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Monnaies et Détections

Catégorie : Histoire

En août 1786 le Gouvernement anglais décide de créer une colonie pénitentiaire très éloignée des côtes britanniques et le capitaine Arthur Philipp est désigné comme commandant de la flotte qui emmène les relégués au bout du monde. L’objectif est d’atteindre une baie australienne appelée Botany Bay repérée en 1770 par le Capitaine Cook. La traversée est longue et incertaine.

Carte de la route de la Première Flotte.

La traversée et l’installation en Australie

Le 13 mai 1787, 11 navires, quittent le port de Portsmouth, situé sur les côtes sud de l’Angleterre pour un périple de 24000 kilomètres. Ils forment ce qui est appelée aujourd’hui la Première Flotte (the first fleet). Après un rude voyage, avec une première halte dans les Iles Canaries, puis une seconde à Rio de Janeiro et une troisième au passage du Cap de Bonne Espérance, la Première Flotte amène les premiers colons britanniques en Australie.
Pendant cette traversée quelques personnes sont débarquées et une quarantaine meurt. Il y a aussi une vingtaine de naissances. Après 252 jours, le capitaine Arthur Philipp débarque à Botany Bay mais trouve le lieu peu propice pour une installation durable. Il décide alors de chercher un emplacement plus adapté à l’installation d’un port et d’un village. A quelques kilomètres se trouve une baie à laquelle le capitaine Cook avait donné pour nom Port Jakson, lors d’un voyage précédent.
Cet emplacement semble idéal pour un débarquement et l’aménagement d’un village. Arthur Philipp donne l’ordre de jeter l’ancre. Nous sommes le 26 janvier 1788 et le 26 janvier devient le jour de la fête nationale australienne (Australia Day).

Le capitaine Arthur Philipp peint par Francis Wheatley en 1786.

Des années difficiles

Port Jackson est rapidement rebaptisé baie Sydney et la ville qui s’y construit prend le nom de Sydney. Environ 250 soldats, quelques officiers quelques administrateurs civils, 300 marins et 800 bagnards s’y installent, soit une colonie d’approximativement 1400 personnes. Les premières années sont très difficiles car tout manque, en particulier la nourriture. Pour maintenir l’ordre, le capitaine Arthur Philipp, gouverneur de Sydney, doit faire preuve d’autorité mais aussi de diplomatie avec les diverses composantes de la population anglaise et avec la population autochtone. Après deux ans et demi, de nouveaux navires arrivent enfin d’Angleterre. Ils amènent une population supplémentaire de relégués et apportent des vivres tant attendus. La situation s’améliore et la population globale s’accroit pour atteindre 2000 habitants. D’autres navires suivent, ainsi au départ d’Arthur Philipp qui quitte l’Australie en 1794 pour rentrer en Angleterre, la population atteint 4000 habitants.

Le premier regard du Capitaine Arthur Philipp sur Port Jakson.

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Les deux comtés de Hanau

Hanau-Lichtenberg est un comté indépendant au XVIIIe siècle. Un atelier monétaire fonctionne à Bouxwiller et émet les monnaies des comtes, parfois nommés Jean-René.
Or, le troisième de ce nom a marié sa fille, Charlotte, à un Hessois. Ils ont un fils qui doit hériter des deux côtés. Jean-René III meurt en 1736 et, mécaniquement, Louis de Hesse-Darmstadt devient comte de Hanau. Ou plutôt de Hanau-Lichtenberg car une bonne part vient des seigneurs de Lichtenberg, dont les gendres (Hanau et Bitche) héritent en 1480 d’une forteresse si bien conçue qu’elle servira jusqu’en août 1870 lorsque les Wurtembergeois s’en emparent, au prix de nombreuses pertes qui nourrissent la rumeur de fosses communes sur place. Entretemps, elle a été fortifiée par Specklin et Vauban.
Le château dresse toujours ses ruines, protégées par une association, mais le pays qu’il défendait a disparu parce que Louis IX accède au trône de Hesse-Darmstadt en 1768. Il est déjà comte de Hanau depuis le décès du grand-père Jean-René et il va intégrer son comté dans la Hesse paternelle.
Jean-René III, décédé à 71 ans, avait transféré ses bataillons à Pirmasens (Allemagne actuelle) pour s’éloigner des Français. Il était le neveu de Frédéric-Casimir qui tenta de bâtir les Indes Hanauviennes mais échoua par manque de fonds (1669-1672). D’ailleurs sa famille n’aimait pas ce rêveur qui achetait le Suriname. Maître d’un comté de 1500 km2, il fondait un empire de 100 000 km2…
Bouxwiller continua de fabriquer les monnaies d’argent et de cuivre, ces dernières ornées de l’initiale du jeune comte qui fait rénover les bornes-frontières du comté maternel, enclavé dans des territoires devenus français avec l’annexion de la Lorraine.

