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Monnaies et Détections

Archive pour avril, 2014

Histoire de pèlerinages et d’enseignes

Enseigne à la Vierge au XIVe siècle.

Les pèlerins arborèrent des enseignes à partir du XIIe siècle, où elles étaient comme le culte des reliques, l’essence même du pèlerinage ; on considère que les enseignes de pèlerin sont des sortes de reliques, car elles ont voyagé à travers le monde avant de finir exposées dans les églises ou dans les tombes. La population pèlerine croyait obtenir le pardon divin et la purification de l’âme par l’évocation des saints si bien représentés sur leurs enseignes. Celles-ci pendaient au cou, à leur cape ou au chapeau et étaient faites de plomb et étain ou en bronze. Les enseignes étaient porteuses de messages et servaient à l’identification du pèlerin.
Au XIIe siècle, le Codex Calixtinus ou le Liber Santi Jacobi étaient marqués des chemins principaux à travers la France, ils signalaient aussi les sanctuaires les plus importants et remarquables pour les haltes et les visites. Les pèlerins éprouvèrent un besoin d’avoir en leur existence une autre vision des labeurs du monde quotidien leur permettant de subsister. De plus le fait de partir pour un pèlerinage afin de rendre hommage à différents saints dans les sanctuaires, donnait l’assurance d’une vie éternelle…
Lors de leur halte, les pèlerins avaient l’occasion d’admirer les beaux trésors enfermés dans les cathédrales ou les sanctuaires, ainsi que les beautés architecturales qui étaient en grande partie entretenues avec l’argent des pèlerins médiévaux.
Un exemple aujourd’hui, c’est le rocher Corneille au Puy-en-Velay, qui détient sa grande statue de Notre-Dame de France, fabriquée avec 213 canons pris aux Russes pendant la guerre de Sébastopol. Il faut monter les 267 marches taillées dans le roc d’un magnifique escalier pour arriver au sommet de ce rocher. Ou encore le plus beau pont d’Europe, celui de Cahors construit en 1308, proche d’une source sacrée dédiée à la déesse Divona. Au moyen-âge, on le surnommait comme un des “ponts du diable” dont la légende raconte que les bâtisseurs se trouvaient confrontés à des tâches apparemment impossibles et l’on pensait que pour triompher des forces de la nature et de la pesanteur, il fallait avoir recours à des moyens surnaturels ; le diable fut berné au dernier moment par l’habilité de l’architecte pour que l’édifice puisse s’achever.
Conques est connue pour la superbe relique d’or de Sainte-Foy du XIe siècle et le masque du visage du IVe siècle. Le splendide tympan roman du XIIe siècle orne le portail de l’église, puis en quittant le bourg on passe sur le pont aux cinq arches d’origine romaine réaménagé à la fin du XVe siècle…
La suite dans Monnaies & Détections n° 75

Prospecteur canadien

Les prospecteurs sont partout chez eux… En Colombie-Britannique, au Canada donc, le prospecteur Bruce Campbell a découvert avec son Minelab CTX une monnaie anglaise. Un shilling en argent, qu’il a fait identifier sur un forum de détection au Canada. La monnaie datée de 1551 est assez rare et bien conservée, estimée à 1000 dollars canadiens.
Assez rare en Angleterre, mais rarissime au Canada et plus précisément en Colombie-Britannique, elle a été découverte isolée et à faible profondeur, même pas 10 cm, il est donc impossible de savoir à quelle époque elle fut perdue… Le navigateur Francis Drake est supposé avoir abordé la Colombie-Britannique en 1579, en mission d’exploration et pour justifier et prouver les droits anglais sur cette nouvelle terre il distribuait aux autochtones des monnaies anglaises ! D’où tout l’intérêt suscité par cette monnaie qui a eu les honneurs de la presse, écrite et TV ! Quant à Bruce, qui est un prospecteur heureux et désormais reconnu, il a fini par avouer « ça me change des capsules de bouteilles… »
Source : http://globalnews.ca

Trouvaille 75.11

Jérome dans les Landes a trouvé ces très jolis huitièmes d’écu pour Henry IV :

Le premier 1608 L est un type classique à la croix feuillue. + HENRICVS IIII D G FRANC E NAVAR 1608. Avers : croix feuillue avec quadrilobe ponctué en cœur. Henri IV, par la grâce de Dieu, roi des Francs et de Navarre. SIT NOMEN DOMINI BENEDICTVM L, Écu de France couronné accosté de V – IIII. (Béni soit le nom du Seigneur). Monnaie en état TTB estimée à 90 €.

