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Monnaies et Détections

Trouvaille 77.24

Cette monnaie a été trouvée par Gérard dans l’Hérault, il s’agit d’une pièce attribuée à Sextus Pompeius. C’est un Aureus, frappé en Sicile 37-36, MAG PIVS IMP ITER : tête nue de Pompée à droite, dans une couronne de chêne visible à 11 h “Magnus pius imperatori iterum” (Pompée, le grand, pieux Imperator pour la deuxième fois). Revers : PRAEF CLAS ET O-RAE MIT EX. S. C “Praefectus classis et oræ maritimæ ex senatus consulto” (Préfet de la flotte et de la côte maritime par décret du Sénat) Sextus Pompee face à Pompée le grand. Lithus et tripode dans le champ. Cette monnaie est très rare et le coup visible sur la tranche à 11 h (avers) la décote (espérons que cela ne soit pas un coup de piochon !) Monnaie en état TB+ estimée à 15000 €.

Les jetons-monnaies des lieux de plaisir

De tout temps, les lieux de plaisir ont attiré la gente masculine, que ce soient les cabarets, cafés populaires, théâtres de boulevard ou les maisons closes appelées aussi : lupanars sous l’Antiquité, maisons des plaisirs au Moyen Age, puis maisons de tolérance ou bordels. 

Les jetons-monnaies de maisons closes

Des dames expérimentées, « prostituées », vendaient leurs charmes dans les maisons closes pour le plus grand bonheur des messieurs. La prostitution (du latin prostituere mettre devant, exposer au public) étant une activité consistant à accepter ou obtenir des relations sexuelles, en échange d’une rémunération ; des jetons-monnaies étaient prévus à cet effet.

Le jeton-monnaie n’est pas une pièce de monnaie bien qu’il y ressemble. En effet, même s’il est le plus souvent rond, métallique, d’un format pratique, souvent orné d’emblèmes du régime en place, parfois daté, il porte rarement une indication de valeur car il n’a pas de cours officiel et n’est pas émis pour la circulation générale.

Les plus anciens jetons-monnaies de maisons closes, les spintriae, furent émis sous l’Empire romain. 

Ces spintriae (singulier : spintria) ou spintriennes ou plus exactement tessères spintriennes sont des jetons de la Rome antique décrivant un symbole ou un acte sexuel.

La prostitution est florissante à Rome où elle se présente sous des formes multiples : les prostituées se trouvent en maison signalée par des bougies allumées pendant les heures d’ouverture, dans des auberges, dans des loges, ou dans la rue, devant les arcades (appelées fornix d’où le terme de fornication) comme devant la porte de leurs domiciles.

Dans les maisons closes, le client peut échanger ses spintriae, contre une faveur sexuelle spécifique. Le recours à ces jetons-monnaies s’explique par l’interdiction d’introduire des monnaies à l’effigie de l’empereur au sein de lieux de débauche.

Les spintriae sont rares et très recherchés en particulier par les collectionneurs et les amateurs de sujets érotiques. Ces jetons, principalement en bronze mais parfois en laiton, représentent toujours à l’avers une scène érotique. Le revers porte un chiffre allant de I à XXI.

L’usage de ces tessères est mal connu. … La suite dans Monnaies & Détections n° 77

Une pièce unique

Darrin Simpson, prospecteur anglais, une fois de plus… (on espère qu’un jour viendra où l’on vous parlera des prospecteurs français), Darrin donc était de sortie avec trois copains dans un champ du Sussex, au mois de mars de cette année quant il trouva un trésor ! Il était bien modeste son trésor puisqu’il n’y avait qu’une seule monnaie ! Mais une seule peut suffire si elle est unique ! Si elle a forcément eu des petites sœurs, c’est à ce jour le seul exemplaire connu. Frappée sous le règne d’Etelberthe II, il y a environ 1200 ans. Les historiens pensent d’ailleurs que cette monnaie et les autres du même type conduisirent Etelberthe à sa perte, le roi Offa de Mercie y voyant des velléités d’indépendance le fit, par prudence décapiter ! On n’est jamais trop prudent…

Cette monnaie est donc considérée comme exceptionnelle, estimée entre 15 et 20 000 livres sterling elle a été adjugée lors d’une vente aux enchères le 11 juin dernier 78 000 £ soit environ 97 500 euros ! Pas mal pour une seule monnaie. Darrin remettra lui-même la moitié de la somme au propriétaire du terrain et il a, le jour de la vente, déclaré qu’il donnait un quart de sa part à ses trois copains qui étaient avec lui le jour ou il trouva un trésor composé d’une seule monnaie !

Sources: itv.com & bbc.com

Pièce frappée sous le règne d’Etelberthe II. ©

Trouvaille 77.16

Une fois n’est pas coutume, trouvée à la batée dans notre fleuve Garonne, de la petite pépite d’or naturelle. Le trombone est là pour donner une indication d’échelle et si vous avez de bons yeux vous verrez un petit grenat à gauche, une petite bille de plomb minuscule (au même niveau que le grenat à sa droite et un fil d’or non naturel en bas à droite. Quand la chaleur est suffocante, c’est un bon moyen de continuer notre loisir en se rafraichissant !

