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Monnaies et Détections

Catégorie : Histoire

Une boursée, une histoire

Dans le courant de l’année 2016, un prospecteur chanceux réussit à mettre la main sur une magnifique boursée composée de 7 monnaies, 5 en or et 2 en argent. Toutes sont datées des XVe-XVIe siècles. 3 des monnaies en or sont anglaises, les 4 autres des Pays Bas espagnols pour Charles Quint et Philippe II d’Espagne.

Ces monnaies furent découvertes dans un labour de l’entité de Dalhem en province de Liège, le long de l’ancienne route Aix-la-Chapelle/Maastricht, un axe militaire très important et emprunté par diverses armées et cela depuis l’Antiquité !
Cette petite boursée fut perdue (ou cachée ?) en 1579, année du siège de la ville de Maastricht par les armées espagnoles d’Alexandre Farnèse, troisième duc de Parme.
Le lieu de la découverte était à l’époque totalement ravagé par les armées espagnoles. Tous les villages, fermes, hameaux, châteaux furent pillés et ravagés. Cette région a déjà donné par le passé au moins 3 dépôts datés de 1579. En 1963, un agriculteur découvre dans son champ une boursée de 26 monnaies en argent, composée de monnaies espagnoles, hollandaises, de Liège et de Namur, terminus 1578, année du pillage du village de Hamay où fut découverte cette boursée ! Autre découverte en 1932 lors des travaux de terrassement dans une prairie du village de Haccourt lui aussi pillé en 1578, d’un petit dépôt de 61 monnaies d’argent espagnoles, hollandaises, de Namur, de Liège, et françaises, et un dernier dépôt connu pour cette époque dans un village de Aubel qui fut occupé par les troupes espagnoles de 1578 à 1579, encore dans une prairie en 1942 d’un dépôt de 108 monnaies d’argent caché dans 2 petites poteries, encore des monnaies espagnoles, hollandaises, de Lorraine, d’Allemagne, de Liège et de Saxe, terminus 1578.
Ce village d’Aubel donna aussi par le passé d’autres magots, en 1907, 102 monnaies d’argent autrichiennes et françaises, cachées en 1794. En 1964, dans une ferme du village, 31 monnaies d’argent, 13 monnaies d’or et plus de 200 pièces en cuivre, cachées cette fois en 1691. En 1982, 20 monnaies espagnoles en argent cachées en 1652, découvertes dans un prairie et en 2009 découverte d’un prospecteur d’une petite boursée de 10 monnaies, 9 en argent et une en or, terminus 1701. Tous ces dépôts furent découverts le long d’une ancienne route royale menant à Liège et Maastricht.
Pour en revenir à notre boursée, les numismatiques qui l’ont étudiée pensent qu’elle appartenait probablement à un mercenaire originaire des îles britanniques, anglais ou irlandais, servant dans les armées de Philippe II d’Espagne. Cette boursée fut perdue ou cachée lors des mouvements des armées marchant sur Maastricht en 1579.
Dix ans plus tôt les provinces hollandaises prennent les armes contre Philippe II d’Espagne et tentent ainsi d’accéder à l’indépendance, toutes ces provinces étant de religion calviniste, ce qui pour l’Espagne et Philippe II, en particulier, est une religion où détruire par la guerre et le sang. Ainsi le 8 mars 1578, une armée de 20 000 Espagnols prennent position devant Maastricht, ils sont accompagnés de 2 000 chariots vides, destinés à recevoir les fruits du pillage de la ville ! La ville, elle, est défendue par 1 200 soldats et 6 000 miliciens. Les villes proche de Dalhem et Limbourg sont déjà tombées aux mains des Espagnols, les villages, hameaux, fermes et châteaux autour de Maastricht sont aussi occupés. La ville est totalement isolée. Le 25 mars, les espagnols lancent l’attaque à coups de canon et creusent des mines. La défense de la ville est acharnée, les défenseurs creusent à leur tour des tunnels pour atteindre les sapeurs espagnols, les combats sous terre sont horribles. A l’arme blanche dans un premier temps, ensuite les défenseurs inondent les galeries espagnoles, 400 de ceux-ci meurent noyés, ensuite d’autres tunnels sont asphyxiés par le feu, 500 Espagnols périssent suite à l’explosion prématurée d’une mine. Cette première attaque est un échec cuisant.

