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République dominicaine 2e raid

Un an plus tard, je suis de nouveau en vol pour la République dominicaine, l’ile la plus ancienne des Caraïbes conquise par les Espagnols. Je ne suis pas seul, Éric et Daniel m’accompagnent, deux prospecteurs passionnés, qui n’ont pas froid aux yeux et qui m’aideront à mieux cerner et chercher sur les sites que j’ai sélectionné avec l’aide de Philippe, un Français vivant sur place et qui va nous servir de guide.


L’année dernière, il m’était resté un goût d’inachevé à mon retour. L’impression que je ne faisais qu’effleurer et passer à côté des bons spots de prospections. C’est la raison pour laquelle je m’étais dit qu’il fallait être plusieurs pour multiplier les chances de trouver quelque chose (la terre est grande !) et de décider d’y prospecter plus longtemps ou de changer de camp…
Dimanche 1 mai, cela fait 36 heures que nous sommes arrivés à la capitale Santo Domingo. Il faut bien cela pour se remettre du décalage horaire et de la fatigue engendrée par le voyage.
Ce matin, direction Las salinas, un site sur lequel je n’ai pas eu le temps de m’attarder l’année dernière et où j’avais trouvé, en moins d’un quart d’heure, une monnaie espagnole de 4 maravédis frappée pour Santo Domingo de 1515 à 1556, soit quelques dizaines d’années après la découverte par Christophe Colomb ! A trois, nous serons à même de voir rapidement si le champ promet de belles trouvailles. Les sacs de détections chargés, on prend la route avec le 4×4 de Philippe qui va rouler environ deux heures pour nous amener à destination, côté mer Caraïbes et ouest de Santo Domingo.
A peine une heure trente que nous roulons et nous voyons Philippe s’inquiéter en disant : « j’ai un bruit » ; quelque chose ne va pas dans le moteur et cinq minutes après celui-ci se coupe définitivement. Je sens le plan galère, on est là pour 15 jours et la voiture nous lâche au premier jour ? Mes deux compagnons sont plus détendus et observent avec le recul nécessaire la situation, ils en rigolent avec humour. Philippe est un homme plein de ressources, son seul défaut : une voiture capricieuse et un sens de la mécanique à peine au-dessus de celui d’une jeune fille nubile passionnée de broderie… Nous sommes néanmoins en République dominicaine et tout est possible.
Alors que je vois ma journée de prospection fondre comme neige au soleil, un local s’approche de nous et après conciliabule va chercher un mécano, bien que l’on soit dimanche. Ici tout est prétexte à faire un peu d’argent. Le mécano revenu, le verdict tombe : fuite dans une durite de la boite de transmission. Mettre une durite ne pose pas de problème, mais trouver les bidons d’huile pour faire le niveau un dimanche parait surréaliste… Et bien non ! Le mécano va trouver le propriétaire du magasin de pièces détachées, lui fait ouvrir la boutique et achète l’huile correspondante…
On repart après une perte minime d’une heure trente. Le soleil est déjà bien haut dans le ciel quand on arrive sur zone, il fait une chaleur épouvantable. On s’équipe de nos appareils, d’un petit sac à dos avec de l’eau et c’est parti pour une prospection dans le champ du maravédis.
Ce champ doit faire une trentaine d’hectares et il est bordé d’une bananeraie sur sa gauche et d’un coteau pierreux sur le fond, assez raide, qui m’avait attiré l’an dernier mais le temps m’avait manqué pour m’en rapprocher. Je compte bien y aller aujourd’hui ! Et en effet je ne m’attarde pas autour de la ruine et avance en prospectant tranquillement vers le fond. Nous ne nous sommes pas concertés et chacun prospecte où il le décide, Daniel restera plus ou moins autour des murs encore debout et Éric me rejoindra après une heure de prospection vers la bananeraie.

Qui peut se targuer chez les prospecteurs français de prospecter dans des paysages aussi peu conventionnels en Europe ? D’ailleurs Éric promène sa poêle en disant constamment : « que c’est beau ! c’est super ici. » avec un sourire béat figé sur son visage ! On se dirige vers le fond et je trouverai une pièce de dix cents américaine moderne. C’est vrai qu’ici le dollar a la part belle. Le coteau qui m’avait attiré l’année derrière est quasiment improspectable. Il est inutile de s’y risquer, autant élargir la zone en faisant une incursion dans la bananeraie voisine. Éric et moi immortalisons la scène sur pellicule car c’est la première fois que nous prospectons dans une culture pareille. Il est déjà deux heures de l’après-midi, nous serons restés une heure trente à prospecter dans des conditions de chaleur épouvantable.
On préfère s’arrêter et profiter un peu de ce pays, la plage et un poisson grillé nous attendent à dix minutes d’ici et les trouvailles ne sont pas fameuses. Attablés, une bière fraiche devant nous, on fait le décompte de nos trouvailles. Daniel a sorti deux pièces de 4 maravédis et une de 2 maravédis, quelques monnaies modernes et les incontournables déchets habituels. Éric n’a pas fait grand-chose, tout ébloui de sa première prospection dans les Caraïbes et moi j’ai fait une autre monnaie de 4 maravédis et deux ou trois modernes correspondant au pays. Tous les maravédis sont sortis aux alentours immédiats de la bâtisse ancienne… la journée n’est pas finie mais le repas se termine vers les 16 h, la flemme nous gagne. La prospection a trois nous donne un capital de 4h30 de recherche, ce n’est plus la peine de s’attarder sur ce spot, ce qui en sort ne nous fait pas rêver.
Le retour sera encore une péripétie de plus : la voiture retombe en panne presque au même endroit qu’à l’aller… Philippe se fait donc amener par un local, qui vient proposer son service, chez le mécano du matin et il le trouve dans un bar en train de se détendre… La scène suivante nous est racontée par le guide car nous sommes restés dans la voiture sous des trombes d’eau :
« Quand il m’a vu arriver il a fait la gueule et j’ai tout de suite senti qu’il n’avait pas l’intention de bouger. Alors je lui ai raconté un bobard : que vous étiez trois flics français qui enquêtaient sur une affaire dont je ne pouvais parler. Qu’il était responsable de sa réparation et que cela pouvait aller loin dans les problèmes à venir. Il m’a finalement suivi… » Et la vue du mécano allongé sous la voiture dans des rigoles d’eau, car il pleut à torrent, est un moment mémorable ! Il s’agissait encore de la durite dont le collier était mal serré… On aura passé une heure trente de plus à attendre… Le soir le lit nous tendait les bras avec insistance !

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 89