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Monnaies et Détections

Sortie différée du n° 111

Bonjour, 

Le covid-19 et l’actuelle situation économique nous obligent à différer la sortie du numéro 111. Celui-ci est prêt à être imprimé et dès que les feux seront au vert, les abonnés le recevront et les autres lecteurs pourront le trouver dans leurs kiosques habituels avec toutefois un peu plus de difficulté car nous imprimerons une quantité inférieure de trente pour cent à notre habitude. Vous avez bien sûr la possibilité de vous abonner en ligne pour ne pas avoir à vous préoccuper de cette future recherche sur le lien suivant : https://www.webabo.fr/monnaies-et-detections-abonnement-an-xml-293-2186.html

En attendant restez chez vous !

Gilles Cavaillé

500 000 euros de monnaies

Envolées ! Ou plutôt volées, début novembre. Un numismate possédant une belle collection, assez éclectique, et qui avait participé à une bourse à Monaco, s’est fait voler chez lui pendant qu’il dormait, plus de 450 monnaies, antiques, mérovingiennes, carolingiennes et royales ainsi que 15 000 euros en liquide. Le collectionneur pense avoir été gazé, avec sa famille, probablement par un gaz soporifique. La collection estimée à près de 500 000 euros n’était même pas assurée…
Source : francetvinfo.fr

110.14

Bonjour, je vous soumets une clochette sans son marteau intérieur, en fer oxydé, trouvée dans le Bas-Rhin (en rivière). Je la pense gallo-romaine. Hauteur 10,5 cm, largeur basse 6,5 cm, largeur haute 5 cm, épaisseur 3,5 cm. Je vous remercie pour votre identification. Cordialement, Prospector 67
Clochette d’attribution à l’élevage, probablement ovin ou caprin. Sa datation ne descend pas au-dessous du XVIIIe siècle.

Fouquet

Un « fouquet » est un écureuil dans le dialecte angevin. Le surintendant Nicolas Fouquet portait donc des armes parlantes « d’argent à l’écureuil de gueules rampant ». Ce blason est plus ancien qu’il n’est souvent écrit, les Fouquet – ou Foucquet – sont de cette petite noblesse qui subit les vents de l’Histoire de plein fouet et qui déroge parfois, retombant dans la bourgeoisie.
Nicolas Fouquet est un homme qui est parvenu au sommet de l’Etat, juste en-dessous de Mazarin, puis a été arrêté, jugé, condamné au bannissement, peine aggravée par Louis XIV en détention perpétuelle. Il meurt à Pignerol en 1680, à 65 ans, après 19 années de geôle. Il y a côtoyé Lauzun et le Masque de Fer. On lui reproche d’avoir détourné l’argent de l’Etat, d’avoir comploté… Rien pourtant que de très banal : Richelieu s’est rempli les poches, Mazarin a passé la vitesse supérieure et même le laborieux Colbert ne crachait pas sur une commission.
Le complot, c’est plus compliqué, si l’on ose dire. Non pas que la création d’une « place de sûreté » soit rare au Grand Siècle. Ainsi le comte d’Harcourt s’enferme dans Brisach, en Alsace, et réclame de fortes sommes pour la rendre au roi. Il est vrai qu’il est appuyé par la puissance espagnole. Le marquis de Manicamp fait de même à La Fère, il faut lui en racheter le gouvernement. Car ils sont gouverneurs militaires, nous ne sommes plus au haut moyen-âge où des seigneurs brigands défiaient, du haut du donjon, les premiers Capétiens en Ile-de-France même… Non, le XVIIe est moderne et il s’agit désormais de généraux qui se rencognent dans leur caserne.
Ainsi lorsque Nicolas Fouquet, surintendant des Finances et ministre d’Etat, achète le marquisat de Belle-Ile pour 1 370 000 livres, puis fortifie et recrute, l’on doit mesurer que c’est exagéré mais pas inédit. De 1658 à 1661, il dépense des sommes folles pour en faire une place de sûreté. Une forteresse où il pourrait se réfugier en cas de disgrâce. En effet, les monarques capétiens n’ont guère de reconnaissance pour leurs financiers, plus d’un a terminé sur l’échafaud et Fouquet le sait.

Un jeton de Nicolas Fouquet avant qu’il ne soit marquis de Belle-Isle.

