MONNAIES ET DETECTIONS

Pour les passionnés de la détection

Bienvenue sur le Blog Officiel
Monnaies et Détections

Archive pour octobre, 2022

Pieces Rarissimes

Lorsque je reçois cette photo de pièces d’avion, je suis très surpris et même dubitatif. En effet, elles me sont présentées comme celles d’un Messerschmitt 262, et elles auraient été trouvées en France. Or les Me262 s’étant écrasés en France sont rarissimes. Le propriétaire de ces pièces est contacté et il m’explique qu’il les a échangées quelques mois plus tôt à un collectionneur normand.Je suis perplexe, mais une enquête poussée va montrer que ces pièces sont authentiques.

Le Messerschmitt 262,un_oiseau rare

Le Messerschmitt 262 était un jet allemand qui eut une carrière opérationnelle à la fin de la

guerre (à partir d’août 1944). C’était un chasseur bimoteur équipé de turbines Jumo004B. Doté de performances exceptionnelles, il fut dit qu’il aurait pu renverser le cours de la guerre s’il avait été produit plus tôt et mieux utilisé. Il fut construit à 1400 exemplaires, ce qui est peu pour un chasseur de la seconde guerre mondiale (à titre de comparaison, le Messerschmitt 109 fut fabriqué plus de 30 000 exemplaires) et seuls quelques centaines de Me262 furent opérationnels. Lorsque l’Allemagne capitula le 8 mai 1945, les vainqueurs se précipitèrent sur tous les matériels allemands sophistiqués (et les ingénieurs correspondants !) pour s’en approprier les technologies de pointe. C’est ainsi qu’un certain nombre d’avions allemands furent convoyés à Cherbourg pour être chargés sur un porte avions et envoyés aux Etats-Unis. Cette escadrille était baptisée « Watson’s Whizzers », du nom de son« patron », le Colonel Watson.

Notre avion_: «_Happy_Hunter_II_»

Le Me262 « Happy Hunter II » était un avion quasiment unique : il était équipé d’un canon de 50 mm. Deux exemplaires seulement de Me262 furent ainsi modifiés. Happy Hunter II portait le numéro de série (« Werknummer ») 170083. Initialement baptisé « Wilma Jeanne » (1), il fut rebaptisé « Happy Hunter II » (2). Le 30 juin 1945, il fut convoyé vers Cherbourg par un pilote allemand, Ludwig Hofmann (3). Aux environs d’Evreux (carte), l’une des turbines prit feu, les commandes de vol se dérèglèrent et le pilote sauta in extremis en parachute. Il survécut, contusionné, et l’avion explosa dans un champ. Rapidement, l’armée américaine évacua les débris de l’appareil, nettoyant particulièrement bien la zone, l’appareil ayant une vraie valeur stratégique…

Défendons notre loisir

Vu sur M6 un mini reportage commandité par l’Happah datant du 18 juillet 2022

On y voit une chasse aux jetons interrompues par les gendarmes commandités par un conservateur local qui a tellement honte de lui (ou peur, allez savoir !) qu’il refuse de répondre aux questions du journaliste et à celles de l’organisateur et a demandé à ce que son visage soit flouté sur le reportage.
C’est vous dire comment le mec il assume. Il serait bien de prendre contact avec l’organisateur qui doit savoir comment s’appelle ce conservateur et de l’interpeller via les commentaires sur la page Facebook de ce reportage M6… Je suis sûr qu’il apprécierait et ses collègues aussi.
Le reportage rebondit sur un interview de Desforges le président de l’Happah, là, bien sûr rien de nouveau ! Même son de cloches depuis des années. Mais étudions le contexte de ce reportage.
Desforges est dans un champ cultivé et ramasse des débris de poteries, le champ n’est pas classé site historique et il parle des pillages faits au détecteur sur ce site. Ok le paysage est posé et voici ce que nous devons tous rétorquer en commentaires sur les réseaux sociaux et vous pouvez vous inspirer de ce texte en citant la source.

1 : Il n’y a plus de couches archéologiques et les archéologues enlèvent aux bulldozers cette strate remuée par les engins agricoles pour travailler dessous sans se préoccuper de ce qu’il pourrait y avoir dans la couche enlevée. Nos détecteurs, dans 99,99 % des cas ne vont pas au-delà de la couche travaillée par l’agriculteur donc nous n’interférons jamais avec l’intérêt des archéologues quand nous prospectons un terrain agricole.

2 : Tous les objets archéologiques, petits et grands, incluant tous les métaux sans exceptions ou autres matières (verres, poterie, os, pierre) sont attaqués chaque année par les produits chimiques déversés par
les agriculteurs, oxydant de manière irrémédiable la plupart des métaux. Les engins agricoles ne sont pas en reste et déchiquètent petit à petit et à chaque passage un peu plus le moindre artefact dans le sol cultivé. Le prospecteur qui ôte une trouvaille de ce sol sauve cet objet d’une destruction irrémédiable.

3 : En Angleterre, l’archéologie officielle a commandité une étude scientifique pour analyser la vitesse de destruction des objets archéologiques dans les champs cultivés. Cette étude s’appelle : « les effets des labours sur les artefacts enfouis » par Julian D Richards et D. Haldenby. L’étude s’est faite sur une dizaine d’années et le résultat fut à ce point inquiétant que je vous cite un extrait de la conclusion : « De manière cruciale, les résultats montrent que le niveau de fragmentation des artefacts récupérés augmente avec le temps. Le labour est la cause principale de la dégradation complète des artefacts métalliques. Et donc la récupération par détection de métaux (bien que certains soient destructeurs) est préférable à l’alternative de ne rien faire… » Lien de l’étude anglaise : https://eprints.whiterose.ac.uk/42708/1/

4 : Pourquoi le petit soldat ignare et médiatique de M6 interroge Desforges sans interroger l’autre camp qui aurait pu faire valoir tous ces arguments recevables pour le téléspectateur ou le citoyen totalement étranger à ce débat spécifique ? Parce qu’on ne peut plus faire confiance ni à la télévision ni aux journaux mainstream qui ne font que rabâcher la parole officielle sans ouvrir de débat constructeur. On sait maintenant que les journalistes ne font plus qu’annoncer les dépêches officielles de l’AFP sans avoir les moyens de développer une analyse constructrice et contradictoire du sujet. Alors, à la lecture de cet article, cher Monsieur le citoyen lambda, quand vous verrez un prospecteur dans un champ, au lieu de penser que c’est interdit comme on essaye de vous le faire croire, dites-vous qu’il participe au sauvetage du patrimoine commun et félicitez-le…

Gilles Cavaillé
rédacteur de la revue Monnaies&Détections

ps


PS : pour ceux qui veulent récupérer ce texte et le publier systématiquement sur les réseaux sociaux dans un autre cas de figure que ce reportage de M6, faites un copier coller et mentionnez la source: https://www.monnaiesdetections.com/

detecteurs de métaux, numismatique, défense du loisir de la detection