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Monnaies et Détections

Archive pour décembre, 2015

La signification de « IHS »

A partir du bas Moyen-âge on voit apparaître le monogramme IHS sur des jetons de calcul et plus tard sur des médailles et autres objets religieux. Ces trois lettres sont une abréviation du nom Jésus en grec. C’est au XVIe siècle que la Société de Jésus le prit pour signifier «Jésus Habemus Socium» voulant dire : nous avons Jésus pour compagnon. C’est au XVIIe et XVIIIe siècle que l’on rencontre le plus de médailles au monogramme IHS.

Médaille médiévale avec l’inscription IHS.

 

 

Dans l’Antiquité, on retrouve le nom de Jésus formulé par les lettres IHC, parce que la forme de la lettre grecque C correspondant au S ressemble parfois à un C tout simplement. Les lettre IHS apparaissent sur des monnaies byzantines à partir du IXe siècle. C’est vers le XVe siècle, que le moine franciscain Bernardin de Sienne de (1380 à 1444) fait du monogramme sacré un objet de vénération. Dans ses sermons adressés au peuple, il avait coutume de s’en servir comme symbole de Dieu. Il avait même invité son auditoire à s’agenouiller à la vue du monogramme représenté sous la forme d’un disque, ce qui lui valu aux yeux de l’église un acte d’hérésie. II fut donc jugé à Rome et finalement acquitté. Le disque devint son attribut et l’on retrouve cette sorte de symbole discoïde sur divers objets de cette époque comme par exemple des matrices de moules servant à marquer les hosties de communion.

Médaille du XVIIIe siècle au sigle IHS.

 

 

Dans la bannière de la résurrection, le saint martyr Ansanus a aussi comme attribut les lettres IHS. … La suite dans Monnaies & Détections n° 85

Rejoignez le réseau Fripon !

Non ce n’est pas une blague ou un énième site de rencontre… Fripon : Réseau de Recherche de Bolides et de Matière interplanétaire, on se demande d’ailleurs pourquoi ils ne l’ont pas baptisé RRBMI ? Sans doute est-ce moins vendeur… C’est un réseau, participatif, de surveillance et de recherche des météorites tombant sur le sol français. Le but final étant de trouver et de remettre des météorites aux scientifiques pour qu’elles soient étudiées. En effet, les prix des météorites sont loin d’êtres à la baisse, il y a de plus en plus de collectionneurs et donc de demandes. Une météorite en provenance de Mars vaut actuellement plus de 10 fois le prix de l’or… Et les « pauvres » scientifiques commencent à manquer cruellement de matière première à étudier. Alors si vous voulez aider la science, soyez Fripon…
Source : http://www.larep.fr

Trouvaille 85.08

Jean-Louis dans la Haute-Garonne a trouvé cette jolie imitation de la drachme d’Emporia, drachme à la victoire, IIIe siècle avant Jésus Christ. Avers : Anépigraphe : tête diadémée de Perséphone à gauche, les cheveux tirés en arrière et ramenés en trois mèches, le cou orné d’un collier de perles ; le revers présente un cheval tourné vers la droite, arrêté et relevant fortement la croupe, surmonté d’une victoire très stylisée tenant une couronne. Ligne d’exergue à la base. Le portrait est bien centré, d’un joli relief, le revers est un peu moins net mais cette monnaie TTB s’estime 1000 euros.

La pelle « Excalibure »

Il y a quelques temps de cela, j’avais voulu détecter dans un ancien chemin campagnard bordant un champ et desservant quelques centaines de mètres plus loin, un petit hameau. Je l’avais repéré en passant devant en voiture et je m’étais laissé attendrir par la tranquillité des lieux. En effet, à première vue, c’était un sentier comme beaucoup d’autres, fort apprécié des randonneurs et des villageois. Il est parsemé de houx, de chênes et de châtaigniers. Au centre du couloir, des traces fraîches de passage d’engins agricoles, seuls autorisés à emprunter cet axe, prouvent la présence de l’homme en ce lieu. Le Déus allumé et mon casque sur les oreilles, j’étais décidé à profiter de cette nature accueillante et chaleureuse. Au premier son, je compris rapidement le vrai visage de cette voie…

