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Cahiers de prospection 1997

Suite des cahiers de prospection tenus après chaque sortie depuis 1993 par un fidèle abonné de la revue. Alexandre


Samedi 12 juillet 1997

L’après-midi je monte chez Gérard. Il me donne un bouquin sur les fantassins en 1914 et tous les numéros de L’Illustration de 1914. Je pars passer le détecteur autour de Roudat. Je trouve une pièce de 20 centimes de 1932 derrière le pigeonnier en ruine. Il y a un poirier dans la haie qui part du Janet le long du chemin qui monte vers le haut de la colline, je réussis à attraper quelques poires malgré les ronces, ce sont des « pérots » qui commencent à murir, très parfumés.

Dimanche 13 juillet 1997
Je reprends la prospection à Rieumajou à 13 h. Il fait très chaud. La moissonneuse est en train de couper le blé dur après la rangée d’arbres sur le plateau, là où Gilbert est tombé. Je passe le détecteur sur la zone habituelle mais ce n’est pas évident, je ne peux prospecter que sur les traces de la machine ou des tracteurs qui sortent les bennes car le chaume est trop haut. Je trouve une petite boucle toute couverte de concrétions, je pense qu’en fait elle a dû brûler, les concrétions sont toutes noires, elle a sûrement brûlé soit dans un incendie, soit sur un bûcher funéraire. Je trouve aussi plusieurs balles rondes de mousquet, en plomb, puis en descendant la pente au-dessus du chemin, après la ferme, en allant vers le bois, un joli petit ardillon scutiforme et une grosse pièce en bronze mais complètement lisse.

Dimanche 20 juillet 1997
Pendant qu’Axel est à l’Ariège avec ses copains, je pars détecter à l’endroit de la chapelle médiévale disparue au-dessus de Talers. Le blé est ramassé mais le champ n’est pas disqué, ce n’est pas très commode mais je trouve quand même cinq doubles tournois et une petite boucle médiévale rectangulaire. Les pièces sont cantonnées dans l’angle de la haie qui part de la route, au bord du champ côté village, juste avant les débris de briques et les galets.

Lundi 21 juillet 1997
Il fait très chaud. A 14 h Axel part avec ses copains à l’Ariège et je vais faire le gué juste après Saby. L’eau est très basse, pas froide du tout. Je détecte dans l’eau et sur les parties asséchées, je trouve quantité de clous et de bouts de fers de bœufs et de chevaux, des plombs et des balles de pêche, ainsi qu’un gros plomb pour lester les filets, ils devaient pêcher à l’épervier. Je ne fais qu’une pièce, un gros bronze tout lisse. Le soir de 18 à 20 h pendant qu’Axel travaille au camion pizza, je vais faire un tour à Rieumajou, mais ce n’est toujours pas disqué. Je trouve quand même un petit bronze romain en face de la rangée d’arbres en montant.

Vendredi 25 juillet 1997
Vers 19 h après le souper je téléphone à Philippe pour savoir si je peux aller détecter dans le champ qui est au bord de la route, au-dessus du gué, car j’ai vu qu’ils l’ont disqué. Il est d’accord sans problème mais il me dit qu’il a souvent vu des gars qui « passaient la poêle » sans jamais être venus le voir. Je pars aussitôt. Le champ domine l’Ariège, encaissée plus bas.
Les traces de briques et de galets sont plutôt vers la ferme. La villa avait une vue magnifique sur la rivière et toute la plaine. Il y a des bouts de tegulae et de sigillée tardive (1 bord, 1 fond complet de petit bol, mais sans aucune estampille). Je sors quantité de plombs informes, et neuf pièces : un demi-as de Nîmes, très beau, un autre mais complètement lisse, une grosse pièce en bronze, épaisse, très usée, on voit juste les S C, quatre petits bronzes très abimés, une petite pièce bien ronde, en argent, mais toute lisse, 2 francs de 1949, un anneau de bronze, minuscule. Le site a l’air très pauvre en trouvailles, mais s’il est très fréquenté, il ne reste peut-être plus grand-chose.
Il y avait une belle fouine morte au bord de la haie. Je repars à la tombée de la nuit.