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Les omphalos, pierres du domaine des dieux

Omphalos, nombril (c’est-à-dire le centre du monde) chez les Grecs.

En effet, la mythologie grecque nous raconte que pour déterminer le centre du monde (l’omphalos, le nombril) Zeus lâcha deux aigles des extrémités de celui-ci. Ils se rencontrèrent au-dessus de Delphes où il laissa tomber une pierre qui marquait ainsi le centre, le nombril du monde. Mais pas n’importe quelle pierre, celle substituée à Zeus nouveau-né et avalée par Cronos. Ayant appris qu’un jour un de ses fils le détrônerait, Cronos exigeait que sa Rhéa lui remette chaque nouveau-né qu’il dévorait aussitôt. Rhéa put lui soustraire Zeus en le remplaçant par une pierre emmaillotée. Une fois adulte, Zeus détrôna son père Cronos et lui fit régurgiter la pierre qui est en fait un bétyle, se confond avec la notion qu’elle symbolise et est appelé omphalos. Non seulement ce terme signifie ombilic mais désigne aussi tout ce qui existe. L’omphalos représentait donc essentiellement le centre du monde, c’est-à-dire tout ce qui existe. L’omphalos de Delphes était accompagné de deux aigles en or et placé dans le temple d’Apollon Pythien, dans la fosse oraculaire, l’adyton. L’oracle de Delphes, la Pythie se tenaient près de l’omphalos.
L’omphalos de Delphes n’est pas unique.

L’omphalos derphique surmonté de deux aigles.

D’autres furent érigés durant l’Antiquité sur le pourtour méditerranéen.Plusieurs monnaies antiques portent un omphalos au revers, tantôt associé à Apollon, tantôt à un serpent, attribut d’Asklepios (esculape en latin), dieu gréco-romain de la médecine.

Phocide – Delphes ; statère ou didrachme (336-335 AC). Revers : Appolon assis sur l’omphalos de Delphes.
Réf. : Hoover, vol. 4, 1140.

L’omphalos apparaît aussi pour la toute première fois sur un denier de la République romaine, à l’époque où une épidémie dévastatrice de peste sévissait à Rome en 87 avant J.C.

Mysie – Pergame ; Æ22 ; (133-116 AC).
Avers : tête laurée d’Asklepios. Revers : serpent enroulé sur un omphalos. (Source : www.forumancientcoins.com/moonmoth/coins/pergamon_004.html).

Un autre denier en argent de l’empereur romain Vespasien (70-79, ap. J.C), un omphalos du domaine des dieux est représenté.

Îles de Carie – Rhodes ; drachme. Au revers, dans le champ en bas à gauche, omphalos sur lequel est enroulé un serpent. (Source : http://www.ancient-wisdom.com/earthnavels.htm)

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Les trésors perdus de l’amiral Zheng He

