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Une trouvaille inoubliable dans la Montagne Noire

Il y a quelques années, alors que je revenais d’une session de pêche en ruisseau dans la Montagne Noire, sur les hauteurs de Mazamet, j’ai pris un raccourci pour regagner ma voiture, garée à bonne distance. Sur un versant escarpé, à l’ombre de majestueux hêtres, j’ai remarqué les traces de vie ancienne : de vieilles murettes de pierre, un petit abri de berger effondré… L’endroit dégageait une atmosphère particulière. C’était la saison des champignons, et au fil de la descente, je ramasse plusieurs kilos de cèpes. La journée était déjà belle ; elle s’annonçait désormais inoubliable. Plus récemment, comme tout bon passionné de détection, je me demandais où passer un après-midi à la fois utile et plaisant. Le souvenir de ce lieu me revient soudainement : ces ruines discrètes, cette pente oubliée…Ni une, ni deux, j’y retourne. Rapidement, je mets la main sur quelques objets : monnaies Savo (dommage), fers à ânes, clous forgés. Et puis, après environ une heure et demie de prospection, le signal tant espéré retentit. Je creuse. Et là, l’incroyable : une pièce de vingt francs en or surgit du sol ! Mon coeur s’emballe, l’émotion me gagne. Je rentre chez moi, comblé. Un mois plus tard, je décide d’explorer la partie la plus pentue, que j’avais laissée de côté. Les premières trouvailles sont encourageantes : quelques Napoléon en cuivre, une petite 50 centimes argent Napoléon. Puis, au pied d’un gros rocher, un signal aigu à 70 sur mon « DETECH CHASER », à environ 30 cm de profondeur. Je dégage trois premières monnaies. Pris par l’intensité du moment, je prends quelques photos, allume une cigarette pour souffler un peu. Je repasse le détecteur… Nouveau son. Puis un autre. Et encore un. Abandonnant la pelle, je poursuis au couteau (un Opinel) pendant deux bonnes heures. Résultat : 60 monnaies extraites du même trou ! Il est 18 h, la lumière décline, je décide de rentrer, la tête pleine d’images. Quatre jours plus tard, je retourne sur le site. Je retrouve encore trois monnaies… et une superbe Henri IV, datée de 1632. Des instants rares, intenses. De ceux qui vous rappellent pourquoi on aime tant la détection. Et qui, au fil des années, restent gravés dans la mémoire comme de véritables trésors. B81

Une boursée, une histoire

Dans le courant de l’année 2016, un prospecteur chanceux réussit à mettre la main sur une magnifique boursée composée de 7 monnaies, 5 en or et 2 en argent. Toutes sont datées des XVe-XVIe siècles. 3 des monnaies en or sont anglaises, les 4 autres des Pays Bas espagnols pour Charles Quint et Philippe II d’Espagne.