Samedi 26 juillet 1997
A 15 h je monte chez Jean-Marie à la métairie du Tascle, il m’amène derrière la ferme de Courbières dans un bas-fond, le long d’un petit ruisseau. Il y a effectivement plein de briques, et les vieux parlent d’une briqueterie. En fait, je remarque en cherchant un peu, des bouts de tuiles à rebords. Je commence à détecter et je trouve tout de suite un double tournois lisse. Mais après, plus rien, même pas de ferreux. On insiste une bonne heure puis on remonte. En repartant, je m’arrête dans le champ au-dessus du gué en laissant la voiture au bord de la route, à l’entrée du champ. Je prospecte toute la longueur du champ plusieurs fois, en espérant repérer un chemin qui devait partir de la villa vers la rivière, car ils étaient obligés de traverser le champ sur la longueur pour rejoindre le chemin de terre qui va de la route à l’Ariège, c’est le seul endroit qui permette l’accès, le reste du terrain est tout en falaises. Mais je n’ai que de rares sons de ferreux. En revenant vers la zone de briques, je sors une petite bague de bronze et un gros poids de plomb.

Dimanche 25 juillet 1997
L’après-midi, à la demande de Jean-Marie, je reviens quand même à Courbières mais de nouveau on ne trouve absolument rien. Il fait une chaleur épouvantable dans ce bas-fond. On trouve seulement un beau morceau de poignée d’amphore. On repart à 16 h tellement il fait chaud.
Vers 18 h je remonte à Rieumajou. Je laisse la voiture dans le chemin, et je commence à détecter en montant, avec les écouteurs que je suis allé acheter à Toulouse dans la semaine. C’est beaucoup plus efficace que le haut parleur du boitier. Je trouve deux plombs minuscules en montant, mais le plateau n’est toujours pas disqué et le chaume perturbe le détecteur quant on le touche avec le disque. En repartant je trouve un vieux briquet de grand-père en cuivre, à essence, contre la haie, devant la cabane de vigne qui domine toute la plaine.

Lundi soir 28 juillet
De 19 h à 22 h je reviens détecter à Rieumajou car ils ont disqué tout le tour du champ sur le plateau, juste un passage, une contournière. Je la prends juste en bas. Je mets les écouteurs. Je ne trouve rien en montant, par contre, arrivé en haut, dans l’angle du champ en regardant vers le haut de la colline à droite (là où se trouvent quelques éclats de briques pleines et de gros galets : cabane de vigne, ancienne maison ?) je trouve coup sur coup 5 doubles tournois, 3 gros et 2 petits, complètement lisses, dans le même alignement. Je pense qu’ils sont sur un ancien chemin qui faisait le tour du plateau et conduisait à une construction dans l’angle. Puis en redescendant, à peu près à l’endroit du briquet, je sors un morceau de plomb avec des dessins et des lettres, une tête de clou en cuivre, un bouton comme un bouton de jeans, et encore un double tournois lisse. Il fait très beau, très chaud, la vue est magnifique depuis le fond du plateau, avec toute la plaine lumineuse dans le couchant. On entend des tourterelles sauvages dans le bois au-dessus. J’ai fait aussi partir des cailles et des lapins dans le chaume, et j’ai vu que les sangliers se sont roulés dans les tas de paille rejetés par la moissonneuse.


… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 99

Cahiers de prospection 1997

Suite des cahiers de prospection tenus après chaque sortie depuis 1993 par un fidèle abonné de la revue. Alexandre

Dimanche 13 avril 1997
De 13 h à 17 h je monte aux Montagnagues : il y a des traces de briques romaines au bord du chemin de terre, en face du panneau Les Montagnagues nord. Je discute avec le gars qui habite la ferme sur la crête vers la gauche, puis avec le propriétaire des terres. Ils disent qu’il devait y avoir un bâtiment entre la route et le chemin car c’est plein de galets et de bouts de briques. Mais il y a du blé sur le champ. Il me faudra revenir cet automne. Aussi je pars à Matoulet en bas du village. Je trouve trois petites pièces très abimées, un petit bronze romain, un double tournois, et une pièce en cuivre, épaisse, très irrégulière, difficile à identifier, plus un petit morceau de plaque estampée, un ardillon scutiforme et une grosse boucle en bronze.

