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Le trésor perdu de Rio

La guerre de succession d’Espagne éclate le 13 mai 1702. Une coalition européenne, Prusse, Angleterre, Autriche, Provinces Unies, Portugal, Savoie et Danemark, attaque la France et l’Espagne. En 1700, Philippe V, petit fils de louis XIV, a succédé au roi d’Espagne Charles II. La grande alliance menée par l’Angleterre redoute notamment l’ouverture de l’empire colonial espagnol au commerce français et de la sorte que la France puisse profiter des richesses du nouveau monde. Cela reste intolérable pour l’Angleterre et le Portugal, hors de question que les navires français viennent faire commerce dans les eaux du Brésil où le port de Rio accumule l’or découvert au nord de la ville dans les montagnes du Minas Gerais, et cela attise bien des convoitises ! En 1710, une expédition française de 1 000 hommes et 5 vaisseaux menée par Jean François du Clerc tente de prendre d’assaut le port de Rio pour s’emparer de l’or portugais. L’expédition tourne au massacre, les assaillants français sont capturés et sont exécutés sommairement ou emprisonnés dans des conditions inhumaines et servent de main d’œuvre dans les mines d’or tant convoitées. En France en 1711, le royaume est ruiné par les conflits à répétition et, 9 ans après le déclenchement de la guerre, France et Angleterre ne cessent de se chercher des noises …
Ainsi, sous prétexte de venger l’honneur de l’expédition française ayant échouée devant Rio, les Français envisagent de mener des représailles ! Il s’agit d’un prétexte, la France a besoin d’argent et vite. Malgré les réticences initiales à la cour, le roi met à la disposition de l’expédition 15 bâtiments et 2 000 hommes. L’expédition sera menée par un corsaire, Duguay-Trouin, un malouin ayant tout connu des fortunes de la mer, la gloire, la capture, les évasions, la défaite. Ses nombreux faits d’arme ont convaincu Louis XIV de faire du corsaire un capitaine de la Marine Royale. Duguay-Trouin impose ses choix et 17 bâtiments composent sa flotte, 5 600 hommes dont 2 000 soldats d’infanterie et près de 740 canons. Début juin 1711, la jonction de tous les navires s’opère au large du Cap-Vert. Le 27 août, l’ensemble de la flotte mouille au large de la baie brésilienne de tous les saints. Le 11 septembre, les Français approchent de la baie de Rio. Le malouin l’ignore mais son plan est déjà éventé et les Portugais attendent de pied ferme les navires français. Les défenses de la ville furent renforcées après l’expédition de Duclerc et les Anglais prévenus envoient des renforts en urgence !

L’attaque française.

L’atelier d’Arras fut fermé sous Louis XIV, à la Révolution et après une remise en état très sommaire, l’atelier monétaire reprit son fonctionnement dans les anciens locaux, situés à la Maison des Carmes, sous le contrôle du commissaire lillois Delepierre, et à la direction de Bertha et cela dès le 6 mai 1792. La marque allouée à l’atelier était le « W » de Lille orné d’un point en dessous. La production d’Arras consista en pièces de 12 deniers (1 sol) constitutionnels (faisceau et portrait du roi), 2 sols constitutionnels, 1 sol à la balance de la convention (balance et déclaration des droits de l’homme) et 2 sols à la balance. L’atelier ayant reçu très tardivement les poinçons du nouveau type républicain (balance), il n’effectua sa première délivrance de pièces de 1 sol que le 6 juillet 1793, les monnaies de 2 sols eut lieu fin juillet. Ce retard est attribué à une « pénurie de flans », ainsi entre 1792 et juillet 1793, l’atelier d’Arras réalisa une production de quelques 4 102 000 pièces de 2 sols et plus de 730 000 pièces d’un sol, soit le travail de plus de 200 ouvriers.
Le tableau des ateliers monétaires provisoires publié par Gadoury, éditions 2017, rapporte une période d’ouverture de mai à août 1792 ?, le tableau en question étant très lacunaire et bourré d’erreurs. On peut sans contexte qualifier celui-ci d’empirique !

2 sols d’Arras au W pointé.

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