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Monnaies et Détections

Catégorie : Histoire

Les fibules ornées d’oiseaux, de chevaux ou de masques humains

Suivi d’une correspondance avec les fibules à ailettes (Essai)

Quand on observe les fibules dites « kräftig profilierte » (profil trapu), on remarque que ces artefacts provenant d’Europe Centrale et datant du 1er siècle présentent effectivement une bonne impression de solidité sous un aspect paraissant rustique, mais des variantes nous proposent aussi de grandes finesses d’exécution et des surprises singulières.
Au delà des classiques le plus souvent à décor simple, les fibules dites « en ancre » (mais ce sont peut-être des cornes ou des antennes) nous offrent quand même une grande variété… Quand on tourne ou retourne la fibule suivante, il apparaît un animal aux yeux grands ouverts, ou bien n’est-ce que de l’imagination ?

Sur celle-ci le profil est classique.

Mais vue de face c’est d’un seul coup une découverte étonnante : un masque humain digne de l’art africain mais avec une coiffure ressemblant tout à fait à la Vénus de Brassempouy.

À comparer : une autre fibule avec un masque sur l’arc elle aussi, dommage son ressort a disparu.

Plus rares, les fibules à visage humain en relief sur l’arc.

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Les reliques de Jeanne

Jeanne d’Arc, personnage emblématique de l’histoire de France, qui pourtant ne fut réellement reconnue comme telle que très tardivement, et plus exactement dans les années 1870-1871, années terribles pour la France de Napoléon III, battu et humilié sur son propre sol par l’armée de Prusse, et cela en 5 mois et demi ! Pire encore, le 18 janvier 1871, l’empire allemand est proclamé à Versailles, le 26 janvier l’armistice signé à Versailles, et l’ultime humiliation le 10 mai, avec le traité de Francfort, l’Alsace-Moselle est annexée !, et de plus, la France versera entre 4 et 5 millions de pièces d’or de 20 francs à l’Allemagne, pour l’entretien des armées d’occupation !
Après cela, le monde politique, académique, des arts, les historiens, le monde militaire et populaire regrettent de concert l’héritage de Clovis et de Charlemagne, ces barbares germaniques, la France humiliée se cherche de nouveaux héros, et surtout, une nouvelle identité et de nouveaux ancêtres moins germaniques que les Francs ! C’est ainsi que naîtra le « Roman National Français », et la soudaine apparition d’un prince gaulois totalement inconnu de tous ! Il en sera de même pour Jeanne d’Arc, véhiculant l’image de la guerrière ayant « vaincu » les Anglais, et surtout ayant rendu le trône de France au dauphin Charles VII.
La France meurtrie a besoin de nouveaux héros, et Jeanne d’Arc en fera partie. A partir de cette époque, les objets à l’effigie de Jeanne d’Arc deviennent légion, et cela, sous toutes sortes de formes ! car de Jeanne d’Arc, il ne reste rien !
Selon les récits de l’époque, le bourreau fera brûler à trois reprises les restes, afin que rien ne reste de son corps, les cendres jetées dans la Seine, ainsi que son cœur et ses entrailles. Il ne reste ainsi aucune relique de la Pucelle… et encore moins de tombe… Et pourtant, certaines reliques sont apparues, la dernière en date étant la soi-disant bague de Jeanne d’Arc !, achetée plus de 300 000 euros !
Mais avant d’aller plus loin, c’est quoi exactement une relique ?

Les reliques

Dans la religion chrétienne, le culte de latrie est réservé à Dieu, le culte d’hyperdulie est réservé à la Vierge Marie, le culte de dulie est réservé aux saints. Il revêt deux formes, la vénération et l’invocation.
Il faut distinguer plusieurs sortes de reliques. La première concerne les ossements, les cheveux et le sang. La deuxième rassemble les reliques ayant appartenu à un saint ou bienheureux, vêtements, ustensiles de la vie courante, instruments de pénitence, de sa captivité ou de son supplice. La troisième catégorie réunit les reliques « représentatives », les objets contenus dans les reliquaires, parce que proches des autres reliques, ont capté les saintes vertus.

