MONNAIES ET DETECTIONS Le Blog

Monnaies et Détection, le blog

Bienvenue sur le Blog Officiel
Monnaies et Détections

Articles taggés ‘Cambrai’

1581, le blocus de Cambrai

La place de Cambrai occupait une position privilégiée sur la frontière en cas d’invasion. Elevée à la dignité de cité impériale par l’empereur germanique Henri V (1106-1125), elle avait dès lors reçu les privilèges y afférant. Le titre de protecteur de la cité avait par la suite été octroyé au comte de Flandres Robert de Bethume (1305-1322). Ce titre étant héréditaire, il allait ainsi passer aux ducs de Bourgogne, puis aux Hasbourg lorsqu’ils s’octroyèrent la Flandre. Cambrai était évidement convoitée par les Français qui l’ont occupée à diverses reprises.
Cambrai terre d’empire, ses seigneurs avaient toujours su garder une certaine neutralité dans les confits qui opposaient les Hasbourg à la France et dès l’apparition de la religion réformée, celle-ci y fut bien tolérée. Cela finit par interpeler le très catholique Charles Quint autant que la position stratégique de la place. Ainsi entre 1543 et 1544, il fit construire une imposante forteresse aux dépens de la population et en ruinant le château d’Escaudœuvres afin d’en utiliser les matériaux. Cette démarche provocatrice eut pour conséquence d’indisposer les Français.
En 1572, lorsque Guillaume d’Orange soulève les 17 provinces des Pays-Bas contre l’Espagne, les répercussions se font sentir dans le Cambrésis tout proche et le prince-archevêque Louis de Berlaymont quitte Cambrai pour vivre dans son palais de Cateau.
En octobre 1576, Baudouin de Graves, baron d’Inchy, un seigneur voisin, se présente dans Cambrai en se prétendant patenté par les états-généraux des Pays-Bas pour relever le gouverneur espagnol de la cité, le baron de Lièques. Le rusé coup de bluff réussit parfaitement et pris à l’improviste, le gouverneur se soumet et la garnison de la citadelle, dépassée, laisse faire. Les édiles de la cité et la population accueillent l’évènement avec une satisfaction non dissimulée.
Le baron d’Inchy, devenu maître de Cambrai fait donc passer la Principauté dans le giron des provinces révoltées contre Philippe II. Le baron d’Inchy est avant tout un ardent partisan de la France et, dès lors, lorsque les provinces des Pays-Bas méridionaux vont signer le traité d’Arras, le 16 janvier 1579 et ainsi retourner sous l’autorité de l’Espagne, le seigneur de Cambrai refusera de se soumettre. Cela déclenchera la colère d’Alexandre Farnèse qui a la ferme volonté de ramener le Cambrésis sous l’autorité de la couronne d’Espagne.
Ainsi en 1580, le duc de Parme organise dès l’automne le siège de Cambrai, celui-ci ressemble d’avantage à un blocus. En effet dans l’art de la stratégie militaire, Farnèse s’assure de la possession de bastions situés autour de Cambrai, LESDAIN, CREVECOEUR, VANCELLES, MARCOING et ESCANDOEUVRE tombent aux mains des impériaux. Farnèse y dispose de solides garnisons et de la puissante artillerie. Cambrai est ainsi totalement isolée, le blocus est total. Les impériaux pillent à l’envie, les fermes, les hameaux, les moulins, les bourgs, le Cambrésis est mis à feu et à sang, viols, meurtres, massacres sont quotidiens. La région plonge dans l’horreur.
Cambrai est quasi totalement privée de ravitaillements. Seules quelques escouades parviennent à alimenter quelque peu la place en se frayant un passage par les armes, mais la situation devient de plus en plus intenable pour les assiégés.
Le baron d’Inchy fait appel au roi de France et à François d’Alençon, lesquels lui promettent toute l’aide et les renforts nécessaires.

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 105