature. Avoir une salle de bain grande comme un département n’est pas chose courante ! Avec seulement 2 bouteilles de 2,25 litres d’eau bien chaude, nous nous lavions intégralement de la tête au pied sans aucun problème! Après un diner en tête à tête sous un ciel s’assombrissant et laissant place à la voute étoilée, nous nous glissions sous nos deux épaisses couettes pour nous endormir dans un calme absolu.
Une nuit sur trois, nous faisions escale au camping de Leonora, un endroit très accueillant et envahi par ces chercheurs d’or de l’extrême. Au début, nous étions plutôt discrets au sujet de nos découvertes pour ne pas trop attiser de la jalousie ou autre chose de plus malsain. Mais petit à petit, sympathisant avec toutes ces personnes très charmantes, nos langues se sont vite déliées et nous sommes rapidement devenus l’attraction en montrant nos pépites bien jaunes ! Par moment nous avions droit à une petite question innocente : « vous avez trouvé ça vers où ? ». Alors nous leur répondions à peu près en restant très évasifs pour ne pas se faire envahir. Mais même avec ces petites précautions de base, au fil des jours nous avons vu de plus en plus de 4×4 tourner autour de notre campement… Une fois, un gars est passé juste à coté de la rivière et nous a dit qu’il y avait beaucoup de rumeurs qui tournaient autour de cet endroit.
Nous avons bien sympathisé avec un couple de retraités qui détectent toujours ensemble. Malheureusement ils étaient bredouilles depuis un bon moment et je leur ai proposé de nous prêter une de leurs têtes de détection outrageusement grande et hors de prix en échange de l’emplacement de notre petit coin de paradis… Notre expédition arrivait à sa fin alors à quoi bon garder le secret ?

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Donc le lendemain, ils nous ont suivis jusqu’à notre campement. D’ailleurs, heureusement qu’ils étaient là car le chemin était par endroit complètement inondé à cause des averses de la nuit précédente. Sans eux derrière nous, nous n’aurions jamais osé traverser de grosses flaques de boue avec notre pauvre deux roues motrices. Richard et Nolène étaient notre police d’assurance en quelque-sorte. Mais non, nous n’avons pas eu besoin d’eux, on ne s’est pas embourbé et nos poursuivants ont bien rigolé de nous voir faire de gros travers dans les virages inondés ! Hors de question de ralentir en plein milieu des flaques !! Nos amis sont partis détecter aux alentours sans empiéter sur nos traces par respect. J’ai donc utilisé la monstrueuse tête de compétition mais ce jour là, je n’ai rien trouvé…

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 94

Brève de bronze

 

Par une matinée radieuse et lesté d’un pote détectisant, le cousin Gaston s’en allait promener sa poêle de par la garrigue héraultaise.
Comme à l’ordinaire c’est au pif qu’il choisissait ses lieux de glaneries artefactiennes, et c’est donc avisant une colline accueillante, que Gaston s’y hâta.
Non non, y’a pas de jeu de mot.
Il faisait beau, tout ça, nani nannère.
Et bon.

Un large chemin tracé au bull arpentait le promontoire et menait en son puech (ou « puy », attendu que les sommets de collines se nomment comme ça, entre autres en Occitanie, alors que généralement les « puits » sont dans les creux… ici les puys sont en haut et les puits en bas… faut pas chercher…) jusqu’à une esplanade au milieu de laquelle trônait un château d’eau.
Les abords défoncés par les travaux n’avaient aucun air archéologique, ni le moins du monde patrimonial, c’est donc la conscience tranquille et sifflotant une paillarderie, que la partie de détecte commença. Entre les pots de petits suisses, les étrons coiffés de leur PQ à fleurs, accompagnés du mégot de circonstance (non, pas celui de la clope, le vrai, le dernier issu du serrage de conclusion) (rohhhh Najac ! Oui je sais…………..) les canettes de bière et autres reliefs que les promeneurs et pique-niqueurs avaient abandonnés sur place, les deux poêleurs espéraient bien qu’il devait gésir quelques monnaies modernes…
Passons sur les tas de merdouilles polluantes et autres machins d’aluminium, dont les coins à pique-nique sont jonchés, le quidam étant vraiment un porc.
Encore que le porc est probablement plus propre et respectueux de son environnement.
Bref.

