MONNAIES ET DETECTIONS

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Monnaies et Détections

Catégorie : Actualités

Le site archéologique du Vernai, à Saint-Romain-de-Jalionas (Nord-Isère), a été gravement endommagé par un acte de pillage : environ 60 trous ont été creusés dans une zone de fouilles, vraisemblablement après repérage à l’aide de détecteurs de métaux. Selon Robert Royet, archéologue supervisant les fouilles depuis les années 1980, cette action a provoqué la destruction irrémédiable de vestiges très rares, notamment d’une zone de dépôts rituels gallo-romains contenant céramiques, objets métalliques, et restes alimentaires. Ces objets, enterrés à faible profondeur, sont précieux non seulement en eux-mêmes, mais surtout pour leur contexte archéologique, indispensable à la compréhension des pratiques cultuelles antiques. Creuser ainsi détruit les couches de terrain stratifiées, essentielles pour l’étude scientifique du site. Une plainte a été déposée, et Royet appelle les passionnés de patrimoine à rejoindre les fouilles légales au lieu de commettre des actes de vandalisme déguisés en passion. Cet article résumé provient de France bleue par  Noemie Philippot et publié le 9 avril 2025. Il est bien sur intolérable que des archéologues travaillant sur un site voient celui-ci perturbé par des prélèvements sauvages. Je lis régulièrement les commentaires sur les groupes de détections et je peux déjà donner la réaction de ceux-ci : « ces gens-là détruisent l’image des prospecteurs ! On ne fera pas changer les mentalités avec de tels comportements » etc. etc.

Mais je vous propose un débat d’un point de vue radicalement opposé au consensus général habituel : comme toujours dans 99% des cas, l’article est à charge contre les prospecteurs, il suffit de prendre le titre : « Des vestiges « rarissimes » détruits sur le site archéologique du Vernai à Saint-Romain-de-Jalionas », ensuite la journaliste parle des mottes d’herbes retournées (ce qui implique  qu’ils n’ont pas détectés uniquement sur le chantier) Expliquez-moi  pourquoi la journaliste utilise le terme de « vestige rarissime » pour un morceau de métal prélevé? Vous et moi savons que le moindre  bout de tôle de bronze et d’aluminium informe sonnera aussi bien que la statuette du dieu Jupiter  période gréco romaine… La journaliste ne connait pas le pourcentage de déchets modernes déterrés même sur un site archéo…Elle est dans l’ignorance totale des trouvailles des prospecteurs (ils devaient au moins être deux car soixante trous de nuit dans un contexte interdit serait un exploit pour un seul prospecteur.) On est donc comme toujours sur un article à charge car les journalistes, de nos jours, n’ont pas d’esprit critiques vis-à-vis des autorités et ne font que reprendre le discours officiels des archéologues pour lesquels la prospection est strictement interdite et les prospecteurs des hors la loi. Hors la loi! Le mot est là ! Et les deux gonzes qui sont allés de nuit prospecter ce chantier de fouille ont dû se dire, qu’il y a moins de danger à prospecter un chantier de fouille  la nuit que le champ du voisin de jour avec son autorisation car de toutes manières, on est considéré comme hors la loi par tous ces intégristes vivant de l’argent du contribuable.

Je ne vais pas m’embarrasser de formules consensuelles : je n’approuve pas ce qui s’est passé au site du Vernai, mais je comprends parfaitement ceux qui l’ont fait.

