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Monnaies et Détections

Catégorie : Histoire

Le trésor mérovingien de Gourdon

Le dimanche 23 mars 1845, le jour de Pâques, une jeune bergère nommée Louise Forest fit une découverte surprenante à proximité du village de Gourdon dans le département du Lot, proche de Rocamadour. Caché sous une tuile romaine gravée d’une croix, un trésor mérovingien fut découvert.

Au total, c’est une bonne centaine de monnaies d’or burgondes, ainsi qu’un calice en or et une patène en or du VIe siècle qui furent retrouvés. Son propriétaire était un moine burgonde, car à Gourdon on connaissait l’existence d’une ancienne église avec un ancien monastère d’après le “monastorium Gartonensis” (la charte du monastère), mentionné par Grégoire de Tours. Suite à la conquête des Francs sur la Bourgogne, un moine burgonde avait donc caché ces biens précieux avant de prendre la fuite, puis le trésor ne fut jamais récupéré.
L’enfouissement datait de l’an 520 à 530. Les monnaies d’or dataient des empereurs romains bizantins de l’an 457 à 474 pour la plus ancienne, à l’effigie et sous le régne de Léon Ier de 457 à 474, ensuite celle de Zénon de 474 à 491, celle d’Anastase Ier de 491 à 518 et les plus tardives de 518 à 527, sous Justin Ier.

La patène : c’est une sorte de petit plateau eucharistique sur lequel on faisait reposer le pain ou l’hostie de la communion durant les messes. C’était un accessoire religieux indispensable qu’un prêtre ou un moine sacristain pouvait avoir à utiliser pour la préparation de la messe. Celui retrouvé dans le trésor de Gourdon mesurait 19,5 cm de long sur 12,5 cm de large, borduré de grenats sertis dans l’or, ainsi que des pierres turquoises à chaque coin du plateau. La croix centrale chrétienne était généralement apposée par adoption dès que le roi Clovis fut reconverti en 497.

Le calice : c’était une petite coupe dans laquelle on déposait le vin et l’eau à boire après l’eucharistie du prêtre pendant les messes. Celui de Gourdon, de petite taille et en or massif, était pourvu de deux anses en forme de griffon, animal symbolisant le Christ, mentionné dans l’exegèse de certains pères de l’église. Les grenats remplacent les yeux des deux griffons. La coupe, cloisonnée de pierres semi-précieuses, est incontestablement un ouvrage d’orfévrerie barbare. La technique de travail des pierres serties avec force dans des cloisonnements d’or ainsi que l’iconographie représentée, proviennent comme de nombreuses œuvres d’art, de fabrications wisigothes ou lombardes.


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L’Île de la Tortue ou la capitale de la flibuste

Voici donc une ultime balade à travers les îles aux trésors qui me sont chères et plus particulièrement celle de la Tortue. En guise de clap de fin, j’aurais cette citation de Jean-Baptiste Blanchard à vous offrir : « Il en est d’un secret comme d’un trésor : il est à demi découvert, quand on sait qu’il est caché (1772) ». Et je reste persuadé que vous en connaissez des secrets, à la pelle !

L’île carapace

L’île baigne dans la Mer des Caraïbes, à quelques encablures au nord-ouest d’Haïti, dont elle dépend. L’île de la Tortue est un bout de terre étiré en longueur, de trente-sept kilomètres de long pour sept de large. Elle présente un visage escarpé sur sa partie nord, une côte rocheuse et des falaises battues par les vagues qui n’offre pas un accès aisé aux navires. Cependant sa côte sud-est est bien plus accueillante, un port y sera même édifié, le port de Basse-Terre qui permettait aux XVIIe et XVIIIe siècles d’accueillir dans une anse abritée, une dizaine de vaisseaux de ligne. Le nom de l’île, pour le moins original « Tortuga de mar » lui aurait été attribué par Christophe Colomb en 1492 lorsqu’il aborde pour la première fois Hispaniola (ancien nom d’Haïti). En effet, l’île rocheuse présente sur l’horizon la forme arrondie de la carapace d’une tortue. L’île semble prometteuse aux espagnols, ses ressources naturelles abondantes, figuiers, bananiers, citronniers, orangers, ponctuent sa surface, on y croise une faune riche, bœufs sauvages, sangliers, crabes, pigeons ramiers… Un petit paradis que les Espagnols ne tarderont pas à exploiter, d’autant plus que les tribus indiennes, les Arawaks, peuplant l’île, sont doux et accueillants. Malheureusement pour les tribus natives, une ressource cachée de l’île va entraîner leur disparition progressive : l’or. Plusieurs mines du métal précieux sont exploitées par les nouveaux arrivants, les Indiens servent de main d’œuvre corvéable à merci et meurent d’épuisement dans les tunnels humides de la Tortue. Christophe Colomb écrira : « Ce qu’il y a de mieux, c’est l’or. Avec l’or on constitue des trésors et celui qui les possède fait ce qu’il veut ». La Tortue, devenue l’objet de tous les désirs, vivra depuis lors des déchirements sur de nombreuses décennies.

Une lutte de possession

L’île n’est pas fortement peuplée par les colons espagnols qui se trouvent en majorité sur l’île d’Hispaniola. Les colons installent un premier village, Basse-Terre et développent la culture du tabac dans ses terres fertiles. Les Français expulsent les Espagnols de la Tortue en 1629 et s’installent dans le bourg côtier. Ils y seront rejoints par des Anglais et des Hollandais. L’île très riche en gibier permet le développement de la chasse pour assurer la subsistance des nouveaux colons. Il y aura donc les « chasseurs » habiles au tir au fusil et les « boucaniers » chargés de fumer la viande des bœufs sauvages ou des sangliers, sur des boucans ou grils, afin d’en assurer la conservation. Les boucaniers sont des hommes aux mœurs rudes, proches des coureurs de bois. Les descriptions de l’époque les représentent comme vêtus de haut-de-chausse en toile, d’une chemise épaisse, à leur ceinture pend un sabre et une calebasse à poudre. Ils sont coiffés d’un bonnet de feutre à visière et leurs pieds sont enveloppés dans des chaussures sans coutures, de peau de porc séché. Ils arborent une barbe épaisse et n’hésitent pas à manger la viande crue… Ceux qui ne chassent pas sont appelés, les « habitants », ils cultivent les terres de la Tortue et vivent dans de petites maisons sommaires.

