MONNAIES ET DETECTIONS Le Blog

Monnaies et Détection, le blog

Bienvenue sur le Blog Officiel
Monnaies et Détections

Catégorie : Vécu

Le Plombkemon Go vous connaissez ?

La chasse aux plombs de pêche perdus, sous la surface des océans, des lacs, et des cours d’eau, bien cachés parmi les rochers, les galets, souvent ensablés. Des milliers de plombs de pêche perdus s’érodent sous l’action des vagues ou du courant et du sable.

Depuis des dizaines d’années, les pêcheurs utilisent des plombs pour lancer leurs lignes, et ces plombs, quand ils s’accrochent, restent au fond, polluent la faune marine et traversent la chaîne alimentaire.
Depuis bientôt trois ans, la traque a commencé. J’ai ramassé, en apnée, à Biarritz, armé de matériel de chasse-sous-marine basique, puis d’un Scubatector depuis juillet 2017, plus d’une tonne de ces plombs sur le fond marin.
Au début c’était choquant, j’en revenais pas du nombre de plombs que je trouvais, puis je m’y suis habitué et j’ai adapté mon matériel… Au départ je ne comptais pas ramasser une tonne tout seul mais avec l’aide de la communauté des chasseurs sous-marins et plongeurs, en organisant le premier Plombkemon Challenge ; mais seulement 9 personnes ont participé pour un total de 18 kg sur tout juillet-août. A ce moment-là j’avais déjà ramassé 576 kilos seul et pour montrer l’ampleur de cette pollution, j’ai décidé de ramasser la tonne moi même. J’ai pas eu à aller bien loin puisque j’y vais en vélo ou en kayak et début décembre j’ai atteint la tonne !
Je remonte en général une vingtaine de kilos par sortie, ça dépend de la saison et surtout de l’état de la mer, j’avoue parfois ça remue pas mal mais j’adore tellement être sous l’eau que j’y vais quand même…

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 101

Démagogie dans les médias

Un très bel article à charge contre la prospection de loisir. Merci à Maquis 55 pour son envoi d’extrait de journal. Il semble qu’il s’agisse de DNA, sous toutes réserves car ce n’est pas précisé.
Le journaliste utilise toute les ficelles de la démagogie et du parti pris engagé pour espérer convaincre ses lecteurs que l’utilisation d’un détecteur de métaux est interdite.
Analyse de l’article :
La première moitié de l’article parle d’un trafic archéologique et de pillage dans divers pays. On est loin de l’utilisation de détecteur mais les deux mots « pillages » et « trafics » sont ancrés pour ensuite enchainer sur un passionné de militaria qui se fait contrôler par les douanes et qui trouvent, en perquisitionnant ce monsieur, plusieurs lots de monnaies et un détecteur de métaux. Quel bonheur pour la DRAC ! Tant que le collectionneur ne peut justifier par facture la provenance des monnaies c’est systématiquement le détecteur qui les a trouvées. A charge pour le prospecteur de prouver ses dires et cela ne sera pas possible. Le lien est fait : le détecteur est à l’origine de toutes ces monnaies…
Le journaliste se permet en plus d’affirmer que le lot de pièces retrouvées avoisine les 120 000 € !

