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Monnaies et Détections

91.07

Je me tourne de nouveau vers vous pour vos connaissances et vos précisions dans vos articles. Il s’agit d’une chevalière en bronze portant des armoiries. Il me semble y voir un château et ses deux tours. J’ai effectué des recherches sur le net mais sans résultats. La signification des armoiries et sa datation seraient les bienvenues. Voir aussi un plomb de sac que je ne connais pas malgré le nombre en ma possession. Ces deux objets ont été trouvés en champ. Je vous remercie en attendant votre prochaine revue. Renaud
Cette chevalière en bronze est recouverte d’émaux en partie disparus. Elle représente un écu supportant une maison forte avec une porte centrale. Il s’agit d’une bague émaillée période néogothique sous Napoléon III, armes parlantes au châtel (donjon et pont levis).
Le plomb de sac est inconnu mais ce n’est pas rare en soi et il n’existe pas de catalogue permettant de le classifier. Si un lecteur prospecteur a eu le bonheur d’en identifier un il nous transmettra sans nul doute le résultat final.

L’aventure coloniale française (première partie)

L’Empire colonial français est l’ensemble des territoires d’outre-mer colonisés par la France. Commencé au XVIe siècle, il a connu une évolution très contrastée selon les époques, aussi bien par son étendue que par sa population ou sa richesse. Les possessions coloniales ont connu différents statuts et modes d’exploitation, des colonies antillaises esclavagistes du XVIIe siècle et du XVIIIe siècle à l’Algérie française, partie intégrante de la France à certaines périodes, en passant par les protectorats de Tunisie et du Maroc et les territoires sous mandat de Syrie et du Liban.
On distingue généralement deux périodes concernant les empires coloniaux français, le pivot étant la période couvrant la Révolution et l’époque napoléonienne au cours desquelles la France perdit les derniers restes de sa première aventure coloniale.

La première période de l’aventure coloniale ou premier espace colonial débute au XVIe siècle et se termine fin 1829. Ce premier espace colonial français est l’espace colonial issu des conquêtes monarchiques. Plusieurs désignations en rapport avec cet état de fait lui correspondent : premier empire colonial, empire royal, empire monarchique, empire colonial français moderne.
Le premier espace colonial, constitué à partir du XVIe siècle comprend principalement des territoires nord-américains : la Nouvelle-France et la Floride française ; quelques îles des Antilles (Martinique, Guadeloupe, Sainte-Lucie…) ; les Mascareignes (Réunion, île Maurice) et des établissements (comptoirs) en Inde et en Afrique.
Le premier empire colonial s’étendait sur 8 013 624 km².
En Inde, les Français commencent à vouloir s’implanter de façon significative grâce à la politique de Joseph François Dupleix entre 1719 et 1763. Les efforts de ce dernier sont néanmoins ruinés après la conclusion du traité de Paris en 1763.
En Amérique, la Nouvelle-France s’accroît de façon spectaculaire et comprend presque la moitié de l’Amérique du Nord. Elle forme quatre colonies dont l’Acadie, le Canada, Terre-Neuve, et la Louisiane. Après les traités d’Utrecht en 1713, elle perd l’Acadie (partie sud), la Baie-d’Hudson, et Terre-Neuve (Plaisance). Cependant, elle forme deux nouvelles colonies : l’Isle Royale et l’Isle Saint-Jean.
La Guerre de Sept Ans (1756-1763) marque le début d’une longue rivalité avec les Britanniques pour la possession des territoires coloniaux et met un frein aux ambitions coloniales de la France. Cela se solde par la perte de la majorité des territoires nord-américains et en Inde à l’exception de quelques comptoirs. En effet, tout s’écroule au traité de Paris en 1763, après la Guerre de Sept Ans, où la France perd le Canada, l’Acadie, l’Isle Royale, l’Isle Saint-Jean, la partie Est du Mississippi, qui faisait partie de la Louisiane, et la partie Ouest du Mississippi qui revient à l’Espagne en compensation de la perte de la Floride et cela aux dépens des Anglais.
L’Empire colonial survit malgré tout et connaît une certaine prospérité grâce aux exportations antillaises de café et surtout de sucre venant de Saint-Domingue, de la Martinique et de la Guadeloupe entre 1763 et la fin des années 1780.
Il s’effondre brutalement vers 1790 avant de disparaître presque entièrement durant l’époque du Premier Empire de Napoléon Ier.
En 1800, la France reprend la Louisiane occidentale à condition de ne pas la vendre ni à l’Angleterre ni aux Américains, ce que Napoléon fera trois ans plus tard, en 1803, sans l’appui ou l’approbation de l’Assemblée Nationale. L’Amérique du Nord devient alors en majorité anglophone.

