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Crochets de suspensions de porte-lanternes, XVe siècle

Encore une fois, une de nos lectrices a découvert un objet extrêmement rare à découvrir en prospection. Celle-ci a fait une demande d’identification dans le n°100 de la revue de juin-juillet 2018, à la demande 100.27 par Marie-Ange dans l’Aude. L’artefact se présente sous la forme d’un crochet en alliage de cuivre, d’une grandeur indéterminée car non fournie. L’artefact fut qualifié à l’époque par la revue comme étant « un clou en cuivre de décoration ou de renfort sur une malle ancienne par exemple… ». De mon côté j’ai tout de suite identifié l’objet car déjà rencontré dans un ouvrage anglais traitant d’artefacts trouvés en Angleterre par des prospecteurs. J’ai ainsi très sommairement identifié l’objet dans le n°101 d’août-septembre 2018, ayant bien entendu l’idée de réaliser un article sur ces rares objets médiévaux, article que voici. Ainsi, ces rares objets sont, semble-t-il, extrêmement difficiles à dénicher en prospection mais aussi en fouille archéologique, et cela même en Angleterre. Les spécimens découverts ont fait l’objet d’articles et de publications dans divers ouvrages historiques, archéologiques et revues de détection, tout cela en Angleterre bien entendu. Les Anglais les ont catalogués comme étant des crochets de suspension pour lanternes, crochets eux-mêmes placés dans des porte-lanternes de diverses formes et de matériaux divers, majoritairement de forme rectangulaire. Ces porte-lanternes étant utilisés à l’entrée de grandes demeures, châteaux, manoirs mais furent utilisés à grande échelle partout et par presque tout le monde, casernes, postes de garde, tavernes, commerces divers, ou montés sur des véhicules, calèches, charrettes ou encore sur les ponts de navire, des péniches, des barques, ces porte-lanternes étant semble-t-il très courants à l’époque, ceux-ci étant datés par les Anglais du XVe siècle.

Ces crochets sont en alliage fer-cuivre, l’âme du crochet en fer, celui-ci étant recouvert d’une fine couche de cuivre ou de laiton, parfois cette couche est recouverte de dorure. D’autres crochets sont en alliage de cuivre, parfois émaillés et d’autres uniquement en fer forgé. Tous ces crochets sont coulés d’une traite mais ne sont pas standardisés dans la forme ou la grandeur. Leurs têtes existent sous diverses formes. Quatre types semblent actuellement répertoriés, à savoir : Les têtes de type zoomorphe. Celles-ci sont en majorité des têtes de chien ou plus rarement de têtes de serpent. Il me semble pas y avoir d’autres types connus à ce jour. Les têtes circulaires bombées, parfois décorées d’un astre à huit rayons ou sans décoration aucune. Les têtes en forme de dômes, parfois décorées de lignes comme la 100.27 ou sans décoration aucune. La catégorie la plus prolifique en termes de modèles : les têtes y sont extrêmement variées, en forme de pommeaux, de triangles, de cônes divers et variés… Certains modèles, rarissimes, sont émaillés comme l’exemplaire présenté plus bas et découvert en Angleterre en prospection. En résumé, ces crochets de suspension sont extrêmement variés dans leurs formes et dans leurs grandeurs de 30 mm à 100 mm. Ces crochets installés dans des porte-lanternes n’étaient pas fixés mais libres. Ils pouvaient tourner à 360 ° et ce, pour pouvoir orienter la lanterne du côté voulu. Selon le modèle de lanterne, il y a une fenêtre, deux, trois ou quatre fenêtres. Par contre, les plus petits crochets, ceux mesurant entre 30 et 40 mm, avaient pour fonction de suspendre un cadre cintré dont l’utilité et la fonction restent encore de nos jours mystérieuses. La grande majorité de ces crochets de suspension de lanternes furent trouvés en fouilles archéologiques sur des sites du XVe siècle. Les exemplaires trouvés à l’unité proviennent eux pour la plupart des prospecteurs anglais. Ainsi, la découverte réalisée par Marie-Ange reste extrêmement rare dans notre milieu. Il s’agit du seul spécimen passé dans la revue depuis son existence. De mon côté, j’ai trouvé un seul petit modèle de ces crochets en vingt-cinq années de pratique, et un seul cadre cintré. Ceci dit, la lecture de l’article ici présenté fera peut-être sortir du bois d’autres spécimens découverts par les lecteurs de la revue. Alors au cas où… Alea jacta est