Ave Res Nullius, inventori te salutant !*

Et non, RES NULLIUS n’est pas un empereur aussi connu que le célèbre Abribus… 

C’est une expression latine utilisée en droit civil qui désigne une chose sans maître, c’est-à-dire qui n’a pas de propriétaire mais qui est néanmoins appropriable. C’est justement parce que cette chose n’a pas de maître que le premier qui s’en empare en devient propriétaire. Cette chose doit être un bien meuble, c’est à dire un objet que l’on peut déplacer, et qui n’est pas solidaire d’un immeuble. Point important à préciser un objet ou une chose qualifiée de Res Nullius ne doit pas avoir ou jamais avoir eu de propriétaire… C’est exactement le cas de la météorite de Mont-Dieu, Ardennes (voir M&D n°76). Pourtant, un objet trouvé doit obligatoirement avoir un propriétaire non ?

La réponse se trouve dans notre bon droit Français. Celui-ci comporte une définition particulière à propos de ces choses dont le propriétaire s’est volontairement débarrassé : c’est ce que l’on appelle un RES DELICTAE. Cette expression latine, désigne les choses abandonnées par le premier occupant ou possesseur, c’est-à-dire celles qui ont été laissées de côté par leur propriétaire abandonnant ainsi tout droit dessus. Et c’est bel et bien par un acte volontaire d’abandon sur la chose par son propriétaire, qu’elle se distingue du Res Nullius. Un bon exemple de Res Delictae concerne les choses que vous pouvez trouver dans les encombrants, c’est à dire celles déposées sur le trottoir. Par contraste, des choses perdues peuvent concerner des biens meubles égarés par leur propriétaire : mais celui-ci maintient donc son droit dessus bien qu’il en ait perdu la possession. Donc, lorsque vous perdez quelque chose, juridiquement, vous n’en n’êtes pas dépossédé, vous en êtes toujours propriétaire. L’article 717 du Code civil nous en donne la définition : “chose perdue dont le maître ne se représente pas”  …

La suite dans Monnaies & Détections n° 77

*Bonjour Res Nullius, les inventeurs te saluent !

Lunule d’or

David Spohr, prospecteur anglais… exerçant sa passion et son loisir dans le Dorset, venait de passer une matinée à prospecter sans avoir rien trouvé d’intéressant, il rentrait déjeuner quand en traversant un pâturage son Minelab CTX 3030 a accroché une nouvelle cible. Après deux coups de pelle, David a cru un instant voir le fond doré d’une vieille boîte de sardines ! On en a tous trouvé… seulement cette fois c’était bien de l’or ! Un rarissime collier plat, daté entre la fin du Néolithique et le début de l’âge du Bronze, une lunule qui tient son nom du terme Latin Lunula « petit lune ». Quelques lunules ont été découvertes en France, elles sont généralement recouvertes de motifs géométriques sur les pointes, la partie centrale restant vierge, ce qui est le cas de celle de David. La lunule de David a été estimée 37 000 livres sterling, environ 46 000 euros.

Elle pèse 71,5 grammes et c’est seulement la quatrième lunule découverte en Grande-Bretagne et la première à l’aide d’un détecteur de métaux ! On ne saurait vous dire combien ont été trouvées en France, il n’y a aucune base de données accessibles au grand public…

Source : dailymail.co.uk

Lunule rarissime découverte en Grande Bretagne. ©

Trouvaille 77.17

Petite sortie ce dimanche avec les amis, pas beaucoup de découvertes à part cette petite plaque qui fait 5 cm par 2,5 cm, on distingue deux tours avec quelques restes de couleurs émaillées, du rouge et un peu de bleu. Pourriez-vous m’en dire plus ? Patastrophe.

Il s’agit d’une plaque boucle émaillée du XIIIe siècle avec restes de deux couleurs, rouge pour les lignes dentelées extérieures et la représentation des deux châteaux (donjon sur motte féodale) et bleues pour la décoration des lignes délimitant les deux monuments. Un rivet est encore présent en place, la conservation de cet objet est magnifique.

Les Walkyries

Une nouvelle découverte concernant l’époque viking, réalisée au Danemark avec un détecteur. Pays, rappelons-le, où la prospection est aussi libre et réglementée qu’en Angleterre et où ces dernières années les découvertes aux détecteurs de métaux ont bouleversé bien des idées reçues… les archéologues danois le reconnaissent eux-mêmes, les prospecteurs amateurs utilisant des détecteurs de métaux ont fait en quinze ans 10 fois plus de trouvailles de monnaies ou artefacts vikings qu’en un siècle d’archéologie ! Cette superbe Walkyrie en argent recouverte d’or en est une fois de plus la preuve ! Un autre prospecteur en 2012 avait déjà trouvé une statuette* de ce genre, rarissime, celle de 2012 tenait une épée à la main. Dans la mythologie nordique viking, les Walkyries, redoutables guerrières, étaient celles qui choisissaient les guerriers devant mourir au combat pour être ensuite conduits par ces mêmes Walkyries au Walhalla, le grand banquet d’Odin, considéré comme le paradis des guerriers vikings…

Sources : heritagedaily.com et *Monnaies & Détections N° 72

Najac, l’histoire est en marche !