Lundi 14 avril 1997
Le matin à 6 h j’amène Axel prendre l’avion pour le Portugal. Puis je passe faire les courses et en rentrant je vais boire le café à Saint Sernin chez les trois frères qui travaillent les terres, comme je le leur avais promis.
Ils m’indiquent l’endroit où ils soulèvent le plus de briques et aussi d’énormes galets encore pris dans du ciment. Je rentre me changer, prendre le détecteur et une truelle, et je commence à chercher. Le champ a été labouré puis disqué, ils vont faire du maïs. Je reste jusqu’à la tombée de la nuit et je suis surpris par tout ce qu’on trouve : beaucoup de ferreux, déchets métalliques modernes, surtout des bouts d’alu provenant des tuyaux d’irrigation cassés et broyés, mais aussi une vingtaine de pièces en cuivre (surtout des doubles tournois, mais il y a aussi des piécettes en cuivre irrégulières avec une croix et un liard de France de 1699) des boucles, et plusieurs morceaux de plaques-boucles wisigothes éclatées par les charrues ou les broyeurs. Le fils de Michel vient me voir et reste avec moi un bon moment. Je lui donne en partant quelques pièces et les bouts de plaques-boucles décorés. Puis je trouve encore d’autres doubles tournois, un bon pour 2 francs Chambre de Commerce de Toulouse, et deux objets en bronze : une plaque ronde, très épaisse, avec une tête de gorgone en relief, et un léopard stylisé avec la tête tournée vers l’arrière, et juste avant de partir, une monnaie gauloise à la croix, très usée.

Mardi 15 avril 1997
J’ai posé la semaine. J’ai rendez-vous chez le notaire à 15 h puis je file aussitôt sur le champ à Saint Sernin. Le fils de Michel me rejoint de nouveau, c’est vrai que ce sont les vacances scolaires, et il reste avec moi un bon moment. Je trouve un beau morceau de pierre grise décoré en écailles de poisson, d’autre doubles tournois, une obole de Melgueil en argent, et encore des éclats de boucles coupés et tordus. Il y a de la poterie grise et noire.

Jeudi 17 avril 1997
Je passe toute la journée sur le champ. Trois gamins et gamines me suivent un bon moment. Il fait un vent terrible et le froid est vif. Je suis obligé de repartir chez moi prendre des vêtements plus chauds. Le temps change. Je reste jusqu’à 20 h passés le soir, car ils doivent venir semer. Je refais tout l’endroit de long en large, en débordant largement sur les 2 côtés, vers le village et vers la ferme. Mais je ne trouve que quelques pièces en cuivre, un petit ardillon, une double agrafe en bronze, 2 francs de 1947 et un gros 5 centimes Napoléon III de 1854, deux anneaux de cuivre, un bout d’ardillon très fin décoré de palmettes avec des traces de dorure.

Samedi 19 avril 1997
A 9 h je pars au ruines du château de Miramont à Barbaira dans l’Aude, mais il pleut, il fait froid, je prends des paquets d’eau sous les arbustes, ce n’est pas le temps idéal pour visiter. Mais je sais au moins que ce n’est pas la peine de revenir avec le détecteur, le site est classé, il y a des travaux de consolidation en cours. A 14 h je suis de retour à la maison, il a plu tout le long du trajet mais ici par contre il fait encore beau, aussi je pars aussitôt à Dicies car hier en allant chercher Axel à l’aéroport j’ai vu qu’André passait la herse pour préparer la terre avant de semer. C’est effectivement impeccable, en plus la pluie de la nuit a amolli la terre et c’est très agréable de marcher sur le sol souple et bien aplani. Je trouve un bel as de Nîmes, un double tournois lisse, un Napoléon III très usé, un clou de bronze, une pièce très abimée, les 2/3 d’un autre as de Nîmes, et une jolie pièce gauloise à la croix.

