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Le trésor de Berthouville

20 mars 1830, un paysan normand, Prosper Taurin, dans le département de l’Eure à Berthouville, passe la charrue dans un de ses champs et tombe sur une tuile, romaine. Sous la tuile un superbe trésor romain composé uniquement d’objets en argent, vaisselle et statuettes ! Le trésor de Berthouville, considéré comme l’un des plus beaux ensembles d’argenterie romaine – tout du moins pour ceux dont on a entendu parler… – fut acheté par le Cabinet des médailles. Pendant des décennies d’expositions, il a continué de s’oxyder et de se ternir. Il y a sept ans le Musée américain et la fondation Getty, proposèrent au Cabinet des médailles de le restaurer gratuitement !
Et c’est donc après un exil de sept ans, deux d’analyses et quatre de restaurations que le trésor de Berthouville, qui a retrouvé toute sa splendeur, a retrouvé sa salle d’exposition. Pour la petite histoire, l’on dit que Prosper considéra qu’il avait été arnaqué sur la valeur du trésor, déjà à l’époque…, estimé et payé 15 000 francs. Il aurait continué ses recherches et trouvé un deuxième dépôt ! Ce qui n’a rien d’étonnant, celui qui est connu ne contient que de l’argent, l’or n’était sûrement pas loin ! Et on raconte localement qu’il aurait été vendre ce deuxième magot à l’étranger…
Source : sciencesetavenir.fr

Les trésors de l’abbaye de Cluny

Un trésor monétaire a été découvert à l’automne 2017 sur les terrains de l’abbaye de Cluny dans le département de Saône et Loire.

Vue aérienne générale du site de l’abbaye de Cluny vers 1950/1960.

Ce lieu chargé d’histoire est classé par trois fois dans la liste des monuments historiques français. D’abord en 1862 pour les bâtiments anciens de l’abbaye, puis en 1902 pour sa Tour des Fromages et enfin en 1960 pour une partie des dépendances et terrains qui lui sont rattachés. S’il ne reste aujourd’hui que le dixième des bâtiments ayant existé au XVIIIe siècle, cet ensemble monastique, dans lequel se dressait la plus grande église de l’Occident, l’abbatiale de Cluny, n’en demeure pas moins un monument touristique attirant de nombreux visiteurs. Nous vous invitons à découvrir cette abbaye à travers son histoire, son architecture et la numismatique qui y est associée.

L’histoire des trois abbayes de Cluny

Le Duc Guillaume d’Aquitaine offrant les terres de Cluny à l’Eglise (enluminure sur un manuscrit déposé à la Bibliothèque Nationale de France).

Trois abbayes sont construites successivement à partir de 910 sur les terres offertes par Guillaume le Pieux, duc d’Aquitaine et comte d’Auvergne, du Velay, de Mâcon et de Bourges. L’église qui existe alors est remplacée par une première abbaye, appelée de nos jours Cluny I. Construite entre 910 et 927 la nouvelle abbaye, consacrée à Saint Pierre et Saint Paul, est placée dès 930 sous l’autorité directe du pape. Elle est dirigée par un abbé et les moines qui y vivent respectent la règle bénédictine rédigée par Saint Benoît vers l’an 550 : partager son temps entre prière et travail manuel utile à la communauté. La place occupée dans le monde religieux par l’abbaye de Cluny grandit rapidement. Ses bâtiments deviennent trop petits pour accueillir de nouveaux moines. La construction d’une abbaye plus grande est donc décidée

Saint Benoît expliquant ses règles de la vie monastique à un jeune moine (enluminure sur un manuscrit du XIVe siècle déposé à la bibliothèque de l’université de Düsseldorf).

