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LA trouvaille du rallye Detectival 2017

De gauche à droite : Carlos, Stéphane, Thomas, Tracus013 et Ben.

Cette année, c’était ma deuxième participation consécutive au rallye Detectival en Angleterre. Cette fois-ci, j’ai fait le voyage avec Thomas, Stéphane, Frédéric, alias Tracus013, et Benoît dit « Ben ». Mais cette année nous avons eu une belle surprise.
Ce rallye est non seulement l’occasion de rencontrer des personnes de tous les horizons, de voir les nouveautés en matériel mais aussi de découvrir le pays du très intelligent « Treasure Act ». Je dis très intelligent car c’est ainsi que je vois la collaboration entre les poêleurs et les archéologues.
Cette année, le rallye se déroule du vendredi au dimanche inclus. Les deux premiers jours, nos trouvailles se limitaient à un denier romain, deux blanches anglaises et une fibule. Toutes ces trouvailles ont été remises aux archéologues pour identification et pour être répertoriées. Le samedi soir, nous étions tous les cinq dans la petite maison que nous avions louée pour l’occasion. Nous discutions de nos trouvailles respectives. Ben me tend un sac contenant les siennes. Mes yeux furent directement attirés par un bel objet en bronze d’une dizaine de centimètres de long. Il me dit l’avoir trouvé dès le premier jour mais n’y a pas prêté attention avant. Faut dire que, dès les journées détection terminées, nous restons longtemps au « village » discuter avec les autres poêleurs. Tracus le date directement de l’époque romaine. Sur nos conseils, Ben prendra sa trouvaille le lendemain pour la montrer à Anni, l’archéologue du Detectival.

La trouvaille.

Ainsi, le dimanche matin, nous nous dirigeons vers la tente des archéologues. Etant le seul à parler anglais, je sers d’interprète. Ben montre sa trouvaille à Anni. Celle-ci ouvre très grands ses yeux et affiche un sourire radieux.
Elle déclare avoir déjà vu quelque chose de semblable dans des revues spécialisées mais n’a jamais eu la chance d’en tenir dans ses mains. Anni l’identifie donc sans grand problème : objet votif romain représentant deux cornes d’abondance sensées apporter tout ce dont le défunt a besoin dans l’autre monde.
Anni demande à Ben si elle peut le garder pour une étude plus poussée.Ce à quoi Ben lui répond qu’elle peut le garder pour toujours. Là Anni ouvre encore plus grands ses yeux. Elle n’est pas sûre d’avoir bien compris.
Ben confirme en ajoutant que c’est son cadeau pour remercier les Anglais de leur Treasure Act. A ce moment, elle prend Ben dans ses bras pour lui faire la bise. Chose très rare de ce côté de la Manche.

Ben et sa trouvaille.

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 97

XP EUROPEAN GOLD RALLY

XP avait annoncé son premier rallye en Angleterre les 17 et 18 septembre 2016. 1000 participants sur plus de 600 hectares de champs à détecter sur la commune de Burford, petit village situé à une centaine de kilomètres de Londres. Attentif aux avancées d’Outre-manche en matière de détection, Je voulais voir de mes propres yeux le Treasure Act : la fameuse et étroite collaboration entre les archéologues locaux et les détectoristes.

