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La chanson de Roland

Parmi les premières productions narratives en langue romane figurent les épopées des chansons de geste. Ces dernières sont des poèmes relatant des exploits guerriers associés, dans la plupart des cas, à une légende plus au moins fondée en rapport avec l’histoire de la France royale ou féodale. Un des textes les plus célèbres de cette matière épique est « La chanson de Roland ».

La chanson de geste, un récit idéologique

La chanson de Roland dans la version du manuscrit d’Oxford, est attribuée au poète Turolde et datée de la fin du XIIe siècle. Celle-ci relate le massacre, survenu 3 siècles plus tôt, d’une douzaine de barons de Charlemagne dont le célèbre Roland et de 20 000 de leurs chevaliers par quelques 100 000 Sarrasins. Si la chanson de geste, du latin gesta, signifiant exploit, apparaît à la fin du XIe siècle, elle glorifie le royaume et les hauts faits historiques des Carolingiens. Elle offre souvent une vision réaliste, parfois démesurée, des conflits qui agitent la société autour de l’an mil. L’émergence de ces poèmes épiques chantés va surtout servir une nouvelle idéologie, celle du chevalier et de ses vertus. La chanson de Roland montre ainsi comment, par orgueil, Roland préfère mourir plutôt que de sonner du cor pour appeler Charlemagne à la rescousse.

Chanson de geste, scène de combat livré par l’armée de Charlemagne. Miniature tirée du manuscrit « Entrée d’Espagne », XIIe siècle.

Une belle légende

15 août 778 : dans la gorge de Roncevaux, l’arrière-garde de l’armée de Charlemagne défile en rangs serrés. Victorieuse, elle retourne en Gaule, après une expédition militaire contre les Sarrasins d’Espagne. Le gros de la troupe a déjà franchi le dangereux défilé et les sentinelles, postées sur le versant opposé, abandonnent imprudemment leur surveillance. C’est ce moment propice qu’attendent en grand nombre les Sarrasins pour faire rouler d’énormes blocs de roches sur les pentes abruptes et fermer le passage. Puis dévalant dans l’étroite gorge, ils tombent sur le dos des soldats chrétiens. En peu de temps, des milliers de Francs sont tués. Leur héroïsme et leur courage ne peuvent résister à ces ennemis qui fondent sur eux en si grand nombre et de deux côtés à la fois.
Le paladin (1) Roland, neveu de Charlemagne, se bat avec une énergie farouche, et son invincible épée « Durandal » tranche et massacre parmi les infidèles. Olivier, ami de Roland, lui conseille vivement de sonner de l’olifant, cor d’ivoire dont le son puissant peut traverser les espaces et faire accourir le roi Charles ; mais, orgueilleusement, Roland refuse, il ne veut demander le secours de personne, ni surtout déranger son roi.
Peu à peu, la féroce mêlée voit tomber tous les Francs ; alors seulement, devant les corps de ses compagnons morts, Roland saisit l’olifant et sonne avec l’énergie du désarroi, à tel point que les veines de ses tempes éclatent et que le sang jaillit de ses oreilles. Ce n’est d’ailleurs pas pour appeler à l’aide que Roland sonne au soir de cette sanglante journée mais pour annoncer à son roi que le sacrifice est accompli.
Cependant les Sarrasins sont partis et les cadavres jonchent le sol. Le paladin parcourt le champ de bataille et demande à l’archevêque Turpin, agonisant lui aussi, de bénir ses soldats. Puis, il essaie de briser sa vaillante Durandal, mais l’épée résiste et c’est la roche qui se fend. Le héros se couche alors sous un pin, le visage tourné vers l’Espagne. Il salue son roi et se rend enfin mais à Dieu seul, en lui tendant le gant de sa main droite.
C’est ainsi que « la chanson de Roland » écrite trois siècles plus tard magnifie les exploits, en partie légendaires, du preux Roland.