Le Chinois Zheng He vint au monde en l’an 1371 et après avoir mené sept grandes explorations qui feront de lui une légende, il trouvera la mort en 1433. Né dans une famille musulmane de la région du Yunnan, il porte d’abord le nom de Ma He. De bonne famille, son père est l’équivalent du gouverneur du Yunnan. En 1384 la province du Yunnan entre en conflit avec l’empire Chinois. Le père et une grande partie de la famille de Zheng He sont exécutés, lui sera capturé, il a 13 ans et est confié à la cour impériale où, malheureusement pour lui, il sera castré pour devenir eunuque à la cour impériale. Un sort réservé à la plupart des fils des ennemis importants de l’empire…
Ma He, qui va prendre le surnom de Zheng He, va devenir un des protégés de l’empereur Yongle qui va accéder au trône en 1402 et régner sur l’empire de Chine, sous la dynastie Ming, jusqu’en 1424.
Zheng He qui a appris à naviguer et à commander un navire et qui fait preuve de courage lors d’une grande bataille, se voit confier une flotte par l’empereur Yongle. Il a alors 31 ans et c’est le début de sa carrière de marin et d’explorateur qui va faire de lui une légende, bien au-delà des frontières de l’empire de Chine.
Lors de ses premières campagnes, Zheng He longe les côtes, s’aventurant de plus en plus loin (1). Il longe la Malaisie et l’actuelle Indonésie, une stèle de pierre gravée de trois langues, le chinois, le tamils et le persan, sera découverte sur l’île de Ceylan en 1911, elle y fut laissée par Zheng He en 1404 ! L’original et une copie où le texte a été rendu plus lisible sont exposés au musée de Colombo. (2)

Il visite aussi sûrement l’Australie, alors seulement peuplée d’Aborigènes, il faudra attendre 1770 pour que le Royaume-Uni en réclame la moitié orientale.
A chaque campagne, il ramène des trésors, de la soie, des bijoux, des épices dont certaines sont inconnues, des animaux exotiques, des esclaves… et bien sûr de l’or, le tout étant acquis soit par le négoce soit par les armes ! On attribue à Zheng He d’avoir ramené en Chine la première girafe ! (3)

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La chanson de Roland

Parmi les premières productions narratives en langue romane figurent les épopées des chansons de geste. Ces dernières sont des poèmes relatant des exploits guerriers associés, dans la plupart des cas, à une légende plus au moins fondée en rapport avec l’histoire de la France royale ou féodale. Un des textes les plus célèbres de cette matière épique est « La chanson de Roland ».

La chanson de geste, un récit idéologique

La chanson de Roland dans la version du manuscrit d’Oxford, est attribuée au poète Turolde et datée de la fin du XIIe siècle. Celle-ci relate le massacre, survenu 3 siècles plus tôt, d’une douzaine de barons de Charlemagne dont le célèbre Roland et de 20 000 de leurs chevaliers par quelques 100 000 Sarrasins. Si la chanson de geste, du latin gesta, signifiant exploit, apparaît à la fin du XIe siècle, elle glorifie le royaume et les hauts faits historiques des Carolingiens. Elle offre souvent une vision réaliste, parfois démesurée, des conflits qui agitent la société autour de l’an mil. L’émergence de ces poèmes épiques chantés va surtout servir une nouvelle idéologie, celle du chevalier et de ses vertus. La chanson de Roland montre ainsi comment, par orgueil, Roland préfère mourir plutôt que de sonner du cor pour appeler Charlemagne à la rescousse.

Chanson de geste, scène de combat livré par l’armée de Charlemagne. Miniature tirée du manuscrit « Entrée d’Espagne », XIIe siècle.

Une belle légende

15 août 778 : dans la gorge de Roncevaux, l’arrière-garde de l’armée de Charlemagne défile en rangs serrés. Victorieuse, elle retourne en Gaule, après une expédition militaire contre les Sarrasins d’Espagne. Le gros de la troupe a déjà franchi le dangereux défilé et les sentinelles, postées sur le versant opposé, abandonnent imprudemment leur surveillance. C’est ce moment propice qu’attendent en grand nombre les Sarrasins pour faire rouler d’énormes blocs de roches sur les pentes abruptes et fermer le passage. Puis dévalant dans l’étroite gorge, ils tombent sur le dos des soldats chrétiens. En peu de temps, des milliers de Francs sont tués. Leur héroïsme et leur courage ne peuvent résister à ces ennemis qui fondent sur eux en si grand nombre et de deux côtés à la fois.
Le paladin (1) Roland, neveu de Charlemagne, se bat avec une énergie farouche, et son invincible épée « Durandal » tranche et massacre parmi les infidèles. Olivier, ami de Roland, lui conseille vivement de sonner de l’olifant, cor d’ivoire dont le son puissant peut traverser les espaces et faire accourir le roi Charles ; mais, orgueilleusement, Roland refuse, il ne veut demander le secours de personne, ni surtout déranger son roi.
Peu à peu, la féroce mêlée voit tomber tous les Francs ; alors seulement, devant les corps de ses compagnons morts, Roland saisit l’olifant et sonne avec l’énergie du désarroi, à tel point que les veines de ses tempes éclatent et que le sang jaillit de ses oreilles. Ce n’est d’ailleurs pas pour appeler à l’aide que Roland sonne au soir de cette sanglante journée mais pour annoncer à son roi que le sacrifice est accompli.
Cependant les Sarrasins sont partis et les cadavres jonchent le sol. Le paladin parcourt le champ de bataille et demande à l’archevêque Turpin, agonisant lui aussi, de bénir ses soldats. Puis, il essaie de briser sa vaillante Durandal, mais l’épée résiste et c’est la roche qui se fend. Le héros se couche alors sous un pin, le visage tourné vers l’Espagne. Il salue son roi et se rend enfin mais à Dieu seul, en lui tendant le gant de sa main droite.
C’est ainsi que « la chanson de Roland » écrite trois siècles plus tard magnifie les exploits, en partie légendaires, du preux Roland.

