Une si belle stèle…

Une si belle stèle… par J-G Duflot, juin 2022

En 2011, de nombreuses émeutes , révoltes et changements de régime secouent le monde arabe et des musées sont pillés .

Un sarcophage au placage d’or , du grand prêtre Nedjemankh , disparaît parmi d’autres objets.Il est vendu au Metropolitan Museum de New-York en 2017 pour la modique somme de 3,5 millions d’euros ( il paraît légitime de se demander à quoi servent les experts du “Met” ) puis doit être restitué à l’Egypte avec des excuses…

Dans cette affaire , un marchand ayant pignon sur rue , mais bien connu d’Interpol, Roben Dib , apparaît comme l’un des intermédiaires. Il travaille avec des antiquaires californiens , les frères Simonian .

Ce réseau cosmopolite a également fait de belles affaires sur le dos du contribuable français puisque le Louvre d’Abu Dhabi s’est fendu de 50 millions € pour 5 objets dont une stèle représentant le célèbre Toutankhamon.en 2016.

D’ailleurs le directeur du Louvre ( de 2013 à 2021 ) lui-même vient d’être mis sous contrôle judiciaire , soupçonné d’avoir contribué à blanchir ces antiquités illégalement parvenues jusque dans les collections du musée qu’il gérait . Il a été entendu pendant trois jours par les enquêteurs et le siège de l’Agence France Musées ( laquelle gère Abu Dhabi Louvre ) a été perquisitionnée par les policiers français. Nous sommes au mois de mai de cette année 2022 donc l’affaire est à suivre.

Pour demeurer avec notre sympathique trio et leurs éventuels complices institutionnels il convient d’évoquer une autre stèle , celle de Pa-Di-Séna du VII ème siècle avant notre ère, elle apparaît lors d’une vente aux enchères de la société Pierre Bergé en 2016 mais la justice du comté de New-York l’avait repérée dès 2012 dans les e-mails du trio d’enfer cité plus haut et elle est saisie en 2019 .

C’est avec le sarcophage de Nedjemankh que l’enquête incidente sur la stèle de Pa-Di-Séna a commencé. Un expert et son compagnon qui avaient garanti l’objet pour la maison d’enchères sont brièvement emprisonnés en 2020.

Bref tout cela n’est pas méchant en regard des sommes englouties , même si en cas de non-culpabilité ce serait trop . L’incompétence n’étant pas illégale , il faudrait que les procès aboutissent puisque le seul demeurer en prison , depuis mars 2022, est Roben Gael Dib , évoqué plus haut.

Le 8 juin 2022 , la Fondation Clooney pour la Justice a rendu un rapport sur le trafic d’antiquités , qu’elle assimile à un crime de guerre. Elle énumère quatre pays arabes déchirés : la Libye, la Syrie, L’irak et le Yémen . Dans ce dernier pays , 12 000 objets ont été volés au Dhamar Museum, dix fois plus au Musée National et , parce qu’il y a des amateurs de militaria partout dans le Monde, 16 000 au Musée Militaire de Sanaa…Parmi les illustrations du rapport , visible sur leur site web une photo-satellite des multiples trous de pilleurs autour du temple d’Hatra , en Irak, en 2015. Impressionnant!

Il faut dire que brader les trésors d’un pays en difficulté représente beaucoup de travail , les seuls à s’enrichir vraiment étant en bout de chaîne, ce sont les derniers vendeurs.

En effet du creuseur qui ne comprend rien à ce qu’il déterre , en passant par son « contremaître » , jusqu’au musée occidental ,la route est longue .

La stèle de Pa-Di-Séna , une fois déterrée d’on ne sait où en Egypte va attendre qu’un contrebandier vérifie son potentiel économique puis envoie la photo de l’objet à un marchand. Ensuite tout un panel de fausses déclarations seront nécessaires : de valeur, d’origine, de description, de destinataire sinon l’on peut se passer de documents et insérer l’objet dans un lot de provenance légale voire carrément le débiter en morceaux qui seront réassemblés plus tard.Desartisans consciencieux travaillent pour les marchands , Dib a fait nettoyer de sa terre puis recoller la stèle de Pa-Di-Séna qu’il avait achetée sur photo, esquintée.

L’éventuelle condamnation du troupeau de vautours mis en cause dans ce trafic d’antiquités égyptiennes fait partie des risques du métier et certains gagnent même en réputation auprès de leur clientèle  » si c’est pillé, c’est que c’est du bon » comme le constate , en une formule, un enquêteur new-yorkais…

Sources: « Martinez accused in Tutankhamon stela trafficking case » in Archaeology Newsroom , 2022; « Unpacking what as been made public » de L. Albertson, 2020.

