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Monnaies et Détections

Catégorie : Histoire

Le trésor perdu de Rio

La guerre de succession d’Espagne éclate le 13 mai 1702. Une coalition européenne, Prusse, Angleterre, Autriche, Provinces Unies, Portugal, Savoie et Danemark, attaque la France et l’Espagne. En 1700, Philippe V, petit fils de louis XIV, a succédé au roi d’Espagne Charles II. La grande alliance menée par l’Angleterre redoute notamment l’ouverture de l’empire colonial espagnol au commerce français et de la sorte que la France puisse profiter des richesses du nouveau monde. Cela reste intolérable pour l’Angleterre et le Portugal, hors de question que les navires français viennent faire commerce dans les eaux du Brésil où le port de Rio accumule l’or découvert au nord de la ville dans les montagnes du Minas Gerais, et cela attise bien des convoitises ! En 1710, une expédition française de 1 000 hommes et 5 vaisseaux menée par Jean François du Clerc tente de prendre d’assaut le port de Rio pour s’emparer de l’or portugais. L’expédition tourne au massacre, les assaillants français sont capturés et sont exécutés sommairement ou emprisonnés dans des conditions inhumaines et servent de main d’œuvre dans les mines d’or tant convoitées. En France en 1711, le royaume est ruiné par les conflits à répétition et, 9 ans après le déclenchement de la guerre, France et Angleterre ne cessent de se chercher des noises …
Ainsi, sous prétexte de venger l’honneur de l’expédition française ayant échouée devant Rio, les Français envisagent de mener des représailles ! Il s’agit d’un prétexte, la France a besoin d’argent et vite. Malgré les réticences initiales à la cour, le roi met à la disposition de l’expédition 15 bâtiments et 2 000 hommes. L’expédition sera menée par un corsaire, Duguay-Trouin, un malouin ayant tout connu des fortunes de la mer, la gloire, la capture, les évasions, la défaite. Ses nombreux faits d’arme ont convaincu Louis XIV de faire du corsaire un capitaine de la Marine Royale. Duguay-Trouin impose ses choix et 17 bâtiments composent sa flotte, 5 600 hommes dont 2 000 soldats d’infanterie et près de 740 canons. Début juin 1711, la jonction de tous les navires s’opère au large du Cap-Vert. Le 27 août, l’ensemble de la flotte mouille au large de la baie brésilienne de tous les saints. Le 11 septembre, les Français approchent de la baie de Rio. Le malouin l’ignore mais son plan est déjà éventé et les Portugais attendent de pied ferme les navires français. Les défenses de la ville furent renforcées après l’expédition de Duclerc et les Anglais prévenus envoient des renforts en urgence !

L’attaque française.

Les prisons de Paris

La prison est le lieu public destiné à la garde de l’emprisonnement des accusés, prévenus de délits et de crimes, et également à la détention des débiteurs, obligés, ou condamnés par corps, en matière civile, qui refusent d’acquitter leurs dettes. La prison n’est pas donnée comme peine mais seulement pour la garde du prisonnier. Les prisons doivent être sûres ! et disposées de manières à ne pas nuire à la santé du prisonnier. Les détenus pour assassinat doivent être alimentés aux dépends du roi ou du seigneur haut justicier. Ils ne peuvent prétendre être nourris par la partie civile, par contre, ceux qui ne sont pas enfermés dans des cachots, peuvent se faire procurer du dehors des vivres, bois, charbon et autres choses nécessaires sans être contraints d’en obtenir des geôliers ou autres.

Geôlier sans-culotte et son gourdin.