A gauche : Six reliques sous la protection du fameux agnus dei, dans ce reliquaire du XVIIIe siècle avec encadrement en bois.
A droite : Une relique de la Sainte Croix avec son authentique, qui en fait aussi l’essentiel de sa valeur pour un collectionneur.

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Bokassa Ier

Le diamant de 82 carats est au centre de la couronne.

Lorsque Sa Majesté Impériale Bokassa Ier décida des détails de son couronnement, Elle tenait à ce qu’il rappelât l’Empire français. Jean-Bedel Bokassa, ancien officier des Troupes de Marine françaises, avait une fascination pour l’époque napoléonienne.
Le 4 septembre 1977, il coiffa une couronne impériale, se défit de ses lauriers en or et sortit de la salle du couronnement habillé dans la réplique de l’uniforme du maréchal Ney. Comme Napoléon Ier avec Joséphine, il avait lui-même coiffé de la couronne son impératrice à lui, Catherine.
Les bijoux avaient été dessinés par Arthus-Bertrand et les robes par Cardin : la diligence des joailliers et des couturiers parisiens sur ce projet sera moins évoquée après la destitution de Bokassa en 79. En attendant, la société Arthus-Bertrand avait dépêché son tailleur spécialiste des grosses pierres, pour travailler pendant trois mois sur les diamants bruts de grande taille que Bokassa Ier destinait à ses regalia.
Or celles-ci ont disparu suite à l’opération Barracuda menée par les parachutistes du 1er RPIMa qui avait pour but de remplacer l’inquiétant Bokassa par le dépressif David Dacko, ramené d’exil dans la soute d’un Transall français. Cela tombait bien, il était déjà le prédécesseur de Bokassa.
Faisons le compte des objets disparus : proclamé empereur en 1976, Bokassa Ier a demandé à la maison Arthus-Bertrand, à partir de mai 1977, de lui fabriquer une couronne impériale, une couronne de lauriers d’or, un sceptre et une épée. Pour l’impératrice il demandera un diadème impérial ainsi qu’une couronne de palmes d’or. La plupart de ces objets sont enrichis de diamants dont la Centrafrique demeure un gros producteur. Il y aura notamment, parmi six mille, un brillant central de 82 carats.
Après consultation de quelques ouvrages traitant du domaine si particulier des regalia, nul ne semble savoir qui avait disposé des couronnes et sceptres de la famille impériale centrafricaine.

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La médaille de la rue Bac

Les médailles religieuses sont légions et nous prospecteurs en rencontrons souvent lors de nos sorties. On en trouve partout !, dans les champs, les prairies, les forêts, les parcs et les jardins. Elles sont en cuivre, en aluminium, en argent et, parfois en or et cela, sous toutes formes ! Elles représentent divers Saints, la Vierge ou la Sainte Trinité, bref, la totalité du Panthéon chrétien.Il y a toutefois une médaille qui surclasse toutes les autres, la célèbre médaille miraculeuse de la Vierge, plus connue sous le nom de « médaille de la rue du Bac », située à Paris.