Les travaux durent de 960 à 980 et donnent naissance à une nouvelle église : l’abbatiale de Cluny II. Cent ans plus tard la même problématique se rencontre une nouvelle fois et en 1080 de nouveaux travaux débutent afin de construire une église et des dépendances plus vastes. Ils durent un siècle et demi jusqu’à l’achèvement de la troisième abbaye de Cluny en 1220. L’abbatiale de Cluny, dont l’architecture de style roman est un modèle du genre, est consacrée par le pape dès 1130, un siècle avant son achèvement. C’est alors le plus grand édifice religieux du monde avec ses 187 m de longueur pour une largeur de 90 m au niveau du transept. Elle le reste jusqu’en 1506, date de la construction de Saint Pierre de Rome. Autour d’elle sont construites les nombreuses dépendances indispensables à la vie d’un millier de moines. C’est ainsi qu’une véritable cité se développe au XIIIe siècle. L’autorité spirituelle de son abbé le place à la tête d’un ensemble de congrégations religieuses regroupant plus de 10 000 moines installés en France mais aussi en Italie, en Espagne et en Grande-Bretagne.

Les deniers et oboles de l’abbaye de Cluny (le droit de battre monnaie)

Au début du XIe siècle les Clunisiens sont chargés de frapper des monnaies émises par le duché d’Aquitaine, mais dès 1058 l’abbé de Cluny reçoit du pape Etienne IX le droit de battre monnaie pour lui-même. Ce droit permet la frappe à partir de 1123 de deniers et d’oboles (demi-deniers) en argent spécifiques à l’abbaye de Cluny. Ces frappes s’étalent sur environ cent ans. Dans un article consacré à ces monnaies sur le site internet « La Numismatique en Mâconnais » nous pouvons lire sous les initiales JCD : « Par leur poids et leur aloi, les deniers de Cluny valaient beaucoup plus que les deniers royaux, parisis et tournois. Mais, de ce fait, ils étaient recherchés par les changeurs pour les revendre comme métal à d’autres ateliers monétaires. De plus, leur utilisation dans les transactions courantes était limitée à Cluny et aux comtés voisins. Cela explique que l’abbaye n’ait sans doute pas tiré grand bénéfice de sa monnaie ». Sur ces monnaies qui portent une croix cantonnée à l’avers et une clef au revers nous découvrons les légendes + CLVNIACO CENOBIO (au monastère de Cluny) et PETRVS ET PAVLVS (Pierre et Paul). La photothèque de l’Abbaye de Cluny nous propose sur le site internet cité ci-dessus un très grand nombre de photographies de monnaies et de méreaux frappés à Cluny.

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 98

Trouver un trésor et en jeter la moitié…

L’histoire ici racontée est vraie et s’est passée en juin 2017, en Belgique, quelque part dans le Brabant wallon, à quelques kilomètres du village de Waterloo.
Nous sommes le samedi 17 juin 2017. Je suis chez moi à lire mon journal et je reçois la visite de mon frère. Après lui avoir servi une tasse de café, celui-ci me demande en me tendant la main « C’est de l’or ça ? » … et j’aperçois 2 monnaies en or. Surpris sur le coup, je prends les monnaies et lui confirme en effet qu’il s’agit bien d’or. Il y a une 20 francs or 1870 de Léopold II de Belgique et une 20 francs or 1877 française dans un état remarquable… Après la surprise, la question en vigueur : « Où t’as trouvé ça ? » Il me raconte qu’un ami de son fils a trouvé un bocal plein de pièces d’or lors de travaux de rénovation. Il a confié ces 2 pièces à mon neveu pour que celui-ci me les montre et me demande de faire une estimation de leur valeur, mon neveu ayant dit à l’inventeur que j’étais prospecteur et que j’avais des catalogues sur les monnaies. Après avoir consulté mes catalogues, la 1870 de Léopold II est cotée 300 euros en TB, et la 1877 française 206 euros en TB (les monnaies étant de qualité supérieure à TB, leur valeur numismatique est plus élevée, n’étant pas numismate, je laisse la classification exacte de l’état des monnaies à un professionnel).
J’ai posé les 2 monnaies sur mon journal et j’ai pris quelques clichés recto-verso pour mes archives. Mon frère me raconte alors les circonstances de la découverte telle qu’elle lui fut racontée…
Le découvreur, étant entrepreneur dans le bâtiment, rénove une ferme acquise par l’une de ses cousines quelque part dans le Brabant wallon du côté de Waterloo. Lors de travaux celui-ci a dû poser des poutrelles en bois entre les poutres maîtresses de la charpente pour faire un échafaudage et lors de la pose, l’une des poutres maîtresses en chêne de 50 X 50 cm a laissé apparaître une cachette à l’angle du mur. La poutre étant évidée, cette cachette renfermait 2 bocaux en verre, l’un contenant les pièces en or et le 2e, je cite, « des espèces de perles grises » ?… Les pièces d’or totalisent 165 spécimens, 162 pièces de 20 francs or et 3 de 10 francs d’or. Les pièces sont belges, des règnes de Léopold II (1865-1909) et d’Albert 1er (1909-1934) et les pièces françaises de Napoléon III et de la République. La pièce la plus ancienne est de Léopold II, une 20 francs or 1868 et la pièce la plus récente d’Albert 1er, 20 francs or 1914. Le trésor est composé de 121 pièces belges et de 44 pièces françaises, pour un total de plus ou moins 1,052 kg d’or. Au prix du cours de l’or en juin 2017 cela fait une somme de plus ou moins de 37 500 euros.
Le trésor fut probablement caché en 1914, lors de l’invasion de la Belgique par les armées allemandes. Il s’agit d’économies de famille pour une valeur de 3 270 francs or, à l’époque une véritable fortune, plus un bocal de perles grises (?), et c’est ici que cette histoire prend une tournure dramatique et idiote.

