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Monnaies et Détections

Archive pour mars, 2020

Sortie différée du n° 111

Bonjour, 

Le covid-19 et l’actuelle situation économique nous obligent à différer la sortie du numéro 111. Celui-ci est prêt à être imprimé et dès que les feux seront au vert, les abonnés le recevront et les autres lecteurs pourront le trouver dans leurs kiosques habituels avec toutefois un peu plus de difficulté car nous imprimerons une quantité inférieure de trente pour cent à notre habitude. Vous avez bien sûr la possibilité de vous abonner en ligne pour ne pas avoir à vous préoccuper de cette future recherche sur le lien suivant : https://www.webabo.fr/monnaies-et-detections-abonnement-an-xml-293-2186.html

En attendant restez chez vous !

Gilles Cavaillé

Sceau Médiéval

En 1976, il fut découvert par hasard, un sceau en ivoire de morse, dans une boite cachée dans un abri de jardin dans le Kent, Angleterre. Le sceau fut daté du début du IXe siècle ! Personne n’a jamais déterminé sa provenance réelle… Très rares pour l’époque concernée, probablement de 1040-1050, cinq seulement, sont connus dont trois en ivoire de morse.
Il fut vendu aux enchères en 1977 et bien que le British-Museum soit sur les rangs, il fut battu aux enchères. En 1996, il repasse en salle de vente, le British-Museum se le fait souffler une nouvelle fois sous le nez par un particulier norvégien, grand collectionneur de sceaux. Finalement, une troisième vente de gré à gré, dont le prix n’a pas été révélé, a permis au British-Museum d’acquérir ce sceau en ivoire. On y voit, au niveau des trous destinés à le suspendre, un dragon ou serpent qui se mord la queue, comme sur certains torques celtiques. « L’ouroboros », le mot est grec, mais le symbole plus ancien, le serpent qui se mord la queue symbolisant le cercle, l’infini, le point de départ se confondant avec celui d’arrivée…
Un homme barbu, tenant une épée, est représenté au centre du sceau, entouré d’une titulature en creux : SIGILLUM WULFRICI, le sceau de Wulfrici. Une pièce rarissime, désormais visible dans les vitrines du British-Museum.

Source : thehistoryblog

110.18

Bonjour, pourriez-vous me renseigner sur les objets ci-joints trouvés au Sri Lanka ? Michel
Houlà, on s’éloigne de notre zone d’identification. Il semble que l’on soit sur un petit lingot de cuivre en forme aplatie hélicoïdale avec les inscriptions suivantes « 4 » et en plus petit « 3 /4 ST » en dessous. A l’autre extrémité, des symboles ressemblant un peu à la lettre grecque Phi, un cercle transpercé par un trait, le tout dans un cercle perlé. On ne sait pas mais peut-être qu’un lecteur aura une réponse au prochain numéro à propos de cette monnaie non conventionnelle, si c’en est une !

Trésor romain trouvé en Suisse pendant l’été 2019

Mi-novembre les journaux, radios et sites internet la Liberté, BZ Basel, Basler Zeitung, Le Nouvelliste, Swissinfo, Radio Lac, Radio Fréquence Jura, Bluewin.ch, etc. reprennent l’information initialement donnée par L’Agence Télégraphique Suisse : à Pratteln un trésor composé de 293 deniers romains en argent a été découvert par un « employé volontaire » du service d’archéologie de Bâle-Campagne. C’est l’un des plus importants ensembles de monnaies romaines jamais trouvés en Suisse.