Trouvaille 127

Denier Charlemagne medolus pour Melle, monnaie déjà rare et dans un état de conservation exceptionnelle. Trouvé en Charente maritime proche La Rochelle. Superbe brillant de frappe, centrage parfait, relief magnifique, pas de défaut à vous dire en sachant que je suis critique sur les monnaies. Juste une estimation de votre part. Diamètre 18 mm pour un poids 1,25 g. Merci par avance. Pour le plaisir du partage. Walter

France, Charlemagne (768-814), Denier, Melle, TTB+ à Sup, Argent, Depeyrot:605. Nom sur deux lignes, légende en cercle autour d’un symbole similaire à un soleil CARO / LVS. MEDOLVS. Décidément cette monnaie rare devient courante en détection. Trois exemplaires présentés à la revue, dans le numéro 82, le numéro 121 et celui-ci. En vente aux enchères, il y a des acheteurs qui peuvent s’exciter et faire monter les prix, une monnaie est partie en sup à 3900 euros (frais à déduire) et une seconde dans un état similaire au votre l’année dernière à 2000 euros. Ce dernier prix nous semble plus raisonnable.

trouvaille 127

De Alain à Toulouse, il s’agit d’un méreau religieux de style fin XVe ou début XVIe s. ou un méreau de confrérie portant le nom latin de deux saints en trois lignes SCI (sancti) SZBE (Elisabeth ?) BHE ou HBE (Herbert ?), les prénoms en abrégés et contractés sont difficiles à interpréter.

trouvaille 127

Bonjour et bravo pour votre belle revue, je vous envoie pour identification et estimation cette petite monnaie en or trouvée par mon père en Lozère vers le Malzieu-ville. Le poids est de 2 g et le diamètre de 13,4 mm au plus grand et 12,3 mm au plus petit. Bonne continuation. Fabien

On penche pour un triens imitation wisigothique (550-580), probablement pour l’empereur Justinien (on est pas très sûr de notre lecture de légende). Avers : DN IVSTINUS PP API. Au revers la Victoire stylisée à droite : VICTORIA AUGUSTORUM CONOB à l’exergue (VICTORIA) n’étant pas lisible. La monnaie est en état TB à TB+, comptez 450 euros.

Un ducat un peu spécial

Le 11 juin 1771, sur une berge de Podmokly, en Bohême, royaume des Habsbourg dont

Prague était la capitale, un certain Jan Koch trouve environ 7000 pièces de monnaie en

or, ainsi qu’un torque, le tout pour un poids d’une cinquantaine de kg.

D’abord prises pour des boutons de laiton, leur métal est rapidement identifié par les prêteurs juifs de la ville qui en informent les paysans. Le bruit se répand et, dès que possible, le prince Charles- Egon I de Fürstenberg confisque pour son usage personnel 4200 monnaies. Avec celles-ci, il fera frapper un millier de ducats, en 1772. Titrant 986 millièmes, elles représentent le nec plus ultra du monnayage de la principauté. Ces nouvelles monnaies sont très recherchées et, en vente, elles atteignent allègrement plusieurs milliers d’euros. Nous en présentons une en illustration. Podmokly, c’est la seigneurie de Pürgnitz des princes du Saint-Empire que sont les Fürstenberg depuis 1664. Mais qui a fabriqué les monnaies retrouvées ?