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Il y a environ un an, à l’automne 2016, un trésor caché depuis près d’un siècle dans un piano était retrouvé par un accordeur musical du Royaume-Uni, Monsieur Martin Backhouse. Nous revenons ici, en donnant un maximum de détails, sur la succession des évènements qui a conduit à cette extraordinaire découverte dont les journaux anglais et français ont parlé à plusieurs reprises.

Tout a commencé en 1906

Fournisseur officiel de la cour d’Angleterre de Georges II à Elisabeth II, l’entreprise John Broadwood & Fils est la plus ancienne et l’une des plus prestigieuses sociétés fabriquant des pianos au monde. Son origine remonte au début du XVIIIe siècle. Mozart, Haydn, Chopin, Beethoven, Liszt et bien d’autres musiciens ont joué sur les instruments de cette fabrique.

Ancienne publicité pour les pianos « John Broadwood & Fils ».

En 1906, elle livre un piano à un magasin, grossiste en instruments de musique, situé 27, West Road, Saffron Walden dans l’Essex. Ce magasin appartient à Messieurs Beavan & Mothersole qui alors revendent le piano à une personne habitant probablement leur ville. Depuis cette date toute trace du propriétaire initial disparait et l’enquête ouverte le jeudi 12 janvier 2017 par le juge en chef à la Cour du coroner de Shrewsbury, John Ellery, ne permet ni de le retrouver, ni de retrouver ses héritiers. En avril 2017, la quarantaine de personnes qui ont tenté de faire valoir des droits sont toutes déboutées de leurs demandes et la recherche est déclarée close. Le trésor est alors attribué à la Couronne britannique.

M. et Mme Hemmings offrent le piano à une école

Graham et Megan Hemmings, les anciens propriétaires du piano.

C’est en 1983 que Graham et Megan Hemmings achètent un  piano pour initier leurs 4 enfants à la musique. Une fois leurs enfants devenus grands, le couple vend sa maison pour s’installer dans un logement plus petit  dans lequel le piano ne rentre pas, aussi M. et Mme Hemmings décident de l’offrir, en 2016, à une école : la Bishop’s Castle, l’école locale d’une petite ville du Shropshire. Ils ne savent pas qu’il s’agit du piano John Broadwood & Fils vendu en 1906 : en fait ils viennent d’offrir bien plus qu’un vieil instrument de musique et de perdre une fortune.

La découverte du trésor

Bishop’s Castle, l’école à qui le piano a été offert.

Lorsque l’école reçoit le piano elle constate qu’il a besoin d’être accordé avant de servir à la classe de musique. Elle confie ce travail à un accordeur professionnel âgé de 61 ans, Monsieur Martin Backhouse qui estime que les touches ne fonctionnent pas correctement. Il décide donc de regarder sous le clavier et y trouve une dizaine de paquets en tissu soigneusement cousus et une bourse en cuir. Il ouvre l’un des sacs et découvre des pièces de monnaie. Ce sont des souverains d’or !