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Arnaques aux trésors

Trouver un trésor : un des plus vieux rêves du monde ! Combien d’hommes se sont lancés dans cette quête infernale et ont tout perdu, argent, famille, amis, raison et parfois même la vie et cela suite à la recherche de chimères, de fabuleux trésors, ne reposant sur aucun document historique mais uniquement sur des ouï-dire.

L’île Cocos

La plus grande chimère est sans contexte l’île des cocos – ou plutôt l’île des gogos –, l’île aux pirates censée recéler de fabuleux trésors que personne n’a jamais découverts ! 500 expéditions lancées entre 1841 et 2012, des millions et des millions dépensés, plusieurs morts par accident ou meurtres, plusieurs blessés graves et tout cela pour 33 misérables pièces d’or frappées entre 1773 et 1779 et rien d’autre… et pourtant on dit que… il paraît que… on raconte que… toujours des ouï-dire et rien d’autre, du vent, encore et encore… Et pourtant en 2019, certains écrivent encore et colportent cette chimère, sans apporter la moindre preuve, aucun document historique, aucune pièce d’archive, aucun travail universitaire, rien et encore rien, se contentant pour la plupart de copier er recopier la version de R. Charroux parue en 1962 dans « Trésors du monde : enterrés, emmurés, engloutis », comme l’écrit si bien J.P. Moreau à propos de l’île des gogos « on trouve juste quelques faits colportés par ceux qui écrivent sur les trésors, sans recherches originales, mais en se recopiant les uns les autres ».
Et en effet, je prends l’exemple du « trésor » de Graham Bennett, alias Benito Bonito « la lame sanglante », selon ces auteurs, ancien capitaine de la Royal Navy, ayant même secondé l’amiral Nelson à la bataille de Trafalgar (21 octobre 1805). Sauf que, hélas, les archives de la Royal Navy démontent avec fracas cette version ! En effet, aucun officier du nom de Graham Bennett n’a jamais secondé l’amiral Nelson, pire, aucun officier portant ce nom n’a servi dans la Royal Navy à l’époque, mais bon, il paraît que…
Ainsi les escrocs pariant sur la cupidité, la naïveté et le désir de certains de s’enrichir rapidement, montèrent de véritables arnaques aux trésors dans les années 1920-1930, la mode à Londres étant la recherche de trésors sur l’île des cocos, avec appels de fonds et annonces alléchantes dans les plus sérieux journaux de l’époque, et le très sérieux Daily Mail publiant des mises en garde contre ces arnaques ! Déjà le Daily Morning Call, très sérieux journal de San Francisco publia le 19 mars 1872 : « s’il n’y a pas de trésor sur l’île cocos, il y en a dans la poche des gens », à savoir dans la poche des arnaqueurs !
Car en effet, les grands gagnants dans ces histoires sont les chercheurs de trésors arnaqueurs, ceux-là ont déjà trouvé « le trésor » dès qu’ils mettent la main sur un sponsor, ou sur un pigeon à plumer ! Montant de la sorte des expéditions qui tournent rapidement court et reviennent bien sûr bredouille, le budget ayant été dilapidé en salaires, notes de restaurants et autres dépenses de luxe. Voilà le véritable trésor…, le cash des sponsors et des pigeons…

Le pirate-terrassier de l’île Cocos

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L’histoire de la piraterie dans l’océan Indien