Voilà pour la théorie, en pratique cela est très différent !
Le règlement de la prison de Bicêtre de 1684 disait à propos des enfants enfermés en ces lieux « on fera travailler ces jeunes le plus longtemps possible aux ouvrages les plus pénibles », obligés de travailler 13 heures par jour. Ces très jeunes détenus n’avaient de repos qu’au moment des repas. Levés à 5h30 du matin en été, 6h30 en hiver, les enfants étaient aussitôt conduits à l’ouvroir, et à la moindre défaillance ou faute, les gardes entravaient le coupable par les mains, par les pieds et par le milieu du corps à 5 crampons scellés dans la muraille et prévenaient le correcteur qui le fouettait à l’aide de lanières de cuir. Avant 1792, le fouet était la peine la plus ordinaire de la prison, infliger des coups de fouet à un prisonnier s’appelait « donner le ravigolet ». Certains reçoivent des coups de gourdins que chaque gardien possède. Ceux-ci disposent d’un arsenal d’objets servant à la contention des prisonniers, chaînes, entraves, menottes, ceps, camisoles, etc.

Bicêtre

Bâtie à la fin du XIIIe siècle sous le nom de Winchester, et après avoir eu plusieurs propriétaires, elle revient au domaine royal en 1375. Le nom de Winchester sera modifié au fil du temps en Vicestre, puis Bicestre pour terminer en Bicêtre.
Transformé en château au début du XVe siècle par le duc de Berry, incendié en 1411, les ruines sont données au chapitre de Notre Dame de Paris en 1416 ; en 1520, les bâtiments sont à nouveau repris par le domaine royal. François 1er envisage la conversion en hôpital. Le projet est toutefois mis de côté, jusqu’en 1633 sous Louis XIII, les travaux seront terminés en 1652. Hospice dans un premier temps, il accueille les soldats estropiés. Sous Louis XIV, l’établissement fait partie de l’hôpital général où les mendiants, galeux, vénériens, épileptiques et autres aliénés de la société sont enfermés dans les pires conditions. A partir de 1685, Bicêtre devient aussi une prison où les criminels de droit commun et autres condamnés de toute sorte seront enfermés avec les malades et aliénés et mis au fer. Les cabanons au nombre de 248 sont de petites cellules de 8 pieds carrés (environ 2,60 m2).

Respectivement ; Fer pour la cheville et le poignet, une pièce datée du 17e siècle.
et Des menottes de type « chaîne de vélo ». Elles étaient utilisées à la prison.

La suite dans Monnaies & Détections n° 115

Duels avec le Glorioso

Juillet 1747, le Glorioso, navire espagnol, approche des Açores, ramenant des Amériques une cargaison de quatre millions de dollars en argent provenant des mines du Mexique. Le navire a été construit à La Havane, en bois tropicaux fort denses et très pesants. Il est plutôt lent mais d’une incroyable robustesse, quand à son capitaine, Pedro Messia de la Cerda, c’est un chevalier grand-croix de l’ordre de Malte. C’est un homme habile, déterminé et son équipage le suivrait en enfer !

Au large de Florès, le Glorioso se fait intercepter par 3 navires britanniques : le vaisseau Warwick de 60 canons, la frégate Lark de 40 canons et un brick de 20 canons. Le Gloriosio est lui armé de 70 canons. Pour les navires anglais, il s’agit d’une proie facile, du moins le pensent-ils. Ils engagent le combat, et contre toute attente, le Glorioso contre attaque à la stupeur des Anglais. Les tirs précis des Espagnols provoquent des dégâts incroyables chez les Anglais, coques percées, gréements ravagés, équipages décimés. En moins d’une heure, les Anglais prennent la fuite avec des navires à l’état d’épaves ! Le Glorioso, bien que lui aussi endommagé, poursuit sa route vers l’Espagne, sans avoir perdu un seul homme d’équipage.
Six jours plus tard, il arrive en vue du Finistère galicien et comble de malchance, il tombe à nouveau sur les Anglais ! Cette fois, il s’agit de l’amiral John Byng qui commande l’Oxford de 50 canons, la frégate Shoreham de 24 canons, et le Brick Falcon de 20 canons. Et encore une fois, le Glorioso attaque ! Après 3 heures de combats acharnés, les navires anglais se retirent en piteux états. Le Glorioso a aussi subi de nouvelles avaries dont la perte de son beaupré, la coque est toujours intacte ! Il réussit à rentrer le 16 août dans la ria de Corcubion et d’y décharger la totalité de ses trésors. La mission remplie, La Cerda effectue quelques réparations de fortune mais constate que pour l’essentiel, il faudra un bon radoub d’Arsenal.
Devant rejoindre le Ferrol, le navire reprend la mer ; des vents contraires le déroutent et le capitaine opte pour Cadix, s’éloignant des côtes portugaises afin d’éviter toutes mauvaises rencontres. Hélas, la poisse le poursuit et le 17 octobre, non loin du cap Vincent, les Anglais lui tombent encore dessus. Cette fois, il s’agit d’une escadre corsaire, et pas n’importe laquelle, on l’appelle « la famille royale ». Elle regroupe les frégates Prince Frédérick, King George, Princess Amélia et Duke, totalisant 960 hommes et 120 canons. Pris au piège, le Glorioso ne change pas de tactique et choisit l’attaque !, à un contre quatre ! Après 4 heures de combat, le Glorioso arrive à s’extirper de la mêlée, ayant mis hors jeu un navire anglais totalement démonté. Il met le cap au sud, bientôt pris en charge par les 3 autres navires anglais, fortement amochés.

