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Monnaies et Détections

Sommaire 105

Vécu
Cahiers de prospection 1999-2000
Le Messerschmitt anonyme
Un trésor de l’époque d’Ivan IV le Terrible
Totenkopf
Histoire d’Ôr
Aimant
Découverte de l’épave d’une Forteresse volante B 17 en mer du Nord
Brèves
Histoire
1581, le blocus de Cambrai
Appel aux prospecteurs
Trésors en attente d’une déclaration sans risque en France
Numismatique
Le bicentenaire d’une monnaie d’un pays de légende
350 millions d’euros au soleil
Trois principautés pour les La Tour
« Ma pièce préférée »
Trouvailles
Monnaies/objets, avec la flèche Palmela
Courrier
Banc d’essai
L’Equinox 800
Librairie
Agenda

Édito 105

Enfin, un prospecteur qui fait mentir le proverbe « pour vivre heureux vivons cachés ! » Il est l’un des très nombreux détectoristes français qui découvrent régulièrement et fortuitement un trésor monétaire hors de sites classés, mais là où il se démarque des autres, c’est qu’il n’a pas peur de nous envoyer une photo anonyme de sa trouvaille car il sait qu’il ne risque rien. C’est un fait acquis, les prospecteurs français cachent, masquent, occultent leurs trouvailles, surtout sur le web qui est devenu un véritable piège pour ceux qui ont le malheur de demander une identification. Ce pot trouvé de drachmes gauloises de la région devrait être étudié. Il ne le sera pas car en cas de déclaration, la spoliation serait immédiate et complète et l’opprobre
jetée publiquement sur un citoyen lambda passionné par son loisir. Revoir cette loi sur le patrimoine est une urgence mais l’administration ne prendra conscience de la perte irrémédiable d’une quantité monstrueuse d’informations que lorsqu’il sera bien trop tard…
Comme toujours !
Gilles Cavaillé

104.3

Bonjour l’équipe, petite sortie en cette fin de mois d’octobre aux abords de Montbéliard, et au milieu de dizaines d’ogives militaires de 39/45 et quelques clous j’ai inventé ce denier qui me semble être d’Auguste, mais je n’arrive pas à trouver d’exemplaire correspondant au revers. Il pèse 3,69 g, a un diamètre de 17 mm et le relief est bien présent. Pourriez-vous m’en dire plus ? Pour le plaisir des yeux, je vous joins également la photo d’une boursée que j’ai faite dans le même secteur il y a quelque mois ! Merci d’exister… Bien cordialement, Gil.   
Votre denier est bien attribué à Auguste, c’est une variante non répertoriée sur le « Roman coin ». Alors, est-ce une fausse bien que le poids corresponde ? La légende AUG DIVV PP est clairement lisible et ne correspond pas à une légende habituelle. Le taureau, au revers, marchant à droite avec la légende IMP, correspond à une série de deniers avec la salutation impériale, mais le taureau est totalement différent, la légende et la forme des lettres aussi. Il se pourrait que cela soit une imitation locale. Je vous suggère de vous rapprocher d’un professionnel pour examiner physiquement votre monnaie. Les deniers de la série au taureau d’Auguste se négocient entre 150 et 250 euros en TB++.
Sympa la boursée des deniers des douze premiers césars, au nombre de cinq, représentés par Domitien et Vespasien et quatre deniers de la République bien antérieurs aux deux empereurs. Remarquez d’ailleurs l’usure de ces deniers de la République par rapport à ceux des empereurs, ils ont circulé plus longtemps et étaient toujours en cours pendant la période impériale.

Les relais français de la poste aux chevaux, au nombre de 623 en 1632, atteignent le chiffre de 1426 à la veille de la Révolution et avoisinent les 2000 en 1850.
Le réseau routier suit cette évolution.

A l’époque de Louis XV et Louis XVI, la malle-charrette est utilisée.
Comme son nom l’indique, c’est une charrette non suspendue, à deux roues, couverte, tirée ordinairement par trois chevaux : un fort limonier, un deuxième cheval en galère (renfort), et un troisième, le porteur, monté par un postillon.

Les forts cahots auxquels la malle-charrette est soumise lui valent le nom de « panier à salade », bien avant le sens moderne donné à un autre type de voiture bien particulier, les voitures de police.
Vers 1800, la malle-poste, véhicule affecté au même usage, succède à la malle-charrette.
La malle-poste est une voiture hippomobile destinée à l’origine au transport des dépêches et du courrier en général. C’est l’équivalent du mail coach britannique.
La malle-poste peut transporter, en plus du courrier, des passagers. C’est donc une voiture plus lourde, fermée, à quatre roues, suspendue sur des ressorts, tirée par quatre ou cinq chevaux. La partie avant, le cabriolet, reçoit le cocher et un passager à côté de lui. Dans la partie centrale, le coupé, prennent place trois voyageurs. La partie arrière est la malle réservée au courrier.
Les malles-poste sont plus rapides que les diligences. Celles-ci, plus lourdes, transportant plus de passagers, deviennent prédominantes au cours du XIXe siècle.