La suite de l’article dans Monnaies & Détections n°110 …

Sceau Médiéval

En 1976, il fut découvert par hasard, un sceau en ivoire de morse, dans une boite cachée dans un abri de jardin dans le Kent, Angleterre. Le sceau fut daté du début du IXe siècle ! Personne n’a jamais déterminé sa provenance réelle… Très rares pour l’époque concernée, probablement de 1040-1050, cinq seulement, sont connus dont trois en ivoire de morse.
Il fut vendu aux enchères en 1977 et bien que le British-Museum soit sur les rangs, il fut battu aux enchères. En 1996, il repasse en salle de vente, le British-Museum se le fait souffler une nouvelle fois sous le nez par un particulier norvégien, grand collectionneur de sceaux. Finalement, une troisième vente de gré à gré, dont le prix n’a pas été révélé, a permis au British-Museum d’acquérir ce sceau en ivoire. On y voit, au niveau des trous destinés à le suspendre, un dragon ou serpent qui se mord la queue, comme sur certains torques celtiques. « L’ouroboros », le mot est grec, mais le symbole plus ancien, le serpent qui se mord la queue symbolisant le cercle, l’infini, le point de départ se confondant avec celui d’arrivée…
Un homme barbu, tenant une épée, est représenté au centre du sceau, entouré d’une titulature en creux : SIGILLUM WULFRICI, le sceau de Wulfrici. Une pièce rarissime, désormais visible dans les vitrines du British-Museum.

Source : thehistoryblog

110.18

Bonjour, pourriez-vous me renseigner sur les objets ci-joints trouvés au Sri Lanka ? Michel
Houlà, on s’éloigne de notre zone d’identification. Il semble que l’on soit sur un petit lingot de cuivre en forme aplatie hélicoïdale avec les inscriptions suivantes « 4 » et en plus petit « 3 /4 ST » en dessous. A l’autre extrémité, des symboles ressemblant un peu à la lettre grecque Phi, un cercle transpercé par un trait, le tout dans un cercle perlé. On ne sait pas mais peut-être qu’un lecteur aura une réponse au prochain numéro à propos de cette monnaie non conventionnelle, si c’en est une !

Trésor romain trouvé en Suisse pendant l’été 2019

Mi-novembre les journaux, radios et sites internet la Liberté, BZ Basel, Basler Zeitung, Le Nouvelliste, Swissinfo, Radio Lac, Radio Fréquence Jura, Bluewin.ch, etc. reprennent l’information initialement donnée par L’Agence Télégraphique Suisse : à Pratteln un trésor composé de 293 deniers romains en argent a été découvert par un « employé volontaire » du service d’archéologie de Bâle-Campagne. C’est l’un des plus importants ensembles de monnaies romaines jamais trouvés en Suisse.

Les fouilles © Photo du Service d’Archéologie de Bâle-Campagne

La découverte du trésor

L’ « employé volontaire » du Service d’Archéologie de Bâle-Campagne, qui est à l’origine de la découverte est un prospecteur amateur qui a obtenu une autorisation de recherche. C’est en forêt, sur les pentes de la colline de l’aigle (Adlerberg), près de Pratteln, qu’il trouve le trésor pendant l’été 2019. Les archéologues suisses précisent que les pièces ont été trouvées en un lieu qui aujourd’hui ne présente pas de particularité. Ils supposent qu’il devait s’y trouver alors une pierre ou un arbre remarquable qui pouvait permettre de retrouver l’emplacement du lieu d’enfouissement. Ils soulignent qu’à cette époque, où les banques n’existaient pas, il n’y avait rien d’inhabituel à cacher ainsi son argent. Pour l’Agence Télégraphique Suisse « on ignore pourquoi les pièces n’ont finalement jamais été déterrées. On ne sait pas non plus où leur possesseur vivait. Il existe deux vestiges de domaines romains connus à Pratteln, l’un situé près du centre de la ville. Depuis ce dernier, le propriétaire des espèces aurait eu sa cachette toujours en vue ».

Le trésor © Photo du Service d’Archéologie de Bâle-Campagne

 

Trésor oublié

Tom Clark, un prospecteur anglais, pratique la détection de loisir depuis plus de 40 ans. Agé de 81 ans, Tom a fait récemment du ménage dans son garage, retrouvant à l’occasion des boîtes de trouvailles anciennes, l’une d’elles contenait un trésor ! Une bague qui une fois nettoyée, s’est avérée être en or ! Une bague sceau avec une intaille du XIVe siècle. Tom pense l’avoir découverte entre 1979 et 1980, mais il ne se souvient plus de l’endroit précis… La bague, qui devrait passer aux enchères, est estimée à 10 000 £.

