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Monnaies et Détections

Archive pour avril, 2015

Le trésor de Salomon et l’Arche d’Alliance

Du temps des anciens rois, des piécettes aux diverses formes n’étaient pas encore appelées «monnaies», mais elles avaient une valeur précise et un nom pour chacune, on avait, le talent, la mine ou mané, le sicle devenu le statère, le béqua ou demi sicle, le réba ou quart de sicle, le guéra ou 20e de sicle. Ces pièces étaient soit d’or, d’argent ou de cuivre. Le talent d’or valait 60 mines d’or ou 3 000 sicles d’or soit environ 30 kg d’or, donc un sicle d’or correspondait à un peu plus de 12 grammes. Une mine valait environ 60 grammes d’or. Mais au premier siècle de notre ère, la valeur était de 40 % de moins par rapport au temps des écritures hébraïques. Une mine au Ier siècle correspondait à 100 Drachmes grecques.

Portrait de Salomon (970 à 931 av-JC)

David à la fin de ses jours, âgé de 71 ans, avait régné 40 ans, il ordonna sur sa promesse au grand prêtre Sadoc et à Nathan d’aller chercher Salomon et de le faire monter sur une mule de roi pour le conduire accompagné de sa garde près de la fontaine de Gihon afin de lui donner l’onction royale. Salomon allait devenir roi d’Israël. On alla chercher dans le tabernacle un vase d’huile consacrée, on fit sonner les trompettes à l’arrivée de Salomon et on célébra l’onction en versant l’huile sur la tête du jeune prince. Le peuple s’écria “Vive le roi Salomon” et on reconduisit au son des flûtes et d’autres instruments le nouveau roi.

Cependant Adonias, le frère de Salomon fut saisi d’étonnement et de frayeur dès la nouvelle annoncée et alla ensuite se réfugier près du tabernacle où il embrassa la corne de l’autel et fit ensuite porter des paroles de soumission au nouveau roi. Salomon lui ordonna de paraître devant lui en lui demandant de se prosterner contre terre afin d’entendre ensuite ses excuses. David n’avait plus que quelques jours à vivre et donna à son fils Salomon d’utiles conseils pour se conduire sagement dans le haut rang auquel Dieu l’avait élevé. Il lui recommanda de marcher dans la voix du Seigneur moyennant quoi il bénirait ses entreprises et ses descendants pour le trône. Salomon avait justement l’intention d’avoir pour la construction de son temple la protection et la bénédiction du Seigneur.

Salomon après s’être affermi sur son trône, chercha à s’y fortifier par une alliance puissante, il épousa donc la fille du roi d’Egypte. Salomon composa suite à cette union, le Cantique des Cantiques, épithalame mystérieux que les Pères appliquèrent à l’union de Jésus-Christ avec l’église. Afin que Salomon puisse remercier le Seigneur Dieu de toutes ses grâces, il offrit mille hosties sur l’autel de Gabaon, haut lieu sacré de l’époque. Du coup, Dieu lui offrit la sagesse, ce qui lui servit à surpasser celle des prêtres d’Egypte et des mages d’Orient.

Salomon fortifia Jérusalem, il fit construire des palais magnifiques, en même temps il força les Amorrhëens et autres peuples voisins à lui payer des tributs, il étendit ainsi ses états jusqu’à l’Euphrate. Ses richesses devinrent immenses par son commerce avec les pays éloignés. Sa sagesse tant vantée, n’aboutit en réalité qu’à épuiser ses états pour subvenir aux frais de ses innombrables constructions somptueuses et à ruiner les pays voisins pour enrichir ses trésors, puis il tomba dans ses plus grandes voluptés et ses crapuleuses orgies de son harem. Il termina ses jours dans une totale idolâtrie oubliant son Dieu et le Temple qu’il avait construit pour n’adorer que les Dieux étrangers.

Le Temple de Dieu  

Salomon batit le Temple de Dieu, ce lieu sacré qui détenait l’oracle, lieu très saint destiné à contenir l’Arche d’alliance de l’Eternel qui était en fait, le “trésor invincible” doté de la puissance de Dieu et du fondement même de l’histoire, puis de la plus grande énigme archéologique.