A la date habituelle du week-end de la Pentecôte s’est déroulé le rallye de Najac, le 13e rallye Midi-Pyrénées. Le plus grand évènement national de prospection a encore explosé son record d’inscriptions ! Le temps était magnifique et en fin de journée un véritable trésor archéologique a été mis au jour…

Souvenez-vous, l’année dernière dans le N° 71, à la page cinq j’écrivais : « Il y a un dieu pour les prospecteurs et il a un doigt pointé sur Najac, petit village médiéval magnifique ! »

Il nous faut vous conter cette histoire et le bras de fer qui en a résulté, étape par étape, avec le ministère de la Culture et la D.R.A.C.

Le 13e rallye

Pour ceux qui veulent avoir une réelle idée de ce que fut cette treizième édition du rallye, la vidéo officielle offre tous les éléments pour cela : https://www.youtube.com/watch?v=LgCK68ZxgHc (ou tapez you tube loisirs détections dans google).

Le week-end de la Pentecôte permet aux participants éloignés d’éviter la fatigue du voyage. Un prospecteur (à la retraite bien sûr) avait planté sa tente 6 jours avant et il s’y est tellement plu qu’il a prolongé d’une semaine après le rallye ! Mais la plupart des détectoristes ont échelonné leur arrivée dans la journée de samedi et ont utilisé leur temps libre pour faire connaissance au point de ralliement du camping : le bar !

Une soirée était organisée avec un concert de Régis Najac et une cérémonie d’adoubement de chevalier par Messire Toffy de Roquebrune, seigneur de Villanossia. Michel Vivoux et Cathy Fernandez, artistes que l’on ne présente plus, sont devenus chevaliers templiers ce soir-là. En point d’orgue de la soirée, reprise en cœur par toute la salle, la chanson « gare aux happaches » a eu un très beau succès (voir you tube loisirs détections pour les paroles, cela vaut le détour) : https://www.youtube.com/watch?v=sTQv4fFc5zU&feature=gp-n-y&google_comment_id=z12fsx0a1kitufzvh233vhyjtsiqg5wl3


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La journée de dimanche a été occupée par la prospection de 10h à 12h et 14h à 16h – quatre heures sous un soleil accablant étaient largement suffisantes. A la remise des prix, le barman du camping s’inquiétait de voir son stock de bière locale (fraiche et légère) disparaitre comme par enchantement, en aurait-il assez pour tout le monde ?

Cinq mille euros de lots ont été distribués (5 détecteurs, 7 propointeurs, 1 monnaie en or et une centaine d’autres lots de prix variables), nous remercions les sponsors qui ont fourni des lots : LOISIRS DETECTIONS, XP, PRINGAULT, MONNAIES & DETECTIONS, REGIS  NAJAC (artisan coutelier avec son couteau de la paix : https://www.facebook.com/CouteauLeNajac), le club des GEOS TROUVENT SOUS et le CAMPING DES ETOILES. Il suffisait de retrouver des jetons numérotés qui seraient tirés au sort pour la remise de prix. Le jeton tiré en sort n’était plus remis en jeu pour les autres tirages, la pression montant au fur et à mesure que les lots montaient en importance…

Le soir même il restait encore une bonne soixantaine de personnes qui passa la nuit au camping à faire la fête. Pour certains, le lundi de Pentecôte était un jour de retour sur un long trajet, pour d’autres une petite prospection matinale s’est organisée spontanément avant que chacun regagne ses pénates et reprenne ses habitudes.

Un trésor archéologique

Mais revenons au rallye et à la découverte de la patère…

La suite dans Monnaies & Détections n° 77

Trouvaille 77.10

Bonjour, j’ai trouvé ce triens dans l’Aveyron. Pourriez-vous m’en dire plus sur son origine ? 

Ce magnifique triens correspond tout à fait au Belfort N° 951 attribué à Brion (Vienne). Autour du buste on devine : BRIONNOVIC. Au revers, autour de la croix ancrée, on trouve le nom du monétaire CHA……VS pour Chaidvlfvs. On retrouve ce triens (Belfort 951) dans d’autres ouvrages de référence. Dans le Prou sous le N° 2279 et dans le Depeyrot planche 49 N° 1 à la page 122 du tome III du numéraire d’or Mérovingien : les ateliers centraux. La monnaie est en état TTB mais de flan court ce qui empêche de lire la légende en son entier. Cela reste une monnaie estimée à 1500 €.