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Boucle d’oreille celtique

Un groupe d’écoliers visitait un site archéologique en Angleterre à Kirkhaugh, Northumberland. Un site d’époque celtique où plusieurs tumulus sont en cours de fouille, l’un de ces tumulus avait délivré lors d’une précédente fouille en 1935, une rare boucle d’oreille en or celtique, datée de 4300 ans !

Pendant la visite, l’un des écoliers, Joseph 7 ans, a aperçu un petit truc jaune émergeant des déblais… Bingo ! La deuxième boucle venait de refaire surface, les bijoux de cette époque sont très rares, une dizaine seulement de recensées pour tout le Royaume-Uni. Le hasard a voulu que l’arrière, arrière grand-oncle de Joseph, avait, lui aussi participé à la première fouille en 1935…

Source: thehistoryblog.com

Décoder une monnaie celte

Signes et symboles de l’iconographie laténienne

Existe-t-il réellement une symbolique celte typique ?

Répondre de but en blanc par la positive à cette question peut apparaitre relativement présomptueux. N’oublions pas que les peuples concernés nous ont laissé un nombre très réduit d’écrits et encore moins d’images associées à un texte qui en serait la traduction ou délivrerait le message que l’on voulait faire passer à l’époque ; je m’explique : nous trouvons des têtes coupées, des pentagrammes, des esses ou encore des svastikas sur de multiples supports mais aucune phrase ni même aucun mot ne les accompagne. Lorsque l’on recherche un symbole, c’est-à-dire un signe ou un motif en lien avec une tradition, on recherche forcément une pensée voire une volonté commune et pérenne.

Pour nous mettre sur la piste, nous disposons des écrits antiques grecs et romains, des légendes médiévales et bien sûr de l’archéologie aidée ces dernières années par les détectoristes (à travers une coopération toute officielle en Grande Bretagne et, comment dire, beaucoup plus … discrète mais réelle dans notre beau pays).

Ici, comme dans d’autres domaines, c’est de la répétition des constatations qu’apparaissent enfin des clés. Ces dernières nous ouvrent des portes. Franchissons-les allègrement  ensemble.

Les codes et symboles celtiques dans la littérature, à travers les gravures sur bois, pierre et métaux et sur les objets usuels (vases, fourreaux d’épées, appliques, etc…)

Codes et symboles guerriers : têtes coupées, chevaux, sangliers, armes, enseignes, carnyx, tatouages…

Codes et symboles religieux, astronomiques et magiques : gui, chaudron, astres, croissants,  globules (souvent associés par trois), torques, pentagrammes, roues, rouelles, svastikas, mains, triskèles, crosse…

Codes et symboles artistiques : décors floraux, fleur de lys, entrelacs, spirales, rinceaux, croix, esses, chevrons, annelets….

Volontairement, nous ne nous attarderons pas sur le cheval associé à la noblesse guerrière ni sur le sanglier, animal enseigne voire totémique, objets de deux précédents articles (« Monnaies et Détections » n° 74 et 75). Nous nous tiendrons également à l’écart des nombreuses représentations d’animaux (oiseaux, cervidés, taureaux, ours, lions, serpents, lézards, aigles, loups…) quand bien même le zoomorphisme n’est pas une composante anecdotique de l’iconographie laténienne ; elle atteste bien d’une proximité de ces peuples avec la nature mais ne rentre pas dans le champ de cette étude limitée aux signes, marques, objets et autres décors typiques que l’on rencontre fréquemment chez les celtes. …

La suite dans Monnaies & Détections n° 77

Le sanglier sur le monnayage celte

Point n’est besoin d’être un grand spécialiste pour constater que chez les peuples celtes, dont nos Gaulois font partie intégrante, le coq ne figure qu’en quantité négligeable sur leurs flans monétaires et ne peut légitimement prétendre à représenter un quelconque symbole et encore moins se targuer d’être leur animal fétiche !

Il en est tout autrement du cheval pour qui le doute est permis ; en effet, dès le IIIe siècle avant JC et jusqu’à ce que les monnaies gauloises soient mêlées aux premières frappes gallo-romaines puis absorbées et vouées à la disparition, il est représenté par quasiment toutes les tribus, du nord au sud, de l’est à l’ouest, des Iles Britanniques en passant par la Gaule et jusqu’aux contrées irriguées par le Danube. En cela d’ailleurs les Celtes ne se distinguaient nullement des autres civilisations contemporaines comme les Grecs, les Carthaginois ou les Romains.

