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Monnaies et Détections

Edito 78

La sortie d’une nouvelle de série de détecteurs d’une marque connue est toujours un événement, c’est la raison pour laquelle nous avons déprogrammé la seconde partie de l’article sur le GPS Garmin Dakota 20 au bénéfice du banc d’essai Fisher F19 rédigé par notre testeur Eric.

Dans ce numéro vous trouverez la suite logique du bras de fer contre l’administration qui nous refusait la propriété de la trouvaille de Najac et de la météorite du Mont-Dieu. Relisez attentivement ces deux histoires, vous avez les clés de votre prochain combat victorieux contre la Drac en cas de trouvaille importante ! 

Enfin notre combat passe aussi par le recensement des pertes de notre patrimoine par l’administration (voir page 41 le demi-écu des Dombes de 1672) : vous avez une information de cette teneur qui reste vérifiable ? Envoyez-la nous, nous en ferons l’écho et tiendrons un registre. 

Lisez l’article de Dimitri sur la plaque de soldat (page 8) et la recherche de Luc sur la trouvaille 77-13 (page 44). La passion nous anime tous et ce véritable travail de fourmi personnel est mis à la disposition de tout le monde. C’est l’investissement de personnes passionnées comme vous, comme nous, qui fera la différence avec les soi-disant « pilleurs » qu’affectionnent nos détracteurs.

Bonne lecture,

Gilles Cavaillé

Une hache en bronze fourrée !

Oui, mais fourrée à l’or ! Lorsque l’on parle d’une monnaie fourrée, il s’agit généralement d’une fausse monnaie imitant une monnaie d’argent ou d’or avec un simple plaquage… Ici, il s’agit bien d’une hache de l’âge du bronze, tout ce qu’il y a de plus authentique. Découverte au détecteur de métaux par un prospecteur anglais… en 2011, elle était bien fourrée ou plutôt remplie avec des anneaux en or ! Quatre anneaux dont un était brisé, des anneaux ressemblant à des rings monnaies, mais ils ne sont en fait que de simples attaches. Le dépôt déclaré trésor est longtemps resté dans les cartons, l’inventeur n’étant pas d’accord avec le comité d’évaluation qui détermine la valeur marchande d’un trésor et donc de la somme que se partagent l’inventeur et le propriétaire du terrain. Il avait fait appel, comme il en avait parfaitement le droit, mais il a finalement été débouté de sa demande de réévaluation, le trésor estimé 550 livres sterling, environ 700 euros a été acquis par le British-Muséum.

Source : bbc.com

Trouvaille 77.01

Bonjour, dans les environs du Perche en Normandie, j’ai trouvé cette monnaie isolée et j’aimerais une identification ainsi qu’une évaluation si possible. Merci d’avance et continuez cette rubrique très intéressante. Monnaie de 8 g et 19 mm de diamètre. Cordialement, Viking

Aureus d’Antonin le Pieux auguste associé avec Aurelius en 141 après JC. La monnaie présente une usure de circulation et peut s’estimer TB+. ANTONINVS AVG PI-VS P P TR P COS III. Avers : tête laurée d’Antonin le Pieux à droite : « Antoninus Augustus Pius Pater Patriæ Tribunicia Potestate Consul tertium » (Antonin auguste pieux père de la patrie revêtu de la puissance tribunitienne consul pour la troisième fois). Revers : VRELIVS CAE-SAR AVG PII F COS. Tête nue de Marc Aurèle César à droite. « Aurelius Cæsar Augusti Pii Filius Consul » (Aurèle césar fils de pieux auguste consul). Estimation 1600 €.

Décoder une monnaie celte

Signes et symboles de l’iconographie laténienne

Existe-t-il réellement une symbolique celte typique ?

Répondre de but en blanc par la positive à cette question peut apparaitre relativement présomptueux. N’oublions pas que les peuples concernés nous ont laissé un nombre très réduit d’écrits et encore moins d’images associées à un texte qui en serait la traduction ou délivrerait le message que l’on voulait faire passer à l’époque ; je m’explique : nous trouvons des têtes coupées, des pentagrammes, des esses ou encore des svastikas sur de multiples supports mais aucune phrase ni même aucun mot ne les accompagne. Lorsque l’on recherche un symbole, c’est-à-dire un signe ou un motif en lien avec une tradition, on recherche forcément une pensée voire une volonté commune et pérenne.

Pour nous mettre sur la piste, nous disposons des écrits antiques grecs et romains, des légendes médiévales et bien sûr de l’archéologie aidée ces dernières années par les détectoristes (à travers une coopération toute officielle en Grande Bretagne et, comment dire, beaucoup plus … discrète mais réelle dans notre beau pays).

