Le trésor d’El Carambolo

Composé de 21 fantastiques bijoux en or, il fut découvert par le plus grand des hasards lors de travaux en 1958 dans la région de Séville, en Espagne.

Datant de la période comprise entre le VIIIe siècle et le VIe siècle avant J.C. Il s’agit d’un des trésors les plus anciens jamais découvert en Espagne. Les chercheurs et archéologues attribuent ce trésor au peuple antique de Tartessos qui constitue une énigme pour les chercheurs et archéologues !
Le territoire des Tartessos (ainsi que les appelaient les Grecs) est situé dans un triangle formé par les villes espagnoles actuelles de Huelva, Séville et San Fernando, sur la côte sud-ouest de la péninsule ibérique. Ce peuple constitue une véritable énigme historique. Selon l’historien Hérodote, les Grecs qui découvrirent la cité des Tartessos, lièrent une alliance avec le souverain local, Arganthonios qui sera le dernier roi de la cité !


Selon les Grecs, la ville était un exemple de justice et de raffinement qui aurait fortement influencé Platon dans sa description de la civilisation Atlante.
Très curieusement, les habitants de cette cité élaborèrent une langue et une écriture totalement différentes de celles des peuples voisins. Pour certains chercheurs et historiens, cette zone géographique constituerait en réalité le refuge des habitants de l’Atlantide ayant échappé à la catastrophe qui a anéanti leur terre ! Les rescapés auraient trouvé asile dans cette partie de l’Espagne, Tartessos devenant de la sorte une colonie atlante. Récemment, on a découvert dans la région des mines remontant à plus de 10 000 ans, des restes de fondations cyclopéennes et d’œuvres de canalisation que l’on ne peut pas clairement rattacher à l’influence punique ou romaine et, malgré les efforts acharnés des archéologues, le mystère tartessos subsiste.

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Le trésor de Saint-Nicolas-de-Port

Mystérieusement dérobé la nuit du 6 au 7 décembre 1905, le trésor de la basilique de Saint-Nicolas-de-Port, en Meurthe-et-Moselle, n’est jamais réapparu depuis !

Le vol (?) eut lieu pendant une période très troublée dite de la séparation entre l’Eglise et l’Etat où furent réalisés des inventaires des biens de chaque communautés religieuses, églises, couvents, monastères, cathédrales, basiliques, etc… Les commissaires chargés d’inventorier les biens œuvrent sous la protection des fusils de l’armée ou de la gendarmerie.

Trésor d’église tant convoité par l’Etat.

Afin de réduire l’influence politique et sociale de la religion, les Républicains au pouvoir en 1879 posent les bases d’une école laïque et obligatoire. Ils ouvrent ainsi la voie à la séparation de l’Eglise et de l’Etat qui sera votée en 1905. « La guerre des deux France » enflamme l’hexagone jusqu’au début du XXe siècle !

Yssingeaux 1906 (Haute-Loire).

Ce bras de fer idéologique oppose une France catholique « fille aînée de l’Eglise » très liée au pouvoir monarchique puis au pouvoir impérial, à une France républicaine « fille aînée de la Révolution » qui s’inspire de 1789. La loi de 1905 constitue le socle de la laïcité en France.
L’article 1 stipule que « la République assure la liberté de conscience, elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions de l’ordre public… »
L’article 2 énonce que « la République ne reconnaît pas, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ».
En juin 1902, la République fait fermer près de 12 000 écoles religieuses, le processus de laïcisation s’étend aux hôpitaux, en 1908 à l’hôpital de l’Hôtel-Dieu de Paris, expulsion des sœurs augustines. Tout cela est perçu comme une agression par les catholiques et les inventaires des biens de l’Eglise en 1906 dont la loi prévoit qu’ils seront dévolus à de nouvelles « associations culturelles » conforme à la loi de 1901, mettent le feu aux poudres ! Dans certaines paroisses, les fidèles se barricadent pour empêcher les inventaires ! Les force de l’ordre doivent intervenir, dans les campagnes, le spectre des sans-culottes sanguinaires, destructeurs de reliques, pilleurs d’églises et fondeurs de cloches, provoque une réaction identique à celle de 1789. Les croyants et les curés cachent dans les campagnes, en attente de jours meilleurs ! Bref, l’anarchie règne en maître, les inventaires sont parfois très violents, portes d’église défoncées aux béliers ou à la masse ! Les catholiques y voient une spoliation et se révoltent face à l’ouverture des tabernacles !

