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Monnaies et Détections

Archive pour mars, 2014

Sommaire n° 75

Vécu

• Le trésor perdu de la flotte espagnole de 1715 – 2e partie
• Appel à tous les prospecteurs de France !
• Ces artefacts perdus pour la science
• Un détectoriste fait une découverte extraordinaire en Allemagne
• Trésor de Saddle Ridge : les 1400 pièces d’or proviennent-elles d’un vol ?

Brèves

Histoire

• Ile Sainte-Marie ou le cimetière des forbans
• Histoire de pèlerinages et d’enseignes

Numismatique

• Découvrons l’Histoire à travers la monnaie : la Troisième République 4e partie
• Des curiosités numismatiques
• Le sanglier sur le monnayage celte

Trouvailles

• Monnaies/objets

Technique de prospection

• Détecteurs et plage

Banc d’essai

• Le Golden Mask 4 W PRO

Librairie

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• Salons et bourses

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Courrier

Edito n° 75

N’oubliez pas ce numéro 75 ! Il sera à l’origine du mouvement  qui transformera notre loisir en collaboration avec les archéologues dans les années à venir comme sur le principe anglais. En page 8 vous trouverez l’appel aux prospecteurs français, il contient en substance toute l’argumentation im-parable à opposer aux tenants du « non à la détection ». A vous de l’utiliser sur tous les réseaux sociaux et autres médias, élaboré collégialement, il ouvrira une autre voie que l’on ne pourra occulter d’un revers d’article d’« hapaches bornés »… Soyons responsables, nous devons tous prendre part à ce mouvement, car nous sommes tous concernés, tous actifs à la défense de notre loisir et cela commence par cet appel aux prospecteurs. Répondez présents !

Puisque l’on parle de mouvement, nous sommes heureux de constater que Monnaies & détections est lu par notre estimable confrère « Détection Passion ». A l’heure où tous les quotidiens mettent la clé sous la porte, il est primordial, pour une société d’édition comme la notre, de dénicher le bon imprimeur qui garantit un travail de qualité, le prix raisonnable et le respect des délais d’impression. C’est la raison pour laquelle, Rotimpress, notre imprimeur, dont l’adresse est mentionnée sur notre pavé d’annonces obligatoires à gauche, a été sollicité par « Détection Passion » pour fabriquer ses futurs magazines. Un simple coup de fil de l’imprimeur nous ayant annoncé cette nouvelle nous a mis en joie. Ainsi donc Monnaies & Détections ouvre la route, les autres suivent !

Bonne lecture

Gilles Cavaillé

Trouvaille 74.04

Trouvaille d’une petite boursée de monnaies carolingiennes par Vincent à Lavelanet, il s’agit de monnaies d’Eudes pour Toulouse : O:D:DO REX FRC. Croix. Eudes, roi des Francs. Revers : TOLOSA. CIVI. Description revers : ODDO dans le champ (cité de Toulouse Eudes). Monnaies frappées pendant son règne (888-898) : 11 deniers et 3 oboles, les deniers se monnayent entre 220 et 280 € selon l’état et l’état de ses monnaies les positionne en haut du panier. Les oboles valent plus entre 400 et 450 €.

Les deux objets en bronze joints sont d’une part une roulette énigmatique qui a fait couler de l’encre pendant des lustres, elle est en bronze et la plupart des identifications la donne comme roulette de pâtisserie de la fin du XIXe ou début XXe. L’autre objet est en bronze pointu et se termine en disque aplati et percé. La première chose qui nous vient immédiatement à l’esprit est l’épingle à cheveux, mais cela ne se peut car trop pointue et trop courte, alors une espèce de passant fiché dans du bois ? On aperçoit une décoration simpliste sous la forme de traits parallèles.

Le cheval sur le monnayage celte

Nous l’avons lu dans un précédent article, le fameux coq gaulois n’est jamais représenté sur le monnayage celte précoce (IIIe et IIe siècle avant JC) mais uniquement tardivement sur des monnaies frappées par des peuples inféodés aux Romains voire en signe de soumission après 52 avant JC. Ce gallinacé ne véhicule en effet aucun symbole flatteur et les Celtes n’avaient pas de raisons particulières pour lui réserver une place de choix sur leurs flans monétaires.