Ici, comme dans d’autres domaines, c’est de la répétition des constatations qu’apparaissent enfin des clés. Ces dernières nous ouvrent des portes. Franchissons-les allègrement  ensemble.

Les codes et symboles celtiques dans la littérature, à travers les gravures sur bois, pierre et métaux et sur les objets usuels (vases, fourreaux d’épées, appliques, etc…)

Codes et symboles guerriers : têtes coupées, chevaux, sangliers, armes, enseignes, carnyx, tatouages…

Codes et symboles religieux, astronomiques et magiques : gui, chaudron, astres, croissants,  globules (souvent associés par trois), torques, pentagrammes, roues, rouelles, svastikas, mains, triskèles, crosse…

Codes et symboles artistiques : décors floraux, fleur de lys, entrelacs, spirales, rinceaux, croix, esses, chevrons, annelets….

Volontairement, nous ne nous attarderons pas sur le cheval associé à la noblesse guerrière ni sur le sanglier, animal enseigne voire totémique, objets de deux précédents articles (« Monnaies et Détections » n° 74 et 75). Nous nous tiendrons également à l’écart des nombreuses représentations d’animaux (oiseaux, cervidés, taureaux, ours, lions, serpents, lézards, aigles, loups…) quand bien même le zoomorphisme n’est pas une composante anecdotique de l’iconographie laténienne ; elle atteste bien d’une proximité de ces peuples avec la nature mais ne rentre pas dans le champ de cette étude limitée aux signes, marques, objets et autres décors typiques que l’on rencontre fréquemment chez les celtes. …

La suite dans Monnaies & Détections n° 77

Gold coins

Une pièce d’or et celle-là, comme le dit l’expression, vaut bien son pesant d’or, frappée en 1936 au millésime de 1937 en préparation du couronnement du futur roi Édouard VIII. Ce dernier abdiquera quelques mois plus tard pour épouser une roturière américaine (shocking) la monnaie à son effigie ne sera donc pas frappée. Seulement 6 exemplaires furent conservés, 4 se trouvent dans des musées anglais, une cinquième dans la collection royale et la sixième qui est encore aux mains de particuliers. Cette dernière a été adjugée début mai au prix record pour une monnaie anglaise de 516 000 livres sterling ! environ 646 000 euros. L’acheteur a précisé qu’il la garderait, considérant que les monnaies anglaises sont sous-estimées et que c’est un bon placement. Et il a certainement raison, lors de sa dernière vente en 1984, cette monnaie fut vendue 40 000 livres soit 50 000 €. Son ancien propriétaire a donc fait une plus-value, sur 30 ans, de 596 000 euros…
Source : dailymail.co.uk

Trouvaille 77.31

Trois trouvailles faites par Rémi à Salon-de-Provence : un sesterce de Hadrien en bronze, frappé en 126 de notre ère. Titulature avers : HADRIANVS – AVGVSTVS (Hadrien auguste). Description avers : Buste lauré d’Hadrien à droite, drapé sur l’épaule gauche. Le revers présente l’Equité COS – III/ S|C. Aequitas (l’Équité) drapée debout à gauche, tenant une balance de la main droite et un sceptre long de la main gauche : “Consul tertium” (consul pour la troisième fois). L’année 126 correspond à la commémoration des Decennalia et au retour de l’Empereur à Rome. La représentation de l’Équité est inhabituelle avec un long sceptre au lieu de la sempiternelle corne d’abondance. La monnaie a un bel ensemble de patine homogène, elle est en état TTB estimée à 300 €.

Vient en suivant un joli clou en bronze à tête arrondie, de facture artisanale, vraisemblablement d’origine antique mais cela n’est pas une certitude.

Enfin on termine par cette bague étonnante : bague à profil continu et plateau rapporté surmonté d’un gros chaton cubique ; le décor est homogène sous forme de bossettes disposées géométriquement. S’agirait-t’il d’une bague à édicule caractérisée par un décor architectural représenté en miniature (un donjon ?) avec jonc large et plats ? L’objet est étonnant et sous toute réserve nous le classerions au Xe siècle.

L’île de la Passion ou le trésor rêvé de Clipperton

L’anneau corallien

L’île de Clipperton est un atoll corallien fermé, baigné par les eaux de l’Océan Pacifique, à quelques mille deux cent quatre-vingt kilomètres des côtes du Mexique. Clipperton est un îlot à l’apparence singulière, en effet, vu d’avion, il présente une forme en anneau, le centre de l’atoll  accueille un lagon qui s’enfonce à plus de trente-quatre mètres de profondeur. Une portion de ce bout de terre est recouverte de cocotiers. Au nord-ouest s’étend une piste d’atterrissage construite par les Américains au cours de la dernière guerre.