Après une bonne heure de rien du tout, et à la limite de la fuite vers le plus proche estaminet, le premier qui fit sonner un espoir quelque peu concret, fut le pote à Gaston.
A une petite vingtaine de centimètres de creux, icelui sortit une magnifique hache de bronze.
Pitaing cong, se dit le cousin, c’est la première fois qu’il détecte, je l’amène avec moi et c’est lui qui pioche du beau !!!
Il ne pouvait pas dire mieux… une hache ? Point du tout, ce fut 7 de ces dames qu’il tira du trou, posées les unes sur les autres…
Gaston s’étouffait…
L’esprit vaquant à des pensées égorgeantes et vengeresses, mené par la poêle affreusement silencieuse, le Gaston fut brusquement tiré de ses rêveries par un tintement caractéristique du père Fisher. Claquement aigu et sec, bien que relativement faible. C’était à moins d’un mètre du trou de son pote. Du détecteur s’entend. Le trou.
Encore une tirette de bibine, probablement.
Allez, hop Gaston creuse mais point de tirette et ça continue de sonner… et de plus en plus fort et de plus en plus net.
Jusqu’à une bonne soixantaine de centimètres, lorsqu’une petite masse verte se montre.
Dégageant l’objet délicatement, c’est une belle hache de bronze qui apparaît.
Superbe pioche de rattrapage, et battement de cœur !
A tout hasard et surtout par acquis de conscience, notre homme passe un autre coup de propointeur. Rebelote, ce dernier couïne pleins pots.
Une autre !

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Chasse au cercueil !

Vu le titre, on pourrait penser à une recherche macabre, mais non pas du tout ! Il existe en Bretagne et plus généralement dans le grand Ouest et probablement dans d’autres régions de France, une tradition qui consiste à enterrer une boite, nommée cercueil, lors d’un enterrement de jeune fille/garçon se préparant à sauter le pas du mariage.

Photo 1

Cette tradition se perd dans la nuit des temps, certainement une origine plus ou moins catholique qui a dévié en fiesta avec le temps…
Fiesta souvent bien arrosée, en Bretagne en tout cas, je vous le confirme ! Début 2005, j’étais invité à une de ces journées, je me souviens des jeux de pistes, de la partie de paintball et au final d’une belle journée avec la famille et les amis qui se termina autour d’un banquet dans le jardin des parents du futur marié. Assurancetourix le barde, n’était pas là, mais tout le reste y était ! Et vers deux ou trois heures du matin, celles et ceux qui avaient encore les yeux ouverts, participèrent à l’enterrement du fameux cercueil. Celui-ci avait été fait par un des oncles du marié, menuisier-ébéniste ça aide, on y met ce que l’on veut, souvent des bouteilles, des peluches pour les futurs bébés, des lettres et autres babioles…
Quelques semaines plus-tard, le 25 juin 2005, une belle Bretonne dans sa robe d’un blanc nacré, prenait pour mari un grand brun au regard ténébreux. Deux beaux bébés arrivèrent dans la foulée ou presque.
La tradition veut que, normalement, le cercueil soit « exhumé » à l’arrivée du premier bébé. Mais bien souvent pour x raison, déménagement et autres, il reste en terre et comme tout ce qui est caché on l’oublie plus ou moins.
Et le temps passa jusqu’à un beau jour de 2016 – donc 11 ans plus tard ! – où quelqu’un posa enfin la question : et le cercueil vous l’avez déterré ? Ah tiens non, mais il faudrait déjà le retrouver… Avec un détecteur de métaux peut-être, et dans ces cas-là, c’est à bibi qu’on pense… Voilà comment je me suis retrouvé à chercher un cercueil, une première pour moi ! (1)

Photo 2

On se souvenait tous à peu près de l’endroit, le long d’une grange. Une fois la zone nettoyée, j’ai passé quelques coups de poêle. Je comptais sur les capsules et têtes de bouteilles en alu pour repérer le magot et après quelques bouts de ferrailles et dessus de boites de conserves un son assez diffus, mais large s’est fait entendre. Quelques coups de pelles donnés par le marié, c’était pour remplir sa cave, fallait bien le faire creuser un peu… deux ou trois coups de barres à mines pour être sûr, et bingo on était pile dessus ! (2)

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Cahiers de prospection 1995

Un fidèle lecteur de la revue Monnaies & Détections nous livre les cahiers de prospection qu’il tient depuis 1993, et sur lesquels il a noté toutes ses sorties. Alexandre