Moi-même, passionné de prospection et de numismatique, je n’ai jamais creusé sur un chantier de fouille. Mais à force d’être méprisés, criminalisés, ignorés, Je comprends que certains finissent par réagir autrement. Et je le dis sans détour : je ne crois plus au dialogue. La loi sur le patrimoine de 2016 est une hérésie, conçue par des technocrates hors sol qui ne connaissent ni le terrain, ni la passion des gens qui, depuis des décennies, redonnent vie à l’histoire de notre pays, objet par objet. Cette loi n’a pas été faite pour protéger : elle a été faite pour contrôler, confisquer, centraliser, au nom d’un ministère qui croit pouvoir mettre la main sur tout ce qui est enfoui, y compris dans votre propre jardin. Alors oui, quand on est traité de pilleur simplement parce qu’on a un détecteur de métaux, quand on est menacé pour avoir déclaré une trouvaille, quand on voit ses objets saisis au lieu d’être reconnus pour leurs valeurs patrimoniales, il y a un moment où la coupe est pleine. Ne vous étonnez pas, dans ce contexte, si certains choisissent désormais de ne plus rien déclarer, de vendre discrètement à l’étranger, ou de fondre les objets en or pour en tirer la valeur brute, purement métallique. Ce sont des gens poussés à bout, qui ont compris que dans ce pays, seule l’action radicale et le rapport de force font bouger les lignes. Car rien d’autre ne fonctionne. Il ne s’agit plus de discuter, de participer à des commissions ou de tendre la main. Cela a été tenté en vain. Aujourd’hui, la seule chose que comprend l’administration française obèse, c’est la perte sèche. Quand l’État commencera à réaliser qu’il perd des milliers d’objets chaque année – rentrés dans des collections particulières sans étude préalable, vendus sous le manteau, ou transformés en lingots – alors peut-être qu’il comprendra qu’une loi imposée sans intelligence mène à l’autodestruction du patrimoine qu’elle prétend défendre. Ce n’est pas une revendication. C’est un constat. Les archéologues du nord de l’Europe, tout aussi bien formés et légitimes  que les archéologues français, (Danemark et Suède, pour élargir l’habituelle référence aux anglais), ont compris que les prospecteurs étaient des auxiliaires précieux pour faire avancer nos connaissances. Et si rien ne change en France, alors ce qui s’est passé au Vernai,  n’est peut-être qu’un début…

La position des archéologues français démontrent particulièrement un fait grave : ce n’est pas une question de savoir qui est en jeu, c’est une question de pouvoir !

Gilles Cavaillé

Détection et Patrimoine: le modèle danois

Etant d’origine danoise, mais résidant dans le sud de la France, je pratique la détection de métaux depuis plus de 20 ans, dans les Pyrénées. Nous avons la chance de pratiquer notre activité dans un cadre magnifique, sur les sites de combats Révolutionnaires, du Premier Empire, guerres Carlistes et guerre civile espagnole. Nous explorons aussi le chemin de Saint Jacques de Compostelle millénaire, ou les cols où sont passés des générations de marchands et de contrebandiers. Une pensée à tous nos ancêtres ayant parcouru ces sentiers et ces voies de passage, pendant des siècles avant nous. Côté français, nous nous faisons discrets, mais n’avons jamais eu de problèmes. Côté espagnol, Guardia Civile, Policia Nationale et Policia Foral nous font la chasse, et nous attrapent de temps en temps avec amende à la clef et retour dare-dare en France. Je me rends chaque année au Danemark, dans une maison située sur l’île de Langeland, mais je n’ai commencé à prospecter autour de ma résidence que récemment, et cette année j’ai décidé de me mettre en conformité avec le règlement danois sur la prospection. Je vous en donne les clefs ci-dessous. La prospection au détecteur de métaux est fortement encouragée par les musées et les archéologues danois. Pour vous donner de suite une idée de leur fonctionnement, voici un petit message que le curateur du Musée National de Copenhague, la plus haute autorité archéologique du pays, m’a adressé : « Den lovgivning vi har om detektorbrug i Danmark er en gave til arkæologien og forskningen heri. Der er mange lande, hvor genstande går tabt eller bliver handlet både illegalt og legitimt. Men det betyder at der er meget viden som ikke finder vej til museerne og forskerne – det er rigtig trist. Og Frankrig er nok ingen undtagelse nej – der er helt sikket meget spændende at finde både i jorden og i folks privatsamlinger. Med venlig hilsen / Best regards Jonas Johansen Museumsinspektør / Curator » Traduction : « La législation dont nous disposons sur l’utilisation des détecteurs au Danemark est un cadeau pour l’archéologie et la recherche dans ce domaine. Il existe de nombreux pays dans lesquels des objets sont perdus ou échangés illégalement et légitimement. Mais cela signifie qu’il y a beaucoup de connaissances qui ne parviennent pas aux musées et aux chercheurs – c’est vraiment triste. Et la France ne fait probablement pas exception, non : il y a certainement beaucoup de choses passionnantes à trouver, tant dans le sol que dans les collections privées. Salutations Jonas Johansen, inspecteur du musée / curateur » Ils considèrent que les prospecteurs contribuent par leurs découvertes à la préservation des vestiges historiques, à la découverte de nouveaux sites archéologiques et à la cartographie du passé national. Lors de ma première visite au musée local de Langeland, pour remettre UNE fibule planiforme, l’archéologue Asbjorn H. Andersen m’a accueilli très cordialement, m’a remis un document (voir ci-dessous) qui vous accompagne dans le démarrage de votre activité de détection, qui vous explique vos obligations, vous donne les bonnes pratiques, les procédures de déclaration de trouvailles. Il m’a vivement encouragé à poursuivre mon activité, à me rapprocher des associations locales (HARJA) et m’a surtout recommandé de déclarer mes découvertes sur le site DIME.