L’île est d’un abord malaisé, entourée de récifs coralliens, elle demeure un piège redoutable pour les navires qui s’en approchent. On peut encore remarquer de nos jours les vestiges de plusieurs bateaux échoués qui pourrissent sur ses plages.

Une souveraineté disputée

L’îlot fut pour la première fois découvert par deux marins français, les capitaines de frégates, Michel du Bocage et Martin de Chassiron. L’atoll corallien fut nommé Ile de la Passion en souvenir du jour de sa découverte, un certain vendredi Saint, le 2 avril 1711. Les deux officiers purent dresser la première carte de l’île en ce début du XVIIIe siècle. Pourtant, les Mexicains contredisent cette découverte et affirment que des navigateurs espagnols auraient abordé l’atoll, bien avant les deux Français.

Néanmoins, l’île n’a en apparence que peu de ressources naturelles, une poignée de cocotiers, une colonie de crabes et une immense volière peuplée d’une quinzaine d’espèces d’oiseaux de mer… Le guano, voilà la vraie richesse de l’île. Outre ces ressources en phosphates, la France voit en ce bout de terre un point stratégique remarquable, face à l’Isthme de Panama. Le 17 novembre 1858, le Lieutenant Le Coat de Kerveguen en prend officiellement possession au nom de la France. Puis ce sont les Etats-Unis en 1892 qui exploitent la ressource naturelle. Le Mexique n’admet pas cette souveraineté et revendique l’atoll en 1897. Des compagnies exploitant le guano sont désormais implantées sur l’île durant plusieurs dizaines d’années.

Pourtant, en 1914, le calme apparent de cette colonie d’exploitants mexicains est troublé par un naufrage qui bouleverse le quotidien de la communauté. La goélette américaine Nokomis est drossée sur les récifs de corail lors d’une violente tempête. Douze survivants accostent sur l’atoll, dont le capitaine Jensen et sa famille. Malheureusement, il n’y a pas assez de ressources pour nourrir douze bouches supplémentaires. Le capitaine Jensen prend la décision d’envoyer quatre de ses marins dans une barque, au gré des courants, pour aller quérir de l’aide. Ils réussissent à accoster au Mexique après dix-sept jours de mer et obtiennent une aide militaire. C’est un croiseur américain en escale à Acapulco qui viendra chercher les naufragés. Pourtant les membres de la colonie mexicaine, commandés par le Capitaine Ramon Arnaud, refusent le rapatriement vers le Mexique. En effet, une guerre civile déchire le pays et Arnaud préfère attendre un retour au calme pour rejoindre son pays avec les quarante résidents de l’île. Mal lui en prit, aucun navire de ravitaillement ne viendra plus accoster l’atoll. Les hommes et les femmes périssent de malnutrition et de scorbut. Les denrées naturelles de l’île ne sont plus satisfaisantes à la survie du groupe. Le capitaine croit apercevoir un jour une voile sur l’horizon, il ordonne alors à ses hommes de rejoindre le navire en barque, laissant sur l’île, femmes et enfants ainsi que le gardien de phare, un dénommé Alvarez. Pour une raison inconnue, une bagarre éclate dans la chaloupe qui se renverse sous les yeux de la femme du capitaine…

La suite dans Monnaies & Détections n° 77

4000 ANS

Nikolay Tarasov était à la pêche avec un ami, il relevait ses filets, dans la rivière Tisul, région de Kemerovo en Sibérie. L’un d’eux étant resté coincé il s’est mis à l’eau. Après avoir trouvé la pierre qui retenait son filet, il allait la jeter plus loin quand son regard fut attiré par un visage sur la pierre ! Une tête sculptée qui, bon il faut bien le reconnaître, fait plutôt la gueule… Dans le doute Nikolay l’a mise de côté et quelques jours plus tard, il est allé la montrer au musée local. Le conservateur a failli en tomber à la renverse, une découverte rarissime, la figurine a été datée de plus de 4000 ans ! Et il ne s’agit pas d’une pierre comme Nikolay l’avait supposé, mais d’une corne qui s’est fossilisée après avoir été sculptée ! Beau joueur, le pêcheur a offert sa trouvaille au musée.

