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Monnaies et Détections

Sommaire du n°116

Vécu
Cahiers de prospection 2006
Le trésor découvert fin septembre 2020 à Tver, en Russie
Un artefact vieux de plus ou moins 1000 ans avant notre ère
Militaria italien, russe ou de la Première Guerre sur les sites de la Seconde en France
Un trésor mis au jour par des sangliers
Le trésor du Zeppelin Staaken
Comment et où chercher des météorites
Les rats démineurs au secours du patrimoine
Brèves
Histoire
Le trésor perdu de Rio
Les trésors de la Nuestra Señora de las Maravillas
La médaille de la rue Bac
Numismatique
Des pré-monnaies hors du commun : le dauphin et la pointe de flèche d’Olbia Pontica, en bronze
Des Danois sur l’Acropole
De la rose au crocodile
80 kilos d’or
L’île sans trésor
L’union latine et la zone couronne
La quête de l’anneau
Des tsars méconnus
Trouvailles
Monnaies/objets, avec Palmela
Agenda
Courrier
Librairie
La photo insolite

Édito 116

A l’heure où j’écris cet éditorial, nous sommes passés au couvre-feu à 18h. Pour nous, prospecteurs, cela ne change pas grand-chose car en plein hiver le soleil se couche tôt et en plein bois, par exemple, la luminosité est trop faible pour que nous puissions continuer notre loisir. Mais qu’en sera-t-il dans trois à quatre semaines quand les jours rallongeront ? Obligés de rentrer et d’amputer notre quota de plaisir ? On espère humblement que ce numéro vous en apportera un peu et compensera la frustration vécue.
Car du plaisir en prospection, nous en sommes submergés, tel Naro avec sa trouvaille de pommeau de l’âge du bronze en page dix. Vous aussi, partagez, comme lui un moment de votre sortie couronnée de succès avec le magazine et gagnez un an d’abonnement.
A la page 44 découvrez la vision de Trobador, nouveau venu dans la revue, sur l’évolution de la monnaie de Rhoda.
Bonne lecture,
Gilles Cavaillé

115.11

Jérôme de Boulogne sur Gesse nous envoie ce bel insigne : clairement le logo de Henry Potez, un grand fabricant d’avion. Que fait-il dans la terre ?
Nous avons demandé à Gilles Collaveri, notre consultant aéronautique et sa réponse n’a pas tardé. « A notre connaissance, pas de crash d’avion Potez dans cette région. Une rapide enquête montre que Henry Potez a fabriqué aussi des poêles. Un de mes correspondants m’a même écrit “Potez a aussi fabriqué des poêles à mazout qui portaient cet insigne. Et le nom était devenu commun, comme frigidaire. Je me souviens de mon père disant : je vais allumer le Potez !” Voilà sur cette photo un poêle sur le haut duquel on distingue le fameux insigne »

Maintenant si après avoir lu l’article « Gold en Australia » l’envie de partir chercher de l’or en Australie vous titille, je voudrais si vous le permettez, vous donner quelques renseignements et conseils qui pourront peut-être vous être utiles.

Pour commencer

Si vous partez chercher de l’or pour faire fortune, vous avez peu de chance d’y arriver. Il faut avoir un budget assez conséquent pour ce périple (j’appelle ça un excédent de trésorerie) que vous risquez de dépenser en totalité lors de ce voyage. Considérez votre voyage comme si vous partiez en voyage de noce, vous y allez pour avoir plein de souvenirs, et ne pensez surtout pas à le rentabiliser avec les pépites d’or que vous trouverez, sinon vous êtes sûr que ça va vous pourrir votre séjour !
L’Australie est un beau pays libre, mais respectez bien les lois australiennes, car les amendes en Australie n’ont rien à voir avec celles de France. Un exemple : si on vous prend sur un terrain où vous n’avez pas l’autorisation de prospecter l’amende peut aller jusqu’à 150 000 $, on peut aussi vous saisir votre détecteur et votre véhicule.

Partir seul ou à plusieurs

Connaissez-vous bien les personnes avec qui vous voulez partir ? C’est dans la dureté du bush que vous allez découvrir qui ils sont vraiment ! Pour ma part un coéquipier nous a fait faux bond au bout de seulement quinze jours… Je vous conseille de sympathiser avec des prospecteurs australiens le soir sur la pelouse du Caravan-Pack où ils se réunissent, ils vous diront qui est qui et surtout de vous méfier des propositions faites par certains prospecteurs. Une histoire me revient, un ami français accompagné de deux prospecteurs australiens ont rencontré dans le bush un prospecteur français installé à Leonora ; seul mon ami lui a serré la main, les deux Australiens se sont éloignés sans dire un mot. Quand il est revenu vers eux ils lui ont dit en anglais « Tu as recompté tes doigts ? » On peut se poser la question sur l’honnêteté de ce prospecteur, rien que de lui serrer la main il est capable de vous voler un doigt.

