Les cinq familles

Lorsque le Luxembourg est devenu grand (duché) il a, en fait, considérablement réduit. Des deux tiers… C’est pourquoi il existe après ce découpage frontalier né de la défaite de Napoléon I, un Luxembourg belge,un Luxembourg prussien et un Luxembourg français. Ce dernier est annexé un peu plus tôt que le belge puisque Louis XIV, ce grand amateur des terres voisines, avait raflé les paroisses luxembourgeoises, comme la cité de Thionville et leurs 60 000 habitants dont les descendants forment aujourd’hui le Luxembourg français. En 1815, l’est est laissé aux Prussiens tandis qu’en 1839 le royaume des Belges annexe formellement tout l’ouest.
Désormais largement amputé, ce territoire avait été donné au roi des Pays-Bas pour compenser la perte de quatre principautés allemandes (Siegen, Dillenbourg, Nassau-Dietz et Hadamar), de ses ancêtres, données à la Prusse dans la grande redistribution. Le titre de “grand-duc” lui permet d’être au-dessus de la plupart des autres membres de la Confédération Germanique, à laquelle le Luxembourg appartient désormais.

Le roi devient grand-duc du Luxembourg à titre personnel. C’est pourquoi la règle familiale s’applique et que son cousin à la énième génération devient grand-duc en 1890, tandis que le royaume se transmettra par les femmes.
Donc en 1815, le Luxembourg est confié à une nouvelle dynastie. C’était déjà arrivé lorsque la famille éponyme avait revendu ses droits à un Bourgogne. D’ailleurs ces “Luxembourg” du XVe siècle étaient en fait des “Limbourg” (un duché plus au nord, à l’histoire fascinante également).
Il y aurait donc cinq dynasties différentes régnant au Luxembourg depuis la fondation de cet Etat, au Xe siècle, par Sigefroid : Luxembourg, Limbourg, Bourgogne, Habsbourg, Nassau.

En réalité toutes descendent de ce chevalier-comte mort en 998 (ou 987, les historiens divergent).
La jeune héritière Luxembourg épouse un Limbourg et leur fils devient comte de Luxembourg en ce XIIIe siècle. La veuve “Limbourg-Luxembourg” rembourse une dette à son cousin Bourgogne qui devient duc (eh, oui le statut a augmenté en 1353) de Luxembourg en ce XVe siècle. La fille de Charles le Téméraire, quelques décennies plus tard, épouse un Habsbourg. Leurs descendants règnent jusqu’à l’occupation française en 1795.

Des prétendants français au titre.

La suite dans Monnaies & Détections n° 121

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