Toutefois, les conclusions surprenantes de l’étude précédente nous menaient plutôt sur la piste ou les traces d’un autre animal fétiche, une sorte de favori quelque peu inédit chez les peuples de l’antiquité, j’ai nommé le sanglier !

Ce rustique suidé était, il y a deux mille ans, encore assez difficilement dissociable morphologiquement du porc « domestique » selon les conclusions d’éminents archéozoologues. Ce qui est incontestable, c’est le nombre considérable de monnaies celtes où sont représentés un voire deux sangliers sur la même face quand ce n’est pas sur les deux faces. Ceci est suffisamment rare pour être relevé et ne peut être le fait du seul hasard…

 La suite dans Monnaies & Détections n° 75

Le cheval sur le monnayage celte

Nous l’avons lu dans un précédent article, le fameux coq gaulois n’est jamais représenté sur le monnayage celte précoce (IIIe et IIe siècle avant JC) mais uniquement tardivement sur des monnaies frappées par des peuples inféodés aux Romains voire en signe de soumission après 52 avant JC. Ce gallinacé ne véhicule en effet aucun symbole flatteur et les Celtes n’avaient pas de raisons particulières pour lui réserver une place de choix sur leurs flans monétaires.

Il en va tout autrement de deux animaux qui se concurrencent sérieusement pour remporter le titre d’animal « emblématique » des Celtes : le cheval et le sanglier. Lorsqu’ils se côtoient sur la même monnaie, force est de constater que le sanglier est placé sous le cheval…

Sur l’avers de l’hémistatère Aulerque Eburovice ci-contre (photo 1), il convient de préciser qu’en bordure de flanc, un aurige symbolise l’attelage d’un éventuel char de combat.

Bien que certains peuples comme les Carnutes aient multiplié les représentations d’oiseaux et en particulier d’aigles, le sanglier est représenté en position centrale surtout sur les potins et bronzes de Gaule belgique, peut-être en raison de sa prolifération favorisée par une couverture forestière plus dense que dans le sud ou en Bretagne continentale. C’est au moins une des raisons pour laquelle, il mérite sans aucun doute de faire l’objet d’une prochaine étude.

Mais c’est bel et bien le cheval qui semble recueillir un maximum de suffrages et ce quelle que soit l’époque observée : en effet, dès le IIIe siècle avant JC, de très nombreuses tribus sans qu’aucun critère d’implantation géographique n’entre en jeu, ont réservé le revers de leurs monnaies au noble équidé : du Danube à la Narbonnaise en passant par la Gaule celtique, belgique, et même sur les Îles Britanniques, ses représentations sont multiples, variées, parfois réalistes, d’autres fois plus originales. Quelques pégases (chevaux ailés) font également leur apparition sur des monnaies meldes et suessionnes (voir ci-dessous monnaies « CRICIRU » et « DIISIV » (photos 2, 3) et certains sont androcéphales (à tête humaine) en particulier chez les Bellovaques (photo 4), les Pictons et certains peuples de l’actuelle Bretagne continentale…

La suite dans Monnaies & Détections n° 74

Les Gaulois et le monde celte de A à Z

Alésia

De nombreuses villes disputent à Alise-Ste-Reine en Côte d’or la localisation de ce célèbre oppidum (La Chaux-des-Crotenay dans le Jura ou Alaise près de Besançon). Les querelles d’historiens semblent quelque peu s’apaiser et un consensus se dégage en faveur du site d’Alise-Ste-Reine dont les travaux commandés par Napoléon III et les conclusions des historiens de l’époque se trouvent confortés par les fouilles archéologiques les plus récentes. Cette place forte (oppidum en latin ou en gaulois duno-briga pour colline fortifiée), tenue par une coalition de tribus menées par Vercingétorix et assiégée par les légions de Jules César, est entrée dans l’histoire comme symbole de la résistance à l’occupant alors que paradoxalement et contrairement à Gergovie, il s’agit d’une lourde défaite, où le chef arverne se livra à l’ennemi pour mourir étranglé à Rome après six ans de captivité… (Photo : affiche du conseil général de la Côte d’Or)