Dimanche 20 avril 1997
L’après-midi je repars à Saint Sernin pour faire un dernier tour. Je laisse le détecteur réglé sur 2 au lieu de 5. Je trouve quatre doubles tournois dans le bas du talus, je pense que le bas devait être un chemin au Moyen Age. Je vais refaire quand même la zone de briques mais je ne trouve que des papiers alu. A 16 h je m’en vais à Dicies un petit moment mais là non plus je ne trouve rien, même en m’écartant de la zone, à part une douille de chasse et des bouts de plomb informes.

Lundi 21 avril 1997
J’ai appris que les bâtiments de la coopérative sont à vendre, et que les bords du canal ont été nettoyés. Aussi je vais faire toute la partie entre la rivière et le canal en remontant vers le barrage. J’y étais déjà passé sans rien trouver l’année dernière mais c’était avant d’acheter le nouveau détecteur. Je trouve quantité de douilles de chasse, mais aussi 20 centimes de 1941, 10 centimes de 1939, un gros Napoléon III, et un canif de Lourdes enfilé dans un embout de cuivre de canne à pêche ! Je discute avec le fils de l’entraineur de foot, en train de pêcher, il me dit que lui aussi veut acheter un détecteur.

Mardi 29 avril 1997 (congé)
Le matin je nettoie les trouvailles de Saint Sernin, il y a à la fois du gaulois, du romain, du wisigoth et du médiéval, mais tout est abimé, cassé, usé. Sur les double tournois, à peine si on peut voir sur quelques-uns, une ou deux fleurs de lys, et des morceaux de date sur le bord. La drachme des Volques Tectosages est magnifique, deux cantons sont hors de la découpe et sur les deux autres il y a une hache et une olive ou une balle de fronde. La tête à gauche sur le droit est très belle, bien centrée et complète. Les morceaux de plaques boucles sont tous avec des décors sous la couche de calcaire. La petite pièce médiévale en argent est une obole des comtes Raymond de Toulouse.
A midi je reviens encore sur le champ car ils n’ont toujours pas semé. Je remets le réglage sur 5. Je me gare devant la villa de Michel. Il vient discuter un moment, il me dit d’ailleurs que quand il a fait sa villa, ils ont trouvé des briques à deux mètres de profondeur. Je reste plutôt devant chez lui, sur le haut du champ. Je ramasse un quillon et une anse d’amphore. Puis je sors une boule toute dorée, une épingle en bronze, un crochet très fin, un fer de hache très abimé (une grosse cognée, à voir l’épaisseur du logement du manche). Je trouve encore une belle boucle, sans l’ardillon, des morceaux de plomb, une balle de mousquet, un morceau de tôle de bronze, un bout de clochette, une épingle à tête de bronze doré, trois double tournois, un petit bronze romain avec un arc de triomphe, et deux anneaux de cuivre.
Le soir à 8 h j’avais rendez-vous avec Sibra pour passer le détecteur dans le jardin de la maison qu’il vient d’acheter dans le vieux quartier, parce qu’il va jusqu’au pied de l’ancien rempart du village. Mais on ne trouve rien, à part des ferreux et deux tubes d’alu.

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 98

Cahiers de prospection 1995

Un fidèle lecteur de la revue Monnaies & Détections nous livre les cahiers de prospection qu’il tient depuis 1993, et sur lesquels il a noté toutes ses sorties. Alexandre

Lundi 27 mars 1995
Lors d’une rencontre avec Marc M… chez le coiffeur, je lui avais demandé si je pouvais revenir à C… voir s’il n’y avait pas d’autres silos à grains dans la vieille bâtisse. Il m’avait dit que je pouvais y aller quand je voulais, aussi en rentrant d’amener Axel à l’école je rentre me changer prendre un casse-croûte et tout le matériel et j’y vais. Je commence les sondages à la pioche et effectivement je retrouve un premier silo à côté des 2 autres dans la salle devant la cheminée, puis un autre dans la resserre à bois. Mais le premier est rempli de terre vierge, et part sous la cloison de briques foraines montées de champ. Le second a été rempli de « roulé-concassé » moderne sans le moindre débris. Je me fatigue à les vider à coups de pelle, en espérant que dessous la couche sera bonne, mais j’arrive presque au fond en fin d’après-midi et pas le moindre tesson. Par contre en passant la terre du premier au détecteur je sors quatre doubles tournois, il faudra les nettoyer, mais sur un je peux déjà lire la date de 1644. Vers 4 h j’ai trop mal aux reins, en plus il fait froid et humide et je rentre.