En 1804, les Français perdent le dernier fleuron de leur premier empire colonial : la colonie de Saint-Domingue proclame son indépendance et devient la République d’Haïti.
Après la chute de Napoléon Ier en 1815, la France ne conserve que quelques possessions : les cinq comptoirs des établissements français de l’Inde, la Réunion, l’île de Gorée au Sénégal, quelques îles des Antilles (Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin…), ainsi que la Guyane, l’île de Clipperton et Saint-Pierre-et-Miquelon et les Terres australes et antarctiques françaises.
La deuxième période de l’aventure coloniale ou deuxième espace colonial débute en 1830 avec le début de la campagne d’Algérie.
Plus limitée et surveillée en Europe après la défaite napoléonienne, la France se lance dans la conquête de l’Afrique avec la campagne d’Algérie (1830-1847) en Afrique du Nord (Maghreb).
Un décret impérial du 2 juin 1848 crée les départements français d’Algérie.
Les Français étendront leurs possessions en Afrique du Nord avec la Tunisie en 1881 et avec le Maroc en 1912.
La France colonise aussi la majeure partie de l’Afrique occidentale et équatoriale (régions acquises à partir des anciens comptoirs) et l’Indochine (Cochinchine, Cambodge), ainsi que de nombreuses îles d’Océanie (Polynésie française, Nouvelle-Calédonie, Nouvelles-Hébrides).
La politique coloniale du Second Empire porte l’empreinte de Napoléon III et de son ministre de la Marine et des Colonies, Chasseloup-Laubat. Ce dernier entreprend une modernisation de la marine de guerre (cuirassés à hélices) qui doit permettre d’améliorer la capacité d’intervention des troupes coloniales. La superficie du domaine colonial triple sous le Second Empire jusqu’à atteindre un million de km² pour cinq millions d’habitants.
L’annexion définitive de la Nouvelle-Calédonie en 1853 constitue la première action coloniale de l’Empereur.
En Afrique, Napoléon III nomme Faidherbe au poste de gouverneur du Sénégal.
S’ensuivent la fondation du port de Dakar et la création du corps des tirailleurs sénégalais.
L’implantation du comptoir des Rivières du Sud en 1859, puis l’acquisition de la côte du Gabon en 1862 sont les principales étapes de la pénétration française en Afrique de l’Ouest.
En Afrique de l’Est, Napoléon III signe en 1862 un traité de commerce avec Madagascar où s’installe un consulat de France. La politique impériale vise principalement de ce côté de l’Afrique à contrer l’influence britannique. La même année, la France obtient d’un chef local la cession du petit territoire d’Obock sur la côte nord du golfe de Tadjourah, mais elle n’y procède à aucune occupation effective pendant vingt ans, se contentant de réaffirmer sa souveraineté de loin en loin en faisant hisser les couleurs nationales par l’équipage d’un bâtiment naval de passage.
Au Maghreb, il renforce la présence des conseillers militaires français dans l’armée du bey de Tunis.
Ce second espace colonial atteint son apogée après la Première Guerre mondiale, lorsque la France reçoit de la Société des Nations (SDN) un mandat sur la Syrie et le Liban.
Il est au cours de la seconde moitié du XIXe et au XXe siècle le deuxième plus vaste empire colonial du monde, derrière l’empire colonial britannique. Présent sur tous les continents, il s’étend à son apogée, de 1919 à 1939, sur 12 347 000 km2.

