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Journal d’un CDD (le Coin du Disque du Déus)

Il y avait un échafaudage métallique autour de l’abside fissurée de la vieille église. Sur le sentier qui contournait le petit cimetière, l’odeur des cyprès s’élevait dans la chaleur. Le mur de clôture était fendu et s’inclinait vers l’extérieur, juste avant le panneau de bois qui indiquait la direction du château. Axel et son amie commencèrent à monter. Il avait déjà prospecté l’endroit plusieurs fois, mais il n’y était pas retourné depuis quatre ans et il voulait voir si rien n’avait changé qui l’aurait incité à y revenir chercher. Son amie ne s’intéressait pas à la prospection, attitude impensable pour Axel, qui ne concevait pas la vie sans un minimum de huit jours de détection par semaine. Elle affichait une indifférence polie à l’endroit de cette activité, mais Axel la soupçonnait de le considérer, lui et ses amis prospecteurs, comme des chasseurs de trésors n’ayant pas fini de grandir. Elle était enseignante et férue d’histoire locale, ses connaissances sur le passé médiéval de l’endroit pouvaient être utiles, aussi Axel lui avait demandé de l’accompagner. Le sentier venait d’être soigneusement nettoyé jusqu’aux murets d’épierrements qui l’encadraient par endroits. Des plaques de mousses couvraient les pierres blanches et quelques églantiers avaient réussi à pousser à travers. Un rang de barbelés pris dans les arbres, doublé d’une ficelle bleue de botteleuse, fermait une prairie. Des clarines tintaient faiblement. La pente était raide, le chemin faisait plusieurs lacets pour monter. Les pierres luisantes d’usure étaient glissantes.

Presque au sommet, ils passèrent devant deux minuscules orris en renfoncement dans les murs de soutènement des terrasses, puis ils abordèrent le plateau. Les murailles du château apparurent au-dessus d’un large fossé à demi comblé par les éboulis. De grands chênes poussaient sur les trois étages de terrasses sur la droite. Cette pente, côté nord, était couverte d’une épaisse végétation offrant une ombre fraiche, reposante après la montée dans le soleilha sec et aride. Ils longèrent la muraille sur une bonne cinquantaine de mètres. Elle était encore haute de plus de trois mètres.

Il y avait de place en place la fente étroite d’une archère. Une seule ouverture vers le milieu donnant sur le fossé. Les fenêtres devaient être dans les étages disparus. Axel savait que ce château était déjà mentionné dans des actes de l’an 1160. Encore habité en 1510, il n’était porté en ruine que sur les cartes de Cassini.

Arrivés au bout du plateau qui se terminait au pied de la muraille, ils revinrent côté sud en suivant le mur de la largeur. Une grande partie s’était écroulée : sur plusieurs mètres de long, le parement extérieur de pierres taillées et le remplissage intérieur s’étaient détachés et avaient roulé sur la base du promontoire. Le mince remplissage encore debout était d’une blancheur qui contrastait avec le reste des murs gris : l’éboulement devait être très récent. L’angle du mur était constitué de la falaise de roche, grossièrement taillée, qui servait de muraille sud jusqu’à une large poterne. Le mur bâti ne reprenait qu’après cette ouverture. Le chemin d’accès sur une esplanade étroite au bord du vide longeait une grande partie de la façade. Ils franchirent l’ouverture : l’intérieur était un vrai petit bois de chênes. Il ne restait que les quatre murs extérieurs. L’épaisseur des déblais tombés à l’intérieur était telle que les archères n’étaient visibles que de l’extérieur : le sol actuel était bien au-dessus du premier niveau de l’époque. Ils s’installèrent à l’ombre d’un arbre près de l’ouverture pour déjeuner.
Le point de vue sur la vallée était magnifique. Axel pouvait voir les endroits, dans la pente couverte d’éboulis, dans lesquels il avait trouvé plusieurs monnaies, melgueils, comtes de Toulouse, rois d’Aragon, doubles tournois, et pas mal d’artefacts : boucles, écussons, boutons, anneaux de cuivre…

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