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Monnaies et Détections

Archive pour décembre, 2017

97.07

Ci-joint ma nouvelle découverte sur le secteur de Garidech. Pourriez-vous me confirmer si c’est une romaine avec un diamètre de 19,2 mm et un poids de 3,5 grammes ? La matière ressemblerait à de l’argent… Si c’est une romaine, de quelle époque serait-elle et de qui s’agit-il ? Fillou 31
Oui il s’agit d’un denier serratus de la république romaine, reconnaissable immédiatement à son pourtour dentelé. L’avers présente un buste casqué et drapé de Rome à droite ; le casque est orné d’une tête de griffon et de deux épis ; au-dessus du casque, une marque de contrôle. Revers : C. POBLICI Q. F (Caius Poblicius Quinti Filius, Caius Poblicius fils de Quintus). Hercule debout à droite, tourné à gauche, étranglant le lion de Némée ; à ses pieds, sa massue ; devant un arc dans un carquois ; dans le champ à gauche, une marque de contrôle. Atelier : Rome. La monnaie mérite un nettoyage pour enlever cette gangue d’oxyde. Mais elle est trop usée pour figurer dans un médaillier honorable.

Le trésor médiéval des Terreaux

En 1993, lors de travaux de construction pour le réaménagement d’un parking sur une ancienne place, un trésor médiéval fut découvert par une équipe d’archéologues.

Place des Terreaux au XVIIe siècle.

Pour se remettre dans le contexte du Moyen-âge, il existait une ancienne place où des marchands venaient vendre leurs marchandises, on sait que les marchands lombards venus d’Italie du nord faisaient partie de la classe des commerçants d’expérience au début de la période capétienne. Ces derniers fréquentaient surtout la ville de Lyon pour ces foires. Très vite les conflits avec le domaine ecclésiastique posèrent problème aux marchands lyonnais dès le début du XIIIe siècle. A force de persévérance dans la qualité de leur travail, les marchands devinrent des prêteurs sur gage, mais aux yeux de l’Église tout prêt d’argent contre intérêt était considéré comme un péché d’avarice, c’est pour cette raison que dès le début du Moyen-âge le pape Léon Ier le grand avait interdit les prêts d’argent par le droit canonique. Avec l’Archevêque Renaud II de Forez à la fin du XIIIe siècle, on s’était même battu en employant les armes, car la charte signée en 1195 sur les taxes des marchandises n’était pas respectée.
La place en question fut contrôlée un temps par les religieux, ce qui permis de limiter les convoitises et un éventuel siège par les Dombes. Les bourgeois avaient décidé de fortifier l’emplacement en élevant une muraille solide au pied de la colline St Sébastien toute proche des lieux. Cette colline dite “pente de la croix rousse”, fut aménagée d’une tourelle de guet pour observer les contrôles au pont du change. Un autre mur beaucoup plus épais, d’environ 2 mètres sur 10 mètres de hauteur, fut construit entre la Saône et le Rhône sur une longueur de plusieurs centaines de mètres. A chaque extrémité un pont-levis fut mis en place puis protégé par des tourelles de guet. Le fossé séparant les deux murailles était de 22 mètres de large. Le lieu digne d’une place forte était probablement parsemé de maisons fortes seigneuriales pour se protéger. La paix fut revenue finalement sous le pontificat du pape Innocent III. En 1247, malgré les restrictions imposées, ce fut le début des banques de prêt grâce au caractère opiniâtre et à l’expérience aiguisée des prêteurs et des agents de crédits, quoi de mieux pour s’enrichir et cumuler de l’argent dans les trésors !
La guerre de Cent Ans arriva en 1337, de nombreux banquiers, prêteurs, riches commerçants, aristocrates, et notables présents dans les environs, périrent de la peste dans les années qui suivirent. En plus de cette cause, le trésor des Terreaux fut probablement caché pendant la durée du siège de la ville lyonnaise. En effet la cité de Lyon, comme tant d’autres aux environs, devait se mettre en défense maximale en 1362 contre des bandes victorieuses des grandes compagnies de “tard-venus”, et d’autres écorcheurs assoiffés d’or, vainqueurs des troupes royales à Brignais. Le péril avait été assez grand pour affoler les riches marchands italiens piégés dans la cité lyonnaise, et n’ayant pas envie de payer les pillards sanguinaires, ou d’aider financièrement les magistrats de la cité à payer rançon obligatoire pour détourner les écorcheurs du sac de la ville de Lyon ; certains avaient probablement caché leur butin.