Source : bbc.com

110.05

Bonsoir, pourriez-vous identifier ces deux monnaies (format silique) trouvées dans une vigne à côté de Sainte-Foy-La-Grande en Gironde ? Merci, cordialement, Pascal
Alors la première est une silique d’Honorius (393-408) frappée à Milan. Avers : D N HONORI-VS P F AVG. Buste diadémé, drapé et cuirassé, d’Honorius à droite vu de trois quarts en avant “Dominus Noster Honorius Pius Felix Augustus” (Notre seigneur Honorius pieux heureux auguste). Revers : VIRTVS ROMANORVM MDPS. Rome assise à gauche sur une cuirasse, tenant un globe nicéphore de la main droite et une haste renversée de la gauche. “Virtus Romanorum”(La virilité des Romains). La monnaie est en état TB + et s’estime entre 90-110 euros.
La seconde silique est plus difficile à identifier sans une bribe de légende de son nom à étudier, autour du règne d’Honorius vous aviez : Eugenius, Thédose, Constance, Gratien, et le revers « Virtus romanorum » a été largement utilisé par ces empereurs. Faites donc votre choix, mais nous on a une petite préférence pour Eugène dont le portrait présente une barbe et un nez un peu busqué comme sur votre exemplaire. Monnaie à mettre dans un médailler pour une vingtaine d’euros.

Comment chercher les météorites

Dans l’article « Les météorites. Que sont-elles ? » paru dans Monnaies & Détections n° 106, nous avons vu de quoi étaient faites les météorites, mais avant de vous lancer dans cette recherche particulière, il semble bon d’avoir un minimum de connaissances sur ces objets célestes, et je vous conseille fortement la lecture des ouvrages suivants qui vous seront d’une très grande aide pour vos recherches. A savoir :
- M et F, Franco, « Chercheurs de météorites », 2004
- A. Galien, « Les météorites ces pierres tombées du ciel », 2005
- A. Carion, « Les météorites et leurs impacts », 1993
- J.P Poirier,  « Ces pierres qui tombent du ciel », 1999
- M. Gounelle, « Météorites : à la recherche de nos origines », 2017
- B. Melguen, « Les Météorites messagères de l’espace », 2013
- P. de Wever et E. Jacquet, « Terres de météorites », 2016
- S. Bouley, « Impacts des météorites aux cratères », 2017
- M. Mattauer, « Ce que disent les pierres », 1998
- Collectif, « Cahiers du règne minéral », n° 1, 3 et 4, édition du Piat
Après avoir lu les dits ouvrages, vous n’avez plus aucune excuse pour pouvoir reconnaître une météorite d’une roche terrestre… A lire également le très bon sujet de G. Gesink dans « Le manuel du prospecteur », 2016.

Mais avant tout, que dit la législation de votre pays sur ce sujet ?

En France, la loi est simple : « la collecte de météorites ne tombe pas sous la loi 89.D mais est régie par l’article 552 du code civil », ce qui ne contraint le prospecteur qu’à obtenir l’autorisation du propriétaire du terrain qui est légalement propriétaire de tout ce qui se trouve sur ou dans le sol. Les météorites ne sont pas considérées comme des choses « sans maître » et encore moins comme des « trésors », loin de là, il est établi qu’une météorite appartient de droit au propriétaire du terrain où elle est venue s’échouer, ce terrain, elle y est dès lors physiquement associée. C’est un point de droit qu’il faut connaître, c’est-à-dire que si vous avez la chance de découvrir une météorite mais sans l’autorisation du propriétaire, vous n’avez aucun droit légal de demander les 50 % de la valeur de celle-ci, cette météorite n’étant pas un trésor et si vous n’aviez aucune autorisation, vous êtes en infraction.
Mais attention, tenter de s’approprier une météorite trouvée chez autrui sans l’accord du propriétaire constitue donc un délit (vol et recel)(1). Alors je vous conseille vivement de toujours faire un accord écrit, stipulant exactement le but de la recherche de météorites et en cas de découverte, de son partage à 50/50 %, également prévoir dans cet accord que l’objet découvert sera déclaré et analysé par des experts indépendants du musée des sciences naturelles de Paris (par exemple), pour être sûr de la nature de l’objet découvert. Les prix des météorites se négocient au gramme et en fonction de leurs compositions et raretés. Cela vous évitera de tomber sur un négociant peu scrupuleux qui expertisera votre découverte comme une « chondrite ordinaire », les moins chères du marché dans la catégorie des pierreuses. En cas de découvertes inédites c’est-à-dire d’une chute non connue, les prix peuvent être multipliés par 10.
Il faut comprendre aussi qu’un accord verbal n’a aucune valeur en cas de litige avec le propriétaire. Ce sera à vous de prouver qu’il y a eu accord verbal, bonne chance, ce sera votre parole contre celle du propriétaire. A partir du moment où vous êtes prospecteur, vos chances frôlent le zéro absolu. Vous pouvez faire rédiger un contrat type par un notaire, mieux encore par un avocat spécialisé. Cette petite dépense étant votre garantie, cela vaut la peine, et enfin vous pouvez vous inscrire au « programme européen de recherches intersidérale », cela pourra grandement vous aider lors de vos démarches auprès des propriétaires terriens.

La suite de l’article dans Monnaies & Détections n°110 …