Il en va tout autrement de deux animaux qui se concurrencent sérieusement pour remporter le titre d’animal « emblématique » des Celtes : le cheval et le sanglier. Lorsqu’ils se côtoient sur la même monnaie, force est de constater que le sanglier est placé sous le cheval…

Sur l’avers de l’hémistatère Aulerque Eburovice ci-contre (photo 1), il convient de préciser qu’en bordure de flanc, un aurige symbolise l’attelage d’un éventuel char de combat.

Bien que certains peuples comme les Carnutes aient multiplié les représentations d’oiseaux et en particulier d’aigles, le sanglier est représenté en position centrale surtout sur les potins et bronzes de Gaule belgique, peut-être en raison de sa prolifération favorisée par une couverture forestière plus dense que dans le sud ou en Bretagne continentale. C’est au moins une des raisons pour laquelle, il mérite sans aucun doute de faire l’objet d’une prochaine étude.

Mais c’est bel et bien le cheval qui semble recueillir un maximum de suffrages et ce quelle que soit l’époque observée : en effet, dès le IIIe siècle avant JC, de très nombreuses tribus sans qu’aucun critère d’implantation géographique n’entre en jeu, ont réservé le revers de leurs monnaies au noble équidé : du Danube à la Narbonnaise en passant par la Gaule celtique, belgique, et même sur les Îles Britanniques, ses représentations sont multiples, variées, parfois réalistes, d’autres fois plus originales. Quelques pégases (chevaux ailés) font également leur apparition sur des monnaies meldes et suessionnes (voir ci-dessous monnaies « CRICIRU » et « DIISIV » (photos 2, 3) et certains sont androcéphales (à tête humaine) en particulier chez les Bellovaques (photo 4), les Pictons et certains peuples de l’actuelle Bretagne continentale…

La suite dans Monnaies & Détections n° 74

Fric-frac à la grotte Chauvet

Ou presque… La grotte Chauvet – ornée de superbes peintures préhistoriques, depuis sa découverte en 1994 par trois prospecteurs amateurs, dont J-M Chauvet – aura fait couler beaucoup d’encre avec plusieurs années de procès et recours à la clé. Et ça continue ! Un syndicat mixte (l’État, la région Rhône Alpes et le conseil général de l’Ardèche) réalise actuellement une copie, exacte reproduction de la grotte à proximité de l’originale, destinée à des visites, payantes bien sûr ! 10 € l’entrée. Mais, pour en assurer la promotion, il a besoin de l’autorisation d’utilisation du patronyme de J-M Chauvet, puisque la grotte porte son nom !

Et c’est là que les affaires de gros sous commencent, le syndicat mixte propose une somme forfaitaire de 1 million d’euros. Une belle somme direz-vous, oui sauf que la justice avait accordé il y a quelques années aux trois inventeurs, 3 % des bénéfices des visites annuelles, estimées à 300 000 par an et pendant vingt-cinq ans !  Ce qui équivaudrait à la somme de 22 millions d’euros ! Il faut bien avouer que la différence est de taille, une fois de plus l’État tente de s’accaparer à moindre coût, la découverte d’amateurs « autodidactes éclairés ». On ne peut même pas vous mettre une photo de la grotte, celles du site du ministère de la Culture sont interdites de reproduction ! Le patrimoine appartient à tout le monde ? Mais Ouiiiiii…

Comment après ça, demander à des prospecteurs amateurs, avec ou sans détecteur, comme c’est le cas ici, d’aller déclarer toute découverte archéologique en toute bonne foi ? En sachant que si par malheur cette découverte a une certaine valeur marchande, tout sera fait pour qu’ils n’en voient jamais la couleur !

