MONNAIES ET DETECTIONS

Pour les passionnés de la détection

Bienvenue sur le Blog Officiel
Monnaies et Détections

Articles taggés ‘prospecteurs’

Trouvaille 142.22

Bonjour à tous, voici trois pièces gauloises trouvées près de Brest (29). Après recherches, je n’arrive pas à les identifier. Merci pour tous renseignements que vous pourriez m’apporter (descriptif, rareté, valeur…). En espérant de tout coeur les voir dans vos prochaines revues. La première pèse quasiment un gramme pour 13 mm, la seconde fait 5,13 g pour 2 cm de diamètre, elle est en électrum, et la troisième pèse 1,47 g. Cordialement, Marie.

Vos trois monnaies sont très intéressantes pour les chercheurs. Les archéologues, eux, s’en désintéressent totalement, car même lorsqu’un dépôt trésoraire est déclaré et récupéré par eux, aucune publication n’est faite à son sujet… La première est un quart de statère Osisme en alliage bas, peut être aurifère. Il existe un autre quart précisément du même type : il s’agit de la var. 4 de la série 329 au sanglier, DT 2241, provenant de l’île de Jersey (Le Catillon). La main au-dessus du cheval y est moins nette que sur votre exemplaire. Ce type (deux exemplaires connus) n’est donc pas inédit, mais vous êtes passé tout près ! Avers : profil à droite, sans flamme au cimier. Revers : au dessus du cheval non androcéphale à gauche, mains aux doigts écartés. Au-dessus, rappel de l’aurige suggéré par des fleurons ; au-dessous du cheval, vestige du sanglier à droite. Cette monnaie est un petit TTB, et il est difficile de l’estimer, faute de précédents en vente. Si deux collectionneurs la recherchent pour compléter leur collection, le prix peut s’envoler ; à l’inverse, elle peut rester peu connue. 700 euros reste un minimum. Datation : Ier siècle à 50 avant J.-C. La seconde est un statère en électrum Osisme, 5,13 g, 20 mm, Nouvel Atlas, série 335, “à la fleur”, DT 2247-2248. Avers : profil à gauche avec chevelure élaborée. Les deux dauphins à gauche de l’effigie sont bien distincts et inconnus, ou du moins non identifiés sur d’autres exemplaires. Sur votre statère, on distingue les nageoires possibles des dauphins, ce qui rend cette pièce très intéressante. Revers : il s’agit d’un mélange des deux exemplaires représentés dans l’ouvrage de Louis-Pol Delestrée et Marcel Tache, avec un cheval androcéphale à gauche, sous lequel on retrouve une fleur réaliste à la longue tige. Au-dessus, un aurige réduit à un profil humain tourné vers le haut. Votre avers manque un peu de force de frappe, mais cela reste une monnaie très rare. Un autre exemplaire en meilleur état que le vôtre a été adjugé à 5 580 euros en 2021. On peut estimer la vôtre à 3 500-3 700 euros. Ce type de statère est très pur en or et provient, selon nos sources, principalement de la forêt de Pontallec, à l’ouest du Morbihan. Datation : IIe siècle avant J.-C. à 50 avant J.-C. Enfin, la dernière monnaie est toujours Osisme. Son attribution reste incertaine. Soit c’est un quart de statère au trépied, et profil à droite avec col. Avers : profil à droite, à la chevelure exubérante et avec un col rectangulaire double. Un cordon perlé part du front, ainsi qu’un axe. Sorte de fleuron devant le buste. Revers : androcéphale à gauche, la croupe surmontée d’un cordon perlé ; au-dessous, une roue à quatre rayons sur la pointe d’un triangle formant trépied. Variante avec le buste à droite, au col caractéristique et profil luniforme. Soit c’est un quart de statère « à la roue sous l’androcéphale » DT 2246. Nouvel Atlas T 2, var. de la série 332 type émission osisme très tardive, probablement postérieure à la guerre des Gaules. Une même monnaie en TTB est partie à 1600 euros, la vôtre est un petit TB avec manque de métal, comptez 500 euros.