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 100

Entrainement fatal

Juillet 1943

L’escadrille Kampfgeschwader 76 (La « KG76 ») est basée à Toulouse et vole sur Junkers88. Depuis 1940, ce bimoteur standard de la Luftwaffe est sur tous les fronts, et il est également utilisé comme avion d’entrainement avancé. Dans le sud-ouest de la France, les jeunes pilotes de la KG76 s’entrainent à lancer des bombes d’exercice en béton sur une cible située au milieu d’une forêt proche de leur base.
Ce 21 juillet 1943, le Junkers88 A4, numéro de série 885793, immatriculé F1+FU, s’élance dans les airs (photo 1). A son bord, un équipage de quatre hommes : le pilote, Günther Rose, l’observateur/mitrailleur Werner Leistner, le radio Raimund Brückner et un équipier Helmut Illmer.
Cet appareil est déjà une « vieille » machine : il a été construit en janvier 1942, il a été endommagé en mai 1943 à Tours à 30 % lors d’un atterrissage d’urgence, à cause d’un problème moteur.
L’appareil se dirige vers la forêt et commence à s’entrainer au bombardement en piqué, en déployant ses freins de piqué. Tout d’un coup, l’accident survient et l’appareil percute le sol à pleine vitesse : il est pulvérisé. Ses occupants qui n’ont pas pu se parachuter, sont tués sur le coup.
Que s’est-il passé exactement ? Le pilote a-t-il fait une erreur de pilotage ? A-t-il mal évalué son altitude et raté sa ressource ? Y a-t-il eu un problème technique ? Une collision en vol avec un autre appareil ? Un tel accident s’est produit deux mois plus tôt, le 21 mai 1943, lorsque deux Junkers 88 se sont accrochés et se sont écrasés, entrainant dans la mort six des huit hommes d’équipage (voir note 1). Les archives ne le disent pas et la cause exacte du crash restera sans doute un mystère.
Sur place, après le crash, l’armée allemande évacue les plus gros débris mais des centaines de minuscules fragments sont éparpillés tout autour du point d’impact…

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 100

Le secret d’Augier Delpech

Nuit du 3 novembre 1617

A Paris, le roi Louis Xlll dit “le juste” âgé de 16 ans règne depuis 5 mois sans partage après avoir évincé la régente Marie de Médicis et fait assassiner son favori, le Maréchal de France et Marquis d’Ancre, Concino Concini.
Au même moment dans un petit village du Tarn, Augier Delpech enfile son lourd manteau noir par dessus sa chemise de grosse toile et met sur sa tête un méchant bonnet en laine. Dehors, la nuit est froide et seul un croissant de lune dans un halo apporte une infime lueur dans les impénétrables ténèbres. Des milliards d’étoiles tremblotent faiblement dans un ciel profond et noir d’encre. Cécile sa femme et ses enfants se sont couchés sans tarder après complie.
Augier mouche les deux chandelles qui éclairent d’une lueur vacillante la vaste cuisine de la demeure. Il est l’heure, il est grand temps et il ouvre, plus brusquement qu’il ne l’aurait voulu, la lourde porte en bois qui dans un grincement sinistre le fait sursauter ! Il se fige, il écoute. Dans la maison silencieuse, personne ne bouge. D’un pas décidé, il longe comme une ombre la vieille grange imposante. Contre le mur une pelle est posée qu’il saisit dans ses rudes mains transies.
Dans sa gibecière, le pot en terre vernissé est bien à l’abri et bien dissimulé. Dans la nuit glaciale et profonde, il emprunte la petite sente qui le mène à quelques toises jusqu’à la route qui rejoint le village. Il la traverse, inquiet et à l’écoute du moindre bruit, du moindre mouvement et se presse un peu plus. Le puits en pierre est là tout près en bordure du champ. Cela fera un excellent et immuable repère. Il compte vingt pas depuis la source en se dirigeant plein sud. Il s’arrête, aux aguets. Seuls les bruits des animaux nocturnes troublent un peu le silence angoissant et pesant de cette nuit glacée. Augier creuse dans la terre un trou d’une cinquantaine de centimètres de profondeur et du double dans sa largeur. Ensuite il s’empare religieusement du pot en grès et le pose consciencieusement et avec d’infinies précautions au fond de la cavité.
Augier Delpech, marchand de son état, vient de recouvrir de terre le fruit de ses économies qu’il a accumulées au fil des ans. Son trésor : testons, huitièmes d’écus, quarts d’écu toutes en argent de bon aloi à l’effigie pour la plus ancienne de François 1er jusqu’à celle de Louis 13 pour la plus récente, en passant par Charles 9, Henri 3, et Henri 4. Pour compléter le dépôt, Augier a rajouté 10 monnaies en or : escudos et doublons de Philippe 2 d’Espagne, une monnaie italienne de deux doppies au portrait de Ranuccio Farnese, un écu d’or au soleil de Louis 13. En tout 300 monnaies vont attendre des jours meilleurs bien à l’abri des regards indiscrets, des envieux et des brigands.
Six mois plus tard, le sieur et bon chrétien Augier Delpech repose en terre consacrée… Sa femme et ses enfants le pleurent. C’était un bon père et un bon mari… Son seul grand défaut légendaire était son avarice maladive qui faisait tant jaser et sourire les modestes feux du bourg. Augier est mort en emportant tous ses secrets et avec lui l’endroit près du puits où dort une petite fortune…