Les fouilles © Photo du Service d’Archéologie de Bâle-Campagne

La découverte du trésor

L’ « employé volontaire » du Service d’Archéologie de Bâle-Campagne, qui est à l’origine de la découverte est un prospecteur amateur qui a obtenu une autorisation de recherche. C’est en forêt, sur les pentes de la colline de l’aigle (Adlerberg), près de Pratteln, qu’il trouve le trésor pendant l’été 2019. Les archéologues suisses précisent que les pièces ont été trouvées en un lieu qui aujourd’hui ne présente pas de particularité. Ils supposent qu’il devait s’y trouver alors une pierre ou un arbre remarquable qui pouvait permettre de retrouver l’emplacement du lieu d’enfouissement. Ils soulignent qu’à cette époque, où les banques n’existaient pas, il n’y avait rien d’inhabituel à cacher ainsi son argent. Pour l’Agence Télégraphique Suisse « on ignore pourquoi les pièces n’ont finalement jamais été déterrées. On ne sait pas non plus où leur possesseur vivait. Il existe deux vestiges de domaines romains connus à Pratteln, l’un situé près du centre de la ville. Depuis ce dernier, le propriétaire des espèces aurait eu sa cachette toujours en vue ».

Le trésor © Photo du Service d’Archéologie de Bâle-Campagne

 

Trésor oublié

Tom Clark, un prospecteur anglais, pratique la détection de loisir depuis plus de 40 ans. Agé de 81 ans, Tom a fait récemment du ménage dans son garage, retrouvant à l’occasion des boîtes de trouvailles anciennes, l’une d’elles contenait un trésor ! Une bague qui une fois nettoyée, s’est avérée être en or ! Une bague sceau avec une intaille du XIVe siècle. Tom pense l’avoir découverte entre 1979 et 1980, mais il ne se souvient plus de l’endroit précis… La bague, qui devrait passer aux enchères, est estimée à 10 000 £.

Source : bbc.com

110.05

Bonsoir, pourriez-vous identifier ces deux monnaies (format silique) trouvées dans une vigne à côté de Sainte-Foy-La-Grande en Gironde ? Merci, cordialement, Pascal
Alors la première est une silique d’Honorius (393-408) frappée à Milan. Avers : D N HONORI-VS P F AVG. Buste diadémé, drapé et cuirassé, d’Honorius à droite vu de trois quarts en avant “Dominus Noster Honorius Pius Felix Augustus” (Notre seigneur Honorius pieux heureux auguste). Revers : VIRTVS ROMANORVM MDPS. Rome assise à gauche sur une cuirasse, tenant un globe nicéphore de la main droite et une haste renversée de la gauche. “Virtus Romanorum”(La virilité des Romains). La monnaie est en état TB + et s’estime entre 90-110 euros.
La seconde silique est plus difficile à identifier sans une bribe de légende de son nom à étudier, autour du règne d’Honorius vous aviez : Eugenius, Thédose, Constance, Gratien, et le revers « Virtus romanorum » a été largement utilisé par ces empereurs. Faites donc votre choix, mais nous on a une petite préférence pour Eugène dont le portrait présente une barbe et un nez un peu busqué comme sur votre exemplaire. Monnaie à mettre dans un médailler pour une vingtaine d’euros.

Comment chercher les météorites

Dans l’article « Les météorites. Que sont-elles ? » paru dans Monnaies & Détections n° 106, nous avons vu de quoi étaient faites les météorites, mais avant de vous lancer dans cette recherche particulière, il semble bon d’avoir un minimum de connaissances sur ces objets célestes, et je vous conseille fortement la lecture des ouvrages suivants qui vous seront d’une très grande aide pour vos recherches. A savoir :
- M et F, Franco, « Chercheurs de météorites », 2004
- A. Galien, « Les météorites ces pierres tombées du ciel », 2005
- A. Carion, « Les météorites et leurs impacts », 1993
- J.P Poirier,  « Ces pierres qui tombent du ciel », 1999
- M. Gounelle, « Météorites : à la recherche de nos origines », 2017
- B. Melguen, « Les Météorites messagères de l’espace », 2013
- P. de Wever et E. Jacquet, « Terres de météorites », 2016
- S. Bouley, « Impacts des météorites aux cratères », 2017
- M. Mattauer, « Ce que disent les pierres », 1998
- Collectif, « Cahiers du règne minéral », n° 1, 3 et 4, édition du Piat
Après avoir lu les dits ouvrages, vous n’avez plus aucune excuse pour pouvoir reconnaître une météorite d’une roche terrestre… A lire également le très bon sujet de G. Gesink dans « Le manuel du prospecteur », 2016.

