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Monnaies et Détections

107.14

Voici une petite pièce pour estimation, Fred Nord Isère, Bourgoin.
Beau Triens au nom de l’empereur Anastase (491-518), au monogramme du roi Gondebaud (473-516). Avers : DN ANASTA/SIVS PRNC, buste diadémé, drapé et cuirassé à droite. Revers : VICTORIA/AVCVTOVN, Victoire marchant à droite, tenant une couronne et une palme. CONOB à l’exergue et monogramme de Gondebaud dans le champ. Monnaie frappée par les peuples barbares des Burgondes après l’année 507. Une même monnaie s’est envolée à 6500 euros sur un site de vente numismatique. Mais 3000 euros serait la fourchette la plus juste pour cette monnaie.

La plage du cochon d’or

6 novembre 2018, je prospecte une plage, quelque part en Bretagne… Sur un coefficient de 90, c’est le début d’une semaine de grande marée et je suis sur le pied de guerre, avec un seul et unique objectif : trouver de l’or !

Ça commence mal, rien sur la première marée, trop de sable, je change de tarmac. Lire une plage et définir la hauteur de sable, bonne ou mauvaise est une chose à apprendre si vous voulez optimiser vos chances de réussite. La deuxième plage me permet de toucher du sable noir à 30/40 cm ce qui est un bon signe. Le sable noir est plus dense et retient les objets lourds, dont l’or et effectivement je vais sortir une alliance 18 carats de 4 g et des brouettes… Sur la marée suivante, rebelote, une autre alliance 18k de 5 g et un peu de plomb, mais sans plus.
J’ai donc deux jaunes dans la poche, ce qui est déjà pas mal, mais la plage ne me plait pas trop, pas assez de cibles lourdes et la zone porteuse, là où j’ai tapé les deux bagues, n’est pas assez grande à mon goût pour espérer beaucoup plus… Je reprends le volant, de nuit, vers une autre plage à 100 km de là, ça me prend comme ça, quelques fois, et quelquefois le pif peut changer la donne…
Bon, j’avoue, mon pif était un peu aiguillé, quatre mois plus tôt j’avais sorti une belle chevalière de 16 g sur la plage vers laquelle le destin me conduit (1) et étrangement, mis à part une alliance de 1.8 g trouvée sur cette même plage en 2012, rien d’autre !
Je note mes trouvailles, plage par plage, année par année, des statistiques utiles au bout d’un certain temps, surtout si vous prenez des notes sur des repères fixes, permettant de déterminer la hauteur de sable. Évidemment si vous faites toujours la même plage, ça n’a pas d’intérêt…

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 107

 

Recherches historiques à Valoutina Gora

Un grand projet archéologique franco-russe a été lancé en mai dernier dans la région de Smolensk pour contribuer aux recherches sur la Guerre patriotique (campagne de Russie) de 1812. Pendant un mois, les spécialistes français et russes étudieront le territoire de Valoutina Gora dans la région russe de Smolensk. L’objectif principal sera de retrouver la dépouille du général Gudin, qui a servi sous les ordres de Napoléon, pour l’enterrer à Paris. L’historien Pierre Malinowski est à l’origine de ce projet et l’expédition a reçu l’approbation des deux chefs d’État. Le second objectif : exhumer les dépouilles des soldats tués et enterrés sur le champ de bataille de Valoutina Gora, près de Smolensk, en 1812, afin de les enterrer avec les honneurs. 18 des meilleurs experts du ministère de la Culture et de la recherche participeront côté français : des archéologues, des anthropologues, des topographes, des géographes et plusieurs étudiants. Du côté des Russes, il y aura 10 archéologues et des étudiants de l’université de Kalouga, soit au total une quarantaine de personnes.
Source : Le Point

Regardez le logo des archéos français ou russes !

107.12

Trouvée dans le 79 au mois de mars, au milieu d’un vieux chemin emprunté depuis des siècles, dans la terre bien meuble qui l’a conservée intacte (peut être deux rayures de charrue visible sur une face). Métal : bronze, long : 80 mm, larg : 35 mm, poids :126 g, ep : 11 mm. J’ai fait la déclaration à la DRAC en omettant bien évidemment de mentionner l’usage d’un SAFARI, mais j’y tenais absolument ! Datation ? -2000 à -1800 av JC pour moi (âge du bronze ancien). Toto8.6
La hache que vous avez découverte fait partie du groupe des haches plates à section rectangulaire dont la forme générale est trapézoïdale. Le tranchant est symétrique et convexe. Les faces sont relativement planes, le sommet étant aminci et coupant. Les côtés sont plats avec des bords rectilignes et parallèles, ce qui permet de la classer dans la catégorie des haches à méplats. Epoque : âge du bronze ancien, 1800 ans avant J-C.