Le départ des Caraïbes se fait durant l’été 1718. Un gang d’irrésistibles pirates refusant l’amnistie royale quitte l’île le New Providence (Nassau) et décide pour certains d’entre eux de fuir les Caraïbes en direction de l’Afrique de L’Ouest. La Buse fuit les Caraïbes à bord du bateau Rising Sun.
Leur voyage consiste à quitter la mer des Antilles et des Caraïbes pour longer les côtes africaines et atteindre l’océan Indien et rejoindre la mythique Madagascar.
C’est étrangement la traite négrière qui va faire prospérer Sainte Marie grâce à un trafic avec les villes des Amériques et qui démarre avec un marchand américain, Adam Baldridge, qui s’y installe en 1690. D’anciens pirates vont se transformer en négriers et vont dépêcher des navires qui vont embarquer à bord ces esclaves qui sont arrachés du Mozambique et pour l’essentiel de Madagascar. Après un conflit avec les saintes mariens, Adam Baldridge quitte l’île pour retourner aux Amériques.
Au début de l’année 1719 plusieurs navires pirates firent route vers l’océan Indien pour se diriger vers l’île de sainte Marie, sillonnant une zone entre Cap Vert et le golfe de Guinée. Sur le Rising Sun, entre le capitaine Moody et Coklyn une bagarre s’éclate. Et La Buse destitue Moody et s’empare de son navire, comme il a su faire 3 ans plus tôt avec Hornigold.

En avril 1719 plusieurs bateaux pirates se rejoignent dans la rivière de la Sierra Leone. Et ils se mettent en embuscade des navires négriers et des navires marchands de la Royale Africa Compagnie. Car dans cette région il y a l’exploitation des pierres précieuses et la traite négrière à partir de l’île De Gorée.
C’est dans cette rivière que La Buse s’est emparé d’un navire anglais qu’il a rebaptisé le duc d’Ormond pour en faire son nouveau bateau de guerre. Selon William Snelgrave qui a été leur captif, ces forbans se déplaçaient sur 3 navires pirates bien identifiés :
- Windham de Jeremyah Coklin, de 34 canons et de 90 hommes d’équipage ;
- Saint James du capitaine Howell Davis de 32 canons et de 130 hommes ;
- Duc d’Ormond du capitaine La Buse de 22 canons et de 95 hommes.
Ils quittent le 7 mai 1719 l’embouchure de la rivière Sierra Leone.
L’un d’eux va jouer un rôle important dans la piraterie dans l’océan Indien avec La Buse. C’est John Taylor. C’est le pirate type avec les caractères suivants : violent, brave dans les combats, avec du charisme, enclin à torture pour se venger et extirper des secrets à ses captifs. La violence des pirates est exacerbée par cette fin terrible qui les hante en cas de leur capture. Car il n’y a pas d’autre fin pour un pirate que la potence avec l’expression « pendu et étranglé ».
La Buse commande maintenant la Reine des Indes.
Quant à Taylor, il s’associe à Engand à la mort de Coklyn. La bataille d’Anjouan se fait le 7 aout 1720 dans l’archipel des Comores où les 2 capitaines forbans attaquent 2 navires anglais :
- Cassandra commandé par le capitaine James Macrae ;
- Le Greenwich commandé par le capitaine Mackirby.
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Les bulles papales

Le terme bulle provient du latin « bulla » signifiant sceau. Elle désigne un document officiel et important du pape, scellé par une bulle de plomb.

Ce document solennel peut annoncer plusieurs choses :

- La nomination d’un évêque ou pape
- La définition d’un dogme
- La canonisation d’un Saint
- La convocation d’un concile
- L’annonce d’une année sainte.

