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Monnaies et Détections

Archive pour mars, 2021

Le trésor du Zeppelin Staaken

4 août 1919, Breslau, Allemagne – en 1919 la ville de Breslau se situe encore en Allemagne, de nos jours, elle se nomme Wrocław et se trouve en Pologne –, un avion d’une taille démesurée fait chauffer ses moteurs avant de prendre son envol. (1)
Un Zeppelin Staaken R.VI, un avion hors norme pour l’époque, 42,2 mètres d’envergure ! Aussi large qu’une forteresse volante de la Seconde Guerre Mondiale, 2,7 tonnes à vide, auquel il fallait rajouter 3 tonnes de carburant !

 

Au début de la Première Guerre Mondiale, en 1914, le comte Ferdinand Adolf August Heinrich von Zeppelin (1838/1917) qui est ingénieur et militaire allemand (2) imagine un avion d’un nouveau genre, un avion capable de transporter une grande quantité de bombes, de monter très haut pour échapper aux chasseurs et à l’artillerie et d’avoir un grand rayon d’action, personne ne l’a jamais fait, il va concevoir le premier bombardier volant ! Les Staaken Zeppelin, seront opérationnels en 1917 et vont effectuer de nombreux raids, notamment sur l’Angleterre, allant bombarder Londres. Chaque appareil transportait 770 kilos de bombes, leur vitesse maxi était de 140 kilomètre-heure et surtout leur plafond, altitude maxi, était de 6 500 mètres. Leur rayon d’action de 840 kilomètres avec une durée de vol possible de sept à dix heures, ce qui leur permettait le plus souvent d’attaquer de nuit, une technique les rendant quasiment intouchables pour l’époque.

 

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10 000 $ de récompense

Comme au bon vieux temps du Far-West, une prime de 10 000 dollars est offerte pour retrouver un chasseur de trésor ! Cette prime est offerte par la « Kellyco Metal Detectors » un des plus gros vendeurs de détecteurs aux États-Unis, principalement sur le net. La Kellyco offre cette prime contre une interview du chasseur de trésor qui a découvert, il y a quelques mois, le trésor de Forrest Fenn (voir M&D 113). Un trésor recherché par des milliers de personnes pendant dix ans, quatre en sont mortes (par accident lors des recherches), et qui avait une valeur approchant les trois millions de dollars ! Ce serait, sans aucun doute, un bon coup publicitaire pour la Kellyco. L’inventeur avait préféré rester anonyme, rien ne dit qu’il parlera maintenant et il ne doit plus être à 10 000 $ près. Reste qu’un de ses proches peut le vendre pour toucher la prime ! Au Far-West, tout est possible…

Source : prnewswire.com

116.8

Bonjour, une joie pour moi de vous transmettre cette photo de bague, (trouvée dans le Var), pour moi c’est de l’argent, mais je n’arrive pas à me faire une idée de son époque, de plus j’aimerais bien savoir si vous pouvez “déchiffrer” les symboles sur la bague, pour ma part je vois deux lions + un qui grimpe à une tour, trois arbres + un autre en arrière-plan d’un cavalier sur sa monture… Merci d’avance, Bruno
Houlà cela dépasse nos compétences, il peut s’agir d’un véritable travail de recherche héraldique ! Il s’agit d’un écu écartelé de plusieurs armes. La bague présente une forte usure mais il semble bien y avoir les armes de Navarre en haut à gauche et bien sûr, le lys représente celles de la France. Les deux lions ou léopards rampants peuvent provenir de l’Aquitaine, à ce sujet les armes d’Armagnac sont un lion rampant, et, pour l’Angleterre dont l’aquitaine était une province, on a un léopard rampant. Aucune idée par contre pour les trois arbres, ainsi que le cavalier, l’animal grimpant et peut-être l’ours assis. Rien non plus pour l’échiqueté. Il doit s’agir d’un écu issu de l’imagination d’un habitant du sud-ouest de la France. Datation probable XIXe siècle.