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L’étrange affaire d’Orval

Ruines d’Orval, XIIe siècle.

La vallée d’or située dans les Ardennes belges tire son nom de val d’or qui par la suite deviendra Orval. Cette vallée boisée abrite dans son cœur de mystérieuses ruines, les ruines de la célèbre abbaye détruite par les Français en 1793. Cette abbaye fut le théâtre de bien des évènements, disparition, mort, liaisons cachées, légendes. L’histoire de cette abbaye commence vers 1040. Des moines italiens fuyant la guerre civile s’installent dans cette vallée avec l’accord du seigneur local, leur but construire un havre de paix, une abbaye malgré les obstacles de toutes sortes, épidémies, guerres, pillages. Les cisterciens demeureront à Orval jusqu’à la Révolution. En 1793, dans la folie meurtrière née lors de la Révolution française, des hordes de sauvages mettent la belle abbaye d’Orval à feu et à sang. Ils emportent tout ce qui à leurs yeux revêt de la valeur. En réalité, ils cherchent les trésors, celui de l’abbaye, mais surtout celui de Louis XVI, roi déchu. Ils ne trouveront aucun des deux.
Mais revenons à l’origine de l’abbaye, un jour de 1076. Une princesse, Mathilde de son prénom, perdit son mari Godefroid le Bossu, duc de Lotharingie, assassiné par un émissaire de Robert le Frison, comte de Flandres. Il laissait une veuve et un fils de huit ans. Mathilde était l’illustre amie de Grégoire VII, le protecteur du Saint-Siège en Italie. Retirée d’abord auprès de son neveu Godefroid de Bouillon, elle éprouva un nouveau malheur. Son fils, ayant suivi d’autres enfants de son âge sur la Semois alors congelée, tomba dans un trou et d’une manière si malheureuse que la glace lui trancha la tête. Ne pouvant habiter plus longtemps un lieu qui lui rappelait d’aussi tristes souvenirs et décidée à retourner en Italie, la pauvre mère se retira en attendant à Chiny auprès du comte Arnould II. Un jour, Mathilde et le comte allèrent visiter les moines installés dans leur abbaye. Mathilde fut conduite près d’une fontaine qui fournissait la seule boisson admise à la table des religieux. La curiosité féminine l’ayant poussée à plonger la main dans l’eau, elle laissa échapper son anneau nuptial. Grand fut son émoi quand elle s’en aperçut. Dans sa détresse, elle s’adressa à la Vierge Marie et son vœu à peine était fait que l’anneau réapparut au-dessus de l’eau dans la gueule d’une truite. La reconnaissance de la pieuse princesse se manifesta par des témoignages splendides. L’abbaye obtint un notable accroissement de domaines. Le nom de Val-d’Or lui est resté et un écu-armoirie portant une bague dans la gueule d’une truite devint le symbole de l’abbaye. Celui-ci est toujours d’actualité, on le retrouve de nos jours sur tous les produits de l’abbaye, fromages, bières, etc…
A la fin du XVIIe siècle, la réputation de Val-d’Or est bien connue dans la région, à tel point que nombreux sont ceux croyant fermement qu’un trésor est caché quelque part dans l’abbaye. Les sans-culottes en sont convaincus et avant de jeter des torches enflammées dans les bâtiments, ils ont fouillé partout, allant même à abattre des murs entiers au canon. Dans les alentours d’Orval, les paysans sont formels, nous, on les a vus, les moines, avant de partir précipitamment, ils ont enterré une partie de leur fortune. D’autant qu’on raconte aussi que Louis XVI y aurait envoyé des chariots bourrés de pièces d’or. Alors, où fut caché le trésor de l’armée de l’est, sans doute enrichi des bijoux et pierreries des princesses et du trésor personnel de Louis XVI ? L’hypothèse évoque un souterrain sous Orval où les moines cachèrent les deux trésors, hypothèse d’autant plus vraisemblable que cet amas d’or, d’argent et d’objets précieux ne fut jamais retrouvé après l’incendie qui détruisit l’abbaye. Le souterrain reste à découvrir…, d’autant plus que l’on sait qu’en 1794 un des moines ayant la langue bien pendue sur ce sujet, disparut sans laisser de traces. Cela rajoute encore un peu plus de mystère.

Orval de nos jours.

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 99

L’Île à Vache ou le repaire d’Henry Morgan

Une île nature

L’Île à Vache nommée ainsi pour les nombreuses têtes de bovins présentes sur ses terres, est un îlot de la mer des Caraïbes, positionné sur la côte sud d’Haïti, dont il est administrativement rattaché. L’île en elle-même s’étend sur une vingtaine de kilomètres de long sur quatre de large à sa pointe est. Plusieurs marécages et étangs parsèment ses terres, mais la zone la plus notable de l’île est recouverte d’une forêt de mangrove.
L’île est à l’heure actuelle peuplée de dix mille habitants dont le moyen de subsistance est surtout lié à l’agriculture et à la pêche. Le tourisme joue également un rôle important dans les ressources de l’île. En effet, ses plages immaculées, ses eaux limpides et poissonneuses, une nature exubérante et sauvage, attirent de plus en plus de visiteurs en quête d’un lieu encore intact que l’homme n’a pas encore corrompu.
Les côtes de l’île offrent dans sa zone nord-ouest, des criques naturelles abritées et en eau profonde qui peuvent accueillir de nombreux navires de plaisanciers, notamment la baie Ferret où est implanté le Port Morgan. Certains navigateurs du XVIIe siècle ne s’y sont pas trompés, ces criques accueillantes leur permettaient de faire escale loin des routes maritimes fréquentées. Parmi ces visiteurs aux mœurs troubles, on pouvait compter un certain Henry Morgan, pirate de profession.