C’est à Byzance, au Ve siècle après JC sous Léon Ier, 45e pape de l’Église catholique, que les premières bulles sont utilisées. Elle pouvaient être de plomb pour les documents ordinaires, en argent ou en or pour les documents importants. (1)

 

Cette bulle de forme ronde, servait également à protéger le sceau de cire lié à une cordelette de soie ou de chanvre et apposé sur le document. (2)

La chancellerie pontificale distingue plusieurs types de bulles :

- Grande bulle : elle est utilisée pour les occasions importantes, peu utilisée, souvent des inscriptions ajoutée (« in perpetuam memoriam » soit « in pp.m. »)
- Petite bulle : employée le plus fréquemment. Le nom du pape y est inscrit.
- Bulla dimidiata (demi-bulle) : elle est utilisée lorsqu’un nouveau pape est élu, le nom du pape n’est pas inscrit.

La plupart des bulles recensées et étudiées sont des petites bulles. Sur le revers, on lit le nom du pape régnant et son numéro d’ordre (exemple : URBANVS.PP.V. = Urbain V). Sur l’avers, les effigies de Saint-Paul (à gauche) et Saint-Pierre (à droite) soit « S.PA/S.PE » (3)

La réception et la publication de certaines bulles ont provoqué de nombreux conflits car la papauté a prétendu longtemps à un pouvoir temporel et à une juridiction universelle.

Dès 1801, les bulles ne deviennent exécutoires qu’après approbation et enregistrement par le Conseil d’État. Sur les bulles, l’écriture gothique du XVe siècle laisse place à un latin moderne plus simple dès 1878 grâce au pape Léon XIII. (4)

Les bulles étaient datées de l’année de l’incarnation du Christ (commençant le 25 mars) et c’est en 1903 que le Pape Pie X a modifié cette coutume en utilisant le calendrier civil (commençant le 1 janvier).

De nos jours, les bulles sont encore utilisées et conservées dans les Archives secrètes du Vatican. (5) …

 La suite dans Monnaies & Détections n° 108

La légende du trésor de bijoux de Marie-Antoinette

Vendu le 14 novembre 2018 chez Sotheby’s à Genève pour plus de 31 000 000 euros, un fantastique collier en perles et diamants, ayant appartenu à la reine Marie-Antoinette. Voilà la somme impensable déboursée par un collectionneur pour acquérir cette pièce unique et légendaire. Oui, légendaire, car on a tout écrit sur le fameux trésor de la reine Marie-Antoinette, composé de fastueux bijoux en perles, diamants, rubis et tant d’autres merveilles. On ne compte plus les articles et ouvrages en tout genre parus sur le sujet. Un nombre incroyable d’auteurs ont émis des hypothèses plus loufoques les unes que les autres, car en réalité ce trésor en bijoux de la reine Marie-Antoinette n’a jamais existé…

Voici pourquoi ! Petit retour en arrière

En 1770, Marie-Antoinette a 14 ans lorsqu’elle épouse le dauphin Louis Auguste de France qui a juste un an de plus qu’elle. Ce mariage politique et diplomatique est le chef-d’œuvre de la mère de la mariée, l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche. Il vise à consolider l’alliance franco-autrichienne face aux ambitions prussiennes. Cette alliance est loin de faire l’unanimité à Versailles et l’on se méfie rapidement de la jeune dauphine, bientôt surnommée « L’Autrichienne ». Mince, souple et très jolie, la jeune dauphine a le teint frais et délicat, de beaux yeux bleus, une bouche mutine et des cheveux blonds et épais, une taille fine et une gorge voluptueuse. Mais ce que l’on remarque le plus, c’est sa grâce, sa légèreté lorsqu’elle se déplace et son adresse lorsqu’elle fait la révérence. Cette jeune femme deviendra la dernière grande reine de France… et sa destinée est tragique.
En 1774, à la mort de Louis XV, Marie-Antoinette devient reine de France. Aimant les fastes de la cour, elle n’hésitait pas à puiser dans les finances publiques pour satisfaire son goût du luxe. Son mari de roi, Louis XVI, dirigea le pays en prenant garde de ne pas froisser sa douce épouse. Pendant tout le règne de Louis XVI, Marie-Antoinette a disposé à titre privé d’un nombre considérable de bijoux, certains tirés du fond dit « des joyaux de la couronne », véritable trésor de la monarchie, dont Marie-Antoinette ne pouvait jouir pour son seul et unique bénéfice. Et pourtant, elle puisa largement dans ce fond en faisant extirper, démonter, retailler des pierres qu’elle faisait ensuite remonter pour la création de nouveaux bijoux dont elle devenait patrimonialement la seule propriétaire. Cette évaporation d’une grosse partie des joyaux de la couronne avait été parfaitement mise en évidence à l’occasion du dernier inventaire réalisé lors de la saisie au profit de la nation en 1792 et entreposée dans un garde-meuble à Paris. Le tout fut opportunément volé avant qu’un ultime inventaire soit réalisé.