3e duel, le corsaire anglais Duke démâté.

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L’arme de Bayonne

Baïonnette : N. F (de Bayonne où cette arme fut mise au point au XVIe siècle), sorte de petite épée pouvant se fixer au bout d’un fusil.

Voilà la définition donnée par le Petit Larousse du mot baïonnette. Petit retour historique sur l’origine de cette arme peu commune qui fit des ravages sur tous les champs de bataille du monde, pour atteindre son paroxysme lors de la guerre de 1914-1918. Bayonne, capitale du Pays Basque français, entre la peste, les guerres de religion et la prise de la ville par Charles Quint, Bayonne a vécu quelques heures mouvementées au XVIe siècle. L’arme la plus courante est le mousqueton. C’est une arme à feu assez rudimentaire que l’on charge avec de la poudre noire.
On raconte qu’un jour des paysans de Bayonne livrent un combat pour on ne sait quoi, tombent à court de poudre noire et de projectiles. Leur mousquet devient donc inutile. Que faire ?, se rendre ?, se battre à mains nues ? C’est alors que l’un des paysans a l’idée d’utiliser le couteau qu’il porte toujours en poche. Il plante le manche du couteau dans le canon de son mousquet et c’est ainsi dit-on que naît la baïonnette. En réalité, il est possible et même probable que d’autres aient eu l’idée auparavant, à commencer par les mousquetaires, ces militaires armés d’un mousquet, mais c’est l’épisode de Bayonne qui va imposer l’appellation « baïonnette ».
En 1655, le médecin personnel de Louis XIV note : « On fait à Bayonne des dagues qu’on appelle bayonettes ». A la même époque, Furetière fait entrer le terme dans son dictionnaire, précisant lui aussi qu’il est venu originairement de Bayonne.
Au départ, la baïonnette n’est qu’un système D pour transformer une arme à feu en arme blanche à défaut de pouvoir faire mieux, mais ce système D ne tarde pas à intéresser l’armée. En effet, le mousquet a ses limites…, il ne permet guère plus d’un tir par minute. C’est très long lorsque l’ennemi est juste en face ! Si les mousquets sont équipés de baïonnettes, cela va permettre soit de tenir l’ennemi à distance, soit s’il approche, de l’embrocher. A la fin du règne de Louis XIV, le fusil à silex s’impose à la place du mousquet à mèche, la baïonnette à douille, innovation de Vauban en 1687 reste en place en autorisant le tir.

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S. Georgius. Equitum. Patronus

« Saint Georges, patron des cavaliers », voilà l’inscription écrite sur une médaille découverte dans un labour en 2000. Le seul et unique exemplaire découvert en 21 années de prospection !

Enluminure du XVe siècle.