Pour le 1er XP European Gold Rally en Angleterre, je me devais d’être du voyage ! J’embarque mon frère avec moi dans cette aventure inoubliable. Ticket en poche, sac sur le dos et valise xp à la main, me voilà prêt pour l’Angleterre !
Après 1h de voiture, 1h30 de TGV, 6 stations de métro et 2 arrêts de tramway plus tard, nous voici enfin arrivés à l’hôtel parisien réservé quelques jours plus tôt. Ce n’est pas un palace mais suffisant pour y prendre une bonne douche et y passer la nuit ; petite nuit, l’excitation nous empêchant de fermer les yeux. Il est 5 heures, Paris s’éveille. Le jour se lève à peine ce vendredi 16 septembre et déjà il faut reprendre le métro qui nous conduit directement au lieu de rendez-vous. Une foule de passionnés est déjà ameutée au 102 rue Balard. Les sacs sont lourdement chargés et facilement reconnaissables avec les manches de pelle qui dépassent. Les 2 lettres rouges du fabricant sont présentes partout : sur les T-shirts, pulls, casquettes, valises… Deux bus blancs ont été réservés et ornés d’autocollants aux couleurs de la boutique spécialement pour l’occasion. Wouah! La classe ! On ne va pas passer inaperçu ! Le voyage se passe dans la joie et la bonne humeur. Une véritable colo ! A Calais, les contrôles d’identités sont systématiques et nous n’y échappons pas. Heureusement tout est en règle et nous pouvons reprendre la route vers le tunnel sous la Manche. Le bus est immobilisé dans le train et la traversée ne dure qu’une bonne demi-heure. Le voyage peut alors continuer. Le trafic très dense nous fait perdre un temps précieux et ce n’est finalement que vers 20h que nous arrivons sur le lieu du rallye.
Un immense champ d’herbe bien verte où des tentes sont déjà installées. Des drapeaux se laissent flotter en haut des mâts par le vent frais typiquement anglais, chacun affichant fièrement sa région ou son pays d’origine. Malgré une arrivée un peu tardive sur le site, nous nous dirigeons vers la tente « breakfast » pour y diner. Un bon repas bien chaud et bien consistant à base d’haricots blancs écrasés nous ravigote. Sitôt le diner englouti, nous montons notre tente sur le camping à proximité des autres Français. En effet, des passionnés de toute l’Europe sont attendus !! De nombreux camping-cars sont déjà installés dans un espace aménagé à proximité des imposants 4×4 de nos amis Anglais. Des sanitaires sont également à notre disposition pour l’événement.
Fatigué par le voyage et le ventre plein, je me faufile sans attendre dans mon duvet. Une grosse journée nous attend demain. Le ciel étoilé est magnifique et présage une journée ensoleillée.

Samedi 17 septembre

8h30. Malgré un petit vent frais, le ciel est dégagé et laisse passer les rayons du soleil. Nous avalons rapidement notre café chaud accompagné de la traditionnelle assiette de bacon, œuf, toast au beurre et saucisses de poulet. Pas spécialement appétissant à cette heure-ci de la journée, mais je dois avouer que cela tient bien au corps. Un petit briefing pour nous expliquer le déroulement et les horaires de la journée et chaque participant équipé de son ticket se voit remettre par le staff, un bracelet jaune adhésif, un plan des lieux avec les champs autorisés à la détection ainsi qu’un jeton XP, spécialement conçu pour l’occasion. Le départ du rallye est fixé à 9h30 dans le champ numéro 1. C’est mon premier rallye en tant que tel et voir des centaines de participants alignés le long d’un champ peut vraiment surprendre la première fois. Bien évidemment, que du XP : du Déus, du GMP, du G-Max, de la petite tête, de la grosse ; des pelles en inox, de la draper, des artisanales, des américaines… et j’en passe. Une boutique à ciel ouvert ! Un drone survole la zone pour immortaliser ce moment.
Le départ donné, chacun file dans une direction. Une vraie fourmilière. Une trentaine de champs ont été ouverts pour l’occasion. La moitié pour aujourd’hui et l’autre moitié pour demain dimanche. J’apprendrai en rentrant plus tard au campement, qu’une monnaie en or a été trouvée quelques minutes après le départ…


Nous traversons le premier champ sans qu’aucun bon son ne résonne dans mon casque. Nous nous dirigeons désormais vers le champ voisin qui n’est pas déchaumé rendant l’efficacité du disque réduite. Pas évident de passer au-dessus des tiges de blés coupés. Nous perdons des cibles potentielles. Et justement, les cibles se font rares. Je sortirai malgré tout deux boutons sans motifs et quelques objets insignifiants. La faim commence à nous gagner. Le café du matin est désormais digéré. Nous faisons demi-tour et rentrons au camp. En chemin, nous rencontrons d’autres Français qui semblent tout comme nous surpris du manque de trouvaille. Pas de monnaie, même pas savo… Une certaine déception se lit sur les visages.
Des jetons ont été cachés dans le champ numéro un. Certains parlent de 20, d’autres 40, voire 45… au final, je ne sais toujours pas combien. Quoi qu’il en soit, nous ne faisons pas partie de ces petits veinards qui sont repartis avec leur lot. Plus de 150 au total !

