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Catégorie : Vécu

« Rixes archéologiques sous‑marines »

Lu avec intérêt l’article du Canard enchainé du 28 juillet 2021 par Odile Benyahia-Kouider. Son titre évoque à lui seul le petit monde mesquin de l’administration archéologique : bataille à coups de palme pour l’or du Rhône. 

Luc Long est un archéologue sous-marin, il est à l’origine de la découverte du buste en marbre de Jules César relatée dans nos pages en 2007.
En octobre 2018 un des plongeurs de son équipe découvre une épave romaine lors d’un travail de cartographie du fond du Rhône du côté d’Arles. L’épave est baptisée « Arles-Rhône 24 » et livre des lingots de cuivre, d’argent et un médaillon d’or à l’effigie de Constantin puis plus tard des pièces d’or et d’argent.
L’emplacement est tenu secret, la saison de plongée s’achève et Luc Long dépose un dossier pour des fouilles futures l’année suivante. Mais voilà, cette trouvaille excite les convoitises, non pas des pilleurs mais des différents corps d’archéologues, chacun voulant tirer à soi la couverture.
Le 7 février 2019 Delestre, encore lui, préside la commission territoriale qui permet la suite des fouilles. L’enthousiasme est dans les cœurs mais ce n’est que de façade ! Trois plongeurs sont missionnés avec un budget de 87 000 € mais Delestre ne signant pas l’autorisation, les crédits se font attendre et la crue du fleuve reprend, coupant net toute fouille pour l’année 2019.
L’année suivante, la directrice régionale adjointe des affaires Paca annonce à Luc Long qu’un plongeur issu de la cellule nationale va récupérer le matériel sur le site. Luc Long se fend d’un commentaire : « on veut nous empêcher de poursuivre nos recherches pour éviter de nous attribuer cette découverte majeure. »

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Belle-île-en-Mer

Vendredi 26 mars 9h30, port Haliguen Quiberon, sur la côte sud de la Bretagne. J’embarque avec armes et bagages à bord du navire « le Bangor » le seul navire de la compagnie Océane qui peut vous faire traverser avec votre véhicule, les autres navires ne prennent que des passagers et éventuellement un vélo…

Mes armes se composent, d’un fourgon pour y dormir avec des vivres pour une semaine et le plus important, mon détecteur de métaux et encore plus important, une solide gamatte. Je suis paré pour une semaine de grandes marées, coefficients de 112 au plus bas, ou au plus haut, comme vous voulez, mais moi ce qui m’intéresse, c’est la basse mer, pour aller chercher l’or perdu par les baigneurs imprudents et ils sont nombreux, à être imprudents… Le 112 de coef, sera pour le mardi 30 et au moins une dizaine de marées à plus de 90/95 me tendent les bras, reste a espérer que l’or, soit au rendez-vous.
Destination : Belle-île-en-Mer ! (1)