Deux jetons fautés à l’effigie de Bonaparte

Début 1796, Bonaparte a 26 ans et de très maigres états de services : le siège de Toulon, fin 1793 et la répression de Paris de l’insurrection royaliste d’octobre 1795, et pourtant, c’est Bonaparte que la République choisit pour l’Italie, uniquement par choix politique. Pour son premier commandement important, Bonaparte trouve une armée solide, fière et expérimentée, mais qui, hélas, manque de moyens et d’organisation. Et pourtant, en dix-huit mois de campagne, de la bataille de Montenotte le 12 avril 1796, à la signature du traité de Campoformio le 18 octobre 1797, Bonaparte conquiert le milanais et la Lombardie et force les Autrichiens à quitter la Sardaigne. Un exploit qui marque les esprits par sa rapidité et par le nombre de victoires. Le traité de paix de Campoformio modifia considérablement les frontières des états. L’Autriche conservait une partie de l’état de Venise et recevait l’archevêché de Salzbourg, mais devait céder à la France le milanais, Mantoue, Modène, les îles ioniennes, et, surtout la Belgique (Pays-Bas autrichiens). Ce traité prévoyait aussi de nouveaux statuts territoriaux pour l’Italie et le Saint Empire qui seraient réglés plus tard au congrès de Rastatt (9 décembre 1797-29 avril 1799). Les victoires du génial Bonaparte et la paix conclue à Campoformio lui valurent l’admiration d’une très grande partie de la population en France, mais, effraya aussi beaucoup de dignitaires de la jeune république. En son honneur, on frappa de nombreuses médailles et jetons à son effigie et cela tant en France qu’à l’étranger. Le portrait du jeune général français était très recherché en Europe, sauf en Autriche. Toutes personnes ayant sur elles des pièces à l’effigie de Bonaparte étaient aussitôt arrêtées.

suite dans le magasine 126

Edito 126

La défense de notre loisir, qui est une priorité absolue pour nous, est vue par Monsieur-tout-le-monde comme quelque chose de totalement insignifiant face aux informations alarmistes effrayantes des médias mainstream (Ukraine, réchauffement climatique, prix de l’énergie, etc. etc.) La surenchère étant de mise pour effrayer la population et en faire des moutons dociles, il est inconcevable pour eux de parler de cette loi de la culture qui fait disparaitre des éléments important de notre patrimoine en regard du peu d’intérêt que cela comporte au vu des autres infos actuelles. Ainsi donc nos voleurs patentés peuvent continuer en toutes quiétudes à faire disparaitre les monnaies des collections publiques et continuer à fouiller sans contrôle extérieur. Quel intérêt peut-on apporter à notre histoire commune  à déclarer un aureus trouvé en cours de fouille sur un site gallo-romain reconnu ? D’ailleurs la monnaie est le parent pauvre des artefacts trouvés en cours de fouille, son intérêt pour l’histoire locale est quasi nul, je me suis toujours demandé pourquoi les rapports de fouilles officielles des années 70 et 80 que je lisais régulièrement étaient, déjà à l’époque, si pauvre en monnaies trouvées, alors que vingt ans après, on en ramassait encore en pagaille avec les détecteurs, oui je me le demande encore….

Lisez l’affaire Bigot dans les brèves et le texte pour la défense de notre loisir  page 29

Bonne lecture Gilles Cavaillé

C O L L E C T I O N B I G O T

Retour sur un fait qui nous a échappé : les mardi 28 et mercredi 29 septembre 2021… Le célèbre hôtel des ventes parisien Drouot proposait aux enchères, les mardi 28 et mercredi 29 septembre 2021, une série de pièces archéologiques dont certaines présentées comme exhumées par les époux Périer durant leurs fouilles du début du XXe siècle dans les grottes d’Isturitz et Oxocelhaya : des pointes de sagaie, des harpons, des burins, des lames, des grattoirs. C’est la collection François Bigot, archéologue français décédé en 2009. Très vite après l’annonce de cette vente, les spécialistes de cette période ont émis des doutes. Certains n’hésitaient pas à évoquer une erreur d’étiquetage des lots. Le Musée Basque de Bayonne avait pour sa part été alerté par le ministère de la Culture et vérifié si certains objets ne provenaient pas de ses propres fonds. Ce ne fut pas le cas, mais une enquête a été diligentée pour déterminer l’origine des pièces présentées comme issues des grottes basques. A ce jour, il est impossible de savoir où en est le résultat de cette recherche. Mais penchons-nous un peu sur cette histoire et traduisons les faits décrits : « certains n’hésitent pas à évoquer une erreur d’étiquetage » et « le musée de Bayonne a vérifié si cela venait de ses propres fonds ce qui n’était pas le cas ». En clair, le ministère de la Culture vérifiait si les héritiers ne vendaient pas une partie des objets trouvés par Mr Bigot lors de campagnes de fouilles et dont il était dépositaire au moment de son décès. Qu’est-ce que cela implique ? Que 12 ans après son décès, les objets en dépôt sont chez les héritiers qui ne sont pas forcément au courant de « certaines subtilités », que le ministère de la Culture a d’autre chat à fouetter ? Pour cette action, il ne fait que son travail et on n’a pas à le féliciter.

