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Monnaies et Détections

Archive pour août, 2019

107.13

Bonjour, voici une monnaie que je viens de trouver ce week-end en Ariège (petite sortie entre deux ondées). Je pense qu’elle est en argent et qu’elle pourrait être espagnole. Elle pèse 1 gramme. Pourriez-vous m’en dire plus ? Un fidèle lecteur, William
Oui, il s’agit bien d’une monnaie espagnole : un demi réal de Grenade de l’époque des rois catholiques, fin du XVe siècle. Avers : + FERNANDVS: ET: ELISABT:, faisceau de six flèches (Ferdinand et Isabelle, par la grâce de Dieu). Revers : + REX: ET: REG CAST: LE: Joug ; lettre d’atelier dans le champ au-dessous d’une croix (roi et reine de Castille, Léon, Aragon et Sicile). La monnaie est percée et son état est TB, c’est une monnaie qui se négocie 20 euros.

Une histoire de détection bretonne (suite et fin)

Dans le M&D n° 100 vous aviez pu lire le récit de Gweltaz au sujet de la découverte de nombreuses balles de fusils sur une plage du nord de la Bretagne. Vous êtes certainement nombreux à vous poser des questions sur les raisons de leur  présence aussi nous allons tenter de vous apporter quelques éléments de réponse…

Les balles retrouvées par Gweltaz peuvent être identifiées de façon précise. Sur la photo de la page 16 (M&D n° 100), en bas à droite on peut aperçevoir deux balles (oxydées) pour le fusil allemand Mauser 7,92 mm et au centre se trouvent plusieurs balles en plomb déformées qui semblent correspondre au calibre de 11 mm Gras modèle 1874. Enfin à gauche, des balles D pour le fusil Lebel modèle 1886 dont certaines sont déformées. Nous allons nous intéresser plus particulièrement à cette dernière munition qui a par ailleurs été retrouvée en assez grand nombre (plusieurs centaines d’exemplaires) sur cette plage.
Ces deux munitions (11 mm et 8 mm) ont tout d’abord été tirées par des armes règlementaires françaises probablement entre le dernier quart du XIXe siècle jusqu’au premier quart ou le premier tiers du XXe siècle. Ces armes étaient le plus souvent des fusils et des mitrailleuses en dotation dans l’armée française au cours de cette période et régulièrement lors de leur service militaire, les troupes étaient régulièrement entrainées aux tirs sur des terrains aménagés. Certaines plages du littoral plus accessibles à marées basses constituaient également des zones dégagées et permettaient de s’exercer au maniement des armes à feu (fusils et mitrailleuses) mais également au tir à l’aide de cibles.
Il existait certainement à proximité de la plage où Gweltaz a retrouvé toutes ces balles et à une distance relativement proche un ancien terrain de manœuvres ou un lieu de cantonnement pour les troupes françaises. A Saint-Brieuc, dans le nord de la Bretagne, la caserne Charner construite en 1875 fut chargée d’accueillir le 71e régiment d’infanterie et la caserne des Ursulines a également abrité le 271e régiment d’infanterie. Ce sont peut-être des troupes qui appartenaient à ces deux régiments qui se sont entrainées au tir sur les plages où ces nombreuses balles furent retrouvées ?

Photos de Gweltaz, M&D n° 100 page 16.

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 107

Trésor de grenier, suite

En 2014 un fuite de toiture dans une vieille demeure de Toulouse permettait la découverte d’un tableau oublié dans une soupente, un tableau qui sera à sa découverte attribué au peintre Caravage ! Probablement pillé par les armées de Napoléon (Monnaies & Détections 88). Après des années d’expertises et contre-expertises, le tableau devait finalement passer en salle des ventes en juin dernier, les Caravage ne sont pas signés et pour certains le doute persistait. La mise à prix devait démarrer à 30 millions d’euros, quand même ! L’État français avait dans un premier temps, bloqué la sortie de territoire, ce qui permet aux musées français d’enchérir à moindre coût, l’interdiction de sortie de territoire faisant sérieusement baisser le prix d’une œuvre d’art.
Finalement les musées français ont laissé passer, et il n’y a pas eu de vente aux enchères, la transaction s’est faite de gré à gré. L’acheteur serait un milliardaire américain et le supposé Caravage baptisé « Judith et Holopherne » aurait changé de main pour plus de 100 millions d’euros…
Sources : connaissancedesarts.com / Monnaies & Détections 88

