MONNAIES ET DETECTIONS Le Blog

Monnaies et Détection, le blog

Bienvenue sur le Blog Officiel
Monnaies et Détections

Archive pour septembre, 2021

Ducatum bullonii, le Monaco des Ardennes

Le duché de Bouillon, à la frontière actuelle du Royaume des Belges et de la République Française, est fascinant à plusieurs titres pour un collectionneur. 

Liard de Bouillon.

En effet, le richissime duc de Bouillon était, à la toute fin de l’Ancien Régime, le maître d’une principauté mais aussi le comte d’Evreux. Titre associé à une pairie, il est le dernier des comtés du duché de Normandie qui est considéré comme très contrôlé et centralisé dès ses débuts et les quelques comtés qui le subdivisent sont confiés à des parents. Voici pourquoi il est étonnant que, bien après la chute de la Normandie en 1204, bien après le bris de l’anneau ducal en 1469, le comté d’Evreux existât encore en 1789 .
Si cette disgression normande était nécessaire, c’est parce que la fortune du duc de Bouillon lui vient de son comté-pairie d’Evreux bien plus que de sa souveraineté. Une situation qui rappelle celle de Monaco : fortune des Matignon-Grimaldi en Normandie, la plus grasse des provinces françaises avant la Révolution, et, en plus, pour le prestige d’alors mais aussi le plaisir des historiens d’aujourd’hui, une principauté aux confins de la France.
Or les principautés intéressent les numismates et les détectoristes trouvent moult monnaies (cf. le liard de Bouillon en illustration) voire d’insignes militaires venues d’icelles. Nous présentons ici un insigne du 98e Régiment d’Infanterie, le successeur du Régiment de Bouillon, des troupes allemandes servant la France, puisque le duché de Bouillon était du Saint Empire Romain Germanique. C’est ce régiment d’infanterie français qui en a prolongé les traditions, avis aux détectoristes et collectionneurs de militaria.
Le duché de Bouillon a perduré jusqu’en 1815, le Congrès de Vienne l’a condamné, contrairement à Monaco. Pourtant Bouillon avait un duc, servant comme militaire dans l’armée britannique victorieuse tandis que Monaco avait un prince – titre traditionnellement moins important que celui de “duc” – servant dans l’armée vaincue. Cependant Mr de Grimaldi était protégé par Talleyrand alors que personne n’épaulait plus l’ascension de Mr d’Auvergne.
Lequel s’appelait à sa naissance “Dauvergne” et n’avait jamais mis les pieds à Evreux non plus qu’à Bouillon avant d’être un adulte.

La suite dans Monnaies & Détections n° 119

King Henry gold specimen

Le plus gros spécimen d’or – les spécimens, dans la recherche d’or natif, sont des blocs de quartz où l’on voit les filaments d’or cristallisés, courir et suivre les veines de quartz –, découvert dans un filon australien de la mine de Kambalda en 2018, a finalement été vendu au musée de Perth, Australie. Les mineurs étaient tombés sur un filon exceptionnel, le plus gros bloc baptisé « King Henry », pèse 93 kilos pour environ 45 kilos d’or pur (M&D 103) !, vendu pour 3 millions de dollars au musée. Il y a déjà eu de plus gros spécimens découverts par le passé mais ils ont tous fini broyés… King Henry est exposé en compagnie d’une pépite d’argent, la Reine Karratha, découverte en 2000 dans un filon d’argent au sud de Karratha, Australie, c’est la plus belle et plus grosse pépite d’argent découverte à ce jour, elle pèse 145 kilos !


Source : thewest.com.au // Monnaies & Détections 103

119.05

Ci-joint la trouvaille faite hier aux alentours de Dieppe qui mesure 3,2 cm, pèse 57,2 grammes, Christophe.
On ne peut pas tirer beaucoup d’informations de cette statuette en bronze. Elle ne semble pas antique, on verrait plutôt une période plus récente. En tout cas le personnage dans sa robe couvrant les pieds et muni d’une capuche lui recouvrant le crâne suggère un moine en bure. On ne distingue quasiment pas le visage et le personnage semble porter quelque chose. On ne pense pas qu’il s’agisse d’une pièce de jeu d’échec et toutes les suppositions ne seront qu’hypothétiques sans la connaissance un autre objet identique et dument identifié.
Votre monnaie est un salut d’or de Henry VI de Lancastre : HENRICVS: DEI: GRA: FRACORV: Z: AGLIE: REX. Avers : l’archange Gabriel saluant la Vierge, les personnages sont vus à mi-corps et placés derrière les écus accotés de France et de France-Angleterre. Gabriel tend un volume inscrit AVE (descendant) ; au-dessus des rayons de lumière divine (Henri, par la grâce de Dieu, roi des Francs et des Anglais). Revers : (XPC’* VINCIT* XPC’* REGNAT* XPC’* IMPERAT: Croix latine plaine accostée d’un lis et d’un léopard, sous laquelle se trouve une h onciale, dans un décalobe fleurdelisé (Le Christ règne, le Christ règne, le Christ commande). La monnaie a été frappée à Paris (reconnaissable par la couronnelle qui démarre la légende de chaque côté) cette monnaie a été frappée en septembre 1423. Votre monnaie a la tranche légèrement écrasée sur la moitié de sa périphérie et on note à six heures sur l’avers une griffure. C’est un petit TTB- estimé à 1000 euros.