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Le trésor mérovingien de Gourdon

Le dimanche 23 mars 1845, le jour de Pâques, une jeune bergère nommée Louise Forest fit une découverte surprenante à proximité du village de Gourdon en Saône-et-Loire. Caché sous une tuile romaine gravée d’une croix, un trésor mérovingien fut découvert.

Au total, c’est une bonne centaine de monnaies d’or burgondes, ainsi qu’un calice en or et une patène en or du VIe siècle qui furent retrouvés. Son propriétaire était un moine burgonde, car à Gourdon on connaissait l’existence d’une ancienne église avec un ancien monastère d’après le “monastorium Gartonensis” (la charte du monastère), mentionné par Grégoire de Tours. Suite à la conquête des Francs sur la Bourgogne, un moine burgonde avait donc caché ces biens précieux avant de prendre la fuite, puis le trésor ne fut jamais récupéré.
L’enfouissement datait de l’an 520 à 530. Les monnaies d’or dataient des empereurs romains bizantins de l’an 457 à 474 pour la plus ancienne, à l’effigie et sous le régne de Léon Ier de 457 à 474, ensuite celle de Zénon de 474 à 491, celle d’Anastase Ier de 491 à 518 et les plus tardives de 518 à 527, sous Justin Ier.

La patène : c’est une sorte de petit plateau eucharistique sur lequel on faisait reposer le pain ou l’hostie de la communion durant les messes. C’était un accessoire religieux indispensable qu’un prêtre ou un moine sacristain pouvait avoir à utiliser pour la préparation de la messe. Celui retrouvé dans le trésor de Gourdon mesurait 19,5 cm de long sur 12,5 cm de large, borduré de grenats sertis dans l’or, ainsi que des pierres turquoises à chaque coin du plateau. La croix centrale chrétienne était généralement apposée par adoption dès que le roi Clovis fut reconverti en 497.

Le calice : c’était une petite coupe dans laquelle on déposait le vin et l’eau à boire après l’eucharistie du prêtre pendant les messes. Celui de Gourdon, de petite taille et en or massif, était pourvu de deux anses en forme de griffon, animal symbolisant le Christ, mentionné dans l’exegèse de certains pères de l’église. Les grenats remplacent les yeux des deux griffons. La coupe, cloisonnée de pierres semi-précieuses, est incontestablement un ouvrage d’orfévrerie barbare. La technique de travail des pierres serties avec force dans des cloisonnements d’or ainsi que l’iconographie représentée, proviennent comme de nombreuses œuvres d’art, de fabrications wisigothes ou lombardes.


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L’Île de la Tortue ou la capitale de la flibuste

Voici donc une ultime balade à travers les îles aux trésors qui me sont chères et plus particulièrement celle de la Tortue. En guise de clap de fin, j’aurais cette citation de Jean-Baptiste Blanchard à vous offrir : « Il en est d’un secret comme d’un trésor : il est à demi découvert, quand on sait qu’il est caché (1772) ». Et je reste persuadé que vous en connaissez des secrets, à la pelle !

