C O L L E C T I O N B I G O T

Retour sur un fait qui nous a échappé : les mardi 28 et mercredi 29 septembre 2021… Le célèbre hôtel des ventes parisien Drouot proposait aux enchères, les mardi 28 et mercredi 29 septembre 2021, une série de pièces archéologiques dont certaines présentées comme exhumées par les époux Périer durant leurs fouilles du début du XXe siècle dans les grottes d’Isturitz et Oxocelhaya : des pointes de sagaie, des harpons, des burins, des lames, des grattoirs. C’est la collection François Bigot, archéologue français décédé en 2009. Très vite après l’annonce de cette vente, les spécialistes de cette période ont émis des doutes. Certains n’hésitaient pas à évoquer une erreur d’étiquetage des lots. Le Musée Basque de Bayonne avait pour sa part été alerté par le ministère de la Culture et vérifié si certains objets ne provenaient pas de ses propres fonds. Ce ne fut pas le cas, mais une enquête a été diligentée pour déterminer l’origine des pièces présentées comme issues des grottes basques. A ce jour, il est impossible de savoir où en est le résultat de cette recherche. Mais penchons-nous un peu sur cette histoire et traduisons les faits décrits : « certains n’hésitent pas à évoquer une erreur d’étiquetage » et « le musée de Bayonne a vérifié si cela venait de ses propres fonds ce qui n’était pas le cas ». En clair, le ministère de la Culture vérifiait si les héritiers ne vendaient pas une partie des objets trouvés par Mr Bigot lors de campagnes de fouilles et dont il était dépositaire au moment de son décès. Qu’est-ce que cela implique ? Que 12 ans après son décès, les objets en dépôt sont chez les héritiers qui ne sont pas forcément au courant de « certaines subtilités », que le ministère de la Culture a d’autre chat à fouetter ? Pour cette action, il ne fait que son travail et on n’a pas à le féliciter.

– Autre possibilité, et vous me savez totalement innocent, je ne peux même pas l’envisager, François Bigot aurait soustrait de ses fouilles officielles pour sa collection personnelle, quelques objets qui sont donc inconnus du musée basque de Bayonne. Non, non, impensable !

– Troisième possibilité à envisager sur cette notion pudique « d’erreur d’étiquetage » un possible étiquetage faux pour servir commercialement la vente. On ne peut pas jeter la pierre sur toute l’archéologie française systématiquement et je me plais de croire de temps en temps à ce genre d’hypothèse.

Au fait, la vente a rapporté 832 589 euros…

Gilles Cavaillé

Pieces Rarissimes

Lorsque je reçois cette photo de pièces d’avion, je suis très surpris et même dubitatif. En effet, elles me sont présentées comme celles d’un Messerschmitt 262, et elles auraient été trouvées en France. Or les Me262 s’étant écrasés en France sont rarissimes. Le propriétaire de ces pièces est contacté et il m’explique qu’il les a échangées quelques mois plus tôt à un collectionneur normand.Je suis perplexe, mais une enquête poussée va montrer que ces pièces sont authentiques.

Le Messerschmitt 262,un_oiseau rare

Le Messerschmitt 262 était un jet allemand qui eut une carrière opérationnelle à la fin de la

guerre (à partir d’août 1944). C’était un chasseur bimoteur équipé de turbines Jumo004B. Doté de performances exceptionnelles, il fut dit qu’il aurait pu renverser le cours de la guerre s’il avait été produit plus tôt et mieux utilisé. Il fut construit à 1400 exemplaires, ce qui est peu pour un chasseur de la seconde guerre mondiale (à titre de comparaison, le Messerschmitt 109 fut fabriqué plus de 30 000 exemplaires) et seuls quelques centaines de Me262 furent opérationnels. Lorsque l’Allemagne capitula le 8 mai 1945, les vainqueurs se précipitèrent sur tous les matériels allemands sophistiqués (et les ingénieurs correspondants !) pour s’en approprier les technologies de pointe. C’est ainsi qu’un certain nombre d’avions allemands furent convoyés à Cherbourg pour être chargés sur un porte avions et envoyés aux Etats-Unis. Cette escadrille était baptisée « Watson’s Whizzers », du nom de son« patron », le Colonel Watson.