Le fameux meuble.

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La médaille de Sainte-Hélène

Napoléon meurt le 5 mai 1821 après huit semaines d’agonie, sur l’île de Sainte-Hélène. Cette terre du bout du monde située à 1900 km à l’ouest de l’Afrique, en plein Atlantique sud, est une île volcanique escarpée, lugubre et battue par les vents. « Le diable a chié cette île ! », se serait exclamée l’épouse du général Bertrand, l’un des compagnons d’exil de l’empereur. A peine 24 heures plus tard, son médecin traitant, le chirurgien corse Francesco Antommarchi, qui est aussi un légiste expérimenté, va autopsier le corps de son auguste patient. Sept autres médecins sont présents.
Il est important de préciser que l’autopsie avait été demandée par Napoléon lui-même. Le médecin corse livre son compte-rendu en date du 8 mai. Ce dernier est concis. Les 16 points évoqués dans le document ainsi que le contenu des autres rapports sont reproduits.
L’examen a porté, conformément à la demande du défunt, sur la partie thoraco-abdominale. Le cœur et les poumons sont jugés sans particularités, le foie « engorgé et d’une grosseur plus que naturelle ». Au niveau gastrique, le médecin décrit de multiples anomalies. L’estomac est le siège d’un ulcère cancéreux fort étendu avec une perforation de 6 mm. Il est en outre rempli en partie d’une substance liquide noirâtre d’une odeur piquante et désagréable. Au lendemain de la mort du vaincu de Waterloo, c’est donc la thèse de la maladie de l’estomac qui l’emporte. Plus tard, la théorie de l’empoisonnement à l’arsenic fera surface mais bon, cela est une autre histoire…

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 106

Uniformes et drapeau du régiment ci-devant Agénois. Source : André Jouineau www.imagesdesoldats.fr

Le régiment ci-devant Agénois(1) est créé en mars 1776, à partir des 2e et 4e bataillons du régiment de Béarn. Depuis 1779, il porte le bouton jaune (en laiton) timbré du numéro 16, jusqu’au règlement de 1791 qui lui a ensuite attribué un bouton identique mais blanc (en étain)(2) .

Boutons du 16e régiment d’infanterie de ligne ci-devant Agénois trouvés ensemble dans le Nord. Ils furent perdus lors des campagnes du régiment en 1793 ou 1794. A gauche un grand module blanc incomplet (l’étain se désagrège) à double trait, décrit par l’ordonnance de 1791. A droite un petit module jaune antérieur à 1791 qui porte une belle patine sombre.

Il ne semble pas véritablement étonnant qu’un bouton jaune puisse être trouvé à côté d’un bouton blanc car les uniformes ont souvent été portés jusqu’à usure complète. La période révolutionnaire est bien connue pour les pénuries d’armement, d’équipements et d’uniformes dont les armées ont souffert.

1. Le 1er janvier 1791, tous les régiments prennent un nom composé du nom de leur arme, ici l’infanterie, avec un numéro d’ordre donné selon son ancienneté. Le régiment d’Agénois devient le 16e régiment d’infanterie de ligne ci-devant Agénois.
2. Louis Fallou, le bouton uniforme français, éditions du canonnier, pages 78 à 80.