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Météorite

Dans la nuit du 16 janvier 2018, une météorite rentrait dans l’atmosphère terrestre, au-dessus des États-Unis. Des chasseurs de météorites, aidés par les radars de la Nasa, se lançaient à sa recherche. C’est dans le Michigan sur le lac Strawberry, alors gelé à cette période de l’année, que l’un d’entre eux, Robert Ward, réussit l’exploit d’en retrouver un morceau ! Il est fort probable que la météorite a implosé à basse altitude, mais un seul morceau a été retrouvé. Sur l’immense lac gelé, sa glace recouverte d’une pellicule blanche laissait apparaitre un morceau noir comme du charbon, d’environ 6/7 cm de large. Découverte deux jours après sa chute, elle était quasiment intacte au niveau de sa composition. Dès qu’une météorite entre en contact avec de l’eau, les métaux qui la composent commencent à s’oxyder et les minéraux comme l’olivine, subissent aussi une altération.
La météorite, d’un type assez rare, une chondrite H4, qui représente seulement 4 % des météorites découvertes sur terre, a dû subir de très nombreuses analyses, plus de 2600 composés organiques « purs et non altérés » d’origine extraterrestre ont été recensés ! Des résultats sensés nous apporter des réponses sur l’origine de la vie sur terre…
Source : sciencepost.fr

Les prisons de Paris

La prison est le lieu public destiné à la garde de l’emprisonnement des accusés, prévenus de délits et de crimes, et également à la détention des débiteurs, obligés, ou condamnés par corps, en matière civile, qui refusent d’acquitter leurs dettes. La prison n’est pas donnée comme peine mais seulement pour la garde du prisonnier. Les prisons doivent être sûres ! et disposées de manières à ne pas nuire à la santé du prisonnier. Les détenus pour assassinat doivent être alimentés aux dépends du roi ou du seigneur haut justicier. Ils ne peuvent prétendre être nourris par la partie civile, par contre, ceux qui ne sont pas enfermés dans des cachots, peuvent se faire procurer du dehors des vivres, bois, charbon et autres choses nécessaires sans être contraints d’en obtenir des geôliers ou autres.

Geôlier sans-culotte et son gourdin.

Voilà pour la théorie, en pratique cela est très différent !
Le règlement de la prison de Bicêtre de 1684 disait à propos des enfants enfermés en ces lieux « on fera travailler ces jeunes le plus longtemps possible aux ouvrages les plus pénibles », obligés de travailler 13 heures par jour. Ces très jeunes détenus n’avaient de repos qu’au moment des repas. Levés à 5h30 du matin en été, 6h30 en hiver, les enfants étaient aussitôt conduits à l’ouvroir, et à la moindre défaillance ou faute, les gardes entravaient le coupable par les mains, par les pieds et par le milieu du corps à 5 crampons scellés dans la muraille et prévenaient le correcteur qui le fouettait à l’aide de lanières de cuir. Avant 1792, le fouet était la peine la plus ordinaire de la prison, infliger des coups de fouet à un prisonnier s’appelait « donner le ravigolet ». Certains reçoivent des coups de gourdins que chaque gardien possède. Ceux-ci disposent d’un arsenal d’objets servant à la contention des prisonniers, chaînes, entraves, menottes, ceps, camisoles, etc.

Bicêtre

Bâtie à la fin du XIIIe siècle sous le nom de Winchester, et après avoir eu plusieurs propriétaires, elle revient au domaine royal en 1375. Le nom de Winchester sera modifié au fil du temps en Vicestre, puis Bicestre pour terminer en Bicêtre.
Transformé en château au début du XVe siècle par le duc de Berry, incendié en 1411, les ruines sont données au chapitre de Notre Dame de Paris en 1416 ; en 1520, les bâtiments sont à nouveau repris par le domaine royal. François 1er envisage la conversion en hôpital. Le projet est toutefois mis de côté, jusqu’en 1633 sous Louis XIII, les travaux seront terminés en 1652. Hospice dans un premier temps, il accueille les soldats estropiés. Sous Louis XIV, l’établissement fait partie de l’hôpital général où les mendiants, galeux, vénériens, épileptiques et autres aliénés de la société sont enfermés dans les pires conditions. A partir de 1685, Bicêtre devient aussi une prison où les criminels de droit commun et autres condamnés de toute sorte seront enfermés avec les malades et aliénés et mis au fer. Les cabanons au nombre de 248 sont de petites cellules de 8 pieds carrés (environ 2,60 m2).

Respectivement ; Fer pour la cheville et le poignet, une pièce datée du 17e siècle.
et Des menottes de type « chaîne de vélo ». Elles étaient utilisées à la prison.