Bien protégée des vents dominants avec de nombreuses criques pour accoster et de hautes falaises pour voir les malfaisants approcher, Belle-île a servi d’abri très tôt. Un crâne humain daté du Néolithique y a été découvert dans une tourbière, il est exposé au Musée Dobrée de Nantes. À l’époque celtique Belle-île est la plus grande et la plus au large des 365 îles qui composent le golfe du Morbihan « dont la traduction est : petite mer ». Plusieurs monnaies gauloises y ont été trouvées, principalement des monnaies vénètes, Belle-île étant quasiment au centre de leur territoire, d’après les mémoires de Jules César, une bataille aurait opposé les Vénètes aux Romains, sur Belle-île, mais ça reste à prouver… Plusieurs éperons barrés et quelques tumulus ont été localisés. Quelques sites d’occupation romaine sont connus, mais là encore, rien d’extraordinaire.
À partir du Xe siècle, les Vikings souvent surnommés localement les Saxons, font de Belle-île leur base arrière pour aller piller un peu partout sur le continent, les nombreuses sources d’eau douce en font une place de choix. Et sur Belle-île-en-mer, on peut voir de nombreuses criques qui rentrent très loin dans les terres, des langues de mer ou de sable à marée basse, qui serpentent entre de hautes falaises et qui rappellent les fjords de Norvège, ce qui devait bien plaire aux Vikings. Pendant deux siècles et demi, Belle-île sera un repaire de vautours des mers !
Après l’annexion de la Bretagne par la France en 1532, les rois de France vont s’intéresser de plus près à Belle-île ; en 1567 Belle-île est pillée une nouvelle fois par les Espagnols, ça commence à bien faire ! En 1572, Henri II convainc les moines de Quimperlé qui possèdent toujours l’île, de la céder à Albert de Gondi, un riche militaire qui va construire les premières fortifications de l’île. Un fort voit le jour au-dessus du « Palais » l’actuelle citadelle, ce fort va assurer la prospérité de l’île pendant un siècle.
Mais rien ne dure, en 1658 les héritiers Gondi sont à sec et mal vus du cardinal Mazarin, qui est aux affaires, les Gondi sont forcés de vendre Belle-île au surintendant des finances du Roi Louis XIV, le célèbre Nicolas Fouquet ! pour la somme d’un million quatre cent mille livres. Fouquet renforce les fortifications, il commencera même la construction d’un beau manoir, de nos jours en ruine, qu’il n’aura pas le temps d’habiter ; deux ans plus tard, en disgrâce à son tour, Nicolas Fouquet est emprisonné. La légende dit qu’il aurait eu le temps de cacher une partie de son énorme fortune sur Belle-île, un trésor jamais retrouvé, ou pas déclaré… Une petite plage de l’île porte son nom : le port Fouquet, juste en face de la pointe de Quiberon, c’est la distance la plus courte à vol d’oiseau pour rejoindre l’île, et elle est à mon programme, on ne sait jamais…

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Un Bouddha de 5 tonnes d’or

Début des années 1930 à Bangkok, Thaïlande, un temple bouddhiste situé sur le bord du fleuve Chao Phraya doit être détruit, il tombe en ruine.

Le Wat Traimit actuel.

Un problème se pose, le temple contient une immense statue de Bouddha en stuc doré à la feuille d’or. Le stuc est à l’origine un enduit à base de chaux et dont l’utilisation remonte à la plus haute antiquité. La statue est en mauvais état et pas très belle, mais il est mal vu et ça porte malheur ou mauvais présage, de détruire un Bouddha… On organise donc son transport vers un petit temple, au Wat Traimit dans le quartier chinois.
Personne ne se souvient du mode de transport du Bouddha lors de ce premier voyage, probablement sur des billes de bois en les faisant rouler, le terrain était plat et la distance assez courte. Le petit temple de Wat Traimit n’étant pas assez grand, à l’époque pour la statue, elle resta un peu plus de vingt ans sous un abri de fortune en tôles ondulées…
En 1955, les moines bouddhistes ayant un peu de monnaie, décident d’agrandir le temple pour enfin donner un abri digne de ce nom au Bouddha.
Il faut donc à nouveau le déplacer, cette fois les moines font venir une grue qui doit placer la statue sur un nouveau piédestal. Ce Bouddha est représenté en position assise « la position du lotus ». Malgré une cérémonie de prière, un des câbles de la grue casse et la statue tombe lourdement sur le sol ! Ce qui fut considéré comme un très mauvais présage, les moines et les ouvriers quittèrent le chantier, laissant la statue en plan, on ne badine pas avec les mauvais présages…
Dans la nuit, comme pour confirmer le mauvais augure, un énorme orage inonda Bangkok sous des trombes d’eau ! Le lendemain, le responsable du temple commença à nettoyer la statue, pleine de boue, une énorme fissure était visible au point d’impact, raviné par la pluie de l’orage. La fissure dans le stuc laissait apparaître un métal doré jaune, sous une épaisse couche de stuc de l’or !

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Tigres normands et tunnels picards

Si l’emblème de la Normandie est le léopard, nous sommes contraints de constater que pour les fanas de la Seconde Guerre Mondiale l’emblème de la Bataille de Normandie serait plus sûrement le Tigre.