En incluant la France métropolitaine, les terres sous souveraineté française atteignaient ainsi la superficie de 12 898 000 km2, soit près de 1/10e de la surface de la Terre, abritant une population de 110 millions d’habitants à la veille de la Seconde Guerre mondiale, soit 5 % de la population mondiale à l’époque.
Aujourd’hui, les restes de ce large empire colonial constituent la France d’outre-mer (ou “DOM-TOM”), soit une douzaine de territoires insulaires dans l’Atlantique, les Antilles, l’océan Indien, le Pacifique Sud, au large de l’Antarctique, ainsi que la Guyane sur la côte nord de l’Amérique du Sud, pour une superficie émergée totale de 119 394 km2, soit à peine 1 % de la superficie de l’empire colonial à son apogée entre les deux guerres mondiales. D’une faible superficie émergée, ces DOM-TOM permettent toutefois à la France de revendiquer la 2e plus grande zone économique exclusive (ZEE) au monde, couvrant 11 035 000 km2 d’océans, juste derrière celle des États-Unis. Dans ces territoires, en 2013, vivaient 2 691 000 personnes jouissant d’une représentation politique au niveau national, ainsi que de divers degrés d’autonomie.

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 91

Savannasaurus Elliottorum

Son inventeur se nomme David Elliot, il a donc donné une partie de son nom, à sa petite bête et quelle bête : un dinosaure gigantesque ! L’Elliottorum, dont les restes ont récemment été découverts en Australie, est un nouveau sauropode de la famille des Titanosaures. Il était inconnu à ce jour. Les chercheurs australiens se sont amusés à lui donner presque vie en images de synthèse. Le résultat est une bête impressionnante, six à huit mètres de long, entre 15 et 20 tonnes et un cou gigantesque, dont la tête culminait à environ huit/dix mètres du sol, voire plus ! Si on admet qu’il était capable de se dresser sur les pattes de derrière, pourquoi pas, les girafes et les éléphants le font bien.
Pour être plus réaliste, si vous êtes en train de lire Monnaies & Détections tranquillement, dans le canapé de votre appartement au cinquième étage, vous pourriez donc le voir pointer son museau à la fenêtre !
Source : abc.net.au/news

91.14

Un nouvel objet à identifier. Dans ma famille, on me dit une broche pour femme. Trouvé à proximité d’un chemin de campagne. Philippe de Toulouse
Il s’agit bien d’une broche XVIII-XIXe siècle, en cuivre, de forme losangique. Quatre petits chatons aux emplacements cardinaux devaient enserrer de la verroterie. Douze chatons plus petits et répartis équitablement sur le losange recevaient une imitation de diamant ou autre pierre noble. L’axe tordu et cassé (à l’envers sur les photos) recevait un cinquième gros chaton.

庫務張顯忠 (a) Le trésor de Zhang Xianzhong

Chine, 17e siècle, sur la fin de la dynastie Ming (1368-1644) dans la province du Sichuan. Un paysan se rebelle contre l’autorité des seigneurs qui règnent en maîtres, il se fait bandit, et devient célèbre dans tout le Sichuan et même bien au-delà. Zhang Xianzhong (1606-1647) le rebelle va devenir une légende, il effectue avec sa petite armée – des paysans comme lui qu’il a gagnés à sa cause – de nombreuses razzias sur toute la région, volant les seigneurs pour donner aux pauvres, une sorte de Robin des campagnes avant l’heure. Mais, par la force des choses il accumule aussi, comme tout bandit digne de ce nom, un trésor de guerre !
Un beau jour, dont tout le monde a oublié la date précise, il est pris à partie par l’armée locale, alors qu’il descend une rivière avec toute sa flotte de navire, la Min-Jiang. Il doit jeter son trésor par-dessus bord, à moins que ce ne soit son bateau ou ses bateaux qui furent brûlés, on ne sait plus très bien…
Pendant des décennies et même des siècles, les paysans du Sichuan vont transmettre et se raconter cette histoire, celle d’un paysan ayant voulu changer le monde, les soirs où l’on s’ennuie au coin du feu, enjolivant l’histoire, en rajoutant des tonnes, surtout au sujet du trésor, forcément… et l’histoire devint une légende comme toutes les campagnes en connaissent. Jusqu’à un beau jour de 2005, où, suite à un projet d’irrigation, un paysan du coin découvre un lingot d’argent dans les boues de la rivière Min-Juan, un lingot d’époque Ming ! (photo 1)

神的名稱 ! (b)
Et si elle était vraie, cette histoire de trésor ?