Nostromo

Sommaire 147

Vécu
4 Les trésors de Bojarski
7 Le cauchemar a une histoire
8 Brèves
Artéfacts
15 Rares figurines celtiques votives
18 Pointes protohistoriques en métal
22 Crochets de suspensions de porte-lanternes, XVe siècle
24 Autels votifs miniatures, I-IIe siècles
26 Un couvercle d’une blague à tabac
Histoire
27 Les nouvelles monarchies battent parfois monnaie
30 Une affaire qui tourna vinaigre
32 Sévère galère pour Sévère
34 Avec son Florentin, Zita avait du biscuit !
36 Les mousquetaires, entre mythe et réalité !
Trouvailles
40 Monnaies/objets
Numismatique
50 Jean Dassier et l’Histoire chronologique des rois de France
52 Le billet velu
54 L’or de la Petite Venise
56 Numismatique du Groenland
58 La nababie des Babi du Zaboulistan
60 Les monnaies du Maréchal Berthier
63 Courrier
64 Agenda
66 Librairie
67 La photo insolite !

Editorial 147

La sortie du dernier numéro, avec l’article sur le LiDAR annoncé sur les réseaux sociaux, a secoué le petit monde de la détection. Cet évènement m’a permis de constater la scission importante existant dans la communauté des prospecteurs. Il y a, d’un côté, les « béni-oui-oui » de la détection, qui se contentent des miettes que leur accordent, d’un regard méprisant, les fonctionnaires de la Culture, et, de l’autre, ceux qui sont passionnés de détection et d’histoire et qui refusent de se soumettre à une loi autodestructrice. Il s’agit de désobéissance civile et de faire constater aux autorités que la voie prise n’est pas la bonne. Le magazine défend cette position depuis longtemps. Les premiers sont en majorité plus jeunes et certainement plus malléables que les anciens. Ils ont aussi un rapport de soumission à tout ce qui touche à l’autorité d’État. Ils n’ont pas l’air de voir que l’État a des priorités : fort avec les faibles et faible avec les forts. Ces gens-là, bien sûr, ne lisent pas Monnaies&Détections, et j’en suis heureux ! Le déferlement de haine engendré par un article qui informe les lecteurs du libre accès, pour les Français, aux photos LiDAR sur le site d’État de l’IGN en dit long sur leur mentalité.

Bonne lecture, Gilles Cavaillé

Le LiDAR change la prospection pour toujours.

🛰️ guide complet d’utilisation sur votre zone dans Monnaies&Détections N 146.

En kiosque des vendredi 30 Janvier. Pour vous abonner ou acheter la revue : aller sur la boutique du sitewww.monnaiesdetections.com

Article L542-1

« Nul ne peut utiliser du matériel permettant la détection d’objets métalliques, à l’effet de recherches de monuments et d’objets pouvant intéresser la préhistoire, l’histoire, l’art ou l’archéologie, sans avoir, au préalable, obtenu une autorisation administrative délivrée en fonction de la qualification du demandeur ainsi que de la nature et des modalités de la recherche.

Trouvaille 146.31

Bonjour, Ci-jointes 2 photos de ma trouvaille que je pense être une pointe de Palmela. Ci-après les détails : trouvée à Vrères (79) 12 g / 84 × 20 mm. Par : JC.

En bien meilleur état que la dernière recensée il y a deux mois ! C’est la 85e pointe de flèche de Palméla officielle et non prise en compte par les archéologues, car archéologie grise comme dirait l’autre imbécile à la retraite… La rédaction.

