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Gardiners Island ou la cache du Capitaine Kidd

Manchonake

Gardiners Island, l’Ile de Gardiner… Une virgule de terre qui peut paraître insignifiante, tout au bout de l’extrémité orientale de Long Island. Une île certes de taille modeste, mais une île à l’histoire mouvementée et aux trésors cachés encore inconnus, notamment une portion des biens du Capitaine Kidd.

Gardiners Island mesure environ dix kilomètres de long sur cinq de large, soit approximativement treize kilomètres carrés. Sa surface est recouverte de plusieurs marais et étangs, de champs, de bois de chênes, d’érables et de bouleaux. L’île dépend de l’état de New York, dans le Suffolk et baigne dans l’Atlantique à quelques quarante-trois kilomètres des côtes.

Le maître de l’île

Ce territoire giboyeux et arboré appartenait à l’origine aux Indiens Montaukett qui le nommaient alors, Manchonake. Le 10 mars 1639, un homme du nom de Robert David Lion Gardiner découvre l’île et après de multiples tractations avec le sachem Wyandanch, s’en porte acquéreur. La légende raconte qu’il la troqua contre quelques couvertures d’origine hollandaise, un pistolet, de la poudre, des balles et un grand chien noir. Mais ce troc surprenant est aussi un signe de remerciement des Indiens Montaukett envers Gardiner qui les aida lors de la guerre de Pequot. Devenu propriétaire, Gardiner s’empresse de nommer son bout de terre, île de Wight.

Il lui est accordé par Charles I, Roi d’Angleterre, le « droit de posséder la terre pour toujours ». Plus tard, l’île de Wight est déclarée colonie de propriété industrielle et le maître des lieux est autorisé à établir et faire exécuter les lois sur son territoire. Il développe alors sur l’île des plantations de blé, de maïs, d’arbres fruitiers et de tabac. D’autres zones sont destinées à l’élevage. Gardiners Island appartient à la famille de Lion pendant plus de trois cents ans, c’est la plus grande île privée des Etats-Unis.

L’escale de Kidd

A la fin du XVIIe siècle, le gouverneur colonial de New York fait part de ses inquiétudes, Long Island est selon lui un territoire malfamé, hébergeant de nombreux pirates. Il pointe du doigt son extrémité orientale qui est un nid de forbans.

En 1699, sur la route de Boston, où il veut prouver son innocence des crimes de piraterie qui lui sont reprochés, le Capitaine Kidd croise au large de l’île de Gardiner. Il y fait un arrêt programmé de trois jours et avec la complicité silencieuse de Madame Gardiner, enfouit un trésor notable estimé à trente mille dollars. Le magot, dont l’emplacement est identifié par une pierre sertie d’une médaille de bronze, est précisément caché dans un ravin, entre la pointe de Bostwick et le manoir Gardiner. En échange de son silence, Kidd offre à Madame Gardiner quelques pièces d’or, un morceau du tissu précieux prélevé dans la cargaison d’un navire maure et un sac de sucre, denrée rarissime pour l’époque. Mais ce « cadeau » avait une contrepartie… Il menace John, le fils de Lion Gardiner, en ces termes : si lors de son retour, le trésor n’est plus à sa place d’origine, il se chargera lui-même d’ôter la vie à sa famille. On peut comprendre alors le silence qui s’en suivit.

Mais Kidd est arrêté et John Gardiner n’a plus de crainte à avoir. Sous la demande pressante de Lord Bellomont, gouverneur colonial de New York, il indique la cache du trésor de Kidd. Celle-ci offrira de bien belles surprises, des barres d’argent, des pièces de huit, des pierres précieuses où l’on pouvait compter rubis et diamants, des chandeliers et enfin plusieurs sacs de poudre d’or. De ce trésor, amené à Boston par John, il restera un beau diamant oublié sur l’île. Le joyau fut offert plus tard à sa fille.

… La suite dans Monnaies & Détections n° 80

11 000 livres pour 3 pennies

Trois rares monnaies d’argent trouvées au détecteur de métaux en Angleterre, dans le Suffolk, en 2012. Ces monnaies trouvées isolées, une par une, n’ont pas obtenu la mention « trésor » et ont donc pu passer en salle des ventes, chez Spink à Londres. Frappées entre 750 et l’an 1087 les trois monnaies ont été vendues pour un total de 11 000 £ soit 14 000 euros ! Pas mal pour 3 pennies !

Et on comprend mieux, avec ce résultat, pourquoi les prospecteurs anglais recherchent les détecteurs les plus performants que l’on puisse trouver pour la chasse aux « Harmmered » ces petites pièces d’argent martelé. Certaines d’entres elles, sont en argent bas titre, équivalentes à nos billons et sont très dures à détecter. Les cas où de telles monnaies ont été trouvées dans des déblais de fouilles archéologiques « fouilles terminées » sont légions ! À moins de tamiser la terre, ce qui est impossible, ou d’avoir une grande expérience des détecteurs de métaux, il est très facile de passer à côté d’un denier ou d’une obole de 0,5 gramme… Les découvertes de ce type de monnaies, tout comme les quarts de statères ont pourtant explosé, depuis l’apparition des détecteurs à haute fréquence (18 kHz et plus) ce qui est bien la preuve matérielle que ces monnaies échappaient aux archéologues il y a à peine vingt ans ! Et sans être mauvaise langue, elles leur échappent toujours…

Source : Spink London.com