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Monnaies et Détections

Archive pour octobre, 2021

120.01

J’en profite pour vous envoyer la photo d’un objet en argent sans poinçon, trouvé dans un herbage. Dimensions : largeur 2,8 cm, longueur 3,7 cm, épaisseur +- 0,2 cm. Je pense que c’est une boucle mais il manque l’autre partie. Quelle époque ? Je vous envoie aussi des photos (pas très jolies, je n’ai pas un bon appareil) d’une pièce en argent : la 1ère, je pense pour un blanc dit guerrier Charles VI 1380-1422. Pourrais-je avoir une cotation ? Ø : 27 mm, P : 1,42 g. D’avance, je vous remercie pour tout, et continuez votre revue qui est intéressante. Je pense envoyer d’autres photos de mes découvertes. Francis
Non, il s’agit d’un fermoir de cape du XIX au XXe siècle.
La monnaie est bien un blanc guénar de Charles VI. Avers : + KAROLVS: FRANCORV: REX, écu de France. Revers : + SIT: NOME: DNI: BENEDICTV. Description revers : croix cantonnée aux 1 et 4 d’une couronne, aux 2 et 3 d’un lis. Votre monnaie semble en état TTB, autant que l’on peut en juger avec le flou artistique à la David Hamilton de l’avers. Son estimation tourne autour d’une quarantaine d’euros.

Récit de la traque d’une couronne

Dans son “Miskito coast”, publié pour la première fois en 1991, P. Ford nous raconte comment il a recherché la couronne du roi des Mosquitos, contraint de jouer un jeu dangereux avec les sbires de la dictature sandiniste au Nicaragua.

Son aventure commence au Bélize, cet étrange pays qui appartint longtemps aux Britanniques, fait unique en Amérique Centrale, se poursuit au Honduras (anciennement “espagnol” puisque le nom du Bélize, jusqu’à son indépendance en 1981 était “Honduras britannique”) puis gagne le Nicaragua. L’ennui est que depuis 1982, les Mosquitos s’étaient rebellés contre la dictature sandiniste d’Ortega et que la zone frontière entre les deux Etats était particulièrement dangereuse.
Le peuple mosquito avait une indépendance encore fraîche puisque c’est seulement en 1860 que le Royaume-Uni abandonna la protection de ce royaume tropical et reconnut qu’il devenait une simple réserve indienne de la République du Nicaragua. Le roi des Mosquitos passa du statut de monarque à celui de chef de tribu. Bien entendu, ici comme dans le reste de l’Amérique Latine, les Amérindiens furent soumis à toutes sortes de brimades, travaux forcés, enlèvements, viols, rackets de la part de commerçants et d’industriels avides de main d’œuvre gratuite.
La modernité et le progrès arrivèrent au milieu du XXe siècle dans le sens où les armées et autres “gardes nationales” avaient désormais les moyens techniques d’imposer leurs propres exactions en lieu et place de leurs prédécesseurs, les trafiquants et les planteurs de monocultures.
Dans ce sanglant bazar, la couronne et le sceptre des anciens rois des Mosquitos avaient disparu.
Peter Ford va sur le terrain, est menacé, emprisonné, racketté par diverses factions, dans des régions tout aussi diverses mais s’en sort (il est britannique, autant dire neutre dans cette guerre entre les sandinistes soutenus par Cuba et les contras équipés par les USA) et recherche des témoignages. Bien sûr il est confronté aux hâbleurs des bars, comme il y en a partout dans le Monde, menteurs soucieux de proposer la meilleure histoire à un auditoire crédule. Bien entendu, il est confronté aux pertes de mémoire, cet étrange phénomène qui fait que l’on va se souvenir de faits insignifiants arrivés la même année que d’universels bouleversements complètement oubliés, eux.
Troisième obstacle, parfaitement respectable celui-là : la méfiance envers un étranger venant aux renseignements à propos de traditions enfouies.
Il n’a pas que des déboires, il connaît même des situations comiques. Ainsi lorsqu’il découvre la statue du Libérateur de l’Amérique Centrale en pleine capitale du Honduras (Tegucigalpa) il constate que les Français, au XIXe, leur avaient recyclé une statue équestre d’un maréchal de Napoléon… A Trujillo, autre ville du Honduras, un habitant lui indique l’adresse du consulat britannique. Las, celui-ci a été supprimé trente ans auparavant mais la demeure est celle de l’arrière-petit-fils du dernier consul qui “entretient un petit musée de reliques consulaires”. Ou encore cet anthropologue qui débarque dans un village et, soucieux d’en connaître les faits anciens, s’enquiert du doyen d’âge, réponse : “le doyen, il est mort.”