Samedi après-midi 8 avril 1995
Il fait très beau et à 2 h je repars chez Marc pour reboucher les deux silos et voir s’il n’y en aurait pas d’autres. Je finis vers 4 h et je fais des sondages. J’en découvre un autre dans le fond de la resserre mais quand je commence à le vider je vois que lui aussi est rempli de gravier et je rebouche tout. Cela fait le septième silo que je trouve dans cette ferme, il y en a peut-être d’autres, en fait c’est toute une batterie de silos qu’il y avait… à moins qu’ils ne soient pas contemporains et qu’ils les creusaient au fur et à mesure pour remplacer ceux qui étaient abandonnés et comblés. Avant de partir je passe un dernier coup de détecteur dans les autres pièces, il y en a dallées de foraines et d’autres cimentées. Entre les briques de l’ancienne étable je trouve deux Napoléon III (10 centimes 1852), une pièce trouée et 10 francs 1955.

Samedi 3 juin 1995
A 9 h je vais chercher Mr L… car il m’avait demandé dans la semaine de venir l’aider à fouiller un silo trouvé à Saint-Paul. Ce silo a été découvert par Mr L… ambulancier et pompier, dans une cour, rue Henri Barbusse. Il l’a trouvé par hasard car son épouse s’est enfoncée avec sa chaise dans le goulot. C’est le silo classique : il est comblé avec de la terre mêlée de débris de tuiles canal, des éclats de briques, des galets, mais essentiellement de la brique crue. Il y a quelques tessons de poterie commune. Nous trouvons seulement des débris d’ossements et une boucle de ceinture en bronze, mais rien qui permet de dater le comblement. Je pense qu’il y a aussi d’autres silos dans la grange attenante et la maison abandonnée que doit acheter Mr L… Ce dernier nous dit qu’il collectionne les vieilles pièces de monnaie. Il nous raconte que sa grand-mère en Espagne a trouvé dans une cache une carabine Winchester 1882, des fusils de guerre et des révolvers. Mr L… nous apprend que les briques foraines font 42 sur 28 (2/3 – 1/3) et que le mot forain vient de fora, dehors : la brique foraine est celle qui vient de l’extérieur, qui a été achetée dans une briqueterie, par opposition à celle qui a été construite sur place, en brique crue.
En me promenant à 2 h en attendant que Mr L… revienne du repas, le long des potagers dans l’ancien fossé au pied des remparts, je trouve une croix de cuivre puis une petite statuette de Sainte Germaine. Il faudra que je revienne avec le détecteur mais c’est très pollué car la pente sous le rempart est pleine de déchets, ils devaient vider les poubelles depuis le haut.

Lundi de Pentecôte 5 juin 1995
J’ai pris rendez-vous à 7h30 avec Mr C… qui veut m’amener à M… voir un silo qu’il a trouvé en faisant des travaux de terrassement. Il est là à l’heure dite et me conduit au village de M… dans une vieille maison démolie et reconstruite en garage. Les murs neufs ont été bâtis des deux côtés au-dessus des murs en brique crue. Le mur du fond, lui, est entièrement neuf et repose sur une fondation en béton. La porte n’est pas encore posée. Le sol est en terre.
C… retrouve dans l’angle avec sa montre-pendule (!!!) l’endroit du silo supposé. Effectivement après quelques coups de pioche apparait une poutrelle de béton (qu’il a lui-même posée avec sa pelle mécanique) sur un vide à demi comblé, dans lequel s’enfonce la barre-mine. C’est ce vide qui lui a fait penser qu’il doit y avoir un silo à grains.
Nous repartons aussitôt car je dois amener Axel à un tournoi de foot et nous prenons rendez-vous pour le fouiller samedi prochain.