– Autre possibilité, et vous me savez totalement innocent, je ne peux même pas l’envisager, François Bigot aurait soustrait de ses fouilles officielles pour sa collection personnelle, quelques objets qui sont donc inconnus du musée basque de Bayonne. Non, non, impensable !

– Troisième possibilité à envisager sur cette notion pudique « d’erreur d’étiquetage » un possible étiquetage faux pour servir commercialement la vente. On ne peut pas jeter la pierre sur toute l’archéologie française systématiquement et je me plais de croire de temps en temps à ce genre d’hypothèse.

Au fait, la vente a rapporté 832 589 euros…

Gilles Cavaillé

DETECTORS FIND

Ou, en bon français « trouvé par un détecteur de métaux ». La maison de vente aux enchères « Noomans Myfair », Angleterre, organise régulièrement des ventes de bijoux dans lesquelles apparaissent très souvent des bijoux découverts par des prospecteurs anglais ! Ces bijoux portent toujours la mention « Detectorist find » en très gros caractères sur l’annonce, ainsi que le numéro sous lequel ils ont été déclarés et enregistrés au P.A.S, le « Portable Antiquities Scheme » qui recense toutes découvertes réalisées par les prospecteurs anglais et susceptibles d’intéresser les services archéologiques. Un système bien rodé, qui ne laisse rien passer (contrairement à la France, où il n’y a plus rien de déclarer…) Les prochaines ventes Noomans présentaient quatre bagues en or, découvertes par quatre prospecteurs différents. Une bague dite à iconographie, représentant un Christ en croix, avec traces d’émail noir, datée de 1470- 1480, pesant 3,5 grammes et estimée 5/ 6 000 euros ! Cette bague fut trouvée en 2020 avec un lot de 16 monnaies en argent toutes frappées entre 1473 et 1477, d’où la datation « aussi précise » de la bague… La bague suivante, est une « posy ring » d’époque médiévale entre 1400 et 1500. Les « posy ring » étaient un peu des bagues à secrets, l’inscription à l’intérieur de l’anneau étant très souvent dû à un amant ou une maîtresse… Celle-ci, pesant 1,8 gramme avec traces d’émail noir et blanc, est estimée à 4/ 5 000 euros ! Suivie d’une autre chevalière à iconographie, sans émail, ou il n’en reste plus aucune trace, pesant 3,1 grammes datée de la fin du 16e, elle aussi estimée entre 5/ 6 000 euros ! Et une dernière bague portant des pierres, quatre améthystes. Il en manque une, ce qui malheureusement fait chuter sa valeur, datée du 16e, pesant 6,6 grammes et estimée 3/ 4 000 euros. À noter, que les bagues trouvées au détecteur atteignent toujours des meilleurs prix que des bagues identiques « de collection » mais sans histoire particulière, sans aucun doute l’effet « trésor » et la mention : Detectorist find !

Source : noonans.co.uk

Les ventes « Jewellery, Watches and Objects of Vertu »

Dépot de Bronze

Déjà passionné par les objets anciens, leur identification et la période historique à laquelle ils appartiennent, c’est naturellement que j’ai démarré la détection cet été 2022, déjà intrigué par un collègue et ami qui pratiquait et avec qui je faisais des sorties.

Je teste d’abord mon détecteur autour de chez moi pour apprendre à discriminer et me familiariser avec le son (détecteur monoton sans écran). Les 3 premier jours sont euphoriques. Quelques pièces Napoléon 3, un anneau en bronze… plus tard et après la trouvaille que je vous décris en dessous je ferais 2 double tournois et mon ami une Napoléon 3 dans un état fabuleux avec une magnifique patine. Toujours autour de la maison. Le quatrième jour, je dois apporter un outil chez un ami. Il possède les champs (régulièrement labourés) autour de chez lui. Je décide donc de lui apporter l’outil et de rester faire de la détection dans son champ situé à une dizaine de mètres de sa maison. A peine entré dans le champ un « bip » clair, puissant…

La suite sur le numéro 126: https://www.webabo.fr/produit/monnaies-detections-n126/

Datation : Bronze final
Secteur atlantique
1- Trois haches à ailerons subterminaux.
2- Hache à douille (?).
3- Gouge à douille.
4- Morceau d’épée à languette tripartite.
5- Fusaïole (?). Anneau en bronze,
remplissage plomb « creux ».
Des sortes de billes sont coincées
à l’intérieur comme des maracas...
6- Perle de plomb (fusaïole ?).
7- Trois lingots plano-convexes
et un amas de bronze.
8- Morceaux non identifiés.