Notre avion_: «_Happy_Hunter_II_»

Le Me262 « Happy Hunter II » était un avion quasiment unique : il était équipé d’un canon de 50 mm. Deux exemplaires seulement de Me262 furent ainsi modifiés. Happy Hunter II portait le numéro de série (« Werknummer ») 170083. Initialement baptisé « Wilma Jeanne » (1), il fut rebaptisé « Happy Hunter II » (2). Le 30 juin 1945, il fut convoyé vers Cherbourg par un pilote allemand, Ludwig Hofmann (3). Aux environs d’Evreux (carte), l’une des turbines prit feu, les commandes de vol se dérèglèrent et le pilote sauta in extremis en parachute. Il survécut, contusionné, et l’avion explosa dans un champ. Rapidement, l’armée américaine évacua les débris de l’appareil, nettoyant particulièrement bien la zone, l’appareil ayant une vraie valeur stratégique…

Sortie différée du n° 111

Bonjour, 

Le covid-19 et l’actuelle situation économique nous obligent à différer la sortie du numéro 111. Celui-ci est prêt à être imprimé et dès que les feux seront au vert, les abonnés le recevront et les autres lecteurs pourront le trouver dans leurs kiosques habituels avec toutefois un peu plus de difficulté car nous imprimerons une quantité inférieure de trente pour cent à notre habitude. Vous avez bien sûr la possibilité de vous abonner en ligne pour ne pas avoir à vous préoccuper de cette future recherche sur le lien suivant : https://www.webabo.fr/monnaies-et-detections-abonnement-an-xml-293-2186.html

En attendant restez chez vous !

Gilles Cavaillé

massacre scientifique Le trésor armoricain de Piolaine

L’absurdité d’une politique mise en œuvre par certains idéologues de l’Archéologie administrative vient de franchir un sommet jusqu’ici inviolé. Il s’agit d’une atteinte délibérée à la bonne conservation et à l’étude du trésor de monnaies gauloises de Piolaine (Commune de Saint-André-du-Pavail, Ille-et-Vilaine) dont la petite histoire doit être rapportée.

En bref, deux particuliers trouvèrent sur une propriété privée (1) 603 statères en billon qui furent légalement déclarés et déposés le 5 novembre 2012 au Service Régional de l’Archéologie (SRA) de la DRAC de Bretagne. Pressentant qu’il s’agissait d’un trésor éclaté et bien localisé dans un labour, le SRA élabora sans tarder un projet de sondage qui fut réalisé dès le mois de mai 2013 par une équipe de l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (INRAP) dont faisaient partie, à titre bénévole, les deux inventeurs initiaux (2). C’est ainsi que 484 monnaies supplémentaires furent mises au jour.
Dès le mois de juin 2013, à l’initiative du SRA, mission fut donnée à Mme Nieto-Pelletier (3) d’expertiser l’ensemble du dépôt, soit 1087 monnaies réparties en trois lots l’un regroupant les pièces de l’INRAP soit 484 ex., et les deux autres, soit respectivement 378 et 225 ex. constituant les trouvailles des deux inventeurs. L’expertise avait pour objet essentiel de proposer une estimation financière pour chacun des trois lots précités. Mme Nieto classa les monnaies selon les critères conventionnels bien qu’obsolètes dont elle disposait, prévoyant dans un proche avenir l’étude typo-chronologique approfondie de l’ensemble du trésor éclaté.
Elle s’efforça de conclure avec précision sur l’état des monnaies – lisibilité et degré de conservation –, sur la valeur vénale de chaque exemplaire, et enfin, à titre indicatif, sur l’estimation globale de chacun des trois lots considérés. Le SRA avait sans nul doute pour objectif de préparer l’acquisition par le Musée d’Archéologie Nationale (MAN) du trésor complet en vue d’une bonne conservation définitive et d’une publication scientifique élaborée.
Il est bon de préciser ici la situation juridique des trois lots :
1) Le lot de l’INRAP – établissement public – pouvait être sans problème attribué au MAN, autre établissement public.
2) Les deux lots privés devaient d’abord être partagés chacun par moitié entre les inventeurs et le propriétaire du sol selon les dispositions de l’art. 716 du Code Civil qui était applicable vu la date des faits.
3) Il était dès lors loisible de négocier avec les trois possesseurs des lots privés le rachat des 603 monnaies par le MAN, sur la base des estimations de Mme Nieto.
De source bien informée, il est avéré que le MAN avait provisionné le montant supposé de ce rachat, en vue de pouvoir au final disposer du trésor en sa totalité. Les pourparlers devaient toucher à leur terme, lorsqu’un « oukase » émanant d’un fonctionnaire encore anonyme sabota le processus décrit en interdisant soudain toute acquisition par les musées nationaux – dont le MAN en première ligne – des 603 monnaies dont la découverte pouvait ne pas être considérée par lui comme « politiquement correcte »… Une telle foucade était d’autant plus malvenue que les inventeurs initiaux participèrent activement, au sein de l’équipe de l’INRAP, à la mise au jour des 484 statères complémentaires à présent conservés dans les médailliers du MAN.
Ainsi, certaines « autorités » administratives ou politiques ont privilégié à l’évidence leur vision dogmatique au détriment de l’étude scientifique d’un trésor gaulois en place, aussi complet que possible et dont l’intérêt était de ce fait considérable (5).