La monnaie du Bossu

« Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi ! » Tout le monde connaît cette phrase du roman Le Bossu, le plus connu des personnages de cape et d’épée, après les mousquetaires.

Gonzague trahit Nevers, qui sera vengé vingt ans plus tard, c’est l’argument du livre : Paul Féval a fabriqué une fiction inspirée d’une réalité historique avec l’important duché de Nevers qui appartient à la famille Gonzague, laquelle réclame la succession de leur cousin Vincent II, duc souverain de Mantoue. D’où la Guerre de Succession de Mantoue.
En effet le duché de Mantoue est important puisqu’il contrôle quelques passages des Alpes tout à fait stratégiques. Les armées françaises et espagnoles vont donc s’affronter chacune pour leur candidat. Tout commence en 1627 avec l’héritage de Mantoue par Charles, duc de Nevers. Une guerre oppose pendant quatre ans les armées des voisins pour la possession des forteresses et particulièrement pour celle de Casale Montferrato. Elle s’achève par la victoire de Charles I de Gonzague-Nevers, il meurt dix ans plus tard et laisse le trône à son petit-fils, Charles II. La monnaie très usée présentée ici porte le visage poupin de l’enfant et surtout la mention de sa souveraineté d’Arches. Ce village des Ardennes, ceint de murailles et organisé par les architectes du grand-père est devenue Charleville. Charles II vend toutes ses possessions françaises à Mazarin, en 1659.
Le cardinal italien s’est fait connaître lors de la négociation pour Casale, son talent de diplomate pontifical évite un nouveau bain de sang au pied de la forteresse montagneuse en 1640. Il fait son entrée à la cour de France où il prend la suite de Richelieu puis amasse une immense fortune qui lui permet de racheter les biens des Gonzague en France. Ces derniers restent ducs de Mantoue jusqu’à la mort de Charles III en 1708. Il ne laisse qu’un fils illégitime auquel tout droit sera dénié au profit des puissances voisines qui annexent Mantoue mais aussi son Etat associé, Montferrat. Ce marquisat appartenait aux Paléologue, famille des empereurs de Constantinople et échoit aux Gonzague par mariage, leur permettant de bourrer leurs armoiries de prétentions orientales ; y compris sur le trône de Jérusalem, ajoutant ainsi un prétendant de plus à cette prestigieuse royauté virtuelle. (Cf. “Un modeste liard”, n° 101 de Monnaies et Détection).

respectivement : Charles II duc de M(antoue). / Double de la souveraineté d’Arches (en abrégé).

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 107

Vercingétorix aux enchères

Un rare statère au portrait de Vercingétorix, le chef gaulois de la tribu des Arvernes, était proposé aux enchères début juillet par la maison Drouot. De classe I pour un poids de 7,29 grammes, avec la légende « Vercingetorix » en partie rognée, au revers : cheval au galop avec un torque et une amphore, la monnaie qui n’était pas très belle, un avers décentré et usé, avait tout de même une mise à prix de 15/20 000 euros. Après des enchères très disputées c’est un enchérisseur via internet qui l’a emporté, à 83 000 euros…
Source : Drouot enchères

107.1

Bonjour, tout d’abord merci pour votre excellent magazine. J’ai trouvé cette monnaie en Charente-Maritime et je n’arrive pas à l’identifier, obole de Charlemagne ? Elle est uni face et pèse environ 0,40 g.   Dimensions : 15 mm par 12 mm, en argent. Merci pour toutes vos informations sur cette trouvaille. Franck
Nous ne pensons pas que cette monnaie relève de la numismatique carolingienne, la forme des lettres est bien plus fine que sur les oboles de Charlemagne et la titulature ne correspond pas. Elle semble être un denier mérovingien. Le grand A laisse immédiatement penser à une des très importantes frappes de Marseille, mais on retrouve de telles lettres à Tours. Malheureusement, ces monnaies produites en très grand nombre sont très souvent mal frappées et difficiles à identifier de façon précise, comme c’est le cas ici. Rappelez-vous le dernier denier mérovingien paru, N° 99.10, il n’a jamais été identifié.