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Objets mystères

Deux mineurs Russes, Boris Glazkov et Arthur Presnyakov, travaillant dans une mine de charbon à ciel ouvert, en Sibérie, ont fait une découverte des plus surprenantes. Début février alors qu’ils exploitaient un filon de charbon à 40 mètres de profondeur, leur broyeur-excavateur a trouvé un objet plus volumineux que les plaques habituelles, ils l’ont aperçu trop tard, sous la pression du broyeur l’objet a explosé. La machine arrêtée, les deux hommes ont alors vu un deuxième objet identique qui émergeait du charbon. Celui-ci dégagé à la pioche est sorti intact et comme vous pouvez le voir sur la photo, il est assez étrange !  Une sorte de roue légèrement convexe sur une face et avec un dôme plus petit sur l’autre, d’un diamètre de 1,2 mètre et pesant 199,5 kilos ! La nature « probablement » minérale de l’objet n’a pas encore été identifiée.

Les amateurs d’ovnis ont tout de suite flashé sur la forme de l’objet, qui depuis sa découverte fait le buzz sur le net…

Les scientifiques russes qui l’ont récupéré ainsi que les fragments de celui qui a explosé vont devoir déterminer leurs origines. Naturels, certains minéraux ont des formes bien particulières, c’est possible. Ou taillés par la main de l’homme, ce qui serait encore plus surprenant vu la profondeur de la découverte, la mine de charbon a déjà délivré à plusieurs reprises des ossements de mammouths, toujours à une profondeur de moins 20/25 mètres, les deux objets mystères sont, eux, sortis à moins de 40 mètres ! À suivre…

Source : yahoo.com

Trouvaille 81.13

Bonjour, je me prénomme Cyril, j’ai trouvé cette fibule en parfait état sur un vieux chemin forestier dans le 04. J’aurais aimé avoir une datation car je n’en trouve pas de semblable sur Internet. Je l’ai trouvée en l’état, je l’ai à peine passée sous l’eau pour enlever la terre. Je suis un lecteur assidu de votre revue, je suis sûr que vous allez m’aider. Merci d’avance pour votre réponse. Vive la détection !

Fibule a navicella avec protubérances, à corps renflé, à l’emplacement le plus large, présence de deux excroissances moulurées perpendiculaires à l’arc ; décor de lignes perpendiculaires et stries au resserrement de l’arc, ressort unilatéral à 3 spires, pied étiré avec bouton mouluré à l’extrémité, porte-ardillon en gouttière. Datation 800-600 avant JC. Très jolie et bien conservée trouvaille.

Entretien avec un expert français en sigillographie

M. Roch de Coligny, vous êtes expert en manuscrits et sceaux médiévaux, et directeur du Cabinet Honoré d’Urfé. Pouvez-vous nous parler de votre métier en quelques mots ?

C’est un métier passionnant ! Je vis chaque jour avec les plus jolies choses existant dans mes spécialités : un livre d’heures enluminé provenant des frères de Limbourg (vers 1415), la matrice du sceau du Mont-Saint-Michel (XIIIe siècle), un ensemble de reliures royales… L’essence de mon métier, c’est de révéler les objets que le propriétaire a trouvé par exemple dans sa bibliothèque, et dont il ignore tout. Cette révélation de l’objet lui confère un grande valorisation. En ce sens, je suis créateur de richesse. Un seul exemple : on m’apporte en juin 2013 un petit manuscrit médiéval dont le propriétaire voulait 50 000 euros. Je l’ai étudié durant l’été, et ai pu établir qu’il s’agissait d’une œuvre des frères de Limbourg, pour préparer les Très Belles Heures du duc de Berry. En décembre de la même année, nous l’avons vendu aux enchères pour 2 500 000 euros. Ceci montre qu’en révélant l’objet, l’expert lui confère une énorme plus-value.

Comment appréhendez-vous le futur projet de loi patrimonial et en quels points peut-il affecter directement votre travail ?