Un dollar “fort” du Poyais.

2 518 aurei

L’un des plus gros trésors de pièces d’or romaines découvert ces trente dernières années, a échappé de peu à un vol ! Trois hommes avaient réussi à pénétrer dans le musée de Trêve, Allemagne, et commencé à percer la vitre blindée protégeant le trésor : 2 518 pièces d’or et le reste du chaudron en bronze qui le contenait ! Le système d’alarme a bien fonctionné et la police est arrivée juste à temps, les malfaiteurs avaient réussi à s’enfuir, mais l’un d’eux avait laissé son ADN sur la vitre blindée… Le trésor de Trêve, découvert en 1993, est depuis au coffre, le musée ayant décidé de renforcer son système de protection. Le trésor étant le plus gros, en or du musée, 18,5 kilos d’or presque pur et au détail des monnaies, une valeur marchande de plusieurs millions d’euros. À l’époque romaine, le contenu du chaudron représentait la paye annuelle, de 160 légionnaires romains !


Source : artnews.com

120.02

Bonjour, fidèle lecteur de votre revue, je demande votre expertise pour ces deux monnaies gauloises trouvées dans une vigne dans l’Aude aux alentours de  Narbonne. J’en profite aussi pour vous montrer ces deux monnaies que j’ai depuis longtemps, toujours de l’Aude, la première est une demi ou un quart de monnaie certainement romaine et enfin cette monnaie féodale en mauvais état. Laurent
Les deux gauloises sont des monnaies d’imitation emporitaine du type de Bridiers. Nous sommes au troisième siècle avant Jésus Christ.
Monnaie anépigraphe, avers : tête diadémée de Perséphone à gauche, les cheveux tirés en arrière et ramenés en trois mèches, le cou orné d’un collier de perles, un fleuron signifiant un dauphin devant la bouche. Le revers est aussi anépigraphe avec cheval tourné vers la gauche, plus rare (1 gramme, 1 cm Ø), que vers la droite (5 grammes, 1,8 cm Ø), surmonté d’une victoire stylisée tenant une couronne, ligne d’exergue sur la deuxième et tête humaine sous le premier cheval. Ce dernier symbole est inconnu ou peu connu sur les monnaies au type de Bridiers.
La première, le drachme est en état TTB++ voire SUP ; la seconde, l’obole est en TTB avec une frappe plus molle. Ce sont de belles monnaies qui font le bonheur des collectionneurs et qui peuvent monter jusqu’à 1800 euros pour la drachme avec cette particularité de la tête humaine sous le cheval et dans les 600 euros pour l’obole qui est plus rare que la drachme.

Belle-île-en-Mer

Vendredi 26 mars 9h30, port Haliguen Quiberon, sur la côte sud de la Bretagne. J’embarque avec armes et bagages à bord du navire « le Bangor » le seul navire de la compagnie Océane qui peut vous faire traverser avec votre véhicule, les autres navires ne prennent que des passagers et éventuellement un vélo…

Mes armes se composent, d’un fourgon pour y dormir avec des vivres pour une semaine et le plus important, mon détecteur de métaux et encore plus important, une solide gamatte. Je suis paré pour une semaine de grandes marées, coefficients de 112 au plus bas, ou au plus haut, comme vous voulez, mais moi ce qui m’intéresse, c’est la basse mer, pour aller chercher l’or perdu par les baigneurs imprudents et ils sont nombreux, à être imprudents… Le 112 de coef, sera pour le mardi 30 et au moins une dizaine de marées à plus de 90/95 me tendent les bras, reste a espérer que l’or, soit au rendez-vous.
Destination : Belle-île-en-Mer ! (1)