Sources : leparisien.fr / le Dauphiné libéré

Trouvaille 74.13

Je vous envoie les images d’un petit couteau pliant en bronze de 6 cm trouvé dans un champ avec quelques sesterces dans l’ouest des Yvelines. Il représente une scène de combat entre deux gladiateurs. Votre avis m’intéresse sur cet objet qui ne semble pas très courant. Amicalement, Vincent 78

Ce n’est pas le plus courant des objets trouvés au détecteur nous en convenons mais ce n’est pas rarissime non plus. Il s’agit d’un manche de canif romain anthropomorphe. La scène présente deux personnages se battant ou se congratulant. Il semble qu’un des personnages est coiffé d’un casque et l’autre non. Le décor des vêtements semble avoir été fait au ciseau et non moulé. Ce qui peut autoriser une datation de la fin de l’empire romain, vers le Ve siècle.

Le trésor de l’homme qui n’existait pas !

Une histoire vraie, que l’on pourrait imaginer sortir d’un « très » bon polar, en septembre 2010 des douaniers allemands contrôlent dans le train qui relie Munich à la Suisse un octogénaire tout à fait banal.

Hildebrand Gurlitt

Ils vont tout de même trouver sur lui une enveloppe contenant 9000 euros en espèces. Les douaniers qui pensent d’abord à une simple fraude fiscale, lancent une enquête de routine et s’aperçoivent avec stupeur que cet homme, Cornelius Gurlitt, est inconnu de toutes les administrations de son pays, aussi bien pour le fisc que pour les services sociaux, rien aucune trace nulle part. Il a bien des papiers parfaitement en règle, mais pour l’administration, les enquêteurs diront « c’est un homme qui n’existait pas ! »

Les douaniers continuent de creuser, surtout après avoir identifié le père, décédé, de C. Gurlitt, un homme très connu pour ses activités pendant la Seconde Guerre mondiale : Hildebrand Gurlitt, célèbre marchand d’art pour le compte des nazis ! Au printemps 2011, les enquêteurs trouvent la trace d’un appartement loué par Gurlitt à Munich, une perquisition est lancée, perquisition qui va mener à la découverte du siècle en matière d’œuvre d’art…

La suite dans Monnaies & Détections n° 74

Les trésors du lac de Walenstadt

Un trésor composé de 2 caisses contenant des bijoux et des pièces de monnaies a été découvert, début novembre, dans les eaux du lac de Walenstadt, frontière naturelle entre la Suisse et l’Allemagne, sur le secteur de Saint-Gallen. Très peu d’informations ont filtré sur cette découverte et l’on ne sait toujours pas s’il s’agit d’un trésor datant de la Seconde Guerre mondiale ou plus récent. Au moins deux avions ont fini au fond du lac pendant la guerre et pendant la débâcle d’avril 1945 les nazis y cachèrent « au minimum » une centaine de lingots d’or ! On le sait, puisque le dépôt fut découvert près de l’ancienne centrale électrique et remis aux Américains ; par la suite, ces mêmes lingots ont disparu ! Mais sûrement pas pour tout le monde…

Plusieurs dépôts nazis ont bien été découverts dans et aux alentours de ce lac depuis la fin de la guerre et des histoires bien connues localement prétendent qu’il en reste autant à retrouver, ce qui est fort probable. Les nazis, début 45, acculés dans les Alpes et planqués dans les grands massifs forestiers traînaient avec eux de nombreux trésors…

Source : lematin.ch

Trouvaille 74.03

Christophe, à Ondes, a trouvé ces deux monnaies : un blanc dit guenar Charles VI le fou ou le bien aimé, début du XVe siècle : + KAROLVS: FRANCORV: REX, (O ronds, ponctuation par deux annelets pointés superposés), écu de France. Charles, roi des Francs. Revers : SIT: NOME: DNI: BENEDICTV,: Croix cantonnée aux 1 et 4 d’une couronne, aux 2 et 3 d’un lis (Béni soit le nom du Seigneur). La monnaie présente une légère usure mais reste d’un bel ensemble, son estimation est de 60 €.