(5) Un mauvais sort s’acharne sur les trésors gaulois d’Armorique, dispersés jadis et mal connus, ou connus et non publiés, ou encore négligés par les « autorités » comme ce fut le cas pour le trésor dit d’Hennebont (Morbihan) dont la publication n’est due qu’à l’heureuse initiative d’un chercheur indépendant.

La suite de l’article dans Monnaies & Détections n°110 …

Qui se souvient de la météorite de Mont-Dieu ?

Un prospecteur découvre la plus grosse météorite de France. La déclaration est fait dans les règles mais l’Etat, toujours avide, devient hors-la-loi et la récupère par la force ! Le prospecteur se tourne vers nous pour de l’aide et il intente un procès contre l’Etat intégralement payé par la revue Monnaies & Détections.

Avril 2014

Après de rocambolesques plaidoiries du procureur, le juge signifie que la météorite appartient bien à Monsieur Jean-Luc Billard, prospecteur.
Vous pouvez retrouver toutes les péripéties de ce combat de procédure dans les numéros 60, 62 et 76 que vous pouvez commander au secrétariat de la revue ou sur le lien suivant : https://www.webabo.fr/les-numeros-disponibles-monnaies-et-detections-xsl-286_572.html

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 108

 

Dénouement du trésor de Tavers

En février 2012, deux hommes découvrent, grâce à un détecteur, des parures de l’Age du bronze. Quelques jours plus tard c’est tout un ensemble d’objets en cuivre qui sont découverts dans les trente centimètres de profondeur dans le champ de l’inventeur agriculteur.

En 2015, un an après les fouilles, trois chercheurs sortent un rapport de 200 pages sur l’association exceptionnelle des deux métaux présents dans le dépôt, fer et bronze. L’ensemble est daté du VI° siècle avant JC.
Le propriétaire des lieux, soutenus dans ses démarches par les commissaires-priseurs, mettra son trésor en vente aux enchères pour le 4 mai au château de Meung-sur-Loire. L’Etat français n’a d’autres solutions, face aux convoitises de musées étrangers, de déclarer l’ensemble « trésor national », qualité qui empêche le dépôt de sortir définitivement du territoire. Malgré le fait que l’Etat, comme le ministre, a reconnu la pleine propriété de ce trésor au propriétaire du champ et ne s’oppose pas à sa vente aux enchères, un appel au boycott est lancé par les archéologues barbus et ils tentent d’empêcher la vente.

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 106

La loi évolue favorablement en Belgique

Prospecteur depuis maintenant vingt années, je suis toujours animé par cette passion comme au premier jour et ce, malgré les nombreuses attaques et diffamations subies toutes ces années par une catégorie de charlatans ayant une vision simplifiée de l’histoire et de l’archéologie. D’après ces individus, nous les amateurs n’avons aucun droit de regard sur notre histoire n’étant pas assez qualifiés pour exhumer d’un champ, d’une prairie ou d’une forêt, un simple objet de la vie quotidienne de nos ancêtres.

Nous sommes tous ânes ! Selon eux …

Dans mon article « Prospection et numismatique » M&D n° 103, déc 2018-janv 2019, pages 36-41, j’ai évoqué avec lucidité l’apport de nos découvertes, le monde numismatique est depuis bien longtemps derrière nous ! Le monde universitaire de plusieurs pays comme la Hollande, le Luxembourg, le Danemark, l’Angleterre et la Belgique ont également compris depuis des années l’importance de nos découvertes, primordiales pour l’étude des grandes invasions, des guerres, des épidémies, des routes commerciales, des exodes, etc, etc. Ainsi ces pays disposent pour la plupart de bases de données d’objets découverts par les prospecteurs et cela pour le bien de tous ! L’histoire, l’archéologie et la science avancent au lieu de reculer ou de stagner. Hélas certains pays ont choisi la route inverse : la France, l’Italie, le Portugal. Ces pays restent cloitrés dans leur certitude. La dernière loi en France résume à elle seule la situation, la détection des métaux ne sera jamais légalisée dans ce pays, elle sera toujours bannie des milieux historiques, archéologiques et universitaires… pire de plus en plus de prospecteurs risquent de se retrouver devant les tribunaux comme de vulgaires délinquants !
La prospection en France se résume en un seul MOT : « CLANDESTINITÉ » et rien d’autre !

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 106

Non à la nouvelle taxe de 2,25% prélevée sur la presse française

La revue Monnaies & Détections est distribuée en France par MLP (un groupement d’éditeurs indépendants). La société Presstalis (syndicat du livre…), est le numéro Un de la distribution. Son bureau, constitué par les acteurs des plus gros éditeurs de presse français, a conduit une politique de l’autruche qui fait que pour éviter la faillite on demande à Monnaies & Détections de contribuer à hauteur de 2,25 % supplémentaires en taxes pour aider un concurrent de notre distributeur habituel. Où va-t-on ??????