Lundi 27 mars 1995
Lors d’une rencontre avec Marc M… chez le coiffeur, je lui avais demandé si je pouvais revenir à C… voir s’il n’y avait pas d’autres silos à grains dans la vieille bâtisse. Il m’avait dit que je pouvais y aller quand je voulais, aussi en rentrant d’amener Axel à l’école je rentre me changer prendre un casse-croûte et tout le matériel et j’y vais. Je commence les sondages à la pioche et effectivement je retrouve un premier silo à côté des 2 autres dans la salle devant la cheminée, puis un autre dans la resserre à bois. Mais le premier est rempli de terre vierge, et part sous la cloison de briques foraines montées de champ. Le second a été rempli de « roulé-concassé » moderne sans le moindre débris. Je me fatigue à les vider à coups de pelle, en espérant que dessous la couche sera bonne, mais j’arrive presque au fond en fin d’après-midi et pas le moindre tesson. Par contre en passant la terre du premier au détecteur je sors quatre doubles tournois, il faudra les nettoyer, mais sur un je peux déjà lire la date de 1644. Vers 4 h j’ai trop mal aux reins, en plus il fait froid et humide et je rentre.

Samedi après-midi 8 avril 1995
Il fait très beau et à 2 h je repars chez Marc pour reboucher les deux silos et voir s’il n’y en aurait pas d’autres. Je finis vers 4 h et je fais des sondages. J’en découvre un autre dans le fond de la resserre mais quand je commence à le vider je vois que lui aussi est rempli de gravier et je rebouche tout. Cela fait le septième silo que je trouve dans cette ferme, il y en a peut-être d’autres, en fait c’est toute une batterie de silos qu’il y avait… à moins qu’ils ne soient pas contemporains et qu’ils les creusaient au fur et à mesure pour remplacer ceux qui étaient abandonnés et comblés. Avant de partir je passe un dernier coup de détecteur dans les autres pièces, il y en a dallées de foraines et d’autres cimentées. Entre les briques de l’ancienne étable je trouve deux Napoléon III (10 centimes 1852), une pièce trouée et 10 francs 1955.

Samedi 3 juin 1995
A 9 h je vais chercher Mr L… car il m’avait demandé dans la semaine de venir l’aider à fouiller un silo trouvé à Saint-Paul. Ce silo a été découvert par Mr L… ambulancier et pompier, dans une cour, rue Henri Barbusse. Il l’a trouvé par hasard car son épouse s’est enfoncée avec sa chaise dans le goulot. C’est le silo classique : il est comblé avec de la terre mêlée de débris de tuiles canal, des éclats de briques, des galets, mais essentiellement de la brique crue. Il y a quelques tessons de poterie commune. Nous trouvons seulement des débris d’ossements et une boucle de ceinture en bronze, mais rien qui permet de dater le comblement. Je pense qu’il y a aussi d’autres silos dans la grange attenante et la maison abandonnée que doit acheter Mr L… Ce dernier nous dit qu’il collectionne les vieilles pièces de monnaie. Il nous raconte que sa grand-mère en Espagne a trouvé dans une cache une carabine Winchester 1882, des fusils de guerre et des révolvers. Mr L… nous apprend que les briques foraines font 42 sur 28 (2/3 – 1/3) et que le mot forain vient de fora, dehors : la brique foraine est celle qui vient de l’extérieur, qui a été achetée dans une briqueterie, par opposition à celle qui a été construite sur place, en brique crue.
En me promenant à 2 h en attendant que Mr L… revienne du repas, le long des potagers dans l’ancien fossé au pied des remparts, je trouve une croix de cuivre puis une petite statuette de Sainte Germaine. Il faudra que je revienne avec le détecteur mais c’est très pollué car la pente sous le rempart est pleine de déchets, ils devaient vider les poubelles depuis le haut.

Lundi de Pentecôte 5 juin 1995
J’ai pris rendez-vous à 7h30 avec Mr C… qui veut m’amener à M… voir un silo qu’il a trouvé en faisant des travaux de terrassement. Il est là à l’heure dite et me conduit au village de M… dans une vieille maison démolie et reconstruite en garage. Les murs neufs ont été bâtis des deux côtés au-dessus des murs en brique crue. Le mur du fond, lui, est entièrement neuf et repose sur une fondation en béton. La porte n’est pas encore posée. Le sol est en terre.
C… retrouve dans l’angle avec sa montre-pendule (!!!) l’endroit du silo supposé. Effectivement après quelques coups de pioche apparait une poutrelle de béton (qu’il a lui-même posée avec sa pelle mécanique) sur un vide à demi comblé, dans lequel s’enfonce la barre-mine. C’est ce vide qui lui a fait penser qu’il doit y avoir un silo à grains.
Nous repartons aussitôt car je dois amener Axel à un tournoi de foot et nous prenons rendez-vous pour le fouiller samedi prochain.