Cette médaille fut découverte dans une zone qui donna aussi une grande quantité de boutons militaires anglais de 1914-1918. Voilà pourquoi je pense qu’elle fut probablement portée par un soldat anglais et fut perdue à cet endroit lors de violents combats ayant opposés troupes anglaises à l’armée allemande en 1914. Cette médaille est un modèle du XIXe au début XXe siècle, en alliage de cuivre, argenté, d’un diamètre de 26 mm pour un poids de 4,50 grammes. La face arrière est totalement usée !, ou il s’agit d’une médaille uniface ? peu probable toutefois ! La face visible représente Saint Georges à cheval terrassant un dragon (le mal) et la légende en latin « S. GEORGIUS. EQUITUM. PATRONUS » La face arrière aurait dû comporter une nef avec 3 personnages dont le Christ et la légende en latin « INTEMPESTA SECURITAS », la sécurité dans la tempête.
Cette médaille je n’en ai plus jamais rencontré en 21 années de recherches ! Elle semble rare à trouver dans nos régions, même pour nous prospecteurs.

Bestiaire d’Aberdeen, début du XIIIe siècle.

La légende

La légende nous raconte que vers 297 de notre ère, un jeune homme de 17 ans entre en service dans l’armée romaine. La carrière de celui-ci fut très courte car en 303 il finit sa vie décapité ! et cela pour avoir pris parti pour les chrétiens. Il est enterré à Diospolis (de nos jours Lodd), dite aussi ville de St Georges, détruite en 1010 et ensuite reconstruite par Etienne de Hongrie. St Georges, originaire de la Cappadoce, pays réputé chez les anciens pour ses chevaux, est toujours représenté selon l’image de l’église, monté sur un bel et bon cheval de bataille généralement blanc et terrassant un dragon de sa lance. Ainsi, dit-on, armé de pied en cap, en Arménie qu’infestait un terrible dragon, il réussit à passer un lien autour du cou du monstre et le transperça de sa lance tandis que la fille du roi de Libye s’enfuit des rochers proches où elle avait été attachée.
Rapporté, semble-t-il d’orient par les croisés, le culte de St Georges se répandit au moyen âge par toute l’Europe et même en Russie où jusqu’en 1472, il figura à cheval parmi les armoiries de la couronne.

Médailles, XVIIIe siècle, National Maritime Museum, London.

La suite de l’article dans Monnaies & Détections n°113 …

Et Bonaparte vola le trésor des chevaliers de Malte

Malte, petit archipel de la Méditerranée entre la Sicile et l’Afrique, capitale La Valette.

