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2 518 aurei

L’un des plus gros trésors de pièces d’or romaines découvert ces trente dernières années, a échappé de peu à un vol ! Trois hommes avaient réussi à pénétrer dans le musée de Trêve, Allemagne, et commencé à percer la vitre blindée protégeant le trésor : 2 518 pièces d’or et le reste du chaudron en bronze qui le contenait ! Le système d’alarme a bien fonctionné et la police est arrivée juste à temps, les malfaiteurs avaient réussi à s’enfuir, mais l’un d’eux avait laissé son ADN sur la vitre blindée… Le trésor de Trêve, découvert en 1993, est depuis au coffre, le musée ayant décidé de renforcer son système de protection. Le trésor étant le plus gros, en or du musée, 18,5 kilos d’or presque pur et au détail des monnaies, une valeur marchande de plusieurs millions d’euros. À l’époque romaine, le contenu du chaudron représentait la paye annuelle, de 160 légionnaires romains !


Source : artnews.com

Suspense à la BnF !

En septembre 1922, des ouvriers travaillant dans une briqueterie à Beaurains près d’Arras mettent à jour un trésor inestimable : 700 monnaies romaines contenues dans un vase en argent ainsi que quelques bijoux et objets de vaisselle d’argent et des multiples d’or.

Le trésor se distingue par la présence de ces multiples ou médaillons d’or, des pièces rarissimes, non destinées à circuler, mais frappées comme pièces d’hommage pour les dignitaires de l’Empire.
Le partage ne se fit pas sans heurts ni vols, bref le trésor a été un peu dispersé. Chaque intervenant ayant vendu sa part, une partie des monnaies se trouve au musée d’Arras mais n’est pas exposée, une autre au British museum et 18 monnaies sont au cabinet des médailles de la bibliothèque royale de Belgique. Quelques multiples sont conservés à Arras. Cinq de ces médaillons dormiront pendant des décennies dans les coffres de la maison Bourgey qui les avait achetés à Jeanne Wartel, la propriétaire du terrain à l’époque.
En 2017, Sabine Bourgey dépose une demande de certificat d’exportation pour les cinq médaillons. Frédérique Duyrat, directeur du département des monnaies à la BnF, met en route la procédure pour les faire classer « trésor national ». La commission, chargée de statuer, est issue du monde de l’art et peut admirer à volonté les cinq médaillons puis écoute le rapport de Mme Duyrat qui conclut par : « qu’elles aient été entre les mains de l’empereur Constance Chlore leur donne encore plus de valeur historique ». Le verdict tombe, les monnaies sont classées trésor national.
Le 21 septembre 2017 la maison Bourgey conteste la décision et porte l’affaire en justice. En février 2020 la décision de justice est rendue : « les médaillons resteront classés trésor national ».
Entretemps, le temps est passé et le déclassement se fait automatiquement trente mois après la date de classement soit mars 2020 si les monnaies n’ont pas été préemptées par l’administration.

La suite dans Monnaies & Détections n° 118

Un trésor caché par les Vandales retrouvé après 1800 ans

Goths et Vandales sont dans notre imaginaire des peuples conquérants que fuyaient les populations locales d’Europe. Ces deux tribus germaniques se sont installées dans les années 100 après J.C. en Pologne, l’une au nord, l’autre plus au sud. Selon le professeur Andrzej Kokowski de l’Institut d’archéologie de l’Université Marie Curie-Skłodowska de Lublin, elles se sont combattues vers la fin du deuxième siècle ou au début du troisième siècle lorsque les Goths descendent vers le sud pour s’installer sur les rives de la mer noire. Le trésor découvert récemment à Cichobórz dans la commune polonaise de Hrubieszów au sud de Lublin près de la frontière ukrainienne nous rappelle cette période.