Martin Backhouse prévient la direction de l’école qui sécurise la trouvaille et fait une déclaration de découverte auprès des autorités officielles locales.

Martin Backhouse, l’accordeur de piano et l’inventeur du trésor.

L’expertise par le British Museum

Une publicité Shredded Wheat datant de 1926 a permis de déterminer la période approximative de la cache du trésor.

Le British Museum charge Peter Reavill de l’expertise des pièces du trésor. Il y a, au total, 913 monnaies dont les millésimes vont de 1847 à 1915. Ce sont toutes des souverains d’or (pièces en or 917/1000, d’un diamètre de 22 millimètres, d’une masse de 7,9881 grammes). Ces monnaies ont été frappées pendant les règnes de Victoria pour la période 1847 à 1901, d’Edouard VII pour la période 1901 à 1910 et de Georges V pour la période 1910 à 1915. D’après l’AFP elles ont probablement été cachées au plus tôt à la fin des années 1920 et au plus tard à la fin de la Seconde guerre mondiale, comme en atteste une publicité pour la fabrique de céréales Shredded Wheat qui enveloppe l’un des paquets. La valeur de ces pièces est estimée entre 300 000 et 500 000 livres (330 000 et 550 000 €). Il s’agirait du plus important trésor jamais trouvé au Royaume-Uni : plus de 7 kilogrammes de monnaies d’or !

 
… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 97

Le trésor médiéval des Terreaux

En 1993, lors de travaux de construction pour le réaménagement d’un parking sur une ancienne place, un trésor médiéval fut découvert par une équipe d’archéologues.

Place des Terreaux au XVIIe siècle.

Pour se remettre dans le contexte du Moyen-âge, il existait une ancienne place où des marchands venaient vendre leurs marchandises, on sait que les marchands lombards venus d’Italie du nord faisaient partie de la classe des commerçants d’expérience au début de la période capétienne. Ces derniers fréquentaient surtout la ville de Lyon pour ces foires. Très vite les conflits avec le domaine ecclésiastique posèrent problème aux marchands lyonnais dès le début du XIIIe siècle. A force de persévérance dans la qualité de leur travail, les marchands devinrent des prêteurs sur gage, mais aux yeux de l’Église tout prêt d’argent contre intérêt était considéré comme un péché d’avarice, c’est pour cette raison que dès le début du Moyen-âge le pape Léon Ier le grand avait interdit les prêts d’argent par le droit canonique. Avec l’Archevêque Renaud II de Forez à la fin du XIIIe siècle, on s’était même battu en employant les armes, car la charte signée en 1195 sur les taxes des marchandises n’était pas respectée.
La place en question fut contrôlée un temps par les religieux, ce qui permis de limiter les convoitises et un éventuel siège par les Dombes. Les bourgeois avaient décidé de fortifier l’emplacement en élevant une muraille solide au pied de la colline St Sébastien toute proche des lieux. Cette colline dite “pente de la croix rousse”, fut aménagée d’une tourelle de guet pour observer les contrôles au pont du change. Un autre mur beaucoup plus épais, d’environ 2 mètres sur 10 mètres de hauteur, fut construit entre la Saône et le Rhône sur une longueur de plusieurs centaines de mètres. A chaque extrémité un pont-levis fut mis en place puis protégé par des tourelles de guet. Le fossé séparant les deux murailles était de 22 mètres de large. Le lieu digne d’une place forte était probablement parsemé de maisons fortes seigneuriales pour se protéger. La paix fut revenue finalement sous le pontificat du pape Innocent III. En 1247, malgré les restrictions imposées, ce fut le début des banques de prêt grâce au caractère opiniâtre et à l’expérience aiguisée des prêteurs et des agents de crédits, quoi de mieux pour s’enrichir et cumuler de l’argent dans les trésors !
La guerre de Cent Ans arriva en 1337, de nombreux banquiers, prêteurs, riches commerçants, aristocrates, et notables présents dans les environs, périrent de la peste dans les années qui suivirent. En plus de cette cause, le trésor des Terreaux fut probablement caché pendant la durée du siège de la ville lyonnaise. En effet la cité de Lyon, comme tant d’autres aux environs, devait se mettre en défense maximale en 1362 contre des bandes victorieuses des grandes compagnies de “tard-venus”, et d’autres écorcheurs assoiffés d’or, vainqueurs des troupes royales à Brignais. Le péril avait été assez grand pour affoler les riches marchands italiens piégés dans la cité lyonnaise, et n’ayant pas envie de payer les pillards sanguinaires, ou d’aider financièrement les magistrats de la cité à payer rançon obligatoire pour détourner les écorcheurs du sac de la ville de Lyon ; certains avaient probablement caché leur butin.