1500 Tigre I ont été fabriqués, ils sont la réponse blindée allemande à l’industrie soviétique du char de rupture. Destinés à supplanter le T-34 russe, qui avait déjà rencontré son alter ego sous la forme du Panther (les Nazis aimaient-ils les félins ?), le Tigre est un monstre d’acier dont les équipages ont écrit quelques étonnantes pages militaires dans la Normandie de 1944. Car, contrairement au front russe, le front de Normandie ne recevait pas de concurrents sérieux aux gros blindés allemands.
C’est sans doute pourquoi les principaux ennemis du fleuron des tankistes teutons furent les avions d’attaque au sol et… la panne de carburant.
Il y a les Tigre mythiques, celui de Wittmann, as (comme dans l’aviation) qui détruisit plusieurs dizaines de véhicules et de chars britanniques d’un seul mouvement (soufflé avec son équipage, plus tard, par une bombe), il y a celui de Son Altesse Sérénissime, le prince de Schoenburg-Waldenbourg (qui avait fait peindre ses armoiries sur chaque char de son escadron : pas très «révolutionnaire nazie», cette fantaisie), il y a celui de Vimoutiers… Imposant pot-de-fleur, il est le dernier Tigre présent en Normandie.
Désormais, fruit de la passion d’un fouilleur, il y a le Tigre de Mr Hoebig. Car il est bien issu de la terre normande ce blindé et Mr Hoebig l’avait identifié, localisé, déterré.
Pendant 25 ans (1988-2013), il a, avec l’autorisation du propriétaire et avant que d’assembler ses trouvailles, fait creuser un champ de la Poche de Falaise. Celle-ci est l’entonnoir où vinrent s’entasser les troupes motorisées allemandes. Fermée d’un côté par les Polonais libres, elle se réduisit jusqu’à ne plus exister, mettant fin à la Bataille de Normandie. Vingt-cinq années durant, le Tigre va sortir. Pièce par pièce, chacune étant nettoyée, restaurée. Ce jeu de construction est poursuivi par le fils, car Hoebig Sr est trop âgé pour le sprint final.
Le résultat est là : à Münster, en Westphalie du Nord, dans un musée de blindés, un septième Tigre a fait son apparition dans le Monde. Il ne roule pas, un seul étant encore motorisé parmi nos sept grabataires de la mécanique allemande.
Cette mécanique née du détecteur et de la pelleteuse est assez originale pour être signalée. Un char possède des pièces de métal suffisamment épaisses pour supporter tant bien que mal l’enfouissement, un char peut sortir d’un étang à peu près reconnaissable mais la limite de temps maximale est bien la Seconde Guerre Mondiale, pour nos pays tempérés s’entend. La recherche de tanks de la Première n’aboutit pas à quoique ce soit qui puisse être reconstitué. Même pour la période 1944, dans le cas du Tigre de Falaise, il a fallu que les Hoebig financent le tournage de pièces manquantes.

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Comment et où chercher des météorites Suite et fin

Dans les articles précédents (voir n° 106, 110 et 116), nous avons vu plusieurs façons de chercher ces pierres tombées du ciel, chercher sur les chutes anciennes connues et répertoriées, et sur celles inconnues du grand public, car non reprises dans la liste des chutes françaises (Limoges, Ile des Tonneliers ?). Nous avons également vu que les cartes géologiques peuvent grandement servir pour nos recherches et que la prospection en bordure de champs et celle de souches d’arbres peuvent également être bénéfique ! Continuons avec cette fois la prospection des ruisseaux.