Trouvaille 142.21

Bonjour, voici une monnaie que j’ai trouvée dans un labour près de Poitiers. Il s’agit d’un billon, elle pèse 0,90 g pour un diamètre de 1,8 cm. Pourriez-vous me l’identifier, car j’ai beaucoup de mal, s’il vous plaît ? Et voici une autre monnaie que l’on trouve souvent dans nos champs, mais celle-ci a une particularité : elle porte l’inscription de la lettre C. Aurait-elle plus de valeur que ses consœurs ? Elle pèse 1,23 g et mesure 2,3 cm de diamètre. Merci encore pour tout ce que vous faites pour ce loisir. Christophe.

La titulature est incomplète sur les deux faces, mais on devine la légende TURONUS CIVI du côté de la croix. Au revers, la présence de deux fleurs de lys accolées et quelques fragments de lettres correspondant à KAROLUS REX nous permettent, sans grande erreur, de penser qu’il s’agit d’un denier tournois de Charles VII, au titre de 0,119 et d’un poids théorique de 1,019 g. Il a été frappé à partir d’octobre 1429. On ne publie pas souvent un franc francisque, mais votre question est intéressante. Oui, il existe des ateliers qui, selon l’année, peuvent conférer une valeur particulière à la monnaie. La vôtre porte le millésime 1944, atelier C normal, frappé à près de 75 millions d’exemplaires. Parmi ces frappes, un faible pourcentage de ces monnaies présentent un C plus petit, ce qui leur confère un prix de collection avoisinant 300 euros en état TB+. Malheureusement, votre exemplaire possède un grand C. Il est préférable de bien se renseigner avant de la mettre en vente sur eBay ou Le Bon Coin, où abondent des monnaies avec un grand C, généralement proposées entre 50 et 200 euros. Ces vendeurs sont soit peu versés en numismatique, soit espèrent tromper un collectionneur crédule…

Trouvaille 142.20

Bonjour à toute l’équipe de Monnaies & Détection, pourriez vous en dire plus sur cette médaille achetée dans un vide-grenier pour 1 euros ? Elle a un diamètre de 7 cm. Merci d’avance, Gilles.

Il s’agit d’une médaille qui était offerte aux députés de l’Assemblée nationale. Troisième République – Médaille, Élection de Sadi Carnot. Date : 1887. Métal : bronze. Diamètre : 71,5 mm. Poids : 183,97 g. Graveur : Bourgeois Louis Max (1839–1901). Avers : RÉPUBLIQUE FRANÇAISE. Buste drapé et coiffé d’un bonnet phrygien de Marianne, à droite. Signé : LIEN MAX BOURGEOIS. Revers : LE / 3 DÉCEMBRE 1887 / L’ASSEMBLÉE NATIONALE / ÉLIT / MR CARNOT / PRÉSIDENT / DE LA RÉPUBLIQUE // BRELAY Légende en 7 lignes, à gauche d’une branche de chêne. Cartouche gravé d’une légende en 2 lignes. Signé : MB. Nota : cette médaille a été offerte au député du nom de Brelay. Celui-ci est né en 1817 en Charente-Inférieure et décédé en 1889 à Paris. Il a eu cinq mandats de député entre juillet 1871 et octobre 1889, date de sa mort, dans le groupe d’Union républicaine. Deux curiosités à noter : Le graveur Max Bourgeois a frappé un même type de médaille deux ans auparavant pour l’élection de Jules Grévy. La signature sur l’avers présente bien “Lien” au lieu de “Louis” : est-ce une erreur, une forme classique de sa signature, ou bien une manière d’écrire “Maximilien” ?

Trouvaille 142.19

Bonjour cher journal, détectoriste passionnée depuis des années et fidèle lectrice, je me lance moi aussi pour partager avec vous cet objet. Voici ce que je pense être une amulette phallique gallo-romaine, trouvée dans les Alpes-Maritimes, en pleine forêt. Je n’ai pas d’idée quant à la datation exacte de l’objet, mais j’adore ce genre d’artefacts. Vive la détection libre et encadrée ! Je rêve que la France prenne le même chemin que l’Angleterre. Cordialement, Élise.