Samedi 10 juin 1995
L’après-midi je file à M… où m’attend déjà Mr C… et je commence effectivement à creuser le silo. C… reste un moment puis doit partir pour son travail et je continue seul, mais au bout d’un moment la sœur du propriétaire arrive et me vide les seaux de terre que je lui passe depuis l’intérieur du trou jusqu’à 6 h. C’est bien un joli petit silo très bien creusé, mais il a été rebouché avec de la terre, des briques crues, des tuiles de toit. On ne trouve pratiquement aucun tesson de poterie, à part trois ou quatre éclats d’oule. Il y a aussi beaucoup de cendres et de briques noircies comme si on avait démoli une cheminée et jeté les briques dedans. La terre est collante, très humide, c’est épuisant et peu encourageant vu la stérilité du contenu. A 6 h complètement crotté, je dois arrêter pour aller chercher Axel, je pense être arrivé à la moitié du silo. Je téléphone dans la semaine : le propriétaire va le reboucher car la maison est louée.

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 94

Cahiers de prospection 1994

Un fidèle lecteur de la revue Monnaies & Détections a accepté de nous livrer les cahiers de prospection qu’il tient depuis 1993, et sur lesquels il notait toutes ses sorties. Ces pages pleines de nostalgie nous rappellent une époque de liberté : nous pouvions prospecter sans contraintes, participer aux fouilles archéologiques du coin avec les érudits locaux, leur transmettre toute information ou toute trouvaille en rapport avec l’archéologie pour qu’ils fassent suivre aux officiels avec lesquels les rapports étaient confiants et cordiaux… Vingt ans après, comme les choses ont bien changé : l’archéologie est confisquée par les professionnels, comme le sol et le sous-sol le sont par l’Etat, et les prospecteurs sont voués aux gémonies par quelques psycho-rigides de la truelle, alors qu’ils pourraient – comme en Angleterre – être d’efficaces auxiliaires de l’Archéologie.

Samedi 30 avril 1994

Il fait enfin très très beau une vraie journée d’été. Le soir à 5 h je vais chez Albert D…car je l’ai vu au bureau et il m’a dit qu’il avait fini le gros œuvre de la villa et qu’il avait sorti toute la terre des fondations et du terrassement, je peux y monter détecter autour et dans le champ avant qu’il engazonne et qu’il laboure l’endroit où il va faire le jardin et le verger. Il me fait visiter la villa, il reste tout l’intérieur à faire, elle me parait très grande. Je commence par prospecter le grand tas de terre qu’il a poussé en limite du terrain, contre le champ de blé dans lequel il l’épandra quand il aura moissonné. Je n’ai pas de son, à part des ferreux, mais il y a quelques éclats de briques, qui m’ont l’air plus de foraines que de tegulae, et bien sûr des coulées de ciment et des morceaux de briques et de tuiles neuves. Puis je reviens vers la maison et je commence à prospecter assez loin des murs à cause du fouillis de matériels et matériaux posés partout. Le sol est bien propre car la lame du bull a décapé sur une dizaine de centimètres en poussant les tas de terre. Il y a quelques galets, de minuscules morceaux de briques, un isolateur de porcelaine blanche de clôture électrique, des tessons de poterie grise, des sons de ferreux. Albert me suit un moment avec une truelle à la main car il a commencé à travailler, puis quand il voit que je ne trouve rien, il repart à l’intérieur. Un long moment après, premier son franc : un DTL a demi-plié, presque en surface. Puis plus loin, je trouve une petite statuette blanche, il manque la tête, les mains, les jambes sont coupées aussi à hauteur des genoux… elle est en faïence, difficile de dire si elle est antique ou moderne, on dirait un personnage féminin en attitude d’orante, les mains à hauteur des hanches devaient être ouvertes vers l’avant… Un autre son : une petite médaille de cuivre, avec un personnage debout et une grande croix de l’autre côté. Puis des ferreux, une zone de gros galets, et autre son, très fort : je creuse un peu et je sors un drôle de crochet avec un petit anneau, on dirait qu’il y a des stries ou des dessins. Je finis le côté sans rien trouver d’autre et je fais le tour pour aller devant la villa, côté route. Il y a là aussi des galets, j’ai tout de suite des sons de ferreux, puis quatre petits bronzes très abimés, on devine un portrait à droite avec une couronne radiée sur un, les autres sont grumeleux. Et un autre DTL, puis une grosse pièce de 2 francs 1942. J’arrête vers 9 h car Albert remonte à la ferme pour souper, je lui montre les trouvailles et je m’en vais. Je nettoie le crochet en arrivant, c’est en fait un serpent, on voit très bien la tête, les écailles, et la queue, mais il n’a pas l’air très vieux.

