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108.4

Bonjour, veuillez m’identifier cette petite pièce trouvée en terrassant en bordure d’un champ. Je n’ai pas de balance assez précise pour la peser, elle mesure environ 1,6 cm de diamètre. Merci, cordialement, Pierre de Haute-Saone.
Il s’agit d’une variante d’un potin anépigraphe rattachable aux Séquani selon l’ouvrage de Monsieur Déléstrée (DT3256), l’avers présente une tête de profil à gauche casquée, l’œil est marqué par un globule entre la nuque et la base de la joue, il y a un triangle à fort relief qui figure une probable jugulaire. Au revers, un cheval à gauche sous forme de globules. La variante se situe sur la queue qui n’est pas relevée en S comme sur l’exemplaire référencé. Annelet au dessus du cheval et forme indistincte en dessous ? L’exemplaire est en bel état de conservation et se monnaye aux environ de 90 euros.

Trop tard !

La maison appartenait à un couple né dans les années 1920. Une maison de village de la Haute-Saône, où l’hiver est rude et où les gens peuvent être bourrus quelquefois. C’est du moins l’impression que j’ai eu, quand elle me racontait son père et sa mère durant les quatre heures de route pour s’y rendre. Le père était menuisier, la mère tenait un commerce dans la bourgade voisine et elle avait hérité de la maison où son père était forgeron. L’histoire remonte plus loin : la maison a été achetée par l’arrière-grand-père de la dame qui me plongeait dans ses souvenirs. Une maison du XVIIIe siècle, traditionnellement occupée par des artisans et des commerçants, ceux qui encaissent de l’argent à demeure…
Peu de temps avant de décéder, sa mère lui a révélé l’emplacement d’une cache en or. Une petite centaine de « Louis » comme disent les anciens pour nommer la 20 F or boursable. Son père et sa mère avaient beau vivre ensemble, ils ne partageaient pas leur revenus et l’ambiance était plutôt à la défiance l’un envers l’autre… Le père est mort comme il a vécu, sans se préoccuper de ses deux filles et sans savoir que sa femme avait ce petit magot…


C’est pour toutes ces raisons que j’ai fait une entorse à mes habitudes : sans histoire de trésor avéré, je ne me déplace pas sans une somme fixe perçue d’avance, que je trouve quelque chose ou pas. Mais la dame est avenante (on n’en reste pas moins gentleman…), elle ne roule pas sur l’or et son histoire est malgré tout intéressante, de plus la maison est vide maintenant car les sœurs ont négocié avec un brocanteur pour tout enlever. Allez, c’est conclu !
Je découvre la propriété par un beau matin du mois d’août. On rentre par le garage en sol de terre battue qui, sur la gauche donne contre la forge, la porte en face va sur le jardin privatif qui permet d’accéder aussi à la maison par une petite porte en bois. La porte principale de la demeure est dans la rue. C’est une vieille maison et cet accès principal sur la rue est dangereux, en effet il n’y a aucun trottoir car la maison déborde de l’axe de la route et cause un rétrécissement de cette dernière. Je suis effaré de penser que des gens vivaient là, mangeaient là et dormaient simplement séparés par des moellons de pierres formant un mur d’une quarantaine de centimètres, seuls remparts contre les passages de véhicules et autres camions forcément bruyants de l’autre côté… Les pièces sont petites, tarabiscotées, héritage des réfections superposées au fil des décennies. Elle comporte deux étages, avec des sols en parquet et tomettes, cheminée dans chaque chambre, papiers peints floraux jaunis et grands greniers avec belles charpentes.


La dame m’explique qu’elle n’était pas d’accord avec sa sœur qui insistait pour vider très vite la maison et vendre. Mais sa sœur avait des besoins financiers et elle s’est rangée à contrecœur à sa proposition. Résultat : un brocanteur est venu et a négocié le vidage de la maison pour 1900 €. Entendons-nous bien, les sœurs ont vendu tout ce qui pouvait s’emporter pour 1900 € ! Et elle me détaille l’état de la maison avant le passage du broc. Ici à l’étage, on ne pouvait pas passer, tellement il y avait des entassements de meubles et de malles pleins à craquer, « mes parents étaient de la génération où on ne jette rien. Toutes les pièces étaient encombrées car ils ne vivaient plus ici, ils ne venaient que le dimanche. Il y avait encore des effets de mes aïeuls. » Je me suis pensé in petto que le broc venait de faire une magnifique affaire !
J’ai commencé par la maison, du grenier à la cuisine. Cela a été assez rapide, rien de notable n’est ressorti. J’ai dû vérifier un point à l’angle d’une cheminée, en soulevant une tomette. Il me fallait casser l’espèce de mortier en dessous pour voir ce qui faisait sonner fortement l’appareil. Mais le pro pointeur me dessinait une barre métallique en renfort de l’assise de la cheminée. Je suis donc allé voir de l’autre côté de la cheminée et j’ai trouvé le même son juste un peu moins puissant. Il ne pouvait s’agir d’une cache, j’ai remis proprement la tomette et le lino fatigué par-dessus et suis passé aux autres pièces. Le jardin et les dépendances m’ont pris plus de temps. Certaines parties étaient improspectables tellement la végétation s’était multipliée. Outre les sempiternelles monnaies sous le fil à linge, point de trouvailles intéressantes, idem pour les dépendances. A signaler simplement que le broc a oublié une petite boite poussiéreuse (photo 1) sur une étagère où la prolifération des toiles d’araignées était impressionnante. La boite comprenait sept flacons métalliques de poudre de chasse. L’étiquette mentionnait 100 grammes pour un franc vingt-cinq, et le bouchon était en liège et se désagrégeait sous les doigts (photo 2).

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