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Un nouveau regard sur les ateliers monétaires gaulois

On doit à Monsieur Louis-Pol Delestrée un nouveau regard sur la manière de frapper monnaies des ateliers monétaires gaulois. Jusqu’à présent, on imaginait les ateliers monétaires gaulois fonctionnant à l’identique des ateliers romains civiques et grecs. Rappelons que la monnaie est un droit public et que l’état romain se chargeait de cette fonction par le biais de personnage exerçant un pouvoir émetteur d’ordre politique. A contrario de l’usage romain et grec utilisant des ateliers fixes, pérennes dans le temps et localisés au pouvoir central de la ville émettrice, il se dessine, au vu des nouvelles recherches, un constat fort différent pour les ateliers gaulois. Ils devaient être mobiles, constitués d’artisans spécialisés et introduit dans la symbolique celtique et se déplaçaient en fonction des commandes de notables ou marchands partout en Gaule.

Ces trois dernières décennies, les trouvailles d’outils monétaires (à l’évidence pour la plupart, trouvailles de prospecteurs…) ont permis de mettre au jour deux outils monétaires inconnus auparavant : les poinçons et disques monétaires (voir article page 34 revue Monnaies & Détections N° 95). Ces outils, inconnus dans les ateliers monétaires romains fixes, sont un des nombreux éléments qui conceptualisent les ateliers itinérants gaulois.

 

Reprenons brièvement la chaine de production monétaire 

 

1. Les coins : 37 coins monétaires trouvés et publiés en France permettent d’avoir une idée précise de la composition métallique. Il fallait de véritables artisans spécialisés pour graver aussi artistiquement des symboles et figurations gauloises qui nous échappent complètement. De même, ces artisans devaient fréquenter la classe sacerdotale ou druidique pour pouvoir délivrer un message symbolique de leur mythologie sur les coins qu’ils allaient graver. Rappelons que les monnaies gauloises étaient anépigraphes jusqu’à la fin du IIe siècle avant JC et que les thèmes symboliques y sont totalement abstraits pour nous car non éclairées par des sources écrites.

Mais les coins sont fragiles et cassaient au bout d’un certain nombre de frappes et c’est la raison de l’existence des disques et poinçons suivants :

2. Le poinçon offre l’aspect du coin monétaire mais l’image à la base est en relief. Cette image en relief était obtenue par le moulage d’une monnaie frappée avec le coin d’origine. Il suffisait alors d’utiliser cette empreinte en relief et d’imprimer sur de l’argile ou un métal mou l’empreinte en creux pour obtenir, à partir de cette dernière, une nouvelle empreinte en relief qui pouvait être fixée à la base du moule dans lequel était coulé le bronze nécessaire à la création du nouveau coin en remplacement de celui qui avait lâché. 15 exemplaires sont connus et répertoriés.

La suite de l’article dans Monnaies & Détections n°115 …

massacre scientifique Le trésor armoricain de Piolaine

L’absurdité d’une politique mise en œuvre par certains idéologues de l’Archéologie administrative vient de franchir un sommet jusqu’ici inviolé. Il s’agit d’une atteinte délibérée à la bonne conservation et à l’étude du trésor de monnaies gauloises de Piolaine (Commune de Saint-André-du-Pavail, Ille-et-Vilaine) dont la petite histoire doit être rapportée.

En bref, deux particuliers trouvèrent sur une propriété privée (1) 603 statères en billon qui furent légalement déclarés et déposés le 5 novembre 2012 au Service Régional de l’Archéologie (SRA) de la DRAC de Bretagne. Pressentant qu’il s’agissait d’un trésor éclaté et bien localisé dans un labour, le SRA élabora sans tarder un projet de sondage qui fut réalisé dès le mois de mai 2013 par une équipe de l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (INRAP) dont faisaient partie, à titre bénévole, les deux inventeurs initiaux (2). C’est ainsi que 484 monnaies supplémentaires furent mises au jour.
Dès le mois de juin 2013, à l’initiative du SRA, mission fut donnée à Mme Nieto-Pelletier (3) d’expertiser l’ensemble du dépôt, soit 1087 monnaies réparties en trois lots l’un regroupant les pièces de l’INRAP soit 484 ex., et les deux autres, soit respectivement 378 et 225 ex. constituant les trouvailles des deux inventeurs. L’expertise avait pour objet essentiel de proposer une estimation financière pour chacun des trois lots précités. Mme Nieto classa les monnaies selon les critères conventionnels bien qu’obsolètes dont elle disposait, prévoyant dans un proche avenir l’étude typo-chronologique approfondie de l’ensemble du trésor éclaté.
Elle s’efforça de conclure avec précision sur l’état des monnaies – lisibilité et degré de conservation –, sur la valeur vénale de chaque exemplaire, et enfin, à titre indicatif, sur l’estimation globale de chacun des trois lots considérés. Le SRA avait sans nul doute pour objectif de préparer l’acquisition par le Musée d’Archéologie Nationale (MAN) du trésor complet en vue d’une bonne conservation définitive et d’une publication scientifique élaborée.
Il est bon de préciser ici la situation juridique des trois lots :
1) Le lot de l’INRAP – établissement public – pouvait être sans problème attribué au MAN, autre établissement public.
2) Les deux lots privés devaient d’abord être partagés chacun par moitié entre les inventeurs et le propriétaire du sol selon les dispositions de l’art. 716 du Code Civil qui était applicable vu la date des faits.
3) Il était dès lors loisible de négocier avec les trois possesseurs des lots privés le rachat des 603 monnaies par le MAN, sur la base des estimations de Mme Nieto.
De source bien informée, il est avéré que le MAN avait provisionné le montant supposé de ce rachat, en vue de pouvoir au final disposer du trésor en sa totalité. Les pourparlers devaient toucher à leur terme, lorsqu’un « oukase » émanant d’un fonctionnaire encore anonyme sabota le processus décrit en interdisant soudain toute acquisition par les musées nationaux – dont le MAN en première ligne – des 603 monnaies dont la découverte pouvait ne pas être considérée par lui comme « politiquement correcte »… Une telle foucade était d’autant plus malvenue que les inventeurs initiaux participèrent activement, au sein de l’équipe de l’INRAP, à la mise au jour des 484 statères complémentaires à présent conservés dans les médailliers du MAN.
Ainsi, certaines « autorités » administratives ou politiques ont privilégié à l’évidence leur vision dogmatique au détriment de l’étude scientifique d’un trésor gaulois en place, aussi complet que possible et dont l’intérêt était de ce fait considérable (5).