Soyons concis : c’est un texte spoliateur. Un texte tyrannique (au sens de la philosophie politique classique). En effet, masquées sous de belles déclarations d’amour patrimonial, se trouvent des dispositions absolument inouïes par lesquelles l’Etat s’apprête à dépouiller le peuple, les gens, de ce qui leur appartient depuis des générations ! En effet, ce texte prévoit que tout objet archéologique ou historique trouvé dans le sol appartiendra à l’Etat !!! Je ne sais pas si on se rend bien compte de ce dont il s’agit : jusqu’à aujourd’hui, vous êtes propriétaire de votre fonds, et ce que vous découvrez dans votre jardin (vieille pièce de Napoléon III, médaille religieuse, bout de météorite etc.) vous appartient (étant saufs les droits de l’inventeur, naturellement). Désormais, si ce texte est promulgué, tout cela appartiendra à l’Etat ! avec toutes les tracasseries administratives que cela impliquera (déclaration, etc.). Il est impossible que, dans un pays libre, un tel texte puisse passer. C’est tellement opposé au droit de propriété ! Pour bien comprendre cela, il faut prendre conscience que ceux qui écrivent ce genre de projet de loi sont les jouets des lobbys (lobbys fondés souvent sur la frustration et la jalousie de quelques petits fonctionnaires) ; et en élargissant le contexte, il faut voir que cela s’inscrit dans une vaste tendance, théorisée au XVIIIe siècle : la négation du droit de propriété comme droit naturel préexistant à l’Etat, et son approche comme une simple concession de la société qui, à son tour, serait maîtresse d’en dessiner et d’en réduire les contours. Il faut placer ce texte dans l’ensemble de l’idéologie étatiste qui vous dépouille du fruit de votre travail et de votre propriété, prive les parents de leurs droits éducatifs et va maintenant jusqu’à vous priver de la libre disposition de vous-même. La tyrannie est en marche, et le plus affligeant c’est que le bon peuple endormi non seulement s’en fout mais y trouve son compte : car en contrepartie de l’esclavage on lui sert la soupe.

Avez-vous des contacts réguliers avec le milieu des prospecteurs et êtes-vous, vous-même, utilisateur de détecteur de métaux ?

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Un cent à 2,6 millions !

Nouveau record mondial pour une monnaie américaine. Une monnaie d’un cent frappée en 1792, seize ans après l’Indépendance, d’après les numismates il n’y aurait qu’une dizaine d’exemplaires en circulation. On y retrouve, de profil, la Lady Liberty. Elle a atteint la somme record de 2,6 millions de dollars, environ 2,3 millions d’euros, lors d’une vente aux enchères à Beverly-Hil.
Source : reuters.com

Trouvaille 81.09

Pourriez-vous me renseigner sur cet objet trouvé dans l’Hérault ? Argent, 3,76 g. J’ai pensé à un sceau mis il est percé au milieu comme un plomb de sac. Sur la face où il y a le visage il est écrit DOCTEUR A.KERMANN. Sur l’autre face sous la bulle LEX VERITAS. Autour ALTERIFAC (ou ALTER FAC) QUAE avec la barre de A sur le droite qui supporte le lettre E. TIR lettres illisibles puis ELLES. J’aimerais en connaître l’utilisation et la datation.

Merci si vous pouvez me renseigner et félicitations pour votre revue qui permet de remettre les objets dans leur contexte.Joelle

ALTERI FAC QUAE TIBI —– ELLES : Fais ce que tu voudrais que les autres te fassent. Le Père KERMANN était un moine médecin qui partit au Brésil au début du règne de Louis XVI. Il élabora des élixirs à partir de plantes locales. Il rentra en France et s’installa à Bordeaux où ses élixirs, appelés sur place vins fortifiants, connurent rapidement du succès. Ce que vous avez trouvé n’est autre qu’un scellé de sac du manufacturier.

Mon premier explosif en détection

Jeudi 9 octobre 2014, plage de Moliets dans les Landes (40), il est dix heures passées et je détecte sur l’estran avec mon Sovereign GT Minelab, depuis un peu plus d’une heure déjà. Je suis en face du poste de secours et beaucoup de merdouilles alourdissent ma sacoche à trouvailles. Des cuivres éclatés, des aluminiums, mais aussi toute la panoplie de cochonneries qui squattent le sable des plages. Heureusement, quelques pièces en euros me redonnent le moral.

De toute façon, rien que pour la sortie au grand air et le décor fabuleux qui m’entoure, ma matinée est une réussite. La routine s’installe. Ma pelle trace derrière moi. Je marque le sable pour ne pas repasser au même endroit. Un bon son, je creuse, je sors la cible et je repars ! Un autre son, je creuse de nouveau, je sors la cible et ainsi de suite jusqu’à… un bon son, ma pelle est déjà dans le sable, mon pied l’aide à s’enfoncer et là, surprise, TOC ! Mince, j’ai heurté un gros objet.

