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Ma pièce préférée

Originaire d’un petit village de Lorraine au bord de la Moselle, mon père travaillait dans une société qui extrayait du sable et des galets de cette rivière. En 1962, un petit sac en chiffon tout gras, contenant une cinquantaine de monnaies trouées et des pièces allemandes avec la croix gammée, fût remonté d’une berge de cette rivière. Cette boursée m’avait été offerte pour démarrer une collection (maladie familiale).

Un de mes grands-pères travaillait dans une entreprise de revêtement de sol. Par son métier, il démontait, nettoyait beaucoup de parquets très anciens de vieilles maisons dans une petite ville fortifiée par Vauban. Il avait naturellement gardé tout ce qu’il trouvait sous les plinthes entre les lames de bois. Celles-ci sont venues grossir ma petite collection. Puis j’en ai glané une ou deux par ici, deux ou trois par là.
Nous avions à ce moment-là une école primaire dont les classes allaient jusqu’au niveau du certificat d’études primaires. Pour les 2 dernières années, nous avions eu un instituteur remplaçant qui avait pour nous, enfants de la campagne, beaucoup voyagé (Sénégal, Mauritanie, Suisse, Belgique…).
En dernière année, au printemps 1966, celui-ci, qui était au courant de la vie de chaque élève, me montra une 5 Frs suisse « Guillaume Tell ». C’était la première fois que je voyais une monnaie aussi grosse en argent, de plus le millésime correspondait à l’année du certif.
Il me dit : « Tu vas passer un concours après le CEP pour aller en 4e d’accueil, si tu réussis, cette pièce est pour toi ».

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 107

Les deux comtés de Hanau

Hanau-Lichtenberg est un comté indépendant au XVIIIe siècle. Un atelier monétaire fonctionne à Bouxwiller et émet les monnaies des comtes, parfois nommés Jean-René.
Or, le troisième de ce nom a marié sa fille, Charlotte, à un Hessois. Ils ont un fils qui doit hériter des deux côtés. Jean-René III meurt en 1736 et, mécaniquement, Louis de Hesse-Darmstadt devient comte de Hanau. Ou plutôt de Hanau-Lichtenberg car une bonne part vient des seigneurs de Lichtenberg, dont les gendres (Hanau et Bitche) héritent en 1480 d’une forteresse si bien conçue qu’elle servira jusqu’en août 1870 lorsque les Wurtembergeois s’en emparent, au prix de nombreuses pertes qui nourrissent la rumeur de fosses communes sur place. Entretemps, elle a été fortifiée par Specklin et Vauban.
Le château dresse toujours ses ruines, protégées par une association, mais le pays qu’il défendait a disparu parce que Louis IX accède au trône de Hesse-Darmstadt en 1768. Il est déjà comte de Hanau depuis le décès du grand-père Jean-René et il va intégrer son comté dans la Hesse paternelle.
Jean-René III, décédé à 71 ans, avait transféré ses bataillons à Pirmasens (Allemagne actuelle) pour s’éloigner des Français. Il était le neveu de Frédéric-Casimir qui tenta de bâtir les Indes Hanauviennes mais échoua par manque de fonds (1669-1672). D’ailleurs sa famille n’aimait pas ce rêveur qui achetait le Suriname. Maître d’un comté de 1500 km2, il fondait un empire de 100 000 km2…
Bouxwiller continua de fabriquer les monnaies d’argent et de cuivre, ces dernières ornées de l’initiale du jeune comte qui fait rénover les bornes-frontières du comté maternel, enclavé dans des territoires devenus français avec l’annexion de la Lorraine.

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 102