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Arnaques aux trésors

Trouver un trésor : un des plus vieux rêves du monde ! Combien d’hommes se sont lancés dans cette quête infernale et ont tout perdu, argent, famille, amis, raison et parfois même la vie et cela suite à la recherche de chimères, de fabuleux trésors, ne reposant sur aucun document historique mais uniquement sur des ouï-dire.

L’île Cocos

La plus grande chimère est sans contexte l’île des cocos – ou plutôt l’île des gogos –, l’île aux pirates censée recéler de fabuleux trésors que personne n’a jamais découverts ! 500 expéditions lancées entre 1841 et 2012, des millions et des millions dépensés, plusieurs morts par accident ou meurtres, plusieurs blessés graves et tout cela pour 33 misérables pièces d’or frappées entre 1773 et 1779 et rien d’autre… et pourtant on dit que… il paraît que… on raconte que… toujours des ouï-dire et rien d’autre, du vent, encore et encore… Et pourtant en 2019, certains écrivent encore et colportent cette chimère, sans apporter la moindre preuve, aucun document historique, aucune pièce d’archive, aucun travail universitaire, rien et encore rien, se contentant pour la plupart de copier er recopier la version de R. Charroux parue en 1962 dans « Trésors du monde : enterrés, emmurés, engloutis », comme l’écrit si bien J.P. Moreau à propos de l’île des gogos « on trouve juste quelques faits colportés par ceux qui écrivent sur les trésors, sans recherches originales, mais en se recopiant les uns les autres ».
Et en effet, je prends l’exemple du « trésor » de Graham Bennett, alias Benito Bonito « la lame sanglante », selon ces auteurs, ancien capitaine de la Royal Navy, ayant même secondé l’amiral Nelson à la bataille de Trafalgar (21 octobre 1805). Sauf que, hélas, les archives de la Royal Navy démontent avec fracas cette version ! En effet, aucun officier du nom de Graham Bennett n’a jamais secondé l’amiral Nelson, pire, aucun officier portant ce nom n’a servi dans la Royal Navy à l’époque, mais bon, il paraît que…
Ainsi les escrocs pariant sur la cupidité, la naïveté et le désir de certains de s’enrichir rapidement, montèrent de véritables arnaques aux trésors dans les années 1920-1930, la mode à Londres étant la recherche de trésors sur l’île des cocos, avec appels de fonds et annonces alléchantes dans les plus sérieux journaux de l’époque, et le très sérieux Daily Mail publiant des mises en garde contre ces arnaques ! Déjà le Daily Morning Call, très sérieux journal de San Francisco publia le 19 mars 1872 : « s’il n’y a pas de trésor sur l’île cocos, il y en a dans la poche des gens », à savoir dans la poche des arnaqueurs !
Car en effet, les grands gagnants dans ces histoires sont les chercheurs de trésors arnaqueurs, ceux-là ont déjà trouvé « le trésor » dès qu’ils mettent la main sur un sponsor, ou sur un pigeon à plumer ! Montant de la sorte des expéditions qui tournent rapidement court et reviennent bien sûr bredouille, le budget ayant été dilapidé en salaires, notes de restaurants et autres dépenses de luxe. Voilà le véritable trésor…, le cash des sponsors et des pigeons…

Le pirate-terrassier de l’île Cocos

La suite de l’article dans Monnaies & Détections n°110 …

Faux lingot d’or

Et encore une histoire de faux lingot, celle-ci provient du Canada, Un bijoutier d’Ottawa ayant besoin d’or pur, 24 K, pour fabriquer un bijou, sort de sa bijouterie et traverse la rue. Juste en face il y a une succursale de la Royal-Canadian-Mint : la Monnaie royale canadienne, l’équivalent de la Banque de France qui fond et affine l’or et le revend sous différentes formes. Le bijoutier achète un lingotin d’une once d’or, 31,103 g sous blister, une coque en plastique scellée, qui est confiée à son orfèvre. Celui-ci après avoir sorti le lingot le passe au laminoir pour commencer le travail et là : le lingot casse en deux ! Du toc !
Dans un premier temps, la RCM refuse le remboursement, il a fallu que le bijoutier passe sur CBC, la chaine de télé locale, pour que les choses bougent… Le lingot remboursé, 1600 $ quand même, la Monnaie canadienne se demande comment la chose est possible et les journalistes flairant le scoop ont mis les pieds dans le plat.
En 2016 un employé de la RCM fut arrêté. Employé pendant plus de neuf ans, de 2008 à 2015 à la fonderie, L. Leston avait pour job d’affiner l’or. Il a été reconnu coupable d’avoir volé pour plus de 200 000 dollars d’or. La RCM se demande maintenant s’il n’aurait pas aussi remplacé de vrais lingotins par du toc !, un alliage de tungstène pour le poids et laiton pour la couleur. Les lingotins sous blister ne sortant que très rarement de leurs coques, l’arnaque était quasiment imparable, surtout quand vous l’achetez directement chez un fondeur de renom…
Source : cbc.ca/news/canada/ottawa

Pierre philosophale

La pierre philosophale, tout le monde connait l’histoire, est censée pouvoir changer le plomb en or ! L’alchimiste Nicolas Flamel aurait percé son secret vers l’an 1400. Ça c’est la légende. Plus près de nous une bande d’arnaqueurs qui exerçaient leurs talents dans la Marne et le Nord de la France avaient, eux, inversé le système transformant l’or en plomb, c’est plus facile et surtout plus rentable si on vous vend du plomb pour de l’or ! C’est le GIGN qui a mis un terme à l’arnaque, après plusieurs plaintes et certainement plus de victimes inconnues. Le système était bien rodé, des annonces sur le Net et ailleurs pour des pièces d’or, principalement des Napoléons et quelques monnaies étrangères, proposées bien sûr à des prix imbattables. L’acheteur démarché à son domicile avait les monnaies d’or devant lui, qui pour x raison étaient toujours remises dans un petit sac de toile, avec une excuse genre : il ne faut pas les rayer… Et une fois l’or payé, en cash forcément, un tour de passe-passe remplaçait le sac d’or par un sac de mêmes dimensions et poids contenant du plomb ! Le montant du préjudice pour six victimes connues dépasse actuellement les cent mille euros…
Source : francebleu.fr