MONNAIES ET DETECTIONS

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Monnaies et Détections

Articles taggés ‘détectoristes’

Trouvaille 146.06

Bonjour, vous est-il possible de dater ce reste de bague trouvée en prospection dans une vigne ? Métal : bronze. Diamètre maxi du chaton : 1,2 cm. Poids : 1,17 g. Ensuite, ce second objet découvert en prospection dans une vigne en cours d’arrachage… Longueur : 7 cm. Largeur max. : 1,9 cm. Poids : 6,37 g. Métal : base cuivre. Merci, Alain.

Il est toujours délicat de dater une bague. Le chaton large et rond rappelle les bagues médiévales à chaton circulaire moulé, à bord festonné. Le personnage non identifié pourrait être le fondateur d’un ordre religieux ou un saint protecteur. Le médaillon visible sur le torse pourrait apparenter le personnage à saint Antoine, souvent représenté avec un grand médaillon en forme de clochette ou de Tau pendu au cou. Datation probable : 1250–1400. Concernant votre seconde trouvaille, il pourrait s’agir d’une clé à ancre agissant par retrait. On en trouve une ressemblante (voir photo à droite), mis à part des bras foncièrement plus solides, dans l’ouvrage Clés de Gabriel Mandel. La datation se situerait à la charnière celtique et gallo-romaine. C’est une hypothèse, mais la fonction de retrait suppose des panetons parallèles à l’axe de la clé, ce qui n’est pas le cas ici. De plus, les panetons sont trop fins pour rester rigides en cas de retrait un peu forcé. Une autre hypothèse serait un petit outil de type grappin de fouille pour récupération, période XIXe siècle.

Trouvaille 146.05

Bonjour, joli as ou sesterce trouvé dans le Vaucluse. Davidou23.

Sesterce d’Antonin le Pieux en tant que César sous l’empereur Hadrien. Avers : IMP T AELIVS CAESAR ANTONINVS, buste d’Antonin. Imperator Titus Aelius Caesar Antoninus. Revers : Pietas, voilée, debout à droite, levant la main et tenant une boîte à encens devant un autel. TRIB POT COS DES II PIETAS S C : Tribunicia Potestate, Consul Designatus Secundum. Piété. Senatus Consultum. Cette monnaie a été frappée en 138 à Rome. Réf. : RIC II.3 n°2774. Son état est TB+ ; elle peut s’échanger autour de 120 €.

Trouvaille 146.04

Bonjour, j’ai eu l’occasion d’acquérir une pièce qui semble être de l’époque carolingienne. Je souhaiterais avoir votre avis, si possible, sur l’authenticité de la pièce, son état ainsi qu’une estimation de sa valeur (et/ou toute information pertinente). Les informations sur Internet sont très compliquées. A priori, ce serait un denier de la deuxième période de Charlemagne, type 2, pour Lyon. Le poids qui m’a été communiqué serait de 1,79 g pour un diamètre de 22 mm. La pièce est légèrement voilée/tordue. On peut y lire : CAROLVS REX FR et de l’autre côté : LVGDVNVM. Merci d’avance pour votre réponse. Respectueusement, SB.

Au vu des photos, ce denier paraît totalement authentique. Bien évidemment, la seule manière d’en être convaincu est une analyse métallique, qui permettrait une affirmation sans risque d’erreur au vu des résultats. Mais cela a un coût, et cette monnaie n’est pas ultra-rarissime : le travail pour graver deux coins et frapper un flan serait à peine rentable. Il est évident aussi que cette monnaie n’est pas coulée, ce qui est en général la façon de procéder pour une fausse monnaie. Bref : A/ + CARLVS REX FR entre deux grénetis, croix. R/ + LVGDVNVM, monogramme. État : RR TTB-. Réf. catalogue : Nou. 91 – Prou. 629 – Gariel 200. On peut l’estimer entre 1 200 et 1 300 €.