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 101

La bataille de Pontlevoy

En début de cette année, je suis passé par la Touraine pour faire une visite à mon oncle et ma tante qui habitent un petit village (Thenay) entre Montrichard et Contre ; un village ou je vais depuis ma tendre enfance. Là-bas, je suis tombé sur un journal qui relatait la commémoration d’une bataille qui eut lieu à Pontlevoy le 6 juillet 1016, et qui opposa Foulques Nerra comte d’Anjou et Eudes II comte de Blois. Je fus surpris de cette information : depuis soixante ans que je viens dans cette région je n’en avais jamais entendu parler.

La stèle.

Vue d’une partie du champ de bataille.

Curieux je me suis mis en quête d’informations complémentaires, et je réussis à trouver sur une carte le lieu où fut érigée la stèle pour la commémoration du millénaire de cette bataille. Le lendemain dans la matinée, par une température de moins cinq degrés et un beau brouillard givrant, je me rendis sur les lieux pour découvrir cette fameuse stèle et ce champ de bataille, dont honnêtement je ne vis pas grand-chose, la visibilité étant limitée à une cinquantaine de mètres du fait du brouillard.

Situation

Pontlevoy est situé sur un vaste plateau, non loin des sources de l’Amasse qui coule vers Amboise, et sur la petite rivière des Aiguilleuses qui se jette dans le Cher entre Bourré (Benregius) et l’ancienne station romaine de Thésée, la Tassiaca de la carte de Peutinger. La grande route de Blois à Montrichard et à Loches traverse aujourd’hui Pontlevoy. Elle est la seule sur ce point.
Dans les temps anciens, deux voies, au contraire, occupaient cette partie de la contrée. L’une, à l’ouest : c’est la grande voie qui, de Blois, après avoir traversé le Beuvron, aux Montils, se dirigeait sur l’Aquitaine, par Montrichard, ou le point qu’il occupe, par Faverolles, Le Liége, Loches, Ligueil et La Haye. Cette voie avait une importance considérable ; l’autre, à l’est, se détachait de la première aux Montils, passait à Monthou-sur Bièvre et à Sambin, comme la grande route actuelle ; mais là elle inclinait à l’est, passait entre Pontlevoy et Thenay, peut-être à Thenay même (probablement à l’est de Thenay au lieu-dit Les Creusiaux où fût fouillée dans les années soixante, une villa gallo-romaine ; le lieu de la fouille servit plus tard de décharge publique, puis fût comblée) pour bifurquer un peu au-delà et tourner, au sud-est vers Bourré, et au sud-ouest vers Thésée. Ces tracés ne sont pas une hypothèse, ils sont facilement identifiables sur place.
L’existence de ces deux voies explique du reste, la position stratégique de Pontlevoy au Moyen Age. Ne pouvant commander, dans la stricte rigueur du mot, l’une de ces routes importantes sans négliger l’autre, on avait bâti un château fort entre les deux pour les surveiller (à cette époque un château fort se composait bien souvent d’une simple tour construite en bois). Ajoutons, car ces dispositions seront indispensables à connaître plus tard, que, placé ainsi entre deux routes, Pontlevoy avait dû s’en créer de nouvelles à son usage particulier. On retrouve encore, en effet, de ce bourg aux Montils, un vieux chemin connu sous le nom d’ancien chemin de Pontlevoy à Blois ; il continuait entre Pontlevoy et Montrichard ; mais dans cette partie, il a était absorbé par la grande route moderne. Dans la direction de Bourré, partait aussi de Pontlevoy, un embranchement qui allait se souder à la voie de l’est déterminée plus haut.
Il y avait donc sur cette partie du plateau, pour résumer, deux voies, et entre les deux, un chemin qui était indépendant et qui desservait directement le château soit du côté de Blois soit du côté de Montrichard ou de Bourré.

Situation de Pontlevoy.