13h – Nous payons 5 livres pour une bonne pizza cuite au feu de bois. L’accompagnant d’une pinte de bière anglaise bien fraiche, nous nous posons sur des bottes de paille posées là en guise de bancs. De nombreux stands sont installés et nous profitons de cette pause-déjeuner pour y jeter un œil. Matériel de détection bien sûr, mais aussi livres, vêtements, monnaies et autres artefacts font la joie des collectionneurs. De véritables petits trésors sous vitrine. Un petit village de vieux métiers a été installé au fond du campement. Des passionnés ont reproduit les gestes d’autrefois pour construire des bourses en cuir, des bijoux en cuivre ou des poteries en argile. Des combats de chevaliers sont même organisés dans l’après-midi.


14h15 – Nous reprenons notre matériel et partons sur un autre champ qui sert de parking aux voitures et autocars. Le ciel s’est assombri et le vent s’est levé. Nous décidons tout de même de nous éloigner encore un peu plus. Comme sur les terrains précédents, peu de sons se font entendre dans nos casques. Globalement, seuls des ferreux sont sortis de terre. Il en est de même pour les poeleurs que nous rencontrons et avec qui nous discutons. La pluie commence à tomber et bien sûr, j’ai oublié mon ciré dans la tente. Rapidement mon pantalon est trempé. Au moment de rebrousser chemin, mon frère m’interpelle. Il creuse depuis quelques temps déjà sur un indice de 90… peu enthousiasmant ! Malgré cela, étonnamment, il extirpe de cette terre anglaise une monnaie romaine. La première monnaie de la journée. Peu de motifs sont présents mais elle nous ravive d’espoir. La pluie a eu raison de notre patience et nous retournons au campement.

La fin de la détection est fixée à 17h30, soit une heure avant notre retour. Un grand feu de bois est allumé au milieu de la place et nous pouvons nous y sécher et réchauffer. Le repas du soir se prépare : un cochon grillé sur broche dégage une odeur appétissante. La pluie a finalement cessé rapidement pour notre plus grand bonheur.
Les poeleurs rentrent au camp avec peu de trouvailles. Avec la monnaie romaine dans la poche, nous allons sous la tente spécialement aménagée pour l’occasion, où des archéologues anglais étudient les trouvailles de la journée. Nous allons pouvoir tester en direct le Treasure Act. Une tonne d’informations circule dans ce lieu. Chaque trouvaille est analysée et commentée. Je suis agréablement surpris, et le mot est faible, par la coalition qui existe entre les détectoristes et les archéologues. Il règne sous cette tente un climat serein, une certaine émulation où chacun veut montrer sa trouvaille. Sous vitrines, de nombreuses monnaies, boucles, pointes de flèches, fibules et bijoux sont exposés. Je n’en reviens pas de la quantité d’objets déterrés. Un coroner réceptionne notre monnaie, l’observe attentivement et remplit un formulaire contenant le lieu de la trouvaille, les noms, prénoms et numéro de téléphone de l’inventeur. Un justificatif est alors rédigé et un reçu nous est confié. Ce document confirme l’identité de l’inventeur. Protégée dans un sachet plastique, notre monnaie passera dans les mains d’un archéologue qui la nettoiera succinctement de peur de l’abimer, la datera approximativement, et fera une brève description.


Dans notre cas, il s’agit d’une romaine sans réel motif visible. La monnaie n’intéressant pas l’histoire, elle nous sera restituée durant le week-end. En revanche, il fut tout de même trouvé quelques monnaies en or, dont un magnifique exemplaire d’un Solidus ainsi qu’un bouton en or avec un grenat incrusté. Le British Museum semble s’en être porté acquéreur.