Le second est un type plus rare, Henri IV, huitième d’écu, écu de face, 4e type, 1603, Villeneuve-lès-Avignon HENRICVS. IIII. D. G. FRANC. ET. NAVA. REX. Écu de France couronné, accosté de V et III ; différent d’atelier à l’exergue. Recto : SIT. NOMEN. DOMINI. BENEDICTVM 1603R. Croix feuillue avec quadrilobe ponctué en cœur, lys dans le premier canton. Monnaie donnée à une valeur en l’état de 150 €.

Des curiosités numismatiques

Les monnaies transformées en objets utilitaires

Un travail minutieux de haute précision, une incroyable ingéniosité ont été mis en œuvre pour la création d’œuvres originales à partir de pièces de monnaies. 

Les monnaies de prisonniers, de bagnards ou de forçats

Chronologie du bagne français

1775-1783 : création des bagnes de Toulon, Cherbourg, Brest et Rochefort.
1840 : le travail des bagnards sert à valoriser les colonies.
1850 : transfert des bagnes maritimes vers Nouméa (Nouvelle Calédonie) et Cayenne (Guyane française) : bagne pour les hommes.
1858 : création en Guyane, à Mana d’un bagne pour les femmes :
- encadrement par des religieuses de la communauté des sœurs de Saint Joseph de Cluny,
- possibilité pour les femmes détenues de se marier au bout de 6 mois de bagne,
- fermeture en 1938 mais réellement supprimé en 1945.
1873 : fin du bagne de Toulon.
Les bagnes coloniaux français sont abolis en 1938, mais définitivement supprimés en 1945.

Monnaies pour décompter les années de détention

Les prisonniers choisissaient une pièce où ils gravaient des encoches, chaque encoche correspondant à une année de détention. Pour 7 ans d’emprisonnement, on comptait 7 encoches, pour 15 ans, 15 encoches, pour 18 ans, 18 encoches…

Cette pièce d’un décime An 4 A compte 7 encoches. Elle correspond donc une détention de 7 ans.

 Cette pièce de 10 francs 1948 compte 18 encoches. Elle correspond donc à une détention de 18 ans. Le trou percé au sommet de la pièce correspond à la date d’entrée et le trou, au bas de la pièce, à la date de sortie. Les trous permettaient aussi de porter la pièce en pendentif autour du cou ou du poignet.

La suite dans Monnaies & Détections n° 75

Détection philosophe

« Si j’avais dû faire la tête chaque fois que j’ai trouvé de vieux ferreux dans les champs, les bois et autres terrains de jeu sur lesquels j’ai passé mes détecteurs, du C.Scope VLF 770 en passant notamment par le Fisher 1266 pour arriver aujourd’hui au fameux Déus, nul doute que j’aurais une vraie sale trogne renfrognée pleine de rides verticales, horizontales et de biais… Un vrai “jeu de morpion” gravé sur le visage… Mais non, car chaque fois que je ramasse un fer à vache, ou à cheval, un outil plein de rouille, un gond de porte, un clou, un anneau, bref tout ce qui alourdit nos poches à merdouilles, moi, je suis heureux, vraiment. Si Napo 1 ou 3 ne sont pas au rendez-vous, si les tectosages se font discrets, et si les Jules et autres César de tout poil sont allés coloniser d’autres champs que les miens, je m’en moque royalement !