Je réalise que j’ai loupé un truc lors de l’identification de mon objet. J’éloigne la pelle, le fer qui la compose va perturber le détecteur si je la laisse là. Je repasse la tête du détecteur et là, surprise : « merde, un gros ferreux ! ». La première fois, je l’avais pris en coin, il avait sonné, mais pas comme cela ! Le fond sonore, quant à lui, avait dû rester dans les graves au lieu d’être en médium ou aigu. Je n’avais pas fait gaffe…

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Chasse au diamant

Le 20 août 2014, la société anglaise de joailliers, London jeweller 77 Diamonds, lançait une opération publicitaire, sous la forme toujours ludique d’une chasse au trésor. Et plus précisément, dans le cas présent, d’une chasse au diamant ! L’enjeu, un beau diamant de 1,14 carat d’une valeur de 12 000 livres sterling, environ 15 000 euros. Le diamant fut placé dans une boîte en polystyrène accrochée à un gros ballon d’hélium et lâchée dans le Lincolnshire, un ballon prévu pour éclater à une altitude de 30 km. La boîte était munie d’un émetteur GPS, qui devait permettre de déterminer une aire de recherche. Tout se passa bien jusqu’à la chute de l’ovni diamantaire, l’émetteur GPS rendit l’âme, avant de toucher le sol ! Avec pour résultat, une zone de recherche bien plus grande que prévue… Pendant quelques semaines, les promeneurs de la zone supposée du crash avaient tous en tête la boîte au diamant, puis les semaines et mois passèrent et le diamant perdu, le fut pour de bon !

Jusqu’au 23 décembre dernier : Allan Bell, un retraité de Brattleby, petit village du Lincolnshire, promenait son chien dans un bois, celui-ci est entré dans un fourré et en a sorti une boîte pleine de vase. Allan, ne voulant pas s’encombrer l’a laissée au bord du chemin… pour la prendre au retour, pensant la mettre à la poubelle. Vous l’avez compris, il s’agissait bien de la boîte au diamant ! Qu’il a eu la chance de retrouver au retour de sa promenade…

London jeweller 77 Diamonds lui a proposé de choisir entre le diamant, monté gratuitement sur le bijou de son choix ou sa valeur marchande, Mr Bell a préféré empocher les 15 000 euros, il prévoit de s’offrir une croisière au soleil et le meilleur sac de croquettes qu’il pourra trouver, pour son chien…

Sources :  telegraph.co.uk & mining.com

Trouvaille 81.04

Voici un statère découvert fortuitement en Côte-d’Or, Je souhaiterais en connaître davantage sur cette monnaie. Il s’agirait d’un statère au bige et au triskèle pour un poids 7,14 grammes. Et une serpette en bronze avec une tête d’oiseau, pourriez-vous me donner une datation pour cette dernière ? Tony

Votre identification est exacte, il s’agit d’un statère de la tribu des Séquanes, à la fin du IIe siècle avant JC au Ier tiers du siecle avant JC : profil stylisé d’Apollon à gauche, bige à droite aux deux chevaux bien distincts dessous, une triskèle au centre triangulaire ajouré et aux branches bouclées à leurs extrémités. Le poids correspond bien à un statère, son état est proche du TTB-SUP, son estimation se situe entre 3 500 et 4 500 euros.

Quant à l’objet qui est, semble toute, une serpette zoomorphe, le style le situerait dans la période celtique. S’agit-il d’un coq dont la lame de la serpe rappelle habilement le panache du coq ? S’agit-il d’un dindon avec sa crête redescendant sur le bec ? On peut fantasmer et espérer que Panoramix l’utilisait pour couper son gui les nuits de pleine lune, mais cela reste toujours des hypothèses fantaisistes tant que nous ne pourrons le comparer à un objet de la même veine et étudié scientifiquement…

Les monnaies d’or de la Guerre de Cent ans (1337-1475)

Le territoire guyennois de l’Aquitaine, l’enjeu principal 

de la guerre de Cent ans

Première partie

La période que nous appelons la Guerre de Cent ans (1337-1453) fut une période de troubles généralisés réagissant les uns sur les autres : guerre de succession, guerres étrangères, guerres civiles, schisme religieux, hérésie, révolutions politiques et sociales, famines, jacqueries, destructions, épidémies, dépeuplement, migrations intérieures.

La civilisation médiévale en sortira transformée.

Il est important de préciser que la France et l’Angleterre occupent alors en Europe une place si importante que leur rivalité ébranle tout.

La Guerre de Cent ans n’éclate pas par hasard dans un monde serein et euphorique. Les difficultés économiques et sociales apparues dès le début du XIVe siècle ne sont pas absentes des origines du conflit.