La découverte du lingot se répand comme une traînée de poudre dans toute la région du Sichuan, mais bizarrement elle ne vient pas aux oreilles des autorités, allez savoir pourquoi… Des dizaines voire même des centaines de personnes se transforment, certains jours, en chasseurs de trésor ! Et ils vont en trouver des trésors, pendant des années, car la chasse au trésor va perdurer pendant au moins six ans ! Surtout l’été, au moment où la rivière est au plus bas. On comptera jusqu’à 300 personnes remuant la boue sur une journée ! Qu’est-ce que les paysans devenus chasseurs de trésor ont trouvé ? Pour tout dire, on n’en sait rien ou pas bien plus, de nombreux objets en argent et en or seront saisis, d’autres, en moins grand nombre, seront trouvés par les archéologues sur le site. Mais il est aujourd’hui évident que beaucoup d’or et d’argent ont fini vendus ou pire : fondus !
« À qui la faute ? Principalement à la politique chinoise qui depuis quelques années, applique une loi assez idiote, qui veut que tous les objets archéologiques appartiennent et reviennent au Gouvernement, l’inventeur n’ayant droit à rien ! Ça ne vous rappelle rien ?
真的很傻政策 (c)
Alors, que fait un paysan chinois, voire français, voire même (pure hypothèse) un chasseur de trésor quand il trouve, par exemple, un lingot d’or de 730 grammes ? Premier choix, il l’offre, avec un sourire bête et idiot, au Gouvernement et rentre chez lui les poches vides. Deuxième choix, il le vend ou le fond pour en tirer au moins la valeur de l’or, c’est-à-dire au cours actuel : 27 000 euros. Franchement, même pour un paysan du Sichuan, surtout pour un paysan du Sichuan, la réponse est assez simple… »

Revenons à nos lingots, pourquoi 730 grammes ? C’est tout simplement le plus gros morceau d’or (parmi ceux qui ont été officiellement retrouvés) du trésor de Zhang Xianzhong (photo 2). Une plaque de 12 cm sur 10, couverte de 29 idéogrammes, pesant 730 g d’or pur ! Au moins trois autres plaques, plus petites, ont été saisies/trouvées (photos 3 et 4), elles datent toutes de l’époque Ming. La plus lourde, d’une part pour les caractères qui la recouvrent et de par son poids, qui en fait un objet de grande valeur et donc de grande rareté pour l’époque Ming, a été classée « niveau 1 » par les archéologues chinois. Le « niveau 1 » regroupe les objets archéologiques chinois les plus rares, vu tout ce qui se trouve en Chine, on peut donc considérer que c’est extrêmement rare ! Et pourtant elle a bien failli finir au creuset et l’on est quasiment sûr que d’autres lingots du même genre y sont passés…

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 91

Pirate pour de vrai

On a tous joué, au moins une fois étant enfant, aux pirates ! Un Anglais, qui a préféré garder l’anonymat y jouait lui aussi et pour le convaincre dans son rôle de Barbe noire ou de John Long-Silver… son grand-père qui était un grand voyageur lui offrait sans cesse de nombreuses pièces de monnaies, provenant d’un peu partout. Devenu adulte et ayant perdu son grand-père, notre pirate en herbe avait donné son sac de monnaies à son propre fils qui a lui aussi joué avec, et c’est en le regardant jouer qu’il a eu une surprise. Parmi les monnaies en cuivre, bronze, argent, se trouvait une pièce d’or ! Mais pas une banale monnaie en or, non, une monnaie connue à moins de quinze exemplaires !
Une pièce de cinq guinées à l’effigie de la reine Anne, frappée en 1703 avec de l’or récupéré en 1702 par les Britanniques lors de la bataille de Vigo ! Ce tirage rarissime porte d’ailleurs le nom de Vigo sur son avers. La Baie de Vigo, en Espagne, est connue de tous les chasseurs de trésor ; on y a recherché et on y cherche toujours, des fortunes englouties pendant la bataille qui opposa une flotte espagnole rentrant des Amériques, aux Britanniques qui voulaient mettre la main sur le magot. Le célèbre chasseur d’épaves, Robert Sténuit entres autres, y a consacré plusieurs livres. La pièce du grand-père pirate va être prochainement vendue aux enchères, sa première estimation est de 250 000 livres sterling…
Source : telegraph.co.uk