L’île carapace

L’île baigne dans la Mer des Caraïbes, à quelques encablures au nord-ouest d’Haïti, dont elle dépend. L’île de la Tortue est un bout de terre étiré en longueur, de trente-sept kilomètres de long pour sept de large. Elle présente un visage escarpé sur sa partie nord, une côte rocheuse et des falaises battues par les vagues qui n’offre pas un accès aisé aux navires. Cependant sa côte sud-est est bien plus accueillante, un port y sera même édifié, le port de Basse-Terre qui permettait aux XVIIe et XVIIIe siècles d’accueillir dans une anse abritée, une dizaine de vaisseaux de ligne. Le nom de l’île, pour le moins original « Tortuga de mar » lui aurait été attribué par Christophe Colomb en 1492 lorsqu’il aborde pour la première fois Hispaniola (ancien nom d’Haïti). En effet, l’île rocheuse présente sur l’horizon la forme arrondie de la carapace d’une tortue. L’île semble prometteuse aux espagnols, ses ressources naturelles abondantes, figuiers, bananiers, citronniers, orangers, ponctuent sa surface, on y croise une faune riche, bœufs sauvages, sangliers, crabes, pigeons ramiers… Un petit paradis que les Espagnols ne tarderont pas à exploiter, d’autant plus que les tribus indiennes, les Arawaks, peuplant l’île, sont doux et accueillants. Malheureusement pour les tribus natives, une ressource cachée de l’île va entraîner leur disparition progressive : l’or. Plusieurs mines du métal précieux sont exploitées par les nouveaux arrivants, les Indiens servent de main d’œuvre corvéable à merci et meurent d’épuisement dans les tunnels humides de la Tortue. Christophe Colomb écrira : « Ce qu’il y a de mieux, c’est l’or. Avec l’or on constitue des trésors et celui qui les possède fait ce qu’il veut ». La Tortue, devenue l’objet de tous les désirs, vivra depuis lors des déchirements sur de nombreuses décennies.

Une lutte de possession

L’île n’est pas fortement peuplée par les colons espagnols qui se trouvent en majorité sur l’île d’Hispaniola. Les colons installent un premier village, Basse-Terre et développent la culture du tabac dans ses terres fertiles. Les Français expulsent les Espagnols de la Tortue en 1629 et s’installent dans le bourg côtier. Ils y seront rejoints par des Anglais et des Hollandais. L’île très riche en gibier permet le développement de la chasse pour assurer la subsistance des nouveaux colons. Il y aura donc les « chasseurs » habiles au tir au fusil et les « boucaniers » chargés de fumer la viande des bœufs sauvages ou des sangliers, sur des boucans ou grils, afin d’en assurer la conservation. Les boucaniers sont des hommes aux mœurs rudes, proches des coureurs de bois. Les descriptions de l’époque les représentent comme vêtus de haut-de-chausse en toile, d’une chemise épaisse, à leur ceinture pend un sabre et une calebasse à poudre. Ils sont coiffés d’un bonnet de feutre à visière et leurs pieds sont enveloppés dans des chaussures sans coutures, de peau de porc séché. Ils arborent une barbe épaisse et n’hésitent pas à manger la viande crue… Ceux qui ne chassent pas sont appelés, les « habitants », ils cultivent les terres de la Tortue et vivent dans de petites maisons sommaires.

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L’étrange affaire d’Orval

Ruines d’Orval, XIIe siècle.