Dimanche 24 juillet 1994

De 4 h à 8 h je vais au gué de G… sans détecteur pour faire les marmites. Je trouve plein de clous, certains de fers à cheval, une dizaine de balles de pêche et une cuillère avec un bout de crin, une balle brenecke mais pas de pièce.

Mardi 26 juillet 1994

(la canicule dure depuis 1 mois) Après avoir amené Axel et Flavien à la piscine je vais en bas des abattoirs et en descendant vers la grange je prospecte dans le lit de la rivière en essayant de repérer des gués. L’eau est basse, il y a plein de plaques rocheuses à découvert. Je trouve une cartouche complète de 9 mm, il y a quatre marquages, c’est une balle allemande de 1943, des balles de pêche, deux plombs de filet, et une longue épingle en bronze, peut-être de l’âge du bronze. C’est très pollué : bouchons métalliques, cannettes, papiers d’alu, fonds de batteries en plomb, ferrailles diverses.

Samedi 6 août 1994

A 5 h je vais aux B… derrière chez N., au niveau de la station de pompage. Je passe le détecteur sur la berge en amont de la station jusqu’à 7h30. Il fait très beau, très chaud, je ne trouve rien sinon des briques très abimées difficiles à dater. Tout le lit de l’Ariège est recouvert de galets écroulés de la falaise de l’autre côté, lors de la glissade de terrain. Je fais partir un long serpent gris dans l’eau, puis je vois descendre Roger B… et un autre gars en plein courant dans une barque verte. Ils ne m’ont pas vu. En revenant à la voiture, je trouve dans le chaume du bord du champ une pièce trouée et un gros 10 centimes Napoléon III.

Lundi 15 août 1994

Je pars à la foire à la brocante à Villenouvelle, puis je me change et je vais au gué de G… jusqu’à 8 h du soir sans le détecteur. Je trouve enfin l’endroit où il faut chercher. Il ne faut pas faire les marmites mais aller juste à la limite du profond, en bordure du gué, à l’endroit où il y a beaucoup d’eau et de courant, et chercher là. Je me repère sur le grand bidon de fer à demi enterré sur l’autre rive. Je trouve quatorze DTLs, deux pièces en cuivre jaune, épaisses, mais lisses, quantité de clous, une belle double agrafe à crochets, une hampe de flèche en bronze, cinq fers à bœufs, un débris d’éperon en fer, trois petites boucles de cuivre, un long poids de filet de pêche. J’arrête à 8 h car je commence à avoir froid dans l’eau.

Jeudi 18 août 1994

Je me change vite en sortant du bureau et je reviens au gué à 6h30. Mais l’eau a beaucoup monté, orages en Ariège ou lâcher de barrages pour l’irrigation. Je ne reconnais plus rien mais je tombe rapidement en face du vieux bidon de fer échoué sur l’autre bord, sur un endroit plein de clous. Lydie me rejoint vers 7 h et en une heure nous avons un plein fond de tamis de clous forgés. Je trouve un joli ardillon décoré de boucle mérovingienne. L’eau est froide et à 8 h nous sommes gelés, de toute façon il fallait partir car je suis invité à souper (fin des vacances, départ de Michel et des enfants).