Sir Henry Morgan

Henry Morgan est né en janvier 1635 au Pays de Galles. Issu d’une famille aisée, il est loin d’avoir le profil du pirate qu’il deviendra adulte. Une légende raconte qu’il fut enlevé enfant, à Bristol et vendu comme esclave à la Barbade. Mais aucune trace écrite de ce rapt n’est parvenue jusqu’à nous. Il semble pourtant que le jeune homme s’embarque très tôt comme simple mousse à destination de la Barbade en 1658. Il déserte ensuite son navire et vit sans le sou, de vols ou de mendicité. Pour échapper à la justice qui lui promet la corde, il prend fuite vers la Jamaïque où il s’associe à des flibustiers anglais. Le jeune homme est malin et entreprenant, il parvient à gagner au jeu un navire, son premier bateau d’écumeur des Caraïbes. Pourtant, Morgan est sans réelle expérience de la mer, il offre alors ses services à un capitaine corsaire du nom de Edward Mansfield dont il deviendra le second.
Dès 1668, il entame une carrière de corsaire, puis de pirate, fonction qu’il se plaît toujours à exercer avec une grande cruauté. Ses faits d’arme sont nombreux, accompagné de plus de cinq cent hommes d’équipage, il se fait une spécialité du pillage côtier. Ses proies sont des villes et des colonies espagnoles, notamment celles de Puerto del Principe à Cuba et de Portobello au Panama.

La prise de la région de Panama reste son plus grand fait d’arme. En 1669, Morgan pille les côtes cubaines, puis Maracaibo au Venezuela mais n’obtiendra pas pour autant la richesse espérée. Sa réputation d’homme cruel et sans pitié traverse les mers et son trésor de guerre ne demande qu’à grossir. Une de ses bases est la ville de Port Royal en Jamaïque, mais le capitaine gallois aime également se réfugier sur l’Île à Vache. Ses exactions mettent dos à dos deux nations, la guerre entre l’Angleterre et l’Espagne est pourtant terminée mais il suffit d’une étincelle pour rallumer le feu qui couve et ranimer les hostilités. Morgan bénéficie de la couverture bienveillante du gouverneur de la Jamaïque, Sir Thomas Modyford. Ce dernier lui offre la possibilité de devenir amiral de la flotte de la Jamaïque.
Cette même année, le vaisseau amiral de la flotte de Morgan, une frégate anglaise corsaire, explose accidentellement dans la baie Ferret de l’Île à Vache. Ce vaisseau commandé par le capitaine Edward Collier, mouille dans la baie de l’île en attendant de retrouver Morgan et plusieurs capitaines flibustiers dont Laurent de Graaf futur gouverneur de l’Île à Vache. Morgan réunit alors ses officiers sur le HMS Oxford pour préparer le pillage de la ville de Cartagena.
Pendant ce temps-là, l’équipage se lance dans une soirée de fête et de beuverie à la santé du roi d’Angleterre et du gouverneur de la Jamaïque. On ne sait pas réellement comment le feu fut mis aux réserves de poudre, un canonnier ivre dit-on, toujours est-il que l’Oxford explosa dans la nuit du 12 janvier 1669 entraînant dans la mort plus de deux cents hommes d’équipage et cinq capitaines de la flotte de Morgan. Certains officiers réunis pour le conseil de guerre en poupe parvinrent à en réchapper, tout comme Henry Morgan, mais d’extrême justesse. On raconte que les survivants repêchèrent les corps de leurs camarades noyés ou brûlés, non pas pour leur donner une sépulture chrétienne, mais pour les délester de leurs bagues et bijoux en or. Pirates jusqu’au bout des ongles…
En 1670, Morgan obtient le commandement de la flotte corsaire anglaise de la Jamaïque, il pille allègrement navires, villes et côtes. Le Panama est à nouveau l’objet de ses rapines, en 1671 il tue et rançonne, secondé par deux mille hommes, les colons espagnols. La ville est incendiée et pillée, Henry Morgan met la main sur sept cent cinquante mille pièces d’or. Il fait torturer les habitants d’une manière effroyable, afin qu’ils révèlent les caches des richesses de la ville. Alexandre-Olivier Exquemelin, chirurgien de bord, témoigne dans un livre de ses exactions :
« Beaucoup de moyens furent utilisés dans le but de les faire parler, dont l’écartèlement associé à des coups de bâton ou d’autres instruments. Les pirates mirent des mèches enflammées entre les doigts de certains captifs, qu’ils finirent par brûler vifs. Ils tordirent des cordes autour de leurs fronts et serrèrent jusqu’à ce que les yeux des suppliciés jaillissent de leur orbite ».
Le roi d’Espagne choqué par ces violences, menace l’Angleterre d’une nouvelle guerre si ces exactions ne sont pas sévèrement punies.
Morgan revient donc en Angleterre en 1672 où il est emprisonné pour la forme pendant quelque temps, afin de calmer la colère espagnole. Il revient pourtant à la Jamaïque en 1675, après avoir été anobli par le roi Charles II. Il est nommé vice-gouverneur avec la charge de lutter contre la piraterie. Un retournement de veste assez singulier en connaissant l’homme et ses faits de pirateries avérés.
Morgan n’est pas reconnu pour être un excellent navigateur, on lui doit plusieurs naufrages ou échouages dont il réchappera à chaque fois. En 1675, il est à bord du navire Jamaica Merchant, un bateau de commerce anglais dont il a le commandement. Ce dernier fait naufrage à quelques encablures de l’Île à Vache. Il y eut peu de victimes et la cargaison fut vraisemblablement sauvée par les survivants.
Morgan se retire de la piraterie et passe le restant de ses jours à la Jamaïque où il obtient le titre prestigieux de gouverneur général, cependant en 1683, il est dessaisi de son poste de gouverneur. Il meurt en 1688, victime de la tuberculose ou d’avoir trop abusé de rhum dans les tavernes de Port Royal. Sa dépouille est enterrée dans le cimetière de Palisadoes à proximité de Port Royal, ville qui disparaît sous les eaux en 1692 après un tremblement de terre historique.