La vallée d’or située dans les Ardennes belges tire son nom de val d’or qui par la suite deviendra Orval. Cette vallée boisée abrite dans son cœur de mystérieuses ruines, les ruines de la célèbre abbaye détruite par les Français en 1793. Cette abbaye fut le théâtre de bien des évènements, disparition, mort, liaisons cachées, légendes. L’histoire de cette abbaye commence vers 1040. Des moines italiens fuyant la guerre civile s’installent dans cette vallée avec l’accord du seigneur local, leur but construire un havre de paix, une abbaye malgré les obstacles de toutes sortes, épidémies, guerres, pillages. Les cisterciens demeureront à Orval jusqu’à la Révolution. En 1793, dans la folie meurtrière née lors de la Révolution française, des hordes de sauvages mettent la belle abbaye d’Orval à feu et à sang. Ils emportent tout ce qui à leurs yeux revêt de la valeur. En réalité, ils cherchent les trésors, celui de l’abbaye, mais surtout celui de Louis XVI, roi déchu. Ils ne trouveront aucun des deux.
Mais revenons à l’origine de l’abbaye, un jour de 1076. Une princesse, Mathilde de son prénom, perdit son mari Godefroid le Bossu, duc de Lotharingie, assassiné par un émissaire de Robert le Frison, comte de Flandres. Il laissait une veuve et un fils de huit ans. Mathilde était l’illustre amie de Grégoire VII, le protecteur du Saint-Siège en Italie. Retirée d’abord auprès de son neveu Godefroid de Bouillon, elle éprouva un nouveau malheur. Son fils, ayant suivi d’autres enfants de son âge sur la Semois alors congelée, tomba dans un trou et d’une manière si malheureuse que la glace lui trancha la tête. Ne pouvant habiter plus longtemps un lieu qui lui rappelait d’aussi tristes souvenirs et décidée à retourner en Italie, la pauvre mère se retira en attendant à Chiny auprès du comte Arnould II. Un jour, Mathilde et le comte allèrent visiter les moines installés dans leur abbaye. Mathilde fut conduite près d’une fontaine qui fournissait la seule boisson admise à la table des religieux. La curiosité féminine l’ayant poussée à plonger la main dans l’eau, elle laissa échapper son anneau nuptial. Grand fut son émoi quand elle s’en aperçut. Dans sa détresse, elle s’adressa à la Vierge Marie et son vœu à peine était fait que l’anneau réapparut au-dessus de l’eau dans la gueule d’une truite. La reconnaissance de la pieuse princesse se manifesta par des témoignages splendides. L’abbaye obtint un notable accroissement de domaines. Le nom de Val-d’Or lui est resté et un écu-armoirie portant une bague dans la gueule d’une truite devint le symbole de l’abbaye. Celui-ci est toujours d’actualité, on le retrouve de nos jours sur tous les produits de l’abbaye, fromages, bières, etc…
A la fin du XVIIe siècle, la réputation de Val-d’Or est bien connue dans la région, à tel point que nombreux sont ceux croyant fermement qu’un trésor est caché quelque part dans l’abbaye. Les sans-culottes en sont convaincus et avant de jeter des torches enflammées dans les bâtiments, ils ont fouillé partout, allant même à abattre des murs entiers au canon. Dans les alentours d’Orval, les paysans sont formels, nous, on les a vus, les moines, avant de partir précipitamment, ils ont enterré une partie de leur fortune. D’autant qu’on raconte aussi que Louis XVI y aurait envoyé des chariots bourrés de pièces d’or. Alors, où fut caché le trésor de l’armée de l’est, sans doute enrichi des bijoux et pierreries des princesses et du trésor personnel de Louis XVI ? L’hypothèse évoque un souterrain sous Orval où les moines cachèrent les deux trésors, hypothèse d’autant plus vraisemblable que cet amas d’or, d’argent et d’objets précieux ne fut jamais retrouvé après l’incendie qui détruisit l’abbaye. Le souterrain reste à découvrir…, d’autant plus que l’on sait qu’en 1794 un des moines ayant la langue bien pendue sur ce sujet, disparut sans laisser de traces. Cela rajoute encore un peu plus de mystère.

Orval de nos jours.

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 99

L’Île à Vache ou le repaire d’Henry Morgan

Une île nature

L’Île à Vache nommée ainsi pour les nombreuses têtes de bovins présentes sur ses terres, est un îlot de la mer des Caraïbes, positionné sur la côte sud d’Haïti, dont il est administrativement rattaché. L’île en elle-même s’étend sur une vingtaine de kilomètres de long sur quatre de large à sa pointe est. Plusieurs marécages et étangs parsèment ses terres, mais la zone la plus notable de l’île est recouverte d’une forêt de mangrove.
L’île est à l’heure actuelle peuplée de dix mille habitants dont le moyen de subsistance est surtout lié à l’agriculture et à la pêche. Le tourisme joue également un rôle important dans les ressources de l’île. En effet, ses plages immaculées, ses eaux limpides et poissonneuses, une nature exubérante et sauvage, attirent de plus en plus de visiteurs en quête d’un lieu encore intact que l’homme n’a pas encore corrompu.
Les côtes de l’île offrent dans sa zone nord-ouest, des criques naturelles abritées et en eau profonde qui peuvent accueillir de nombreux navires de plaisanciers, notamment la baie Ferret où est implanté le Port Morgan. Certains navigateurs du XVIIe siècle ne s’y sont pas trompés, ces criques accueillantes leur permettaient de faire escale loin des routes maritimes fréquentées. Parmi ces visiteurs aux mœurs troubles, on pouvait compter un certain Henry Morgan, pirate de profession.