respectivement ; Avers d’un sol coronat de Provence. – Ecu d’or de
Philippe VI le valois. – Revers d’un florin d’or.

Pièces d’or au Rajasthan

Peu d’informations et des photos de mauvaise qualité pour ce trésor « exotique » découvert au Rajasthan dans la région de Malpura. Comme toujours les autorités ont été les dernières mises au courant de la découverte. Pendant deux mois, plus d’une centaine de personnes ont creusé sur le site d’une carrière de pierres, après les premières trouvailles. La police estime qu’une centaine de monnaies en or frappées entre l’an 250 & 400 auraient été mises au jour, moins d’une dizaine ont été saisies…
Source : pradesh18.com/news/Rajasthan

Le trésor de Charonne

En feuilletant de vieux ouvrages ou d’antiques manuscrits, la chance permet de temps à autre, de lever le voile sur une histoire de trésor, depuis longtemps tombée dans l’oubli. Le trésor de Charonne est l’une de ces chroniques poussiéreuses à jamais irrésolue.

Le quartier de Charonne, aujourd’hui situé dans le XXe arrondissement de Paris, fut, jusqu’en 1859, un simple village rural. Le 16 juin 1859, une loi, promulguée sous le règne de Napoléon III, rattache quelques villages satellites à la capitale. Une partie de Charonne devient officiellement, en novembre 1859, un nouveau quartier de Paris. Une autre portion du village se voit rattachée à la ville de Bagnolet.
Mais notre histoire se déroule bien plus tôt, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle où il y est question d’un « trésor considérable caché dans une partie du jardin du parc de Bagnolet ».
Le parc au trésor fait partie du domaine du château de Bagnolet, embelli, siècle après siècle, par ses propriétaires successifs. Le parc, lui-même redessiné par le jardinier du Roi Louis XIV, Claude Desgots, devient l’archétype des jardins à la française : « Les jardins se composent d’un grand parterre renforcé en boulingrin, entouré de marronniers et terminé par un bassin avec gerbe d’eau ; de chaque côté, de grandes allées avec palissades, boulingrins et bouillons d’eau. Plus loin un bois avec allées en étoile, ruisseau, cascade, labyrinthe et terrasse avec vue sur Vincennes et les environs. Au fond du parc, sur la droite, un belvédère galant : l’Ermitage ». L’Ermitage… Nous allons y revenir.
En 1719, la duchesse d’Orléans, fille naturelle de Louis XIV et de la marquise de Montespan, fait l’acquisition du château et de son domaine. C’est la duchesse qui commandite le pavillon de l’Ermitage, vers 1720, à l’architecte Serin. Le bâtiment n’est pas du goût de tout le monde. Jean-Aimar Piganiol de la Force, historiographe royal en donne cette esquisse : « C’est un salon dans le goût de celui des Bois, pour le grandeur, mais dont le plan et l’architecture sont bizarres et de très mauvais goût ». Légué à son fils à sa mort en 1749, le domaine est morcelé puis vendu en 1769. Finalement, le château se retrouve démantelé en 1771.
De cet immense domaine à cheval sur deux communes, Charonne et Bagnolet, ne restent plus aujourd’hui que le pavillon de l’Ermitage et le parc attenant.

Un trésor à l’Ermitage ?