En France, sous la Restauration, les malles-poste sont peintes en jaune, puis, sous Louis-Philippe, généralement en gris puce.

En effet, leur nombre ne cesse de croître dans la première moitié du XIXe siècle, en lien avec la densification du réseau routier.
Les grandes voies reliant Paris à la province sont désormais complétées par des axes transversaux, tant régionaux que nationaux.

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Sous-marin allemand

Phénomène assez rare, visible en ce début d’année sur la plage de Wissant dans le Pas de Calais, un sous-marin allemand de la première guerre a refait surface ! L’U-boote UC-61 remontait vers la Mer du Nord la nuit du 25 au 26 juillet 1917 quand il s’échoua, par suite de fausses manœuvres, sur la plage de Wissant.
Repéré par un douanier avant que la haute mer ne le remette à flot, les 26 hommes d’équipage le sabordèrent et furent tous faits prisonniers. Par la suite, le sous-marin fut bombardé pour neutraliser les explosifs. Long de 49 mètres pour 545 tonnes, il était équipé de 6 puits de mines à lancement vertical et de 2 tubes lances torpilles.
Si les restes de l’épave sont libérés du sable assez régulièrement, il est très rare de le voir dans sa quasi-totalité comme en ce début d’année.
Source : 20minutes.fr

104.19

Bonjour, merci de m’apporter des précisions sur ce que je pense être une médaille ou une monnaie. Peut-être une copie. Diamètre 3 cm, métal argent, je pense. Je n’ai pas de balance pour le poids. Cordialement. André
C’est effectivement une reproduction d’un sceau des templiers : à l’avers on distingue deux chevaliers sur le même cheval avec leurs lances (c’est un symbole de fraternité), la légende est SIGILLUM MILITUM XPISTI (sceau de la milice du Christ). c’est une reproduction de sceau de Geoffroy de Vichier (1286-1290). Cet objet moderne possède sur l’autre face une croix templière et la célèbre allégeance des templiers à Dieu : NON NOBIS DOMINE, NON NOBIS, SED NOMINI TUO DA GLORIAM. Qui se traduit par : « Pas en notre nom Seigneur, pas en notre nom mais au nom de ta gloire. Il s’agit d’un jeton moderne d’une association, d’un groupe, d’un ordre, ou des francs-maçons se voulant les dignes héritiers des templiers aujourd’hui disparus ?

Uniformes et drapeau du régiment ci-devant Agénois. Source : André Jouineau www.imagesdesoldats.fr

Le régiment ci-devant Agénois(1) est créé en mars 1776, à partir des 2e et 4e bataillons du régiment de Béarn. Depuis 1779, il porte le bouton jaune (en laiton) timbré du numéro 16, jusqu’au règlement de 1791 qui lui a ensuite attribué un bouton identique mais blanc (en étain)(2) .

Boutons du 16e régiment d’infanterie de ligne ci-devant Agénois trouvés ensemble dans le Nord. Ils furent perdus lors des campagnes du régiment en 1793 ou 1794. A gauche un grand module blanc incomplet (l’étain se désagrège) à double trait, décrit par l’ordonnance de 1791. A droite un petit module jaune antérieur à 1791 qui porte une belle patine sombre.

Il ne semble pas véritablement étonnant qu’un bouton jaune puisse être trouvé à côté d’un bouton blanc car les uniformes ont souvent été portés jusqu’à usure complète. La période révolutionnaire est bien connue pour les pénuries d’armement, d’équipements et d’uniformes dont les armées ont souffert.

1. Le 1er janvier 1791, tous les régiments prennent un nom composé du nom de leur arme, ici l’infanterie, avec un numéro d’ordre donné selon son ancienneté. Le régiment d’Agénois devient le 16e régiment d’infanterie de ligne ci-devant Agénois.
2. Louis Fallou, le bouton uniforme français, éditions du canonnier, pages 78 à 80.