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Aux ides de mars

Le 15 mars de l’an 44 avant J.C, l’empereur Jules César (-100 / – 44) était assassiné, par une conjuration de plusieurs hommes, dont son fils adoptif, Brutus, qui portait bien son nom… Deux ans plus tard, en 42 avant J.C, Marcus Junius Brutus (-85 / – 42) se suicide à la bataille de « Philippe » en Grèce, le 23 octobre. Avant son suicide, Brutus fit frapper un nombre indéterminé de monnaies dites « aux ides de mars ».
L’une d’elles, en or, un aureus, est passé en salle des ventes au mois d’octobre à Londres. Sur l’avers, un portrait de Brutus, sur le revers des poignards symbolisent l’assassinat de Jules, qui reçut au moins vingt-trois coups de couteau ! Une centaine de monnaies aux ides de mars, est connue à ce jour, le plus grand nombre est en argent, des deniers, pour seulement trois aureus de connus ! L’estimation de cette rarissime monnaie était de 5 millions de livres Sterling, elle a finalement fait beaucoup moins, atteignant la somme de 2,7 millions de livres Sterling, quasiment trois millions d’euros ! Ce n’est pas le record, pour une monnaie romaine, mais c’est déjà pas mal…
Source : edition.cnn.com

115.6

Bonjour, j’ai trouvé un poids monétaire mais je n’arrive pas à le situer et le dater. Je vous le mets en pièce jointes, David 26g.
La photo est un peu floue mais on distingue XXI D V °°° soit 27,31 g. Il s’agit d’un poids monétaire de France Louis XIII ou Louis XIV jeune avec la tête laurée à droite. Pour le poids des écus français.

Duels avec le Glorioso

Juillet 1747, le Glorioso, navire espagnol, approche des Açores, ramenant des Amériques une cargaison de quatre millions de dollars en argent provenant des mines du Mexique. Le navire a été construit à La Havane, en bois tropicaux fort denses et très pesants. Il est plutôt lent mais d’une incroyable robustesse, quand à son capitaine, Pedro Messia de la Cerda, c’est un chevalier grand-croix de l’ordre de Malte. C’est un homme habile, déterminé et son équipage le suivrait en enfer !

Au large de Florès, le Glorioso se fait intercepter par 3 navires britanniques : le vaisseau Warwick de 60 canons, la frégate Lark de 40 canons et un brick de 20 canons. Le Gloriosio est lui armé de 70 canons. Pour les navires anglais, il s’agit d’une proie facile, du moins le pensent-ils. Ils engagent le combat, et contre toute attente, le Glorioso contre attaque à la stupeur des Anglais. Les tirs précis des Espagnols provoquent des dégâts incroyables chez les Anglais, coques percées, gréements ravagés, équipages décimés. En moins d’une heure, les Anglais prennent la fuite avec des navires à l’état d’épaves ! Le Glorioso, bien que lui aussi endommagé, poursuit sa route vers l’Espagne, sans avoir perdu un seul homme d’équipage.
Six jours plus tard, il arrive en vue du Finistère galicien et comble de malchance, il tombe à nouveau sur les Anglais ! Cette fois, il s’agit de l’amiral John Byng qui commande l’Oxford de 50 canons, la frégate Shoreham de 24 canons, et le Brick Falcon de 20 canons. Et encore une fois, le Glorioso attaque ! Après 3 heures de combats acharnés, les navires anglais se retirent en piteux états. Le Glorioso a aussi subi de nouvelles avaries dont la perte de son beaupré, la coque est toujours intacte ! Il réussit à rentrer le 16 août dans la ria de Corcubion et d’y décharger la totalité de ses trésors. La mission remplie, La Cerda effectue quelques réparations de fortune mais constate que pour l’essentiel, il faudra un bon radoub d’Arsenal.
Devant rejoindre le Ferrol, le navire reprend la mer ; des vents contraires le déroutent et le capitaine opte pour Cadix, s’éloignant des côtes portugaises afin d’éviter toutes mauvaises rencontres. Hélas, la poisse le poursuit et le 17 octobre, non loin du cap Vincent, les Anglais lui tombent encore dessus. Cette fois, il s’agit d’une escadre corsaire, et pas n’importe laquelle, on l’appelle « la famille royale ». Elle regroupe les frégates Prince Frédérick, King George, Princess Amélia et Duke, totalisant 960 hommes et 120 canons. Pris au piège, le Glorioso ne change pas de tactique et choisit l’attaque !, à un contre quatre ! Après 4 heures de combat, le Glorioso arrive à s’extirper de la mêlée, ayant mis hors jeu un navire anglais totalement démonté. Il met le cap au sud, bientôt pris en charge par les 3 autres navires anglais, fortement amochés.

3e duel, le corsaire anglais Duke démâté.

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Caratacus !

En 43 après J.C, l’île de Britannia (l’actuelle Angleterre) est attaquée par les légions romaines. Un homme, un Celte, chef de tribu, se rebelle et organise la résistance, il se nommait Caratacus « le Vercingétorix anglais ». En novembre 2019, un prospecteur du Hampshire a découvert avec son détecteur de métaux un rarissime statère d’or de Caratacus. La monnaie fut frappée dans la région du Hampshire peu de temps avant que l’empereur Claudius n’envoie quatre légions romaines envahir Britannia ; Caratacus et ses hommes résistèrent 8 ans, avant que ce dernier ne soit capturé… Le statère est exceptionnel, considéré comme la monnaie la plus importante de cette époque par la qualité de sa frappe, il passera au feu des enchères en fin d’année, sur une mise à prix de 24 000 livres sterling ! A suivre…

Source : dailymail.co.uk