(5) Un mauvais sort s’acharne sur les trésors gaulois d’Armorique, dispersés jadis et mal connus, ou connus et non publiés, ou encore négligés par les « autorités » comme ce fut le cas pour le trésor dit d’Hennebont (Morbihan) dont la publication n’est due qu’à l’heureuse initiative d’un chercheur indépendant.

La suite de l’article dans Monnaies & Détections n°110 …

68 000 monnaies

Trois ans ! Il aura fallu trois années aux archéologues anglais pour séparer, une par une, les monnaies composant l’énorme trésor de Jersey. Le plus gros dépôt de monnaies gauloises connu à ce jour ! Un peu plus de 68 000 monnaies, on n’a pas le chiffre exact, personne ne trouvant le même compte ! Le trésor, rappelons-le, fut découvert en 2012 par des prospecteurs amateurs qui le traquaient avec leurs détecteurs depuis 30 ans ! Il n’y a que les chasseurs de trésors pour être aussi acharné… Tout ça, grâce à quelques monnaies gauloises trouvées dans un champ voisin par un agriculteur il y a trois décennies. Les monnaies sont attribuées principalement à des tribus armoricaines, en grande majorité des Curiosolites, le trésor fut caché vers -30/-50 av JC, soit à l’époque où les tribus fuyaient devant l’invasion romaine de Jules César. Quelques objets en or, des torques assez frustes, un superbe pendentif fait d’un fil d’or torsadé, des perles de verre et les restes d’un sac de cuir accompagnaient les monnaies.
Le gouvernement de Jersey doit maintenant statuer sur le devenir du trésor, l’acheter, les inventeurs et propriétaires du terrain attendent leurs primes, ou le vendre aux enchères ? Cette dernière option risque de faire plonger la côte des Curiosolites… A sa découverte son estimation était de 10 millions de livres sterling !
Source : smithsonianmag.com

Archéo-terrorisme ? Une déplorable affaire

À la fin de l’année 2010, Mr D. Ridet, entrepreneur en bâtiment à Romeney (Saône-et-Loire) découvrit fortuitement dans un tas de terre de plusieurs m3 entreposé devant ses ateliers, un objet en bronze qu’il ne sut identifier. Il tenta de s’informer à ce sujet sur Internet auprès d’un forum de prospecteurs en se présentant comme l’un d’eux, espérant ainsi qu’on lui répondrait, ce qui fut le cas. Il obtint une identification préliminaire par un membre d’Action Centurion qui l’a orienté et conseillé au mieux en vue de « sauver » cet objet. Le membre du collectif reconnut immédiatement l’intérêt exceptionnel de la trouvaille.

Mr Ridet, parfait honnête homme, fit déposer l’objet pour étude au Cabinet des Monnaies et Médailles de la BnF où il apprit qu’il devait déclarer cette découverte dans une forme appropriée, ce qu’il s’empressa de faire.

Il s’agissait d’une valve en bronze portant huit gravures en creux et provenant d’un moule bivalve destiné à fabriquer des monnaies gauloises en bronze coulé. En très bon état de conservation, unique spécimen connu en Gaule et dans toute l’Europe celtique, l’objet présentait bien une importance capitale.

Voici quelle fut la réaction de l’autorité responsable, en l’espèce un Service Régional de l’Archéologie au sein de la D.R.A.C. de Dijon (Côte-d’Or).

Mr M. Prestreau, Conservateur régional et chef de ce service administratif, n’accusa pas réception de la déclaration, ne se dérangea pas pour étudier sur place l’origine possible de la terre rapportée, ne fit pas la moindre enquête et ne chercha même pas à prendre contact avec Mr D. Ridet alors qu’un dialogue de quelques minutes aurait permis d’éclairer d’un coup l’événement. Sans solliciter l’avis préalable de ses collègues de la BnF déjà dépositaires de l’objet, sans prendre aucune disposition telle qu’un classement légal de cet outil exceptionnel dont l’intérêt dut lui échapper, M. Prestreau déposa une plainte pénale en termes outrageants contre l’inventeur qui se vit soudain accuser d’infractions multiples telle que la « fouille sans autorisations » et (sic) le « vol d’un objet archéologique »… dont il était légalement propriétaire ! Voilà comment D. Ridet fut récompensé par l’administration française de son civisme et de sa bonne volonté.

Bien entendu, dans les mois qui suivirent, l’affaire aurait été classée « sans suite », mais le mal était fait, … La suite dans Monnaies & Détections n° 83