91.03

Bonjour, fidèle abonné, j’ai le plaisir de vous envoyer deux identifications. J’aimerais avoir des détails concernant la lecture de la titulature de la monnaie ainsi qu’une estimation. Elle pèse 5,51 grammes et son diamètre est de 24 mm, elle est assez fine. Je pense qu’il s’agit d’un sesterce de Posthume et non d’un double sesterce comme on le voit plus couramment. Ce monnayage est particulier et mériterait d’ailleurs un article car le sesterce de Posthume a la taille d’un dupondius et le double sesterce, celui d’un sesterce d’un autre empereur… j’y perds mon latin (;-). Si vous avez des éclairages, je suis preneur. Mon objet a une superbe patine et un ami m’a dit qu’il s’agirait probablement d’un cure oreille de l’époque romaine. Ces deux artefacts ont été trouvés dans l’Orne en labour, mais pas du tout au même endroit. Marc
IMP C M CASS LAT POSTVMVS P F AVG. Buste radié, drapé et cuirassé de Postume à droite, vu de trois quart en avant : “Imperator Cæsar Marcus Cassius Latinius Postumus Pius Felix Augustus” (L’empereur César Marcus Cassius Latinius Postume pieux heureux auguste). Le revers : VICTORIA AVG. Victoria (la Victoire) courant à gauche, tenant une couronne de la main droite et une palme posée contre l’épaule gauche de la main gauche ; à ses pieds à gauche, un captif assis à gauche, peu visible sur la monnaie. “Victoria Augusti” (La Victoire de l’auguste). Cette monnaie a été frappée en 261 à Trèves. Le double sesterce est une grosse monnaie romaine de bronze qui fut émise pour la première fois par Trajan Dèce en 249-251 après JC, en réponse à la pression inflationniste de l’époque qui avait dévalué le pouvoir d’achat des sesterces traditionnels. « Postume essaya vainement de restaurer une orthodoxie monétaire en Gaule grâce à des gisements de minerai importants. Pour le bronze, il ressuscita le système de Trajan Dèce avec des doubles sesterces radiés ainsi que des sesterces avec la couronne laurée. La crise monétaire et politique provoquèrent l’échec de cette restauration monétaire. La frappe officielle des bronzes de Postume cessa rapidement. La pénurie de bronze, en Gaule et la baisse de l’aloi de l’antoninien provoquèrent une multitude d’imitations qui furent frappées entre 263 et 266 pour les doubles sesterces. Le poids des monnaies de bronze va s’effondrer. Certaines de ces imitations, parfois grossières, ne pèsent plus que quelques grammes et n’ont plus rien à voir avec les prototypes de départ. » source CGB.
Concernant votre objet en bronze, effectivement, il doit s’agir d’un cure oreille ou auriscalpium en latin. La difficulté est de dater cet objet hors contexte de trouvaille car au XVe siècle ils étaient encore largement utilisés. La curiosité réside en l’anneau au point opposé remplaçant la traditionnelle pointe effilée servant de cure ongle ou dent…

XP EUROPEAN GOLD RALLY

XP avait annoncé son premier rallye en Angleterre les 17 et 18 septembre 2016. 1000 participants sur plus de 600 hectares de champs à détecter sur la commune de Burford, petit village situé à une centaine de kilomètres de Londres. Attentif aux avancées d’Outre-manche en matière de détection, Je voulais voir de mes propres yeux le Treasure Act : la fameuse et étroite collaboration entre les archéologues locaux et les détectoristes.

