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«Les médailles religieuses ?, chacun sait que les numismates les dédaignent. » (Le guide marabout de la numismatique, Bruxelles 1981).
« Nos médailles de dévotion, intéressantes au point de vue de l’histoire religieuse de notre pays, manquent de caractère artistique ! » (Revue belge de numismatique, Bruxelles 1920).
«  Les médailles religieuses sont réalisées dans un style naïf et sans grand art !, sont indignes d’une étude approfondie et sérieuse ! » (Revue belge de numismatique, Bruxelles 1924).
Voilà comment les médailles religieuses furent traitées et encore de nos jours elles sont totalement absentes des plateaux des numismates, et très rares sont les études qui leur sont consacrées, même les universitaires les dédaignent avec mépris (voir citations ci-dessus), elles sont les recluses de la numismatique pour rester poli…
Le terme médaille, de l’italien medaglia, ne fut employé qu’à partir du XVe siècle et cela avec un sens très ambigu, désignant à la fois des pièces de monnaies hors cours, des pièces de métal frappées pour commémorer un souvenir, un évènement, etc … ou à des médailles de dévotion, pouvant être assimilées aux « emblèmes » prophylactiques dans l’antiquité.
Déjà en usage chez les païens, le port des médailles fut adopté par les chrétiens dès le IIIe siècle. Ces pièces monétiformes pour la plupart étaient destinées à être portée au cou.
Le très petit nombre de pièces examinées au XIXe siècle par l’archéologue italien Giovanni Battista de Rossi proviennent des catacombes de Rome et sont à dater du IIIe au VIe siècle. Ces médailles devaient être apposées sur le ciment à l’extérieur des loculi ou liées au cou des morts. Ces médailles sont en bronze, plomb, bois, etc. et figurent des illustrations gravées de thèmes variés : représentation du bon pasteur, martyre, épisode de l’ancien testament et du nouveau testament, représentation du Saint Esprit ou d’illustration de cultes particuliers propres à la personne portant ces illustrations. Ces pièces comportent souvent le nom de la personne qui devait porter l’objet, suivi du mot « VIVAS » (que tu vives), formule abrégée de l’expression « Vivas in deo » ou « Vivas in Christo ».Les premiers chrétiens utilisèrent également les encollia des « tessères » de dévotion, offertes en offrande personnelle à Dieu, devant les autels des plus célèbres sanctuaires des martyrs.

La suite de l’article dans Monnaies & Détections n°111 …

Les jetons-monnaies des lieux de plaisir

De tout temps, les lieux de plaisir ont attiré la gente masculine, que ce soient les cabarets, cafés populaires, théâtres de boulevard ou les maisons closes appelées aussi : lupanars sous l’Antiquité, maisons des plaisirs au Moyen Age, puis maisons de tolérance ou bordels. 

Les jetons-monnaies de maisons closes

Des dames expérimentées, « prostituées », vendaient leurs charmes dans les maisons closes pour le plus grand bonheur des messieurs. La prostitution (du latin prostituere mettre devant, exposer au public) étant une activité consistant à accepter ou obtenir des relations sexuelles, en échange d’une rémunération ; des jetons-monnaies étaient prévus à cet effet.

Le jeton-monnaie n’est pas une pièce de monnaie bien qu’il y ressemble. En effet, même s’il est le plus souvent rond, métallique, d’un format pratique, souvent orné d’emblèmes du régime en place, parfois daté, il porte rarement une indication de valeur car il n’a pas de cours officiel et n’est pas émis pour la circulation générale.

Les plus anciens jetons-monnaies de maisons closes, les spintriae, furent émis sous l’Empire romain. 

Ces spintriae (singulier : spintria) ou spintriennes ou plus exactement tessères spintriennes sont des jetons de la Rome antique décrivant un symbole ou un acte sexuel.

La prostitution est florissante à Rome où elle se présente sous des formes multiples : les prostituées se trouvent en maison signalée par des bougies allumées pendant les heures d’ouverture, dans des auberges, dans des loges, ou dans la rue, devant les arcades (appelées fornix d’où le terme de fornication) comme devant la porte de leurs domiciles.

Dans les maisons closes, le client peut échanger ses spintriae, contre une faveur sexuelle spécifique. Le recours à ces jetons-monnaies s’explique par l’interdiction d’introduire des monnaies à l’effigie de l’empereur au sein de lieux de débauche.

Les spintriae sont rares et très recherchés en particulier par les collectionneurs et les amateurs de sujets érotiques. Ces jetons, principalement en bronze mais parfois en laiton, représentent toujours à l’avers une scène érotique. Le revers porte un chiffre allant de I à XXI.

L’usage de ces tessères est mal connu. … La suite dans Monnaies & Détections n° 77