Les deux comtés de Hanau (suite)

Dans « Les deux comtés de Hanau » (M&D n° 102) nous avions tenté de montrer combien l’histoire des trois chevrons de Hanau est passionnante et saute du Rhin à l’Amazone. Ce blason se retrouve comme quartier des armoiries du grand-duché de Francfort.

5160 km2, 300 000 habitants, un grand-duc qui abdique le 28 octobre 1813 en faveur d’Eugène de Beauharnais et un contingent de 1300 hommes à fournir à la Grande Armée pour former le Régiment de Francfort. Comme tous les contingents germaniques, après la bataille de Leipzig perdue par Napoléon au soir du 19 octobre 1813, il se délitera. Cependant l’empereur va se voir couper la route à Hanau près de Francfort.
Ce 30 octobre, les Autrichiens, alliés aux Bavarois qui viennent de renverser leur alliance, coupent la route de l’armée française qui retraite depuis l’Est, depuis Leipzig, vers le Rhin.
Napoléon gagne et passe sur la route de Francfort. Il parvient à Mayence le 2 novembre.
La bataille de Hanau a donc sauvé les débris de la campagne d’Allemagne de 1813, pas tous cependant puisque, en 2015, il sera trouvé deux cents tombes de soldats français, sans doute des blessés de l’affrontement, morts dans les hôpitaux.
Son prédécesseur ayant abdiqué, depuis son refuge de Zürich, le 28, la bataille de Hanau ayant eu lieu deux jours après et les restes de l’armée française ayant quitté le grand-duché quatre jours après la renonciation, Eugène a donc formellement régné, sans gouverner puisqu’aux prises avec les Coalisés en Italie, sur le grand-duché de Francfort pendant quatre jours.
Evidemment, ce trop court règne n’a pas eu de conséquences numismatiques mais il permet sans conteste d’affirmer qu’Eugène de Beauharnais a eu sa couronne.

La suite dans Monnaies & Détections n° 119

119.02

Veuillez m’identifier cette trouvaille (dans un bois) bien oxydée, peut-être un bouton mais de quel vêtement ? Son poids est de 8 grammes et son diamètre de 33 millimètres. Cordialement, Pierre en Haute-Saône.
De par son grand diamètre, ce bouton devait être sur un vêtement style pardessus. Mais ne nous demandez pas la marque et la couleur du vêtement, on serait bien embêtés !

Le disque d’or de Cusco

Le Smithsonian American Art, musée à Washington, États-Unis, a récemment annoncé qu’il offrait à la ville de Cusco au Pérou, un disque d’or inca (ou pré-inca), qui est le symbole de la ville de Cusco ! Ce disque d’or, une feuille d’or martelée de différents signes et symboles, en or 22 carats, mesure 5,3 pouces de diamètre, environ 13,5 centimètres.
Le disque était dans les collections du Smithsonian depuis 119 ans ! Il apparaît la première fois dans les archives en 1853, il est alors offert au président du Pérou, José Rufino Echenique en visite à Cusco. À la mort de ce dernier, sa fille aurait vendu le disque en 1912 à un collectionneur privé… le docteur Gaffron, médecin allemand ayant vécu plusieurs décennies au Pérou et qui constitua une importante collection d’objets incas. Qui lui, le revendit au Smithsonian.
Les dernières études du disque le situent entre 800 avant JC et 100 après JC ; pour sa fabrication, il comporte 20 sections égales sur le pourtour, probablement un calendrier solaire ou lunaire voire les deux, puisqu’il n’a toujours pas été déchiffré ! Selon la légende, l’Inca pensait que le disque pouvait guérir toutes les blessures et prédire les tremblements de terre ! Après plus d’un siècle d’absence, il sera bientôt de retour dans la ville de Cusco.


Source : smithsonianmag.com

L’impôt du sang

Avant la guerre 1914-1918 et depuis la période napoléonienne, la conscription* se pratiquait par tirage au sort et comme il était permis aux citoyens aisés de se faire remplacer moyennant une contribution financière, on eut tôt fait de dénommer cette pratique « l’impôt du sang ».

