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115.2

Thierry a trouvé cette belle monnaie en or de la province d’Aquitaine tenue par les Anglais. Il s’agit d’un Hardi d’or. Avers : + ED PO GNS REGIS ANGLI PNS AQVITANIE (ponctuation par simple rose). Le roi couronné, debout de face, portant une armure et tenant une épée de sa main droite, le tout dans un polylobe bouleté. (Édouard, fils aîné du roi d’Angleterre, prince d’Aquitaine). Revers : + AVXLLIVM MEVM A DOMINO B. Croix feuillue et glandée portant un quadrilobe évidé en cœur, cantonnée aux 1 et 4 d’un lis, aux 2 et 3 d’un léopard, le tout dans un polylobe bouleté. (Le Seigneur est mon aide). Il a été frappé à Bordeaux (atelier B, 1368-1372) un léger défaut sur la tranche à midi le rétrograde en TTB au lieu du SUP on l’estime à 2600 euros.

Les monnaies d’or de la Guerre de Cent ans (1337-1475)

Le territoire guyennois de l’Aquitaine, l’enjeu principal 

de la guerre de Cent ans

Première partie

La période que nous appelons la Guerre de Cent ans (1337-1453) fut une période de troubles généralisés réagissant les uns sur les autres : guerre de succession, guerres étrangères, guerres civiles, schisme religieux, hérésie, révolutions politiques et sociales, famines, jacqueries, destructions, épidémies, dépeuplement, migrations intérieures.

La civilisation médiévale en sortira transformée.

Il est important de préciser que la France et l’Angleterre occupent alors en Europe une place si importante que leur rivalité ébranle tout.

La Guerre de Cent ans n’éclate pas par hasard dans un monde serein et euphorique. Les difficultés économiques et sociales apparues dès le début du XIVe siècle ne sont pas absentes des origines du conflit.

Les origines de la Guerre de Cent ans 

La Guyenne est le véritable enjeu de cette guerre. Le conflit féodal concernant la Guyenne qui remonte au XIIe siècle (« première guerre de cent ans » entre Capétiens et Plantagenêts) se double d’un conflit dynastique avec l’extinction des Capétiens directs. A la fin du XIIIe siècle, il n’est plus concevable que le roi d’Angleterre s’humilie devant le roi de France en lui prêtant hommage pour la Guyenne : en droit féodal, il s’expose donc à la commise (confiscation de ses terres) pour félonie.

Pour être légalement roi en Guyenne, le roi d’Angleterre doit faire valoir ses droits dynastiques à la couronne de France, cela revient à déclarer la guerre aux rois de France, les Valois. Cette guerre s’inscrit dans un contexte européen où d’autres conflits plus ou moins liés à elle influent sur son déroulement : affrontement anglo-écossais, troubles en Flandre, guerre de succession de Bretagne, guerre de Castille…

Le prétexte de la guerre fut une querelle de droit successoral. 

A la mort de Philippe IV le Bel en novembre 1314, sa succession semble assurée car il laisse trois fils en âge de régner. La paix extérieure a de plus, été consolidée par le mariage de sa fille Isabelle de France avec le roi d’Angleterre Edouard II. De cette union naît Edouard, prince de Galles et futur Edouard III d’Angleterre.

La disparition précoce des fils de Philippe IV le Bel amène son petit-fils, Edouard III, roi d’Angleterre, à revendiquer la couronne de France.

En effet, en 1316, Louis X le Hutin, fils aîné de Philippe IV le Bel, meurt sans laisser de fils. La couronne ne passe pas à sa fille Jeanne de France à cause du principe de la masculinité qui régissait les fiefs, mais successivement à ses deux frères cadets Philippe V le Long (1316-1322) et Charles IV le Bel (1322-1328), puis à son cousin Philippe VI de Valois (1328-1350) suite à « un coup de force ».

Philippe VI de Valois, premier Valois à occuper le trône de France, neveu de Philippe IV le Bel et cousin des trois défunts rois, se fait alors reconnaître roi, en « inventant » une vieille loi des francs saliens, la loi salique, qui excluait les femmes de la succession royale. Il s’agit en fait d’écarter de la couronne la fille de Louis X, celles de Philippe V, et Isabelle de France, épouse d’Edouard II d’Angleterre, et mère d’Edouard III d’Angleterre, ainsi que ce dernier.

En 1327, le prince de Galles, devient roi d’Angleterre sous le nom d’Edouard III. Il est, on l’a vu, le petit-fils de Philippe IV le Bel par sa mère, Isabelle de France, il rappelle donc ses droits à la candidature au trône de France, qu’il trouve plus que légitime, mais elle est écartée par les docteurs en droit et les barons attachés à la Cour royale française.

Edouard III se résigne d’abord et prête hommage, selon le droit féodal, à Philippe VI, à Amiens, en juin 1329, en échange de la restitution totale de la Guyenne, une portion du Duché d’Aquitaine, qui appartient à l’Angleterre depuis 1152 suite au mariage d’Aliénor, duchesse d’Aquitaine avec Henri II Plantagenêt roi d’Angleterre, et dernier lambeau des possessions angevines des Plantagenêt.

La Guyenne fait partie du duché d’Aquitaine ainsi que la Gascogne, le Périgord, le Quercy, le Rouergue, le Limousin et le Poitou. C’est l’un des duchés les plus riches du territoire français.

En 1329, la Guyenne comprend les régions de Saintes, de Bordeaux qui est la capitale et de Bayonne (carte n° 1).

Le problème de la succession semble donc réglé.

Edouard III ne renonce cependant pas à utiliser l’argument d’illégitimité de Philippe VI de Valois pour renforcer sa position contre les Français.

De même, son cousin au second degré, Charles le Mauvais, roi de Navarre, se pose en prétendant à la couronne de France.

En réalité, pour l’un comme pour l’autre, il s’agit de trouver un prétexte leur permettant de se poser en victime du Valois et de justifier ainsi leur rébellion aux yeux du droit féodal et de trouver davantage de partisans.

La Guerre de Cent ans va débuter comme un conflit féodal de plus, mais opposant non pas des seigneurs, mais des souverains. …

La suite dans Monnaies & Détections n° 81