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Monnaies et Détections

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Trouvaille 109.01

Bonjour, je vous contacte pour mettre un article sur votre magazine. Il y a peu de temps un ami me demande si cela me dit de faire de la détection dans une petite crique en Bretagne où il a déjà fait quelques objets en argent. J’accepte sa proposition. Manque de chance, le jour même, j’ai un imprévu avec ma voiture et vers 10h, Jeremy m’envoie un message sur Messenger pour savoir s’il peut m’appeler pour identifier une monnaie. Il m’appelle et me dit “Tom prends pas des pincettes et dis-moi ce que tu en penses même si ça peut me décevoir. Il m’envoie une photo, Waouh ! C’est une royale en or. Par contre elle n’est pas française. Je regarde vite fait sur Internet du côté des monnaies portugaises. Bingo ! Une 1000 réal en or de Saint Vincent ! (7,58 g). Jeremy le soir même me dit : “Tom, je sais pas pourquoi, mais pour moi il y en a d’autres !” Sans le savoir un ami à lui passe deux jours après dans la même crique sauf que lui, il soulève les cailloux et là : bingo pour lui aussi ! Une monnaie en or espagnole de Philippe II. Moi aussi voulant ma monnaie en or, nous sommes retournés en janvier 2019 après des coups de vents en Bretagne. J’avais dit à Jeremy : “S’il y a des monnaies sur une rive, il y a de fortes chances qu’il y en ait de l’autre côté du bras de mer”. La chance me fuit encore car ce jour là j’oublie mon pro pointer. Ayant un CTX3030, je vous laisse imaginer la galère pour trouver des micros cibles dans du sable vaseux ! Vite découragé, je vois une prairie et l’agriculteur près de l’endroit où je me trouve. Je préviens Jeremy et je lui dis que je vais demander l’autorisation à la personne. Je me dis à ce moment : “Autant dans la mer, les monnaies se déplacent, autant en prairie elles restent quasiment à l’endroit de la perte”. Après quelques minutes, j’ai un bon son. Je creuse assez profond car je n’ai pas mon pro pointer et là, dans une motte, je vois une monnaie sur la tranche. Rien qu’avec la tranche, j’ai vite compris de quoi il s’agissait ! Je l’a nettoie doucement et voilà qu’entre mes mains j’ai 2000 ans d’Histoire : un quart de statère osisme en électrum. Après recherches pour une identification, il s’avère qu’il est inédit et non répertorié. Début février Jeremy est retourné dans cette crique magique et a refait une monnaie ,mais cette fois-ci en argent, avec une contremarque en forme de fleur de lys. J’ose espérer que l’histoire ne s’arrêtera pas en si bon chemin… Affaire à suivre… Ps : En pièces jointes les monnaies une fois nettoyées. Thomas

Commençons par la monnaie portugaise : il s’agit d’une monnaie du Portugal pour Joao III (1521-1557), type de Saint Vincent ou 1000 reis. Avers : IOANNES: III REX: PORTV ET AL (Jean III, roi du Portugal et d’Algarve). Ecu du Portugal couronné. Revers : USQUE ADMORTEN ZELATOR FIDEIS (Par ce signe tu vaincras). Saint Vincent à droite tient un navire et la palme des martyrs. Deux étoiles l’entourent de part et d’autres. C’est une monnaie qui représente Saint Vincent, tenant une palme et un navire rappelant son martyre subi en 304. Après avoir été épargné par les fauves de l’arène, son corps fut attaché à une lourde pierre et jeté à la mer. Le rocher se mit alors à flotter miraculeusement jusqu’au rivage. Ses restes furent alors ensevelis. En 1173, ses reliques furent amenées à la cathédrale de Lisbonne où elles reposent encore. La monnaie conserve un beau panache, elle est en TTB et s’estime 2200 euros.

La seconde monnaie trouvée par Jérémie ne se rattache pas du tout à la même époque puisque on est à la fin du XVIe siècle. Il s’agit d’un dizain ou douzain contremarqué, inidentifiable dans cet état.

L’ami qui soulève les cailloux a trouvé une monnaie des Pays Bas espagnols pour le duché du Brabant pour Philippe II en 1558. Cette monnaie est un réal d’or non daté, frappé à Anvers (Main), 149 841 exemplaires fabriqués pour tout le règne et pour cet atelier, De Mey 466. Avers : PHS. D: G HISP. ANG Z REX. DUX BRAB. Buste à droite de Philippe II couronné et cuirassé, dont la couronne coupe la légende. Légende sans séparation avec le champ et la figure mais avec grènetis extérieur. Revers : écu couronné aux armes écartelées en 1 de Castille et Léon (écartelé de), en 2 d’Aragon-Deux-Siciles (parti de), en 3 d’Autriche-Bourgogne ancienne (coupé de), en 4 de Bourgogne moderne-Brabant (coupé de) ; sur les 3 et 4, un écusson parti de Flandre et Tyrol. L’écu est entouré du collier de l’ordre de la Toison d’Or, le bijou pendant dans la légende. Légende : DOMINVS . MICH / HI . ADIVTOR main (le seigneur est mon aide). Cette monnaie possède un léger coup sur la tranche sinon elle est de belle conservation et s’estime environ 1000 euros.

