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Monnaies et Détections

Cahiers de prospection 1997

Suite des cahiers de prospection tenus après chaque sortie depuis 1993 par un fidèle abonné de la revue. Alexandre

Dimanche 13 avril 1997
De 13 h à 17 h je monte aux Montagnagues : il y a des traces de briques romaines au bord du chemin de terre, en face du panneau Les Montagnagues nord. Je discute avec le gars qui habite la ferme sur la crête vers la gauche, puis avec le propriétaire des terres. Ils disent qu’il devait y avoir un bâtiment entre la route et le chemin car c’est plein de galets et de bouts de briques. Mais il y a du blé sur le champ. Il me faudra revenir cet automne. Aussi je pars à Matoulet en bas du village. Je trouve trois petites pièces très abimées, un petit bronze romain, un double tournois, et une pièce en cuivre, épaisse, très irrégulière, difficile à identifier, plus un petit morceau de plaque estampée, un ardillon scutiforme et une grosse boucle en bronze.

Lundi 14 avril 1997
Le matin à 6 h j’amène Axel prendre l’avion pour le Portugal. Puis je passe faire les courses et en rentrant je vais boire le café à Saint Sernin chez les trois frères qui travaillent les terres, comme je le leur avais promis.
Ils m’indiquent l’endroit où ils soulèvent le plus de briques et aussi d’énormes galets encore pris dans du ciment. Je rentre me changer, prendre le détecteur et une truelle, et je commence à chercher. Le champ a été labouré puis disqué, ils vont faire du maïs. Je reste jusqu’à la tombée de la nuit et je suis surpris par tout ce qu’on trouve : beaucoup de ferreux, déchets métalliques modernes, surtout des bouts d’alu provenant des tuyaux d’irrigation cassés et broyés, mais aussi une vingtaine de pièces en cuivre (surtout des doubles tournois, mais il y a aussi des piécettes en cuivre irrégulières avec une croix et un liard de France de 1699) des boucles, et plusieurs morceaux de plaques-boucles wisigothes éclatées par les charrues ou les broyeurs. Le fils de Michel vient me voir et reste avec moi un bon moment. Je lui donne en partant quelques pièces et les bouts de plaques-boucles décorés. Puis je trouve encore d’autres doubles tournois, un bon pour 2 francs Chambre de Commerce de Toulouse, et deux objets en bronze : une plaque ronde, très épaisse, avec une tête de gorgone en relief, et un léopard stylisé avec la tête tournée vers l’arrière, et juste avant de partir, une monnaie gauloise à la croix, très usée.

Mardi 15 avril 1997
J’ai posé la semaine. J’ai rendez-vous chez le notaire à 15 h puis je file aussitôt sur le champ à Saint Sernin. Le fils de Michel me rejoint de nouveau, c’est vrai que ce sont les vacances scolaires, et il reste avec moi un bon moment. Je trouve un beau morceau de pierre grise décoré en écailles de poisson, d’autre doubles tournois, une obole de Melgueil en argent, et encore des éclats de boucles coupés et tordus. Il y a de la poterie grise et noire.

Jeudi 17 avril 1997
Je passe toute la journée sur le champ. Trois gamins et gamines me suivent un bon moment. Il fait un vent terrible et le froid est vif. Je suis obligé de repartir chez moi prendre des vêtements plus chauds. Le temps change. Je reste jusqu’à 20 h passés le soir, car ils doivent venir semer. Je refais tout l’endroit de long en large, en débordant largement sur les 2 côtés, vers le village et vers la ferme. Mais je ne trouve que quelques pièces en cuivre, un petit ardillon, une double agrafe en bronze, 2 francs de 1947 et un gros 5 centimes Napoléon III de 1854, deux anneaux de cuivre, un bout d’ardillon très fin décoré de palmettes avec des traces de dorure.