Il faut savoir que la meilleure période pour chercher dans les ruisseaux se situe en été, quand les niveaux d’eau sont au plus bas. Pour les ruisseaux à sec depuis des lustres, on peut y chercher toute l’année, ceux-là sont mes préférés !
Toutefois, la recherche en ruisseaux est très compliquée, et cela, à cause principalement de la pollution métallique énorme des dits ruisseaux. Certains sont de véritables décharges à ciel ouvert ! Voilà pourquoi il faut prospecter les ruisseaux avec un petit disque. J’utilise un 11 cm de Ø et aussi une discrimination basse sauf pour les ruisseaux asséchés où là je cherche en tous métaux. On creuse facilement et surtout on distingue les cibles, ce qui n’est pas le cas avec l’eau courante. Il faut aussi déterminer les secteurs à faire en priorité, à savoir les bancs de graviers et de galets. Ces endroits sont à prospecter avec grand soin. C’est là que l’on a le plus de chance de trouver des météorites mais aussi des impactites et autres tectites. Ici, votre œil sera votre détecteur (1), chercher des pierres qui dénotent ou qui vous semblent bizarres. En cas de doute, emportez-là avec vous pour l’examiner à tête reposée une fois chez vous !
Les coudes naturels des ruisseaux sont aussi les endroits à examiner avec grand soin. Les petites pierres et autres objets lourds restent piégés dans ces courbures, et enfin les secteurs couverts de grosses pierres méritent aussi toute votre curiosité !
J’ai mis au point ma propre technique de recherches. En effet, lors de la découverte de ma première météorite, le problème de la discrimination « haute » fut pour moi une révélation. Comment faire pour découvrir ces petites météorites faibles en fer, qui nous passent sous le nez à cause d’une discrimination trop haute ?
La solution semble toute simple : chercher en tout métaux ! Cela est toutefois impossible, chercher avec une discrimination très basse pour éliminer les très petits ferreux est une solution mais il faudra creuser beaucoup et beaucoup, cela reste un choix. Comme je l’ai déjà dit, la recherche de météorites est particulière et il faut entre autre beaucoup de patience et d’obstination. Ma façon de procéder est simple mais pourra sembler laborieuse pour certains. Quand je prospecte un ruisseau, je cherche en priorité les bancs de graviers et de galets, et, avant d’entamer les recherches au détecteur, je fais un nettoyage de surface du dit banc de graviers !, comment ?, avec mon FTN-63. Ayant une force d’adhérence de 110 kilos, je réalise ainsi la totalité à prospecter à l’aimant, effectuant ainsi un dégagement de tous les ferreux en surface.

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Impact !

Une histoire qui va faire rêver et fantasmer les chercheurs de météorite : le 29 mars 2020, entre minuit et 2 heures du matin près de la ville d’Akure au Nigéria, Afrique, un énorme astéroïde a laissé la trace d’un impact gigantesque !

Dans un premier temps, les autorités ont parlé d’une météorite, puis la police a donné la version d’un camion transportant de la dynamite qui aurait explosé sur la route… C’est la version officielle du gouvernement nigérian, mais un professeur de géophysique, Ile-Ife, de l’université Obafemi Awolowo qui s’est rendu sur le site a démenti cette version. Pour le professeur Ile-Ife et de nombreux spécialistes qui ont étudié les photos et vidéos, il n’y a pas de doute, c’est bien l’impact d’un météore !
Un énorme météore qui a laissé un cratère de 21 mètres de diamètre pour 7,8 mètres de profondeur !
Aucune trace de radioactivité n’a été relevée, la terre autour du cratère a été remuée, par les vibrations, sur un rayon de plus d’un kilomètre !
Toujours d’après les mesures prises sur le site, l’angle d’impact du météore était de 43 degrés. Entre fin mars et début avril 2020, la Nasa avait signalé qu’un géocroiseur « astéroïde géant » passait à proximité de la terre, il s’agit probablement d’un fragment de ce géocroiseur… Plusieurs pierres étranges ont été ramassées autour et dans le cratère. Il y a de nombreux chercheurs d’or, au Nigéria, utilisant des détecteurs de métaux, espérons qu’ils auront l’idée de chercher des morceaux de ce météore !

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Découverte d’une copie d’un prototype inédit pour Lothaire I

En cette fin décembre 2020, fûrent découverts lors de la prospection d’une zone boisée à proximité de Namur, Belgique, quatre deniers au temple tétrastyle d’imitation carolingienne au nom de Lothaire I et Lothaire II, deux des copies sont de l’atelier de Huy et de Dorestad, les deux autres semblent être des frappes officielles de Cambrai et Maastricht.

Les monnaies furent confiées par l’inventeur à J.-L Dengis , numismate et archéologue très connu en Belgique pour ses travaux sur les découvertes monétaires réalisées en Belgique, en outre, je vous livre ici les résultats de cette étude, telle que déjà publiée en Belgique ! (voir photos)
Voilà comment – grâce à un prospecteur, soucieux de notre loisir et jouant le jeu ! – avance la connaissance numismatique en Belgique.

. J.-L Dengis, archéologue et numismate, auteur de plus de 20 ouvrages sur les découvertes monétaires en Belgique, auteur de plusieurs ouvrages sur les monnaies de Liège, auteur d’un nombre incroyable d’articles numismatiques dans les revues suivantes : Revue belge de numismatique, La vie numismatique, Bulletin du cercle numismatique Val de Salm, etc…, également spécialiste du monnayage médiéval, et aussi, créateur du cercle numismatique du Val de Salm en 1978, bref, une pointure !