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 100

Les médailles

Amis(es) lecteurs de Monnaies & Détections, s’il est une passion dévorante et passionnante, c’est bien la détection de métaux de loisir. Arpenter bois et champs me procure un sentiment de paix intérieure, une sensation de liberté ainsi qu’un apaisement total, une sorte de zénitude dont j’ai besoin pour me ressourcer. Mais cette passion n’est plus seule désormais, et vous allez comprendre pourquoi.

Voilà dix ans que je pratique la détection, et en dix années on en voit passer des monnaies, des artefacts tous plus beaux les uns que les autres, mais aussi moult morceaux de plomb, d’alu, de ferrailles en tous genres semés au gré de toutes les circulations humaines.
Mais il est un objet, que dis-je, L’OBJET, la petite chose que tous ont trouvée, insignifiante pour certains, étrangère pour d’autres, mais tellement passionnante à mes yeux, je veux parler de la médaille religieuse, la toute petite médaille perdue seule, semée au hasard des ans ou laissée intentionnellement en un endroit secret.
Pour l’anecdote, cette passion a débuté pour moi très bizarrement en Touraine un jour de passage sur les hauts de Loche. Perdue dans les champs au pied d’un énorme chêne, elle était là, m’attendant, cachée entre les racines de cet arbre magnifique et si majestueux. J’ai su longtemps après qu’il s’agissait d’une médaille des capucins. (photo 1)

Cette médaille a révélé en moi une passion qui ne m’a plus jamais quitté. D’années en années, de médailles trouvées en médailles données et/ou ramenées de pays étrangers, souvenirs de vacances ou autres, cette passion grandit car ces belles demoiselles avaient pour moi une âme, une histoire, il fallait donc la révéler. Et donc de fil en aiguille, j’en ai eu 10, puis 20, et un jour 100 que je rangeais dans des boites avec le doux espoir que « un jour je saurais ». (photo 2)


… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 100

Une histoire de détection bretonne

Pendant les vacances scolaires, en ce mois de mars, souhaitant éloigner tout le monde - moi y compris – des écrans et afin de prendre l’air, j’ai pris l’initiative de proposer à ma fille et à mon neveu une promenade au bord de mer. Il s’agissait aussi de faire un brin de détection avec eux. Ils s’y sont prêtés de bonne grâce, et nous sommes partis sur une plage de la côte nord de Bretagne, près de Saint Brieuc.

Peu de monde en ce temps de léger frima. Mais, il est si bon d’être tranquille et de faire doucement glisser sur le sable le va-et-vient de l’auréole du détecteur. Rien que des morceaux de métal issus d’un grillage vert de clôture de jardin et un peu d’alu. Nous ne sommes en effet pas si loin de petites propriétés de bord de mer. Nous nous éloignons de plus en plus de la plage et c’est avec appréhension que je me dirige vers les petits bancs de sable, répartis entre les roches émergentes. La falaise n’est en effet pas si loin de nous et se jette progressivement dans la mer. Soudain, un son plus aigu se fait entendre… enfin quelque chose d’intéressant me dis-je !

Et quelle ne fut pas ma surprise de sortir du sable une petite balle de cuivre, déformée. Je restai songeur en y repensant. Mais, alors qu’elle était déjà dans ma poche, c’est un son similaire que nous avons entendu. Une autre balle de cuivre, plus droite, celle-là. Puis une autre, une quatrième et encore de multiples sons. C’est sûr, nous étions sur un filon. Aucun danger, toutes ces balles avaient été tirées et sans doute s’étaient-elles déformées en percutant la falaise ou en frottant le sable. Vu le nombre, on aurait pu se croire sur un site où des combats avaient eu lieu, pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais non ! Rien de semblable dans l’histoire locale. Aucune attaque venue de la mer. Nous sommes si loin des plages de Normandie.