J’ai pris l’air, j’ai creusé, oh pour ça oui, j’ai creusé sur tous les tons… et en rentrant je brosse, je gratte, je nettoie, je redonne vie à ces bouts de ferrailles à coups de meuleuse, de ponceuse… Je me prends pour Vulcain qui aurait troqué sa forge pour un poste à souder ! C’est ainsi que dans le jaillissement de milliers d’étincelles naissent des masques, des échassiers, un monstre du Loch Ness, la tête du Minotaure, une chouette… et même un shadok…

Ceux à qui j’offre mes créations me disent que j’ai de l’or dans les mains… N’est-ce pas dans cet espoir que nous avons tous acheté un détecteur ? De l’or dans les mains… Bon, ils exagèrent un peu, mais ça fait du bien de le croire… A défaut de pierre philosophale j’ai la détection philosophe… »

Source : Texte et photo de Jean-Pierre Montagné, artiste prospecteur engagé sur le nettoyage des champs de la Haute-Garonne…

Trouvaille 75.17

Voilà une jolie bague en or dont la monture est cassée. Son dernier propriétaire la portait du coup en pendentif autour du cou, c’est la raison pour laquelle il reste ce petit anneau de bronze. Le plateau enserre un cabochon de verre transparent taillé représentant un écu surmonté d’un heaume. Le blason est une épée verticale entourée de sept étoiles. L’écu est entouré de motifs floraux exubérants. On est avec cet objet, sur une période estimée début XIXe siècle. Trouvaille émérite de Pierre dans le Var.

Le 25 février 2014, la société numismatique Kagin a annoncé dans un communiqué de presse la découverte et la mise en vente d’un trésor composé de 1427 pièces d’or américaines datées de 1847 à 1894. Ces pièces, d’une valeur faciale de 28000 dollars, sont pour la plupart des pièces de 20 dollars or de type “Liberty Eagle”, dont la valeur totale est estimée à environ 10 millions de dollars. Les médias américains se sont bien entendu emparés immédiatement de cette histoire qui a fait sensation outre Atlantique.
Les pièces ont été découvertes enterrées dans une propriété privée au nord de la Californie, dans un lieu-dit baptisé Saddle Ridge en février 2013. L’emplacement exact de la trouvaille a été gardé secret pour éviter que des chasseurs de trésor n’aient la tentation d’aller chercher d’autres pièces d’or dans ces montagnes de la Sierra Nevada qui avaient déjà connu la ruée vers l’or de 1849.
C’est un couple qui a tenu à garder l’anonymat mais dont nous connaissons tout de même les prénoms, Mary et John, qui a découvert les pièces en promenant leur chien. Dans une interview, le couple est revenu longuement sur les circonstances de la découverte.
“On avait déjà souvent vu une vieille boîte de conserve rouillée qui sortait du sol à un endroit où on se promène tous les jours depuis des années et puis on avait remarqué un vieil arbre qui poussait sur la colline. Les racines de l’arbre avaient déterré un morceau de boîte de conserve. C’était juste au-dessus de l’endroit où les pièces étaient enterrées. A l’époque on a pensé que c’était un vestige de pot de fleur ou quelque chose comme ça. On avait également vu un rocher angulaire dressé et on s’était demandé ce que c’était.”
Ils passaient à côté du trésor depuis des années
“Après coup, précise Mary, on a réalisé que c’était un marqueur de la cachette du trésor : en partant de la pierre si on marche 10 pas vers le nord, on tombe sur le trésor !”. …

La suite dans Monnaies & Détections n° 75

Un nouveau trésor anglais au détecteur !

Une nouvelle et superbe découverte d’un prospecteur anglais ! Greg Sweetman, 40 ans qui était de sortie par un beau dimanche de février avec son fidèle Safari, un détecteur Minelab et quelques copains de son nouveau club de détection, sa première sortie avec ce club d’ailleurs, la balade du dimanche quoi…

Sauf que celle-ci s’est transformée en chasse au trésor ! Greg a d’abord trouvé un morceau de boucle finement travaillé et portant quelques pierres fines ou précieuses de couleur rouge. La boucle était à 6 pouces de profondeur, environ 15 cm, dans un sol sablonneux, puis plus rien…

Après avoir montré la boucle à l’un de ses collègues, Kevin, ce dernier a reconnu un bijou d’époque saxonne ! Période dite, au Royaume-Uni, de l’âge sombre ou des ténèbres, comprise entre l’an 410 et l’an 1066 qui verra débarquer les Normands. Il a donc conseillé à Greg d’agrandir le trou pour voir… Une fois élargi la bobine du Minelab a pu y entrer et elle a accroché une nouvelle cible, un trésor ! Car il s’agit bien d’un trésor, le reste du dépôt était à environ 20 pouces de profondeur = 50 cm.