Un bon coup de pelle et… BING… Impossible d’enfoncer ma Draper ! Je me décale de quelques centimètres, mais de nouveau… BING… Sous la fine couche de terre, où un tapis herbeux devait s’enraciner avec peine, le sol avait été compacté et remblayé de pierres et d’objets divers et variés. Ardoise, roche et autres moellons en tout genre… impossible d’y faire pénétrer ma pelle. A quatre pattes avec mon piochon à la main, la sueur me coulant sur le front, j’avais dû déclarer forfait. Au deuxième son, même problème. Un peu plus loin, dans un petit talus, un bon son me fit stopper mon avancée. Mais après le sol inhospitalier, voici venu le tour des racines à n’en plus finir. Une vraie jungle souterraine. Décidément, derrière son aspect calme et tranquille, ce chemin était un véritable cauchemar pour les détectoristes ! Le champ d’à côté avec sa terre fine et légère me tentait de plus en plus. Finalement, après plusieurs tentatives infructueuses de pénétrations dans ce sol de roc, il eut rapidement raison de ma motivation et je finis par céder à la tentation d’y aller passer la poêle.

***

Aujourd’hui je me décide enfin à revenir dans ce chemin qui m’avait donné bien du fil à retordre, mettant ma patience à rude épreuve. La végétation du lieu a bien changé. Les feuilles des arbres encore présentes ont troqué leur vert-bouteille contre un orange ou un rouge des plus automnaux. Les glands et les bogues mélangés au tapis de feuilles mortes jonchent le sol, contrastant avec le rose des cyclamens sauvages. Mais cette fois, je ne suis pas venu « la fleur au fusil ». Comme le roi Arthur l’avait fait avant moi avec sa légendaire épée, je me suis armé à mon tour de la fameuse « Excalibure », mais de chez Sabre France celle-ci ! Rien que l’annonce de son nom fait frémir. Soixante-dix centimètres de manche en acier inoxydable, solidement soudé à une tête ciselée et parfaitement affutée de vingt-sept centimètres de long par quinze centimètres de large et de deux millimètres d’épaisseur. Une véritable arme de guerre prête à venir à bout de tous les sols récalcitrants. La fée Viviane n’y est pour rien dans cette nouvelle acquisition et contrairement à la légende de Merlin, cette « Excalibure » ne se trouve pas dans un bloc de granit massif. Pas besoin de gros muscles non plus, car pour à peine plus d’un kilo, vous pourrez vous prendre à votre tour pour le roi de toute la Bretagne. Pour compléter mon attirail, j’ai opté également pour le couteau de fouille « Ultimat » de chez Sabre France. Trente-et-un centimètres de long (manche compris), une lame dentée de six centimètres de large, à mi-chemin entre le poignard de Rambo et le tranchoir de Rahan. Avec cet arsenal, l’heure de la revanche a sonné !

Mon casque ancré sur mes oreilles, le XP de la main droite, l’« Excalibure » de la main gauche et le couteau de fouille dans mon sac à dos avec mon propointer, me voici prêt à livrer bataille ! Au premier son intéressant, je teste en direct la puissance de ma nouvelle pelle. La tête fuselée pénètre aisément le sol, aidée par la force de mes pieds qui appuient sur son rebord incurvé. … Lisez la suite dans Monnaies & Détections n° 85

One Dollar

Nouveau record pour une monnaie américaine : un dollar d’argent frappé à Philadelphie en 1794 a atteint la somme de 4 993 750 millions de dollars ! lors d’une vente aux enchères à Tucson, Arizona début octobre. Au mois de mars 2015 une monnaie identique était déjà passée en vente (M&D n° 81), atteignant déjà un prix record de 2,6 millions de dollars ! Les monnaies de collection américaines sont en passe de devenir le meilleur placement numismatique au monde, si elles atteignent de tels prix, ce n’est pas vraiment dû à leur rareté, mais plus aux moyens financiers des acheteurs qui se les disputent…

Source : http://tucson.com

Hommage à Gilles Rondel

Amis lecteurs de Monnaies & Détections, fervents et ferventes de tous horizons, et principalement de notre loisir qu’est la détection, je viens aujourd’hui vous parler d’une personne qui représentait pour nous un énorme atout au travers de sa passion.