Enfin dans un autre registre et avec une jolie chance, voyons votre quart de statère osisme. Ce quart peut se rattacher à la série « au trépied » (DT 2229), bien que le motif en triangle (« trépied ») soit complètement hors flan. Le profil est tourné à droite : c’est sans doute une variante originale de DT 2228-29. La localisation de cette série se situe au N-O des pays osismes. Avers : profil à droite ; la chevelure est entourée d’un cordon perlé. Devant, une croix bouletée. Revers : cheval androcéphale à gauche, au-dessus, les restes d’un aurige. En dessous, un trépied constitué d’une roue sur un trépied. Monnaie en état TTB,  estimation 400 euros.

98.01

François à Saint-Gaudens a trouvé cette monnaie italienne du Piémont, la famille Radicati comte de Passerano. Il s’agit d’un douzain d’Hercule Radicati. A l’avers la légende présente : + HE. IIII. –RADICATI. Écu de France couronné, accosté de deux H, un D sous l’écu. Revers : croix cantonnée aux 1 et 4 d’un lis, aux 2 et 3 d’une couronne. Et la légende classique française SIT NOMEN DNI BENEDICTA mais incomplète et illisible (Béni soit le nom du Seigneur). Monnaie en piètre état de conservation mais dont la cotation collection avoisine les 20 euros.

On continue dans la foulée et soixante-dix ans plus tard avec cette monnaie, ma foi d’assez belle conservation de Guillaume IX d’Orange, un denier tournois de 1650 : GVILLELM (rose) D. G. PRI. AVR. Buste cuirassé à droite. Revers : DENIER. TOVRNOIS. (date). Trois lis posés deux et un. Une petite faiblesse de frappe la classe en TB+, son estimation est de 40 euros.

On passe à une monnaie de la République romaine : un quinaire de Cornelia avec la tête de Jupiter à droite anépigraphe. Au revers, une Victoire debout à droite couronnant un trophée. CN LENT à l’éxergue “Cnæus (Cornelius) Lentulus” (Cneius Cornelius Lentulus). Le portait est beau, le flanc n’est pas tout à fait rond c’est dommage mais la monnaie a de beaux restes, en TB+ estimation 40 euros.

Difficile en revanche d’identifier formellement les deux monnaies romaines suivantes : pour la première il s’agit d’une impératrice, le revers montre une allégorie avec la corne d’abondance, beaucoup de monnaies peuvent correspondre à ce schéma. Tout au plus précisons que selon le type de coiffure, nous sommes en présence d’une impératrice du début du troisième siècle, l’une des Julia peut-être ? Pas d’estimation pour cette monnaie dans cet état malgré sa belle patine. La seconde est peut-être une monnaie de Philippe l’arabe, sans certitude et elle est extrêmement corrodée. Elle est sans valeur de collection également.

Petit objet médiéval portant le nom de capsulae qui servait d’élément de ceinture. La plupart du temps en bronze, le vôtre porte encore des traces de dorures et d’émaux rouges. Sa taille est de 3,2 cm pour une largeur de 2 cm. Il semble que l’élément central soit mobile autour d’un axe qui a été martelé.

Trouvaille 83.07

J’ai acheté le dernier numéro de Monnaies & Détections (81), et c’était très intéressant, je suis nouveau dans la détection… J’aimerais vous envoyer les photos d’une monnaie et d’un outil pour voir s’ils sont intéressants pour la publication sur la revue. J’ai passé des heures sur les sites français de monnaies pour découvrir ce qu’est ma trouvaille, c’est la première qui ne soit pas une savonnette et en argent. Je crois que la période est entre 1350 et 1500. Si vous voulez la publier, c’est avec plaisir, Roberto

A première vue c’est une monnaie des Dauphins de Viennois, un carlain ou douzain, voire éventuellement un sizain, le prince assis tenant un sceptre de la main droite, adossé de deux dauphins. Au revers croix feuillue. Votre photo ne nous permet pas de lire la légende et de l’attribuer correctement : s’agit-il d’un carlin de Guigues III ? Mais le peu de légende disponible ne correspond pas à ce que nous devrions lire des légendes du Dauphin de Viennois ? A approfondir donc !

Votre « outil » comme vous dites est un embout de fuseau en bronze pour filer la laine, mais difficile à dater car ils ont été utilisés à presque toutes les époques et n’ont que peu varié de forme au cours des siècles…