Pour le 1er XP European Gold Rally en Angleterre, je me devais d’être du voyage ! J’embarque mon frère avec moi dans cette aventure inoubliable. Ticket en poche, sac sur le dos et valise xp à la main, me voilà prêt pour l’Angleterre !
Après 1h de voiture, 1h30 de TGV, 6 stations de métro et 2 arrêts de tramway plus tard, nous voici enfin arrivés à l’hôtel parisien réservé quelques jours plus tôt. Ce n’est pas un palace mais suffisant pour y prendre une bonne douche et y passer la nuit ; petite nuit, l’excitation nous empêchant de fermer les yeux. Il est 5 heures, Paris s’éveille. Le jour se lève à peine ce vendredi 16 septembre et déjà il faut reprendre le métro qui nous conduit directement au lieu de rendez-vous. Une foule de passionnés est déjà ameutée au 102 rue Balard. Les sacs sont lourdement chargés et facilement reconnaissables avec les manches de pelle qui dépassent. Les 2 lettres rouges du fabricant sont présentes partout : sur les T-shirts, pulls, casquettes, valises… Deux bus blancs ont été réservés et ornés d’autocollants aux couleurs de la boutique spécialement pour l’occasion. Wouah! La classe ! On ne va pas passer inaperçu ! Le voyage se passe dans la joie et la bonne humeur. Une véritable colo ! A Calais, les contrôles d’identités sont systématiques et nous n’y échappons pas. Heureusement tout est en règle et nous pouvons reprendre la route vers le tunnel sous la Manche. Le bus est immobilisé dans le train et la traversée ne dure qu’une bonne demi-heure. Le voyage peut alors continuer. Le trafic très dense nous fait perdre un temps précieux et ce n’est finalement que vers 20h que nous arrivons sur le lieu du rallye.
Un immense champ d’herbe bien verte où des tentes sont déjà installées. Des drapeaux se laissent flotter en haut des mâts par le vent frais typiquement anglais, chacun affichant fièrement sa région ou son pays d’origine. Malgré une arrivée un peu tardive sur le site, nous nous dirigeons vers la tente « breakfast » pour y diner. Un bon repas bien chaud et bien consistant à base d’haricots blancs écrasés nous ravigote. Sitôt le diner englouti, nous montons notre tente sur le camping à proximité des autres Français. En effet, des passionnés de toute l’Europe sont attendus !! De nombreux camping-cars sont déjà installés dans un espace aménagé à proximité des imposants 4×4 de nos amis Anglais. Des sanitaires sont également à notre disposition pour l’événement.
Fatigué par le voyage et le ventre plein, je me faufile sans attendre dans mon duvet. Une grosse journée nous attend demain. Le ciel étoilé est magnifique et présage une journée ensoleillée.

Samedi 17 septembre

8h30. Malgré un petit vent frais, le ciel est dégagé et laisse passer les rayons du soleil. Nous avalons rapidement notre café chaud accompagné de la traditionnelle assiette de bacon, œuf, toast au beurre et saucisses de poulet. Pas spécialement appétissant à cette heure-ci de la journée, mais je dois avouer que cela tient bien au corps. Un petit briefing pour nous expliquer le déroulement et les horaires de la journée et chaque participant équipé de son ticket se voit remettre par le staff, un bracelet jaune adhésif, un plan des lieux avec les champs autorisés à la détection ainsi qu’un jeton XP, spécialement conçu pour l’occasion. Le départ du rallye est fixé à 9h30 dans le champ numéro 1. C’est mon premier rallye en tant que tel et voir des centaines de participants alignés le long d’un champ peut vraiment surprendre la première fois. Bien évidemment, que du XP : du Déus, du GMP, du G-Max, de la petite tête, de la grosse ; des pelles en inox, de la draper, des artisanales, des américaines… et j’en passe. Une boutique à ciel ouvert ! Un drone survole la zone pour immortaliser ce moment.
Le départ donné, chacun file dans une direction. Une vraie fourmilière. Une trentaine de champs ont été ouverts pour l’occasion. La moitié pour aujourd’hui et l’autre moitié pour demain dimanche. J’apprendrai en rentrant plus tard au campement, qu’une monnaie en or a été trouvée quelques minutes après le départ…


