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Les omphalos, pierres du domaine des dieux

Omphalos, nombril (c’est-à-dire le centre du monde) chez les Grecs.

En effet, la mythologie grecque nous raconte que pour déterminer le centre du monde (l’omphalos, le nombril) Zeus lâcha deux aigles des extrémités de celui-ci. Ils se rencontrèrent au-dessus de Delphes où il laissa tomber une pierre qui marquait ainsi le centre, le nombril du monde. Mais pas n’importe quelle pierre, celle substituée à Zeus nouveau-né et avalée par Cronos. Ayant appris qu’un jour un de ses fils le détrônerait, Cronos exigeait que sa Rhéa lui remette chaque nouveau-né qu’il dévorait aussitôt. Rhéa put lui soustraire Zeus en le remplaçant par une pierre emmaillotée. Une fois adulte, Zeus détrôna son père Cronos et lui fit régurgiter la pierre qui est en fait un bétyle, se confond avec la notion qu’elle symbolise et est appelé omphalos. Non seulement ce terme signifie ombilic mais désigne aussi tout ce qui existe. L’omphalos représentait donc essentiellement le centre du monde, c’est-à-dire tout ce qui existe. L’omphalos de Delphes était accompagné de deux aigles en or et placé dans le temple d’Apollon Pythien, dans la fosse oraculaire, l’adyton. L’oracle de Delphes, la Pythie se tenaient près de l’omphalos.
L’omphalos de Delphes n’est pas unique.

L’omphalos derphique surmonté de deux aigles.

D’autres furent érigés durant l’Antiquité sur le pourtour méditerranéen.Plusieurs monnaies antiques portent un omphalos au revers, tantôt associé à Apollon, tantôt à un serpent, attribut d’Asklepios (esculape en latin), dieu gréco-romain de la médecine.

Phocide – Delphes ; statère ou didrachme (336-335 AC). Revers : Appolon assis sur l’omphalos de Delphes.
Réf. : Hoover, vol. 4, 1140.

L’omphalos apparaît aussi pour la toute première fois sur un denier de la République romaine, à l’époque où une épidémie dévastatrice de peste sévissait à Rome en 87 avant J.C.

Mysie – Pergame ; Æ22 ; (133-116 AC).
Avers : tête laurée d’Asklepios. Revers : serpent enroulé sur un omphalos. (Source : www.forumancientcoins.com/moonmoth/coins/pergamon_004.html).

Un autre denier en argent de l’empereur romain Vespasien (70-79, ap. J.C), un omphalos du domaine des dieux est représenté.

Îles de Carie – Rhodes ; drachme. Au revers, dans le champ en bas à gauche, omphalos sur lequel est enroulé un serpent. (Source : http://www.ancient-wisdom.com/earthnavels.htm)

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 102

The Griffin Warrior

En bon français « le guerrier Griffon » ! C’est le surnom donné à un véritable guerrier minoen dont la tombe a été découverte près de Pylos dans le sud de la Grèce, en 2015.
La civilisation minoenne s’est développée sur les îles de Crète et de Santorin entre 2700 et 1200 av-JC. Les découvertes de tombes « intactes » minoennes sont rares et celle-ci, de par sa contenance, était exceptionnelle.
Un guerrier minoen, donc, enterré près du temple de Nestor, 1500 ans avant notre ère. Une tombe contenant plus de 2000 artefacts de toutes natures, des poteries, des objets en bronzes, vases, miroir, épées, une tête de taureau… Des objets en ivoire, dont une plaque gravée au motif d’un griffon, d’où son surnom. (La fouille a été réalisée par des archéologues américains, les Grec n’ayant plus un kopeck ou un drachme…)
Le guerrier portait aussi quelques bijoux en or, dont deux superbes bagues en or massif de grandes dimensions, l’une d’elle représente un taureau au galop et sur l’autre plusieurs danseuses qui semblent évoluer autour d’un temple…
Source : smithsonianmag.com

22 épaves antiques

Découvertes en seulement une semaine ! Depuis longtemps déjà des pêcheurs d’éponges grecs, exerçant sur le plateau des fournis, un archipel de petites îles situé en Mer Égée, avaient signalé la présence d’épaves. Mais personne n’avait daigné se déplacer… Il aura fallu l’intervention d’un groupe de recherche américain associé à quelques plongeurs grecs pour découvrir une zone de 45 kilomètres carrés regorgeant d’épaves antiques ! Situées entre les îles de Samos et d’Ikaria, vingt-deux épaves ont été localisées en une semaine, certaines datées d’après les amphores et poteries de 400 av-JC et les plongeurs sont certains qu’il y en a bien d’autres…
Source : maxisciences.com

Les premiers votes romains à travers les monnaies

Pourquoi la nécessité de voter ?

Le vote est la manière par laquelle les membres d’une assemblée ou d’un corps sont appelés à exprimer leur choix. Voter, c’est contribuer à faire adopter par un vote majoritaire, une décision commune dans un délai donné. Ce système a pour but d’empêcher une prise de décision pour tous par un seul homme, donc d’éviter les abus de pouvoir.

Dans une démocratie, le vote est toujours un enjeu central de la vie politique et le peuple source exclusive de toute légitimité politique.

Dès l’Antiquité, les élections sont un temps fort de la vie des citoyens d’abord en Grèce puis à Rome. En effet, lorsque Rome conquiert la Grèce, le vote existait déjà dans ce pays.

Les premiers votes connus en Grèce

Dès le VIIIe siècle avant JC en Grèce, malgré des régimes oligarchiques et tyranniques, on votait à main levée pour légitimer les ou la personne ayant pris le pouvoir. Au VIe siècle avant JC, le régime de l’isonomie, c’est à dire de l’égalité de tous les citoyens devant la Loi, remplace oligarchies et tyrannies, puis s’installe la démocratie, soit le règne du peuple des citoyens (démos). Au Ve siècle avant JC, le philosophe Aristote dans son ouvrage La Politique, utilise pour la première fois le terme « démocratie » pour désigner le régime politique isonomique qui régit Athènes.

Il existait différentes manières de voter au Ve siècle avant JC, en Grèce : le vote à main levée et pour préserver l’anonymat des votes et éviter d’éventuelles représailles, le vote à bulletin secret que l’on pratiquait dans le cadre de l’ostracisme, procédure par laquelle on décidait ou non d’exclure de la Cité, un individu qui avait cherché à s’opposer au régime démocratique civique en cours. Les citoyens utilisaient lors de cette procédure des morceaux de poterie (ostraka) sur lesquels ils inscrivaient le nom de la personne ou des personnes qu’ils décidaient d’exclure. Ces ostraka étaient déposés dans un cratère, sorte de vase très évasé. Thucydide, homme politique et historien athénien, accusé de trahison fut exilé d’Athènes pendant vingt ans selon cette procédure.

Pour toutes les élections, les votants (40000 environ à Athènes) devaient présenter une plaque d’identification (sorte de carte d’électeur)…

La suite dans Monnaies & Détections n° 73

Clerôterion : tablette en pierre à compartiments recueillant les jetons pour le tirage au sort. ©