107.4

Bonjour la rédaction, je voudrais vous faire partager la trouvaille d’une vie de prospecteur à savoir ce solidus de Constance, atelier de Trêves. Bien à vous, Bruno
Il s’agit bien d’un solidus mais pas la trouvaille d’une vie de prospecteur ! Trouvez un dépôt de trois cents de ces monnaies et cela commence à représenter la trouvaille d’une vie de prospecteur ! Avers : buste de Constance II à droite, coiffé d’un diadème perlé, cuirassé. CONSTANTIVS AVGVSTVS “Constance auguste”. Revers : deux Victoires ailées, debout se faisant face, tenant des deux mains entre elles une couronne portant inscription des vœux. Différent d’atelier en exergue. VICTORIAE DD NN AVGG, dans le champs VOT XX MVLT XXX TR Victoriae Dd (dominorum) Nn (nostrorum) Augg (augustorum) :
“Les victoires de nos seigneurs augustes”. Vot (is) XX (vicennalibus) Mult (is) XXX (tricennalibus) : “Vœux pour le vingtième anniversaire de règne et plus pour le trentième à venir”. Cette monnaie a été frappée en 347-348. Elle est en état SUP, autant que nous puissions voir avec la faible définition de vos images, et se négocie aux alentours de 2000 euros net.

En 2008, Monsieur C révélait la découverte du trésor de sa vie 30 ans plutôt. Cela s’est passé au sud-ouest de Vézelay sur la commune de Saint-Aubin-des-Chaumes.

Dans les années 70, il se promène avec sa femme sur une parcelle cultivée et trouve à l’œil nu une pièce romaine en bronze. Il revient avec un détecteur de métaux et découvre un dépôt sous la forme d’une poterie et un tonnelet tirelire rempli de monnaies. Il trouve même une grande quantité de statuettes en bronze : un grand Apollon et d’autres nombreuses divinités romaines, des bijoux, des cuillères et un miroir en argent. Après un très long nettoyage, il dispersera son dépôt au fil des années, en vente aux enchères ou à des professionnels de l’Antiquité et de la numismatique.
Le remords le prend en 2008. Il est alors âgé de 87 ans. Il a gardé une trace de son histoire avec photos, schémas et croquis, il prend contact avec le conservateur local pour faire sa déclaration. Evidemment la DRAC porte plainte, mais elle est classée sans suite pour prescription de l’action publique. Pour citer le média d’où vient cette information : « il reste heureusement aux scientifiques français les moulages de plâtre et une excitante campagne de fouille qui se poursuivra jusqu’au 27 juin. » Une excitante campagne de fouille… Si ce n’est pas malheureux de lire cela.

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 107

15 lingots d’or

A trouver ! C’est un jeu, une sorte de chasse aux trésors, mais avec à la clé de vrais lingots, bon des lingots de 10 grammes, mais quand même… Des lingots cachés par la société de jeu « Escape Hunt » dans ses salles de Nancy (8 lingotins à trouver) et la salle de Jouy-aux-Arches près de Metz (7 lingotins à trouver). Les lingots seront cachés dans les salles de jeux, on vous y enferme et vous devez résoudre des énigmes pour en sortir, et vous aurez la possibilité de trouver un lingot,
mais il faut gagner la partie et résoudre l’énigme pour repartir avec ! Les lingots seront à gagner du 15 juin au 31 décembre.
Source : Escape Hunt Metz

Qu’a bu l’âne au lac ?