Trouvaille 146.30

Monnaie envoyée par un anonyme, sans indication de lieu — dommage aussi pour l’absence de poids et de diamètre. Néanmoins, on peut dire qu’il s’agit d’un aureus de la période de la Tétrarchie pour Maximin II Daïa, César (305–308 ap. J.-C.). Avers : MAXIMINVS NOB C, buste lauré et cuirassé à droite. Revers : PRINCIPI IVVENTVTIS, le Prince de la Jeunesse debout à gauche, tenant un globe et une lance (type augustéen). Marque d’atelier peu lisible : TR pour Trèves. Poids théorique : env. 5,3–5,5 g. Réf. : RIC VI (Maximin II César). Rareté : R2 à R3. Aureus rare frappé lors de la courte période où Maximin II porte encore le titre de César. Le revers PRINCIPI IVVENTVTIS, hérité de l’idéologie augustéenne, souligne le rôle dynastique et militaire du jeune prince dans le système tétrarchique. La monnaie est loin d’avoir passé sa vie dans un médailler : on note plusieurs coups puissants sur le portrait, dont un plus récent devant le nez — si c’est toi, c’est dommage. On aperçoit également un coup important sur la tranche à 6 heures. Le revers a beaucoup moins souffert et rehausse légèrement l’état général. On lui attribue un petit TTB-. Étant une monnaie recherchée, une estimation entre 8 000 et 10 000 € reste raisonnable.

Trouvaille 146.29

Bonjour, cet objet a été trouvé en terre picarde. Dimensions : 17 cm × 8,5 cm (diamètre). Quelle époque et quel usage ? Lampe à huile, peut-être ? Matériau : marbre. D’avance merci. Fidèlement, Françoise.

Sans aucun doute possible, il s’agit d’une lampe à huile monolithe taillée dans le marbre, avec un réservoir circulaire profond et deux lignes de liseré en simple décoration. Le bec est allongé, creusé en gouttière et ouvert sur le dessus pour la mèche. Nos connaissances sur ce type d’objet restant limitées, nous nous contenterons d’indiquer qu’il existe des lampes en pierre à l’époque gallo-romaine, comme celles du musée de Bavay (Nord) — lampe en calcaire à cuve circulaire et bec allongé (Ier– IIe s.) — ou du musée de Saint-Romain-en-Gal, avec des lampes monolithes en pierre en contexte domestique. Les collections n’étant pas accessibles en ligne, nous n’avons pu comparer ces exemplaires avec le vôtre. Aussi, nous ne nous avancerons pas sur une datation précise sans risquer de nous tromper lamentablement. Mais vous savez ce que c’est : faites-le nous savoir !

Trouvaille 146.28.bis

On passe à une monnaie ? Pas sûr… Difficile de se prononcer sans diamètres ni poids, informations importantes à préciser. La dernière est une drachme gauloise dont le profil à gauche ressemble fortement aux drachmes à tête aquitanique des Bituriges Cubi. La réf. DT 3345 au fleuron avec cheval à gauche s’en rapproche, mais l’état B+ de la monnaie empêche l’identification formelle des symboles du revers.

Trouvaille 146.28

Bonjour, vous trouverez ci-joint des photos de mes dernières trouvailles. Vous pouvez les publier dans votre magazine, dont je suis abonné. Tout a été trouvé dans le sud de la Charente. Bien cordialement, Patrick.

La première est un as de Domitien sous Vespasien (77–78), RIC 1290, Sear 2659. Avers : CAESAR AVG F DOMITIANVS COS V, buste de Domitien à droite. Revers : l’Espoir à gauche tenant une fleur. La terre acide n’a fait aucun cadeau à cette monnaie, dont l’état est un petit B. Peu d’espoir de la voir rejoindre un médailler sous les yeux énamourés d’un collectionneur. La seconde est un sesterce probablement de Vespasien, reconnaissable au portrait ; état B également, sans valeur de collection. Remarquez la différence de conservation entre ces deux monnaies.

Trouvaille 146.27

Bonjour, j’ai acheté par hasard votre revue une première fois, puis deux autres fois ; cela m’a tellement plu que je viens de m’abonner. Bravo à l’équipe : beaux travaux de recherche et belles pages d’histoire, j’adore. J’ai acheté une vieille ferme des années 1700 en Béarn et, en creusant une énième fois pour des travaux, j’ai exhumé l’objet dont la photo est jointe, que même mon voisin agriculteur ne connaît pas. Métal : fer ; poids : 1 320 g ; largeur : 27 cm ; hauteur du demi- disque : 8 cm ; hauteur totale : 18 cm ; épaisseur : 17 mm, finissant sur l’arrondi à 2 mm. Merci de bien vouloir m’aider. Sincères salutations, Alain. Fer en demi-lune prolongé par une soie permettant l’emmanchement d’un manche en bois : on est face à un outil de type doloire ou herminette en axe direct, destiné à équarrir ou dégrossir une bille de bois. Les spécialistes de l’outillage pourront confirmer ou infirmer cette hypothèse dans le prochain numéro.MO**