Après estimation, l’inventeur et le propriétaire du terrain se partageront une contribution financière. Dans ce pays, on peut détecter sans risque, sans se cacher et surtout avec le sentiment de bien faire et d’aller jusqu’au bout des choses. On montre nos trouvailles ouvertement, sans jugement et sans passer pour des pilleurs. Un sentiment de sécurité, inconnu chez nous, et de grande satisfaction d’avoir sauvé un fragment du patrimoine archéologique. Encore une fois la France est en retard, mais je n’imaginais pas un tel fossé. Le Treasure Act fonctionne parfaitement bien ! Il est temps que la France prenne modèle sur la Grande-Bretagne et lève toutes ces barrières qui font partir chaque jour de véritables trésors dans l’oubli…

19h30 – Le cochon grillé finira entre deux grosses tranches de pain accompagné de compotes de pommes maison. Un vrai régal ! Des groupes de musique se succéderont durant tout le week-end. Un concours de tir à la corde et de bras de fer s’improvisent. Les Français ont brillé par leur victoire mais aussi pour leur joie de vivre et leur ambiance. Une atmosphère chaleureuse et amicale, sans prise de tête. C’est ça la French détection ! Assis au coin du feu, buvant une bière anglaise, nous discutons avec de véritables passionnés venant de différentes régions de France. Chacun racontant ses anecdotes et décrivant ses plus belles trouvailles. Les Anglais se montrent chaleureux avec nous et malgré la barrière de la langue, nous arrivons à échanger quelques mots. Nous nous attardons tard dans la nuit, sirotant un bon rhum entre amis, accompagné d’un saucisson ramené spécialement de France pour l’occasion. Nous refaisons le monde à notre manière, en fantasmant à l’idée d’un état français sans lois du patrimoine aussi draconiennes et désastreuses pour notre loisir…

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 91

Le Treasure Act

Interview d’Anni Byard, archéologue au British Museum, par Gary Blackwell sur le Treasure Act lors d’un rallye de détection anglais.

Gary Blackwell :
J’ai obtenu un entretien avec Anni Byard, elle est ce qu’on appelle ici en Angleterre un « FLO », c’est à dire « un officier de liaison » en charge des découvertes réalisées par les utilisateurs de détecteurs de métaux. Elle travaille pour le PAS, le Portable Antiquities Scheme.
Cet entretien s’est déroulé lors d’une journée de détection organisée par « Metal Detectives » et « XP Adventures », j’ai pu passer du temps à discuter avec elle, et lui poser des questions à propos du Treasure Act et de la déclaration des trouvailles.
Ce jour-là, elle a été très occupée, 78 personnes participaient à ce rassemblement de chercheurs… et 68 trouvailles ont été déclarées, comme vous le voyez, c’est un résultat superbe !
Je vous laisse avec l’entretien d’Anni Byard, j’espère que vous apprécierez :

G.B. : Bonjour Anni Byard, pouvez-vous nous expliquer ce qu’est le Treasure Act et comment les détectoristes le respectent-ils ?
Anni Byard : Le Treasure Act est apparu en 1996, il a remplacé les anciennes lois relatives à la découverte de trésors. Nous avons établi 3 critères principaux pour définir ce qu’est un trésor :
Le plus simple est… tout objet en or ou argent ou contenant plus de 10 % d’or ou d’argent en poids et de plus de 300 ans.
Pour les monnaies, c’est un peu différent, 2 pièces en argent ou en or trouvées au même endroit peuvent être considérées comme trésor.
Les objets protohistoriques datant d’avant l’époque romaine ou l’Age de Fer sont automatiquement considérés comme trésor.

G.B. : Combien y a-t-il de FLO en Angleterre et au Pays de Galles ?
A.B. : En ce moment je pense qu’il y en a 39, nous sommes implantés dans les musées, les universités et les conseils régionaux.

G.B. : Si je viens à trouver quelque chose que je considère être un trésor, combien de temps ai-je pour le déclarer ?
A.B. : Si vous trouvez quelque chose que vous pensez être un trésor ou un objet archéologique, vous avez 14 jours pour le déclarer auprès des instances archéologiques, mais la plupart des gens le déclarent auprès de leur FLO qui le déclare pour eux.

G.B. : Donc quelle est la réelle procédure à suivre si je trouve un trésor, que se passe-t-il ensuite ?
A.B. : Une fois que la découverte a été déclarée aux instances archéologiques, un rapport est écrit, l’objet est photographié puis envoyé au musée.
… Lisez la suite dans Monnaies & Détections n° 88