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 104

En août 1786 le Gouvernement anglais décide de créer une colonie pénitentiaire très éloignée des côtes britanniques et le capitaine Arthur Philipp est désigné comme commandant de la flotte qui emmène les relégués au bout du monde. L’objectif est d’atteindre une baie australienne appelée Botany Bay repérée en 1770 par le Capitaine Cook. La traversée est longue et incertaine.

Carte de la route de la Première Flotte.

La traversée et l’installation en Australie

Le 13 mai 1787, 11 navires, quittent le port de Portsmouth, situé sur les côtes sud de l’Angleterre pour un périple de 24000 kilomètres. Ils forment ce qui est appelée aujourd’hui la Première Flotte (the first fleet). Après un rude voyage, avec une première halte dans les Iles Canaries, puis une seconde à Rio de Janeiro et une troisième au passage du Cap de Bonne Espérance, la Première Flotte amène les premiers colons britanniques en Australie.
Pendant cette traversée quelques personnes sont débarquées et une quarantaine meurt. Il y a aussi une vingtaine de naissances. Après 252 jours, le capitaine Arthur Philipp débarque à Botany Bay mais trouve le lieu peu propice pour une installation durable. Il décide alors de chercher un emplacement plus adapté à l’installation d’un port et d’un village. A quelques kilomètres se trouve une baie à laquelle le capitaine Cook avait donné pour nom Port Jakson, lors d’un voyage précédent.
Cet emplacement semble idéal pour un débarquement et l’aménagement d’un village. Arthur Philipp donne l’ordre de jeter l’ancre. Nous sommes le 26 janvier 1788 et le 26 janvier devient le jour de la fête nationale australienne (Australia Day).

Le capitaine Arthur Philipp peint par Francis Wheatley en 1786.

Des années difficiles

Port Jackson est rapidement rebaptisé baie Sydney et la ville qui s’y construit prend le nom de Sydney. Environ 250 soldats, quelques officiers quelques administrateurs civils, 300 marins et 800 bagnards s’y installent, soit une colonie d’approximativement 1400 personnes. Les premières années sont très difficiles car tout manque, en particulier la nourriture. Pour maintenir l’ordre, le capitaine Arthur Philipp, gouverneur de Sydney, doit faire preuve d’autorité mais aussi de diplomatie avec les diverses composantes de la population anglaise et avec la population autochtone. Après deux ans et demi, de nouveaux navires arrivent enfin d’Angleterre. Ils amènent une population supplémentaire de relégués et apportent des vivres tant attendus. La situation s’améliore et la population globale s’accroit pour atteindre 2000 habitants. D’autres navires suivent, ainsi au départ d’Arthur Philipp qui quitte l’Australie en 1794 pour rentrer en Angleterre, la population atteint 4000 habitants.

Le premier regard du Capitaine Arthur Philipp sur Port Jakson.