J’aimerais rendre cet hommage tout particulier à monsieur Gilles Rondel aujourd’hui disparu, personnage ô combien simple et discret.
Vous tous qui avez eu besoin de ses services, sachez vous souvenir de sa gentillesse, de son dévouement au service de l’identification des sceaux et autres matrices de toutes époques et de toutes régions de France et de Navarre.
C’est donc sous forme d’apologie que je vais vous parler de ce monsieur si important qu’était Gilles Rondel.
Il était passionné d’archéologie depuis l’âge de 14 ans, archéologue amateur et bénévole sur des chantiers de toutes époques, fouilles urbaines sur l’emplacement de futurs immeubles (détaché plusieurs fois par son entreprise qui en était le promoteur) en tant qu’archéologue amateur.
Ayant fait quelques trouvailles (matrices-cachets) sur plusieurs sites, découvertes qui l’ont amené à faire des recherches dans ce domaine, il s’est vite rendu compte que les études le ramenaient souvent vers des précurseurs, tels que Chassant et Delbart, Lecoy de la Marche, J-Roman, ou encore qu’il lui fallait chercher dans les publications souvent locales contenant de courts articles. Et croyez-moi il a su être tenace et persévérant dans ses recherches.
Sa passion pour la sigillographie a pris de l’ampleur avec l’intérêt renouvelé depuis quelques années pour le Moyen Age, grâce à des personnages comme Jean Luc Chassel, Michel Patoureau, Michel Bur, Martine Dalas, ou encore Martine Fabre, difficile de les citer tous tellement les personnes éminentes en ce domaine sont légion.
Il lui a été donné de rencontrer dans sa vie, par un pur hasard, une personne devenue un ami et disparue depuis, qui  portait un vif intérêt à l’archéologie, Loïc Berton : il était le rédacteur de la revue Détection Passion. Ce monsieur cherchait à cette époque des sujets intéressants afin de réaliser des articles.
Gilles Rondel lui a d’abord proposé de l’aider à lire et déchiffrer quelques matrices et à lui trouver de la documentation suffisamment détaillée pour son travail. Puis il s’est pris au jeu et est devenu très vite accro, en comprenant l’importance et l’impact sur le public, surtout en matière de protection du patrimoine, si petit soit-il. Ceci l’amena de fil en aiguille à avoir des contacts avec des correspondants de toutes régions.
Loïc Berton lui a beaucoup apporté dans la relation avec les inventeurs d’objets archéologiques (peu importe la manière dont ils ont été recueillis, ce qui importe avant tout, c’est de conserver la mémoire de l’objet, sa provenance, des empreintes, des moulages, des photos, etc. etc.)
Pour le reste la loi existe, elle est ce qu’elle est, mais elle existe.
A ce stade d’échange, il est apparu que de nombreuses matrices, cachets, sceaux, risquaient de disparaître faute d’étude, dans d’obscures collections au destin parfois désastreux.
Quelques exemples : une veuve qui virait la poubelle des “cochonneries” que son défunt mari conservait, eut l’idée de le contacter. Résultat : un sauvetage de matrice rare. Un divorce ? Des objets disparus… ou encore tout simplement le manque d’intérêt pour l’objet, la vente, l’échange, la perte, l’oubli, etc., etc.
Sachez tout de même ceci, pour ceux qui lui ont expédié des matrices, sceaux et autres choses pour expertise, tous les frais de retour par la poste, la cire, la pâte pour le modelage, et autres matériaux, les photos, le temps passé sur les épures de dessin, passion oblige, étaient à sa charge. Et bien souvent, aucun savoir vivre de la part des prospecteurs… Mais il n’en attendait rien. Seules la trace et la passion comptaient pour lui… La suite dans Monnaies & Détections n° 85

Trouvaille 85.03

Quatre monnaies blanches trouvées par Julien dans la commune de Saint Pierre la roche.


Un blanc Dauphiné, Viennois (dauphins du), Louis XI, Montélimar. Avers : + L.VDOVICVS* DALPHS* VIENEN. Écu parti de France et Dauphiné. Revers : + SIT* NOMEN* DNI* BENEDI. Croix cantonnée de deux lis et de deux dauphins. Ponctuation par molette. TTB+ mais la monnaie a éclaté à la frappe, sa valeur oscille à environ 125 euros.


On continue par un demi blanc du même type : Dauphiné, Viennois (dauphins du), Louis XI, demi blanc, atelier romans (point 2 visible base du i de SIT. Avers : + LVDVCS. DPHS. VIENENSIS. Écu écartelé de France-Dauphiné. Revers : + SIT. NOME. DNI. BENEDICT. Croix cantonnée d’un lis et d’un dauphin. Le demi blanc est plus rare que le blanc, son état oscille entre le TB et le TB+. On peut l’estimer à 100 euros.