Plusieurs boucles et broches, toutes d’époque saxonne, comme le célèbre trésor de Burntwood ou Staffordshire*, mais en moindre quantité. Contrairement à ce que veut la procédure anglaise en matière de trésor, le club de Greg a procédé à l’extraction, il n’a pas réussi à joindre le coroner (archéologue responsable du district) un dimanche matin…

Une fouille plus complète est tout de même prévue, il est probable que Greg soit tombé sur la tombe d’un Saxon de haut rang, vu la qualité des artefacts et dans ce cas, il en manque.

Ces derniers ont été confiés au British Museum qui va les nettoyer et expertiser, on parle déjà d’une somme dépassant les 40 000 euros pour ce petit trésor. Un de plus qui va enrichir le patrimoine… anglais !

Sources : kentonline.co.uk

* Monnaies & Détections n° 49 & 56

Plus de photos dans Monnaies & Détections n° 75

Trouvaille 75.12

Merci de tenter d’identifier cet objet en bronze recouvert d’une patine épaisse. Je l’ai trouvé récemment dans un bois de Mayenne (53), il pèse 335 g et est creux à l’intérieur. Longueur 9,3 cm, diamètre extérieur 4 cm, diamètre intérieur 3 cm. Il y avait à proximité des résidus de bronzes dont je joins une photo représentant quelques échantillons. Sam

Pas évident de retrouver son usage originel. Le fait qu’il soit creux, qu’il y ait aussi une ouverture sur le côté malgré l’épaisseur du métal, permet de penser que cette ouverture a été faite exprès. Du genre pour clouter une hampe de bois pour fixer la pièce à son extrémité. L’usage décoratif est attesté par les liserés sur toute la longueur. C’est le seul usage qui nous vienne à l’esprit mais il se peut que l’on fasse faute route. Encore une fois nous en appelons à vos connaissances, lecteurs, pour préciser éventuellement l’usage de cette pièce.

Un détectoriste fait une découverte extraordinaire en Allemagne

Un détectoriste anonyme a découvert illégalement un extraordinaire trésor d’or et d’argent datant de l’antiquité tardive dans une forêt près de Ruelzheim en Allemagne, au sud-ouest de l’Etat de Rhénanie-Palatinat. L’annonce de cette découverte a été rendue publique le 19 février 2014.

Le détectoriste a déterré le trésor et l’a mis en vente sur le marché noir des antiquités.

Les autorités ne se sont pas étendues sur la façon dont le chasseur de trésor a été interpellé, notant seulement que “le pillard a rendu les pièces du trésor lui-même, mais uniquement sous la pression des enquêteurs”.

Cela signifie qu’ils l’ont d’abord capturé avant de le convaincre de rendre le trésor. La police a des raisons de croire que l’individu aurait déjà procédé à la vente de quelques éléments du trésor aux Etats-Unis.

L’enquête se poursuit à l’heure actuelle, à la recherche des objets manquants. Aucune annonce n’a été faite au sujet des peines encourues par le pillard. Peut-être un arrangement a-t-il été passé en échange d’une coopération pour la restitution du trésor ?

Du recel d’objets archéologiques volés

D’après la loi allemande, toutes les fouilles faites à la recherche de matériel archéologique doivent recevoir une autorisation des autorités en charge du patrimoine historique. Les différents Etats allemands ont chacun des lois particulières pour les découvertes faites par les particuliers. Certains Etats autorisent les inventeurs à conserver la moitié de la valeur des trouvailles, et parfois même la trouvaille complète. Mais la Rhénanie-Palatinat ne mange pas de ce pain là.

Chercher des objets archéologiques avec un détecteur de métaux y est considéré comme un délit. Emporter les objets découverts sans les signaler est une fraude, et les vendre s’apparente à du recel d’objets volés. Il est certain que si la valeur des objets joue un rôle pour déterminer la sévérité des sanctions encourues, et ce fait est valable aussi bien en Allemagne qu’aux Etats-Unis par exemple, le pillard risque une sanction exemplaire…

La suite dans Monnaies & Détéctions n° 75