Source: siberiantimes.com

Trouvaille 77.28

Et voilà un statère de la Belgique de l’ouest, IIe siècle avant JC selon le dénomination de Monsieur Delestrée que l’on avait tendance à rapprocher aux Ambiani : profil à droite dégénéré avec force boucle et ponctuation, au revers un cheval très stylisé avec croissant et globule, reste de l’aurige au dessus ; grosse tache d’oxydation, estimation à 800 €.

Objets courants en détection : les couteaux Coursolle

Durant mes sorties détection, il y a un objet que je déterre fréquemment. Pas à chaque sortie tout de même, mais il reste néanmoins assez courant. Il s’agit du couteau. Mais pas n’importe lequel : le couteau Coursolle. Vous ne voyez pas ? 

Et pourtant. Il est si facile à reconnaitre par son manche en laiton de couleur jaune représentant des personnages, des animaux ou encore des scènes de vie en relief. Les plus anciens d’entre nous reconnaitront cet objet aisément mais pour les plus jeunes, cela sera plus compliqué.

Certes, en détection, nous le retrouvons en bien mauvais état. Dans la majorité des cas, il ne reste d’ailleurs qu’une des deux faces du manche. L’ensemble ayant été dévasté par la rouille et dispersé dans le sol. Si malgré tout le couteau est extrait en entier bien souvent replié, alors la couleur jaune de son manche aura disparu, ternie par les nombreuses années passées sous terre ; sa lame en acier, si elle est encore présente, sera complètement rouillée, intimement liée au reste du couteau et le tire-bouchon, lui aussi aura subi les ravages du temps et aura perdu sa rigueur le rendant presque méconnaissable. Heureusement tout de même, et pour notre plus grand bonheur, les motifs en relief si caractéristiques seront timidement présents.

Quand j’en trouve un en terre, je ne peux m’empêcher de gratter la terre agglutinée sur le manche et le balayer du pouce pour faire apparaitre le motif : tantôt un joueur de basket ou de tennis, tantôt un animal ou bien encore des scènes d’antan. Chaque face me réservant une surprise. Mais une fois rentré à la maison et confortablement installé devant mon atelier, je m’occupe de ma trouvaille pour tenter de lui redonner un aspect digne de ce nom. Un bon nettoyage désincrustant, un polissage à la paille de fer fine et je peux enfin découvrir avec admiration la qualité du travail de gravure et sa patine si caractéristique.

Quand je tiens dans ma main un de ces couteaux, je ne peux que repenser à mon grand-père qui en avait toujours un sur lui. Je le revois, assis au bout de la table, dépliant ce couteau qui annonçait le début du repas et qui le repliait une fois celui-ci terminé. Comme à son accoutumée, il le rangeait au fond de la poche de son pantalon bleu en moleskine en ayant pris soin avant d’essuyer la lame dans sa serviette. Il s’en servait également pour couper les légumes de son potager ou encore pour son petit bricolage. Chaque occasion étant un prétexte à son utilisation. Je le jalousais, moi jeune gamin de six ou sept ans qui ne rêvait à cet âge que d’en posséder un pour épater les copains. En vain. Un véritable outil du quotidien pour lui, de grands moments de souvenirs et d’émotion pour moi.

***

Mais quelle est l’histoire de ce couteau qui a marqué ma jeunesse et comment est-il fabriqué ? J’ai voulu répondre à mes questions et pour cela, je suis remonté jusqu’à la source et son lieu de fabrication : Saint-Rémy-sur-Durolle, en Auvergne (63) à une dizaine de kilomètres de Thiers, capitale de la coutellerie.

En effet, qui de mieux placé que le propriétaire actuel de la société Coursolle pour répondre à mes interrogations. J’ai donc contacté par téléphone puis par mail M. COUPERIER Jean-Marc et ai échangé avec lui sur ses couteaux tant renommés et sur mon intention de faire un article pour un magazine de détection. Après son étonnement de ma démarche, il me consacra un peu de son temps pour répondre à mes questions et nous en sommes restés là pour un premier contact. Mais quelques mois plus tard, un mail de M. COUPERIER m’interpelle dans ma messagerie. Il sera dans mon village le lundi 14 avril en début d’après-midi pour une entrevue professionnelle et profitant de cette occasion, il souhaite me rencontrer pour échanger sur l’historique de son couteau. Après une réponse positive de ma part, rendez-vous est donc pris ce jour à mon domicile.

C’est ainsi qu’à quatorze heures, M. COUPERIER et moi-même sommes installés devant un café, décortiquant la généalogie mystérieuse de ce légendaire couteau…

L’histoire des couteaux

Tout commence avec Léon COURSOLLE, jeune colporteur en draps. Son métier le faisant voyager de ville en ville, il croisa la route de…

La suite dans Monnaies & Détections n° 77