Sir Henry Morgan

Henry Morgan est né en janvier 1635 au Pays de Galles. Issu d’une famille aisée, il est loin d’avoir le profil du pirate qu’il deviendra adulte. Une légende raconte qu’il fut enlevé enfant, à Bristol et vendu comme esclave à la Barbade. Mais aucune trace écrite de ce rapt n’est parvenue jusqu’à nous. Il semble pourtant que le jeune homme s’embarque très tôt comme simple mousse à destination de la Barbade en 1658. Il déserte ensuite son navire et vit sans le sou, de vols ou de mendicité. Pour échapper à la justice qui lui promet la corde, il prend fuite vers la Jamaïque où il s’associe à des flibustiers anglais. Le jeune homme est malin et entreprenant, il parvient à gagner au jeu un navire, son premier bateau d’écumeur des Caraïbes. Pourtant, Morgan est sans réelle expérience de la mer, il offre alors ses services à un capitaine corsaire du nom de Edward Mansfield dont il deviendra le second.
Dès 1668, il entame une carrière de corsaire, puis de pirate, fonction qu’il se plaît toujours à exercer avec une grande cruauté. Ses faits d’arme sont nombreux, accompagné de plus de cinq cent hommes d’équipage, il se fait une spécialité du pillage côtier. Ses proies sont des villes et des colonies espagnoles, notamment celles de Puerto del Principe à Cuba et de Portobello au Panama.