Dime

DIME (pour Digitale MEtaldetektorfund qui se traduit par trouvailles au détecteur à métaux digitalisées). https://www.metaldetektorfund. dk/ny/ DIME est une plateforme numérique d’enregistrement des découvertes archéologiques réalisées par des particuliers. DIME peut être utilisé pour enregistrer toutes les découvertes archéologiques, mais est le plus souvent utilisé pour les découvertes réalisées à l’aide d’un détecteur de métaux. – Utilisé par plus de 2600 archéologues amateurs. – Coopère avec 29 musées archéologiques au Danemark. – Fonctionne comme une collection numérique et un musée avec 300.000 trouvailles.

la suite sur la revue N°140 de monnaies et Détections

C’est Noël!

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Carnet de défense des prospecteurs français

Dans la droite ligne des preuves pouvant vous apporter des éléments de défense juridiques, on rajoute cet article de l’INRAP qui conforte par écrit leur méthode de travail de décapage de la couche de terre qui ne les intéresse pas et où nous intervenons majoritairement avec nos détecteurs.  Ceci permettant d’opposer à un juge le sempiternel refrain de « destruction de couche archéologiques »

 A classer et à transmettre à ceux qui ne veulent plus être les dindons de la farce.

https://www.inrap.fr/les-archeologues-et-les-demineurs-reactivite-confiance-et-collaboration-5339

Il était un fois une influenceuse

Bonjour

Lu dans la Provence du 2 décembre Ça peut débuter un peu comme une fable de la Fontaine;

Il était une fois une influenceuse

Qui partait avec son détecteur de métaux

Et devant ses découvertes, elle creuse

puis, fière s’expose sur les réseaux sociaux…

Joël

« Il était une fois, dans le pays de France, Des juges sévères, sans aucune clémence. Trois pièces romaines, un Louis d’or trouvé, Conduisent à des peines, la rigueur sans pitié.

Pourtant, dans ce même monde judiciaire, Des multi-délinquants, source de colère, Libres sans condamnation, malgré leurs crimes, Laissant la population dans un triste abîme.

Deux poids, deux mesures, la population s’alarme, Les jugements divergent, et le malheur désarme. Un sentiment grandit, d’injustice profonde, Il est temps d’agir, réclamant une onde.

La France interpelle, s’inquiète et demande Une justice équitable, sans que rien ne commande. Ces juges, bienveillants ou sévères, égarés, Doivent offrir à tous, un jugement équilibré. »

 Au-delà de ce petit exercice poétique sans prétention pratiqué pour répondre à Joël ,on retiendra trois choses de cet article bien tourné, dans le listing de ses trouvailles, un louis d’or soit une valeur de 350 euro sur un total de valeur historique de 440 euros soit un différentiel pour les monnaies et objets archéologiques de 90 euros , autant vous dire que dans les objets archéologiques  retenus , il devait y avoir des clous d’hypo-sandales  a la tonne….  Et la procureure parle de « vestiges inestimables » Comment se foutre de la gueule des français ? Alors que l’on est payé par ces mêmes français ! Et l’avocat de la DRAC, Monsieur Antiq (non non, cela ne s’invente pas !) estime que le fait de posséder trois détecteurs est un fait factuel de pillage ! Il est évident qu’il est dans son rôle et qu’il utilise toutes les ficelles, mais est ce que l’on traite de braconnier tout chasseur possédant plus d’un fusil de chasse ou tout pécheur ayant plus de deux gaules dans son patrimoine ? L’avocat de la défense aurait pu dégonfler cela très simplement. Quand à Xavier Delestre, on le sait, il n’a jamais été à la hauteur de son poste et se contente de tâches subalternes que se farcissent  d’habitude tous les stagiaires.