Dans les balles recueillies, il en était certaines totalement éclatées, alors que d’autres s’étaient à peine déformées. Mais plus encore : dans le lot récupéré, il en était deux en fer. Et bien d’autres en plomb également. Ces balles de plomb étaient toutes déformées, et avaient dû percuter soit la falaise, soit le sol, vu les déformations qu’elles présentaient. Le détecteur s’affolait désormais, et nous avions un secteur où la concentration des balles était extraordinaire.

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 100

Le château de Człuchów, en Pologne, est une ancienne forteresse bâtie au XIVe siècle par l’Ordre des Chevaliers Teutoniques. Sa construction est achevée vers 1365 et elle est restée longtemps une place forte réputée pour être imprenable. Le 29 juillet 2017, lors de fouilles archéologiques dans la cour du château, un trésor composé de pièces d’argent datant de la première moitié du XVIIe siècle a été découvert. Il est très probable qu’il a été caché en 1655 ou 1656 pendant le siège de ce château par l’armée suédoise.

Les origines du château de Człuchów

En Palestine en 1190, au début de la IIIe croisade, devant la ville de Saint Jean d’Acre, des pèlerins d’origine allemande créent un ordre destiné à porter secours aux malades et blessés. Reconnu ordre hospitalier par le pape Clément III en 1191, il se transforme en 1197 en un ordre militaire qui prend le nom d’Ordre des Chevaliers Teutoniques. Cet ordre, qui gagne rapidement de l’importance, s’installe dans de nombreuses villes de Palestine et d’Europe. Pendant le siècle qui suit, les Chevaliers Teutoniques avancent vers l’est de l’Europe avec la volonté de christianiser les populations de ces régions. Ils construisent de nouvelles villes et créent en 1226 l’Etat monastique des Chevaliers Teutoniques. En 1242, ils sont stoppés lors de la bataille du lac Peïpous par le prince de Novgorod, Alexandre Nevski – qui est au cœur de l’œuvre cinématographique qu’est Alexandre Nevski, tourné en 1938 par Sergueï Mikhaïlovitch Eisenstein. Malgré cette défaite l’Ordre des Chevaliers Teutoniques rêve toujours de construire un grand royaume teutonique établi sur l’ensemble du sud-est de la mer Baltique. Au cours de la première moitié du XIVe siècle, l’ordre s’empare ou achète de nombreuses possessions dont la ville de Dantzig (l’actuelle Gdansk). C’est à cette époque, en 1325, au sud-ouest de l’actuelle Voïvodie de Poméranie en Pologne, que débute la construction de l’immense forteresse de Człuchów (Schlochau en allemand) dont la construction s’achève vers 1365. C’est la plus importante forteresse de la région après celle de Malbork (Marienbourg en allemand). D’autres villes passent sous la domination des Chevaliers Teutoniques jusqu’en 1409.

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 99

Le trésor de Mezdra, en Bulgarie, sera-t-il retrouvé ?

Mezdra est une petite ville bulgare de 10 000 habitants du nord-ouest du pays dans le district de Vrasta. Située à la limite du parc naturel « Vrachanski Balkan », elle est, par la route, à un peu moins de 100 kilomètres de Sofia, la capitale de la Bulgarie. A la limite de la ville se dressent les vestiges de la forteresse romaine de Kaleto. En août 2017, un trésor monétaire datant de l’époque romaine y a été découvert.

Les circonstances de la découverte du trésor

Depuis quelques mois une partie de la population d’un quartier pavillonnaire de Mezdra se plaint de l’état d’abandon dans lequel se trouve un terrain voisin situé au numéro 99 de la rue Alexandre Stamboliiski et appartenant à deux sœurs Petya et Nelly Krustev. La municipalité entreprend, en août, le nettoyage du terrain. Lors de l’arrachage d’un vieux prunier, un récipient en argile est mis au jour entre les racines de l’arbre. Pour extraire ce pot l’un des ouvriers utilise une pioche, mais, malhabile, il le touche avec l’outil. Il parvient néanmoins à le prendre entre ses mains avant que le pot ne se brise en plusieurs morceaux. Alors se répandent sur le sol des rondelles verdâtres qui sont très vite reconnues comme des pièces de monnaie. Il y en a une incroyable quantité. L’ouvrier estime que le poids du pot plein est de quatre à cinq kilogrammes. Une photographie est prise, c’est la seule qui présente le trésor au complet.