Samedi 10 juin 1995
L’après-midi je file à M… où m’attend déjà Mr C… et je commence effectivement à creuser le silo. C… reste un moment puis doit partir pour son travail et je continue seul, mais au bout d’un moment la sœur du propriétaire arrive et me vide les seaux de terre que je lui passe depuis l’intérieur du trou jusqu’à 6 h. C’est bien un joli petit silo très bien creusé, mais il a été rebouché avec de la terre, des briques crues, des tuiles de toit. On ne trouve pratiquement aucun tesson de poterie, à part trois ou quatre éclats d’oule. Il y a aussi beaucoup de cendres et de briques noircies comme si on avait démoli une cheminée et jeté les briques dedans. La terre est collante, très humide, c’est épuisant et peu encourageant vu la stérilité du contenu. A 6 h complètement crotté, je dois arrêter pour aller chercher Axel, je pense être arrivé à la moitié du silo. Je téléphone dans la semaine : le propriétaire va le reboucher car la maison est louée.

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 94

Cahiers de prospection 1994

Un fidèle lecteur de la revue Monnaies & Détections a accepté de nous livrer les cahiers de prospection qu’il tient depuis 1993, et sur lesquels il notait toutes ses sorties. Ces pages pleines de nostalgie nous rappellent une époque de liberté : nous pouvions prospecter sans contraintes, participer aux fouilles archéologiques du coin avec les érudits locaux, leur transmettre toute information ou toute trouvaille en rapport avec l’archéologie pour qu’ils fassent suivre aux officiels avec lesquels les rapports étaient confiants et cordiaux… Vingt ans après, comme les choses ont bien changé : l’archéologie est confisquée par les professionnels, comme le sol et le sous-sol le sont par l’Etat, et les prospecteurs sont voués aux gémonies par quelques psycho-rigides de la truelle, alors qu’ils pourraient – comme en Angleterre – être d’efficaces auxiliaires de l’Archéologie.

Samedi 30 avril 1994

Il fait enfin très très beau une vraie journée d’été. Le soir à 5 h je vais chez Albert D…car je l’ai vu au bureau et il m’a dit qu’il avait fini le gros œuvre de la villa et qu’il avait sorti toute la terre des fondations et du terrassement, je peux y monter détecter autour et dans le champ avant qu’il engazonne et qu’il laboure l’endroit où il va faire le jardin et le verger. Il me fait visiter la villa, il reste tout l’intérieur à faire, elle me parait très grande. Je commence par prospecter le grand tas de terre qu’il a poussé en limite du terrain, contre le champ de blé dans lequel il l’épandra quand il aura moissonné. Je n’ai pas de son, à part des ferreux, mais il y a quelques éclats de briques, qui m’ont l’air plus de foraines que de tegulae, et bien sûr des coulées de ciment et des morceaux de briques et de tuiles neuves. Puis je reviens vers la maison et je commence à prospecter assez loin des murs à cause du fouillis de matériels et matériaux posés partout. Le sol est bien propre car la lame du bull a décapé sur une dizaine de centimètres en poussant les tas de terre. Il y a quelques galets, de minuscules morceaux de briques, un isolateur de porcelaine blanche de clôture électrique, des tessons de poterie grise, des sons de ferreux. Albert me suit un moment avec une truelle à la main car il a commencé à travailler, puis quand il voit que je ne trouve rien, il repart à l’intérieur. Un long moment après, premier son franc : un DTL a demi-plié, presque en surface. Puis plus loin, je trouve une petite statuette blanche, il manque la tête, les mains, les jambes sont coupées aussi à hauteur des genoux… elle est en faïence, difficile de dire si elle est antique ou moderne, on dirait un personnage féminin en attitude d’orante, les mains à hauteur des hanches devaient être ouvertes vers l’avant… Un autre son : une petite médaille de cuivre, avec un personnage debout et une grande croix de l’autre côté. Puis des ferreux, une zone de gros galets, et autre son, très fort : je creuse un peu et je sors un drôle de crochet avec un petit anneau, on dirait qu’il y a des stries ou des dessins. Je finis le côté sans rien trouver d’autre et je fais le tour pour aller devant la villa, côté route. Il y a là aussi des galets, j’ai tout de suite des sons de ferreux, puis quatre petits bronzes très abimés, on devine un portrait à droite avec une couronne radiée sur un, les autres sont grumeleux. Et un autre DTL, puis une grosse pièce de 2 francs 1942. J’arrête vers 9 h car Albert remonte à la ferme pour souper, je lui montre les trouvailles et je m’en vais. Je nettoie le crochet en arrivant, c’est en fait un serpent, on voit très bien la tête, les écailles, et la queue, mais il n’a pas l’air très vieux.

