Au pays du cochon à dents

Par trois fois les électeurs néo-calédoniens viennent de s’exprimer pour que leur territoire reste français. Le Caillou (plein de nickel) a des voisins. L’un d’eux a connu une situation quelque peu comparable et est devenu souverain. Il s’agit des anciennes Nouvelles-Hébrides, le lecteur nous pardonnera cette vilaine phrase car elle reflète une réalité.
De 1887 à 1980, cet archipel d’Océanie a été géré par un condominium franco-britannique. Cette situation est comparable à celle, présente, du condominium franco-néerlandais de Saint-Martin aux Antilles.
Qui dit Océanie, dit cocotiers et la noix de ces arbres apporte le coprah après intervention humaine. Aussi les Nouvelles-Hébrides se couvrirent de plantations de coprah, principalement détenues par des Français avec 90 contre seulement 10 britanniques en 1960. Il y avait d’autres productions, plus marginales comme le cacao, le maïs ou l’exploitation du bois de kauri. A cet égard, il convient de signaler la Aneytum Logging Company, une société forestière de Hagen et fils qui fit faillite dans les années 1950, après avoir exporté des grumes pendant 30 ans vers l’Australie. Lorsque les liquidateurs voulurent trouver quelque argent, ils s’aperçurent que la société forestière n’avait jamais été enregistrée. Tant pis pour les ouvriers au chômage et les fournisseurs et parfaite illustration du génie de l’administration qui ne vérifie que ce qu’on lui fournit sans se donner la peine d’investiguer.
Certaines plantations ont émis des jetons pour pallier le manque de petit numéraire mais surtout, comme dans toute entreprise à forte main d’œuvre, pour garder une clientèle captive dans ses propres magasins, buvettes et cantines. Une manière pour le patron de récupérer une partie du salaire donné à l’ouvrier.
La plus connue d’entre elles, pour plusieurs raisons que nous allons évoquer dans l’ordre, est celle de la famille Naturel. Cette plantation de Valesdir a fait fabriquer des jetons-monnaies en zinc étamé pour des valeurs allant de 3 pence à 1 shilling. Ils ne sont pas très jolis mais, au moins, n’ont pas la prétention artistique, à notre avis usurpée, des monnaies en francs du graveur Joly ayant cours officiel depuis les années 60 jusqu’à l’indépendance. Nous présentons en illustration l’une d’elles, pour une valeur de 20 Fr, fabriquée en nickel de Nouvelle-Calédonie.

Un shilling en zinc
de Valesdir.

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Projet Black Sea Map

Les Anglais, encore eux, de l’université de Southampton ont lancé il y a quelques années un vaste projet ayant pour but de cartographier les fonds marins de la Mer Noire ! Cette cartographie, en passe de se terminer, leur a permis de découvrir de nombreuses épaves, plus d’une soixantaine déjà répertoriée et couvrant 2 500 ans d’histoire !
Encore plus intéressant, la Mer Noire a une particularité unique, à environ 500 pieds de profondeur, ses eaux plongent dans le noir quasi total et surtout deviennent anoxique, soit pauvre, voire très pauvre, en oxygène ! Pas d’oxygène, pas ou peu d’oxydation, d’altération et surtout quasiment pas de vie sous-marine et donc une conservation exceptionnelle des épaves y compris en bois. Après les récentes découvertes, les Anglais considèrent désormais que la Mer Noire est le site d’archéologie sous-marine le mieux conservé au monde ! Pour preuve, cette photo de la proue d’un navire ottoman du 17e siècle, à 270 mètres de profondeur, dont on voit encore parfaitement les sculptures ! Certaines épaves semblent comme posées sur le fond et quasiment intactes ! Si vous êtes amateurs de plongées, allez voir leur site.

Source et site : blackseamap-com

123.09

Bonjour à tous Voici un denier romain trouvé par un ami dans le Gers, plus d’infos peut-être ? Cordialement merci, Pascalou 65.
On ne présente plus le célèbre denier de César à l’éléphant : CAESAR à l’exergue. Éléphant passant à droite ; à ses pieds, un serpent (ou carnyx, trompette gauloise). Revers anépigraphe avec instruments pontificaux : simpulum, aspersoir, hache à sacrifice, chapeau à sacrifice. RRC.443.1. Cette monnaie est en état TTB, estimation moyenne 500 à 600 euros.