Une monnaie de Berg

Dans chaque giberne de soldat il y a peut-être un bâton de maréchal…

Cela n’a jamais été aussi vrai que sous Napoléon Ier. Non seulement il a fait de gens du commun des maréchaux mais, parmi ceux-là il a distribué des couronnes. Bonaparte, même s’il a repris le décorum de l’empire romain, s’est inspiré plutôt de la féodalité pour construire son système de hautes récompenses : ordres de chevalerie, noblesse fondée sur la géographie et rois vassaux. C’est d’une audace oubliée, car Napoléon III, le neveu, n’a pas été jusque-là. Le Petit Caporal, lui, reprenait les vieux royaumes pour les confier, en tant que couronnes vassales, de l’Empire français à sa famille.
Lorsque les Etats se trouvaient avec un Bonaparte – ou l’un des serviteurs de l’empereur – à leur tête ils n’arrêtaient pas de battre monnaie. Ainsi est née toute une catégorie de monnaies napoléonides hors de France. La France était grande de 750 000 km2 après l’annexion de la Hollande, mais Napoléon Ier a repris ou restauré bien des royaumes à l’étranger. La liste est importante, aussi nous allons dresser celle des principautés données à des Français pour l’instant.
Les frères et sœurs de l’empereur : Espagne, Naples, Hollande, Lucques, Westphalie, Toscane…
L’entourage : Bénévent (Talleyrand), Ponte-Corvo (Bernadotte), Neuchâtel (Berthier), Naples (Murat), Berg (Murat).
Venant de trouver une monnaie de Berg et de Clèves, je découvris avec surprise dans le “répertoire des monnaies napoléonides” de Poindessault et de Mey qu’elle était en billon. Sa mauvaise apparence – nous pouvons en juger sur la photo – peut laisser penser qu’elle est en bronze.

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17 000 euros

Trouvés au détecteur ! Et ce n’est qu’une estimation… Encore une belle histoire qui nous vient d’Angleterre, non il n’y a pas plus de trésor en Angleterre qu’en France, la seule différence c’est que, eux, les déclarent !
Lisa Grâce, une prospectrice anglaise, elles sont de plus en plus nombreuses, a trouvé le jackpot et elle ne bricole pas Lisa, équipée d’un GPX 5000 de chez Minelab et avec en plus une bobine énorme ! L’histoire ne dit pas si Lisa avait des informations particulières, on cherche rarement au hasard avec un engin pareil, mais en tout cas elle a mis dans le mille en découvrant dans le Lincolnshire, un superbe pendentif en or d’époque médiévale !
Un pendentif orné d’une grosse améthyste en taille ancienne et de trois pendeloques en tresse d’or. Le bijou a été daté des années 1400/1550. Certains y voient même un bijou qui serait lié au roi Édouard IV (1461-1483). Ils arrivent à cette conclusion, un peu fumeuse, à cause d’un tableau représentant le Roi, qui porte une épingle à chapeau ressemblant au bijou découvert par Lisa et en rajoutant que le style du bijou rappelle le soleil d’or qui était l’emblème d’Édouard IV. S’il y a une vague ressemblance, c’est quand même un peu dur à avaler… Mais peu importe, le simple fait d’associer le nom du roi à ce bijou devrait avoir une influence plus que positive sur les enchères et c’est tant mieux pour Lisa ! A suivre…
Source : dailymail.co

107.11

J’ai le plaisir de vous envoyer deux photos d’un statère que l’on pense namnète. C’est mon ami qui en a fait l’heureuse trouvaille. Il pèse 7,8 g et il est d’une couleur très jaune. Est-il possible qu’il soit non pas en électrum mais en or ? Cette monnaie a été trouvée dans le 17, elle est extrêmement bien conservée avec des détails très fins. De pouvoir observer une telle monnaie, cela m’a rappelé votre dossier sur les monnaies gauloises de l’été dernier dans monnaies et détection (d’ailleurs je n’arrive pas à retrouver cet exemplaire dans mes affaires). Merci par avance pour votre expertise, au plaisir de vous lire. Cordialement. Clément
C’est bien un statère émis chez les Namnètes, à la toute première phase de l’importante émission dite «  à l’hippophore » Nouvel Atlas t. II, série 308 A, DT 2181-2183. Le poids élevé et l’aspect d’or allié d’assez bon aloi, en se fiant à la photo, permettent de situer la monnaie dans le dernier tiers du IIe siècle av. J.-C. Avers : tête à droite, entourée de cordons perlés terminés par de petites têtes coupées ; la chevelure est stylisée. Revers : cheval androcéphale galopant à droite conduit par un aurige étendant la main droite ; entre les jambes du cheval, hippophore. Cette monnaie est un TB++ et peut s’évaluer 1000 euros.