Ce matin, l’alarme du portable (guitare rythmique avec vibreur) annonce le réveil. Elle a l’air plus doux qu’à son habitude lorsque cruellement elle signale le moment fatal où finit ma nuit pour me rendre au travail. Non !! Aujourd’hui il est temps de me réveiller, de me lever et animé d’une humeur badine, de débuter une longue et belle journée de prospection. Par l’interstice des volets en clef, je devine le jardin baigné de soleil. La météo n’a pas menti (une fois n’est pas coutume !) et c’est déjà un bon début !
Après un passage rapide sous la douche et un petit déjeuner sur le pouce, je descends 4 à 4 les escaliers. Le Déus en mode charge, dans un garde à vous impeccable, m’attend gentiment dans un coin du salon. Surtout ne rien oublier (on oublie toujours quelque chose !!) : la télécommande, le casque, la pelle, le GPS, les cartes IGN, les casse-croûtes préparés amoureusement la veille, le couteau Laguiole (prononcez Laïole) et le petit rouge de derrière les fagots qui va bien. Tout y est ! Un petit « ding » sur le portable (note par défaut) me signale que je viens de recevoir un sms. « Coucou poulet (lui c’est lapin) je décolle, je suis chez toi dans un quart d’heure. »
20 mn plus tard (5 mn comprises pour l’indispensable rituel du partage du café) nous démarrons dans le matin lumineux, excités comme des électrons libres et heureux comme des gamins en récréation qui vont passer une journée formidable dans un immense terrain de jeux de pistes et de chasse au trésor, dressé dans un décor fabuleux. Aujourd’hui les sites que nous avons choisis se trouvent dans l’Aveyron et le Tarn.
Malgré les 100 km qui nous séparent de la base de loisirs du lac où nous nous rendons en premier lieu, le temps passe vite. Je vous laisse imaginer. L’évocation de la dernière monnaie qui pète le feu, la fois où l’on s’est perdu pendant des heures dans la forêt, le souvenir tant de fois ravivé du trésor d’Augier Delpech (n° 100 de Monnaies & Détections) ou celui plus drôle de la Poisse (n° 103 « Antique ou en toc »). Le nez à nez avec une harde de sangliers belliqueux ou grognons, le nez à nez avec un agriculteur belliqueux ET grognon, le commentaire sur les derniers articles de Monnaies & Détection. Et comme à l’accoutumée le débat unilatéral mais passionné sur les lois scélérates qui tendent à brimer notre cher loisir. Bref de quoi alimenter largement la discussion durant tout le temps du trajet.
La route sinueuse et étroite nous offre un décor bucolique, fait d’épicéas, de chênes et de châtaigniers remarquables. Des champs à perte de vue où paissent des vaches aux mamelles pleines d’un bon lait bien crémeux et de temps en temps un gros corps de ferme, ouvrages aux murs aussi épais que le lait des vaches, en pierre de taille et aux toits en lauze.
Au détour d’un énième virage, comme une image de carte postale, le lac apparait, majestueux. Son niveau d’eau est très bas et donc idéal à prospecter. C’est un lac de hauteur et l’été, malgré la canicule, l’eau est assez fraîche. Aussi par un phénomène naturel, les doigts des baigneurs dilatés par la chaleur se contractent sous l’effet de l’eau froide (comme d’autres parties de leur anatomie que l’on compare moqueur à un escargot dans sa coquille) et pour le malheur des vacanciers mais pour le plus grand bonheur des prospecteurs, les bagues ont une fâcheuse tendance à se perdre dans l’eau profonde. Cette zone de baignade étant asséchée, il est donc généralement fort possible de faire de belles trouvailles.

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 107

Tôle d’or !

Encore une belle découverte à l’actif d’un prospecteur anglais. Ian Tucker qui prospectait un champ dans le Comté du Dorset a d’abord trouvé un petit morceau d’or ! Et en poursuivant ses recherches il a trouvé un autre morceau, énorme celui-là et toujours en or !
Une sorte de tôle d’or, enroulée sur elle-même, peut-être un bracelet (creux) de l’âge du bronze, dont le poids total dépasse les 100 g d’or et il n’est pas impossible qu’il manque quelques morceaux… Une expertise est en cours ; si c’est bien un bijou de l’âge du bronze, on parle déjà d’une estimation de plus de 20 000 livres Sterling…
Source : metro.news

107.8

Bonjour, je vous fais parvenir quelques photos d’un dé, trouvé dans une commune au sud de Perpignan. Il me semble en plomb, pour un poids de 17 g, et ses arêtes mesurent entre 1 et 1,2 cm. On voit bien qu’il s’agit d’un objet plutôt artisanal étant donné l’irrégularité des faces et des trous. Chose amusante, il comporte deux faces 5, et le 4 est absent. Quelle pourrait être sa datation, sachant que les dés à jouer ont existé de tout temps… En vous remerciant, Quentin
Il nous est impossible de le dater. Seul le contexte de trouvaille et l’étude de la couche archéologique où il se situe permet de le dater. Un dé reste un dé, ils seront invariablement fabriqués sous la même forme avec des ponctuations ocellées simples à triple ou non pendant les quinze premiers siècles de notre ère, et avant notre ère. Tout juste pouvons-nous vous dire que vous n’avez pas le seul dé antique ou médiéval avec deux faces 5. « fin Xe-mi XIe siècle, Coppergate, York, 1 dé en ivoire de morse (29 x 23 x 22 mm) endommagé par le feu, 6/5, 4/3, 5/?, tous deux à ocelles simples ; le deuxième dé est de taille importante et comporte deux 5 !

Les Anglais encore et toujours avec leurs bases de données :

https://www.yorkarchaeology.co.uk/resources/picture-library/picture-library-2/viking-age-coppergate/