Nous traversons le premier champ sans qu’aucun bon son ne résonne dans mon casque. Nous nous dirigeons désormais vers le champ voisin qui n’est pas déchaumé rendant l’efficacité du disque réduite. Pas évident de passer au-dessus des tiges de blés coupés. Nous perdons des cibles potentielles. Et justement, les cibles se font rares. Je sortirai malgré tout deux boutons sans motifs et quelques objets insignifiants. La faim commence à nous gagner. Le café du matin est désormais digéré. Nous faisons demi-tour et rentrons au camp. En chemin, nous rencontrons d’autres Français qui semblent tout comme nous surpris du manque de trouvaille. Pas de monnaie, même pas savo… Une certaine déception se lit sur les visages.
Des jetons ont été cachés dans le champ numéro un. Certains parlent de 20, d’autres 40, voire 45… au final, je ne sais toujours pas combien. Quoi qu’il en soit, nous ne faisons pas partie de ces petits veinards qui sont repartis avec leur lot. Plus de 150 au total !

13h – Nous payons 5 livres pour une bonne pizza cuite au feu de bois. L’accompagnant d’une pinte de bière anglaise bien fraiche, nous nous posons sur des bottes de paille posées là en guise de bancs. De nombreux stands sont installés et nous profitons de cette pause-déjeuner pour y jeter un œil. Matériel de détection bien sûr, mais aussi livres, vêtements, monnaies et autres artefacts font la joie des collectionneurs. De véritables petits trésors sous vitrine. Un petit village de vieux métiers a été installé au fond du campement. Des passionnés ont reproduit les gestes d’autrefois pour construire des bourses en cuir, des bijoux en cuivre ou des poteries en argile. Des combats de chevaliers sont même organisés dans l’après-midi.


14h15 – Nous reprenons notre matériel et partons sur un autre champ qui sert de parking aux voitures et autocars. Le ciel s’est assombri et le vent s’est levé. Nous décidons tout de même de nous éloigner encore un peu plus. Comme sur les terrains précédents, peu de sons se font entendre dans nos casques. Globalement, seuls des ferreux sont sortis de terre. Il en est de même pour les poeleurs que nous rencontrons et avec qui nous discutons. La pluie commence à tomber et bien sûr, j’ai oublié mon ciré dans la tente. Rapidement mon pantalon est trempé. Au moment de rebrousser chemin, mon frère m’interpelle. Il creuse depuis quelques temps déjà sur un indice de 90… peu enthousiasmant ! Malgré cela, étonnamment, il extirpe de cette terre anglaise une monnaie romaine. La première monnaie de la journée. Peu de motifs sont présents mais elle nous ravive d’espoir. La pluie a eu raison de notre patience et nous retournons au campement.

La fin de la détection est fixée à 17h30, soit une heure avant notre retour. Un grand feu de bois est allumé au milieu de la place et nous pouvons nous y sécher et réchauffer. Le repas du soir se prépare : un cochon grillé sur broche dégage une odeur appétissante. La pluie a finalement cessé rapidement pour notre plus grand bonheur.
Les poeleurs rentrent au camp avec peu de trouvailles. Avec la monnaie romaine dans la poche, nous allons sous la tente spécialement aménagée pour l’occasion, où des archéologues anglais étudient les trouvailles de la journée. Nous allons pouvoir tester en direct le Treasure Act. Une tonne d’informations circule dans ce lieu. Chaque trouvaille est analysée et commentée. Je suis agréablement surpris, et le mot est faible, par la coalition qui existe entre les détectoristes et les archéologues. Il règne sous cette tente un climat serein, une certaine émulation où chacun veut montrer sa trouvaille. Sous vitrines, de nombreuses monnaies, boucles, pointes de flèches, fibules et bijoux sont exposés. Je n’en reviens pas de la quantité d’objets déterrés. Un coroner réceptionne notre monnaie, l’observe attentivement et remplit un formulaire contenant le lieu de la trouvaille, les noms, prénoms et numéro de téléphone de l’inventeur. Un justificatif est alors rédigé et un reçu nous est confié. Ce document confirme l’identité de l’inventeur. Protégée dans un sachet plastique, notre monnaie passera dans les mains d’un archéologue qui la nettoiera succinctement de peur de l’abimer, la datera approximativement, et fera une brève description.