Quand je vois ce qui se passe dans ce pays, j’ai de plus en plus de mal à payer mes impôts…

Gilles Cavaillé

Carnet de défense des prospecteurs français

Argumentaire couche archéologique

Le journal Le Bien Public du 23 septembre 2023 a publié un article concernant les fouilles archéologiques d’Alésia qui est en lui-même très parlant : https://www.bienpublic.com/culture-loisirs/2023/09/23/fouilles-archeologiques-on-en-sait-desormais-plus-sur-le-site-d-alesia

Le journaliste, peu au courant de l’hypocrisie de nos fonctionnaires de la culture, se fend d’un commentaire tout à fait anodin en relatant le mode opératoire :« Après avoir décapé la couche de terre végétale pour atteindre le niveau archéologique du sol sur une surface de 80m², Olivier Mignard, aux commandes de sa pelle hydraulique, poursuit ici le travail, sous la conduite de Mathieu Ribolet et Fabienne Creuzenet, coresponsables du chantier de fouilles (sur la photo, en bleu, au milieu du groupe). Photo B. Isabellon »

 » Après avoir décapé la couche de terre végétale pour atteindre le niveau archéologique du sol

Voilà qui est dit ! »  Cette couche est systématiquement rejetée par les archéologues et entassée en remblais dans un coin car elle ne représente aucun intérêt pour eux.

Jusqu’à présent, nous utilisions cet argument pour la défense de notre loisir, mais les archéologues rejetaient tout en bloc. Aujourd’hui, ce texte et ces photos nous donnent la preuve de ce que nous affirmons depuis des lustres. Je suis persuadé que le premier avocat venu peut utiliser en la faveur de son client prospecteur attaqué en justice ce document irréfutable. Conservez cette note et ce lien, nous avons fait des copies de sauvegarde au cas où le lien viendrait à sauter.

Merci à Serge pour ce lien qu’il nous a fait parvenir.

La lente dégénérescence de l’espèce humaine

Au XIX° siècle, nombre de personnage sont devenus illustres pour l’avancée des connaissances archéologiques qu’ils ont suscitées par un travail acharné, une passion évidente pour leur métier et une envie d’accroitre les connaissances générales et culturelles pour la population. Ainsi plusieurs  noms font parties du panthéon des archéologues et de l’humanité: Schielmann est considéré comme le père de l’archéologie classique. Mariette a fondé le service de l’antiquité de l’Egypte et a travaillé sur la préservation des sites du pays notamment Saqqarah. Le nom d’Edouard Lartet est connu de tous les préhistoriens au même titre que celui de Jacques Boucher de Perthes. Pour tous ces personnages célèbres, combien ont œuvré dans l’anonymat sans récolter la gloire de leurs illustres collègues ?

 Il me plait de faire un parallèle entre les travaux de ces anonymes du XIX° siècle et nos minables fonctionnaires de la culture d’aujourd’hui. Pour ce faire nous allons nous intéresser à Monsieur Ludwig Muller.  Pourquoi ce Monsieur ? Une monnaie Africaine, un bronze de Camarata a été identifié dans le précédent magazine. Cela a été possible grâce au livre de « numismatique de l’ancienne Afrique 1860 écrit par Ludvig Muller (1809-1891) Numismate, archéologue, docteur en théologie. – Directeur du cabinet des médailles du Musée de Thorvaldsen, Copenhague. Müller fut le premier inspecteur du musée Thorvaldsen depuis son ouverture en 1848 jusqu’à sa mort en 1891. À partir de 1838, il s’occupa de cataloguer les collections de Thorvaldsen et le résultat fut publié en 1847-1850 dans une série de catalogues des différentes parties du musée.  Parallèlement à son emploi au Musée Thorvaldsen, il cultive la numismatique et publie plusieurs ouvrages majeurs sur les monnaies anciennes. En 1865, il devient directeur de la collection de monnaies et de médailles. Frère du peintre Adam Müller. Ludwig est enterré à Assistens Kirkegård à Copenhague à côté de son frère.

Dans son ouvrage, il relate l’historique de la conception de ce catalogue numismatique. On découvre ainsi que le roi du Danemark Christian VIII avait chargé deux savants, MM Falbe et Lindberg, en 1843 de publier un ouvrage sur les médailles de l’ancienne Afrique. Une annonce faite dans les quotidiens permettait d’entrevoir un aperçu des recherches de M Lindberg sur les monnaies puniques et invitait les conservateurs de collections publiques ainsi que les collectionneurs  à envoyer au cabinet royal de Copenhague des empreintes de toutes les monnaies appartenant à l’ancienne Afrique et qui seraient à leurs dispositions. Les empreintes affluèrent de tous les pays, ainsi  Falbe dressait le catalogue et Lindberg composait les commentaires de chaque empreinte. Hélas, Lindberg fut nommé à un poste qui l’éloignât de la capitale et Falbe mourut peu après. En 1857, Lindberg, délivré de ses obligations, se proposait de reprendre les travaux mais la mort vint le ravir à la science. Le gouvernement danois ne voulut pas abandonner un projet qui avait exigé beaucoup d’heures de travail et auquel on s’était vivement intéressé en d’autres pays. C’est pourquoi Ludwig Muller fut mandaté pour reprendre les travaux