L’île a eu une histoire mouvementée entre la conquête de l’islam en 870, ensuite reconquise par Roger de Sicile en 1090, elle tombe par la suite dans le giron des Habsbourg d’Espagne. Malte fut ainsi donnée par Charles Quint aux chevaliers de Rhodes en 1518, ordre religieux et militaire issu des hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem fondé en 1099. L’ordre participa à toutes les croisades. Réfugiés à Rhodes en 1308, la chute des templiers ayant servi d’avertissement, les dignitaires de l’ordre s’établissent à Rhodes, très loin du pouvoir de Philippe le Bel. En 1530, l’ordre devient ainsi les chevaliers de Malte.
L’ordre des chevaliers de Malte participe également à la terrible bataille navale de Lépante en 1571 qui oppose la Sainte Ligue, alliance catholique hispano-italienne commandée par Don Juan d’Autriche, demi-frère et amiral du roi d’Espagne Philippe II, contre Sélim II et son grand amiral Ali Pacha, qui un an auparavant a fait tomber le dernier bastion vénitien à Chypre, à Famagouste où ses défenseurs furent traitreusement massacrés après avoir négocié leur reddition. Humilié, l’occident perd pied dans feu sa mare nostrum.
La sainte ligue arme 206 galères et 6 grosses unités appelées galéasses, la flotte est montée par 28 500 soldats dont 8 000 Espagnols chevronnés. En face Ali Pacha dispose de 208 galères et 120 petites unités, et 27 000 soldats dont 10 000 redoutables janissaires. Le combat débute vers 10h20 à 15h. L’anéantissement de la flotte de Sélim II est consommé. Il a perdu 170 galères, coulées ou prises, contre 17 pour Don Juan. Les pertes sont toutefois critiques. Chaque camp déplore 8 000 tués et 22 000 blessés. Les Ottomans abandonnent 3 500 prisonniers et 15 000 esclaves chrétiens. Aussitôt libérés de leurs chaînes, la galère amirale d’Ali Pacha est capturée et l’amiral ottoman est décapité. Sa tête ornera la proue de la galère amirale de Don Juan.
Pendant la bataille, l’ordre des chevaliers de Malte subit de très lourdes pertes. La galère amirale de l’ordre fut prise par les Ottomans et tous les chevaliers furent décapités dont un très grand nombre de dignitaires de l’ordre. Les Ottomans tentèrent d’emporter la galère comme trophée mais durent l’abandonner pour échapper aux massacres. Les Ottomans sauvent 30 galères et autant d’unités plus légères. C’est tout ce qui réchappe du désastre.
Par la suite, l’ordre des chevaliers de Malte aura pour mission d’intensifier la gloire maritime de l’ordre par une lutte sans merci contre les pirates barbaresques qui infestaient la Méditerranée. Les expéditions navales contre les corsaires musulmans furent poursuivies avec de fréquents succès et un butin non négligeable pour les caisses de l’ordre et cela jusqu’au règne de Manoel de Vilhena qui s’éteignit le 12 décembre 1736, après 14 années à la tête de l’ordre des chevaliers de Malte.

Monnaies de Manoel de Vilhena (1722-1736).

La suite de l’article dans Monnaies & Détections n°113 …

Justice, crimes et châtiments Les Francs et la loi salique

Les Francs, peuple plein de gloire et de sagesse, est composé d’individus à l’aspect rayonnant de santé. Audacieux et capables de supporter de grandes fatigues, tels furent les Francs qui parvinrent à secouer le cruel joug romain. Ces paroles, certes, ne sont pas empreintes de modestie. Les Francs qui les prononcèrent se considéraient comme des gens qui avaient conquis leur liberté, d’où leur nom de Francs qui signifie « libres », « affranchis ».

Les Francs apparaissent pour la première fois dans l’histoire vers l’an 258 lorsque l’empereur Aurélien les écrase près de Mayence sur le Rhin, en Germanie occidentale. Plus tard, les Francs Ripuaires (c’est-à-dire riverains), qui vivent sur les bords du Rhin moyen et les Francs Saliens (vivant sur les bords du fleuve Sala, aujourd’hui appelé Ijssel) se dirigent vers le sud et l’est et s’infiltrent sur les territoires hollandais, belge, luxembourgeois et français actuels. La chute de Cologne, prise par les Francs en 355, donne un coup terrible à l’empire romain déjà agonisant. En 388, une terrible vague de guerriers francs venus de Germanie franchit le Rhin, tuant et pillant au passage toute la Gaule du nord. Enfin, en 406, le pouvoir romain abandonnait très officiellement toute prérogative sur les territoires de la Gaule du nord aux Francs.
De race germanique, le guerrier franc est armé d’une épée et surtout d’une hache à double tranchant (francisque). Les hommes comme les femmes aimaient les bijoux et portent bagues, bracelets et colliers qu’ils confectionnaient eux-mêmes. Le Franc est rude et violent, la plus grande qualité est alors le courage, qui d’ailleurs absout l’assassinat ou la violence.

La loi salique

Rien d’étrange à ce qu’un peuple évolué comme les Francs puisse se donner des lois et jusqu’à un certain point des lois civiles. La loi « fondamentale » dite « loi salique » (du nom des Francs Saliens) fut formulée au début du VIe siècle par 4 chefs vénérables, puis examinée « démocratiquement » par 3 assemblées du peuple avant d’entrer en vigueur dans tout le royaume. Il y avait 2 procédures judiciaires, la « compurgation » et « l’ordalie ».