Mais avant tout, que dit la législation de votre pays sur ce sujet ?

En France, la loi est simple : « la collecte de météorites ne tombe pas sous la loi 89.D mais est régie par l’article 552 du code civil », ce qui ne contraint le prospecteur qu’à obtenir l’autorisation du propriétaire du terrain qui est légalement propriétaire de tout ce qui se trouve sur ou dans le sol. Les météorites ne sont pas considérées comme des choses « sans maître » et encore moins comme des « trésors », loin de là, il est établi qu’une météorite appartient de droit au propriétaire du terrain où elle est venue s’échouer, ce terrain, elle y est dès lors physiquement associée. C’est un point de droit qu’il faut connaître, c’est-à-dire que si vous avez la chance de découvrir une météorite mais sans l’autorisation du propriétaire, vous n’avez aucun droit légal de demander les 50 % de la valeur de celle-ci, cette météorite n’étant pas un trésor et si vous n’aviez aucune autorisation, vous êtes en infraction.
Mais attention, tenter de s’approprier une météorite trouvée chez autrui sans l’accord du propriétaire constitue donc un délit (vol et recel)(1). Alors je vous conseille vivement de toujours faire un accord écrit, stipulant exactement le but de la recherche de météorites et en cas de découverte, de son partage à 50/50 %, également prévoir dans cet accord que l’objet découvert sera déclaré et analysé par des experts indépendants du musée des sciences naturelles de Paris (par exemple), pour être sûr de la nature de l’objet découvert. Les prix des météorites se négocient au gramme et en fonction de leurs compositions et raretés. Cela vous évitera de tomber sur un négociant peu scrupuleux qui expertisera votre découverte comme une « chondrite ordinaire », les moins chères du marché dans la catégorie des pierreuses. En cas de découvertes inédites c’est-à-dire d’une chute non connue, les prix peuvent être multipliés par 10.
Il faut comprendre aussi qu’un accord verbal n’a aucune valeur en cas de litige avec le propriétaire. Ce sera à vous de prouver qu’il y a eu accord verbal, bonne chance, ce sera votre parole contre celle du propriétaire. A partir du moment où vous êtes prospecteur, vos chances frôlent le zéro absolu. Vous pouvez faire rédiger un contrat type par un notaire, mieux encore par un avocat spécialisé. Cette petite dépense étant votre garantie, cela vaut la peine, et enfin vous pouvez vous inscrire au « programme européen de recherches intersidérale », cela pourra grandement vous aider lors de vos démarches auprès des propriétaires terriens.

La suite de l’article dans Monnaies & Détections n°110 …

Pépite d’or

Une très belle pépite, deux pour être précis, l’inventeur pense à juste titre qu’il n’y en avait probablement qu’une à l’origine. Les deux morceaux s’imbriquent parfaitement l’un dans l’autre… et une fois réunis atteignent le poids de 121,3 grammes !
Ce qui serait le nouveau record pour une pépite découverte en Angleterre, dans une rivière d’Écosse et pas par hasard, mais par un chercheur d’or ! Une recherche sans détecteur, la méthode employée étant le « sniping » qui consiste à déblayer et curer les crevasses au fond d’un cours d’eau aurifère, ce sera toujours au fond de ces crevasses que l’on va trouver les métaux les plus lourds, principalement du plomb de pêche et de chasse, et de l’or si le cours d’eau en contient vraiment !
Le précédent record anglais était de 85 g, une pépite elle aussi découverte dans une rivière écossaise et qui vraisemblablement a suscité des vocations de chercheurs d’or ! Et si les puristes préféreront peser séparément ces deux pépites, le record est tout de même battu, le plus gros pesant 89,6 g et 31,7 g pour le petit, visiblement et sans aucun doute de l’or roulé. L’inventeur a préféré garder confidentiel le lieu précis de la découverte, mais cette trouvaille hors norme, va certainement déclencher elle aussi de nouvelles vocations, et puis un record est toujours fait pour être battu !