22 février 1906, heurts devant la cathédrale de Nantes.

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L’épée de Napoléon Ier

Dans le n° 119 de Monnaies et Détections avait été évoquée la disparition de l’épée de Charles X. Or, Napoléon Ier qui, lui, s’en est servie au cours de batailles a, également, égaré son épée. “Egaré”, écrivons-nous, car il l’a perdue de son vivant.
Au soir de la funeste bataille de Waterloo, les voitures et les bagages de l’empereur des Français sont pillés. Certaines pièces sont amenées jusqu’aux chefs, dont Blücher, le Prussien. Ses soldats ont raté de peu la capture de l’empereur des Français mais ils vont se rattraper sur le pillage méthodique des berlines abandonnées. Parmi elles, l’une des épées de service de l’empereur vaincu. Les mémoires du mamelouk Ali évoquent cette perte “Dans la voiture de l’Empereur, il y avait une épée qui fut oubliée par Archambault (le cocher préféré de Napoléon, NDA) …” Blücher en fera don, un peu plus tard, à une école de cadets près de Berlin (rappelons que les cadets sont de très jeunes élèves-officiers).
Berlin ravagée par la guerre civile en 1919, deux compagnies de cadets et leurs instructeurs s’en vont recueillir, afin de la cacher, l’épée de Napoléon qui est exposée dans l’église de leur école.
Quelqu’un a été plus vif que l’armée officielle rassemblée au son du clairon et s’avançant en colonne car l’arme impériale a disparu !
En 1932, un musée allemand est approché afin d’acquérir une épée de Napoléon offerte à Blücher. Il décline l’offre mais la communique au musée de l’Armée à Paris qui l’achète pour 95 000 francs.
Elle est comparable à celle qui est déjà exposée, aussi le musée pense détenir les deux qu’emportaient Napoléon Ier : celle d’Austerlitz et celle “de rechange”, toutes deux réalisées par l’orfèvre Biennais (fournisseur exclusif de la table impériale qui se retirera en 1821, il réalise aussi des regalia comme la couronne du roi de Bavière et les plaques des ordres impériaux).
En 1940, elle disparaît pendant la Débâcle.
Mais Goering, le satrape allemand amateur d’Art, avait fait entretemps don d’une prétendue épée de Napoléon au même musée qui en avait refusé une en 1932…
Elle est emmenée par les Russes en mai 1946, ils la renvoient vers la RDA (mais est-ce la bonne ?) en 1958 et elle est désormais exposée au Zeughaus dans une Allemagne unifiée. Cependant, les historiens français la jugent “complètement différente” de celles du Musée de l’Armée.

Sortir de terre une plaque de shako napoléonienne est rare alors que dire des objets évoqués dans l’article !

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Perles de Lorraine et d’ailleurs…

Il y a des moules dans l’eau douce. Elles sont menacées, ou plutôt décimées, par les pratiques agricoles notamment. Une espèce, la mulette perlière, est présente en Normandie, Auvergne, Béarn et, surtout, Vosges, le massif historique d’exploitation dans les rivières Vologne et Euné.
Une perle pour 2 à 3000 individus… C’est maigre, d’autant que la population a baissé des deux tiers au XXe siècle. (Recensement dans l’Euné, en 2007 : 3 mulettes sur 15 km…) Leur raréfaction a provoqué un abandon par la joaillerie, exemple assez peu commun de chute des cours pour cause de confidentialité ! Plus besoin, donc, de garde-perles, ces hommes du duc de Lorraine chargés de veiller à ce que l’on ne braconne pas la mulette perlière. On en signale encore trois en fonction sous le dernier duc, Stanislas. Son lointain prédécesseur, Ferry III, entre Docelles et Cheniménil, avait bâti une maison forte afin de surveiller la ressource perlière : Château la Perle, situé sur une colline. Il est vrai que la surexploitation a précédé l’achèvement par les pesticides et l’exemple des 30 000 perles françaises qui auraient couvert la robe de Marie de Médicis, plantureuse reine de France aimablement surnommée la Grosse Banquière par les courtisans, avaient nécessité la mort de plusieurs millions de moules au début du XVIIe siècle. Cependant les chiffres le rappellent : avec deux tiers de baisse au XXe, ce siècle n’a pas été propice à la perle d’eau douce. La concurrence arabique, puis la technique vont refermer ce triste dossier.
Alimentés par la culture en eau de mer depuis les années 1930, les artisans ont désormais la quantité, la normalisation et un coût, plus faible de 90 % pour la perle marine depuis qu’un Japonais a trouvé le moyen de produire cette matière précieuse.