Les origines de la Guerre de Cent ans 

La Guyenne est le véritable enjeu de cette guerre. Le conflit féodal concernant la Guyenne qui remonte au XIIe siècle (« première guerre de cent ans » entre Capétiens et Plantagenêts) se double d’un conflit dynastique avec l’extinction des Capétiens directs. A la fin du XIIIe siècle, il n’est plus concevable que le roi d’Angleterre s’humilie devant le roi de France en lui prêtant hommage pour la Guyenne : en droit féodal, il s’expose donc à la commise (confiscation de ses terres) pour félonie.

Pour être légalement roi en Guyenne, le roi d’Angleterre doit faire valoir ses droits dynastiques à la couronne de France, cela revient à déclarer la guerre aux rois de France, les Valois. Cette guerre s’inscrit dans un contexte européen où d’autres conflits plus ou moins liés à elle influent sur son déroulement : affrontement anglo-écossais, troubles en Flandre, guerre de succession de Bretagne, guerre de Castille…

Le prétexte de la guerre fut une querelle de droit successoral. 

A la mort de Philippe IV le Bel en novembre 1314, sa succession semble assurée car il laisse trois fils en âge de régner. La paix extérieure a de plus, été consolidée par le mariage de sa fille Isabelle de France avec le roi d’Angleterre Edouard II. De cette union naît Edouard, prince de Galles et futur Edouard III d’Angleterre.

La disparition précoce des fils de Philippe IV le Bel amène son petit-fils, Edouard III, roi d’Angleterre, à revendiquer la couronne de France.

En effet, en 1316, Louis X le Hutin, fils aîné de Philippe IV le Bel, meurt sans laisser de fils. La couronne ne passe pas à sa fille Jeanne de France à cause du principe de la masculinité qui régissait les fiefs, mais successivement à ses deux frères cadets Philippe V le Long (1316-1322) et Charles IV le Bel (1322-1328), puis à son cousin Philippe VI de Valois (1328-1350) suite à « un coup de force ».

Philippe VI de Valois, premier Valois à occuper le trône de France, neveu de Philippe IV le Bel et cousin des trois défunts rois, se fait alors reconnaître roi, en « inventant » une vieille loi des francs saliens, la loi salique, qui excluait les femmes de la succession royale. Il s’agit en fait d’écarter de la couronne la fille de Louis X, celles de Philippe V, et Isabelle de France, épouse d’Edouard II d’Angleterre, et mère d’Edouard III d’Angleterre, ainsi que ce dernier.

En 1327, le prince de Galles, devient roi d’Angleterre sous le nom d’Edouard III. Il est, on l’a vu, le petit-fils de Philippe IV le Bel par sa mère, Isabelle de France, il rappelle donc ses droits à la candidature au trône de France, qu’il trouve plus que légitime, mais elle est écartée par les docteurs en droit et les barons attachés à la Cour royale française.

Edouard III se résigne d’abord et prête hommage, selon le droit féodal, à Philippe VI, à Amiens, en juin 1329, en échange de la restitution totale de la Guyenne, une portion du Duché d’Aquitaine, qui appartient à l’Angleterre depuis 1152 suite au mariage d’Aliénor, duchesse d’Aquitaine avec Henri II Plantagenêt roi d’Angleterre, et dernier lambeau des possessions angevines des Plantagenêt.

La Guyenne fait partie du duché d’Aquitaine ainsi que la Gascogne, le Périgord, le Quercy, le Rouergue, le Limousin et le Poitou. C’est l’un des duchés les plus riches du territoire français.

En 1329, la Guyenne comprend les régions de Saintes, de Bordeaux qui est la capitale et de Bayonne (carte n° 1).

Le problème de la succession semble donc réglé.

Edouard III ne renonce cependant pas à utiliser l’argument d’illégitimité de Philippe VI de Valois pour renforcer sa position contre les Français.

De même, son cousin au second degré, Charles le Mauvais, roi de Navarre, se pose en prétendant à la couronne de France.

En réalité, pour l’un comme pour l’autre, il s’agit de trouver un prétexte leur permettant de se poser en victime du Valois et de justifier ainsi leur rébellion aux yeux du droit féodal et de trouver davantage de partisans.

La Guerre de Cent ans va débuter comme un conflit féodal de plus, mais opposant non pas des seigneurs, mais des souverains. …

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