Trouvaille 146.03

Bonjour, j’ai lu votre article dans le magazine numéro 142, sur une étude des haches découvertes à Landerneau. Il se trouve que moi aussi j’ai trouvé un dépôt, sûrement d’un fondeur de l’âge du Bronze. Je précise que c’était il y a plus de dix ans, que ce n’était sur aucun site archéologique répertorié et que la découverte s’est faite purement par hasard, dans le département de la Loire-Atlantique. Le poids total des morceaux de bronze s’élève à environ 4 kg ; je n’ai pas pesé les haches. Hugo.

Que voulez-vous ? On est gouverné par des brêles ! Ce dépôt ne sera jamais étudié et, de toute manière, il y a peu de chance qu’il apporte une information complémentaire aux autres dépôts identiques déjà étudiés. Mis à part pour une tenue statistique, votre trouvaille rebuterait un archéo pour le travail supplémentaire de paperasse, mais rendrait fous de joie des centaines de prospecteurs qui assisteraient à son exhumation. Hé bien faisons- leur ce plaisir : un dépôt de fondeur de l’âge du Bronze final, entre 1000 et 850 avant notre ère, constitué, au vu de la photo générale, de deux fragments d’épées, de neuf haches à douille et à ailerons, abîmées, cassées ou ratées. Le reste étant des morceaux de bronze prêts à refondre, mis à part un objet de forme sphérique et indéterminée en bas de la photo. Revenons sur le plus joli spécimen : ce fragment d’épée en langue de carpe comprend la partie distale d’une languette et la partie proximale de la lame. La languette, brisée à la base de la fusée, montre deux trous de rivets de chaque côté, au niveau de la garde. Les deux derniers trous se devinent dans la partie brisée supérieure. Sous la garde, la base élargie de la lame apparaît nettement marquée par un cran, souligné par un méplat en léger relief. La lame, à bords parallèles et léger bourrelet axial, est ornée par une rainure disposée de part et d’autre du bourrelet. On ne vous fait pas l’affront de reparler des haches : on sait que vous avez retenu le dernier article à ce sujet…

Trouvaille 146.02

Bonjour, voici un reste de fibule, romaine ? Un demi-franc Napoléon et un plomb de sac. Voilà donc des objets éclectiques trouvés en vallée de Seine, à l’ouest de Rouen. Je vous en souhaite bonne réception. Merci pour la qualité de votre magazine. Clodomir.

Un plomb de sac de la cimenterie « Le Lion » : à l’avers, un lion à gauche et la légende CIMENTERIE LE LION ; au revers, on distingue difficilement LAVOCAT & CO, avec une ligne de caractères plus petits non lisibles, et en exergue NEUFCHATEL. Cette cimenterie fut fondée en 1862 à Neufchâtel (Pas-de-Calais) par MM. Darsy et Lefebvre, associés. En 1883, M. Lavocat, ancien élève de l’École polytechnique, puis en 1895 M. Stienne, seront les futurs associés. La mort de ses trois associés a laissé M. Lavocat seul gérant de la société depuis l’année 1900 (Essai de recensement des plombs de scellé de J.-P. Carlot). Ce plomb peut donc être daté du tout début du XXe siècle. On continue par une fibule à protubérances latérales, datée du Ier siècle après Jésus-Christ. Elle possède un arc semi-cylindrique barré par une forte moulure transversale, avec charnière externe et porte-ardillon triangulaire, ou ce qu’il en reste. Vient ensuite un demi-franc Napoléon Ier lauré, 1808 A, réf. F.177, TTB-, à 70 €.

Trouvaille 146.01

Trouvaille de JC dans le Gers : un denier carolingien pour Toulouse, Pépin II, roi d’Aquitaine (839-865). A/ + PIPPINVS REX (croix pattée). R/ TOLOSA CIVI (monogramme carolingien). La monnaie est en TTB- et peut rentrer sur un plateau pour 650-750 €.

Le trésor perdu de Dutch Schultz

Le magot du gangster des années folles, enterré dans les montagnes des Catskills.