Cette injustice profita à de nombreux « fils à papa » et autres petits bourgeois n’ayant aucune notion du devoir accompli. Ceux-là le payeront du prix fort lors du premier conflit mondial. Ils seront les premiers à périr au feu, la plupart n’ayant aucune notion du maniement des armes à feu ! Certains diront que justice fut rendue !
Cette pratique de la conscription fut instaurée en France par le décret du 23 août 1793 qui stipulait « dès ce moment jusqu’à celui où les ennemis de la France auront été chassés du territoire de la République, tous les Français sont en réquisition permanente pour le service des armées ». Le comité du salut public imposa la conscription pour les hommes célibataires âgés de 18 à 25 ans… Par la suite, la loi Jourdan du 5 septembre 1798 instituait la conscription universelle et obligatoire de tous les Français âgés de 20 à 25 ans.
En 1805, sous Bonaparte, dans les rues de Paris, on voyait bien que la population s’inquiétait de la mobilisation de dizaines de milliers de conscrits pour constituer une armée de réserve, cela ne fit qu’envenimer la situation.
Le Grand Empire napoléonien réclamait des conscrits pour soutenir son effort de guerre. Au total, plus de 2 millions d’hommes furent enrôlés dans la grande armée entre 1803 et 1814. A elle seule, la Belgique en fournit plus de 216 000 entre 1798 et 1813.
La confédération du Rhin dut mettre à disposition 100 000 hommes, la Suisse 12 000, et pour l’Italie 125 000 hommes furent mis à disposition de Bonaparte ! Les états satellites et alliés durent fournir 600 000 hommes, 90 000 polonais, 17 000 westphaliens, 5 000 napolitains, 7 000 hommes du duché de Francfort, etc, etc…

La suite dans Monnaies & Détections n° 119

L’or de l’âge du Bronze

Belle découverte pour des archéologues allemands, qui ont mis au jour la tombe d’une femme adulte, datée de 1 800 avant notre ère. Découverte réalisée au sud-ouest de l’Allemagne, près de la ville d’Ammerbuch-Reusten. Et pourtant, cette femme portait une spirale d’or dans ses cheveux, un chouchou en or !
Encore mieux, les analyses au spectromètre ont permis d’établir que cet alliage, naturel, d’or natif composé de 20 % d’argent, 2 % de cuivre, avec d’infimes traces d’étain et de platine, provenait très certainement de la rivière Canon située à Cornwall, Angleterre !
Cette rivière, relativement riche en paillettes d’or, a sans doute été une des premières d’Europe à être orpaillée par les tous premiers chercheurs d’or, c’est sans doute là que furent mises au point les premières techniques d’orpaillage, puisque cet alliage se retrouve un peu partout en Europe, dans les premiers bijoux en or, à l’époque de l’âge du Bronze ! Période comprise entre 3 100 av. J.-C. – 300 av. J.-C.


Source : thehistoryblog.com

119.7

Bonjour, pourrais-je savoir qui a émis cette monnaie de 1,20 g trouvée dans le 38 près de Voiron ? Sa rareté et sa valeur si c’est possible ? Cordialement, Arnaud.
Il s’agit d’une monnaie helvète, un denier NINNO, 80-50 avant JC. A l’avers : NINNO. Description avers : tête à gauche, la légende devant le visage et grènetis. Revers : NINNO. Sanglier enseigne à gauche ; grènetis. L’avers est bien centré, il manque une partie du sanglier mais la monnaie en TTB peut s’évaluer 300 euros.

Un Bouddha de 5 tonnes d’or

Début des années 1930 à Bangkok, Thaïlande, un temple bouddhiste situé sur le bord du fleuve Chao Phraya doit être détruit, il tombe en ruine.

Le Wat Traimit actuel.

Un problème se pose, le temple contient une immense statue de Bouddha en stuc doré à la feuille d’or. Le stuc est à l’origine un enduit à base de chaux et dont l’utilisation remonte à la plus haute antiquité. La statue est en mauvais état et pas très belle, mais il est mal vu et ça porte malheur ou mauvais présage, de détruire un Bouddha… On organise donc son transport vers un petit temple, au Wat Traimit dans le quartier chinois.
Personne ne se souvient du mode de transport du Bouddha lors de ce premier voyage, probablement sur des billes de bois en les faisant rouler, le terrain était plat et la distance assez courte. Le petit temple de Wat Traimit n’étant pas assez grand, à l’époque pour la statue, elle resta un peu plus de vingt ans sous un abri de fortune en tôles ondulées…
En 1955, les moines bouddhistes ayant un peu de monnaie, décident d’agrandir le temple pour enfin donner un abri digne de ce nom au Bouddha.
Il faut donc à nouveau le déplacer, cette fois les moines font venir une grue qui doit placer la statue sur un nouveau piédestal. Ce Bouddha est représenté en position assise « la position du lotus ». Malgré une cérémonie de prière, un des câbles de la grue casse et la statue tombe lourdement sur le sol ! Ce qui fut considéré comme un très mauvais présage, les moines et les ouvriers quittèrent le chantier, laissant la statue en plan, on ne badine pas avec les mauvais présages…
Dans la nuit, comme pour confirmer le mauvais augure, un énorme orage inonda Bangkok sous des trombes d’eau ! Le lendemain, le responsable du temple commença à nettoyer la statue, pleine de boue, une énorme fissure était visible au point d’impact, raviné par la pluie de l’orage. La fissure dans le stuc laissait apparaître un métal doré jaune, sous une épaisse couche de stuc de l’or !

La suite dans Monnaies & Détections n° 119