Dimanche 24 juillet 1994

De 4 h à 8 h je vais au gué de G… sans détecteur pour faire les marmites. Je trouve plein de clous, certains de fers à cheval, une dizaine de balles de pêche et une cuillère avec un bout de crin, une balle brenecke mais pas de pièce.

Mardi 26 juillet 1994

(la canicule dure depuis 1 mois) Après avoir amené Axel et Flavien à la piscine je vais en bas des abattoirs et en descendant vers la grange je prospecte dans le lit de la rivière en essayant de repérer des gués. L’eau est basse, il y a plein de plaques rocheuses à découvert. Je trouve une cartouche complète de 9 mm, il y a quatre marquages, c’est une balle allemande de 1943, des balles de pêche, deux plombs de filet, et une longue épingle en bronze, peut-être de l’âge du bronze. C’est très pollué : bouchons métalliques, cannettes, papiers d’alu, fonds de batteries en plomb, ferrailles diverses.

Samedi 6 août 1994

A 5 h je vais aux B… derrière chez N., au niveau de la station de pompage. Je passe le détecteur sur la berge en amont de la station jusqu’à 7h30. Il fait très beau, très chaud, je ne trouve rien sinon des briques très abimées difficiles à dater. Tout le lit de l’Ariège est recouvert de galets écroulés de la falaise de l’autre côté, lors de la glissade de terrain. Je fais partir un long serpent gris dans l’eau, puis je vois descendre Roger B… et un autre gars en plein courant dans une barque verte. Ils ne m’ont pas vu. En revenant à la voiture, je trouve dans le chaume du bord du champ une pièce trouée et un gros 10 centimes Napoléon III.

Lundi 15 août 1994

Je pars à la foire à la brocante à Villenouvelle, puis je me change et je vais au gué de G… jusqu’à 8 h du soir sans le détecteur. Je trouve enfin l’endroit où il faut chercher. Il ne faut pas faire les marmites mais aller juste à la limite du profond, en bordure du gué, à l’endroit où il y a beaucoup d’eau et de courant, et chercher là. Je me repère sur le grand bidon de fer à demi enterré sur l’autre rive. Je trouve quatorze DTLs, deux pièces en cuivre jaune, épaisses, mais lisses, quantité de clous, une belle double agrafe à crochets, une hampe de flèche en bronze, cinq fers à bœufs, un débris d’éperon en fer, trois petites boucles de cuivre, un long poids de filet de pêche. J’arrête à 8 h car je commence à avoir froid dans l’eau.

Jeudi 18 août 1994

Je me change vite en sortant du bureau et je reviens au gué à 6h30. Mais l’eau a beaucoup monté, orages en Ariège ou lâcher de barrages pour l’irrigation. Je ne reconnais plus rien mais je tombe rapidement en face du vieux bidon de fer échoué sur l’autre bord, sur un endroit plein de clous. Lydie me rejoint vers 7 h et en une heure nous avons un plein fond de tamis de clous forgés. Je trouve un joli ardillon décoré de boucle mérovingienne. L’eau est froide et à 8 h nous sommes gelés, de toute façon il fallait partir car je suis invité à souper (fin des vacances, départ de Michel et des enfants).

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 93

Avant le détecteur était la charrue

Le trésor d’Aïn Tinn (Algérie)

Aïn Tinn, anciennement Belfort

Bien avant l’installation par l’armée française d’un centre de colonisation en 1874 le site d’Aïn Tinn était déjà un lieu d’habitation ancien dont certains hameaux et lieux-dits ont gardé les noms évocateurs de ce passé. Dominée par une chaîne montagneuse qui culmine à 1266 mètres, la ville d’Aïn Tinn, dont le nom précédent était Belfort, commune officiellement créée le 23 novembre 1880, est située à une altitude moyenne de 680 mètres. Elle se trouve à 25 kilomètres à l’ouest de Constantine, troisième ville d’Algérie, et elle fait partie de la Wilaya (le département) de Mila. C’est une ville essentiellement tournée vers l’agriculture où les champs sont nombreux mais petits et dispersés. Dans le village, où sont présentes quelques administrations, sont établis quelques commerces, notamment : alimentation générale, bureaux de tabac et journaux, boucheries, boulangeries, fruits et légumes, etc. Une petite zone industrielle existe également.