Quant au rôle que ce château devait jouer dans les guerres qu’amenait la situation respective du comte de Blois et du comte d’Anjou, un coup d’œil sur la carte suffira pour comprendre.
De Pontlevoy, il était facile, en effet, de se jeter dans la vallée de l’Amasse pour aller inquiéter Amboise. Si l’on tentait quelque opération sérieuse sur cette forteresse, on pouvait être soutenu et ravitaillé par Blois, sans que l’ennemi eût le moyen de s’y opposer. Par Pontlevoy, en gagnant Bléré, on avait toujours une communication assurée entre Blois et Tours. Enfin, gardant la route par laquelle le comte d’Anjou aurait pu, de Loches, pousser une pointe sur le Blésois, en se faisant soutenir par les Ambasiens, Pontlevoy permettait d’aller, par cette même route, inquiéter Loches et ses environs. En outre se reliant, au moyen de la route de Thésée, à la grande voie de Tours à Bourges, il donnait facilement la main à Saint-Aignan, et dans le cas où la garnison d’Amboise venant à monter l’Amasse, aurait menacé le premier de ces châteaux, du second on venait à son aide.
Après un descriptif de l’environnement, voici un résumé des prémices et du déroulement de cette bataille, selon diverses sources d’archives et de travaux d’historiens.

Qui étaient les antagonistes ?