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 98

Les peuples de l’Age du Bronze et du Fer celtes avaient une connaissance importante des astres et de leur mouvement dans le ciel.
Cette science connue des druides (J. Caesar, Guerre des Gaules VI.14) était étroitement liée à leurs croyances religieuses et mythologiques.
Cette connaissance astronomique était probablement très importante pour les besoins rituels de leurs cultes pour prévoir les éclipses, la lune montante ou descendante, l’apparition ou la disparition d’astres dans le ciel tel que Mars, Jupiter… et autres événements astronomiques liés aussi à des cultes de fertilité ou autres croyances.
Les très nombreuses rouelles retrouvées sur des sites celtes et les sites de l’Age du Bronze dans des sanctuaires et des tumulus prouvent qu’il existait des cultes liés aux astres, ainsi que la forme de certaines suggérant fortement la forme d’un soleil.

La racine de ces cultes remontait déjà à l’Age de Pierre (gravures de rouelles et de symboles solaires dans la vallée des Merveilles et sur de nombreuses stèles).

En France il existe de nombreux sites de l’Age du Fer où ont été découverts des milliers de rouelles anneau (Chastelard de Lardiers, oppidum du Var…). Il est probable que ces anneaux représentaient un astre et étaient déposés dans ces sanctuaires dans un but votif.

En Europe de l’Est, de nombreuses rouelles de type anneau bouleté ont été trouvées sur des sites celtes et dans des tombes. La taille de ces anneaux est variable, ainsi que le nombre de boules qui sont souvent accolées par 2 ou 3 (triade).
Le nombre de boules et leur association par 2 ou 3 pourraient-ils être un système de numérotation utilisé par des druides pour décompter des jours, mois ?


… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 97

Le trésor médiéval des Terreaux

En 1993, lors de travaux de construction pour le réaménagement d’un parking sur une ancienne place, un trésor médiéval fut découvert par une équipe d’archéologues.

Place des Terreaux au XVIIe siècle.

Pour se remettre dans le contexte du Moyen-âge, il existait une ancienne place où des marchands venaient vendre leurs marchandises, on sait que les marchands lombards venus d’Italie du nord faisaient partie de la classe des commerçants d’expérience au début de la période capétienne. Ces derniers fréquentaient surtout la ville de Lyon pour ces foires. Très vite les conflits avec le domaine ecclésiastique posèrent problème aux marchands lyonnais dès le début du XIIIe siècle. A force de persévérance dans la qualité de leur travail, les marchands devinrent des prêteurs sur gage, mais aux yeux de l’Église tout prêt d’argent contre intérêt était considéré comme un péché d’avarice, c’est pour cette raison que dès le début du Moyen-âge le pape Léon Ier le grand avait interdit les prêts d’argent par le droit canonique. Avec l’Archevêque Renaud II de Forez à la fin du XIIIe siècle, on s’était même battu en employant les armes, car la charte signée en 1195 sur les taxes des marchandises n’était pas respectée.
La place en question fut contrôlée un temps par les religieux, ce qui permis de limiter les convoitises et un éventuel siège par les Dombes. Les bourgeois avaient décidé de fortifier l’emplacement en élevant une muraille solide au pied de la colline St Sébastien toute proche des lieux. Cette colline dite “pente de la croix rousse”, fut aménagée d’une tourelle de guet pour observer les contrôles au pont du change. Un autre mur beaucoup plus épais, d’environ 2 mètres sur 10 mètres de hauteur, fut construit entre la Saône et le Rhône sur une longueur de plusieurs centaines de mètres. A chaque extrémité un pont-levis fut mis en place puis protégé par des tourelles de guet. Le fossé séparant les deux murailles était de 22 mètres de large. Le lieu digne d’une place forte était probablement parsemé de maisons fortes seigneuriales pour se protéger. La paix fut revenue finalement sous le pontificat du pape Innocent III. En 1247, malgré les restrictions imposées, ce fut le début des banques de prêt grâce au caractère opiniâtre et à l’expérience aiguisée des prêteurs et des agents de crédits, quoi de mieux pour s’enrichir et cumuler de l’argent dans les trésors !
La guerre de Cent Ans arriva en 1337, de nombreux banquiers, prêteurs, riches commerçants, aristocrates, et notables présents dans les environs, périrent de la peste dans les années qui suivirent. En plus de cette cause, le trésor des Terreaux fut probablement caché pendant la durée du siège de la ville lyonnaise. En effet la cité de Lyon, comme tant d’autres aux environs, devait se mettre en défense maximale en 1362 contre des bandes victorieuses des grandes compagnies de “tard-venus”, et d’autres écorcheurs assoiffés d’or, vainqueurs des troupes royales à Brignais. Le péril avait été assez grand pour affoler les riches marchands italiens piégés dans la cité lyonnaise, et n’ayant pas envie de payer les pillards sanguinaires, ou d’aider financièrement les magistrats de la cité à payer rançon obligatoire pour détourner les écorcheurs du sac de la ville de Lyon ; certains avaient probablement caché leur butin.

respectivement ; Avers d’un sol coronat de Provence. – Ecu d’or de
Philippe VI le valois. – Revers d’un florin d’or.

La bataille de Pontlevoy

En début de cette année, je suis passé par la Touraine pour faire une visite à mon oncle et ma tante qui habitent un petit village (Thenay) entre Montrichard et Contre ; un village ou je vais depuis ma tendre enfance. Là-bas, je suis tombé sur un journal qui relatait la commémoration d’une bataille qui eut lieu à Pontlevoy le 6 juillet 1016, et qui opposa Foulques Nerra comte d’Anjou et Eudes II comte de Blois. Je fus surpris de cette information : depuis soixante ans que je viens dans cette région je n’en avais jamais entendu parler.

La stèle.

Vue d’une partie du champ de bataille.

Curieux je me suis mis en quête d’informations complémentaires, et je réussis à trouver sur une carte le lieu où fut érigée la stèle pour la commémoration du millénaire de cette bataille. Le lendemain dans la matinée, par une température de moins cinq degrés et un beau brouillard givrant, je me rendis sur les lieux pour découvrir cette fameuse stèle et ce champ de bataille, dont honnêtement je ne vis pas grand-chose, la visibilité étant limitée à une cinquantaine de mètres du fait du brouillard.