La compurgation

Compurgation signifie « décharge faite par plusieurs personnes. Suivant ce système, un nombre déterminé de témoins bien qualifiés témoignent du bon vouloir et de l’innocence de l’accusé dans le cas, évidemment, où il n’est pas coupable. Le nombre de témoins varie avec la gravité de l’accusation. Il en faut une dizaine pour disculper un accusé de vol, 72 pour un homicide, pour les crimes considérés comme très graves tels la trahison, le massacre d’un noble ou d’un prince, on peut avoir recours à 300 personnes. Les législateurs partent du principe qu’un, deux ou trois témoins peuvent être corrompus mais 10, 50 ou 100, c’est à peu près impossible.

La suite de l’article dans Monnaies & Détections n°112 …

Une boursée, une histoire

Dans le courant de l’année 2016, un prospecteur chanceux réussit à mettre la main sur une magnifique boursée composée de 7 monnaies, 5 en or et 2 en argent. Toutes sont datées des XVe-XVIe siècles. 3 des monnaies en or sont anglaises, les 4 autres des Pays Bas espagnols pour Charles Quint et Philippe II d’Espagne.

Ces monnaies furent découvertes dans un labour de l’entité de Dalhem en province de Liège, le long de l’ancienne route Aix-la-Chapelle/Maastricht, un axe militaire très important et emprunté par diverses armées et cela depuis l’Antiquité !
Cette petite boursée fut perdue (ou cachée ?) en 1579, année du siège de la ville de Maastricht par les armées espagnoles d’Alexandre Farnèse, troisième duc de Parme.
Le lieu de la découverte était à l’époque totalement ravagé par les armées espagnoles. Tous les villages, fermes, hameaux, châteaux furent pillés et ravagés. Cette région a déjà donné par le passé au moins 3 dépôts datés de 1579. En 1963, un agriculteur découvre dans son champ une boursée de 26 monnaies en argent, composée de monnaies espagnoles, hollandaises, de Liège et de Namur, terminus 1578, année du pillage du village de Hamay où fut découverte cette boursée ! Autre découverte en 1932 lors des travaux de terrassement dans une prairie du village de Haccourt lui aussi pillé en 1578, d’un petit dépôt de 61 monnaies d’argent espagnoles, hollandaises, de Namur, de Liège, et françaises, et un dernier dépôt connu pour cette époque dans un village de Aubel qui fut occupé par les troupes espagnoles de 1578 à 1579, encore dans une prairie en 1942 d’un dépôt de 108 monnaies d’argent caché dans 2 petites poteries, encore des monnaies espagnoles, hollandaises, de Lorraine, d’Allemagne, de Liège et de Saxe, terminus 1578.
Ce village d’Aubel donna aussi par le passé d’autres magots, en 1907, 102 monnaies d’argent autrichiennes et françaises, cachées en 1794. En 1964, dans une ferme du village, 31 monnaies d’argent, 13 monnaies d’or et plus de 200 pièces en cuivre, cachées cette fois en 1691. En 1982, 20 monnaies espagnoles en argent cachées en 1652, découvertes dans un prairie et en 2009 découverte d’un prospecteur d’une petite boursée de 10 monnaies, 9 en argent et une en or, terminus 1701. Tous ces dépôts furent découverts le long d’une ancienne route royale menant à Liège et Maastricht.
Pour en revenir à notre boursée, les numismatiques qui l’ont étudiée pensent qu’elle appartenait probablement à un mercenaire originaire des îles britanniques, anglais ou irlandais, servant dans les armées de Philippe II d’Espagne. Cette boursée fut perdue ou cachée lors des mouvements des armées marchant sur Maastricht en 1579.
Dix ans plus tôt les provinces hollandaises prennent les armes contre Philippe II d’Espagne et tentent ainsi d’accéder à l’indépendance, toutes ces provinces étant de religion calviniste, ce qui pour l’Espagne et Philippe II, en particulier, est une religion où détruire par la guerre et le sang. Ainsi le 8 mars 1578, une armée de 20 000 Espagnols prennent position devant Maastricht, ils sont accompagnés de 2 000 chariots vides, destinés à recevoir les fruits du pillage de la ville ! La ville, elle, est défendue par 1 200 soldats et 6 000 miliciens. Les villes proche de Dalhem et Limbourg sont déjà tombées aux mains des Espagnols, les villages, hameaux, fermes et châteaux autour de Maastricht sont aussi occupés. La ville est totalement isolée. Le 25 mars, les espagnols lancent l’attaque à coups de canon et creusent des mines. La défense de la ville est acharnée, les défenseurs creusent à leur tour des tunnels pour atteindre les sapeurs espagnols, les combats sous terre sont horribles. A l’arme blanche dans un premier temps, ensuite les défenseurs inondent les galeries espagnoles, 400 de ceux-ci meurent noyés, ensuite d’autres tunnels sont asphyxiés par le feu, 500 Espagnols périssent suite à l’explosion prématurée d’une mine. Cette première attaque est un échec cuisant.