Il y a désormais de la noire, de la jaune et tout ça est ramassé dans des fermes marines. Nous sommes bien loin de l’esclavage auquel étaient soumis les pêcheurs de la Mer Rouge et du Golfe Persique : tympans éclatés, vieillissement prématuré. Le royaume de Bahreïn a une Place de la Perle : les cheikhs locaux doivent beaucoup à cette gemme. Toutefois ils ont fait débaptiser la place où de gigantesques manifestations ont eu lieu contre leur pouvoir. Le monument de la Perle est devenu une sorte de “Croix de Lorraine” de l’opposition et il est peint sur les murs, la monnaie de 500 fils a été retirée de la circulation. Mais revenons à la perle d’Europe et citons le site “gemperles” : “Certains lieux de pêche sont restés mythiques, d’autres nous ont laissé des parures de bijoux incomparables dans quelques trésors royaux. La dernière pêche aux moules perlières a eu lieu en Ecosse, par le célèbre et dernier pêcheur de perles d’Europe, William Abernethy, dans les années 1970. Il découvrit en 1967 dans la rivière Tay la plus belle perle d’Ecosse, Little Willie, de diamètre de 11,6 mm.” Elle est exposée à Perth et sa valeur est estimée aux alentours de 200 000 €. L’UE a interdit la pêche perlière en eaux douces pour tenter de préserver les moules dont la reproduction est relayée par certaines espèces de poissons, eux-mêmes devenus rares. Chose qu’ignoraient les jardiniers de l’impératrice Joséphine qui tentèrent, en vain, d’implanter de l’huître perlière à la Malmaison.

Le Monument de la Perle.

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Autour de l’autre Charles X

Qui se souviendrait d’un énième prince capétien, devenu haut prélat du fait de son hérédité, s’il n’avait été le concurrent d’Henri IV ? 

Heureusement, des revues spécialisées comme Monnaies & Détections, par exemple, l’évoquent parfois, cet autre Charles X. Comme dans le n° 119 avec “L’épée volée de Charles X”, par Nostromo, dans lequel l’auteur a inséré un paragraphe sur le premier (!) Charles X, celui de la Ligue, le nôtre pour ce sujet.
Un détectoriste a récemment fait une jolie trouvaille avec deux petits cuivres de Charles X. L’état et leur fréquence rendent leur cote faible. Mais ces deux exemplaires sont les témoins de la pire guerre civile qu’ait connu la France. Sa durée ainsi que sa violence ont toutes deux fait du royaume de France un puzzle dont certains morceaux attiraient les convoitises. Si Paris ne s’est rendue qu’en 1594, après la longue dictature du conseil des Seize (nombre des quartiers du Paris de l’époque, si Toulouse ne s’est soumise qu’en 1596, le duc de Mercœur, un cousin des Guise, ne se soumettra qu’en 1598. Très tenté par une restauration du duché de Bretagne dont il est gouverneur depuis 1582, il s’appuie sur l’immense fortune de sa femme, descendante des ducs régnant à Nantes, et surtout, sur la puissance militaire espagnole qui a débarqué 3000 soldats cantonnés à Blavet.
Il y a soixante ans toute juste, F. Dumas a décrit (dans… “Trois trésors d’argent du temps de la Ligue”) quatre découvertes d’argent espagnol enterré durant les Guerres de Religion. La plus ancienne date de 1917 (les trois autres sont de 1961), exhumée à Pont-l’Abbé Lambour, l’auteure en a examiné onze pièces espagnoles. Le plus volumique des trésors est à Pont-Croix avec 400 monnaies environ trouvées sous la dernière marche de l’escalier menant à la cave d’une maison en démolition, l’auteure le situe vers l’année 1595 et suppose que le propriétaire est mort lors du sac de la ville par le ligueur Eder de la Fontenelle. Pour le trésor d’Auray, sorti d’une destruction de haie, il a été enfoui à même le sol, sous un chêne, entre 1589 et 1592. Les 78 monnaies sont toutes espagnoles, principalement des ateliers de Séville et de Mexico : un trésor de soldat, comme celui de Lagny, enfermé dans un pot de terre brisé lors de la découverte qui en renfermait 179, principalement au nom d’Henri III, cette fois.