Dans une période plus ancienne on aperçoit un tremissis qui a connu de beaux jours avant de terminer sur ce petit état B+ maximum : il s’agit de l’empereur Valentinien III (425-455). Titulature avers : D N PLA VALEN-TINIANVS P F AVG. Description avers : buste diadémé, drapé et cuirassé de Valentinien III à droite, vu de trois quarts en avant (A’c) ; diadème perlé et gemmé. Traduction avers : “Dominus Noster Placidius Valentinianus Pius Felix Augustus”, (Notre seigneur Placide Valentinien pieux heureux auguste). Anépigraphe. COMOB. Description revers : croix dans une couronne. On dirait que la monnaie est passée sous un tracteur ou un poids lourd, il y a un manque de métal à 5 heures et la monnaie dans son ensemble présente de grosses imperfections ; on peut raisonnablement envisager une estimation d’une centaine d’euros maximum.

Le monnayage carolingien des Ducs de Normandie

Pourquoi et comment les monnaies des Ducs de Normandie ont-elles été créées ? 

La formation du duché de Normandie

Charlemagne meurt en 814. Il laisse un véritable empire : en moins de cinquante ans, cet empire, partagé entre les successeurs de Louis le Pieux, a éclaté. Les royaumes qui subsistent évoluent au gré des conflits, des ententes et des partages, avec la pression des envahisseurs normands.

Après le décès de Louis II le Bègue en 879, le royaume carolingien est divisé en trois, suite au partage de Ribemont (880) : à l’ouest, est créée la Francie occidentale dirigée par Charles III le Simple, petit-fils de Charles le Chauve, et à l’est, est créée la Francie orientale dirigée par Louis III le Jeune et Carloman ; une petite partie du royaume de Louis II est prise pour créer la Basse Bourgogne, une entité politique indépendante.

La partie nord-ouest de la Francie occidentale qui sera le futur territoire de la Normandie, entre 800 et 911, est une zone d’implantation scandinave. Cet espace sert de lieu de passage et d’échanges. En 840, d’importants groupes de Normands s’installent durablement. En 880, lors de la signature du Traité de Ribemont, c’est le Normand Rollon  qui dirige ces groupes. Il est Jarl (duc de guerre) des Normands.

En 911, Charles III le Simple, toujours roi de Francie occidentale, décide de passer un accord avec le Normand Rollon : le Traité de Saint-Clair-sur-Epte est signé entre les deux hommes. Le Comté de Normandie est donc créé, il va prendre le nom de Duché de Normandie car son dirigeant, Rollon, est duc de guerre (dux bellorum).

Rollon s’engage à protéger ce vaste territoire qui s’étend de la Basse-Normandie actuelle à la Bretagne, face aux attaques fréquentes des Vikings. Charles le Simple perpétue par ce traité, une tradition inaugurée par Charlemagne, soit la division de son territoire en comtés, ce qui lui permettait de faciliter la gestion d’un aussi vaste territoire. En effet, le territoire de la Francie occidentale, une partie de l’immense empire carolingien divisé après le décès de Charles II le Chauve en 877, s’étend des côtes de la Mer du Nord aux contreforts pyrénéens ariégeois. Avoir une aide pour protéger quotidiennement les territoires du nord, facilite la charge du pouvoir. Durant une période de cinquante ans, la situation politique est très instable non seulement à cause des attaques incessantes des Vikings mais aussi à cause des querelles d’héritage.

Rollon, premier duc de Normandie, va protéger le territoire de la Normandie jusqu’à sa mort. Son fils, Guillaume Ier -Longue-Epée hérite du comté de Normandie, en 927. C’est à partir du règne de Guillaume Ier que commencent à apparaître les premières monnaies en argent. Ces dernières vont se développer sous les règnes de ses successeurs : Richard Ier, Richard II, Richard III, Robert Ier le Magnifique et sous celui du fils illégitime de celui-ci, Guillaume le Bâtard, futur Guillaume le Conquérant, légitimé par testament en 1035…

 La suite dans Monnaies & Détections n° 74