Source : cnn.com

110.13

Bonjour, j’ai trouvé en détection du côté de L’Isle-en-Dodon ces deux objets : la platine ronde avec la tête du diable, je pense à une déco de carrosse, de porte ou de coffre ? Pour le deuxième qui ressemble à une aiguille d’un diamètre de 5 mm, d’un poids de 3,8 g percé d’un trou avec des stries (déco?) : peut-être du romain mais sans conviction. A côté de l’objet j’ai trouvé une pièce romaine. Pourriez-vous m’en dire plus ?
Il s’agit bien d’une applique décorative sur un élément quelconque : coffre, meuble voire carrosse. Elle présente le visage grimaçant d’un satyre, époque XVIIIe siècle.
Quant à votre petit élément en bronze, il ne peut être identifié en l’état car il manque l’ensemble dans lequel il devait prendre sa place.

Arnaques aux trésors

Trouver un trésor : un des plus vieux rêves du monde ! Combien d’hommes se sont lancés dans cette quête infernale et ont tout perdu, argent, famille, amis, raison et parfois même la vie et cela suite à la recherche de chimères, de fabuleux trésors, ne reposant sur aucun document historique mais uniquement sur des ouï-dire.

L’île Cocos

La plus grande chimère est sans contexte l’île des cocos – ou plutôt l’île des gogos –, l’île aux pirates censée recéler de fabuleux trésors que personne n’a jamais découverts ! 500 expéditions lancées entre 1841 et 2012, des millions et des millions dépensés, plusieurs morts par accident ou meurtres, plusieurs blessés graves et tout cela pour 33 misérables pièces d’or frappées entre 1773 et 1779 et rien d’autre… et pourtant on dit que… il paraît que… on raconte que… toujours des ouï-dire et rien d’autre, du vent, encore et encore… Et pourtant en 2019, certains écrivent encore et colportent cette chimère, sans apporter la moindre preuve, aucun document historique, aucune pièce d’archive, aucun travail universitaire, rien et encore rien, se contentant pour la plupart de copier er recopier la version de R. Charroux parue en 1962 dans « Trésors du monde : enterrés, emmurés, engloutis », comme l’écrit si bien J.P. Moreau à propos de l’île des gogos « on trouve juste quelques faits colportés par ceux qui écrivent sur les trésors, sans recherches originales, mais en se recopiant les uns les autres ».
Et en effet, je prends l’exemple du « trésor » de Graham Bennett, alias Benito Bonito « la lame sanglante », selon ces auteurs, ancien capitaine de la Royal Navy, ayant même secondé l’amiral Nelson à la bataille de Trafalgar (21 octobre 1805). Sauf que, hélas, les archives de la Royal Navy démontent avec fracas cette version ! En effet, aucun officier du nom de Graham Bennett n’a jamais secondé l’amiral Nelson, pire, aucun officier portant ce nom n’a servi dans la Royal Navy à l’époque, mais bon, il paraît que…
Ainsi les escrocs pariant sur la cupidité, la naïveté et le désir de certains de s’enrichir rapidement, montèrent de véritables arnaques aux trésors dans les années 1920-1930, la mode à Londres étant la recherche de trésors sur l’île des cocos, avec appels de fonds et annonces alléchantes dans les plus sérieux journaux de l’époque, et le très sérieux Daily Mail publiant des mises en garde contre ces arnaques ! Déjà le Daily Morning Call, très sérieux journal de San Francisco publia le 19 mars 1872 : « s’il n’y a pas de trésor sur l’île cocos, il y en a dans la poche des gens », à savoir dans la poche des arnaqueurs !
Car en effet, les grands gagnants dans ces histoires sont les chercheurs de trésors arnaqueurs, ceux-là ont déjà trouvé « le trésor » dès qu’ils mettent la main sur un sponsor, ou sur un pigeon à plumer ! Montant de la sorte des expéditions qui tournent rapidement court et reviennent bien sûr bredouille, le budget ayant été dilapidé en salaires, notes de restaurants et autres dépenses de luxe. Voilà le véritable trésor…, le cash des sponsors et des pigeons…

Le pirate-terrassier de l’île Cocos

La suite de l’article dans Monnaies & Détections n°110 …