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Trésors et justice

La découverte d’un trésor reste pour la plupart des inventeurs un instant magique qui reste gravé dans la mémoire. Hélas, il arrive que le rêve devienne cauchemar et que la vie du ou des inventeurs devienne un véritable enfer !, surtout quand l’on parle de détecteur de métaux, là, les foudres de la justice s’abattent comme les 10 plaies d’Egypte. En France, la référence en matière reste le « célèbre » trésor de Boucq ! qui vu de l’étranger fait encore bien rire dans le monde des prospecteurs ! Hélas, la situation en France ne risque pas d’aller mieux, bien au contraire !, le pire reste à venir, je pense !…

Mais même la découverte d’un trésor et cela sans détecteur de métaux peut aussi apporter son lot d’ennuis et de misère comme la découverte de Saissac dans l’Aude, un dépôt de 1957 monnaies des années 1180-1270.

Le trésor de Saissac

Nous sommes en 1979, la municipalité de Saissac achète un terrain au nord-ouest du village au lieu-dit « La Croix » et cela pour y construire un village de vacances. Les travaux débutent en octobre. Le nivellement du terrain est effectué au bulldozer, 2 ouvriers sont chargés de la tâche, le conducteur du bulldozer et son collègue qui surveille les travaux. Pendant les manœuvres, la pelle déterre une poterie qui vole en éclats. Les 2 ouvriers se ruent alors sur les monnaies et s’en remplissent les poches, ils gardent la découverte secrète, spoliant de la sorte le propriétaire du terrain, la commune de Saissac. De retour à leur domicile, les ouvriers cherchent à monnayer leur découverte. Le conducteur va ainsi réussir à vendre 500 monnaies à un antiquaire de Blagnac. Quand à l’épouse du 2e ouvrier, elle tente aussi de vendre des monnaies et contacte un numismate de Toulouse qui, lui, signale de suite cette vente suspecte à un étudiant en archéologie, G. D., qui a son tour informe la mairie de Saissac de la découverte. Une plainte est alors déposée le 4 décembre. Un des ouvriers informé de la plainte vient remettre à la gendarmerie de Saissac un lot de 59 monnaies et précise que d’autres pièces sont encore sur le site. Les gendarmes se rendent chez le 2e ouvrier à Lavernosse et saisissent 755 pièces, 16 fragments de pièces et des tessons de poterie. Les 500 monnaies vendues à l’antiquaire sont récupérées et saisies !

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Ces derniers temps, une salve d’articles contre les détectoristes, que dis-je, les pilleurs du patrimoine, s’est fait jour dans les journaux télévisés et papiers. Anonnés par des journalistes recopiant la dictée de certains archéologues, ces articles ont tous un point commun, le mensonge par omission et une prise de position arbitraire. 

Il y a quelques années, il y avait l’Happah, assez virulente, qui s’est fait, depuis, taper sur les doigts et qui s’est calmée, on a maintenant Xavier, le Don Quichotte de l’anti-détection !

Qui est donc ce Monsieur Xavier Delestre ? C’est le conservateur régional d’archéologie de la région Paca, auteur d’un article : « Trafic, vols, fouilles clandestines, un patrimoine en danger ; conclusion d’une enquête menée sur les années 2015-2017 » où l’auteur termine par : « un objet n’a d’intérêt que s’il est associé à d’autres découvertes provenant des mêmes structures et qu’il est donc privé de toute valeur intrinsèque. Son étude et sa publication ne seraient ainsi pas de mise car elles ne peuvent être prises en considération par les milieux scientifiques, et doivent être recouvertes d’un voile gris ». D’autres de ses collègues vont même jusqu’à écrire : « un objet archéologique déplacé de son contexte est un témoin mort » (Y. Brun, Le journal de Saône-et-Loire, 23 mars 2019).

Et bien n’en déplaise à Monsieur Xavier Delestre, nous avons lu un intéressant article scientifique qui prouve exactement le contraire des dires de Don Quichotte de la Paca.