Fin 1774, Claude-Théodore Mérelle de Joigny, Prévôt de la seigneurie de Charonne et propriétaire du domaine depuis 1772, reçoit par pli une étrange sollicitation. Un boulanger de Versailles, du nom de Jean Maillard, lui demande l’autorisation d’effectuer des fouilles – à ses propres frais – dans le parc de l’Ermitage, afin de mettre au jour un trésor. Ce trésor, s’il venait à être découvert, Mérelle de Joigny pourra en revendiquer un tiers. Ce dernier accepte la demande et les fouilles débutent officiellement le 20 octobre 1774. Le chantier, sous les ordres de Jean Maillard, est toutefois surveillé par le seigneur de Charonne, un procureur fiscal et un commis-greffier. Le compte-rendu de ces fouilles est loin de l’enthousiasme du résultat attendu : « Et après avoir fouillé jusqu’à l’heure de midy, voyant que c’étoit une peine inutile puisque ayant fouillé à la profondeur de trois pieds, ne pouvant continuer qu’à force de pioche, et qu’il étoit presque impossible de pouvoir fouiller plus avant sans faire une dépense immense, M. Thoré, seigneur de Charonne, étant présent, le dit sieur Jean Maillard a résolu de ne pas en aller plus avant vu l’impossibilité et les frais inutiles que causeroit une pareille dépense, a ordonné avec le conseil de mon dit sieur Thoré, de faire remplir la fouille par les mêmes ouvriers qui étoient présents en leur payant leurs salaires ainsi qu’ils étaient convenus ensemble et après avoir payé au sieur Richoux, jardinier de M. Mérelle de Joigny, en la maison ou a été faite la dite fouille, une somme de six livres pour dédommagement. »

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 90

Le trésor de Vincent

De Vincent Van Gogh ! Une nouvelle fracassante pour le monde de l’art, la découverte d’un carnet de croquis (une dizaine) de la main de Van Gogh qui est un des peintres les plus chers du monde, plusieurs de ses toiles ayant dépassé les 60 millions de dollars. On n’en sait pas plus pour l’instant. Le carnet aurait bien été expertisé et reconnu comme authentique, les propriétaires inventeurs, ménagent le suspense espérant sans doute faire exploser sa cote… A suivre.
Source : bfmtv.com

40 kilos de sesterces

Dans le n° 58 de Monnaies & Détections, en juin 2011 on vous racontait la découverte d’un trésor romain à Sainte Mère Église, Calvados, rendue célèbre par un parachutiste américain qui resta accroché au clocher de l’église la nuit du 6 juin 1944… Revenons aux Romains, le trésor fut découvert par un particulier propriétaire du terrain, comme la loi l’exige le trésor fut déclaré et confié à la Drac. Les services archéologiques ont droit à un délai de trois ans pour étudier un trésor…
A l’époque, voir M&D n° 58, les services archéologiques répondaient aux journalistes qui leur demandaient quelle pouvait être la valeur marchande du trésor (sacrilège !) : « on n’en sait rien ! »
Et bien finalement si, on sait ! Le trésor a été acheté par le musée de Caen après cinq ans d’étude, quand même, il ne faut pas être pressé. Valeur des 14 528 sesterces : 18 000 euros, soit en moyenne 1,24 euros le sesterce ! Même sans avoir vu l’état des monnaies, on est tout de même loin des prix pratiqués par le British Muséum… Comme aurait dit Fernand en son temps « ça eu payé, mais ça paye plus ! »
Source : wikiagri.fr

Le trésor du Staffordshire

Découvert en 2009, par un prospecteur anglais, le trésor du Staffordshire n’en finit pas de révéler ses secrets. Après des années de nettoyages et de traitements pour stabiliser les différents métaux qui le composent, les chercheurs commencent à reconstituer cet immense puzzle. Près de 2000 objets ou fragments d’objets. Un pommeau d’épée, unique à ce jour, a été reconstitué, en argent rehaussé d’or et d’émaux, le trésor en contenant plus de 70 plus ou moins complets ! Les chercheurs tentent actuellement de reconstituer un casque de combat, élément très rare pour cette période anglo-saxonne du VIIe siècle, cinq seulement sont connus à ce jour. Le plus célèbre étant le casque de Sutton-Hoo découvert en 1939 lors de la fouille d’un bateau funéraire.


Source : Birmingham Museum Trust