Celui-ci explique dans son ouvrage que Falbe avait rédigé un catalogue sur la Cyrénaique en Français et que Lindberg commentait les empreintes papiers en danois. Empreintes, rappelons-le, envoyées par des collectionneurs privés et conservateurs publiques de collection de tous les pays. Il signale aussi que beaucoup de gravure sont faites sur du bois  d’après les monnaies originales. Enfin les travaux de Lindberg et Falbe se sont échelonnés sur plus de douze ans. Alors même qu’il pensait n’avoir qu’a mettre en forme les travaux de ces prédécesseurs, Muller s’est très vite rendu compte qu’ils étaient déjà dépassé par les nouvelles « mise à jour » des savants et les découvertes faites entretemps qui remettaient pas mal de choses en question. Il s’est donc résolu à tout reprendre à zéro.

Imaginez-vous devant des milliers d’empreinte papier, peut-être pas toujours faites dans les règles de l’art, ainsi que de gravures sur bois pouvant différer et être mal interprétées, notamment au niveau de la légende par un graveur, de la somme colossale du travail à accomplir ? Des innombrables déductions à faire pour la nouvelle classification du catalogue ? C’est l’un des douze travaux d’Hercule !

Pour être sûr que son ouvrage soit le plus complet possible, Muller fit insérer de nouveaux dans les bulletins numismatiques de divers pays de nouvelles annonces pour récupérer les empreintes des dernières acquisitions des collectionneurs et conservateurs de musée. Il s’est aussi rendu à Paris pour  examiner le cabinet impérial réputé pour la richesse de sa collection. Il a été autorisé aussi à pénétrer dans les locaux du Duc de Luynes ou il a trouvé à foison de riches matériaux pour la numismatique africaine et surtout punique. Enfin il a remercié personnellement les plus gros collectionneurs privés qui avaient envoyé un nombre impressionnant d’empreintes, à savoir, Mr Rollin de Paris,  feu Mr Welzl de Vienne et feu Mr Fontana de Trieste

 Il en résultat l’ouvrage suivant : Numismatique de l’ancienne Afrique Tome I II et III et supplément dans lequel est indiqué après chaque description de monnaie : la dimension selon l’échelle de Mionnet, la division et le système monétaire pour les monnaie d’argent et d’or. Le multiple et la fraction des espèce : les systèmes asiatiques  attique et phéniciens, le poids en gramme français, ou le numéro comprend plus de deux ou trois pièces dont le poids est connu et différent (le plus haut et le plus bas poids sont notés) l’astérisque qui renvoie à la table des poids et le degré de rareté de la monnaie qui peut être déduit du nombre d’exemplaires étudiés…  tout cela pour les mille six cent à mille huit cent monnaies relevées dans le catalogue. Et aujourd’hui encore son ouvrage nous a permis  d’identifier une monnaie que le web n’a pas pu nous fournir. Ce travail a été fait au milieu du XIX° siècle, il n’y avait guère que la poste pour demander un complément d’information sur telle monnaie, pas de téléphone, pas encore le télégraphe et surtout pas d’écran d’ordinateur…

Justement la transition est toute trouvée avec le fonctionnaire de la culture d’aujourd’hui et son écran d’ordinateur. Prenons par exemple, Xavier Delestre parce que je l’aime bien. Son nom nous est connu parce qu’il s’en prend directement à notre loisir. Il a réussi à se faire inviter dans les médias grâce à cela, mais tranquillisez-vous, il n’est connu que de la seule population qu’il hait et dénonce  à cris d’orfraies dans les médias de gauche dont il a l’oreille, il ne lui manque que la barbe pour passer au stade supérieur de l’intégrisme culturel. Or donc ce monsieur a publié une vingtaine d’ouvrage  qui sont passé  inaperçus, certainement noyés dans la multitude publiée chaque année. Il reste l’auteur d’un pillage du patrimoine en France qui est le résultat d’heures passées devant son ordinateur à surveiller  les ventes d’eBay et des réseaux sociaux communs aux prospecteurs. Point n’est besoin d’être conservateur pour ce job, un simple stagiaire sans formation est suffisant mais c’est son Graal, son ouverture aux médias, toujours friands d’articles qui font vendre. Ce ne sont pas ses autres ouvrages tels que   Glanum et autres qui lui ont permis de passer à la TV. Non le pillage du patrimoine est, on peut dire, sa réussite littéraire, son travail reconnu : Clic droit  copier, clic gauche enregistrer plus petit commentaire en dessous de l’image et une page de plus pour l’ouvrage et l’œuvre de sa vie. Je ne crois pas qu’il faille en rajouter, tout est dit.