Les 187 pièces déposées au musée régional d’histoire de Vrasta avant leur nettoyage.

Le prunier dans les racines duquel le trésor a été retrouvé.

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 99

Cahiers de prospection 1997

Suite des cahiers de prospection tenus après chaque sortie depuis 1993 par un fidèle abonné de la revue. Alexandre


Samedi 12 juillet 1997

L’après-midi je monte chez Gérard. Il me donne un bouquin sur les fantassins en 1914 et tous les numéros de L’Illustration de 1914. Je pars passer le détecteur autour de Roudat. Je trouve une pièce de 20 centimes de 1932 derrière le pigeonnier en ruine. Il y a un poirier dans la haie qui part du Janet le long du chemin qui monte vers le haut de la colline, je réussis à attraper quelques poires malgré les ronces, ce sont des « pérots » qui commencent à murir, très parfumés.

Dimanche 13 juillet 1997
Je reprends la prospection à Rieumajou à 13 h. Il fait très chaud. La moissonneuse est en train de couper le blé dur après la rangée d’arbres sur le plateau, là où Gilbert est tombé. Je passe le détecteur sur la zone habituelle mais ce n’est pas évident, je ne peux prospecter que sur les traces de la machine ou des tracteurs qui sortent les bennes car le chaume est trop haut. Je trouve une petite boucle toute couverte de concrétions, je pense qu’en fait elle a dû brûler, les concrétions sont toutes noires, elle a sûrement brûlé soit dans un incendie, soit sur un bûcher funéraire. Je trouve aussi plusieurs balles rondes de mousquet, en plomb, puis en descendant la pente au-dessus du chemin, après la ferme, en allant vers le bois, un joli petit ardillon scutiforme et une grosse pièce en bronze mais complètement lisse.

Dimanche 20 juillet 1997
Pendant qu’Axel est à l’Ariège avec ses copains, je pars détecter à l’endroit de la chapelle médiévale disparue au-dessus de Talers. Le blé est ramassé mais le champ n’est pas disqué, ce n’est pas très commode mais je trouve quand même cinq doubles tournois et une petite boucle médiévale rectangulaire. Les pièces sont cantonnées dans l’angle de la haie qui part de la route, au bord du champ côté village, juste avant les débris de briques et les galets.

Lundi 21 juillet 1997
Il fait très chaud. A 14 h Axel part avec ses copains à l’Ariège et je vais faire le gué juste après Saby. L’eau est très basse, pas froide du tout. Je détecte dans l’eau et sur les parties asséchées, je trouve quantité de clous et de bouts de fers de bœufs et de chevaux, des plombs et des balles de pêche, ainsi qu’un gros plomb pour lester les filets, ils devaient pêcher à l’épervier. Je ne fais qu’une pièce, un gros bronze tout lisse. Le soir de 18 à 20 h pendant qu’Axel travaille au camion pizza, je vais faire un tour à Rieumajou, mais ce n’est toujours pas disqué. Je trouve quand même un petit bronze romain en face de la rangée d’arbres en montant.

Vendredi 25 juillet 1997
Vers 19 h après le souper je téléphone à Philippe pour savoir si je peux aller détecter dans le champ qui est au bord de la route, au-dessus du gué, car j’ai vu qu’ils l’ont disqué. Il est d’accord sans problème mais il me dit qu’il a souvent vu des gars qui « passaient la poêle » sans jamais être venus le voir. Je pars aussitôt. Le champ domine l’Ariège, encaissée plus bas.
Les traces de briques et de galets sont plutôt vers la ferme. La villa avait une vue magnifique sur la rivière et toute la plaine. Il y a des bouts de tegulae et de sigillée tardive (1 bord, 1 fond complet de petit bol, mais sans aucune estampille). Je sors quantité de plombs informes, et neuf pièces : un demi-as de Nîmes, très beau, un autre mais complètement lisse, une grosse pièce en bronze, épaisse, très usée, on voit juste les S C, quatre petits bronzes très abimés, une petite pièce bien ronde, en argent, mais toute lisse, 2 francs de 1949, un anneau de bronze, minuscule. Le site a l’air très pauvre en trouvailles, mais s’il est très fréquenté, il ne reste peut-être plus grand-chose.
Il y avait une belle fouine morte au bord de la haie. Je repars à la tombée de la nuit.