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Le trésor de l’abbaye

Dépliez une carte de France, promenez votre doigt au hasard, approchez-vous de la région Rhone/Alpes… Continuez et approchez-vous de l’Ardèche, là, cherchez un petit village du nom de Mazan-l’abbaye, vous y êtes ! De prime abord, rien de spécial ne distingue ce petit village pittoresque d’un autre, si ce n’est les ruines d’une ancienne abbaye. Mais avant de se plonger dans la légende, un peu d’histoire…

Naissance et vie de l’abbaye

Vers 1119/1123, une abbaye est construite dans le « Mas d’Adam », propriété du seigneur local “DeGéorant” qui le céda à l’évêque Devivier qui voyait le moyen de profiter des moines et qui désirait développer l’économie de sa région (et s’enrichir aussi par la même occasion). Dès le début du XIIe siècle, des chanoines vinrent s’installer sur le lieu du « Mas d’Adam » qui deviendra par la suite Mazan…
Comme il était de coutume à l’époque, plusieurs seigneurs et fortunes de local, firent don de terres à l’abbaye, celle-ci devint si importante que d’autres abbayes furent construites grâce aux richesses accumulées.
L’église était la plus grande et la plus belle de la région, 52 m de long et 24 m de large avec de grandes arches, un grand oculus, une coupole et des piliers intérieurs taillés dans du tuf rouge volcanique. Prospère de par ses terres et les richesses qu’elle a su en tirer, l’abbaye va prospérer jusqu’au XIIIe siècle.

Début du déclin

Après cette époque, certains événements commencent à faire vaciller la communauté religieuse. Pendant la guerre de 100 ans, les moines seront obligés de construire des fortifications autour de l’abbaye pour repousser les pillages (en partie toujours visibles), ensuite il y eut les guerres de religion, le climat qui changea et mis à mal l’agriculture locale (leur ressource de revenus principaux) puis les épidémies telles que la peste.
Suite à de nombreuses vicissitudes, l’abbaye perdit de son importance et de sa splendeur, elle tomba lentement dans l’oubli et les moines quittèrent peu à peu la région. Quand la Révolution arriva, il ne restait plus que 6 moines pour gérer la congrégation religieuse et les bâtiments.

Mise à mort

Le 13 février 1790, l’Assemblée nationale décréta la fin des ordres religieux et les bâtiments devinrent propriété de l’État et de la nation.
Quant aux quelques moines restants, ils demandèrent à pouvoir retourner dans leurs familles respectives. Les bâtiments furent ensuite vendus comme biens nationaux, c’en était fini de l’abbaye.
En 1843, on décide de construire une nouvelle église en utilisant les pierres de l’abbaye, une fois cela fait, les habitants des alentours vinrent se servir en matériaux de construction pour leur propre compte (cela était chose courante à l’époque). En 1905, face au péril que représentaient les ruines et le reste des arches, il fut décidé de dynamiter ce qui risquait de s’effondrer (méthode plutôt radicale). Les ruines et ce qui restait furent classés monuments historiques en 1946.
De nos jours il ne reste que des ruines de ce qui fut autrefois un centre religieux important à l’échelle locale, une partie du cloître, de l’église et une tour sont visibles et peuvent se visiter.