L’histoire débute en 1830 avec une jeune nonne de 24 ans, Catherine Labouré. Celle-ci se prépare à prononcer ses vœux au noviciat des Filles de la Charité, fondation ayant pour vocation d’assister les pauvres et aussi de recueillir les enfants abandonnés.
Catherine Labouré est d’origine paysanne bourguignonne et totalement illettrée. Le 18 juillet 1830, à la nuit tombée, la jeune nonne est en train de prier dans sa cellule quand, soudain, un enfant totalement inconnu d’elle lui rend visite et lui annonce que la Vierge l’attend !
Il la conduit ainsi dans la chapelle qui est illuminée d’une multitude de cierges, et, soudain, un bruit se fait entendre et la jeune nonne voit la Vierge Marie assise à ses côtés. Cette vision se reproduira le 27 novembre 1830. Mais cette fois-ci, la Vierge Marie est debout, les bras écartés et ses mains irradient les rayons d’une lumière céleste et la Vierge lui demande alors de faire frapper une médaille. Elle lui explique que ces rayons sont le symbole des grâces qu’elle obtient pour les hommes. La vision est entourée de l’invocation suivante : « Ô Marie conçue sans pêché, priez pour nous qui avons recours à vous ».
Puis, soudain, la Vierge s’estompe et fait place à la lettre M avec la petite croix et les deux cœurs (celui du Christ et celui de la Vierge).
En décembre 1830, Catherine voit pour la dernière fois la Vierge Marie ! Les autorités religieuses du diocèse de Paris au courant de ces apparitions donnent leur accord à la frappe de la médaille en mars 1832. L’abbé Aladel, confesseur de la jeune nonne, commande les premières médailles au bijoutier Vachette situé 54 quai des Orfèvres à Paris, et cela en mai 1832.
Le 30 juin, les premières 1 500 exemplaires sortent des ateliers et la première distribution concerne les Filles de la Charité, puis les personnes atteintes du choléra.
Les miracles, guérisons et conversions suivent immédiatement cette divulgation. A un point tel que dès février 1834, la médaille est qualifiée de « miraculeuse ». Le 10 juin 1834, sa diffusion a déjà atteint Constantinople, puis le monde entier ! En 1834, la diffusion atteindra des chiffres impressionnants, 62 664 exemplaires, en 1835, plus d’un million, sans parler des copies qui ne respectent pas les critères fixés par la Vierge. La demande ne cesse d’être grandissante. En 1839, 10 millions d’exemplaires originaux sont ainsi vendus de par le monde. En 1876, à la mort de Catherine Labouré, plus d’un milliard de médailles circulent de par le monde, la « médaille miraculeuse » est universellement connue !

Le premier tirage

Ces premiers tirages sont reconnaissables par la présence au revers de deux petites barres horizontales sous le M et, plus bas, d’un trèfle situé entre les 2 cœurs, le poinçon de la société Vachette. Les 12 étoiles qui figurent autour de la tête de la Vierge lors de l’apparition sont placées sur le pourtour. Sur l’avers, la légende sur le pourtour est inscrite sur deux lignes.

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Le trésor perdu de Rio

La guerre de succession d’Espagne éclate le 13 mai 1702. Une coalition européenne, Prusse, Angleterre, Autriche, Provinces Unies, Portugal, Savoie et Danemark, attaque la France et l’Espagne. En 1700, Philippe V, petit fils de louis XIV, a succédé au roi d’Espagne Charles II. La grande alliance menée par l’Angleterre redoute notamment l’ouverture de l’empire colonial espagnol au commerce français et de la sorte que la France puisse profiter des richesses du nouveau monde. Cela reste intolérable pour l’Angleterre et le Portugal, hors de question que les navires français viennent faire commerce dans les eaux du Brésil où le port de Rio accumule l’or découvert au nord de la ville dans les montagnes du Minas Gerais, et cela attise bien des convoitises ! En 1710, une expédition française de 1 000 hommes et 5 vaisseaux menée par Jean François du Clerc tente de prendre d’assaut le port de Rio pour s’emparer de l’or portugais. L’expédition tourne au massacre, les assaillants français sont capturés et sont exécutés sommairement ou emprisonnés dans des conditions inhumaines et servent de main d’œuvre dans les mines d’or tant convoitées. En France en 1711, le royaume est ruiné par les conflits à répétition et, 9 ans après le déclenchement de la guerre, France et Angleterre ne cessent de se chercher des noises …
Ainsi, sous prétexte de venger l’honneur de l’expédition française ayant échouée devant Rio, les Français envisagent de mener des représailles ! Il s’agit d’un prétexte, la France a besoin d’argent et vite. Malgré les réticences initiales à la cour, le roi met à la disposition de l’expédition 15 bâtiments et 2 000 hommes. L’expédition sera menée par un corsaire, Duguay-Trouin, un malouin ayant tout connu des fortunes de la mer, la gloire, la capture, les évasions, la défaite. Ses nombreux faits d’arme ont convaincu Louis XIV de faire du corsaire un capitaine de la Marine Royale. Duguay-Trouin impose ses choix et 17 bâtiments composent sa flotte, 5 600 hommes dont 2 000 soldats d’infanterie et près de 740 canons. Début juin 1711, la jonction de tous les navires s’opère au large du Cap-Vert. Le 27 août, l’ensemble de la flotte mouille au large de la baie brésilienne de tous les saints. Le 11 septembre, les Français approchent de la baie de Rio. Le malouin l’ignore mais son plan est déjà éventé et les Portugais attendent de pied ferme les navires français. Les défenses de la ville furent renforcées après l’expédition de Duclerc et les Anglais prévenus envoient des renforts en urgence !