D’un côté se trouvent EUDES II, comte de Blois et son fidèle vassal, Gelduin, seigneur de Pontlevoy ; de l’autre FOULQUES III NERRA (dit FAUCON NOIR), comte d’Anjou et pour la circonstance, Herbert Eveille chien, comte du Maine.
Ces deux comtes ont usé de l’absence de l’un comme de l’autre, pour mener, chacun à son tour des razzias sur les terres ennemies, faisant payer un lourd tribut aux paysans qui subissent pillage et incendie de leurs récoltes.
Tout tend à se faire équilibre dans la marche de l’humanité comme dans le monde physique ; et dès qu’il y a excès quelque part, il y a bientôt réaction. La position des Tourangeaux et des Blésois dans la vallée du Cher et les environs, n’était plus tenable. Geldun de Saumur et Geoffroy de St-Aignan se plaignirent amèrement au comte de Blois du préjudice que leur portait le château de Montrichard, et demandèrent à grands cris qu’une expédition fut préparée pour s’en rendre maître. Geldun, surtout faisait valoir, non seulement qu’il avait à souffrir du voisinage de la nouvelle forteresse, mais encore qu’elle avait été à son égard un sujet de spoliation, et que son patrimoine s’en était considérablement diminué.
C’était Eudes II qui tenait alors le comté de Blois. Il était le second fils d’Eudes 1er et de Berthe, mariée, depuis au roi Robert, et il avait succédé, en 1004, à son frère aîné Thibault II. Eudes II avait des possessions immenses et une ambition à la même mesure. Mais ces ambitions étaient principalement tournées vers la Champagne, et la Brie, possédées par Etienne, son proche parent, vieux et sans lignée, dont il surveillait les intentions. La Bourgogne, sur laquelle il pouvait avoir des droits du chef de sa mère, ne le laissait pas non plus indifférent. Peut-être, dans son désir d’agrandissement, faisait-il d’autres rêves encore ? Comment avec de telles préoccupations aurait-il sérieusement songé à la Touraine ?
(À cette époque, le roi de France Robert II dit le pieux, qui a régné de 996 à 1031 avait un territoire très petit et qui était coincé entre les possessions du comte d’Anjou sur toute la façade ouest, et du comte de Blois qui avait des possessions au sud et en partie à l’est, et qui par héritage cherchait à prendre possession de la Champagne, de la Brie et de la Bourgogne ; ce qui aurait étouffé le royaume du roi de France. Le comte d’Anjou et le comte de Blois étaient de ce fait plus puissants que le roi de France).
Du reste, il venait de soutenir une guerre assez rude contre Richard II, duc de Normandie, et ses troupes avaient été fort maltraitées en 1006 devant le château de Tilliéres, où le comte du Mans, Hugues son allier, avait été contraint de prendre la fuite. Les circonstances étaient donc peu favorables. Aussi le comte de Blois n’écouta-t-il qu’à moitié les plaintes de ses vassaux, et, tout en formant le projet d’une nouvelle coalition contre Foulques-Nerra, mena-t-il cette affaire avec une extrême lenteur, n’opposant à son ennemi que les expéditions de ses vassaux, auxquelles il prêtait le secours de quelques troupes blésoises.
On ne sait combien de temps cet état de choses aurait duré, lorsqu’une nouvelle entreprise du comte d’Anjou vint tout-à-coup tirer Eudes de sa torpeur et appeler toute son attention sur la Touraine.
A une demie-lieu seulement de la ville de Tours, sur la rive droite de la Loire, vis-à-vis de l’ancien couvent de St-Côme, et au débouché de la vallée de la Choisille, s’élève comme un promontoire un monticule abrupt, relié d’un côté aux collines de la Choisille, de l’autre à celle de la Loire. Ce lieu se nomme aujourd’hui Bellevue. Au XIe siècle il avait un nom moins poétique ; il s’appelait Montboyau. La seule chose qui doive nous occuper c’est son ancienne valeur stratégique. Avec la ville de Tours pour objectif, elle était à nulle autre pareille. Aussi dès que Foulques-Nerra, revenu de Jérusalem, eût accompli tout ce qui regardait ses fondations pieuses il reprit la suite de ses plans en Touraine ; son premier acte fut de s’en emparer et de la fortifier.
Pourtant il fallait une audace d’autant plus grande pour prendre ainsi position à la porte de Tours, que la forteresse de Langeais, enlevée à Foulques en 995, était restée aux mains de ses ennemis. C’était donc entre deux places fortes, dont l’une était une ville importante, que le comte d’Anjou venait résolument se camper.
Eudes II sentit le danger de la situation. On était alors en 1015, et la grande querelle d’Eudes avec le duc de Normandie s’était apaisée, grâce à l’intervention du roi Robert qui avait craint de voir la guerre favoriser le séjour en France des rois de Suède et de Norvège, appelés au secours de l’armée normande. Le comte de Blois était donc libre de ses mouvements. Il en profita pour mettre une armée sur pied, et toutes les dispositions furent prises pour affranchir cette fois la Touraine de la domination envahissante du comte d’Anjou.
Eudes II veut en finir. Il comprend la menace que représente la construction méthodique en des points stratégiques de nombreuses tours fortifiées par Foulques-Nerra. Très confiant, il s’appuie sur un nombre d’hommes d’armes nettement supérieur à celui de son adversaire. C’est sans compter sur la ruse dont ce dernier est capable.
De son côté Foulques-Nerra ne reste pas inactif. Le comte du Mans, Hugues 1er, venait de mourir. Allié d’abord du comte de Blois, dans les querelles de ce comte avec le duc de Normandie, Hugues avait été fort mal traité, et n’avait regagné son comté qu’avec des difficultés sans nombre. Foulques-Nerra en avait profité pour le forcer de se reconnaître son vassal. C’était maintenant Herbert 1er, fils d’Hugues qui tenait le comté, et Foulques lui faisait la guerre, espérant profiter de sa jeunesse pour s’emparer de ses états. Mais Herbert se défendait vaillamment. Foulques se hâta de s’accommoder avec lui, et il eut l’art de s’en faire un allié fidèle, qui lui fournit des troupes contre Heudes II et il marcha de sa personne sous la bannière d’Anjou.