La suite dans Monnaies & Détections n° 121

L’affaire du drapeau blanc

Au pouvoir depuis le 16 septembre 1824, Charles X, roi de France, signe les ordonnances du 25 juillet 1830 et provoque ainsi la Révolution et son abdication en faveur de son petit-fils, le duc de Bordeaux…

Hélas trop tard ! le changement dynastique s’opère par la monarchie de juillet où le duc d’Orléans, fils ainé de Philippe Egalité, accède au trône de France sous le nom de Louis-Philippe 1er et cela à la grande colère du parti royaliste des légitimistes, des bonapartistes et du parti républicain. Louis-Philippe 1er commence ainsi son règne avec contre lui une triple opposition !, la plus virulente étant celle des légitimistes qui se tournent tous vers le petit-fils de Charles X, duc de Bordeaux et comte de Chambord, Henri V !
Les légitimistes font même frapper en Belgique des monnaies à l’effigie du jeune enfant, des 1 franc en 1831, 5 francs en 1832 et demi-franc en 1833. Ces monnaies furent introduites dans la circulation comme l’indique un rapport du préfet du Rhône, daté du 30 mars 1832. « Monsieur le commissaire du roi près de la monnaie de Lyon m’informe qu’il circule dans la ville des pièces à l’effigie du duc de Bordeaux avec l’ancien écu royal au revers et légende Henri V !… »


Sur d’autres monnaies de 5 centimes et de décimes du directoire est gravée la contremarque « A bas le drapeau de la misère », c’est-à-dire… le drapeau tricolore, reconnu par Louis-Philippe 1er en lieu et place du drapeau blanc royal, les monnaies de Louis-Philippe 1er sont contremarquées du « V » couronné, pour Henri V, d’autres monnaies sont gravées « Mort à Louis Philippe », ou encore « Philippe I bouro de Paris », ou montrent une trace de décapitation sur le cou, bref Louis-Philippe 1er est détesté de tout le monde !
La duchesse du Berry, mère d’Henri V, avait d’ailleurs tout fait pour installer son fils dans son rôle de prétendant légitime, en 1832 elle avait même tenté avec courage de soulever la Vendée en faveur de son fils, en vain ! Véritable danger pour Louis-Philippe 1er, elle fut arrêtée et l’on constata qu’elle était enceinte d’un enfant de père par principe inconnu ! Cette grossesse illégitime discrédita à jamais la duchesse de Berry qui ne trouva plus dès lors de partisans organisés. Le duc de Bordeaux fut contraint à l’exil ! enlevant de la sorte une solide épine du pied de Louis-Philippe 1er.

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Les bijoux de la du Barry

Jeanne Bécu naquit le 19 août 1743 dans un milieu modeste. Sa beauté compensant largement sa naissance, elle fut remarquée à 19 ans par Jean-Baptiste du Barry qui en fit sa maitresse. Par le jeu des intrigues, elle fut présentée à Louis XV qui en tomba éperdument amoureux. Le roi âgé de 58 ans, voulut faire de cette jeune femme sa favorite officielle, ce qui ne pouvait se concevoir sans qu’elle fut mariée et titrée.