Samedi 26 juillet 1997
A 15 h je monte chez Jean-Marie à la métairie du Tascle, il m’amène derrière la ferme de Courbières dans un bas-fond, le long d’un petit ruisseau. Il y a effectivement plein de briques, et les vieux parlent d’une briqueterie. En fait, je remarque en cherchant un peu, des bouts de tuiles à rebords. Je commence à détecter et je trouve tout de suite un double tournois lisse. Mais après, plus rien, même pas de ferreux. On insiste une bonne heure puis on remonte. En repartant, je m’arrête dans le champ au-dessus du gué en laissant la voiture au bord de la route, à l’entrée du champ. Je prospecte toute la longueur du champ plusieurs fois, en espérant repérer un chemin qui devait partir de la villa vers la rivière, car ils étaient obligés de traverser le champ sur la longueur pour rejoindre le chemin de terre qui va de la route à l’Ariège, c’est le seul endroit qui permette l’accès, le reste du terrain est tout en falaises. Mais je n’ai que de rares sons de ferreux. En revenant vers la zone de briques, je sors une petite bague de bronze et un gros poids de plomb.

Dimanche 25 juillet 1997
L’après-midi, à la demande de Jean-Marie, je reviens quand même à Courbières mais de nouveau on ne trouve absolument rien. Il fait une chaleur épouvantable dans ce bas-fond. On trouve seulement un beau morceau de poignée d’amphore. On repart à 16 h tellement il fait chaud.
Vers 18 h je remonte à Rieumajou. Je laisse la voiture dans le chemin, et je commence à détecter en montant, avec les écouteurs que je suis allé acheter à Toulouse dans la semaine. C’est beaucoup plus efficace que le haut parleur du boitier. Je trouve deux plombs minuscules en montant, mais le plateau n’est toujours pas disqué et le chaume perturbe le détecteur quant on le touche avec le disque. En repartant je trouve un vieux briquet de grand-père en cuivre, à essence, contre la haie, devant la cabane de vigne qui domine toute la plaine.

Lundi soir 28 juillet
De 19 h à 22 h je reviens détecter à Rieumajou car ils ont disqué tout le tour du champ sur le plateau, juste un passage, une contournière. Je la prends juste en bas. Je mets les écouteurs. Je ne trouve rien en montant, par contre, arrivé en haut, dans l’angle du champ en regardant vers le haut de la colline à droite (là où se trouvent quelques éclats de briques pleines et de gros galets : cabane de vigne, ancienne maison ?) je trouve coup sur coup 5 doubles tournois, 3 gros et 2 petits, complètement lisses, dans le même alignement. Je pense qu’ils sont sur un ancien chemin qui faisait le tour du plateau et conduisait à une construction dans l’angle. Puis en redescendant, à peu près à l’endroit du briquet, je sors un morceau de plomb avec des dessins et des lettres, une tête de clou en cuivre, un bouton comme un bouton de jeans, et encore un double tournois lisse. Il fait très beau, très chaud, la vue est magnifique depuis le fond du plateau, avec toute la plaine lumineuse dans le couchant. On entend des tourterelles sauvages dans le bois au-dessus. J’ai fait aussi partir des cailles et des lapins dans le chaume, et j’ai vu que les sangliers se sont roulés dans les tas de paille rejetés par la moissonneuse.


… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 99

Quand le gros poisson se transforme en ablette ! Ou vice versa !

Deux siècles avant J.-C.