Bière

Plus exactement, il faudrait dire cervoise (sorte de bière à base de malt) ou hydromel (à base de froment et de miel). Les Gaulois en faisaient une grande consommation jusqu’à ce qu’ils goûtent au vin, importé très tôt d’Italie (dès le second siècle avant JC) puis de la Narbonnaise et même d’Espagne. Le nombre impressionnant d’amphores à vin retrouvées par les archéologues sur certains sites celtes témoignent de leur engouement pour cette boisson consommée lors de banquets grandioses (à noter qu’il s’agit d’un des seuls domaines où les BD comme « Astérix et Obélix » collent à la réalité) et du caractère industriel et international de son commerce. (Ill. : banquet, gravure 1907)

Charrue

Cette invention celtique datant du second siècle avant JC précède celle de la moissonneuse apparue un siècle plus tard. Ce sont deux innovations majeures en matière d’agriculture ; elles accroissent encore les richesses céréalières (blé, orge, seigle, millet, etc…) et en légumineuses (pois, lentilles…) de la Gaule qui suscite désormais la convoitise des Romains, sans même évoquer les savoureuses spécialités exotiques qu’étaient déjà les fromages et charcuteries en particulier porcines ! …

Lisez la suite dans Monnaies & Détections n° 73

Trouvaille 69.20

Magnifique trouvaille faite à la Billebaude dans un petit bois du Gers par un prospecteur qui a désiré rester anonyme : un restant de bijou antique, un pectoral peut-être, bien que la taille (55 à 60 mm dans sa plus grande longueur) le rende un peu petit pour ce type de bijou. Le travail est d’une minutie magnifique, la base du pectoral est un fil d’or enroulé sur lui-même tour après tour pour constituer la plaque.

Il s’agit d’une base de cercle évidée en son centre et dans lequel se trouve un axe diamétral dont le cœur est l’élément décoratif le plus important : un cabochon (bosselé) recouvert de quatre fleurs représentées par sept petites boules d’or dont une centrale. Deux spires de fils d’or torsadés sont placées de part et d’autre de cet élément central. La décoration de l’anneau plat est constituée par une succession d’éléments décoratifs : un fil torsadé surmonté de deux boules d’or est reproduit tout autour de l’anneau. Celui-ci est espacé régulièrement et sa disposition axiale passe par le centre du cercle. On remarque que l’un de ces éléments a disparu, il ne reste plus que les deux petites boules de l’extrémité et on voit des traces (soudure ?) de présence de l’élément disparu. Dès qu’une série de cinq éléments est passée, le sixième est recouvert d’une espèce de cône creux ? Sur les parties à notre disposition, on distingue aussi deux trous de préhension ? sans doute pour fixer l’objet. En circonférence, un double fil d’or torsadé héberge de petites boules d’or réparties à égale distance les unes des autres.

Le bijou me parait être de nature celtique Ve-IIIe avant notre ère. Et il me semble que sur la photo de l’ensemble, la reconstitution n’est pas valable et que la pièce effilée et pointue devrait se décaler de 90° sur la gauche par rapport à l’ensemble.

Magnifique trouvaille remontée d’un sous-bois, je conseille à l’inventeur d’essayer de trouver les petites parties manquantes, non pas au détecteur mais à la batée en lavant la terre et de se rapprocher d’un officiel de la culture si ce dernier ne partage pas la vindicte d’une certaine association virulente. Sinon que ceci reste dans l’oubli comme toutes les trouvailles fortuites de cette année. Vous avez remarqué qu’il n’ y plus de trouvailles en France ? Je ne peux que vous conseiller de lire à ce sujet l’article de notre collaborateur Régis Najac page 14 du numéro 69 de Monnaies & Détections.

 

La monnaie gauloise, naissance et évolution

Auteur : Georges Depeyrot

D’abord copiée sur des modèles grecs, la monnaie gauloise devient rapidement originale et constitue un support majeur pour l’art des Celtes. Très vite, chaque peuple y grave son identité ethnique en choisissant les représentations spécifiques qu’il affiche sur ses faces. On y retrouve le plus grand catalogue de symboles que la civilisation gauloise nous ait légué. Elle transmet un message identitaire et politique sur l’organisation de la Gaule. Elle est aussi le témoignage d’un art unique, d’une création qui fit l’admiration de nombreux artistes modernes. Georges Depeyrot est directeur de recherches au CNRS, spécialiste en numismatique et en économie monétaire. Il est l’auteur de très nombreux ouvrages sur les monnaies de l’Antiquité.

Format 22 x 28 cm, 136 pages, cartonné, plus de 450 photographies en couleurs, 26 €

Parution février 2013