La médaille de la rue Bac

Les médailles religieuses sont légions et nous prospecteurs en rencontrons souvent lors de nos sorties. On en trouve partout !, dans les champs, les prairies, les forêts, les parcs et les jardins. Elles sont en cuivre, en aluminium, en argent et, parfois en or et cela, sous toutes formes ! Elles représentent divers Saints, la Vierge ou la Sainte Trinité, bref, la totalité du Panthéon chrétien.Il y a toutefois une médaille qui surclasse toutes les autres, la célèbre médaille miraculeuse de la Vierge, plus connue sous le nom de « médaille de la rue du Bac », située à Paris.

L’histoire débute en 1830 avec une jeune nonne de 24 ans, Catherine Labouré. Celle-ci se prépare à prononcer ses vœux au noviciat des Filles de la Charité, fondation ayant pour vocation d’assister les pauvres et aussi de recueillir les enfants abandonnés.
Catherine Labouré est d’origine paysanne bourguignonne et totalement illettrée. Le 18 juillet 1830, à la nuit tombée, la jeune nonne est en train de prier dans sa cellule quand, soudain, un enfant totalement inconnu d’elle lui rend visite et lui annonce que la Vierge l’attend !
Il la conduit ainsi dans la chapelle qui est illuminée d’une multitude de cierges, et, soudain, un bruit se fait entendre et la jeune nonne voit la Vierge Marie assise à ses côtés. Cette vision se reproduira le 27 novembre 1830. Mais cette fois-ci, la Vierge Marie est debout, les bras écartés et ses mains irradient les rayons d’une lumière céleste et la Vierge lui demande alors de faire frapper une médaille. Elle lui explique que ces rayons sont le symbole des grâces qu’elle obtient pour les hommes. La vision est entourée de l’invocation suivante : « Ô Marie conçue sans pêché, priez pour nous qui avons recours à vous ».
Puis, soudain, la Vierge s’estompe et fait place à la lettre M avec la petite croix et les deux cœurs (celui du Christ et celui de la Vierge).
En décembre 1830, Catherine voit pour la dernière fois la Vierge Marie ! Les autorités religieuses du diocèse de Paris au courant de ces apparitions donnent leur accord à la frappe de la médaille en mars 1832. L’abbé Aladel, confesseur de la jeune nonne, commande les premières médailles au bijoutier Vachette situé 54 quai des Orfèvres à Paris, et cela en mai 1832.
Le 30 juin, les premières 1 500 exemplaires sortent des ateliers et la première distribution concerne les Filles de la Charité, puis les personnes atteintes du choléra.
Les miracles, guérisons et conversions suivent immédiatement cette divulgation. A un point tel que dès février 1834, la médaille est qualifiée de « miraculeuse ». Le 10 juin 1834, sa diffusion a déjà atteint Constantinople, puis le monde entier ! En 1834, la diffusion atteindra des chiffres impressionnants, 62 664 exemplaires, en 1835, plus d’un million, sans parler des copies qui ne respectent pas les critères fixés par la Vierge. La demande ne cesse d’être grandissante. En 1839, 10 millions d’exemplaires originaux sont ainsi vendus de par le monde. En 1876, à la mort de Catherine Labouré, plus d’un milliard de médailles circulent de par le monde, la « médaille miraculeuse » est universellement connue !

Le premier tirage

Ces premiers tirages sont reconnaissables par la présence au revers de deux petites barres horizontales sous le M et, plus bas, d’un trèfle situé entre les 2 cœurs, le poinçon de la société Vachette. Les 12 étoiles qui figurent autour de la tête de la Vierge lors de l’apparition sont placées sur le pourtour. Sur l’avers, la légende sur le pourtour est inscrite sur deux lignes.