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 102

Les deux comtés de Hanau

Hanau-Lichtenberg est un comté indépendant au XVIIIe siècle. Un atelier monétaire fonctionne à Bouxwiller et émet les monnaies des comtes, parfois nommés Jean-René.
Or, le troisième de ce nom a marié sa fille, Charlotte, à un Hessois. Ils ont un fils qui doit hériter des deux côtés. Jean-René III meurt en 1736 et, mécaniquement, Louis de Hesse-Darmstadt devient comte de Hanau. Ou plutôt de Hanau-Lichtenberg car une bonne part vient des seigneurs de Lichtenberg, dont les gendres (Hanau et Bitche) héritent en 1480 d’une forteresse si bien conçue qu’elle servira jusqu’en août 1870 lorsque les Wurtembergeois s’en emparent, au prix de nombreuses pertes qui nourrissent la rumeur de fosses communes sur place. Entretemps, elle a été fortifiée par Specklin et Vauban.
Le château dresse toujours ses ruines, protégées par une association, mais le pays qu’il défendait a disparu parce que Louis IX accède au trône de Hesse-Darmstadt en 1768. Il est déjà comte de Hanau depuis le décès du grand-père Jean-René et il va intégrer son comté dans la Hesse paternelle.
Jean-René III, décédé à 71 ans, avait transféré ses bataillons à Pirmasens (Allemagne actuelle) pour s’éloigner des Français. Il était le neveu de Frédéric-Casimir qui tenta de bâtir les Indes Hanauviennes mais échoua par manque de fonds (1669-1672). D’ailleurs sa famille n’aimait pas ce rêveur qui achetait le Suriname. Maître d’un comté de 1500 km2, il fondait un empire de 100 000 km2…
Bouxwiller continua de fabriquer les monnaies d’argent et de cuivre, ces dernières ornées de l’initiale du jeune comte qui fait rénover les bornes-frontières du comté maternel, enclavé dans des territoires devenus français avec l’annexion de la Lorraine.

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Les omphalos, pierres du domaine des dieux

Omphalos, nombril (c’est-à-dire le centre du monde) chez les Grecs.

En effet, la mythologie grecque nous raconte que pour déterminer le centre du monde (l’omphalos, le nombril) Zeus lâcha deux aigles des extrémités de celui-ci. Ils se rencontrèrent au-dessus de Delphes où il laissa tomber une pierre qui marquait ainsi le centre, le nombril du monde. Mais pas n’importe quelle pierre, celle substituée à Zeus nouveau-né et avalée par Cronos. Ayant appris qu’un jour un de ses fils le détrônerait, Cronos exigeait que sa Rhéa lui remette chaque nouveau-né qu’il dévorait aussitôt. Rhéa put lui soustraire Zeus en le remplaçant par une pierre emmaillotée. Une fois adulte, Zeus détrôna son père Cronos et lui fit régurgiter la pierre qui est en fait un bétyle, se confond avec la notion qu’elle symbolise et est appelé omphalos. Non seulement ce terme signifie ombilic mais désigne aussi tout ce qui existe. L’omphalos représentait donc essentiellement le centre du monde, c’est-à-dire tout ce qui existe. L’omphalos de Delphes était accompagné de deux aigles en or et placé dans le temple d’Apollon Pythien, dans la fosse oraculaire, l’adyton. L’oracle de Delphes, la Pythie se tenaient près de l’omphalos.
L’omphalos de Delphes n’est pas unique.

L’omphalos derphique surmonté de deux aigles.

D’autres furent érigés durant l’Antiquité sur le pourtour méditerranéen.Plusieurs monnaies antiques portent un omphalos au revers, tantôt associé à Apollon, tantôt à un serpent, attribut d’Asklepios (esculape en latin), dieu gréco-romain de la médecine.

Phocide – Delphes ; statère ou didrachme (336-335 AC). Revers : Appolon assis sur l’omphalos de Delphes.
Réf. : Hoover, vol. 4, 1140.

L’omphalos apparaît aussi pour la toute première fois sur un denier de la République romaine, à l’époque où une épidémie dévastatrice de peste sévissait à Rome en 87 avant J.C.

Mysie – Pergame ; Æ22 ; (133-116 AC).
Avers : tête laurée d’Asklepios. Revers : serpent enroulé sur un omphalos. (Source : www.forumancientcoins.com/moonmoth/coins/pergamon_004.html).

Un autre denier en argent de l’empereur romain Vespasien (70-79, ap. J.C), un omphalos du domaine des dieux est représenté.

Îles de Carie – Rhodes ; drachme. Au revers, dans le champ en bas à gauche, omphalos sur lequel est enroulé un serpent. (Source : http://www.ancient-wisdom.com/earthnavels.htm)

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 102