Situation

Pontlevoy est situé sur un vaste plateau, non loin des sources de l’Amasse qui coule vers Amboise, et sur la petite rivière des Aiguilleuses qui se jette dans le Cher entre Bourré (Benregius) et l’ancienne station romaine de Thésée, la Tassiaca de la carte de Peutinger. La grande route de Blois à Montrichard et à Loches traverse aujourd’hui Pontlevoy. Elle est la seule sur ce point.
Dans les temps anciens, deux voies, au contraire, occupaient cette partie de la contrée. L’une, à l’ouest : c’est la grande voie qui, de Blois, après avoir traversé le Beuvron, aux Montils, se dirigeait sur l’Aquitaine, par Montrichard, ou le point qu’il occupe, par Faverolles, Le Liége, Loches, Ligueil et La Haye. Cette voie avait une importance considérable ; l’autre, à l’est, se détachait de la première aux Montils, passait à Monthou-sur Bièvre et à Sambin, comme la grande route actuelle ; mais là elle inclinait à l’est, passait entre Pontlevoy et Thenay, peut-être à Thenay même (probablement à l’est de Thenay au lieu-dit Les Creusiaux où fût fouillée dans les années soixante, une villa gallo-romaine ; le lieu de la fouille servit plus tard de décharge publique, puis fût comblée) pour bifurquer un peu au-delà et tourner, au sud-est vers Bourré, et au sud-ouest vers Thésée. Ces tracés ne sont pas une hypothèse, ils sont facilement identifiables sur place.
L’existence de ces deux voies explique du reste, la position stratégique de Pontlevoy au Moyen Age. Ne pouvant commander, dans la stricte rigueur du mot, l’une de ces routes importantes sans négliger l’autre, on avait bâti un château fort entre les deux pour les surveiller (à cette époque un château fort se composait bien souvent d’une simple tour construite en bois). Ajoutons, car ces dispositions seront indispensables à connaître plus tard, que, placé ainsi entre deux routes, Pontlevoy avait dû s’en créer de nouvelles à son usage particulier. On retrouve encore, en effet, de ce bourg aux Montils, un vieux chemin connu sous le nom d’ancien chemin de Pontlevoy à Blois ; il continuait entre Pontlevoy et Montrichard ; mais dans cette partie, il a était absorbé par la grande route moderne. Dans la direction de Bourré, partait aussi de Pontlevoy, un embranchement qui allait se souder à la voie de l’est déterminée plus haut.
Il y avait donc sur cette partie du plateau, pour résumer, deux voies, et entre les deux, un chemin qui était indépendant et qui desservait directement le château soit du côté de Blois soit du côté de Montrichard ou de Bourré.

Situation de Pontlevoy.

Quant au rôle que ce château devait jouer dans les guerres qu’amenait la situation respective du comte de Blois et du comte d’Anjou, un coup d’œil sur la carte suffira pour comprendre.
De Pontlevoy, il était facile, en effet, de se jeter dans la vallée de l’Amasse pour aller inquiéter Amboise. Si l’on tentait quelque opération sérieuse sur cette forteresse, on pouvait être soutenu et ravitaillé par Blois, sans que l’ennemi eût le moyen de s’y opposer. Par Pontlevoy, en gagnant Bléré, on avait toujours une communication assurée entre Blois et Tours. Enfin, gardant la route par laquelle le comte d’Anjou aurait pu, de Loches, pousser une pointe sur le Blésois, en se faisant soutenir par les Ambasiens, Pontlevoy permettait d’aller, par cette même route, inquiéter Loches et ses environs. En outre se reliant, au moyen de la route de Thésée, à la grande voie de Tours à Bourges, il donnait facilement la main à Saint-Aignan, et dans le cas où la garnison d’Amboise venant à monter l’Amasse, aurait menacé le premier de ces châteaux, du second on venait à son aide.
Après un descriptif de l’environnement, voici un résumé des prémices et du déroulement de cette bataille, selon diverses sources d’archives et de travaux d’historiens.

Qui étaient les antagonistes ?