 La découverte du trésor

Un jour du printemps 2003, dans un hameau d’Aïn Tinn, dénommé douar Benzekri, deux frères agriculteurs firent de manière inopinée une fabuleuse découverte dans le champ qu’ils labouraient : une jarre contenant un trésor composé de monnaies anciennes probablement enterrées lors de turbulences politiques à la fin du XVIIIe siècle ou au début du XIXe siècle par la famille Ben Zekri, famille dont plusieurs documents rappellent qu’elle était liée à plusieurs Beys (gouverneurs) de Constantine. Les deux frères auraient peut-être pu devenir riches en conservant puis en revendant ce trésor. Malheureusement pour eux, ils parlèrent de leur fabuleuse trouvaille. La police locale, alertée de la découverte de ce trésor, intervint très rapidement et procéda à son dépôt provisoire à la Direction des domaines de Mila, préfecture départementale distante d’une quinzaine de kilomètres. Ainsi les deux laboureurs ne profitèrent pas personnellement du trésor d’Aïn Tinn mais la dispersion d’un bien inestimable pour la connaissance de la circulation monétaire dans cette région constantinoise était évitée.

L’étude du trésor d’Aïn Tinn

L’étude de cet ensemble monétaire fut rapidement confiée aux spécialistes de numismatique du musée national Cirta de Constantine qui établirent qu’il était composé d’une pièce d’or de la République de Venise frappée au XVIIIe siècle et de 195 pièces d’or de l’époque ottomane frappées entre 1707 et 1788. La première de ces monnaies est un sequin au nom du doge Alvise dont l’avers a pour légende « S M VENETI. ALOY. MOCENI.DUX ». Sur cet avers Saint-Marc remet au doge agenouillé une oriflamme. Sur le revers où, dans une ellipse étoilée, le Christ est présenté debout de face, la légende est « REGIS. ISTE.DVCA. SIT. T.XPE. DAT. Q. TV ». Toutes les autres monnaies sont des pièces d’or, pesant environ 2,6 grammes chacune, frappées aux noms de cinq sultans de la Porte Suprême à Istanbul (Turquie) où trônaient les califes ottomans : Ahmet III (1703/1730), Mahmoud 1er (1730/1754), Osmane III (1754/1757), Mustapha III (1757/1774) et Abdülhamid 1er (1774/1789). Si la plus grande partie de ces monnaies, à qui l’on donne parfois le nom de soltanis, est en très bon état, certaines sont percées d’un ou deux trous de suspension car elles ont servi à former de somptueux colliers dont les sultans et les membres de leur entourage aimaient se parer ou encore étaient fixées sur des coiffes, les chachias soltani, que les Constantinoises portaient lors des fêtes. Ces pièces ont été frappées en Turquie, en Egypte, en Tunisie ou en Libye. Elles portent dans des grènetis les légendes notées en arabe : « A la gloire de … sultan des deux terres et souverain des deux mers », « Victorieux, glorieux sur terre et en mer »  ou encore « … Sultan fils de Sultan ». Sur chacune d’elles est aussi indiqué le nom du sultan et la date de frappe de la monnaie selon le calendrier de l’Hégire. Aujourd’hui toutes les pièces du trésor d’Aïn Tinn sont exposées dans la salle de numismatique du Musée National Cirta de Constantine et plusieurs sont représentées sur l’un des catalogues du musée.

Une partie des monnaies du trésor d’Aïn Tinn présentées
au musée Cirta à Constantine :

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Le trésor du Dakota PI-C12

Janvier 1947, un avion Dakota, (1) de la Airlines Philippine immatriculé PI-C12, vole en direction de Hong-Kong, atterrissage prévu sur l’aérodrome, réputé dangereux, de Kai-Tak.
Ce 25 janvier 1947, le plafond nuageux est assez bas et pour ne rien arranger un brouillard épais rend les conditions de vol périlleuses, ce qui oblige le pilote, le capitaine Theodore Weymouth né à Kansas City, à voler très bas. Et c’est le drame à quelques milles de Kai-Tak, le Dakota percute de plein fouet le sommet d’une colline sur le Mont Parker ! Les quatre hommes qui se trouvaient à bord, le capitaine Weymouth 28 ans, le copilote Narzal Lim, l’opérateur radio Benedicto Merza et l’agent de bord Lourdes Chuidian sont tués sur le coup. L’impact, comme le montre une photo de l’époque, a été frontale, faisant exploser l’avion. Il n’y a plus que la queue de l’avion qui soit à peu près intacte, le reste a été pulvérisé ! (2)
La montre du pilote sera retrouvée les aiguilles bloquées à 15h02, ce qui correspondait à la dernière liaison radio avec la tour de Kai-Tak. Dès le lendemain, une équipe de secours gagne le Mont-Parker, la presse révèle dans le même temps que l’avion transportait une fortune en or ! Une cargaison de lingots d’or et de pièces d’or, des monnaies mexicaines de 50 pesos très prisées en Asie, une cargaison d’importance qui était destinée à approvisionner sept banques de Hong-Kong et estimée par la presse de 1947 à 15 millions de dollars ! (3)