Toulouse 23 janvier 1944 : les déboires de la Luftwaffe

L’occupation allemande dans le sud ouest de la France

Fin 1943, l’armée allemande occupe le sud-ouest de la France et sa présence est forte.
A l’automne 1943, le Feld Marechal de la Luftwaffe Hugo Sperrle procède à une inspection en règle à Toulouse-Francazal. Débarquant d’un Junkers52 en tôle ondulée, le « gros » maréchal fait une tournée des troupes (1), serrant les mains de militaires en uniforme de parade, saluant en particulier l’escadrille KG76.
Cette escadrille (« KampfGeschwader » 76 – escadre de combat) est équipée de bombardiers bimoteurs Junkers88 (2) c’est une escadrille d’attaque mais c’est aussi une unité d’entrainement pour les jeunes pilotes, avant qu’ils n’aillent rejoindre le front.

Basée à Francazal, elle effectue souvent des démonstrations de force pour impressionner la population, c’est l’un des volets de la guerre psychologique menée par le Reich. Le 9 novembre 1943, par exemple, une parade aérienne a lieu sur Toulouse. Les avions du quatrième groupe de la KG76 survolent Toulouse à très basse altitude. Les Junkers88 passent en rase motte au-dessus des toits de la « ville rose » (3) pendant que les soldats défilent dans la rue au son de la fanfare (4).

23 janvier 1944 : branle bas de combat !

Le dimanche 23 janvier 1944, la Luftwaffe est sur le pied de guerre. Les alliés ont débarqué la veille en Italie, à Anzio-Nettuno (opération « Shingle » ) (5) et tous les avions allemands basés dans le sud de la France attaquent la flotte alliée. Plus de 200 avions sont en l’air ce jour-là. Les Heinkel 177 de l’escadrille KG40 décollent de Bordeaux, les Junkers 88 de la KG26 de Montpellier, et les Dornier 217 de la KG100 de Toulouse/Blagnac.

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186 Kilos d’Or

Imaginez, vous êtes à Central Park, New York, États-Unis, vous sortez promener le chien, il a neigé toute la nuit et le sol est d’un blanc immaculé et là, au détour d’une allée, vous tombez sur un cube assez gros, tout jaune, jaune d’or, un cube en or massif !
Cette œuvre d’art, il parait que c’en est une, est la dernière lubie de l’artiste Niclas Castello, un cube en or 24 carats coulé dans une fonderie suisse, d’un poids de 410 pounds, presque 186 kilos à quelques grammes près… Pour lui donner plus de volume, le cube est creux ! Hé oui, l’or c’est vraiment très dense !
Au moment de la fonte, le cube avait une valeur de 11,7 millions de dollars, les journalistes précisent qu’un important service de sécurité, armée, était présent lors de l’exposition dans Central Park, on s’en serait douté et de toute façon, il est sûrement très difficile de partir en courant avec un cube de 186 kilos sous le bras…

Source : artnet.com

123.25

Je vous fais parvenir les photos de ma monnaie. J’aimerais connaitre l’époque de cette pièce, son nom, et si elle a de la valeur. Je l’ai trouvée dans la région nord de LIMOGES. Elle a un diamètre de 14 mm, elle a un poids approximatif de 1,4 g et elle est en or. Grand Merci pour cette recherche. Jean Marc
Il s’agit d’un triens référencé sur le Belfort sous le numéro 4314. Buste diadémé à droite avec une croix sur la poitrine et la légende TIDI X RICI. Au revers, la croix grecque est cantonnée de deux globules dans un diadème de perle attaché par un anneau centré d’où s’échappe une tige coupant la zone de légende. La légende extérieure se lit MONOALDO MOV. Pour le monétaire Monoaldus la monnaie est attribuée à l’atelier de Tidiriciacum ? On pense que ce nom provient de Trizay sur le lay en Vendée. La monnaie est splendide et une première estimation sur photo la met au minima à 3 300 euros.

Carausius, commandant, pirate et empereur du Nord !

Marcus Aurélius Mausaeus Valérius Carausius, digne nom latin à rallonge, masque en réalité l’origine ménapienne de l’individu né dans la région des Flandres actuelle de la Belgique.