Eh oui Élise, il s’agit bien d’un pendentif phallique en bronze, période gallo-romaine (IIe-IIIe siècle). Il est en très bel état de conservation. On peut noter que l’absence d’usure à l’anneau implique un port court, avant perte, de l’ordre de quelques années. Les stries sont censées représenter la toison pubienne. C’est un modèle classique. Voir la trouvaille de Christophe n°14.01 sur le blog Monnaies & Détections, il est quasiment identique au tien.

Trouvaille 142.18.bis

Passons à la troisième : Avers : LVDOVICVS. XIII. D. G. FRANC. ET NA REX. BD. Croix fleurdelisée, avec fleuron quadrilobé en coeur. Revers : (différent) GRATIA. DEI. SVM. ID. Q. SVM. (date) (différent). Écu parti de France, mi-coupé de Navarre- Béarn, couronné, accosté de II et II. Réf. : Dy.1338, frappée à Pau. TTB− : 160 euros. Louis XIII le Juste. Huitième d’écu à la croix fleurdelisée. Avers : + LVDOVICVS. XIII. D: G. FRAN. E. NA. RE. 1642. Croix fleurdelisée avec quadrilobe en coeur. Revers : SIT. NOMEN. DOMINI. BENEDICTVM — L. Écu de France couronné, accosté de V et III. Réf. : Drou.106A. État TB++ : 100–120 euros. Quart d’écu de Louis XIV, 1646, atelier C (Saint-Lô). Avers : + SIT. NOMEN DOMINI. BENEDICT. C. Écu de France couronné, accosté de II-II. Revers : LVD. XIIII. D: G. FRAN. ET. NAVA. REX. 1646. Croix fleurdelisée. Réf. : Dr.264. État TB+ : estimation 200–230 euros.

Trouvaille 142.18

Bonjour, et félicitations pour votre revue. J’ai trouvé ce petit dépôt en forêt. La roche, à cet endroit, avait la forme d’un fer à cheval – pour servir de repère, je pense –, ce qui a attiré mon attention. Toutes les pièces sont en argent. Est-il possible d’avoir une estimation de ces monnaies ? Au plaisir de les voir prochainement dans l’une de vos revues. Cordialement, JP.

Observer la nature quand on prospecte permet de faire de précieuses découvertes, bravo ! On aurait aimé un peu plus de détails : le dépôt était-il à l’intérieur du fer à cheval ? Ou à l’extérieur ? Restait-il des résidus de contenant ? Commençons dans l’ordre donné : à défaut de pouvoir lire le chiffre huit en caractère romain sur la monnaie, le poids que vous indiquez est bien celui d’une pièce de huit réaux. Écu à multiples quartiers, sommé d’une couronne coupant la légende, accosté à gauche de PR. Revers : champ écartelé aux 1 et 4 de Castille, aux 2 et 3 de Léon, dans un double octolobe. Date incertaine. Philippe II ou III. Réf. : Calicó 912. Monnaie en état B++ : 150-180 euros avec une cote croissante pour les USA. Frappée à Potosí, en Bolivie. La seconde est un quart d’écu de Navarre, frappé à Saint-Palais, millésime 1602. Réf. : C.1519 — L.1104. Avers : HENRICVS. 4. D. G. FRANC. ET. NAVAR. REX. Croix fleurdelisée. Revers : GRATIA. DEI. SVM. ID. Q. SVM. 160Z. Écu parti de France-Navarre, couronné, accosté de II-II. (Traduction : Grâce à Dieu, je suis ce que je suis.) Pièce légèrement rognée. TB++ : 100-120 euros.

Trouvaille 142.17

Bonjour, sceau en argent trouvé dans le Vaucluse. Je n’arrive pas à comprendre ce qui est gravé dessus. Pouvez-vous m’aider, s’il vous plaît ? Davidou23.

On change résolument d’époque avec cette matrice en argent datée du XVIIIe-XIXe siècle. Cartouche ovale et bordure torsadée, le monogramme semble représenter les lettres LMC. Après, on peut laisser divaguer notre imagination : à la lecture de l’image inversée (celle que donnerait l’empreinte dans la cire), on pourrait y voir le chiffre quatre, deux C angulaires et deux C en forme de croissant sur la barre transversale, dans lesquels semblent présents deux « Pierrot la Lune ». C’est quand même tiré par les cheveux. Ce que l’on peut rajouter de tangible, c’est que la matière (argent) indique davantage un bourgeois aisé qu’un membre du petit peuple, et que le petit col de la douille permet d’envisager, pour ce cachet, un manche en bois serti.