Si vous vous sentez concernés par la survie des petits éditeurs de presse qui sont indépendants et entendent le rester, merci de signer la pétition !

https://www.change.org/p/emmanuel-macron-pr%C3%A9sident-de-la-r%C3%A9publique-non-%C3%A0-la-nouvelle-taxe-de-2-25-pr%C3%A9lev%C3%A9e-sur-la-presse-fran%C3%A7aise?recruiter=852885212&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink&utm_campaign=share_petition

Hommage à Gilles Rondel

Amis lecteurs de Monnaies & Détections, fervents et ferventes de tous horizons, et principalement de notre loisir qu’est la détection, je viens aujourd’hui vous parler d’une personne qui représentait pour nous un énorme atout au travers de sa passion.

J’aimerais rendre cet hommage tout particulier à monsieur Gilles Rondel aujourd’hui disparu, personnage ô combien simple et discret.
Vous tous qui avez eu besoin de ses services, sachez vous souvenir de sa gentillesse, de son dévouement au service de l’identification des sceaux et autres matrices de toutes époques et de toutes régions de France et de Navarre.
C’est donc sous forme d’apologie que je vais vous parler de ce monsieur si important qu’était Gilles Rondel.
Il était passionné d’archéologie depuis l’âge de 14 ans, archéologue amateur et bénévole sur des chantiers de toutes époques, fouilles urbaines sur l’emplacement de futurs immeubles (détaché plusieurs fois par son entreprise qui en était le promoteur) en tant qu’archéologue amateur.
Ayant fait quelques trouvailles (matrices-cachets) sur plusieurs sites, découvertes qui l’ont amené à faire des recherches dans ce domaine, il s’est vite rendu compte que les études le ramenaient souvent vers des précurseurs, tels que Chassant et Delbart, Lecoy de la Marche, J-Roman, ou encore qu’il lui fallait chercher dans les publications souvent locales contenant de courts articles. Et croyez-moi il a su être tenace et persévérant dans ses recherches.
Sa passion pour la sigillographie a pris de l’ampleur avec l’intérêt renouvelé depuis quelques années pour le Moyen Age, grâce à des personnages comme Jean Luc Chassel, Michel Patoureau, Michel Bur, Martine Dalas, ou encore Martine Fabre, difficile de les citer tous tellement les personnes éminentes en ce domaine sont légion.
Il lui a été donné de rencontrer dans sa vie, par un pur hasard, une personne devenue un ami et disparue depuis, qui  portait un vif intérêt à l’archéologie, Loïc Berton : il était le rédacteur de la revue Détection Passion. Ce monsieur cherchait à cette époque des sujets intéressants afin de réaliser des articles.
Gilles Rondel lui a d’abord proposé de l’aider à lire et déchiffrer quelques matrices et à lui trouver de la documentation suffisamment détaillée pour son travail. Puis il s’est pris au jeu et est devenu très vite accro, en comprenant l’importance et l’impact sur le public, surtout en matière de protection du patrimoine, si petit soit-il. Ceci l’amena de fil en aiguille à avoir des contacts avec des correspondants de toutes régions.
Loïc Berton lui a beaucoup apporté dans la relation avec les inventeurs d’objets archéologiques (peu importe la manière dont ils ont été recueillis, ce qui importe avant tout, c’est de conserver la mémoire de l’objet, sa provenance, des empreintes, des moulages, des photos, etc. etc.)
Pour le reste la loi existe, elle est ce qu’elle est, mais elle existe.
A ce stade d’échange, il est apparu que de nombreuses matrices, cachets, sceaux, risquaient de disparaître faute d’étude, dans d’obscures collections au destin parfois désastreux.
Quelques exemples : une veuve qui virait la poubelle des “cochonneries” que son défunt mari conservait, eut l’idée de le contacter. Résultat : un sauvetage de matrice rare. Un divorce ? Des objets disparus… ou encore tout simplement le manque d’intérêt pour l’objet, la vente, l’échange, la perte, l’oubli, etc., etc.
Sachez tout de même ceci, pour ceux qui lui ont expédié des matrices, sceaux et autres choses pour expertise, tous les frais de retour par la poste, la cire, la pâte pour le modelage, et autres matériaux, les photos, le temps passé sur les épures de dessin, passion oblige, étaient à sa charge. Et bien souvent, aucun savoir vivre de la part des prospecteurs… Mais il n’en attendait rien. Seules la trace et la passion comptaient pour lui… La suite dans Monnaies & Détections n° 85