Gilles Cavaillé

Couverture 133 de déc-Jan 2024

nouvelle formule , qu’en pensez vous?

Destructions et abandons du patrimoine, Acte II

Dans le n°131 d’août-juillet 2023 de la revue, dans la partie actualité, à la page 12, la
rédaction a publié un communiqué de presse pour le moins interpellant concernant une
destruction de patrimoine à Carnac, en Bretagne

Cette situation n’est hélas qu’un cas parmi d’autres. En effet, en juillet de cette année, je suis tombé sur un article concernant la découverte d’un très vaste temple sanctuaire dédié au dieu Mars-Hullo découvert du côté de Rennes. L’article raconte la découverte, les fouilles et objets découverts sur le site. Et en fin d’article, stupeur, l’archéologue précise, et je cite : « le site va être rendu à sa vocation première : accueillir un lotissement » et concernant les découvertes, « on espère pouvoir les admirer un jour, un musée est en cours de discussion ».
Autant dire que ces objets vont pourrir dans une sombre et lugubre réserve où ils seront oubliés de tous jusqu’au moment où dans un futur et lointain inventaire, les plus beaux de ces objets recevront la mention officielle : « disparu de la collection » … Et que dire de cette manchette concernant un autre patrimoine de l’histoire de France qui se retrouve dans une collection privée et non une collection d’état, par faute de moyen pécuniaire ? En résumé, la France n’a absolument pas les moyens pécuniaires pour conserver son patrimoine, courbe l’échine devant les promoteurs immobiliers et les très riches collectionneurs privés. Il est plus facile de spolier les nouveaux propriétaires avec cette infâme loi de 2016. Cela ne coûte rien à l’état… pauvre France. Alea jacta est

Sources :
Collectif, « Actualités, dans Guerres et Histoires », n°73, juillet
2023.
Collectif, « Trésors mythe et réalités », 2005.
Note : ce n’est pas la première fois que l’État français laisse ainsi le patrimoine filer à l’étranger. Le cas du trésor de Pimprez dans l’Oise, fut ainsi exporté en Angleterre, car les spécialistes
du cabinet des médailles de Paris ne trouvèrent aucun intérêt numismatique à ce trésor qui contenait plusieurs inédits. Les Anglais en rigolent encore.

Ce serait dommage de le manquer pour un Français car il est très aisé d’aller le contempler.
Inutile d’être Phileas Fogg : 24 heures suffisent et non quatre-vingt jours.

Au départ de Paris, un train vous mène directement de Montparnasse à la gare de Granville. Là, un bateau (40 mn à pied de la gare ferroviaire à la maritime) vous mène directement de Granville vers Saint Hélier en une heure vingt. A Saint Hélier, plusieurs bus vous mènent, en moins d’un quart d’heure, vers la Hougue-Bie, le lieu où est mise en valeur la découverte de soixante-dix mille monnaies celtiques faite en 2012. Tel un notaire, il est avisé d’écrire le nombre en toutes lettres, tellement il est impressionnant. Au même endroit, il avait été trouvé deux-mille cinq cent monnaies celtiques en 1957. Ce sont des détectoristes qui y retournèrent au XXIe siècle avec de nouvelles idées et de nouveaux matériels. Car, contrairement aux musées français, la Hougue Bie, qui se trouve dans cette Normandie anglophone que sont les Channel Islands, met en valeur le détecteur de métaux. Ajoutons que les employés sont sympathiques. Interviews des détectoristes, description de leurs méthodes, photos de ceux-ci en action, rien ne manque ; particulièrement si vous achetez le petit ouvrage en français qui raconte la découverte du trésor de “Câtillon II”. Huit £ environ puisque, sur l’île de Jersey, on n’utilise pas l’euro mais trois monnaies différentes : la livre anglaise, la livre jersiaise et la guernesiaise. Toutes trois….

La suite de l’article sur Monnaies&Détections 131.