Jeanne Bécu épousa donc le frère ainé de son précédant amant, le comte Guillaume du Barry, que l’on s’empressa de renvoyer sur ses terres, moyennant une petite compensation. L’ascension de la petite Jeanne est alors fulgurante ; ainsi succédant dans le cœur du roi à Madame de Pompadour, la jeune et très jolie comtesse du Barry bénéficia de largesses royales et reçu domaines, équipages et bijoux en quantité astronomique. Rien ne résiste à cette beauté hors du commun.
Elle s’intéressa également aux beaux-arts et contribua à l’essor du néoclassicisme, faisant notamment appel à l’architecte Ledoux qui bâtit le pavillon de musique de son domaine de Louveciennes. Elle organise soirées, concerts, bals. Elle dépense sans compter. Son train de vie était éblouissant. En 6 ans, c’est-à-dire jusqu’à la mort de Louis XV, la belle avait dépensé plus de 12 millions de livres, entre 1768 et 1774, elle consacra plus de 2 millions de livres à l’achat de pierres précieuses.
Louis XV passa commande d’une pièce d’exception aux joailliers Böhmer et Bassenge, un collier estimé à 1 600 000 livres (soit environ 72 000 000 euros actuel !). Mais la mort de Louis XV avait interrompu les tractations. Par la suite, le collier fut proposé par 2 fois à la reine Marie-Antoinette qui le refusa, jugeant le bijou trop coûteux. Ce bijou sera plus connu sous le nom du « collier de la reine ».
Hélas, la roue finit par tourner.
A la mort de Louis XV, son protecteur, survenue en mai 1774, le nouveau roi Louis XVI délivra une lettre de cachet qui relégua la comtesse du Barry de très longs mois dans un couvent. Fini la vie de château, les fêtes, les repas somptueux, le quotidien est désormais un austère couvent, sombre et humide. La punition durera jusqu’en octobre 1776, date où Louis XVI lui signe son bon de sortie. La comtesse conserva toutefois une pension de 100 000 livres par an. La comtesse du Barry s’empressa de rejoindre son château où elle vécut avec l’agréable compagnie du duc de Brissac et la vie de la comtesse repris un court normal, fêtes, banquets, chasses à cour, etc… Le 10 janvier 1791, le duc de Brissac donnait une fête dans son hôtel parisien et la comtesse y assistait comme il se doit. Alors que dans son château de Louveciennes, des voleurs très bien informés de son absence, en profitèrent pour lui dérober une énorme quantité de bijoux, évaluée à 1 500 000 livres ! Quand la comtesse du Barry s’aperçut du vol, elle entra dans une colère monstre, affichant de la sorte sa richesse à une époque où il ne faisait pas bon de rappeler que l’on devait sa fortune à sa qualité de maîtresse du roi.

La comtesse du Barry.

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Récit de la traque d’une couronne

Dans son “Miskito coast”, publié pour la première fois en 1991, P. Ford nous raconte comment il a recherché la couronne du roi des Mosquitos, contraint de jouer un jeu dangereux avec les sbires de la dictature sandiniste au Nicaragua.

Son aventure commence au Bélize, cet étrange pays qui appartint longtemps aux Britanniques, fait unique en Amérique Centrale, se poursuit au Honduras (anciennement “espagnol” puisque le nom du Bélize, jusqu’à son indépendance en 1981 était “Honduras britannique”) puis gagne le Nicaragua. L’ennui est que depuis 1982, les Mosquitos s’étaient rebellés contre la dictature sandiniste d’Ortega et que la zone frontière entre les deux Etats était particulièrement dangereuse.
Le peuple mosquito avait une indépendance encore fraîche puisque c’est seulement en 1860 que le Royaume-Uni abandonna la protection de ce royaume tropical et reconnut qu’il devenait une simple réserve indienne de la République du Nicaragua. Le roi des Mosquitos passa du statut de monarque à celui de chef de tribu. Bien entendu, ici comme dans le reste de l’Amérique Latine, les Amérindiens furent soumis à toutes sortes de brimades, travaux forcés, enlèvements, viols, rackets de la part de commerçants et d’industriels avides de main d’œuvre gratuite.
La modernité et le progrès arrivèrent au milieu du XXe siècle dans le sens où les armées et autres “gardes nationales” avaient désormais les moyens techniques d’imposer leurs propres exactions en lieu et place de leurs prédécesseurs, les trafiquants et les planteurs de monocultures.
Dans ce sanglant bazar, la couronne et le sceptre des anciens rois des Mosquitos avaient disparu.
Peter Ford va sur le terrain, est menacé, emprisonné, racketté par diverses factions, dans des régions tout aussi diverses mais s’en sort (il est britannique, autant dire neutre dans cette guerre entre les sandinistes soutenus par Cuba et les contras équipés par les USA) et recherche des témoignages. Bien sûr il est confronté aux hâbleurs des bars, comme il y en a partout dans le Monde, menteurs soucieux de proposer la meilleure histoire à un auditoire crédule. Bien entendu, il est confronté aux pertes de mémoire, cet étrange phénomène qui fait que l’on va se souvenir de faits insignifiants arrivés la même année que d’universels bouleversements complètement oubliés, eux.
Troisième obstacle, parfaitement respectable celui-là : la méfiance envers un étranger venant aux renseignements à propos de traditions enfouies.
Il n’a pas que des déboires, il connaît même des situations comiques. Ainsi lorsqu’il découvre la statue du Libérateur de l’Amérique Centrale en pleine capitale du Honduras (Tegucigalpa) il constate que les Français, au XIXe, leur avaient recyclé une statue équestre d’un maréchal de Napoléon… A Trujillo, autre ville du Honduras, un habitant lui indique l’adresse du consulat britannique. Las, celui-ci a été supprimé trente ans auparavant mais la demeure est celle de l’arrière-petit-fils du dernier consul qui “entretient un petit musée de reliques consulaires”. Ou encore cet anthropologue qui débarque dans un village et, soucieux d’en connaître les faits anciens, s’enquiert du doyen d’âge, réponse : “le doyen, il est mort.”