Fin du deuxième siècle : les Goths combattent les Vandales pendant leur “grand voyage” de la Scandinavie à l’Europe du Sud-Est. © d’après Google maps

La découverte du trésor

La presse polonaise nous indique qu’en 2019 un agriculteur du village de Cichobórz, dans la commune polonaise de Hrubieszów, se déplace dans un champ récemment labouré. Certains journaux expliquent qu’il y ramasse ici et là des bois perdus par des cerfs pendant l’hiver alors que d’autres sous-entendent qu’il recherche des objets anciens. Son regard est soudainement attiré par un petit disque brillant. C’est un denier romain en argent ! Il regarde autour de lui, et il en voit un autre, puis encore un, et encore un autre… Il les recherche avec fébrilité et en ramasse ainsi des centaines. C’est incroyable, extraordinaire, stupéfiant. Il est euphorique. Il réfléchit à ce qu’il doit faire et décide de se rendre au musée d’Hrubieszów, la commune dont dépend Cichobórz. Les responsables du musée le reçoivent, l’écoutent et envoient un agent sur place. Rapidement celui-ci découvre d’autres monnaies. Une fouille minutieuse du champ est alors organisée et au total 1753 monnaies sont trouvées sur une surface de quelques centaines de m². Probablement que la boîte qui contenait ces pièces a été brisée par le soc d’une charrue lors du labourage du champ et que les pièces ont été dispersées. Bartłomiej Bartecki, le directeur du musée Stanisław Staszic à Hrubieszów est abasourdi. C’est l’un des plus importants trésors monétaires romains trouvés en Pologne qui vient d’être déposé dans son musée.

La suite de l’article dans Monnaies & Détections n°112 …

112.01

Première monnaie romaine trouvée par Jonathan dans le Lot. Son poids de 5,7 g la définit comme Antonionien ; on lit aisément la légende de l’avers : IMP ANTONINUS AUG, tête avec la couronne tétra radiée à droite, revers : FIDES MILITUM (la fidélité de l’armée), Fides debout de face, la tête tournée à droite, tenant de la main droite le vexillum et de la main gauche un étendard transversal. Cette monnaie est en état TTB et s’échange entre 50 et 70 euros. Elle est courante frappée en 219 de notre ère.

111.04

Je suis passionné par votre revue, je pratique la détection depuis pas mal d’années. J’ai découvert ces monnaies dans la vallée du Rhône entre Vienne et Valence. Pouvez-vous m’aider à identifier ces 3 monnaies romaines, ainsi que leurs estimations ? Pour la première, un quinaire de 1,35 g et d’un diamètre d’environ 14-15 mm en argent. Pour la deuxième, un denier de Jules César d’un poids de 3,92 g et d’environ 18 mm. Pour la troisième un denier de la république ?? Environ 17-18 mm, entre 3 et 4 g environ. Je remercie toute l’équipe et continuez. Cordialement, Rolland.
La première, le quinaire est attribué à OCTAVE et MARC ANTOINE Octavius et Marcus Antoninus Caius. Avers : III. VIR. – R. P. C. Tête voilée et diadémée de Concordia (la Concorde) à droite, « Triumviri Rei Publicæ Constituandæ » (Triumvir pour la restauration de la République). Revers : M. ANTON C. – CAESAR. Deux mains jointes tenant un caducée, « Marcus Antonius Caius Cæsar » (Marc Antoine Caius César). Son état est un petit B+, n’en espérez pas plus de 30 euros.
La seconde est bien un denier de Jules César. Avers : tête diadémée de Vénus à droite, portant boucle d’oreille et collier ; derrière, le long du cou, petit buste de Cupidon, une contremarque à l’avant. Au revers on distingue très bien le trophée gaulois formé d’un casque, d’une cuirasse, de boucliers, de lances et de deux carnyx ; au pied du trophée : deux captifs assis ; celui de gauche, une femme assise à gauche, celui de droite, un homme assis à droite, se retournant, les mains attachées dans le dos. Traduction revers : « Cæsar » (César). Cette pièce a été frappée en 45 avant JC en Espagne. Elle est en état TTB c’est une monnaie estimée aux alentours de 360 euros.
Venons-en au dernier denier avec une belle frappe en relief de la tête casquée de Rome à droite et au revers un quadrige à droite conduit par une victoire. Nous avons eu du mal à l’identifier car on avait une erreur de lecture sur la légende, on lisait CLI au lieu de CLT. Bref, monnaie frappée en 111-110 avant JC. Avers : tête casquée de Rome à droite ; derrière un objet triangulaire avec un cercle à l’intérieur. Revers : AP. CL. T. M(ANL). Q. (VR). Victoria (la Victoire) dans un trige au pas à droite tenant les rênes dans les deux mains. « Appius Claudius Pulcher, Titus Manlius Mancinus et Quintus Urbinius » (Appius Claudius Pulcher, Titus Manlius Mancinus et Quintus Urbinius). La monnaie est en état Sup, elle s’estime 160 euros.

