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Dinosaure aux enchères

Un rare dinosaure, découvert par un agriculteur américain en 2012 sur ses terres. Aux États-Unis vous êtes propriétaire de votre sous-sol et de ce qu’il contient. « Pas en France ». Le Dinosaure baptisé Skinny était complet à 90 %, ce qui est assez rare – dans les musées de nombreux os manquants sont en résine –, il fait partie de la race des diplodocus, 13 mètres de long pour 6,20 de haut. La maison de vente aux enchères précisait qu’il était possible de le présenter dans une position différente, au cas où votre hauteur sous-plafond ne serait pas suffisante par exemple… Skinny a été exposé plusieurs semaines dans la gare de Londres, avant de prendre le tunnel sous la manche pour être remonté à Paris. Estimation : 1,5 millions d’euros.
Source : lefigaro.fr

Le monnayage colonial français

Le monnayage atypique de la Nouvelle-France (Deuxième partie)

Le monnayage colonial en Nouvelle-France

De rares monnaies, espagnoles et françaises, circulent. Les monnaies françaises servent surtout aux commerçants à payer leurs impôts au représentant du roi de France, le vice-roi de Nouvelle-France, donc elles repartent systématiquement en France.
Afin de maintenir le monopole français et d’en protéger ses productions, il est interdit aux colons de produire autre chose que la nourriture dont ils ont besoin, ce qui favorise une contrebande avec les colonies britanniques toutes proches.
La disette d’espèces menace aussi la sécurité de la colonie car elle rend impossible le paiement des troupes qui doivent maintenir le calme chez les Iroquois. En fait, les espèces frappées en France arrivent de manière très aléatoire, souvent une seule fois l’an, par bateau.
Le troc est donc couramment utilisé. Il se pratique beaucoup au niveau des échanges commerciaux entre Amérindiens et Européens, et entre Européens eux-mêmes. Il est basé sur des échanges de peaux de castors ou des bouteilles d’alcool.
Bien que la traite des fourrures soit axée sur le troc, soit l’échange de marchandises pour d’autres biens, une monnaie-étalon d’échange s’impose sous forme de peau de castor. Au sein des compagnies de pelleterie, une seule peau de castor adulte, de première qualité et en parfait état est appelée « plus ».

Le plus devint l’unité fixe de troc pour mesurer la valeur de toutes les marchandises de traite et autres pelleteries. Ainsi, la valeur totale des fourrures peut être cotée en plus et les Indiens peuvent obtenir l’équivalent en marchandises de traite.
En 1740, la Compagnie anglaise du Nord-Ouest fabrique même des jetons indiquant aux Indiens la valeur des fourrures qu’ils veulent échanger. Avec ces jetons, les Indiens peuvent échanger leurs prises contre un vaste assortiment de produits.

De même, les commerçants américains dans le sud des Grands Lacs utilisent comme étalon le « buck », soit la peau de cerf de Virginie mâle de grande taille, pour calculer la valeur des fourrures et des marchandises de traite européennes (avec 5 bucks, on a une caisse de six bouteilles de Whisky).
Les peaux de cerf servent à fabriquer des vêtements, notamment des vestes de chasse très prisées des coureurs des bois.
Le buck va devenir plus tard l’équivalent du dollar américain.