Un dollar “fort” du Poyais.

L’épée volée du sacre de Charles X

Le sacre de Charles X.

Le retour de la monarchie en France au XIXe siècle fut chaotique et compliqué ! Louis XVIII né à Versailles (1755-1824), frère cadet de Louis XVI (1754-1793), fut ainsi roi de France à la chute de Bonaparte, de 1814 à 1824 (hors période des Cents jours), mort sans aucun héritier, la couronne de France revient ainsi à son frère cadet. Il était comte d’Artois quand il émigra en 1789, et organisa la défense de la couronne depuis l’étranger, en organisant un débarquement qui échoua en Vendée en 1795.

La couronne du sacre.

Ainsi, il devient roi de France le 16 septembre 1824 sous le nom de Charles X.
Etant nostalgique de la monarchie absolue de droit divin et voulant à tout prix gommer tout héritage de la Révolution, Charles X fit reprendre pleinement le cérémonial de l’ancien régime. Son frère Louis XVIII avait renoncé à la cérémonie du sacre parce qu’il n’aurait pu en supporter les fatigues ! Charles X reprit la tradition et voulut une cérémonie fidèle à celle de ces ancêtres, c’est-à-dire grandiose et fastueuse ! Les préparatifs commencèrent dès novembre 1824, un budget très important fut consacré à la restauration des bâtiments et la décoration fastueuse de la cathédrale de Reims et du palais épiscopal. Le roi fit spécialement composer une messe par Luigi Cherubini, directeur du conservatoire de Paris et commanda également un opéra à G. Rossini, « Le voyage de Reims ». Une épée fut aussi réalisée pour le sacre de Charles X, celle-ci était composée de 1 576 diamants, Charles ne voulant pas utiliser l’épée du sacre des rois de France car celle-ci fut profanée par Bonaparte qui fit gommer les fleurs de lys ornant la poignée de l’épée et l’utilisa lors de son sacre comme empereur des Français, et cela révulsait Charles X  qui n’avait que haine et mépris pour Bonaparte.
Le 27 mai 1825, le cortège royal partit de Compiègne, étape incontournable sur la route du sacre. Le 29 mai le sacre de Charles X se déroula devant un parterre de nobles, de savants, d’artistes et poètes, Victor Hugo composa l’ode « Le sacre de Charles X » qu’il publia dans son recueil « Odes et ballades ». Une médaille en argent fut émise à l’occasion du sacre, d’un diamètre de 41 mm et de 40,25 grammes, œuvre de Gayrard Raymond (1777-1858). Cette médaille fut également émise en bronze.
Pour rassurer l’opinion populaire, Charles X avait accepté de prêter serment de fidélité à la charte constitutionnelle de 1814, charte octroyée par Louis XVIII qui met en place une monarchie constitutionnelle et qui garantit les libertés acquises par la Révolution de 1789 !
Le sacre de Charles X fut des plus limités dans l’opinion publique où l’anticléricalisme était vivace ! Le peuple n’y voyait que la résurrection de l’ancien Régime, et le ministère autoritaire de Villèle lui valut une impopularité tenace. L’avènement du ministère Martignac en 1828 n’y changea rien ! La chambre ayant refusé la confiance au cabinet Polignac fut dissoute mais les élections furent favorables à l’opposition !

La suite dans Monnaies & Détections n° 119