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Titan

Autre découverte d’exception, réalisée au détecteur de métaux, par un prospecteur anglais dans le Hampshire. Une découverte bien entendu déclarée et enregistrée par le PAS « Portable Antiquités Sheme ». Une superbe applique de meuble romain en bronze, datée du Ier/IIe siècle, une applique de grandes dimensions, représentant le Dieu grec Titan Océanus, dont la chevelure est formée d’algues où nagent des dauphins et des serpents de mer ! L’artefact intéresse le British-Museum !…

Source : livescience.com

116.07

Bonjour de Normandie, petite monnaie trouvée au sud de l’Orne non loin de la forêt d’Ecouves, 16 mm, en argent à première vue. Pouvez-vous m’aider à l’identifier ? Merci d’avance, Antoine.
C’est comme le Port Salut, c’est écrit dessus ! AURELIANUS CIVITAS, c’est donc une monnaie carolingienne d’Orléans, et la légende de l’autre côté est attribuée à Charles le chauve (864-875), GRATIA DEI REX et monogramme carolingien. L’avers se porte un peu mieux que le revers mais cela reste un état TTB. Elle est estimée à 220 euros.

L’île sans trésor

Dans sa magnifique Histoire des pirates, J.-P. Moreau fait la part de la réalité et du rêve et parvient à ne pas briser ce dernier. Il est pourtant amoché, notre imaginaire du flibustier, par le chapitre intitulé « Le trésor des pirates » ; le résumé que nous essaierons d’en faire ici va décevoir les fans de Barbe-Noire, du capitaine Kidd et des messages abscons de La Buse…

En effet l’île del Coco, au large du Costa Rica, semble avoir révélé un trésor à un certain Keating en 1844 (il faut dire qu’il avait bénéficié des indications de l’un de ceux qui l’ont enterré) et si comme on l’affirme, il s’agit des richesses de la ville de Lima, nul doute que la somme devait être faramineuse une fois les biens réalisés.
Ce trésor enfoui en 1821 par des mutins s’étant emparé du navire affrété par José de la Serna, dernier vice-roi du Pérou, pour empêcher que l’or du Pérou ne tombe aux mains des indépendantistes est donc le seul à s’être concrétisé. L’île del Coco étant réputé pour trois trésors célèbres : celui évoqué plus haut, celui du pirate Davis englouti dans la baie au XVIIe siècle et, le dernier, celui de Graham non retrouvé depuis le XIXe siècle, elle est, d’après J-P Moreau la plus célèbre des îles au trésor. Un seul trésor retrouvé sur trois, avouons tout de même que la légende semble plus riche d’or que le sable sous les cocotiers…
D’autant qu’un peu plus loin, l’auteur doute de la véracité de l’or trouvé par Keating en 1844, en fait il estime invraisemblable l’existence même du bateau chargé des richesses du Pérou et confié à un capitaine étranger. Etranger et incompétent, pourrait-on ajouter, puisqu’une fois en mer son second se mutine et le navire est dérouté. Aïe ! Le mythe de l’île del Coco est sérieusement mis à mal ! Quand on pense qu’un chercheur y résida vingt ans, ce Robinson détectoriste nous émeut. Buvons le calice jusqu’à la lie et enchaînons avec les fouilles sous-marines.
“Aucun (navire coulé) jusqu’à présent (2006) n’a révélé de fabuleux trésor monétaire”. Les navires des boucaniers semblent être les témoins d’une vie aventureuse, certes, mais misérable.
J.-P. Moreau relève deux chantiers qui ne furent pas complètement vains, tout de même : la fouille du Speaker, navire du capitaine Bowen englouti au large de Maurice en 1702 et celle du Whydah du capitaine Bellamy qui opérait à la même époque mais dans les parages des Bahamas, cette fois. De l’épave du Speaker ont été remontées six pièces d’or mais aussi quelques superbes instruments de marine et l’on sait la valeur marchande que peuvent atteindre ces antiquités. De l’épave du Whydah, ce sont huit mille pièces de Huit, en argent donc, qui furent remontées. Mais comme l’expédition avait coûté à ses mécènes six millions de dollars, il n’est pas douteux que les seuls qui ont fait finalement un profit sont les fouilleurs rétribués…

La fameuse pièce de huit.