Dans notre cas, il s’agit d’une romaine sans réel motif visible. La monnaie n’intéressant pas l’histoire, elle nous sera restituée durant le week-end. En revanche, il fut tout de même trouvé quelques monnaies en or, dont un magnifique exemplaire d’un Solidus ainsi qu’un bouton en or avec un grenat incrusté. Le British Museum semble s’en être porté acquéreur.



Après estimation, l’inventeur et le propriétaire du terrain se partageront une contribution financière. Dans ce pays, on peut détecter sans risque, sans se cacher et surtout avec le sentiment de bien faire et d’aller jusqu’au bout des choses. On montre nos trouvailles ouvertement, sans jugement et sans passer pour des pilleurs. Un sentiment de sécurité, inconnu chez nous, et de grande satisfaction d’avoir sauvé un fragment du patrimoine archéologique. Encore une fois la France est en retard, mais je n’imaginais pas un tel fossé. Le Treasure Act fonctionne parfaitement bien ! Il est temps que la France prenne modèle sur la Grande-Bretagne et lève toutes ces barrières qui font partir chaque jour de véritables trésors dans l’oubli…

19h30 – Le cochon grillé finira entre deux grosses tranches de pain accompagné de compotes de pommes maison. Un vrai régal ! Des groupes de musique se succéderont durant tout le week-end. Un concours de tir à la corde et de bras de fer s’improvisent. Les Français ont brillé par leur victoire mais aussi pour leur joie de vivre et leur ambiance. Une atmosphère chaleureuse et amicale, sans prise de tête. C’est ça la French détection ! Assis au coin du feu, buvant une bière anglaise, nous discutons avec de véritables passionnés venant de différentes régions de France. Chacun racontant ses anecdotes et décrivant ses plus belles trouvailles. Les Anglais se montrent chaleureux avec nous et malgré la barrière de la langue, nous arrivons à échanger quelques mots. Nous nous attardons tard dans la nuit, sirotant un bon rhum entre amis, accompagné d’un saucisson ramené spécialement de France pour l’occasion. Nous refaisons le monde à notre manière, en fantasmant à l’idée d’un état français sans lois du patrimoine aussi draconiennes et désastreuses pour notre loisir…

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 91

The Griffin Warrior

En bon français « le guerrier Griffon » ! C’est le surnom donné à un véritable guerrier minoen dont la tombe a été découverte près de Pylos dans le sud de la Grèce, en 2015.
La civilisation minoenne s’est développée sur les îles de Crète et de Santorin entre 2700 et 1200 av-JC. Les découvertes de tombes « intactes » minoennes sont rares et celle-ci, de par sa contenance, était exceptionnelle.
Un guerrier minoen, donc, enterré près du temple de Nestor, 1500 ans avant notre ère. Une tombe contenant plus de 2000 artefacts de toutes natures, des poteries, des objets en bronzes, vases, miroir, épées, une tête de taureau… Des objets en ivoire, dont une plaque gravée au motif d’un griffon, d’où son surnom. (La fouille a été réalisée par des archéologues américains, les Grec n’ayant plus un kopeck ou un drachme…)
Le guerrier portait aussi quelques bijoux en or, dont deux superbes bagues en or massif de grandes dimensions, l’une d’elle représente un taureau au galop et sur l’autre plusieurs danseuses qui semblent évoluer autour d’un temple…
Source : smithsonianmag.com

91.12

Médaille de la Sainte tunique de Trêves trouvée par Gilles à Carcassonne. On y voit donc celle-ci avec la légende : “Bitte für uns ! Heilige Helena Von oben an durchaus gewebt Der Rock war aber ohne Naht”. La traduction exacte et complète : « Ai pitié de nous ! Sainte Hélène. Vêtue totalement de haut en bas mais la robe n’avait pas de couture ». La Sainte tunique, dite aussi la Sainte robe, est selon la tradition le vêtement porté par Jésus-Christ au Calvaire et tiré au sort entre les soldats chargés de son exécution.). Elle aurait été conçue par la Vierge pour son fils. Certains récits légendaires racontent que Marie la lui confectionna dès son plus jeune âge, qu’elle grandissait en même temps que lui et qu’il la conserva sans usure jusqu’au jour où elle fut tirée au sort entre les soldats chargés de son supplice…