Trésor romain trouvé en Suisse pendant l’été 2019

Mi-novembre les journaux, radios et sites internet la Liberté, BZ Basel, Basler Zeitung, Le Nouvelliste, Swissinfo, Radio Lac, Radio Fréquence Jura, Bluewin.ch, etc. reprennent l’information initialement donnée par L’Agence Télégraphique Suisse : à Pratteln un trésor composé de 293 deniers romains en argent a été découvert par un « employé volontaire » du service d’archéologie de Bâle-Campagne. C’est l’un des plus importants ensembles de monnaies romaines jamais trouvés en Suisse.

Les fouilles © Photo du Service d’Archéologie de Bâle-Campagne

La découverte du trésor

L’ « employé volontaire » du Service d’Archéologie de Bâle-Campagne, qui est à l’origine de la découverte est un prospecteur amateur qui a obtenu une autorisation de recherche. C’est en forêt, sur les pentes de la colline de l’aigle (Adlerberg), près de Pratteln, qu’il trouve le trésor pendant l’été 2019. Les archéologues suisses précisent que les pièces ont été trouvées en un lieu qui aujourd’hui ne présente pas de particularité. Ils supposent qu’il devait s’y trouver alors une pierre ou un arbre remarquable qui pouvait permettre de retrouver l’emplacement du lieu d’enfouissement. Ils soulignent qu’à cette époque, où les banques n’existaient pas, il n’y avait rien d’inhabituel à cacher ainsi son argent. Pour l’Agence Télégraphique Suisse « on ignore pourquoi les pièces n’ont finalement jamais été déterrées. On ne sait pas non plus où leur possesseur vivait. Il existe deux vestiges de domaines romains connus à Pratteln, l’un situé près du centre de la ville. Depuis ce dernier, le propriétaire des espèces aurait eu sa cachette toujours en vue ».

Le trésor © Photo du Service d’Archéologie de Bâle-Campagne

 

Théodose II

Très beau trésor découvert en Bulgarie sur le site de construction d’un hôpital, 64 monnaies romaines, le plus grand nombre en bronze et parmi elles, seize monnaies en or ! Quatorze sont à l’effigie de l’empereur Théodose II (401/450), une au portrait de sa femme Aelia Eudocia et la seizième à l’effigie de Valentinien III, cousin de Théodose. Les monnaies d’or étaient contenues dans une boite en céramique. D’après les archéologues, l’enfouissement pourrait correspondre à une attaque des Huns ! On apprend aussi qu’en 1929, quasiment sur la même zone, un trésor de la même époque fut découvert, il était composé de 100 000 pièces d’argent !

Source : practicaespanol.com

107.4

Bonjour la rédaction, je voudrais vous faire partager la trouvaille d’une vie de prospecteur à savoir ce solidus de Constance, atelier de Trêves. Bien à vous, Bruno
Il s’agit bien d’un solidus mais pas la trouvaille d’une vie de prospecteur ! Trouvez un dépôt de trois cents de ces monnaies et cela commence à représenter la trouvaille d’une vie de prospecteur ! Avers : buste de Constance II à droite, coiffé d’un diadème perlé, cuirassé. CONSTANTIVS AVGVSTVS “Constance auguste”. Revers : deux Victoires ailées, debout se faisant face, tenant des deux mains entre elles une couronne portant inscription des vœux. Différent d’atelier en exergue. VICTORIAE DD NN AVGG, dans le champs VOT XX MVLT XXX TR Victoriae Dd (dominorum) Nn (nostrorum) Augg (augustorum) :
“Les victoires de nos seigneurs augustes”. Vot (is) XX (vicennalibus) Mult (is) XXX (tricennalibus) : “Vœux pour le vingtième anniversaire de règne et plus pour le trentième à venir”. Cette monnaie a été frappée en 347-348. Elle est en état SUP, autant que nous puissions voir avec la faible définition de vos images, et se négocie aux alentours de 2000 euros net.