D’un côté se trouvent EUDES II, comte de Blois et son fidèle vassal, Gelduin, seigneur de Pontlevoy ; de l’autre FOULQUES III NERRA (dit FAUCON NOIR), comte d’Anjou et pour la circonstance, Herbert Eveille chien, comte du Maine.
Ces deux comtes ont usé de l’absence de l’un comme de l’autre, pour mener, chacun à son tour des razzias sur les terres ennemies, faisant payer un lourd tribut aux paysans qui subissent pillage et incendie de leurs récoltes.
Tout tend à se faire équilibre dans la marche de l’humanité comme dans le monde physique ; et dès qu’il y a excès quelque part, il y a bientôt réaction. La position des Tourangeaux et des Blésois dans la vallée du Cher et les environs, n’était plus tenable. Geldun de Saumur et Geoffroy de St-Aignan se plaignirent amèrement au comte de Blois du préjudice que leur portait le château de Montrichard, et demandèrent à grands cris qu’une expédition fut préparée pour s’en rendre maître. Geldun, surtout faisait valoir, non seulement qu’il avait à souffrir du voisinage de la nouvelle forteresse, mais encore qu’elle avait été à son égard un sujet de spoliation, et que son patrimoine s’en était considérablement diminué.
C’était Eudes II qui tenait alors le comté de Blois. Il était le second fils d’Eudes 1er et de Berthe, mariée, depuis au roi Robert, et il avait succédé, en 1004, à son frère aîné Thibault II. Eudes II avait des possessions immenses et une ambition à la même mesure. Mais ces ambitions étaient principalement tournées vers la Champagne, et la Brie, possédées par Etienne, son proche parent, vieux et sans lignée, dont il surveillait les intentions. La Bourgogne, sur laquelle il pouvait avoir des droits du chef de sa mère, ne le laissait pas non plus indifférent. Peut-être, dans son désir d’agrandissement, faisait-il d’autres rêves encore ? Comment avec de telles préoccupations aurait-il sérieusement songé à la Touraine ?
(À cette époque, le roi de France Robert II dit le pieux, qui a régné de 996 à 1031 avait un territoire très petit et qui était coincé entre les possessions du comte d’Anjou sur toute la façade ouest, et du comte de Blois qui avait des possessions au sud et en partie à l’est, et qui par héritage cherchait à prendre possession de la Champagne, de la Brie et de la Bourgogne ; ce qui aurait étouffé le royaume du roi de France. Le comte d’Anjou et le comte de Blois étaient de ce fait plus puissants que le roi de France).
Du reste, il venait de soutenir une guerre assez rude contre Richard II, duc de Normandie, et ses troupes avaient été fort maltraitées en 1006 devant le château de Tilliéres, où le comte du Mans, Hugues son allier, avait été contraint de prendre la fuite. Les circonstances étaient donc peu favorables. Aussi le comte de Blois n’écouta-t-il qu’à moitié les plaintes de ses vassaux, et, tout en formant le projet d’une nouvelle coalition contre Foulques-Nerra, mena-t-il cette affaire avec une extrême lenteur, n’opposant à son ennemi que les expéditions de ses vassaux, auxquelles il prêtait le secours de quelques troupes blésoises.
On ne sait combien de temps cet état de choses aurait duré, lorsqu’une nouvelle entreprise du comte d’Anjou vint tout-à-coup tirer Eudes de sa torpeur et appeler toute son attention sur la Touraine.
A une demie-lieu seulement de la ville de Tours, sur la rive droite de la Loire, vis-à-vis de l’ancien couvent de St-Côme, et au débouché de la vallée de la Choisille, s’élève comme un promontoire un monticule abrupt, relié d’un côté aux collines de la Choisille, de l’autre à celle de la Loire. Ce lieu se nomme aujourd’hui Bellevue. Au XIe siècle il avait un nom moins poétique ; il s’appelait Montboyau. La seule chose qui doive nous occuper c’est son ancienne valeur stratégique. Avec la ville de Tours pour objectif, elle était à nulle autre pareille. Aussi dès que Foulques-Nerra, revenu de Jérusalem, eût accompli tout ce qui regardait ses fondations pieuses il reprit la suite de ses plans en Touraine ; son premier acte fut de s’en emparer et de la fortifier.
Pourtant il fallait une audace d’autant plus grande pour prendre ainsi position à la porte de Tours, que la forteresse de Langeais, enlevée à Foulques en 995, était restée aux mains de ses ennemis. C’était donc entre deux places fortes, dont l’une était une ville importante, que le comte d’Anjou venait résolument se camper.
Eudes II sentit le danger de la situation. On était alors en 1015, et la grande querelle d’Eudes avec le duc de Normandie s’était apaisée, grâce à l’intervention du roi Robert qui avait craint de voir la guerre favoriser le séjour en France des rois de Suède et de Norvège, appelés au secours de l’armée normande. Le comte de Blois était donc libre de ses mouvements. Il en profita pour mettre une armée sur pied, et toutes les dispositions furent prises pour affranchir cette fois la Touraine de la domination envahissante du comte d’Anjou.
Eudes II veut en finir. Il comprend la menace que représente la construction méthodique en des points stratégiques de nombreuses tours fortifiées par Foulques-Nerra. Très confiant, il s’appuie sur un nombre d’hommes d’armes nettement supérieur à celui de son adversaire. C’est sans compter sur la ruse dont ce dernier est capable.
De son côté Foulques-Nerra ne reste pas inactif. Le comte du Mans, Hugues 1er, venait de mourir. Allié d’abord du comte de Blois, dans les querelles de ce comte avec le duc de Normandie, Hugues avait été fort mal traité, et n’avait regagné son comté qu’avec des difficultés sans nombre. Foulques-Nerra en avait profité pour le forcer de se reconnaître son vassal. C’était maintenant Herbert 1er, fils d’Hugues qui tenait le comté, et Foulques lui faisait la guerre, espérant profiter de sa jeunesse pour s’emparer de ses états. Mais Herbert se défendait vaillamment. Foulques se hâta de s’accommoder avec lui, et il eut l’art de s’en faire un allié fidèle, qui lui fournit des troupes contre Heudes II et il marcha de sa personne sous la bannière d’Anjou.

Les préparatifs

C’était donc les grands préparatifs de part et autres. Tout annonçait que le choc serait terrible, et la lutte persévérante. Le plan du comte de Blois était de se porter d’abord sur le château de Montrichard, de s’en emparer, et de reprendre ainsi possession de toute la vallée du Cher. Le château de Montbazon ayant été enlevé au comte d’Anjou, à une époque qu’on ignore, Eudes n’avait point à s’en occuper, et Montrichard pris, il se serait porté avec toutes ses forces sur Montboyau pour en faire le siège en règle ; car cette position ne pouvait en aucune façon être enlevée par un coup de main.
Foulques comprit le plan de son ennemi ; il rassembla ses troupes à Amboise, où vint le rejoindre le comte Herbert, et bientôt, informé de la marche du comte de Blois, remontant la vallée de l’Amasse, il se porta sur l’arête même du plateau, en avant et au nord de Pontlevoy. Là, il s’embusqua, sans doute sur la lisière, ou sous les premiers couverts d’un bois connu aujourd’hui sous le nom de « bois royal » mais dont les limites étaient alors beaucoup moins restreintes. Dans cette position qui le couvrait, Foulques était près de la grande voie que nous avons signalée à l’ouest, et n’avait que quelques pas à faire pour se porter au besoin, sur le chemin de Pontlevoy à Blois.
Le comte du Maine de son côté, gagna la vallée du Cher par la voie d’Amboise à Bléré, et, remontant cette vallée, vint poser son camp sur la rive droite de la rivière, un peu au-delà de Montrichard, près du bourg de Bourré.
Il est possible qu’en disposant ainsi ses troupes, Foulques gardat, en cas de succès, la secrète pensée de couper la retraite à son ennemi du côté de Blois, et de refouler sur la voie de Bourré, pour le prendre entre deux gros de troupes. Mais dans tous les cas, les dispositions prises étaient excellentes. En effet les troupes de Foulques gardaient les routes de Montrichard ; mais si par une habile manœuvre, le comte de Blois parvenait à dérober sa marche du côté de Bourré pour se jeter inopinément sur la forteresse du comte d’Anjou, il trouvait le passage gardé, avec la rive droite du Cher, et devait avant tout livrer une bataille. Deux corps d’armée s’appuyaient d’ailleurs mutuellement. Si celui d’herbert venait à faiblir, Foulques laissait quelques troupes dans la position qu’il occupait, pour maintenir la forteresse de Pontlevoy, et marchait avec le reste, au secours de son allié. Si au contraire, le corps de Foulques qui soutint la bataille et qu’il fût malmené, Herbert accourait à son aide. On voit que la tactique de Foulques était tout aussi sûre que sa stratégie, et bien lui en prit ; car la fortune des batailles fut, en ce moment décisif, sur le point de le trahir.