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Déesse de l’âge du Bronze

Magnifique découverte réalisée par des archéologues turcs, sur le site archéologique de Kültepe. Alors que les archéologues avaient déjà trouvé plusieurs statuettes représentant uniquement des femmes, aucune idole d’homme, ils ont trouvé une statuette de 44 centimètres de haut ! C’est la plus grande statuette de cette époque découverte en Turquie, elle a environ 4 200 ans ! Elle figure une femme assise sur un trône, malheureusement cassée en deux. Les fouilles se poursuivent…


Source : thehistoryblog.com

116.09

Bonjour, monnaie Jules César trouvée dans un champ. Merci. Didier

Monnaie frappée en 47-46 avant Jésus Christ, sur l’avers est représenté le buste de Vénus dont descendrait la famille de Jules César. Au revers, on trouve Enée, héros de la guerre de Troie, tenant à droite le palladium et portant son père Anchise sur son épaule. Ces deniers en SUP peuvent partir à 1200-1400 euros. Il semble que la vôtre soit une monnaie fourrée comme on peut le voir à la tête d’Enée là où la fine pellicule de métal est percée. Encore une fois un examen de visu est plus probant qu’un examen de photo, même de qualité ! Mais elle semble bien fourrée. Votre monnaie est dans un TB + c’est une monnaie à 250-300 euros.

De la rose au crocodile

Voyage en galère en Méditerranée 

La rose 

Ce voyage impromptu, dans le temps et les symboles, commence tout simplement dans un bois !

Les clous, les fers à bœuf et quelquefois une piécette sont les habituelles trouvailles de ces endroits où l’on a, au fil du temps, chassé, bûcheronné, essarté, travaillé la vigne ou labouré avec l’araire…

Puis la forêt a repris le dessus avec des espaces herbeux où paissent les agneaux de l’éleveur qui me permet d’arpenter ses terres. Fin de l’après-midi, les sangliers ont labouré partout, à la recherche de glands ou même de truffes. Une rondelle bombée et couleur d’aluminium attire mon attention… le dos est creux et empli de terre, une sorte de bouchon ou capsule ? Et non ! je vois alors un portrait « à la grecque » et au dos ce qui semble être une croix et de curieuses bosses autour en forme de haricot, une pièce gauloise perdue, isolée au milieu de nulle part.

Après nettoyage, simple passage à l’eau et léger lustrage sur une étoffe de laine, je pus admirer cette monnaie, une imitation d’une drachme de Rodhé ou Rhoda émise par les Volques Tectosages au 4e siècle av JC.

Les Volques, peuple celte, dont le nom proviendrait de falk (faucon = brave) ou simplement peuple, viendraient de la région du Danube, ils ont occupé une partie de l’Aquitaine et le Roussillon, Tectosage signifiant sans toit. L’autre partie des Volques sont les Volques Arécomiques occupant la Narbonnaise, ils fondèrent la ville de Nemausus (Nîmes) dont on verra plus loin un certain lien.

La monnaie originale, modèle de ma trouvaille, a été émise à Rhoda qui était une colonie grecque, fondée par des Rhodiens venus de la fameuse île de Rhodes, célèbre alors pour posséder l’une des 7 merveilles du monde, un colosse de bronze qui fut détruit lors d’un tremblement de terre en 227 av J.C.

On trouve bien sûr la rose originale, déployée, sur les monnaies de Rhodes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sculptures sur un sarcophage du combat de galères devant Troie.

Les Rhodiens sont connus (grâce à Homère dans l’Iliade) pour avoir fourni des galères aux forces grecques lors de la guerre de Troie.

En grec ancien rhodon c’est la rose et c’est pourquoi les colons arrivés sur leurs galères en actuelle Catalogne appelèrent leur ville Rhoda, actuellement Rosas (en rappelant la proximité culturelle et géographique avec l’aquitaine et la Narbonnaise).

Et c’est bien une rose (vue du dessus) qui orne le revers de la drachme de Rhoda et de ses imitations.

La rose et la croix

L’avers comporte le portrait de Perséphone, déesse passant une partie de son cycle de vie de manière souterraine (clin d’œil à ma monnaie). Pour la monnaie ci-après on note que ce serait Cérès, donc la Déméter grecque au vu de la date (3e av J.C.) …

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