Samedi 19 avril 1997
A 9 h je pars au ruines du château de Miramont à Barbaira dans l’Aude, mais il pleut, il fait froid, je prends des paquets d’eau sous les arbustes, ce n’est pas le temps idéal pour visiter. Mais je sais au moins que ce n’est pas la peine de revenir avec le détecteur, le site est classé, il y a des travaux de consolidation en cours. A 14 h je suis de retour à la maison, il a plu tout le long du trajet mais ici par contre il fait encore beau, aussi je pars aussitôt à Dicies car hier en allant chercher Axel à l’aéroport j’ai vu qu’André passait la herse pour préparer la terre avant de semer. C’est effectivement impeccable, en plus la pluie de la nuit a amolli la terre et c’est très agréable de marcher sur le sol souple et bien aplani. Je trouve un bel as de Nîmes, un double tournois lisse, un Napoléon III très usé, un clou de bronze, une pièce très abimée, les 2/3 d’un autre as de Nîmes, et une jolie pièce gauloise à la croix.

Dimanche 20 avril 1997
L’après-midi je repars à Saint Sernin pour faire un dernier tour. Je laisse le détecteur réglé sur 2 au lieu de 5. Je trouve quatre doubles tournois dans le bas du talus, je pense que le bas devait être un chemin au Moyen Age. Je vais refaire quand même la zone de briques mais je ne trouve que des papiers alu. A 16 h je m’en vais à Dicies un petit moment mais là non plus je ne trouve rien, même en m’écartant de la zone, à part une douille de chasse et des bouts de plomb informes.

Lundi 21 avril 1997
J’ai appris que les bâtiments de la coopérative sont à vendre, et que les bords du canal ont été nettoyés. Aussi je vais faire toute la partie entre la rivière et le canal en remontant vers le barrage. J’y étais déjà passé sans rien trouver l’année dernière mais c’était avant d’acheter le nouveau détecteur. Je trouve quantité de douilles de chasse, mais aussi 20 centimes de 1941, 10 centimes de 1939, un gros Napoléon III, et un canif de Lourdes enfilé dans un embout de cuivre de canne à pêche ! Je discute avec le fils de l’entraineur de foot, en train de pêcher, il me dit que lui aussi veut acheter un détecteur.

Mardi 29 avril 1997 (congé)
Le matin je nettoie les trouvailles de Saint Sernin, il y a à la fois du gaulois, du romain, du wisigoth et du médiéval, mais tout est abimé, cassé, usé. Sur les double tournois, à peine si on peut voir sur quelques-uns, une ou deux fleurs de lys, et des morceaux de date sur le bord. La drachme des Volques Tectosages est magnifique, deux cantons sont hors de la découpe et sur les deux autres il y a une hache et une olive ou une balle de fronde. La tête à gauche sur le droit est très belle, bien centrée et complète. Les morceaux de plaques boucles sont tous avec des décors sous la couche de calcaire. La petite pièce médiévale en argent est une obole des comtes Raymond de Toulouse.
A midi je reviens encore sur le champ car ils n’ont toujours pas semé. Je remets le réglage sur 5. Je me gare devant la villa de Michel. Il vient discuter un moment, il me dit d’ailleurs que quand il a fait sa villa, ils ont trouvé des briques à deux mètres de profondeur. Je reste plutôt devant chez lui, sur le haut du champ. Je ramasse un quillon et une anse d’amphore. Puis je sors une boule toute dorée, une épingle en bronze, un crochet très fin, un fer de hache très abimé (une grosse cognée, à voir l’épaisseur du logement du manche). Je trouve encore une belle boucle, sans l’ardillon, des morceaux de plomb, une balle de mousquet, un morceau de tôle de bronze, un bout de clochette, une épingle à tête de bronze doré, trois double tournois, un petit bronze romain avec un arc de triomphe, et deux anneaux de cuivre.
Le soir à 8 h j’avais rendez-vous avec Sibra pour passer le détecteur dans le jardin de la maison qu’il vient d’acheter dans le vieux quartier, parce qu’il va jusqu’au pied de l’ancien rempart du village. Mais on ne trouve rien, à part des ferreux et deux tubes d’alu.

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 98

 

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