Dans le nord de l’État de New York, aux États- Unis, à deux heures et demie de Manhattan, s’étendent les Catskill Mountains : une région de forêts profondes et de rivières, traversée par de vieilles voies de chemin de fer, comme le disaient déjà les Indiens. Le secteur est d’ailleurs parsemé de noms d’origine amérindienne : Phoenicia, Shandaken, Esopus Creek… C’est ici que se cacherait l’un des plus célèbres trésors américains : le coffre perdu de Dutch Schultz, parrain new-yorkais de la Prohibition, surnommé le Baron de la bière du Bronx. Selon la légende, en 1935, juste avant d’être abattu, il aurait enterré une fortune estimée à 7 millions de dollars de l’époque, soit près de 150 millions aujourd’hui. Un butin fait de diamants, d’or, de billets de 1 000 $ et d’obligations, soigneusement scellé dans un coffre en acier étanche (1). À sa mort, Schultz, dans un dernier souffle, aurait dit : « Lulu, ramène-moi à Phoenicia… Nous devrions aller sortir ces obligations de la liberté et les encaisser. » Une phrase devenue mythique, enregistrée par un sténographe alors qu’il agonisait à l’hôpital de Newark (État du New Jersey). Pour beaucoup, c’est le dernier indice laissé par le gangster à propos de son fabuleux trésor ! Né Arthur Simon Flegenheimer le 6 août 1902 dans le Bronx, fils d’immigrants juifs allemands, il voit son père abandonner la famille alors qu’il n’a que quatorze ans. Arthur quitte l’école et traîne dans les rues, fréquentant bars et tripots. À 17 ans, il est arrêté pour cambriolage et condamné à dix-sept mois de prison sur Blackwell’s Island. Il en ressort endurci : sa route est tracée. C’est à cette époque qu’il prend le surnom de Dutch Schultz, en hommage à un ancien voyou allemand récemment décédé — un nom qu’il conservera pour asseoir sa réputation de brutalité. Ses ennemis disaient de lui qu’il tuait comme il respirait… (2)

Il travaille d’abord pour Arnold Rothstein, cerveau du milieu new-yorkais, puis pour Legs Diamond, avant de faire affaire avec les futurs pontes de la mafia new-yorkaise : Lucky Luciano, Meyer Lansky et Bugsy Siegel. Quand la Prohibition entre en vigueur (1920), Schultz se lance dans le trafic d’alcool. Il contrôle les brasseries clandestines du Bronx et de Manhattan, écoulant sa bière infecte sous la menace. Un rival, Joe Rock, refusa d’acheter sa marchandise : il fut pendu par les pouces et aveuglé au vitriol — un épisode qui scella la réputation de terreur du Baron de la bière. Vers 1930, Schultz étend son empire à Harlem, investissant dans les jeux clandestins. Grâce à son comptable Otto « Abbadabba » Berman, il empoche des millions. Mais ses excès, sa paranoïa et ses querelles avec d’autres gangs — notamment avec le tueur « Mad Dog » Coll et le chef noir Bumpy Johnson — lui attirent la haine de tous. À la fin de la Prohibition, son influence s’étend sur tout New York : bière, jeux, paris, extorsions, syndicats… Il a beau arroser flics et juges ripoux, il est désormais dans le collimateur de la justice.

Paranoïa et coffre au trésor !

À partir de 1933, Schultz devient la cible du procureur Thomas E. Dewey, celui-là même qui fera tomber Lucky Luciano. Il est dans un premier temps inculpé pour fraude fiscale — la même charge qui envoya Al Capone en prison. Deux procès auront lieu : l’un suspendu, l’autre déplacé à Malone, petite ville du nord de l’État. Schultz s’y présente comme un citoyen modèle, distribue repas et dons, et finit par être acquitté ! (Sûrement avec l’aide de quelques liasses de billets glissées sous la table.) Mais Dewey ne lâche rien, et Schultz comprend qu’il n’a plus beaucoup de temps.