La suite de l’article dans Monnaies & Détections n°111 …

Arnaques aux trésors

Trouver un trésor : un des plus vieux rêves du monde ! Combien d’hommes se sont lancés dans cette quête infernale et ont tout perdu, argent, famille, amis, raison et parfois même la vie et cela suite à la recherche de chimères, de fabuleux trésors, ne reposant sur aucun document historique mais uniquement sur des ouï-dire.

L’île Cocos

La plus grande chimère est sans contexte l’île des cocos – ou plutôt l’île des gogos –, l’île aux pirates censée recéler de fabuleux trésors que personne n’a jamais découverts ! 500 expéditions lancées entre 1841 et 2012, des millions et des millions dépensés, plusieurs morts par accident ou meurtres, plusieurs blessés graves et tout cela pour 33 misérables pièces d’or frappées entre 1773 et 1779 et rien d’autre… et pourtant on dit que… il paraît que… on raconte que… toujours des ouï-dire et rien d’autre, du vent, encore et encore… Et pourtant en 2019, certains écrivent encore et colportent cette chimère, sans apporter la moindre preuve, aucun document historique, aucune pièce d’archive, aucun travail universitaire, rien et encore rien, se contentant pour la plupart de copier er recopier la version de R. Charroux parue en 1962 dans « Trésors du monde : enterrés, emmurés, engloutis », comme l’écrit si bien J.P. Moreau à propos de l’île des gogos « on trouve juste quelques faits colportés par ceux qui écrivent sur les trésors, sans recherches originales, mais en se recopiant les uns les autres ».
Et en effet, je prends l’exemple du « trésor » de Graham Bennett, alias Benito Bonito « la lame sanglante », selon ces auteurs, ancien capitaine de la Royal Navy, ayant même secondé l’amiral Nelson à la bataille de Trafalgar (21 octobre 1805). Sauf que, hélas, les archives de la Royal Navy démontent avec fracas cette version ! En effet, aucun officier du nom de Graham Bennett n’a jamais secondé l’amiral Nelson, pire, aucun officier portant ce nom n’a servi dans la Royal Navy à l’époque, mais bon, il paraît que…
Ainsi les escrocs pariant sur la cupidité, la naïveté et le désir de certains de s’enrichir rapidement, montèrent de véritables arnaques aux trésors dans les années 1920-1930, la mode à Londres étant la recherche de trésors sur l’île des cocos, avec appels de fonds et annonces alléchantes dans les plus sérieux journaux de l’époque, et le très sérieux Daily Mail publiant des mises en garde contre ces arnaques ! Déjà le Daily Morning Call, très sérieux journal de San Francisco publia le 19 mars 1872 : « s’il n’y a pas de trésor sur l’île cocos, il y en a dans la poche des gens », à savoir dans la poche des arnaqueurs !
Car en effet, les grands gagnants dans ces histoires sont les chercheurs de trésors arnaqueurs, ceux-là ont déjà trouvé « le trésor » dès qu’ils mettent la main sur un sponsor, ou sur un pigeon à plumer ! Montant de la sorte des expéditions qui tournent rapidement court et reviennent bien sûr bredouille, le budget ayant été dilapidé en salaires, notes de restaurants et autres dépenses de luxe. Voilà le véritable trésor…, le cash des sponsors et des pigeons…