L’attaque française.

Les prisons de Paris

La prison est le lieu public destiné à la garde de l’emprisonnement des accusés, prévenus de délits et de crimes, et également à la détention des débiteurs, obligés, ou condamnés par corps, en matière civile, qui refusent d’acquitter leurs dettes. La prison n’est pas donnée comme peine mais seulement pour la garde du prisonnier. Les prisons doivent être sûres ! et disposées de manières à ne pas nuire à la santé du prisonnier. Les détenus pour assassinat doivent être alimentés aux dépends du roi ou du seigneur haut justicier. Ils ne peuvent prétendre être nourris par la partie civile, par contre, ceux qui ne sont pas enfermés dans des cachots, peuvent se faire procurer du dehors des vivres, bois, charbon et autres choses nécessaires sans être contraints d’en obtenir des geôliers ou autres.

Geôlier sans-culotte et son gourdin.

Voilà pour la théorie, en pratique cela est très différent !
Le règlement de la prison de Bicêtre de 1684 disait à propos des enfants enfermés en ces lieux « on fera travailler ces jeunes le plus longtemps possible aux ouvrages les plus pénibles », obligés de travailler 13 heures par jour. Ces très jeunes détenus n’avaient de repos qu’au moment des repas. Levés à 5h30 du matin en été, 6h30 en hiver, les enfants étaient aussitôt conduits à l’ouvroir, et à la moindre défaillance ou faute, les gardes entravaient le coupable par les mains, par les pieds et par le milieu du corps à 5 crampons scellés dans la muraille et prévenaient le correcteur qui le fouettait à l’aide de lanières de cuir. Avant 1792, le fouet était la peine la plus ordinaire de la prison, infliger des coups de fouet à un prisonnier s’appelait « donner le ravigolet ». Certains reçoivent des coups de gourdins que chaque gardien possède. Ceux-ci disposent d’un arsenal d’objets servant à la contention des prisonniers, chaînes, entraves, menottes, ceps, camisoles, etc.

Bicêtre

Bâtie à la fin du XIIIe siècle sous le nom de Winchester, et après avoir eu plusieurs propriétaires, elle revient au domaine royal en 1375. Le nom de Winchester sera modifié au fil du temps en Vicestre, puis Bicestre pour terminer en Bicêtre.
Transformé en château au début du XVe siècle par le duc de Berry, incendié en 1411, les ruines sont données au chapitre de Notre Dame de Paris en 1416 ; en 1520, les bâtiments sont à nouveau repris par le domaine royal. François 1er envisage la conversion en hôpital. Le projet est toutefois mis de côté, jusqu’en 1633 sous Louis XIII, les travaux seront terminés en 1652. Hospice dans un premier temps, il accueille les soldats estropiés. Sous Louis XIV, l’établissement fait partie de l’hôpital général où les mendiants, galeux, vénériens, épileptiques et autres aliénés de la société sont enfermés dans les pires conditions. A partir de 1685, Bicêtre devient aussi une prison où les criminels de droit commun et autres condamnés de toute sorte seront enfermés avec les malades et aliénés et mis au fer. Les cabanons au nombre de 248 sont de petites cellules de 8 pieds carrés (environ 2,60 m2).