Les préparatifs

C’était donc les grands préparatifs de part et autres. Tout annonçait que le choc serait terrible, et la lutte persévérante. Le plan du comte de Blois était de se porter d’abord sur le château de Montrichard, de s’en emparer, et de reprendre ainsi possession de toute la vallée du Cher. Le château de Montbazon ayant été enlevé au comte d’Anjou, à une époque qu’on ignore, Eudes n’avait point à s’en occuper, et Montrichard pris, il se serait porté avec toutes ses forces sur Montboyau pour en faire le siège en règle ; car cette position ne pouvait en aucune façon être enlevée par un coup de main.
Foulques comprit le plan de son ennemi ; il rassembla ses troupes à Amboise, où vint le rejoindre le comte Herbert, et bientôt, informé de la marche du comte de Blois, remontant la vallée de l’Amasse, il se porta sur l’arête même du plateau, en avant et au nord de Pontlevoy. Là, il s’embusqua, sans doute sur la lisière, ou sous les premiers couverts d’un bois connu aujourd’hui sous le nom de « bois royal » mais dont les limites étaient alors beaucoup moins restreintes. Dans cette position qui le couvrait, Foulques était près de la grande voie que nous avons signalée à l’ouest, et n’avait que quelques pas à faire pour se porter au besoin, sur le chemin de Pontlevoy à Blois.
Le comte du Maine de son côté, gagna la vallée du Cher par la voie d’Amboise à Bléré, et, remontant cette vallée, vint poser son camp sur la rive droite de la rivière, un peu au-delà de Montrichard, près du bourg de Bourré.
Il est possible qu’en disposant ainsi ses troupes, Foulques gardat, en cas de succès, la secrète pensée de couper la retraite à son ennemi du côté de Blois, et de refouler sur la voie de Bourré, pour le prendre entre deux gros de troupes. Mais dans tous les cas, les dispositions prises étaient excellentes. En effet les troupes de Foulques gardaient les routes de Montrichard ; mais si par une habile manœuvre, le comte de Blois parvenait à dérober sa marche du côté de Bourré pour se jeter inopinément sur la forteresse du comte d’Anjou, il trouvait le passage gardé, avec la rive droite du Cher, et devait avant tout livrer une bataille. Deux corps d’armée s’appuyaient d’ailleurs mutuellement. Si celui d’herbert venait à faiblir, Foulques laissait quelques troupes dans la position qu’il occupait, pour maintenir la forteresse de Pontlevoy, et marchait avec le reste, au secours de son allié. Si au contraire, le corps de Foulques qui soutint la bataille et qu’il fût malmené, Herbert accourait à son aide. On voit que la tactique de Foulques était tout aussi sûre que sa stratégie, et bien lui en prit ; car la fortune des batailles fut, en ce moment décisif, sur le point de le trahir.

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 96

93.01

J’aimerais avoir quelques infos sur la datation et l’origine de cette croix fortuitée dans l’Hérault… Gros restes de dorure… sous la croute après nettoyage. Dimensions : 4,5 cm x 3,7 cm… épaisseur : 0,2 cm… Ricko 31
Le motif de cette croix est élaboré et semble, avec son motif de rosaces en grenetis, appartenir du fin moyen âge au XVIe siècle, mais sans la bélière on ne peut affiner la datation. ID : JHD

L’histoire des reliquaires, croix et autres amulettes

Croix templière en bronze.

L’origine des reliques, du latin « reliquiae » signifiant « reste », tient son origine depuis la plus haute antiquité sous le nom de « Palladium » qui était un genre de statuette représentant Pallas Athéna, étant tombée du ciel et découverte par le fondateur mythique de la ville de Troie. Ensuite, sous la période romaine cette statuette relique fut conservée dans le temple des Vesta à Rome. A l’époque des Mérovingiens, les guerriers francs utilisaient des reliques chrétiennes comme talismans, ils les portaient au cou, le plus souvent en os. On faisait même ingérer aux malades de la poussière d’os récupérée dans les tombeaux. Des morceaux de vêtements de saints étaient appliqués sur la peau au niveau de l’épaule qui au XXe siècle s’appelaient encore « scapulaire ».
Au VIIIe siècle les Musulmans infidèles voulaient piller et détruire toutes les reliques du saint protecteur de la Gaule conservées dans la Basilique Saint-Martin-de-tour. Sous Charlemagne, Roland possédait une épée au pommeau en or contenant à l’intérieur une dent de saint Pierre, du sang de saint Denis et un morceau du voile de sainte Marie.

L’enkolpia, un des premiers reliquaires

Enkolpia.