La police dresse un cordon de sécurité autour du lieu du crash, pour éviter tout pillage de l’épave. Sous la violence de l’impact et de l’incendie qui a suivi, des pièces d’or ont fondu, quelques-unes seront retrouvées mêlées à aluminium de l’avion. Des monnaies et lingots d’or ont été projetés à plusieurs dizaines de mètres de l’impact avec des bouts de la carlingue. Pendant plusieurs semaines, la zone du crash va être fouillée par des ouvriers réquisitionnés pour l’opération, sur plusieurs d’entre eux, lors de fouilles de contrôles, la police trouvera des monnaies de 50 pesos or…

L’enquête va conclure à un accident dû à de mauvaises conditions de vol. L’avion était en bon état et le chargement d’or ne dépassait apparemment pas la charge maxi de l’appareil, mais l’or a certainement rendu l’avion moins maniable et il n’est pas impossible que l’or ait été mal réparti sur l’ensemble de la soute. Ça peut paraitre incroyable, mais ce type d’accident « dû à la densité de l’or » est déjà arrivé, voir M&D n° 42 « Un trésor tombe du ciel » où 100 kilos d’or furent perdus en plein vol !
Un révérend et 20 boy-scouts participeront aux recherches, à eux seuls ils trouveront 2 lingots et de nombreuses pièces d’or, pour environ 90 livres, ce qui correspondrait à 40 kilos ! Aucun des rapports, pas plus que les articles sur cette histoire ne précisent le poids des lingots ? Probablement des barres de banques dont le poids standard est de 400 onces soit 12,5 kilos, mais suivant les pays, ils existent des barres de 10 ou 8 kilos…
Des histoires assez folles vont courir sur l’or du Dakota ; un comptable chinois chargé de contrôler l’or retrouvé aurait disparu corps et bien ! Des responsables de la police ayant participé aux recherches, auraient pris leurs retraites avec un peu d’or de côté… etc.

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Il était une fois dans le Sud

Bon alors, c’est une histoire qui m’a été contée par un ami au-dessus de tout soupçon, lequel la tenait de ses propres yeux de lui-même. Donc de source sûre, sous réserve de légers aménagements et petits détails que seuls les protagonistes connaissent. Vous dire si certains déconnent grave serait en dessous de la réalité, et je pense que cette anecdote va le prouver sévère.

C’est parti :
L’aventure se passe sur un chantier des environs de par en bas, au soleil, et pas loin de Mare Nostrum, au cours de travaux classiques dans un quelconque patelin de cambrousse de notre chouette Occitanie/Sud. En ces coins superbes, nos ancêtres les Romains vécurent quelques quatre siècles de paix (la seule période peinarde si longue de l’Histoire de France, il est bon de le noter) accumulant richesses et prospérité.
Il va de soi que dans un pays comme l’Angleterre, ils n’auraient pas manqué de laisser d’innombrables artefacts, monnaies et trésors. Mais en France, attendu que nos législateurs préfèrent que rien ne soit découvert, ben y’a rien qui y est découvert. N’est-il pas ?
Ainsi donc, trois compères terrassiers manœuvraient le tractopelle et la pioche afin de bricoler le réseau d’assainissement.
Au milieu des gravats en fond de la tranchée, ils repèrent une sorte de boite vaguement métallique.
L’ayant prélevée manuellement et constatant que l’intérieur produit quelque bruit au secouage, les voili qui s’affairent à l’ouvrir avec les précautions d’usage chez les brodeurs de napperons, c’est-à-dire à la pioche, la massette, le burin et autres outils présents dans la caisse du Caterpilar en question.
Le contenu s’éparpille… en scintillant…
Je vois déjà s’écarquiller ton œil ;)
Tu l’as deviné, yes !
Sa mèr’ de sa rac’ qui déchir’ la mort qui tue ! ! ! ! de l’or, du jaune, mais oui mais oui !
Cette dégringolade de rondelles sème la surprise, puis l’avidité, suivie très rapidement de la convoitise, et, par voie de conséquence, ça part à la bouffe dans une solide partie de torgnoles afin d’élire l’inventeur, et donc le possesseur des dites piécettes.
Après moult pains dans la poire et autres câlins de phalanges, le calme revint et il fut décidé en cautérisant les plaies et glaçonnant les tuméfactions oculaires, de ramasser tout ça et de le distribuer équitablement. Ainsi fut fait, mais à ceci près que ce seraient les euros de la vente qui se verraient partagés.
La boite, elle, passablement cabossée rejoignit les gravats du fond de tranchée. L’histoire dit qu’elle y est encore. Elle était en tôle de bronze, visiblement, mais n’offrait aucun intérêt aux yeux des inventeurs.
Serre les dents, et attends la suite.
Nos trois compères se dirigent donc vers le plus proche racheteur d’or, de chez Promo Gold Machin ou Cash Truc dans le genre. La quarantaine de pièces est donc échangée au poids du métal précieux et au cours du jour, contre des euros sonnants et trébuchants. Enfin, de leurs coupures papier.
Pécule récupéré, et désireux de fêter la somme rondelette récoltée, les trois mousticaires (oui, je sais, mais là bas la gente cuicidaesque sévit pas mal, tout campeur non enduit de citronnelle te le confirmera) se mettent en quête de quelques fioles au titrage copieux, et du premier dealer venu. Nantis des litrons et des chichons idoines, voilà nos zouaves qui se ramassent la poire de belle façon, et se font une java mémorable… au point de se faire gaufrer par les bleus.
Bon.
Ceci serait assez banal, voire même un tantinet ridicule, si les rondelles en question, au nombre d’une quarantaine avaient été des Napoléons, ou des Francs… Encore que certains d’entre eux valent probablement bien plus que leur poids en or. Mais il s’avère que les monnaies en questions n’étaient autres que de jolis aurei…
T’as bien entendu ?
Respire.
Plus de quarante aurei vendus au poids du métal précieux.
Plus de quarante aurei dont le tarif peut aller de 2000 à 200 000 €/pièce…
Arrêtons-nous un instant afin de reprendre encore une fois la respirance, d’éponger nos fronts en sueur, et desserrer les ratiches qui commencent à crisser sévère…