Bien protégée des vents dominants avec de nombreuses criques pour accoster et de hautes falaises pour voir les malfaisants approcher, Belle-île a servi d’abri très tôt. Un crâne humain daté du Néolithique y a été découvert dans une tourbière, il est exposé au Musée Dobrée de Nantes. À l’époque celtique Belle-île est la plus grande et la plus au large des 365 îles qui composent le golfe du Morbihan « dont la traduction est : petite mer ». Plusieurs monnaies gauloises y ont été trouvées, principalement des monnaies vénètes, Belle-île étant quasiment au centre de leur territoire, d’après les mémoires de Jules César, une bataille aurait opposé les Vénètes aux Romains, sur Belle-île, mais ça reste à prouver… Plusieurs éperons barrés et quelques tumulus ont été localisés. Quelques sites d’occupation romaine sont connus, mais là encore, rien d’extraordinaire.
À partir du Xe siècle, les Vikings souvent surnommés localement les Saxons, font de Belle-île leur base arrière pour aller piller un peu partout sur le continent, les nombreuses sources d’eau douce en font une place de choix. Et sur Belle-île-en-mer, on peut voir de nombreuses criques qui rentrent très loin dans les terres, des langues de mer ou de sable à marée basse, qui serpentent entre de hautes falaises et qui rappellent les fjords de Norvège, ce qui devait bien plaire aux Vikings. Pendant deux siècles et demi, Belle-île sera un repaire de vautours des mers !
Après l’annexion de la Bretagne par la France en 1532, les rois de France vont s’intéresser de plus près à Belle-île ; en 1567 Belle-île est pillée une nouvelle fois par les Espagnols, ça commence à bien faire ! En 1572, Henri II convainc les moines de Quimperlé qui possèdent toujours l’île, de la céder à Albert de Gondi, un riche militaire qui va construire les premières fortifications de l’île. Un fort voit le jour au-dessus du « Palais » l’actuelle citadelle, ce fort va assurer la prospérité de l’île pendant un siècle.
Mais rien ne dure, en 1658 les héritiers Gondi sont à sec et mal vus du cardinal Mazarin, qui est aux affaires, les Gondi sont forcés de vendre Belle-île au surintendant des finances du Roi Louis XIV, le célèbre Nicolas Fouquet ! pour la somme d’un million quatre cent mille livres. Fouquet renforce les fortifications, il commencera même la construction d’un beau manoir, de nos jours en ruine, qu’il n’aura pas le temps d’habiter ; deux ans plus tard, en disgrâce à son tour, Nicolas Fouquet est emprisonné. La légende dit qu’il aurait eu le temps de cacher une partie de son énorme fortune sur Belle-île, un trésor jamais retrouvé, ou pas déclaré… Une petite plage de l’île porte son nom : le port Fouquet, juste en face de la pointe de Quiberon, c’est la distance la plus courte à vol d’oiseau pour rejoindre l’île, et elle est à mon programme, on ne sait jamais…

La suite dans Monnaies & Détections n° 120

Le barque du roi Khéops

Découverte en 1954, dans une fosse au pied de la grande pyramide de Khéops à Gizeh en Égypte, la barque dite « solaire » était probablement une offrande au roi Khéops. Elle a été découverte démontée et soigneusement rangée dans la fosse à l’angle sud de la grande pyramide. Réalisée en bois de cèdre, quasiment imputrescible, elle a résisté au temps. Khéops régna sur l’ancien empire égyptien aux alentours de 2 600 avant notre ère ! Longue de 42 mètres (vu ses dimensions, c’est plutôt un bateau qu’une barque, mais tout le monde s’acharne à dire que c’est une barque…) pour un poids d’environ 20 tonnes, c’est le plus grand et le plus ancien artefact de bois de toute l’histoire de l’humanité ! Ces dernières années, elle était exposée à l’étroit dans une salle près des pyramides. La barque solaire du roi Khéops a rejoint début août le tout nouveau et grand musée des antiquités égyptiennes construit sur le plateau de Gizeh.


Source : geo.fr

Agenda du n°120

GANNAT  • 02
Samedi 2 octobre 2021
14e bourse multi-collections
Centre socioculturel, allée des Tilleuls, 03800 Gannat
De 9h à 18h. Entrée gratuite
Renseignements : 04.70.56.80.99

PESSAC  • 33
Samedi 2 octobre 2021
Bourse numismatique
Salle de Bellegrave, av. du Colonel Robert Jacqui, 33600 Pessac
De 9h à 17h. Entrée 1 e
Renseignements : 06.09.89.47.23

GRENOBLE  • 38
Dimanche 3 octobre 2021
Bourse aux monnaies
Hôtel Europole, 29 rue Pierre Sémard, 38100 Grenoble
De 9h à 17h. Entrée 2 e €
Renseignements : 06.79.39.40.08

LIMOGES  • 87
Dimanche 3 octobre 2021
Bourse numismatique
Salle Léo Lagrange, 87000 Limoges
De 9h à 17h. Entrée gratuite

METZ  • 57
Dimanche 3 octobre 2021
42e salon Monnaies
CCN 57 espace Corchade, 37 rue du Saulnois, 57070 Metz
De 8h30 à 16h. Entrée gratuite
Renseignements : 06.77.23.49.95

CHEMILLE-MELAY  • 49
Dimanche 10 octobre 2021
30e salon des collectionneurs
Salle du Grand Avault, allé Phytolia, 43120 Chemillé-Melay
De 9h à 18h. Entrée gratuite
Renseignements : 02.41.30.33.31

ANNECY   • 74
Samedi 16 octobre 2021
18e bourse Numismatique des Pays de Savoie
Salle paroissiale des Fins, 26 avenue de Genève, 74000 Annecy
De 8h à 12h30. Entrée gratuite
Renseignements : 04.50.25.81.80