A ses débuts, Carausius est pirate sur le Rhin. Il s’engage ensuite dans l’armée romaine, gagne du galon et grimpe dans l’estime de ses chefs, et se distingue lors de la campagne du co-empereur Maximien Hercule contre les Bagaudes. Lors de ces opérations, il est confronté à Gennebaud, un chef franc lorgnant sur les possessions romaines sur la rive gauche du Rhin.
En 285, en reconnaissance de ses états de services et surtout de son expérience et loyauté, Carausius est nommé commandant de la « flotte britannique », la flotte romaine de la Manche stationnée à Gesoriacum (Boulogne). Il est chargé d’éliminer les pillards et autres pirates, mais, plutôt que de les combattre, Carausius laisse Gennebaud et ses pirates écumer les mers et les eaux intérieures, à condition de prélever un gros pourcentage du butin. Il amasse ainsi un immense pactole qui lui permet d’acheter la fidélité de ses hommes. Cependant à Rome, Maximien, excédé par les manigances de son protégé, envoie quelqu’un pour le tuer. L’attentat échoue et Carausius se rebelle ouvertement. Avec le soutien de sa puissante flotte et celle des pirates francs de Gennebaud, il réussit à soulever les légions britanniques et gauloises de la Gaule Belgique, et se déclare empereur du Nord !
Le nouvel empereur auto proclamé fait tout pour obtenir la reconnaissance de ses « co-empereurs » à Rome, c’est-à-dire Maximien et Diocletien. Carausius fait même battre une monnaie aux trois bustes des « co-empereurs » mais en vain. A Rome, ils savent que l’unique co-empereur de Carausius c’est Gennebaud, « le roi des pirates francs sur les rives de l’océan ».

Aurélianus aux trois bustes, Carausius, Maximien et Dioclétien, et légende « Carausius et ses frères » !

Entre Rome et Carausius commence un bras de fer. Fin stratège, Carausius ouvre les hostilités et invite Gennebaud à s’établir sur l’île de Bataves et le pays de l’Escaut que les Francs pillent à tout va ! L’empereur du Nord fait ainsi coup double, il donne du fil à retordre à Maximien et bloque aussi l’embouchure du Rhin par où une flotte romaine pourrait venir le menacer.
Carausius lance aussi une invitation aux Saxons et aux Hérules qui déstabilise encore un peu plus la région en 287.
Maximien, privé de flottes et harcelé par les Barbares est contraint de tempérer. Il bât les Saxons et Herules, obtient la soumission des Francs, comme peuple fédéré, soumission très théorique comme le montre la suite des évènements ! Enfin, il fait construire une flotte et forme des marins sur le Rhin. En 289, il appareille triomphalement dans l’idée de mater le félon. L’expédition échoue pour cause de mauvais temps. Selon les sources romaines, en réalité, la flotte de Maximien, composée de novices, a essuyé une cuisante défaite face à Carausius et ses galères, et aussi face aux pirates francs de Gennebaud !

Les galères, symbole de la puissance de Carausius.

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Le trésor d’El Carambolo

Composé de 21 fantastiques bijoux en or, il fut découvert par le plus grand des hasards lors de travaux en 1958 dans la région de Séville, en Espagne.

Datant de la période comprise entre le VIIIe siècle et le VIe siècle avant J.C. Il s’agit d’un des trésors les plus anciens jamais découvert en Espagne. Les chercheurs et archéologues attribuent ce trésor au peuple antique de Tartessos qui constitue une énigme pour les chercheurs et archéologues !
Le territoire des Tartessos (ainsi que les appelaient les Grecs) est situé dans un triangle formé par les villes espagnoles actuelles de Huelva, Séville et San Fernando, sur la côte sud-ouest de la péninsule ibérique. Ce peuple constitue une véritable énigme historique. Selon l’historien Hérodote, les Grecs qui découvrirent la cité des Tartessos, lièrent une alliance avec le souverain local, Arganthonios qui sera le dernier roi de la cité !


Selon les Grecs, la ville était un exemple de justice et de raffinement qui aurait fortement influencé Platon dans sa description de la civilisation Atlante.
Très curieusement, les habitants de cette cité élaborèrent une langue et une écriture totalement différentes de celles des peuples voisins. Pour certains chercheurs et historiens, cette zone géographique constituerait en réalité le refuge des habitants de l’Atlantide ayant échappé à la catastrophe qui a anéanti leur terre ! Les rescapés auraient trouvé asile dans cette partie de l’Espagne, Tartessos devenant de la sorte une colonie atlante. Récemment, on a découvert dans la région des mines remontant à plus de 10 000 ans, des restes de fondations cyclopéennes et d’œuvres de canalisation que l’on ne peut pas clairement rattacher à l’influence punique ou romaine et, malgré les efforts acharnés des archéologues, le mystère tartessos subsiste.

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