Trouvaille 142.16

Bonjour à toute l’équipe, j’ai trouvé ce joli petit sceau avec trois fleurs de lys dans les vignes gardoises… Diamètre 18,8 mm, poids 16,46 g, hauteur 19,3 mm. Merci pour votre retour ! Cordialement, JC.

Matrice de sceau présentant trois fleurs de lys, deux en haut et une en bas, entourées d’un liseré de besants dans une circonférence dentelée. La forme de la matrice date du début du XVe siècle. Les fleurs de lys sont un symbole royal ; on peut envisager le sceau d’un particulier ayant une charge royale. Matrice anépigraphe.

Trouvaille 142.15

Bonjour, je vous propose quatre objets à identifier, trouvés en labour en Savoie il y a quelque temps. Je vous les soumets à nouveau, car ils ne figurent pas dans votre n° 141, et je vous apporte cette fois davantage de détails. Bien à vous, Philippe.

Le premier, à gauche, en étain, pèse 8,83 g pour un diamètre de 31 mm. Le deuxième, à droite, en plomb, pèse 13,27 g pour 15 mm. Le troisième, en bas à gauche, en métal cuivreux, pèse 10,24 g pour 25 mm. Le quatrième, en bas à droite, en métal cuivreux, pèse 7,62 g pour 25 mm. Pour le premier, on est plus proche de roues de jouets anciens que de rouelles gauloises à six rayons. Même si certaines sont classées dans des collections comme rouelles, il est difficile de faire la part des choses. Vous pouvez la retrouver dans l’ouvrage Rouelles et anneaux de Claude Salicis sous la référence : Sal.93 var. Le second, à sa droite, est un plomb de filet pour alouettes, XVIIIe–XIXe siècle. En bas à gauche, nous avons une rouelle tronconique avec décor bouleté, période post-médiévale. Le dernier ne semble pas être un anneau classique en bronze, car ceux ci sont plutôt plats, présentent souvent un reste d’ébarbure lié au moule, ainsi qu’une cassure correspondant au tunnel de coulée du métal en fusion. Ici, nous avons un anneau dissymétrique en section, plat à l’extérieur et plutôt bombé à l’intérieur. Peut-être s’agissait-il d’un œillet de vêtement.

Trouvaille 142.14

Bonjour et tout d’abord merci pour la parution dans le magazine de ma bague. Je vous envoie cette fois une monnaie dont la découverte ne m’est pas attribuée. Ma belle-fille, avant que je rencontre sa mère, s’est vue offrir un détecteur basique par son grand-père qui était assez féru de détection et voulait partager sa passion et surtout des moments avec sa petite fille. Il l’emmena la première fois sur une plage picarde et elle eut la chance (du débutant) de sortir cette monnaie, à la surprise de son grand-père qui n’avait jamais eu la chance de sortir une monnaie gauloise. Après maintes recherches effectuées via internet, la seule correspondance serait un bronze ambiani aux hippocampes adossés, mais cette monnaie est quant à elle en argent… Êtes-vous en mesure de nous en dire plus sur cette monnaie ? Bien cordialement. Vincent.

Il s’agit, bien sûr, comme vous vous en doutez, d’une reproduction. La monnaie existe bien et il s’agit bien d’un bronze ambiani aux hippocampes affrontés. Avers : tête barbue à gauche, la bouche ouverte ; derrière, une S ; devant le visage, deux enroulements. Revers : ANÉPIGRAPHE. Deux “hippocampes” adossés, ou deux cols de chevaux à la base du corps anguipède. Les raisons pour lesquelles quelqu’un a reproduit cette monnaie sur un flanc d’argent sont inconnues. Initiative personnelle d’un quelconque numismate amateur ou pro ? Jeton pour un rallye ? Faux pour tromper ? Cela ne fait pas partie en tout cas des collections Shell, BP et autres des années 70. À suivre…MO**