Le pirate-terrassier de l’île Cocos

La suite de l’article dans Monnaies & Détections n°110 …

L’histoire de la piraterie dans l’océan Indien

Le départ des Caraïbes se fait durant l’été 1718. Un gang d’irrésistibles pirates refusant l’amnistie royale quitte l’île le New Providence (Nassau) et décide pour certains d’entre eux de fuir les Caraïbes en direction de l’Afrique de L’Ouest. La Buse fuit les Caraïbes à bord du bateau Rising Sun.
Leur voyage consiste à quitter la mer des Antilles et des Caraïbes pour longer les côtes africaines et atteindre l’océan Indien et rejoindre la mythique Madagascar.
C’est étrangement la traite négrière qui va faire prospérer Sainte Marie grâce à un trafic avec les villes des Amériques et qui démarre avec un marchand américain, Adam Baldridge, qui s’y installe en 1690. D’anciens pirates vont se transformer en négriers et vont dépêcher des navires qui vont embarquer à bord ces esclaves qui sont arrachés du Mozambique et pour l’essentiel de Madagascar. Après un conflit avec les saintes mariens, Adam Baldridge quitte l’île pour retourner aux Amériques.
Au début de l’année 1719 plusieurs navires pirates firent route vers l’océan Indien pour se diriger vers l’île de sainte Marie, sillonnant une zone entre Cap Vert et le golfe de Guinée. Sur le Rising Sun, entre le capitaine Moody et Coklyn une bagarre s’éclate. Et La Buse destitue Moody et s’empare de son navire, comme il a su faire 3 ans plus tôt avec Hornigold.

En avril 1719 plusieurs bateaux pirates se rejoignent dans la rivière de la Sierra Leone. Et ils se mettent en embuscade des navires négriers et des navires marchands de la Royale Africa Compagnie. Car dans cette région il y a l’exploitation des pierres précieuses et la traite négrière à partir de l’île De Gorée.
C’est dans cette rivière que La Buse s’est emparé d’un navire anglais qu’il a rebaptisé le duc d’Ormond pour en faire son nouveau bateau de guerre. Selon William Snelgrave qui a été leur captif, ces forbans se déplaçaient sur 3 navires pirates bien identifiés :
- Windham de Jeremyah Coklin, de 34 canons et de 90 hommes d’équipage ;
- Saint James du capitaine Howell Davis de 32 canons et de 130 hommes ;
- Duc d’Ormond du capitaine La Buse de 22 canons et de 95 hommes.
Ils quittent le 7 mai 1719 l’embouchure de la rivière Sierra Leone.
L’un d’eux va jouer un rôle important dans la piraterie dans l’océan Indien avec La Buse. C’est John Taylor. C’est le pirate type avec les caractères suivants : violent, brave dans les combats, avec du charisme, enclin à torture pour se venger et extirper des secrets à ses captifs. La violence des pirates est exacerbée par cette fin terrible qui les hante en cas de leur capture. Car il n’y a pas d’autre fin pour un pirate que la potence avec l’expression « pendu et étranglé ».
La Buse commande maintenant la Reine des Indes.
Quant à Taylor, il s’associe à Engand à la mort de Coklyn. La bataille d’Anjouan se fait le 7 aout 1720 dans l’archipel des Comores où les 2 capitaines forbans attaquent 2 navires anglais :
- Cassandra commandé par le capitaine James Macrae ;
- Le Greenwich commandé par le capitaine Mackirby.
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