La peau d’animal (et pas seulement celle de cerf), moyen d’échange traditionnel de l’époque, était devenue une valeur étalon. Cependant, toutes les peaux ne se valaient pas. Une peau d’un animal tué en hiver était de meilleure qualité que celle d’un animal tué en été. La première pouvait valoir un buck, tandis qu’il en fallait plusieurs de la deuxième catégorie pour arriver à un buck. Il y avait aussi la taille. « Passe moi dix peaux de lapins, je te file une peau d’orignal ! Ça fait un buck de chaque côté. »
Peu à peu, avec les vagues de colonisation européennes, les échanges de ce type ont diminué, mais quand le dollar a fait son apparition en 1792, le terme « buck » est resté, comme un mot d’argot pour désigner un dollar.
Mais ce système a ses limites.
Pour pallier la pénurie « d’espèces sonnantes et trébuchantes », il devient indispensable d’établir un nouveau système monétaire : la monnaie de carte, atypique et fascinante.
Le but est de rembourser ces monnaies de carte en espèces sonnantes et trébuchantes dès que possible.
Le premier monnayage régional de la Nouvelle-France est cette monnaie de carte. C’est une monnaie de nécessité apparue d’abord au Canada et devenue moyen de paiement par cours forcé sous le règne de Louis XIV en 1685. Cet instrument financier consistait en la première tentative de monnaie fiduciaire française et nord-américaine.
D’autres formes de monnaie de carte sont également utilisées en Louisiane française.
En effet, en Nouvelle-France, à la fin du XVIIe siècle, la rareté des pièces de monnaie française est criante au Canada, surtout l’hiver, puisque les navires ne peuvent circuler sur le fleuve Saint-Laurent en raison de l’épaisseur de la glace, empêchant la livraison des marchandises.
Le 16 février 1670, des pièces de monnaie en argent (15 et 5 sols) et en cuivre (double tournois) pour un montant total de 100 000 livres, sont frappées à Paris et envoyées en Nouvelle-France. Mais ces pièces sont utilisées pour envoi de fonds, ainsi il y a peu de pièces de monnaie spécifiques aux régions avec lesquelles on commerce.
En 1674, le Roi donne l’ordre qu’en ses colonies tous les comptes, achats et paiements divers soient impérativement soldés en argent sonnant.
Cependant, en 1684, Louis XIV envoie des soldats au Canada, ordonne de les y faire vivre mais oublie leur paie. Jacques de Meulles, intendant de la justice, police et finances en Canada, Acadie, Isle de Terre Neuve et autres pays de la France septentrionale, n’a pas de fonds pour payer les fonctionnaires coloniaux et les troupes.
En juin 1685, il émet donc des notes de crédit d’un nouveau genre : « à cette époque, il n’y avait pas encore d’imprimerie dans la colonie, et d’un autre côté, comme peu d’habitants savaient écrire, le papier n’était pas en abondance. Mais pendant les longues soirées d’hiver, les jeux de cartes étaient l’amusement favori de la population, et par conséquent, il s’en trouvait un dépôt assez considérable ».

Monnaies de carte de Louisiane

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 89

Le trésor perdu de la flotte espagnole de 1715

C’est dans la nuit du 31 juillet 1715 qu’une flotte de galions espagnols chargés des trésors accumulés en Amérique et en Orient pendant plusieurs années a sombré au large des côtes de Floride : un ouragan de force 4 ou 5 détruisit 11 navires sur les 12 que comptait cette “Flotte des Indes” ou “Flotte du trésor espagnol” comme on disait alors en Espagne. 

© DR

Passées quelques tentatives plus ou moins fructueuses pour récupérer les trésors qui reposaient au fond de la mer, le naufrage de la flotte de 1715 fut oublié pendant 250 ans, avant qu’une partie de ses richesses soit redécouverte dans les années 1960 au fond de l’Océan par d’heureux chasseurs de trésors… Et cette chasse au trésor continue aujourd’hui encore, parfois avec succès. Ainsi en 2011 un extraordinaire pélican d’or a été découvert, tandis qu’au début du mois de septembre 2013 deux nouvelles trouvailles de monnaies et d’objets en or ont eu lieu…

Nous proposons de revenir sur cette histoire tragique au cours de laquelle périrent près de 1000 membres des équipages des navires coulés. Nous expliquerons pourquoi une telle quantité de richesses fut rassemblée à bord de la flotte de 1715, quelles furent les circonstances du naufrage et ses suites : comment les rescapés s’organisèrent pour survivre après le désastre et comment réagirent les autorités espagnoles. Enfin, nous évoquerons la redécouverte des trésors de la flotte de 1715 depuis les années 1960 jusqu’aux plus récentes trouvailles qui ont eu lieu au mois de septembre 2013…

 1. Le trésor de la flotte de 1715

Lingots et chaînes en or provenant de la flotte de 1715. © DR

La flotte du trésor de 1715 prit la mer depuis le port de La Havane à Cuba au petit matin du 24 juillet 1715, par une belle et calme journée. Cette flotte était composée de pas moins de 11 vaisseaux répartis en deux groupes.

Le premier groupe de navires, baptisé “flotte de la Terre Ferme”, avait rassemblé les trésors produits en Amérique du Sud. Le second groupe de bateaux portait le nom de “flotte de la Nouvelle Espagne”, qui correspond au Mexique actuel. La flotte de Nouvelle Espagne rassemblait les richesses accumulées au Mexique mais aussi en Extrême-Orient.

La flotte de la Terre Ferme, placée sous le commandement du Capitaine général Don Antonio de Eschevez y Zubiza, était composé de six navires. Le bateau la “Capitana-General” était sous le commandement indirect de la “Capitana”, le vaisseau amiral, un navire anglais de capture qui s’appelait auparavant “l’Hampton Court”, et qui était garni d’un grand nombre de coffres de pièces d’argent, de pièces d’or, de barres d’or, de poussière d’or et de joyaux ainsi que de produits tropicaux…

La suite dans Monnaies & Détections n° 74