La troisième est un carlin ou demi gros de Charles VI. Point Premier = cremieux, frappé après 1382. Le roi assis sur un banc, de face, la main de justice à sa droite, deux dauphins affrontés. KAROLUS FRANCORU REX, ponctuation par deux points évidés. Revers : DALPHS VENENS, croix pattée coupant la légende SIT NOME DNI BENEDICTU. C’est la monnaie correspondant à la référence du PA 4912, il n’ a pas été possible de trouver une vente de cette monnaie sur le web, elle est d’une extrême rareté et nous ne pouvons la coter en raison d’absence de ventes antérieures… mais Julien peut s’estimer heureux.


Enfin la dernière est un denier du Dauphiné, Viennois (dauphins du), Charles VII, fils ainé de France 1417-1422, denier point Premier = Crémieux. +KAROLUS FRACOR REX, croix. DALPHS VIENENSIS, dauphin à gauche surmonté d’un lys. 20 euros en l’état.

Trésor de papier

Une photo achetée dans une brocante pour deux dollars se transforme en billet du loto pour l’acheteur. Il aura fallu un an, à la société numismatique de San Francisco, États-Unis, pour authentifier la photo d’un groupe jouant au crocket. Parmi les joueurs on aperçoit William Henry McCarty (chapeau haut de forme à gauche) plus connu par son pseudo de Billy the Kid ! De son vivant, Billy avait sa tête mise à prix pour 500 dollars, cette dernière photo connue a atteint la somme record de 5 millions de dollars aux enchères ! Très peu de photos du Kid nous sont parvenues, il est sensé avoir été tué à l’âge de 21 ans par Pat Garrett, en juillet 1881…

Source : liberation.fr

Trouvaille 85.18

Julien promène son Déus aux alentours de Colomiers. Il est heureux de nous envoyer sa première royale or : il s’agit d’un écu d’or au Soleil de Louis XII, frappé en 1498 à Dijon. Avers : (lis couronné) LVDOVICVS: DEI: GRACIA (coquille) FRANCORV: REX (coquille), (ponctuation par deux points superposés, N onciales, point 20e) : écu de France couronné, sous un soleil. Au revers : (lis couronné) XPS: VINCIT: XPS: REGNAT (coquille) XPS: IMPERAT (coquille), (ponctuation par deux points superposés, point 20e) : croix fleurdelisée, avec quadrilobe en cœur (le Christ vainc, le Christ règne, le Christ commande). Cette monnaie est frappée sur un flan large, elle n’est pas rognée, il est extrêmement dommageable qu’elle fut pliée, même redressée, ceci porte préjudice à la qualité de la monnaie. De même au revers de larges griffures sont à rajouter au passif de cette monnaie qui est un petit TB, en conséquence son estimation s’évalue à 350 euros.
Concernant la monnaie gauloise, il s’agit d’une drachme négroïde qui présente un portrait stylisé à gauche, anépigraphe aux deux faces. Croix bouletée au centre, formée de quatre cantons ornés chacun d’une lunule : annelet au 1er canton, un globule aux 2e, 3e et 4e cantons. Cette monnaie est en partie décentrée et s’évalue 75 euros.

L’Indochine française (ou l’Union indochinoise française) est une ancienne colonie d’exploitation, création de l’administration coloniale, regroupant, sous une administration unique : le Tonkin, l’Annam et la Cochinchine sous le nom d’état du Viêt Nam (territoire identique à celui de l’actuelle République socialiste du Viêt Nam), le Laos et le Cambodge et le territoire de Kouang-Tchéou-Wan. L’unité monétaire y est la piastre.
Après une phase de conquête où se distinguèrent missionnaires, officiers et géographes, la politique coloniale française en Indochine vit s’illustrer des hommes politiques comme Jules Ferry, Paul Bert, Paul Doumer ou Albert Sarraut.
Lourde fiscalité et pression administrative furent à l’origine de troubles, avant que la montée du nationalisme annamite, la seconde guerre mondiale et l’intervention du Japon ne mettent fin à un siècle de présence française en Indochine.