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 93

Cahiers de prospection 1993

Un fidèle lecteur de la revue Monnaies & Détections a accepté de nous livrer les cahiers de prospection qu’il tient depuis 1993, et sur lesquels il notait toutes ses sorties. Ces pages pleines de nostalgie nous rappellent une époque de liberté : nous pouvions prospecter sans contraintes, participer aux fouilles archéologiques du coin avec les érudits locaux, leur transmettre toute information ou toute trouvaille en rapport avec l’archéologie pour qu’ils fassent suivre aux officiels avec lesquels les rapports étaient confiants et cordiaux… Vingt ans après, comme les choses ont bien changé : l’archéologie est confisquée par les professionnels, comme le sol et le sous-sol le sont par l’Etat, et les prospecteurs sont voués aux gémonies par quelques psycho-rigides de la truelle, alors qu’ils pourraient – comme en Angleterre – être d’efficaces auxiliaires de l’Archéologie.

Alexandre

Lundi 19 septembre

Grand soleil et vent d’autan. Le matin nous allons au gué de G… L’eau est haute et froide, les fonds sont très clairs, toutes les marmites et les fissures dans la roche du fond sont propres, à croire qu’elles ont déjà été fouillées, ou bien que les travaux en cours pour le creusement du lit de l’Ariège en amont du pont ont dégagé des masses de terre qui ont tout balayé et nettoyé.
Nous ne trouvons que deux ou trois clous de fer à cheval, très peu de déchets ferreux. Aussi à 13 h nous partons au gué de Q… mais là nous nous apercevons en arrivant que la coulée de terre suite à l’affaissement de la falaise au cours de l’hiver dernier a complètement perturbé le cours d’eau. Il s’est formé une ile sur l’emplacement du gué, complètement recouvert d’un amas de galets et de roches, on ne voit plus de trous ni de marmites, le courant est devenu beaucoup plus violent, l’eau est beaucoup plus haute, impossible de s’y avancer, surtout que dès le bord le fond est tapissé de gros galets ronds et glissants. C’est trop dangereux.

Lundi 4 octobre

Nous partons à 9h30 chez M… à C… Je lui ai demandé samedi par téléphone si nous pouvions revenir à sa ferme en ruine voir s’il n’y avait pas d’autres silos à grains. Le bâtiment se délabre de plus en plus, il ne va pas tarder à s’écrouler. L’escalier et les plafonds à la française sont toujours aussi beaux ainsi que la porte d’entrée avec la pierre à la salamandre sculptée mais le toit à commencé à s’affaisser dessus et il y a des tuiles partout et des flaques d’eau dans tout le bas. Nous attaquons à côté du dernier silo fouillé qu’avait commencé Gérard.

Nous tombons sur de la terre rapportée, environ 30 cm, puis un gros radier de galets énormes soigneusement rangés et tassés sur 6 rangs, cela parait un drain plutôt qu’une fondation, ou un remplissage, mais très soigneux. Puis sous ces galets une couche de terre noire avec des quantités incroyables de morceaux de verre : verre de grosses bouteilles, mais aussi verre plat de vitres, très mince, de gobelets, et surtout des goulots de fioles d’une minceur et d’une finesse incroyables, et à travers, quantité de morceaux de plats en faïence blanche, certains avec des décors de fleurs qui font penser aux décors de Martres-Tolosane, des tessons de poteries brunes ou vertes vernissées, également.
Tout cela n’a pas l’air très vieux sans être moderne. M. …, le propriétaire, vient nous voir vers 14 heures. Il nous dit que ses parents ont acheté la ferme en 1950 et n’y ont jamais fait aucuns travaux, le remplissage est donc assez ancien.
Passé cette couche de terre, le sol devient dur, compact, avec de rares éclats de briques, on dirait que la terre est vierge dessous. Mais on est pas du tout dans un silo à grains, peut-être une fosse, un couloir semi enterré ou une ancienne cave comblée. Bizarre tout de même qu’on soit au même niveau que le silo à grain voisin…
Passer la terre sortie au détecteur n’a pas donné grand-chose : des clous, deux chevilles, un petit gond de volet, gonflés de rouille, quatre épingles en cuivre, les restes ferreux d’un petit couteau, et une dizaine de DTLs verts d’humidité.
Nous repartons vers 18h car il commence à faire sombre à l’intérieur.

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