Respectivement ; Fer pour la cheville et le poignet, une pièce datée du 17e siècle.
et Des menottes de type « chaîne de vélo ». Elles étaient utilisées à la prison.

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Duels avec le Glorioso

Juillet 1747, le Glorioso, navire espagnol, approche des Açores, ramenant des Amériques une cargaison de quatre millions de dollars en argent provenant des mines du Mexique. Le navire a été construit à La Havane, en bois tropicaux fort denses et très pesants. Il est plutôt lent mais d’une incroyable robustesse, quand à son capitaine, Pedro Messia de la Cerda, c’est un chevalier grand-croix de l’ordre de Malte. C’est un homme habile, déterminé et son équipage le suivrait en enfer !

Au large de Florès, le Glorioso se fait intercepter par 3 navires britanniques : le vaisseau Warwick de 60 canons, la frégate Lark de 40 canons et un brick de 20 canons. Le Gloriosio est lui armé de 70 canons. Pour les navires anglais, il s’agit d’une proie facile, du moins le pensent-ils. Ils engagent le combat, et contre toute attente, le Glorioso contre attaque à la stupeur des Anglais. Les tirs précis des Espagnols provoquent des dégâts incroyables chez les Anglais, coques percées, gréements ravagés, équipages décimés. En moins d’une heure, les Anglais prennent la fuite avec des navires à l’état d’épaves ! Le Glorioso, bien que lui aussi endommagé, poursuit sa route vers l’Espagne, sans avoir perdu un seul homme d’équipage.
Six jours plus tard, il arrive en vue du Finistère galicien et comble de malchance, il tombe à nouveau sur les Anglais ! Cette fois, il s’agit de l’amiral John Byng qui commande l’Oxford de 50 canons, la frégate Shoreham de 24 canons, et le Brick Falcon de 20 canons. Et encore une fois, le Glorioso attaque ! Après 3 heures de combats acharnés, les navires anglais se retirent en piteux états. Le Glorioso a aussi subi de nouvelles avaries dont la perte de son beaupré, la coque est toujours intacte ! Il réussit à rentrer le 16 août dans la ria de Corcubion et d’y décharger la totalité de ses trésors. La mission remplie, La Cerda effectue quelques réparations de fortune mais constate que pour l’essentiel, il faudra un bon radoub d’Arsenal.
Devant rejoindre le Ferrol, le navire reprend la mer ; des vents contraires le déroutent et le capitaine opte pour Cadix, s’éloignant des côtes portugaises afin d’éviter toutes mauvaises rencontres. Hélas, la poisse le poursuit et le 17 octobre, non loin du cap Vincent, les Anglais lui tombent encore dessus. Cette fois, il s’agit d’une escadre corsaire, et pas n’importe laquelle, on l’appelle « la famille royale ». Elle regroupe les frégates Prince Frédérick, King George, Princess Amélia et Duke, totalisant 960 hommes et 120 canons. Pris au piège, le Glorioso ne change pas de tactique et choisit l’attaque !, à un contre quatre ! Après 4 heures de combat, le Glorioso arrive à s’extirper de la mêlée, ayant mis hors jeu un navire anglais totalement démonté. Il met le cap au sud, bientôt pris en charge par les 3 autres navires anglais, fortement amochés.

3e duel, le corsaire anglais Duke démâté.

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L’arme de Bayonne

Baïonnette : N. F (de Bayonne où cette arme fut mise au point au XVIe siècle), sorte de petite épée pouvant se fixer au bout d’un fusil.