Tous les numismates se spécialisant dans le monnayage gaulois connaissent, au moins de nom, Monsieur Louis-Pol Delestrée qui, associé avec Marcel Tache, a publié les quatre tomes du « Nouvel Atlas de monnaies Gauloises », ouvrage de référence pour tous collectionneurs et chercheurs. Il y a peu de temps, ce chercheur a publié dans les cahiers numismatiques hors-série N° 2, Rencontres numismatiques 2, numéro spécial consacré aux monnaies gauloises, mars 2021, un article dont le titre a lui tout seul est déjà un désaveu de la pensée de Monsieur Xavier Delestre : « les apports scientifiques des monnaies gauloises trouvées hors contexte… »

Sur une dizaine de pages il donne des exemples frappants de l’intérêt de ces monnaies trouvées isolément.

Revenons sur la notion de contexte archéologique

Pour l’archéologie politico-administrative, le seul contexte archéologique valable pour étudier une monnaie est sa présence dans une couche stratigraphique non perturbée dans le temps depuis la perte de cette monnaie. Autant dire que cette situation est exceptionnelle. Les contextes de situations se rattachent à de nombreux sites dont la durée d’occupation s’est étendue sur une longue période et ont été remaniés régulièrement au fur et à mesure des époques. Tous ces sites livrent des monnaies en surface qui sont considérées comme dépourvues de contextes archéologiques exploitables.

Venons-en aux monnaies gauloises proprement dites

98 % des monnaies gauloises conservées à la BnF sont dépourvues de tout contexte et de provenances exploitables. Dans la réalité, en raison des progrès considérables enregistrés depuis le milieu du XXe siècle en numismatique gauloise, la typologie et la datation des séries monétaires sont de mieux en mieux connues et inventoriées, de telle sorte que les classements des monnaies sans contexte et sans provenance s’en trouvent grandement facilités. En d’autres termes, il est de plus en plus aisé de réintroduire dans un ensemble typo-chronologique des monnaies dont l’environnement initial et la localisation exacte sont ignorés.

Prenons l’exemple de la typologie 

Souvent les coins monétaires sont supérieurs en diamètres aux flancs frappés et dans le cas de série d’émissions rares, telle monnaie trouvée hors contexte permet de compléter la composition de l’image incomplète connue. Un exemple parmi tant d’autres : un statère en or allié trouvé hors contexte appartient à la série dite à fleur (DT 2247). Devant le profil à gauche, deux motifs décrits comme « masses ovales » sont en fait deux poissons ou dauphins parallèles, figuration marine sur la signification de laquelle nous reviendrons (Fig. 1). Des exemples comme celui-là sont légions en numismatique.

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Suspense à la BnF !

En septembre 1922, des ouvriers travaillant dans une briqueterie à Beaurains près d’Arras mettent à jour un trésor inestimable : 700 monnaies romaines contenues dans un vase en argent ainsi que quelques bijoux et objets de vaisselle d’argent et des multiples d’or.

Le trésor se distingue par la présence de ces multiples ou médaillons d’or, des pièces rarissimes, non destinées à circuler, mais frappées comme pièces d’hommage pour les dignitaires de l’Empire.
Le partage ne se fit pas sans heurts ni vols, bref le trésor a été un peu dispersé. Chaque intervenant ayant vendu sa part, une partie des monnaies se trouve au musée d’Arras mais n’est pas exposée, une autre au British museum et 18 monnaies sont au cabinet des médailles de la bibliothèque royale de Belgique. Quelques multiples sont conservés à Arras. Cinq de ces médaillons dormiront pendant des décennies dans les coffres de la maison Bourgey qui les avait achetés à Jeanne Wartel, la propriétaire du terrain à l’époque.
En 2017, Sabine Bourgey dépose une demande de certificat d’exportation pour les cinq médaillons. Frédérique Duyrat, directeur du département des monnaies à la BnF, met en route la procédure pour les faire classer « trésor national ». La commission, chargée de statuer, est issue du monde de l’art et peut admirer à volonté les cinq médaillons puis écoute le rapport de Mme Duyrat qui conclut par : « qu’elles aient été entre les mains de l’empereur Constance Chlore leur donne encore plus de valeur historique ». Le verdict tombe, les monnaies sont classées trésor national.
Le 21 septembre 2017 la maison Bourgey conteste la décision et porte l’affaire en justice. En février 2020 la décision de justice est rendue : « les médaillons resteront classés trésor national ».
Entretemps, le temps est passé et le déclassement se fait automatiquement trente mois après la date de classement soit mars 2020 si les monnaies n’ont pas été préemptées par l’administration.

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