Cellos (le querelleur) arrête son cheval au bord du petit ruisseau dont le cours serpente paresseusement entre deux rangées d’arbres majestueux. Il est impatient d’arriver dans son petit village qu’il a quitté il y a plusieurs jours pour se rendre à Tolosa afin de régler des affaires commerciales. La capitale est entrée dans le giron de la Provincia et sa tribu intensifie ses échanges avec le pays des Téctosages. Brigos, son père artisan potier de renom lui a demandé de s’y rendre afin de mener à bien des négociations pour fournir de la céramique à des marchands qui ont pignon sur rue. Il s’est parfaitement acquitté de sa mission et il est de retour au pays avec sa bourse bien pleine.
Pendant que sa monture se désaltère dans l’onde claire du ru, Cellos s’assoit dans l’herbe folle pour profiter de ses derniers instants de liberté et prendre un peu de repos. Ses pieds lui font mal, aussi enlève-t-il ses brogues de cuir souple en défaisant les lacets serrés à ses chevilles. Il détache également la lanière de cuir qui retient sa longue chevelure blonde qui retombe en cascade sur ses larges épaules. Ses braies en lin de couleurs vives et sa tunique à carreaux le protègent de l’humidité qui commence à tomber en cette fin de soirée.
Cellos, querelleur certes mais aussi coquet qu’un coq, comme tout bon Gaulois qui se respecte, se dit en se regardant dans son petit miroir qu’il aura bien besoin de tailler ses moustaches avec ses forces, de se passer un bon coup de peigne dans les cheveux et d’un salvateur coup de savon (sopo) pour se décrasser après ce long voyage qui le ramène chez lui !
En cette belle fin de journée de printemps, Belenos, le Dieu du soleil, du renouveau et de la jeunesse, commence à incendier l’horizon profond et somptueux. Il est temps de rentrer à la chaumière retrouver toute la famille qui l’attend. Mais avant, Cellos veut admirer une dernière fois toutes les drachmes qui pèsent dans sa bourse en cuir. Pendant qu’il en défait les liens, son petit cheval se cabre, surpris par un animal sauvage qui décampe prestement devant sa fureur sans demander son reste. Cellos se précipite vers sa monture pour la calmer en évoquant dans un murmure à son oreille, Epona, la déesse cavalière. Comme par magie, le petit cheval s’apaise. Le jeune et fringant Gaulois remet sa boursée autour du cou, enfourche sa monture et rentre chez lui en chantonnant…
Ce soir son père sera furieux, il manquera deux ou trois drachmes dont une au portrait de Perséphone et l’autre au cheval qui se sont échappées de son escarcelle pendant sa course et qui se seront perdues à jamais dans l’herbe folle !

Quelques siècles après…

Des champs et des vignes à perte de vue qu’on ne devine même plus, tant le brouillard aussi épais que poisseux a envahi la campagne. Arrivés sur place en fin d’après-midi, la nuit qui tombe vite en cette période hivernale et qui nous surprend, est froide et opaque. Au loin on distingue vaguement le bruit des autos qui tracent sur l’autoroute vers leur destination. C’est le seul repère fiable pour ne pas s’égarer dans ce décor fantastique, humide et froid. Il nous faut rentrer retrouver nos pénates et nous mettre bien au chaud. Nous nous sommes égarés et la nuit tombe, impénétrable. Aussi sur le chemin du retour, nous avons décidé de rester ensemble et de nous attendre.
Il creuse. Je reste à proximité et balaie avec le détecteur dans la même zone. Et nous repartons, sans aucune visibilité, toujours plus loin en essayant malgré tout de nous diriger le plus rectilignement possible sans nous égarer un peu plus. Un son. Je creuse. Il m’attend et en profite pour s’en griller une ! C’est bien connu, il n’y a pas de fumée sans feu, sauf les jours de brouillard !
Et c’est reparti. Je mets le fil de fer que je viens de déterrer dans ma besace sans prendre le soin d’ôter la boue qui va avec ! Dans cette nuit qui vient de s’installer, il fait un froid de luthérien. Les doigts sont gourds, boueux et douloureux. Un petit tour dans la poche pour réchauffer la main gauche tandis que la droite, maladroite mais avec courage et abnégation, se gèle au contact du Déus.
Quelques mètres et un nouveau son, bien “clair”, bien “comme il faut”, bien “comme on les aime !” m’oblige à mettre encore un genou à terre et à sortir la main de ma poche pour creuser. C’est rond, c’est assez lourd, c’est en relief d’un côté ! D’un doigt gelé et rougi, je frotte la boue sur le revers et là… Dommage, c’est lisse et je devine l’attache d’un bouton en plomb. C’est ça la détection… Ça rime parfois avec déception ! On pense attraper un gros poisson mais on se retrouve souvent avec une minuscule ablette !

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 99