La prise de la région de Panama reste son plus grand fait d’arme. En 1669, Morgan pille les côtes cubaines, puis Maracaibo au Venezuela mais n’obtiendra pas pour autant la richesse espérée. Sa réputation d’homme cruel et sans pitié traverse les mers et son trésor de guerre ne demande qu’à grossir. Une de ses bases est la ville de Port Royal en Jamaïque, mais le capitaine gallois aime également se réfugier sur l’Île à Vache. Ses exactions mettent dos à dos deux nations, la guerre entre l’Angleterre et l’Espagne est pourtant terminée mais il suffit d’une étincelle pour rallumer le feu qui couve et ranimer les hostilités. Morgan bénéficie de la couverture bienveillante du gouverneur de la Jamaïque, Sir Thomas Modyford. Ce dernier lui offre la possibilité de devenir amiral de la flotte de la Jamaïque.
Cette même année, le vaisseau amiral de la flotte de Morgan, une frégate anglaise corsaire, explose accidentellement dans la baie Ferret de l’Île à Vache. Ce vaisseau commandé par le capitaine Edward Collier, mouille dans la baie de l’île en attendant de retrouver Morgan et plusieurs capitaines flibustiers dont Laurent de Graaf futur gouverneur de l’Île à Vache. Morgan réunit alors ses officiers sur le HMS Oxford pour préparer le pillage de la ville de Cartagena.
Pendant ce temps-là, l’équipage se lance dans une soirée de fête et de beuverie à la santé du roi d’Angleterre et du gouverneur de la Jamaïque. On ne sait pas réellement comment le feu fut mis aux réserves de poudre, un canonnier ivre dit-on, toujours est-il que l’Oxford explosa dans la nuit du 12 janvier 1669 entraînant dans la mort plus de deux cents hommes d’équipage et cinq capitaines de la flotte de Morgan. Certains officiers réunis pour le conseil de guerre en poupe parvinrent à en réchapper, tout comme Henry Morgan, mais d’extrême justesse. On raconte que les survivants repêchèrent les corps de leurs camarades noyés ou brûlés, non pas pour leur donner une sépulture chrétienne, mais pour les délester de leurs bagues et bijoux en or. Pirates jusqu’au bout des ongles…
En 1670, Morgan obtient le commandement de la flotte corsaire anglaise de la Jamaïque, il pille allègrement navires, villes et côtes. Le Panama est à nouveau l’objet de ses rapines, en 1671 il tue et rançonne, secondé par deux mille hommes, les colons espagnols. La ville est incendiée et pillée, Henry Morgan met la main sur sept cent cinquante mille pièces d’or. Il fait torturer les habitants d’une manière effroyable, afin qu’ils révèlent les caches des richesses de la ville. Alexandre-Olivier Exquemelin, chirurgien de bord, témoigne dans un livre de ses exactions :
« Beaucoup de moyens furent utilisés dans le but de les faire parler, dont l’écartèlement associé à des coups de bâton ou d’autres instruments. Les pirates mirent des mèches enflammées entre les doigts de certains captifs, qu’ils finirent par brûler vifs. Ils tordirent des cordes autour de leurs fronts et serrèrent jusqu’à ce que les yeux des suppliciés jaillissent de leur orbite ».
Le roi d’Espagne choqué par ces violences, menace l’Angleterre d’une nouvelle guerre si ces exactions ne sont pas sévèrement punies.
Morgan revient donc en Angleterre en 1672 où il est emprisonné pour la forme pendant quelque temps, afin de calmer la colère espagnole. Il revient pourtant à la Jamaïque en 1675, après avoir été anobli par le roi Charles II. Il est nommé vice-gouverneur avec la charge de lutter contre la piraterie. Un retournement de veste assez singulier en connaissant l’homme et ses faits de pirateries avérés.
Morgan n’est pas reconnu pour être un excellent navigateur, on lui doit plusieurs naufrages ou échouages dont il réchappera à chaque fois. En 1675, il est à bord du navire Jamaica Merchant, un bateau de commerce anglais dont il a le commandement. Ce dernier fait naufrage à quelques encablures de l’Île à Vache. Il y eut peu de victimes et la cargaison fut vraisemblablement sauvée par les survivants.
Morgan se retire de la piraterie et passe le restant de ses jours à la Jamaïque où il obtient le titre prestigieux de gouverneur général, cependant en 1683, il est dessaisi de son poste de gouverneur. Il meurt en 1688, victime de la tuberculose ou d’avoir trop abusé de rhum dans les tavernes de Port Royal. Sa dépouille est enterrée dans le cimetière de Palisadoes à proximité de Port Royal, ville qui disparaît sous les eaux en 1692 après un tremblement de terre historique.

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 98

Les peuples de l’Age du Bronze et du Fer celtes avaient une connaissance importante des astres et de leur mouvement dans le ciel.
Cette science connue des druides (J. Caesar, Guerre des Gaules VI.14) était étroitement liée à leurs croyances religieuses et mythologiques.
Cette connaissance astronomique était probablement très importante pour les besoins rituels de leurs cultes pour prévoir les éclipses, la lune montante ou descendante, l’apparition ou la disparition d’astres dans le ciel tel que Mars, Jupiter… et autres événements astronomiques liés aussi à des cultes de fertilité ou autres croyances.
Les très nombreuses rouelles retrouvées sur des sites celtes et les sites de l’Age du Bronze dans des sanctuaires et des tumulus prouvent qu’il existait des cultes liés aux astres, ainsi que la forme de certaines suggérant fortement la forme d’un soleil.

La racine de ces cultes remontait déjà à l’Age de Pierre (gravures de rouelles et de symboles solaires dans la vallée des Merveilles et sur de nombreuses stèles).

En France il existe de nombreux sites de l’Age du Fer où ont été découverts des milliers de rouelles anneau (Chastelard de Lardiers, oppidum du Var…). Il est probable que ces anneaux représentaient un astre et étaient déposés dans ces sanctuaires dans un but votif.

En Europe de l’Est, de nombreuses rouelles de type anneau bouleté ont été trouvées sur des sites celtes et dans des tombes. La taille de ces anneaux est variable, ainsi que le nombre de boules qui sont souvent accolées par 2 ou 3 (triade).
Le nombre de boules et leur association par 2 ou 3 pourraient-ils être un système de numérotation utilisé par des druides pour décompter des jours, mois ?


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