104.7

Bonjour, lecteur assidu de votre revue je me permets de vous transmettre ces photos pour savoir si vous pouvez m’en dire un peu plus. Pièces trouvées avec mon Déus du côté de Carbonne. Un lot de 3 pièces soudées entre elles qui me semblent être des romaines, mais de quel empereur ? Une monnaie visage côté gauche, peut-être une autre romaine ? Pour le reste trouvé du côté de Garidech : une monnaie qui pèse 4,1 grammes et a un diamètre de 16 mm, je pense à de l’argent : croix sur une face et un cheval (d’après moi) sur l’autre face avec de gros yeux ! Rien trouvé sur internet. Et les deux autres objets trouvés à peu près côte à côte. Un cœur qui pèse 14,4 grammes avec une dimension de 30 mm et qui me semble être du bronze. Une médaille avec un blason sur la face d’une dimension de 35 mm. Merci d’avance, Henri 31.

Vos trois monnaies collées sont romaines, début du IVe siècle (300-330), reconnaissables à la forme générale du portait typique de cette époque et de Constantin le grand et ses descendants. Impossible de préciser plus que cela sans titulature lisible. Avez-vous bien tourné autour de cette trouvaille ? Et éventuellement décapé sur une dizaine de centimètres avant de repasser l’appareil ? C’est une obligation quand on trouve des monnaies collées…
Même problème pour votre autre monnaie romaine, elle n’est pas identifiable en l’état, il s’agit peut-être d’un des usurpateurs lyonnais Victorin ou les Tetricus.
Pour la trouvaille de Garidech de 4 g et d’un diamètre de 16 mm, ce n’est pas une monnaie, probablement un méreau du XIIIe siècle, et il n’est pas certain qu’il soit en argent, de plus il ne s’agit pas d’un cheval mais plus certainement d’un chien.
On continue par une petite vervelle en forme d’écu supportant un meuble héraldique et enfin on termine par un petit pendentif en forme de cœur dont l’époque est difficile à estimer mais postérieure au XVe siècle.

La Poste aux chevaux française (Première partie)

Xénophon, dans sa Description du monde, nous apprend que le roi perse Cyrus le Jeune (Ve siècle avant JC) a fait établir dans son royaume des gîtes ou mansions, pourvus de chevaux ou de courriers, chargés de transporter les lettres et les ordres du chef d’Etat.
Durant l’Empire, les Romains appliquent chez eux ce système.
Sous le règne de l’empereur Auguste (27 avant JC-14 après JC), le long des voies romaines, se situent des stations de relais, les mansio, dans lesquelles se trouvent constamment des jeunes gens habiles à la course et qui sont chargés de transporter les ordres de l’empereur.

Plus tard, ces piétons sont remplacés par des cavaliers. Cependant, pour utiliser les chevaux, il faut une autorisation qu’on ne délivre que lorsqu’il s’agit d’une affaire, intéressant l’Etat.
Des mules peuvent également être chargées du transport du courrier officiel.
Un sesterce de l’empereur Nerva représente deux de ces mules.
En France, sous Charlemagne, on voit apparaître un système qui ressemble beaucoup à la Poste romaine : en 807, des veredari (courriers de l’Etat à cheval) parcourent les principales routes de l’empire carolingien.
Mais ce système ne perdure pas après la mort de Charlemagne le 28 janvier 814.
Cependant, le système postal continue à exister grâce aux réseaux des universités. Paris est la seule ville à avoir une université performante.
Aussi, de tous les coins de France et de l’étranger, des étudiants y accourent afin de suivre les cours dispensés. Les étudiants installés dans la capitale envoient périodiquement des courriers à leurs proches afin de recevoir les fonds nécessaires pour suivre leurs études.
Les universités parisiennes se chargent alors d’acheminer les courriers. Elles en tirent un grand bénéfice grâce aux privilèges royaux.
Ce système de la Poste des Universités subsistera longtemps malgré la création de la Poste royale à cheval par Louis XI (1461-1483) au XVe siècle.

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 103