respectivement ; Avers d’un sol coronat de Provence. – Ecu d’or de
Philippe VI le valois. – Revers d’un florin d’or.

Lion d’Or

Le musée de la Cité de l’or, situé à Saint Armand Montbron, département du Cher, a subit un vol début octobre. De nombreux bijoux en or, deux ostensoirs et un lion réalisé en tôle d’or ont été volés. Le préjudice total est estimé à plus de 120 000 euros, une estimation basée sur la valeur des objets. Bien sûr, le lion, sculpture de l’artiste Goudji est estimé à lui seul à plus de 80 000 euros, alors qu’au poids de l’or : 705,9 g, il n’en vaut même pas 25 000…
Source : leberry.fr

97.01

Bonjour, j’ai trouvé cette pièce où médaille dans le jardin de mon voisin dans le 59. Que pouvez-vous me dire à son sujet ? Merci, Jean-Luc
Un bateau toute voile dehors, prend la mer, béni par un ecclésiastique sur la terre ferme à droite. Au revers on distingue un nom et semble-t-il une date : HEINDRICK ESTUE, les deux lignes suivantes sont moins visibles DERE MAANT DEN 28 DAGN 1773. Il semble que nous soyons en présence d’une médaille bénissant ou commémorant un voyageur ou un marin d’origine néerlandaise (Maant signifie appelle dans cette langue). La traduction des deux dernières lignes signifiant les 28 jours 1773. Une traversée de l’Atlantique correspondrait à cette durée à cette époque. Très originale trouvaille pleine d’émotion… On se trouverait donc en présence d’une médaille commémorant le voyage de ce monsieur ? Qui est capable de se lancer dans la recherche généalogique de cette personne pour confirmer cette belle hypothèse ?

Les chaines de la production monétaire gauloise

10 grammes d’or

2 décembre 1804, un petit bonhomme d’origine Corse est sacré empereur. Ce jour-là, Napoléon porte, tel un César, une couronne de laurier en or ! Cette couronne, œuvre de l’orfèvre Biennais était composée de feuilles entièrement en or, chaque feuille de 9 cm de long pesant 10 grammes d’or. Lors des premiers essais, Napoléon jugea la couronne trop lourde à porter et demanda donc à Biennais de l’alléger. Ce dernier ayant six filles, il enleva six feuilles et en donna une à chacune de ses filles. Ce qui au final est une chance car sinon ils n’en resterait plus une seule… A la chute de l’Empire, la couronne fut fondue par la Monnaie de Paris « malheur aux vaincus », il ne restait donc plus que six feuilles. Les aléas de la vie ont fait que plusieurs ont été perdues, volées, fondues… Il n’en reste de nos jours que deux, comme étant certifiées provenant de la couronne de Napoléon. L’une d’elle passa en vente dans les années 1980, préemptée par le musée de Fontainebleau pour 80 000 francs à l’époque ! L’autre feuille, toujours dans la descendance Biennais, va passer aux enchères fin novembre. Au moment où nous mettons sous presse, nous n’avons pas le résultat de la vente, seulement la mise à prix : 150 000 euros ! Pas mal, pour 10 grammes d’or, surtout que cette feuille, si elle a bien fait partie de la couronne d’origine, n’a pas été portée le jour du sacre, puisque Napoléon lui-même les avait fait démonter…
Source : actu.fr/ile-de-france/fontainebleau