Craignant son arrestation, il prépare alors une cache de secours. Selon plusieurs témoignages, il rassemble plusieurs millions en liquide, en obligations, en diamants et en or. Il enferme le tout dans une boîte en acier de 60 × 90 cm, qu’il aurait fait souder pour garantir l’étanchéité, puis prend la route vers les Catskills. Avec son âme damnée, son fidèle garde du corps Bernard « Lulu » Rosenkrantz, ils enterrent le coffre quelque part près de l’Esopus Creek, dans les environs de Phoenicia. La légende ajoute : sous un pin marqué d’un X… (3)

la suite dans le N° 146 de Monnaies&Détections

Cime de la Tournerie, 1 800 mètres d’altitude, commune de Roubion, Alpes-Maritimes. En plein cœur du parc national du Mercantour, un lieu magique, sauvage, intact. C’est ici que des archéologues mandatés par l’État ont mené, entre 2014 et 2020, des fouilles présentées comme un modèle : un sanctuaire gaulois du IIIe siècle avant J.-C., un site de culte unique, célébré dans les rapports et les colloques.

Mais une fois les médailles accrochées et les crédits engloutis, la réalité est beaucoup moins glorieuse. Sur le terrain, les héros de la “préservation du patrimoine” ont laissé derrière eux des tonnes de déchets. Une dizaine de Big Bags en plastique, pleins de déblais, abandonnés dans les tranchées du site. Trois ans qu’ils se déchirent au vent, qu’ils pourrissent au soleil, libérant peu à peu leur poison de particules de plastique sur ce sol que les Gaulois vénéraient. Voilà donc le visage réel de la “Culture” version administrative : des rapports bien propres, et des paysages souillés. Ces mêmes fonctionnaires qui interdisent aux citoyens de toucher une poterie, n’ont aucun scrupule à laisser pourrir leur propre chantier en pleine nature. L’écologie ? La responsabilité ? De grands mots qu’ils agitent dans les conférences pendant que, sur le terrain, ils abandonnent leurs déchets comme des gougnafiers. Ironie du siècle : les Gaulois respectaient ce lieu sacré. Les archéologues l’ont pollué. Vingt siècles d’histoire pour finir ensevelis sous du plastique. Bravo la Culture !

Sommaire 146


Actualités
4 Monnaies & Détections : une revue solide
5 “Deux pour cent…”
Vécu
6 Archéologie durable : plastique garanti
8 Le code de Beale
11 La clochette qui semblait n’être rien…
12 Le mystère des 16 barres d’or de Pentreath Beach
14 Le trésor perdu de Dutch Schultz
Vécu d’antan
17 Le trésor d’Authon :
une découverte historique en Haute-Provence
Technique de prospection
18 LiDAR : le nouveau super-pouvoir du prospecteur
21 Brèves
Artéfacts
32 Médaille de saint Benoît
Histoire
33 Louis III l’Aveugle, un empereur dans la tourmente
34 Nos ancêtres les Étrusques
36 Les seigneurs de Guinée
38 L’orange a des pépins
40 Les Vikings & Bouddha
Numismatique
42 Le Somaliland a de l’avenir
44 Le blé, ça se gagne
46 Cent-et-un dalmatiens et même plus un Dalmate !
48 Le royaume de la Côte de l’Or
50 Le duc était-il grand ?
Trouvailles
51 Monnaies/objets
60 Librairie
61 Petites annonces
62 Courrier
64 Agenda
66 La photo insolite !

Edito 146

Mea culpa, j’ai laissé passer dans le dernier numéro, un article qui n’avait pas sa place dans cette revue de passionnés que nous sommes. Les courriers de protestations reçus m’ont alerté immédiatement. Merci à Pascal pour sa franchise et sa générosité puisqu’il  conclut que « Errare humanum est »! Ce sera une manière de rappeler à tous, qu’en cas de carte aux trésors, il faut toujours se méfier.  Ainsi,  nous assumons totalement cette erreur et vous en faisons part  car il est de notre devoir de vous distraire avec des actualités et des anecdotes traitant de notre passion au lieu de cette couleuvre. Pour me rattraper, dans ce numéro, un dossier complet sur la manière d’utiliser les informations que ne manquent pas de générer l’étude des photos Lidar de la France entière. Bien entendu, ceci à titre hobby  uniquement, car vous connaissez la loi, nul n’a le doit de faire des recherches archéologiques avec un détecteur de métaux sans avoir reçu d’autorisation….  Aux USA, le trésor de Dutch Schultz, page 14,  est aussi recherché que notre chouette à nous, la seule différence c’est qu’on est sûr qu’il existe réellement.

Bonne Lecture Gilles Cavaillé