De l’or médiéval

Jason Willis, un prospecteur anglais pour ne pas changer, âgé de 38 ans et couvreur de profession, pratiquait son loisir préféré, la chasse au trésor avec un détecteur de métaux, à Sutton St Edmund dans le Lincolnshire en avril 2019. Lorsqu’il découvrit un bijou en or, une toute petite croix réalisée en fil d’or torsadé. Découverte réalisée quasiment en surface d’après Jason, ce qui n’est pas étonnant, les croix en or, type crucifix, sont très durs à détecter, c’est dû à la forme du bijou en lui-même : le même poids sur une bague en or, sera détecté quatre à cinq fois plus loin !
Après déclaration, sans risque en Angleterre, et étude par les services archéologiques qui a notamment permis de savoir qu’un exemplaire identique avait déjà été découvert au Danemark, la croix datée de l’époque médiévale entre le 11e et le 12e siècle, est passée aux enchères : vendue 14 400 euros ! Somme partagée à parts égales entre Jason et le propriétaire du champ.

Source : norfolklive-co-uk

125.01

Bonjour à toute l’équipe. Voici 3 pièces trouvées en début d’année dans le nord-ouest de la Vendée dans 3 champs différents, serait-il possible de pouvoir les identifier et de les faire paraître sur ma revue préférée ? 1e et 2e photos : bronze, 1.04 g, D : 11 mm au plus large. 3e et 4e photos : Bronze, 1.05 g, D : 13 mm au plus large. 5e et 6e photos : billon 1.62 g, D : 18 mm au plus large. Bonne journée, Guigui 
Non il n’est pas possible d’identifier les deux petits bronzes de la fin du IVe siècle au milieu Ve, trop usés, sans titulatures lisibles et revers quasiment inidentifiables, il s’agit d’imitations barbares très frustres. On distingue les portraits stylisés à droite sur l’avers et les deux revers présentent, pour le premier : trois personnages filiformes et pour le second un personnage sous un porche ou palmiers.
Le billon est un demi réal de Juana y Carlos au début du XVIe siècle : KAROLVS: ET: IOHANA. Écu couronné, écartelé aux 1 et 4 de Castille, aux 2 et 3 de Léon, enté en pointe de Grenade ; à gauche la lettre L. Revers : HISPANIARVM: ET: INDIA, deux colonnes d’Hercule couronnées, sur la mer, avec la légende PL-VS-VI. La monnaie est très usée, la description se devine à peine, l’état B parait même optimiste. C’est pour cela que l’on vous rajoute un autre exemplaire pour comparaison. Elle peut difficilement rentrer dans un médailler.

Une si belle stèle…

En 2011, de nombreuses émeutes, révoltes et changements de régime secouent le monde arabe et des musées sont pillés.

Un sarcophage au placage d’or, du grand prêtre Nedjemankh, disparaît parmi d’autres objets. Il est vendu au Metropolitan Museum de New-York en 2017 pour la modique somme de 3,5 millions d’euros (il paraît légitime de se demander à quoi servent les experts du “Met”) puis doit être restitué à l’Egypte avec des excuses…
Dans cette affaire, un marchand ayant pignon sur rue, mais bien connu d’Interpol, Roben Dib, apparaît comme l’un des intermédiaires. Il travaille avec des antiquaires californiens, les frères Simonian. Ce réseau cosmopolite a également fait de belles affaires sur le dos du contribuable français puisque le Louvre d’Abu Dhabi s’est fendu de 50 millions d’euros pour 5 objets dont une stèle représentant le célèbre Toutankhamon en 2016.

La stèle de Toutankhamon.

D’ailleurs le directeur du Louvre (de 2013 à 2021) lui-même vient d’être mis sous contrôle judiciaire, soupçonné d’avoir contribué à blanchir ces antiquités illégalement parvenues jusque dans les collections du musée qu’il gérait. Il a été entendu pendant trois jours par les enquêteurs et le siège de l’Agence France Musées (laquelle gère Abu Dhabi Louvre) a été perquisitionné par les policiers français. Nous sommes au mois de mai de cette année 2022 donc l’affaire est à suivre.
Pour demeurer avec notre sympathique trio et leurs éventuels complices institutionnels il convient d’évoquer une autre stèle, celle de Pa-Di-Séna du VIIe siècle avant notre ère. Elle apparaît lors d’une vente aux enchères de la société Pierre Bergé en 2016 mais la justice du comté de New-York l’avait repérée dès 2012 dans les e-mails du trio d’enfer cité plus haut et elle est saisie en 2019.
C’est avec le sarcophage de Nedjemankh que l’enquête incidente sur la stèle de Pa-Di-Séna a commencé. Un expert et son compagnon qui avaient garanti l’objet pour la maison d’enchères sont brièvement emprisonnés en 2020.

