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La trouvaille de Malines, un casse-tête numismatique

Dans Monnaies & Détections n° 103, déc 2018-janv 2019, j’ai abordé le sujet très concret de l’apport des prospecteurs à la numismatique, celui-ci n’est plus discutable et le véritable monde scientifique l’admet sans plus aucune réserve. Comme l’a si bien dit J. Koldeweij, professeur de l’histoire de l’art du moyen-âge à l’université de Nimègue en Hollande, les détecteurs de métaux étaient une bénédiction pour la recherche historique et archéologique…, et toujours en Hollande, Madame Tas, expert réputée dans le domaine des monnaies antiques, déclare que les prospecteurs trouvent des types de monnaies nouveaux et inconnus et que de vieilles routes marchandes ont même pu être portées sur la carte grâce aux nombreuses déclarations des prospecteurs.
La découverte ici présentée fut trouvée début de l’année 2012 par un prospecteur belge dans le centre ville de Malines dans les Flandres belges. Cette monnaie étrange fut découverte dans les terres d’une tranchée creusée par la pose de canalisations. La monnaie en billon est légèrement ébréchée et fendue, pèse 0,788 gramme pour un diamètre de 19 mm et a une orientation des axes à 9 h. Cette monnaie a été soumise pour étude à plusieurs spécialistes du monnayage médiéval à savoir Dengis J.L (Belgique), N. Klüssendorf (Allemagne), A. Pol et A. Van Herwijnen (Hollande), mais a résisté à toute tentative d’identification. Cette monnaie se présente comme un demi-gros Jangelaer de la fin du XIVe ou début du XVe siècle. Le type est très similaire au gros jangelaer de Jean de Bavière, prince-évêque de Liège (1349-1418). Toutefois la légende du droit pose quelques problèmes de lecture et surtout d’interprétation, le début – Johes Dux – ne pose aucun problème, par contre le mot ou plutôt l’appréciation des 2 lettres qui suivent, est illisible. Les experts hésitent à lire la dernière lettre comme un E car elle est très endommagée par une petite fêlure et par cela rendue peu lisible par le reflet de la croix du revers. Ensuite suit BO ou moins probable RO, suivi par COMS, mais il faut aussi admettre que le M est assez curieux et ressemble à un N inversé. Enfin le dernier mot PAL est clair mais entre ce mot et le bec de l’aigle, on semble aussi pouvoir reconnaître un trait onduleux très difficile à interpréter mais qui ressemble à une lettre C. l’ensemble se laisse traduire comme Jean Duc (de) … comte du Palatinat, chose d’autant plus curieuse, car selon les traditions de chancellerie, le titre le plus important précède dans les légendes monétaires ?On s’attendrait donc ici à ce que le titre de comte de Palatinat précède et cela serait une exception, le titre ducal, le manque de lisibilité empêche d’identifier de quel duché il s’agirait… Certains experts sont tentés de vouloir reconnaître dans la légende une référence au duché très éphémère de Straubing (Hollande) où Jean de Bavière a régné entre 1404 et 1417/1425, car de toute évidence cette monnaie précède cette période dans la vie tumultueuse de Jean de Bavière. La légende du revers par contre ne pose aucun problème de lisibilité et d’interprétation. On peut la compléter comme Benedictus qui venit in domine domini (bénit soit qui vient au nom du seigneur), tirée du psaume 118 : 26 A et également des évangiles de Luc 13 : 35 B et de Matthieu 21 : 9.
Ainsi au XIVe siècle, on trouve dans nos régions (Flandres, Hainaut, Liège, Brabant…) ce type de légende sur plusieurs types de monnaies, double gros et gros, mais également sur plusieurs types de monnaies d’or.

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 108

Trouvaille 85.03

Quatre monnaies blanches trouvées par Julien dans la commune de Saint Pierre la roche.


Un blanc Dauphiné, Viennois (dauphins du), Louis XI, Montélimar. Avers : + L.VDOVICVS* DALPHS* VIENEN. Écu parti de France et Dauphiné. Revers : + SIT* NOMEN* DNI* BENEDI. Croix cantonnée de deux lis et de deux dauphins. Ponctuation par molette. TTB+ mais la monnaie a éclaté à la frappe, sa valeur oscille à environ 125 euros.


On continue par un demi blanc du même type : Dauphiné, Viennois (dauphins du), Louis XI, demi blanc, atelier romans (point 2 visible base du i de SIT. Avers : + LVDVCS. DPHS. VIENENSIS. Écu écartelé de France-Dauphiné. Revers : + SIT. NOME. DNI. BENEDICT. Croix cantonnée d’un lis et d’un dauphin. Le demi blanc est plus rare que le blanc, son état oscille entre le TB et le TB+. On peut l’estimer à 100 euros.


La troisième est un carlin ou demi gros de Charles VI. Point Premier = cremieux, frappé après 1382. Le roi assis sur un banc, de face, la main de justice à sa droite, deux dauphins affrontés. KAROLUS FRANCORU REX, ponctuation par deux points évidés. Revers : DALPHS VENENS, croix pattée coupant la légende SIT NOME DNI BENEDICTU. C’est la monnaie correspondant à la référence du PA 4912, il n’ a pas été possible de trouver une vente de cette monnaie sur le web, elle est d’une extrême rareté et nous ne pouvons la coter en raison d’absence de ventes antérieures… mais Julien peut s’estimer heureux.


Enfin la dernière est un denier du Dauphiné, Viennois (dauphins du), Charles VII, fils ainé de France 1417-1422, denier point Premier = Crémieux. +KAROLUS FRACOR REX, croix. DALPHS VIENENSIS, dauphin à gauche surmonté d’un lys. 20 euros en l’état.