La conquête de l’Indochine

L’évangélisation du Tonkin, de la Cochinchine et du Cambodge se fait entre 1658 et 1700.
Les premiers missionnaires catholiques de nationalités portugaise, espagnole, italienne et française mettent le pied en Indochine au XVIIe siècle et fondent des communautés chrétiennes.
Dans les années 1620, un missionnaire, le père Alexandre de Rhodes, met au point une écriture vietnamienne fondée sur l’alphabet latin. Toutefois, l’enseignement du Hán tự, le système d’idéogrammes chinois, continue dans les écoles. En 1661, le missionnaire François Pallu part pour une mission d’évangélisation et d’alphabétisation au Tonkin.
Il faudra attendre le début du XXe siècle, pour que le Quốc ngữ, le vietnamien alphabétisé, s’impose graduellement, malgré la résistance des lettrés. Le Quốc ngữ sera imposé dans les écoles au détriment du sino-vietnamien, jugé comme un patois déchu. Ce nouvel alphabet facilitant l’apprentissage du français, l’administration française n’y sera pas étrangère.
En 1757-1761, la France perd ses possessions en Inde, à la suite de la guerre de Sept ans contre le Royaume Uni. (Monnaies et détection, n° 82 et n° 84)
À partir de 1763, sous Louis XV, les Français vont donc chercher à s’implanter en Asie pour s’assurer des débouchés. C’est le début des relations diplomatiques et des aides militaires françaises à l’Annam et au Tonkin. C’est aussi la présence des premiers commerçants français à Tourane et Saïgon.
L’empire d’Annam est dirigé par la dynastie des Nguyễn, qui s’étend du nord au sud de la péninsule indochinoise, sur sa côte orientale, du delta du Fleuve Rouge à celui du Mékong. Il est bordé à l’ouest par l’actuel Laos, morcelé en principautés, et au sud-ouest par le royaume khmer, entré dans une longue période de décadence.
De 1783 à 1788, sous Louis XVI, un premier projet de colonisation est mis en place : la France aide l’empereur Gia Long à prendre le pouvoir. Gia Long unifie le Vietnam. En remerciement, la France reçoit le comptoir de Tourane et l’archipel Poulo-Condore en 1788.
De 1793 à 1798, à cause de la Révolution française, la France renonce à son projet de conquête de l’Indochine, et abandonne le port de Tourane et l’archipel de Poulo-Condore.
Lors du Traité de Vienne (1815-1816), ces deux possessions abandonnées ne sont même pas évoquées.
Sous Louis XVIII, un retour colonial en Asie est envisagé. Des religieux et des conseillers militaires sont envoyés après 1817.
La conquête de l’Algérie et sa pacification (1830-1848) retarde un retour militaire en Indochine, qui ne sera pas effectif avant les années 1850.
Au cours des années 1840, la persécution ou le harcèlement des missionnaires catholiques par les empereurs Minh Mạng et Thiệu Trị (r. 1841-1847) ne suscita que des réponses sporadiques et non officielles des Français.
En 1847, la France intervient encore non officiellement pour protéger ses missions menacées par les empereurs. Elle attaque Da Nang (bataille navale de Tourane).
Dès 1854, des relations diplomatiques et militaires sont engagées avec le Cambodge qui deviendra protectorat français en 1863.
La France obtient l’Indochine province après province, de 1858 à 1887.
Les premières interventions militaires françaises officielles remontent à 1858, à l’époque du Second Empire (1852-1871) avec comme prétexte la protection des missionnaires et des communautés chrétiennes.
En août 1858, l’escadre franco-espagnole de Charles Rigault de Genouilly débarque à Tourane et s’en empare. C’est la première intervention militaire officielle des Français. C’est le début de la conquête de la Cochinchine. La campagne de Cochinchine (vietnamien : Chiến dịch Nam Kỳ, 1858-1862), commence comme une expédition punitive franco-espagnole limitée et se termine en guerre de conquête française. Elle se conclut par la colonisation française de la Cochinchine, prélude à presque un siècle de domination française au Viêt Nam.
En février 1859, Saïgon, capitale de la Cochinchine d’alors, est prise par la France, seule, car l’Espagne a auparavant abandonné la conquête après l’échec d’une tentative contre Hué.
Le 5 juin 1862, c’est la conclusion entre la France et l’empereur de l’Annam du Traité de Saïgon, stipulant que les trois provinces orientales du sud du Dai Nam : Bien Hoa, Gia Dinh, Vinh Tuong et l’île de Poulo Condor, deviennent la colonie de Cochinchine française. La France obtient également pour sa colonie la liberté religieuse, le droit de commercer et voyager librement le long du Mékong, à ouvrir au commerce les ports de Tourane, Quang Yen et Ba Lac (à l’embouchure du Fleuve Rouge), le droit de commerce en Annam et au Tonkin et 4 millions de piastres (20 millions de francs or).
Les Français placent leurs trois provinces vietnamiennes du sud sous le contrôle du Ministère de la Marine.
En 1863, le Cambodge est placé sous protectorat français.
En 1867, la France érige en colonie la Cochinchine et annexe le Cambodge. … La suite dans Monnaies & Détections n° 85