Le sarcophage de Nedjemankh.

La suite dans Monnaies & Détections n° 125

Secundinus est un emmerdeur !

Une insulte romaine, gravée dans la pierre par son auteur, et retrouvée 1 700 ans plus tard ! Ce n’est pas banal comme découverte, celle-ci est due à Dylan Herbert qui effectuait des fouilles en tant que bénévole sur le site du mur d’Hadrien à Vindolanda dans le Northumberland, Angleterre. Dylan a trouvé une pierre gravée, d’un phallus et d’une insulte à l’encontre d’un certain Secundinus qui était « probablement » un officier ou le supérieur du soldat romain qui fit cette gravure, ce dernier devait lui en vouloir, il a dû y passer un bon moment, la gravure fait 40 cm de long sur 15 cm de haut et il avait la rancune tenace, puisque 1 700 ans après, elle est parfaitement lisible ! “Secundinus, le shitter” qui peut se traduire par Secundinus l’emmerdeur ou le chieur…
Le mur d’Hadrien, créé à la demande de l’empereur Hadrien, fut édifié entre l’an 122 et 127, six ans d’effort pour les soldats romains, sur une longueur de 80 milles romains, environ 117 kilomètres ! Il reprend à peu près l’actuelle frontière entre l’Écosse et l’Angleterre. Tous les milles romains se trouvait un fortin « milecastle » et en plus l’ouvrage était défendu par 17 camps retranchés !

Source : bbc.com

Arnaque à l’égyptienne

L’ancien directeur du Louvre de Paris mis en examen dans une affaire de trafic d’antiquités !

Une nouvelle fracassante dans le monde de l’art et chez les archéologues, Jean-Luc Martinez, ancien président du Musée du Louvre et dont la fiche Wikipédia nous le présente ainsi : « est un archéologue et historien de l’art français spécialisé dans la sculpture grecque antique »…
Mis en examen, soupçonné de blanchiment et complicité d’escroquerie en bande organisée, avec plusieurs personnes françaises et étrangères, égyptologues, marchands d’art et autres intermédiaires, l’escroquerie aux dépens du MET « Metropolitan Museum de New York » et du Louvre d’Abu d’Abi porterait sur 56 millions d’euros !
Tout a commencé en 2019, le MET achète, 3,5 millions d’euros, un sarcophage doré égyptien, soi-disant sorti légalement d’Égypte en 1971 ; en réalité il avait été volé en 2011 pendant les soulèvements populaires qui secouèrent tout le Moyen-Orient ! Le sarcophage fut vendu avec un faux pédigrée, tous les faux papiers nécessaires, et les expertises de soi-disant spécialistes… (1)
La même bande, égyptologue, intermédiaires et marchand d’art avec cette fois Jean-Luc Martinez, est réapparue dans une autre histoire, celle d’une stèle de granite rose portant le nom de Toutankhamon ! Stèle royale donc et vendue une fortune au Louvre d’Abu d’Abi, tous les intermédiaires et autres « spécialistes » prenant bien sûr leurs commissions au passage… (2)
Le gros problème c’est que personne ne connait l’origine de cette stèle ! L’histoire nous apprend que tous les objets et artéfacts portant le nom de Toutankhamon furent détruits ou martelés à son époque, les seuls qui sont intacts sont ceux découverts dans son tombeau en 1922… Or cette stèle n’y était pas, vu ses dimensions on ne peut pas la louper ! Sans pédigrée, soit elle provient d’un pillage sur un site inconnu ou encore plus gros : c’est un faux ! En matière d’arnaque, plus c’est gros, mieux ça passe et accessoirement plus ça rapporte…

Livre de prières

Un employé d’une librairie irlandaise, Kenny’s Bookshop, a eu la surprise de découvrir un trésor, caché dans un livre de prières ! La librairie existe depuis une vingtaine d’années, spécialisée dans l’achat de bibliothèques de particuliers, généralement après un décès, les livres sont ensuite triés et revendus au détail… S’ils ont déjà trouvé des lettres et billets de banque cachés dans les doublures des livres, c’est la première fois qu’ils tombent sur des pièces d’or !
Deux belles et grosses monnaies de 50 pésos or ! D’un poids de 41,6 grammes pièce, pour 37,2 grammes d’or pur dans chaque monnaie, pour une valeur d’environ 2 500 euros pièce. Les deux monnaies étaient dissimulées dans la doublure d’un livre de prières acheté pour moins de 5 euros…

Source : actualitte.com