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Iraty, la forêt aux mille trésors

A l’image de Janus, dieu bifrons de la mythologie romaine, les forêts de la planète peuvent revêtir deux visages. Le premier, ordonné par l’homme sous la forme de gigantesques exploitations de bois d’œuvre, laisse peu de part à l’imaginaire. Forêts plantées, tracées au cordeau, entretenues, pour être un jour « cueillies » à maturité. Le second visage laisse la part belle au rêve et au mystère. Forêts primaires, peu impactées par l’homme, elles sont devenues, au cours des siècles, des lieux difficiles d’accès, sauvages, pour ne pas dire hostiles. Pour les populations riveraines du passé, pénétrer une forêt mystérieuse relève de l’inconscience. L’inconnu fait peur et on entretient cet effroi par le biais des contes et légendes. Certains ne s’y sont pas trompés comme les brigands ; des lumières ou des bruits entendus nuitamment conditionnent cette répulsion pour les sylves sauvages et éloignent bien commodément les curieux. Une forêt crainte est un formidable lieu où l’on se cache, et où l’on cache des richesses acquises de manière illicite. Mais tout ne se révèle pas lié à l’activité humaine… Qu’en est-il des créatures étranges aperçues au détour d’un sentier, de ces formes spectrales à travers les ramures, de ces cris déchirants ou de ces lueurs célestes ?

Iraty entre hêtres et sapins.

A cheval sur deux pays, la France et l’Espagne, la forêt d’Iraty s’étend sur près de 17.300 hectares. Une des spécificités de cette sylve en fait l’une des plus grandes hêtraies d’Europe. Le tronc de cette essence d’arbre fut notamment utilisé pour confectionner les mâts des navires de la Marine royale. Cependant, l’exploitation de cette forêt a longtemps été conditionnée par son accessibilité, un relief encaissé et le manque de route en faisait un territoire particulièrement difficile. Il faudra attendre 1964 pour voir les premières routes tracées, suppléant ainsi aux antiques chemins muletiers. Aujourd’hui, Iraty est devenue un espace de sylvopastoralisme, hautement prisé du tourisme, trouvant en ces lieux la possibilité de parcourir sur des chemins de randonnées aménagés, une véritable forêt légendaire.
Les contes et légendes font la part belle à cet espace forestier impénétrable, on y aura placé les célèbres lutins du panthéon basque, les Laminak¹. Ces petites créatures ont une apparence pour le moins originale, les deux sexes arboreraient des pattes de poules, de canard ou de chèvre. Les mâles seraient particulièrement velus, portant fièrement une longue barbe qu’ils nouent autour de leur ceinture. La femme Lamina détiendrait la beauté que leurs hommes ne possèdent pas. Ce peuple impénétrable, comme Iraty, aime la proximité des sources et des fontaines et possède d’immenses trésors qu’il fait souvent briller au soleil. Ces trésors sont conservés la plupart du temps dans leurs abris souterrains, que l’homme n’a de cesse de vouloir pénétrer pour en ramener une part. Parfois, la fréquentation humano-lutine débouche sur une aide mutuelle, d’autres rencontres peuvent très mal se dérouler, alors, le courroux des Laminak est dévastateur.

1.« Laminak et autres gardiens de trésors basques », Monnaies et Détections, n° 39, avril-mai 2008.

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Le feu dans l’Antiquité

Force est de constater qu’après des siècles pour arriver à apprivoiser la fabrication d’un simple feu, nous avons de nos jours perdu cette connaissance qui existait encore jusqu’au 19e siècle.

De nombreux objets souvent non identifiés par leurs découvreurs peuvent pourtant témoigner de cet ancien savoir.
Ces objets sont différents suivant la technique d’allumage :
Différentes techniques d’allumage de la mèche ont existé et coexisté : par friction et par percussion*.
Technique par friction de deux éléments en bois : l’échauffement du bois produit par friction embrase les fibres végétales.

Exemple avec l’utilisation d’un arc à feu. (Musée Lumina domestica, Bruges)

Exemple de percussion (Musée Lumina domestica, Bruges)

Technique par percussion de masse ferreuse (pyrite, marcassite…) sur silex au-dessus de fibres végétales et d’amadou (fibres d’un champignon). (Musée Lumina domestica, Bruges)
Cette technique datant de l’âge du fer s’améliorera par la suite, par l’invention du « briquet » en fer, qui remplacera les minerais ferreux, qui seront de la même façon percutés sur du silex pour produire une étincelle.

Les briquets

A époque antique les briquets étaient percutés avec leur partie en fer sur du silex pour produire une étincelle. (Voir : « Lampes antiques à travers les Ages-Le Corpus » page 14). Leur partie en fer était chauffée avant sur de la corne pour produire de l’acier (car le fer pur ne produit pas d’étincelle).
Certains briquets datés comme moyenâgeux sont probablement antérieurs à cette période.

Briquets d’époque gallo-Romaine et byzantine avec leur manche en bronze et leur percutoir en fer.

Briquet antique en bronze (fer manquant) en forme de lion. Probablement 4-5e siècle.

Briquet antique en bronze en forme de cheval stylisé. 6-7e siècle.

Briquet antique en bronze en forme de cheval (fer manquant) 5-6e siècle.