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Dans un pot de margarine…

En 2008, quelque part dans le Comté d’Oxford, Angleterre, un agriculteur qui se passionne aussi pour la chasse aux trésors, c’est une activité banale en Angleterre, prospecte ses propres champs ; au moins il est tranquille, il n’a rien à demander à personne… Au cours d’une prospection, il découvre avec son détecteur une statuette en bronze, en plusieurs morceaux, il en manque d’ailleurs quelques-uns. Notre agriculteur, chasseur de trésor et inventeur, pense que c’est une copie moderne sans intérêt. La statuette finit tout de même dans un pot de margarine, pour préserver le métal…
10 ans plus tard, un prospecteur amateur frappe à la porte de notre agriculteur et lui demande l’autorisation de prospecter ses terres, entre amateurs de chasse aux trésors, la discussion s’engage et l’agriculteur se souvient de sa statuette !
Le nouveau venu y voit – à juste titre – un bronze romain, une Minerve ! Il lui conseille de la déclarer, ce qui fut fait. La Minerve ayant reçu la mention “trésor” est désormais en restauration à l’Oxford-Museum, mieux vaut tard que jamais…
Source : qz.com

104.8

Passionné par l’archéologie, je pratique la détection de passion depuis environ 5 ans et je me fais le plaisir de vous envoyer ma première monnaie en or. Un magnifique florin trouvé à Bonnefontaine dans le Jura. Mais le problème est que je n’ai pas trouvé d’image de florin où une amphore se situe à la droite de Saint Jean-Baptiste. Si vous pouviez m’apporter votre aide ce serait magnifique (je m’excuse si le flash de l’appareil photo vous gêne). Merci d’avance, et bonne continuation. Un de vos fidèles lecteurs, Bruno.
Monnaie italienne de Florence en état TB++ : FLOR-ENTIA. : (Florence). Grande fleur de lis épanouie. Revers : .S. IOHA-NNES. B (MM). Saint Jean Baptiste debout de face, nimbé, barbu, vêtu de la peau de mouton, tendant la main droite et tenant un sceptre cruciforme bouleté. Traduction revers : (Saint Jean-Baptiste). Le premier florin frappé à Florence date de l’année 1252, il fait 3,5 g et 24 carats et les monnaies sont frappées en grand nombre jusqu’au XVe siècle. L’exemplaire que vous proposez comporte comme différent une lampe à deux anses, attribué à Lapo di Niccoló, maitre graveur, premier semestre 1343. Votre monnaie s’estime 450 euros.

Les pièces d’or

L’histoire commence après l’incendie d’un bâtiment agricole.
Je suis assureur et mon client, Christian Maurin, et moi parcourions les restes calcinés du bâtiment. Le sol était recouvert de tuiles cassées, de gravats, de morceaux de bois brûlés.
Christian me fit remarquer :
- « Vous voyez, tous ces débris recouvrent une vie de travail, des outils, des matériels que nous avions conçus et fabriqués nous-mêmes, ils étaient adaptés à notre exploitation et seront difficilement remplaçables. »
- « Il faudrait un détecteur de métaux pour retrouver ces outils, et qui sait on découvrirait peut-être de l’or ? »
Je cherchais à plaisanter un peu pour alléger l’atmosphère.
Christian Maurin sourit et me dit :
- « Vous le savez sans doute qu’on a retrouvé de l’or chez mes parents ?
- Oui, j’en ai entendu parler, il y a une quinzaine d’années, non ?
- Oui, à peu près, mais l’histoire est beaucoup plus ancienne que ça, un de ces jours, je vous la raconterai… »

Quelques semaines plus tard, je me trouvais chez les Maurin pour une toute autre affaire et comme je n’étais pas vraiment pressé, j’ai rappelé à Christian sa promesse de me raconter l’histoire de la découverte de l’or. Il me répondit :
- « C’est une sacrée histoire, mais comme je vous aime bien, je vais vous la raconter. »
Il se recula sur sa chaise, pencha la tête en arrière en regardant le plafond comme pour chercher l’inspiration et commença son récit.

- « Ça s’est passé vers la fin du XIXe siècle. Mon arrière-grand-père s’appelait Jean Maurin et vivait à Laissac. Il n’était pas riche, loin de là, c’était un ouvrier agricole, un brassier comme on disait à l’époque.
Un soir, après la journée il dit à son patron :
- Paye-moi la semaine car demain tu ne me verras pas, je ne viendrai plus travailler !
- Comment ça tu ne viendras plus travailler ?
- Oui, demain je vais chez le notaire et après, je crois, je ne viendrai plus travailler.
Il faut dire qu’à Laissac, à cette époque-là il y avait deux familles de Maurin : mon arrière-grand-père et sa famille, et une autre, avec qui on n’était pas parent : Pierre Maurin, un vieux garçon, et sa sœur Madeleine elle aussi vieille fille. Ces deux-là vivaient ensemble dans une grande maison bourgeoise et avaient pas mal de biens : des terres, des maisons dans le village et ailleurs, certainement beaucoup d’argent.
Un soir, la Madeleine a arrêté mon arrière-grand-père dans une rue du village. Visiblement elle le guettait et lui dit :
- Jeannot, si lorsque tu auras, parce qu’un jour tu auras bien des enfants, et bien si tu appelles un de tes fils Pierre, comme mon père ou mon frère, je te coucherais sur mon testament !
Apparemment, il était très important pour elle que le nom de Pierre Maurin ne s’éteigne pas…

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