Ces monnaies furent découvertes dans un labour de l’entité de Dalhem en province de Liège, le long de l’ancienne route Aix-la-Chapelle/Maastricht, un axe militaire très important et emprunté par diverses armées et cela depuis l’Antiquité !
Cette petite boursée fut perdue (ou cachée ?) en 1579, année du siège de la ville de Maastricht par les armées espagnoles d’Alexandre Farnèse, troisième duc de Parme.
Le lieu de la découverte était à l’époque totalement ravagé par les armées espagnoles. Tous les villages, fermes, hameaux, châteaux furent pillés et ravagés. Cette région a déjà donné par le passé au moins 3 dépôts datés de 1579. En 1963, un agriculteur découvre dans son champ une boursée de 26 monnaies en argent, composée de monnaies espagnoles, hollandaises, de Liège et de Namur, terminus 1578, année du pillage du village de Hamay où fut découverte cette boursée ! Autre découverte en 1932 lors des travaux de terrassement dans une prairie du village de Haccourt lui aussi pillé en 1578, d’un petit dépôt de 61 monnaies d’argent espagnoles, hollandaises, de Namur, de Liège, et françaises, et un dernier dépôt connu pour cette époque dans un village de Aubel qui fut occupé par les troupes espagnoles de 1578 à 1579, encore dans une prairie en 1942 d’un dépôt de 108 monnaies d’argent caché dans 2 petites poteries, encore des monnaies espagnoles, hollandaises, de Lorraine, d’Allemagne, de Liège et de Saxe, terminus 1578.
Ce village d’Aubel donna aussi par le passé d’autres magots, en 1907, 102 monnaies d’argent autrichiennes et françaises, cachées en 1794. En 1964, dans une ferme du village, 31 monnaies d’argent, 13 monnaies d’or et plus de 200 pièces en cuivre, cachées cette fois en 1691. En 1982, 20 monnaies espagnoles en argent cachées en 1652, découvertes dans un prairie et en 2009 découverte d’un prospecteur d’une petite boursée de 10 monnaies, 9 en argent et une en or, terminus 1701. Tous ces dépôts furent découverts le long d’une ancienne route royale menant à Liège et Maastricht.
Pour en revenir à notre boursée, les numismatiques qui l’ont étudiée pensent qu’elle appartenait probablement à un mercenaire originaire des îles britanniques, anglais ou irlandais, servant dans les armées de Philippe II d’Espagne. Cette boursée fut perdue ou cachée lors des mouvements des armées marchant sur Maastricht en 1579.
Dix ans plus tôt les provinces hollandaises prennent les armes contre Philippe II d’Espagne et tentent ainsi d’accéder à l’indépendance, toutes ces provinces étant de religion calviniste, ce qui pour l’Espagne et Philippe II, en particulier, est une religion où détruire par la guerre et le sang. Ainsi le 8 mars 1578, une armée de 20 000 Espagnols prennent position devant Maastricht, ils sont accompagnés de 2 000 chariots vides, destinés à recevoir les fruits du pillage de la ville ! La ville, elle, est défendue par 1 200 soldats et 6 000 miliciens. Les villes proche de Dalhem et Limbourg sont déjà tombées aux mains des Espagnols, les villages, hameaux, fermes et châteaux autour de Maastricht sont aussi occupés. La ville est totalement isolée. Le 25 mars, les espagnols lancent l’attaque à coups de canon et creusent des mines. La défense de la ville est acharnée, les défenseurs creusent à leur tour des tunnels pour atteindre les sapeurs espagnols, les combats sous terre sont horribles. A l’arme blanche dans un premier temps, ensuite les défenseurs inondent les galeries espagnoles, 400 de ceux-ci meurent noyés, ensuite d’autres tunnels sont asphyxiés par le feu, 500 Espagnols périssent suite à l’explosion prématurée d’une mine. Cette première attaque est un échec cuisant.

La suite de l’article dans Monnaies & Détections n°111 …

Trouvaille 74.04

Trouvaille d’une petite boursée de monnaies carolingiennes par Vincent à Lavelanet, il s’agit de monnaies d’Eudes pour Toulouse : O:D:DO REX FRC. Croix. Eudes, roi des Francs. Revers : TOLOSA. CIVI. Description revers : ODDO dans le champ (cité de Toulouse Eudes). Monnaies frappées pendant son règne (888-898) : 11 deniers et 3 oboles, les deniers se monnayent entre 220 et 280 € selon l’état et l’état de ses monnaies les positionne en haut du panier. Les oboles valent plus entre 400 et 450 €.

Les deux objets en bronze joints sont d’une part une roulette énigmatique qui a fait couler de l’encre pendant des lustres, elle est en bronze et la plupart des identifications la donne comme roulette de pâtisserie de la fin du XIXe ou début XXe. L’autre objet est en bronze pointu et se termine en disque aplati et percé. La première chose qui nous vient immédiatement à l’esprit est l’épingle à cheveux, mais cela ne se peut car trop pointue et trop courte, alors une espèce de passant fiché dans du bois ? On aperçoit une décoration simpliste sous la forme de traits parallèles.