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Île de la Réunion ou les ravines aux trésors

Beauté géographique

L’île de la Réunion est un territoire vaste à la géographie torturée typique des îles volcaniques. Elle étend ses plus de deux mille cinq cents kms2 dans des décors de rêves, cascades vertigineuses, chaos rocheux, ravines, cavernes et forêts à la végétation exubérante. Le Piton de la Fournaise, un de ses volcans aujourd’hui toujours actif, culmine à plus de trois mille soixante dix mètres d’altitude.
L’île de la Réunion au climat tropical tempéré, est implantée dans l’Océan Indien, sur la côte sud-ouest de l’Afrique et à quelques sept cents kilomètres à l’est de Madagascar. Une île comprise dans l’archipel des Mascareignes, sur l’ancienne route des Indes. Et très généralement, une île bordant les voies de communications maritimes, servait de base pour la piraterie et plus encore pour l’enfouissement de trésors dérobés sur les flottes marchandes.

Une île déserte jusqu’au XVIIe siècle

Route des Indes donc, où croisent au large des bateaux chargés d’or, de pierres et d’épices à destination de la vieille Europe. C’est le Capitaine portugais, Pero de Mascarenha qui reconnaît pour la première fois cette île déserte dès 1500 ; elle portera désormais le nom de Santa Appolonia puis de Mascarenha sur les portulans.
L’île devient un lieu d’escale de choix pour les navigateurs anglais, hollandais et portugais qui y trouvent de l’eau fraîche, des fruits et de la viande, (porcs et chèvres laissés par les Portugais lors de leurs escales).
L’île se voit réellement colonisée en 1642 et devient en 1663 terre française. Cette terre hostile se peuple d’artisans, de cultivateurs et d’éleveurs venus de France. La vie est rude, les cases éparses deviennent des hameaux de maisons en pierres sèches, les colons se marient avec des femmes malgaches. Plus tard, ce sont des femmes du royaume de France qui sont embarquées pour devenir les épouses des colons. L’île Bourbon et son peuple rapporté se développe avec l’implantation de la Compagnie française des Indes, la culture et l’exportation du café, essor malheureusement lié à l’esclavage. L’île de la Réunion ne trouvera son nom définitif qu’en 1793.

Les pirates de l’île Bourbon

Il faut savoir que les premiers colons de l’île Bourbon entretenaient des rapports commerciaux et amicaux avec les flibustiers qui se ravitaillaient en produits frais, eau potable, bois, en échange des prises des forbans. C’est tout naturellement que la Réunion devint une des plaques tournantes des flibustiers de l’Océan Indien.
L’île est effectivement accueillante et quoi de plus logique pour les pirates que de cacher sur ses côtes le fruit de leurs pillages. Certaines zones au XVIIe et XVIIIe siècle sont d’un accès très difficile et ravines ou cavités peuvent se révéler d’excellentes caches.
Parmi les nombreux trésors enfouis dans l’île de la Réunion, on peut citer celui de Olivier Levasseur, surnommé « la Buse » pour son aptitude à fondre sur ses prises tel l’oiseau de proie. Mais la folie qui va entraîner des générations de chercheurs à la poursuite de son fabuleux butin débute paradoxalement lors de son exécution publique le 7 juillet 1730. Levasseur aurait jeté à la foule, juste avant sa pendaison, un parchemin aux caractères illisibles pour le commun des mortels. Un cryptogramme qu’il lance en criant à la foule : « Mon trésor à qui saura comprendre ! »
Ce calaisien d’origine embrasse très tôt la carrière de pirate. A bord de son navire, la « Reine des Indes », il écume tout d’abord les bateaux chargés de pèlerins se rendant à la Mecque. Puis, il croise régulièrement dans les eaux de l’Océan Indien. Il s’établit sur l’île Sainte-Marie qui touche Madagascar et rayonne à partir de ce refuge. En 1721, associé avec le pirate anglais John Taylor, sur son navire « Le Victorieux », il met la main sur un navire portugais de soixante-douze canons à la cargaison fabuleuse, la « Nostra Senhora do Cabo » ou la « Vierge du Cap ». Le trésor est énorme, il est estimé par les Historiens à plus de quatre millions et demi d’Euros. Barres d’or, pierres précieuses, diamants, perles et bijoux, soieries précieuses et une crosse d’or, sertie de rubis, le tout appartenant au vice-roi de Goa, son Excellence le Comte d’Ericeira…
Le pirate se retire sur l’île Sainte-Marie où il abandonne progressivement le métier à risque de pirate. Il faut dire que la répression des écumeurs des mers est sans pitié. Notre homme devient alors pilote dans la baie d’Antongil et tente de se racheter une conduite. Le Roi de France accorde la grâce aux anciens pirates qui acceptent une Charte de clémence ; en échange, ils se doivent de restituer le fruit de leur rapine. Levasseur hésite longuement puis restitue seulement une partie du trésor de la « Vierge du Cap ».
Il aurait pu continuer ainsi longtemps s’il n’avait pas été reconnu en 1729 par un Capitaine de La Compagnie des Indes, compagnie qu’il pillait allègrement dans un très proche passé. Levasseur est arrêté et conduit sur l’île Bourbon où il est jugé et condamné sans appel pour crime de piraterie.
On raconte que lors d’un passage sous bonne garde, à proximité de la Ravine à Malheur il aurait dit : « Avec ce que j’ai caché ici, je pourrais acheter toute l’île ».
Le pirate est pendu, le cryptogramme est sommairement déchiffré mais n’en reste pas moins obscur :
« Prenez une paire de pijon, virez les deux cœurs… tête de cheval… une kort fil winshient écu prenez une cuillère de mielle… outre vous en faites une ongat mettez sur le passage de la… Prenez deux liv cassé sur le chemin Il faut… toit à moitié couvé pour empêcher une femme… vous n’avez qu’à vous serrer la… pour veni… épingle… juillet… faire piter un chien turc un…qu’une femme qui veut se faire d’un… dans… dormir un homme… faut en rendre… qu’un diffur… »

La suite dans Monnaies & Détections n° 95