A l’origine, on donnait le nom « Enkolpia » à des petites custodes destinées à recevoir soit des reliques, soit des textes du livre de l’Evangile, pour être suspendus au cou des fidèles. L’usage de ces reliquaires portatifs remonte à la plus haute antiquité. Saint Chrysostome le mentionne en divers endroits de ses œuvres, et en particulier dans sa dix-neuvième homélie « De statuis ». Saint Nicéphore, patriarche de Constantinople, réfutant les iconoclastes, assure que de son temps la chrétienté était pleine d’encolpias sur lesquels étaient figurés la passion de Jésus-Christ, ses miracles, sa glorieuse résurrection ; et il en parle comme d’objets fabriqués depuis longtemps.

Enkolpia médiéval.

On trouva en 1571, deux de ces reliquaires en or dans des tombeaux du cimetière antique du Vatican : ils étaient de forme carrée, munis de boucles dénotant leur usage, et ornés sur une face du monogramme du Christ accosté de l’Alpha et de l’Oméga. Messieurs Bosio, Aringhi, Ciampini et Bottari ont donné à cet objet la datation du IVe siècle.
La croix pectorale des évêques fut aussi appelée : encolpium, encolpia, ou encolpion, parce qu’elle contenait des reliques et dont le mot grec signifie « contenir dans son sein ». Toutefois une autre définition est attribuée à l’encolpion signifiant « autour du cou » (sur la poitrine).
Une des plus anciennes et plus remarquables pièces de ce genre qui existe encore aujourd’hui, si nous ne nous abusons, est une croix pectorale qui fut trouvée naguère sur la poitrine d’un cadavre dans les déblais qui se sont pratiqués dans la Basilique Constantinienne de Saint-Laurent hors des murs. Elle est reproduite ci-dessous d’après la description précise de M. Rossi en 1863.

Croquis de la rare croix ancienne.

Descriptif de la croix en croquis :
Sur une face elle porte l’inscription : Emmanovha (Emmanuel), et en latin : Nobiscum Deus. Sur l’autre face, on lit : Crux est vita mihi / Mors inimice Tibi : « la croix est ma vie, à toi ennemi, elle est la mort ». Cette phrase s’adresse au démon ennemi du genre humain. La croix est munie d’une vis fermant une cavité où était placée une relique et probablement une parcelle de la vraie croix, comme il s’en répandit dans l’univers entier aussitôt après la découverte de ce bois sacré par sainte Hélène.

Des reliquaires en or

Staurothèque byzantine du début XIe siècle contenant un fragment de la Sainte Croix.

D’autres reliquaires où l’on renfermait ces précieux fragments de croix étaient des petites boîtes en or. Saint Paulin en possédait une qui était renfermée dans un petit tube du même métal. C’est saint Grégoire le Grand qui le premier fait mention de la forme de la croix donnée à ces reliquaires. Il en avait envoyé une à la Reine Théodelinde avec un fragment assez considérable du bois sacré. Le prévôt de l’antique église de Monza s’en servait encore quand il officiait pontificalement.
Le célèbre trésor de Monza possédait aussi deux phylactères donnés à cette princesse pour ses enfants par le même Pontife, et qui contenaient, l’un une parcelle de la vraie croix, l’autre un fragment de l’évangile. P. Monzzoni a publié ces reliquaires dans le septième volume de ses ouvrages « Tavole Cron.della stor.eccl ». On trouvera aussi dans le même volume d’autres reliquaires du plus haut intérêt.

Croix médiévale byzantine décorée d’ocelles et d’une pâte de verre bleue, Xe siècle.

Un illustre personnage de Gaule nommé Dinamius avait reçu lui aussi du même Pontife une petite croix en or contenant une pareille relique d’après la lecture d’archive suivante : « Transmissimus autem B.Petri apostoli benedictionem crucem parvulam cui de catenis ejus beneficia sunt inserta ».

Revers de la croix vaticane.

Le moyen-âge offre sur cette question des richesses immenses et des monuments en nombre infini ; mais nous ne devons pas anticiper sur son domaine.

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 91