Voilà la définition donnée par le Petit Larousse du mot baïonnette. Petit retour historique sur l’origine de cette arme peu commune qui fit des ravages sur tous les champs de bataille du monde, pour atteindre son paroxysme lors de la guerre de 1914-1918. Bayonne, capitale du Pays Basque français, entre la peste, les guerres de religion et la prise de la ville par Charles Quint, Bayonne a vécu quelques heures mouvementées au XVIe siècle. L’arme la plus courante est le mousqueton. C’est une arme à feu assez rudimentaire que l’on charge avec de la poudre noire.
On raconte qu’un jour des paysans de Bayonne livrent un combat pour on ne sait quoi, tombent à court de poudre noire et de projectiles. Leur mousquet devient donc inutile. Que faire ?, se rendre ?, se battre à mains nues ? C’est alors que l’un des paysans a l’idée d’utiliser le couteau qu’il porte toujours en poche. Il plante le manche du couteau dans le canon de son mousquet et c’est ainsi dit-on que naît la baïonnette. En réalité, il est possible et même probable que d’autres aient eu l’idée auparavant, à commencer par les mousquetaires, ces militaires armés d’un mousquet, mais c’est l’épisode de Bayonne qui va imposer l’appellation « baïonnette ».
En 1655, le médecin personnel de Louis XIV note : « On fait à Bayonne des dagues qu’on appelle bayonettes ». A la même époque, Furetière fait entrer le terme dans son dictionnaire, précisant lui aussi qu’il est venu originairement de Bayonne.
Au départ, la baïonnette n’est qu’un système D pour transformer une arme à feu en arme blanche à défaut de pouvoir faire mieux, mais ce système D ne tarde pas à intéresser l’armée. En effet, le mousquet a ses limites…, il ne permet guère plus d’un tir par minute. C’est très long lorsque l’ennemi est juste en face ! Si les mousquets sont équipés de baïonnettes, cela va permettre soit de tenir l’ennemi à distance, soit s’il approche, de l’embrocher. A la fin du règne de Louis XIV, le fusil à silex s’impose à la place du mousquet à mèche, la baïonnette à douille, innovation de Vauban en 1687 reste en place en autorisant le tir.

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S. Georgius. Equitum. Patronus

« Saint Georges, patron des cavaliers », voilà l’inscription écrite sur une médaille découverte dans un labour en 2000. Le seul et unique exemplaire découvert en 21 années de prospection !

Enluminure du XVe siècle.

Cette médaille fut découverte dans une zone qui donna aussi une grande quantité de boutons militaires anglais de 1914-1918. Voilà pourquoi je pense qu’elle fut probablement portée par un soldat anglais et fut perdue à cet endroit lors de violents combats ayant opposés troupes anglaises à l’armée allemande en 1914. Cette médaille est un modèle du XIXe au début XXe siècle, en alliage de cuivre, argenté, d’un diamètre de 26 mm pour un poids de 4,50 grammes. La face arrière est totalement usée !, ou il s’agit d’une médaille uniface ? peu probable toutefois ! La face visible représente Saint Georges à cheval terrassant un dragon (le mal) et la légende en latin « S. GEORGIUS. EQUITUM. PATRONUS » La face arrière aurait dû comporter une nef avec 3 personnages dont le Christ et la légende en latin « INTEMPESTA SECURITAS », la sécurité dans la tempête.
Cette médaille je n’en ai plus jamais rencontré en 21 années de recherches ! Elle semble rare à trouver dans nos régions, même pour nous prospecteurs.

Bestiaire d’Aberdeen, début du XIIIe siècle.

La légende

La légende nous raconte que vers 297 de notre ère, un jeune homme de 17 ans entre en service dans l’armée romaine. La carrière de celui-ci fut très courte car en 303 il finit sa vie décapité ! et cela pour avoir pris parti pour les chrétiens. Il est enterré à Diospolis (de nos jours Lodd), dite aussi ville de St Georges, détruite en 1010 et ensuite reconstruite par Etienne de Hongrie. St Georges, originaire de la Cappadoce, pays réputé chez les anciens pour ses chevaux, est toujours représenté selon l’image de l’église, monté sur un bel et bon cheval de bataille généralement blanc et terrassant un dragon de sa lance. Ainsi, dit-on, armé de pied en cap, en Arménie qu’infestait un terrible dragon, il réussit à passer un lien autour du cou du monstre et le transperça de sa lance tandis que la fille du roi de Libye s’enfuit des rochers proches où elle avait été attachée.
Rapporté, semble-t-il d’orient par les croisés, le culte de St Georges se répandit au moyen âge par toute l’Europe et même en Russie où jusqu’en 1472, il figura à cheval parmi les armoiries de la couronne.