CESSY  • 01
Dimanche 24 octobre 2021
Bourse toutes collections
Salle du Vidolet, 439 rue de la Mairie, 01170 Cessy
De 9h à 17h. Entrée gratuite
Renseignements : 04.50.42.10.37

SAINT-VICTORET  • 13
Dimanche 24 octobre 2021
7e bourse aux monnaies
Salle Huguette Léotard, rue Raymond Marin,
13370 Saint-Victoret
De 9h à 17h. Entrée gratuite
Renseignements : 06.51.86.34.14

SEMEAC  • 65
Dimanche 24 octobre 2021
4e bourse multicollections
Centre Léo Lagrange, rue Jules Ferry, 65600 Séméac
De 9h à 18h. Entrée gratuite
Renseignements : 06.33.20.48.77

THISE  • 25
Dimanche 24 octobre 2021
Bourse numismatique
Salle des fêtes, 15 rue Champenatre, 25220 Thise
De 9h à 17h. Entrée gratuite
Renseignements : 06.68.72.29.95

LA CHAPELLE-SAINT-MESMIN  • 45
Dimanche 31 octobre 2021
42e bourse numismatique
Espace Béraire, 12 rue Nationale,
45380 La Chapelle-Saint-Mesmin
De 8h30 à 16h. Entrée 2,50 e €
Renseignements : 06.06.42.54.04

LILLE  • 59
Dimanche 21 novembre 2021
Bourse numismatique
Salle du Gymnase, 7 place Sébastopol, 59000 Lille
De 9h à 17h. Entrée gratuite
Renseignements : 06.43.01.57.57

Sommaire du n°120

Vécu
Cahiers de prospection 2008
Belle-île-en-Mer
Prendre un canon entre amis
Payé 4 dollars, revendu 2 420 000 !
« Rixes archéologiques sous‑marines »
Brèves
Histoire
L’affaire du drapeau blanc
Eudes le Champenois, un prince monnayeur
Récit de la traque d’une couronne
Le trésor de Loch Arkaig
Les bijoux de la du Barry
Appel à tous les prospecteurs de France !
Numismatique
Il y a 100 ans, les derniers sous de bronze étaient frappés
Neuchâtel, principauté francophone
Groenland et Danemark
La monnaie dans tous ses états – 2e volet
Les monnaies d’occupation
Retrouver son quartier
Ponthieu, mais c’est bien sûr !
Un personnage médiéval de France et d’Espagne
Trouvailles
Monnaies/objets
Agenda
Courrier
Librairie
Petites annonces

Edito du n°120 (spécial 20 ans)

120 numéros pour un bimestriel, cela fait donc vingt ans d’existence pour le magazine. On en est très fier, deux cent quarante mois à monter chaque numéro, à se demander si cet article va plaire, à gratter là où ça fait mal chez nos détracteurs (pour pas grand-chose, on l’avoue, à part notre propre plaisir), à apprendre mois après mois le métier et ne plus refaire deux fois la même erreur ni tomber dans le même piège, à rencontrer des gens formidables ou lire leurs courriers de félicitations qui nous touchent toujours plus. Le numéro 1 est sorti en septembre 2001, à cette époque, PPDA, au journal de 13h, avait l’habitude de présenter rapidement les nouveaux médias papiers qui sortaient. Je lui ai donc envoyé ce premier numéro, mais l’actualité horrible des Twin Towers a phagocyté toutes les autres informations… Vingt ans après, on ne veut plus se risquer à ce genre de chose, ils sont capables de nous sortir un troisième variant extraterrestre rien que pour nous embêter ! Mais trêve de plaisanterie, en vingt ans, nous avons perdu 80 % de nos recettes publicitaires, les professionnels de la vente se précipitaient chez nous pour avoir un encart et maintenant ils ne jurent que par les GAFA… Alors il est toujours temps de remercier ceux qui nous accompagnent depuis toujours, en premier lieu je nommerai la Société XP dont le PDG Alain Loubet m’avait incité à créer la revue car les magazines de détection de l’époque refusaient de lui vendre des encarts publicitaires pour ne pas perdre en part de marché sur leurs propres marques. Business is business ! En second lieu, le magasin Rouen Détection numismatique, et notre dernier arrivé, la société Catawiki, vente en ligne d’objets de collection. Merci à eux et surtout merci à vous lecteurs de nous soutenir dans notre démarche car sans vous nous ne pourrions continuer à sortir chaque numéro en temps et en heure et plébiscité par vous.

Merci à tous, bonne lecture
Gilles Cavaillé