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121.23

Bonjour, voici un bel objet que j’ai trouvé il y a quelques années non loin d’Autrans (38880) dans le Vercors. Fidèle lecteur de votre magazine, je vous invite à m’aider pour l’identification et la datation de cette trouvaille. Il a un diamètre de 25 mm et une épaisseur de 15 mm. Son poids est de 25 grammes mais il est rempli de terre. Sur le dessus il y a un petit clou qui traverse l’objet, sur le dessous une ouverture (12 x 10 mm) servant à accueillir un morceau de bois et sur le flan gauche une autre ouverture d’un diamètre de 5 mm, usé très probablement par un cordon ou par du crin. Sur le verso on distingue au centre un visage humain portant un bonnet phrygien ? Encadré de deux plumes puis de deux fleurs à 4 pétales. Au niveau du col on distingue deux signes face à face (l’oiseau). Tout en bas une sphère et deux rayons ? Sur le recto on retrouve les deux fleurs à 4 pétales et en son centre un symbole qui m’est inconnu mais me fait penser à une hache ou une couronne ou encore un chapiteau de colonne. En bas on retrouve encore la sphère et les deux rayons, identiques au verso. Je pense à une tête de canne ou encore un cul de dague. Merci pour votre aide. Jolly Jumper
Il s’agit bien d’un pommeau de dague, on pencherait sur la période de la Renaissance pour le côté chargé en décoration. Fin XVe- fin XVIe.

Un artefact vieux de plus ou moins 1000 ans avant notre ère

Dans tout voyage, la route empruntée est souvent aussi belle que la destination. J’aimerais pouvoir vous conter l’un de ces voyages, pour moi, sans doute le plus extraordinaire depuis que j’ai débuté la détection de loisir.

Le jour n’est pas encore levé, j’hésite à avancer sur le chemin qui s’enfonce dans le bois encore trop sombre. C’est le mois d’août, il est 6h30. Je me suis levé tôt ce dimanche matin pour parcourir les 60 km qui m’amènent jusqu’à ce lieu qui m’offrira, d’ici 2 heures, ce qui reste jusqu’à aujourd’hui encore ma plus merveilleuse découverte. Ce n’est que la troisième fois que je viens jusqu’ici, encore enthousiasmé par ma trouvaille de la fois précédente, ma première monnaie royale, une 2 sol Louis XVI 1793, en métal de cloche, tout un symbole puisque 1793 est l’année même de sa condamnation pour trahison et de son exécution par décapitation le 21 janvier. Cette découverte d’une monnaie de ce dernier « grand » roi de France dont la mort marquera la fin de l’ancien régime est pour moi plus décisive encore que ce que je crois, et je suis loin d’imaginer que les 4 années qui suivront me conduiront à promener inexorablement mon détecteur dans un rayon de 5 km2 autour de ce même point. La découverte de cette matinée en sera bien sûr l’ultime raison.

Je me décide à avancer malgré l’obscurité, mais je m’arrête très vite à peine quelques mètres franchis, saisi par un soudain bruit de fuite, de branchages fouettés, de bois au sol qui se cassent, et ce qui me paraît être… des aboiements. Les « aboiements » s’éloignant, je comprends que ce ne sont pas des chiens, mais un troupeau de chevreuils que j’ai dû effrayer. Je décide d’attendre un peu pour pénétrer dans le bois, c’est sans doute plus prudent, je n’aimerais pas être « bousculé » par l’un de ces animaux.

A bientôt 50 ans, cela ne fait qu’un an que je pratique la détection. Quand j’étais enfant, je parcourais pourtant déjà les champs fraichement labourés de ce petit village de Picardie où je passais souvent mes samedis en famille, mais sans détecteur, en espérant apercevoir, posé à même le sol, l’un de ces Louis d’or que mon arrière-grand-mère me disait avoir trouvé parfois en ramassant les pommes de terre.

Aujourd’hui, soit près de 40 ans plus tard, je suis équipé d’un XP ADX 150, détecteur moyen de gamme, très simple d’utilisation, en 4,6 Khz, vraiment excellent pour débuter.

Durant les premiers mois de cet achat, je me suis entraîné près de mon actuel chez moi, en Ile de France, … hum, sans commentaire, ce que les hommes peuvent jeter comme saletés aux abords des grandes métropoles, malgré le nombre de poubelles effectivement disponibles !… alors quel bonheur quand après quelques mois de recherche, à 10 mn de marche de chez moi, j’ai trouvé ma première monnaie en bordure d’un ancien chemin menant vers la forêt, une 50 francs Guiraud de 1953, laissant enfin de côté les morceaux d’aluminium, les cartouches, les canettes en tout genre, et les boites de conserves, entre autres… La forêt en question est cernée de dizaines de communes sur-habitées !

Et puis j’ai décidé d’élargir mon périmètre de promenade. Ce faisant, je le découvrirai plus tard en recherchant sur internet l’origine de ma merveille du jour, les hommes habiteraient depuis des millénaires là où je me suis déplacé aujourd’hui. Ils ont laissé leur mémoire dans le sol, y ont abandonné des outils usés, des objets trop abimés, ont égaré leurs petites monnaies, ils ont vécu aux abords du bois où je me trouve, y ont chassé, bûcheronné, et, sans aucun doute, ont passé beaucoup de temps à admirer comme je le fais moi-même aujourd’hui en attendant mon heure, au travers des arbres, les rayons du soleil levant se refléter dans les eaux du fleuve qui serpente juste là, en contrebas. Les eaux de la Seine, puisque c’est d’elle dont il s’agit, ont pu nourrir des familles sur plusieurs générations, et ont permis aussi, je l’imagine, d’amener par bateau, l’objet que je découvrirai bientôt. …

La suite dans Monnaies & Détections n° 116