Médailles, XVIIIe siècle, National Maritime Museum, London.

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Et Bonaparte vola le trésor des chevaliers de Malte

Malte, petit archipel de la Méditerranée entre la Sicile et l’Afrique, capitale La Valette.

L’île a eu une histoire mouvementée entre la conquête de l’islam en 870, ensuite reconquise par Roger de Sicile en 1090, elle tombe par la suite dans le giron des Habsbourg d’Espagne. Malte fut ainsi donnée par Charles Quint aux chevaliers de Rhodes en 1518, ordre religieux et militaire issu des hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem fondé en 1099. L’ordre participa à toutes les croisades. Réfugiés à Rhodes en 1308, la chute des templiers ayant servi d’avertissement, les dignitaires de l’ordre s’établissent à Rhodes, très loin du pouvoir de Philippe le Bel. En 1530, l’ordre devient ainsi les chevaliers de Malte.
L’ordre des chevaliers de Malte participe également à la terrible bataille navale de Lépante en 1571 qui oppose la Sainte Ligue, alliance catholique hispano-italienne commandée par Don Juan d’Autriche, demi-frère et amiral du roi d’Espagne Philippe II, contre Sélim II et son grand amiral Ali Pacha, qui un an auparavant a fait tomber le dernier bastion vénitien à Chypre, à Famagouste où ses défenseurs furent traitreusement massacrés après avoir négocié leur reddition. Humilié, l’occident perd pied dans feu sa mare nostrum.
La sainte ligue arme 206 galères et 6 grosses unités appelées galéasses, la flotte est montée par 28 500 soldats dont 8 000 Espagnols chevronnés. En face Ali Pacha dispose de 208 galères et 120 petites unités, et 27 000 soldats dont 10 000 redoutables janissaires. Le combat débute vers 10h20 à 15h. L’anéantissement de la flotte de Sélim II est consommé. Il a perdu 170 galères, coulées ou prises, contre 17 pour Don Juan. Les pertes sont toutefois critiques. Chaque camp déplore 8 000 tués et 22 000 blessés. Les Ottomans abandonnent 3 500 prisonniers et 15 000 esclaves chrétiens. Aussitôt libérés de leurs chaînes, la galère amirale d’Ali Pacha est capturée et l’amiral ottoman est décapité. Sa tête ornera la proue de la galère amirale de Don Juan.
Pendant la bataille, l’ordre des chevaliers de Malte subit de très lourdes pertes. La galère amirale de l’ordre fut prise par les Ottomans et tous les chevaliers furent décapités dont un très grand nombre de dignitaires de l’ordre. Les Ottomans tentèrent d’emporter la galère comme trophée mais durent l’abandonner pour échapper aux massacres. Les Ottomans sauvent 30 galères et autant d’unités plus légères. C’est tout ce qui réchappe du désastre.
Par la suite, l’ordre des chevaliers de Malte aura pour mission d’intensifier la gloire maritime de l’ordre par une lutte sans merci contre les pirates barbaresques qui infestaient la Méditerranée. Les expéditions navales contre les corsaires musulmans furent poursuivies avec de fréquents succès et un butin non négligeable pour les caisses de l’ordre et cela jusqu’au règne de Manoel de Vilhena qui s’éteignit le 12 décembre 1736, après 14 années à la tête de l’ordre des chevaliers de Malte.

Monnaies de Manoel de Vilhena (1722-1736).

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