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Le bombardier mysterieux

Un avion particulier

Le 10 novembre 1943, le Heinkel He 111 portant l’immatriculation GL+ET décolle de Cazaux.
Cet appareil n’est pas un He 111 standard, c’est un appareil d’essai. Il appartient à l’unité spéciale « Erprobungsstelle Süd » qui essaie les nouveaux matériels et cet avion est utilisé pour tester les derniers modèles de viseurs.
Pendant l’été et l’automne 1943, l’Erprobungsstelle a déjà fait plusieurs vols avec cet appareil dans les environs de Cazaux et de Millau, en lâchant des bombes afin de valider la précision de ce nouveau type de viseur.
Ce 10 novembre 1943, parmi l’équipage de 5 personnes : Willy Dennert est le pilote (2) et Herbert Waschk est le commandant de bord (3).
Herbert Waschk a déjà été décoré à plusieurs reprises : le 5 novembre 1942, en particulier, il a reçu la « Croix allemande » en or (4).

Un vol d’essai qui s’achève de manière dramatique

L’appareil décolle sans problème et part vers l’est. Mais peu après Albi, à 5 000 mètres d’altitude, le moteur gauche prend feu. Cet incendie dérègle les commandes de vol.
L’avion devient incontrôlable (5). Le pilote réussit à sauter en parachute alors que les quatre autres membres d’équipage, piégés dans le Heinkel 111 en détresse, s’écrasent avec l’avion.
Il est vraisemblable que les quatre passagers ont été plaqués à la paroi du fuselage par la force centrifuge, énorme dans un avion en vrille.
A l’impact, l’appareil est pulvérisé et le pilote est le seul rescapé. L’armée allemande vient récupérer les quatre corps, puis, quelques jours plus tard, évacuera les restes de l’avion en réquisitionnant les chars à bœufs des environs. Seuls quelques débris minuscules subsistent, enfoncés dans la terre.

Découverte de l’avion

Par un pur clin d’œil de l’histoire, nous arrivons sur le site de crash (6) jour pour jour 70 ans après l’accident. Toutes les autorisations administratives ont été obtenues en amont auprès des services compétents, de la DRAC, et aussi auprès des propriétaires du terrain (7). Ceux-ci nous ouvrent grand leur porte. Le grand-père de la famille qui a été témoin du crash nous relate ses souvenirs de l’évacuation de l’épave.
Sur le terrain, le travail de recherche commence et les pièces apparaissent.
Les fragments retrouvés sont en mauvais état car le champ a longtemps été labouré et la charrue est destructrice pour les fins morceaux d’aluminium, déjà malmenés par le crash.
Un grand nombre de scories (8) nous confirme qu’un incendie a eu lieu et les fragments de peau tordue de l’avion laissent imaginer la violence du choc.
Des composants de l’appareil revoient le jour : de la tuyauterie, des composants d’équipements, de la tôle froissée (9).

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